19/03/2014 (Brève 376) IOG: Le symbole du vide politique (par Mohamed Qayaad)

La servitude n’est ni moins haïssable ni moins condamnable quand elle se dit ou se croit volontaire.

Je suis véhément, j’ai la rage au cœur et je n’arrive pas à comprendre qu’IOG qualifie l’USN “ des associés du diable” ,“des terroristes”, “des menteurs” dans son dernier discours du 04 Mars 2014.

Mais ce qui était étrange et décourageant, c’est que, passé la frayeur initiale, cette première proclamation solennelle d’une détermination meurtrière nouvelle déchaîna dans toute la république de Djibouti une vague de discussions et de débats non pas sur la question de l’USN , mais sur le «  MoDeL». Un truc que les Umpistes  ont employé depuis avec succès dans nombre d’autres questions: en menaçant de mort un pays, un peuple, un groupe humain, ils ont fait en sorte que son droit à l’existence, et non le leur, fût soudain discuté par tous – autrement dit, mis en question.N’insistons pas!

Les Rppistes se laissaient séduire par le discours fallacieux et sans preuves, les jeux de langage vides de sens, mais qui captaient par l’émotion.  

Là encore, nous sommes dans l’anathème : nous avons affaire à une accusation gratuite, sans que soit apporté le moindre élément à charge. Lorsqu’on accuse quelqu’un de mentir, a fortiori de mentir  » souvent « , il est préférable de citer les propos jugés mensongers, et d’apporter les éléments qui prouvent qu’ils sont mensongers.

L’argument fait sourire, certes. Au moins essaie-t-il, même maladroitement, de ne pas nier cet aspect incontestable des indices.

Ah! Ce mépris du djiboutien, à qui on raconte des sornettes qu’on ne prend surtout pas le temps de vérifier!

Par ce rapprochement, quelle idée a-t-il voulu transmettre ? Un dogmatisme aveugle en a décidé autrement. La démonstration de cette fameuse similitude thématique tourne à l’insupportable pêle-mêle quand, elle désinforme délibérément.Notre mythomane en est l’illustration parfaite.

La manipulation est plus subtile, elle tient dans la description d’une réalité volontairement tronquée et parcellaire qui nie singulièrement l’information.

Il use de méthodes inadmissibles à l’encontre de tous ceux qui critiquent un tant soit peu ses thèses.Mais j’ai beau avoir du mal à comprendre ce que l’USN peut bien avoir à faire dans la mouvance présidentielle, l’entreprise de diabolisation dont elle fait l’objet me soulève le cœur, car elle surfe sur les fantasmes d’invasion les plus malsains et les plus délirants .Car, pour démontrer sa thèse, tous les moyens sont bons, y compris la mauvaise foi, la calomnie et l’approximation, qu’il est en passe d’élever au rang des beaux-arts.

Le grand philosophe Kant avait noté en son temps, déjà, que le respect supposait la reconnaissance de l’autre, surtout lorsqu’il vous est très différent.

Mais qu’importe : la cause est entendue. Il faut bien constater que, de plus en plus, pour les agitateurs enragés de l’épouvantail ethnico-tribal, la vérité et les faits n’ont strictement aucune importance.

Son discours pullule des adjectifs  » haineux  » et des exp​ressions à faire frémir , à faire froid dans le dos, à glacer le sang.

Par sa virulence, une telle déclaration choque et consterne. Sont-ce là les mots d’un homme nourri d’une volonté de pacification? Au lieu de cela, son discours, par ses thèses grossièrement alarmistes, par les préjugés et l’ignorance qu’il traduit, ne fait qu’alimenter activement le ressentiment justifié de ladite opposition – alimenter, donc, ce qu’il prétend combattre. Bref, ces propos inconsidérés sont une claire incitation à la violence.

Ce sensationnalisme digne des pires feuilles de chou populistes ne répugne pas, à l’occasion, à utiliser le vocabulaire caractéristique de toutes les bonnes vieilles théories du complot.Ne cherche-t-il pas à designer l’USN à la vindicte des djiboutiens? En vain!

Mais il y a plus grave. L’art véhiculant nettement les idéologies racistes est ainsi banalisé dans sa confrontation avec tout le reste.Que décider? Le spectateur non averti est incapable de trancher.

Tour de passe-passe qui, en mélangeant les situations historiques différentes, aboutit à estomper toute l’action mortifère de la propagande ioguiste! 

Ainsi s’ajoute à l’idée nauséabonde à la base de son projet une audace remarquable qui se vautre avec délectation dans la démesure et l’outrance aussi bien par sa forme que son fond. Les jolis cœurs adeptes du langage châtié de Shakespeare deviennent des psychopathes, nymphomanes, zombies, tueurs sanguinaires.

Un tel paradoxe n’émeut guère IOG : « Faîtes ce que je dis, pas ce que je fais », voilà qui résume son attitude.

IOG a ainsi mis en application sa tactique révolutionnaire du mensonge systématique. Cette tactique consiste à faire toutes les promesses qu’attendent les djiboutiens sans jamais avoir eu l’intention de les tenir.

Affirmer une chose tout en faisant le contraire était chez lui une habitude, voire une manière de vivre.

Les djiboutiens ne savaient pas qu’ils avaient donné le pouvoir à un fanfaron. C’est qu’ils ne pouvaient pas imaginer qu’un homme puisse mentir avec autant d’aplomb dans absolument tout ce qu’il disait.

Quelle cause peut-elle servir? Quelle vérité fait-elle avancer? Quel mensonge dénonce-t-elle? Quelle injustice répare-t-elle? Où est le dialogue?

Quel est le problème soulevé, aux rppistes ? Si ce n’est de bien illustrer l’ensemble des clichés véhiculés à l’encontre de l’USN: terrorisme, misogynie, obscurantisme, fanatisme.

Il y a ici une mise en place habituelle d’un flou malsain et empoisonneur. On provoque un brouillard chaotique cherchant à embrouiller, à paralyser la réflexion, à instaurer la confusion jusqu’au délire, occultant ainsi -consciemment ou inconsciemment- les conséquences ravageuses des négociations par la minorité mafieuse djiboutienne.

IOG reste souvent flou, incertain, et comme bien souvent dans le vocabulaire politique, utilisé à des fins diverses et contradictoires.

Mais la mobilisation est particulièrement forte lorsque la société se trouve dans une situation de trouble ou de ce que Durkheim appelait l’anomie. Dans les situations de crise, lorsque les individus perdent leurs repères, lorsqu’ils se sentent menacés, lorsqu’ils sont confrontés à l’incertitude, la question sécuritaire devient non seulement mobilisatrice, mais porteuse de toutes leurs angoisses et des possibilités de la gérer.

Aussi voit-on, malheureusement, l’USN stigmatisé au quotidien : un jour on dénonce le MRD, un autre jour les 3 Sheikhs , puis le MoDeL qu’on assimile à une catégorie de la population djiboutienne définie en termes religieux. Cette stigmatisation au quotidien, qui est nécessairement voulue, s’installe dans la conscience et la perception des djiboutiens(nnes), puis elle tend à faire dans l’espace djiboutien, d’une opposition  un ennemi global, dans des proportions que même le Moyen Age n’avait pas connues.

Mohamed Qayaad

11/06/07 (B399) Le journal “La Nation “ s’est-il transformé en un tract ordurier et nauséeux ? (Par Mohamed Qayaad)

Quand
j’ai lu l’écrit non signé outrageant “Un vulgaire
tract” ( paru dans l’organe propagandiste ioguiste”La Nation”
du 21/05/07/) de l’ineffable journaleux , j’ai eu l’amertume de constater
qu’il en voulait plus aux opposants qu’au système mafieux.

Doit-on pour cela généraliser et jeter l’anathème
sur les opposants djiboutiens parce que certains ne jouent pas le jeu de la
dictature ?

N’est-il pas stupide de le penser et encore plus de l’écrire
?

Pauvreté du texte, indigence du vocabulaire, limitation du champ de
vision intellectuelle, ségrégation manifeste, étroitesse
des idées et de l’esprit sont des éléments prédominants
dans l’écrit.

Le sieur mystérieux a composé un spectacle délirant;
délirant comme fantasmatique, délirant comme loufoque.

On pourrait se demander qui se cache derrière ce tract nauséeux?

Prétendrait-il à une quelconque gratification du big brother
pour ce service rendu ! Telle est sa devise, me disait-on? Mais je me garderai
bien d’affirmer.

Se présentant comme un observateur impartial de la scène politique
djiboutienne, il est en vérité un militant convaincu et actif
de la cause ioguiste.

C’est son droit le plus absolu, mais qu’il ne vienne pas se cacher
derrière des arguments fallacieux pour accoucher d’un tract méprisant
et injurier. Mais bon, avançons!

Sa conception de la gestion du pays et des responsabilités obéit
à ce même manichéisme : de façon abrupte et condensée,
on pourrait la résumer par ces mots : les opposants ont tous les torts.
Lui qui se présente comme un militant acharné de l’antiracisme
se montre peu disert pour dénoncer les dérives d’un pays
qui fonde sa citoyenneté sur des critères tribaux, érigeant
ainsi le tribalisme en système, la corruption en mode de gouvernement,
légalise la torture et l’assassinat d’opposants politiques
.

Avec la gouaille d’un bonimenteur de foire il a pu tout dire, et son
contraire.

Il en résulte, en tout cas, une sorte d’effet pervers, dans la mesure
où le débat idéologique l’emporte sur le débat
rationnel. Il n’hésite pas à se cacher derrière
de faux objectifs humanistes en faisant fi de tout principe de précaution.

Ce militant revenait de Djibouti où il aurait, paraît-il, lu
des invectives. Quelles invectives ? Mystère.

Le chantage à la solution altère les problèmes, prévient
toute lucidité, paralyse la critique à laquelle il est aisé
de répliquer dès lors (ton d’ironie bienveillante) : «
Oui, oui … et que proposez-vous ? » Rien !

L’interlocuteur s’en doutait, d’avance rassuré :
sans solution au moins possible, envisagée, le problème disparaît.

Le poser serait irrationnel, et plus encore le moindre commentaire, la moindre
critique à son propos.

Contourner, éviter, travestir devient le souci essentiel, et l’essentiel
ne sera pas abordé ; mais il sera, ce qui est pire, supposé
résolu.

“ Tout problème humain… “, si tenté qu’on
veuille bien le résoudre, “ demande à être considéré
à partir du temps ” disait Frantz Fanon.

Malheureusement le temps, ne joue pas en faveur du peuple djiboutien.Il va
falloir abréger sa misère et sa souffrance.

Il parle avec violence, s’excite, gesticule, et ne contrôle pas son
vocabulaire.

Mais je me demande s’il n’est pas le prototype même des
gens du RPP qui ont une détestation somatique pour la moindre critique,
le moindre débat, le moindre effort intellectuel, puisqu’ils
n’y sont point habitués.

De toute évidence, son but est de nuire à l’activité
de l’organe du MRD. Pour atteindre son objectif, il utilise le mensonge,
l’approximation, et tente de culpabiliser les milliers de personnes qui reçoivent
le journal.

Face à cela, quelles analyses, quelles contestations, quelles critiques,
quelles oppositions ou même quelle alternative? Aucune, sinon l’écho,
avec tout au plus – effets d’acoustique? – quelques variantes.Un
déferlement surtout de surdités, d’aveuglements endémiques
alors qu’il est happé dans des accélérations vertigineuses,
dans une fuite vers une conception désertique de Djibouti, d’autant
plus facilement masquée qu’il refuse de la percevoir.Voilà
si longtemps qu’il est aveugle même à des signes évidents!

De la paranoïa ? Une auto-complaisance victimaire ? Les deux me direz-vous.

Le presdigitateur des idées présente le régime dictatorial
comme s’il est victime d’un vaste complot .Pour mieux démontrer
à son auditoire qu’il est victime d’un ostracisme, il s’en
est ensuite pris au journal du Renouveau Djiboutien. Une diatribe de plus
ajoutée au concert insipide des employés par et pour le prédateur
de la liberté d’expression (IOG).

Tout acte de résistance ramène systématiquement à
la célèbre prison (Gabode) et doit donc contenir sa (le Renouveau
Djiboutien) critique radicale.

Ne peut-on plus critiquer librement la politique inique d’IOG ? Est-ce que
cela fait du Renouveau Djiboutien un vulgaire tract et un journal belliqueux
? C’est bien court comme raisonnement ! Critiquer vertement la politique
d’un gouvernement n’équivaut pas à la haine de tout
son peuple !

Aucun mot de compassion de ce pompon pour les victimes de ce système
barbare règnant à Djibouti. Aucun commentaire pour dévoiler
au grand jour les aberrations que l’on croit trop naïvement classées
dans les archives poussiéreuses du passé. Et à qui le
mal parut-il jamais plus repoussant, plus détestable ?

Il suffit au mercenaire des idées de dire que ses écrits (Renouveau
Djiboutien) sont  » souvent mensongers  » “ sont diffamatoires
“ “ sont calomniants “, sans dire lesquels ni en quoi. Je
le mets au défi de produire ces phrases prétendûment nombreuses
où le journal affirmerait quelque chose de faux à l’égard
du régime détestable djiboutien.

Egal à lui même ce mystérieux plumitif raconte des contradictions.
Comme j’aurais bien voulu que ce soit de l’ignorance. Sauf que là,
l’équivalence, a priori incontestable, relève peut-être
d’un effet de trompe-l’œil.

Là encore, nous sommes dans l’anathème : nous avons affaire
à une accusation gratuite, sans que soit apporté le moindre
élément à charge. Lorsqu’on accuse un journal de
mentir, a fortiori de mentir  » souvent « , il est préférable
de citer les propos jugés mensongers, et d’apporter les éléments
qui prouvent qu’ils sont mensongers.

Le Renouveau Djiboutien subit des attaques qui, dans n’importe quel
pays, donneraient lieu au dépôt de plaintes légitimes.
Ce dernier est traité d’une façon ordurière et méprisable.

Faute d’arguments, ce journaleux injurie l’organe du MRD. Comme
il n’a pas le talent nécessaire pour contre-argumenter une saine
critique, il a toute la noirceur pour diaboliser le MRD.

Tout est prétexte pour exclure. L’autre est au mieux un gêneur
à écarter, au pis un ennemi à éradiquer, un résidu
à effacer. La rhétorique de l’invective, les slogans convulsifs,
remplacent l’analyse réfléchie.

Le journal “La Nation “devient le symptôme de la vacuité
du débat, où l’âpreté des invectives est
inversement proportionnelle à la qualité de l’orthographe
et de la syntaxe de cet auteur qui les profèrent, où l’anathème
et l’injure tendent pareillement à se substituer à la confrontation
argumentée.

La liberté a pour condition le respect de celle des autres ; or toute
expression outrageusement caricaturale qui est (et/ou peut être précisément
interprétée comme) une insulte infâmante, visant à
attiser la haine, est une atteinte à la liberté de ceux qu’on
méprise ouvertement, voire un appel à la violence à leur
égard. Ce qui définit l’insulte n’est pas seulement
un fait objectif, mais l’aspect humiliant d’une relation, non
pas seulement du point de vue de « l’insulteur » présumé,
mais tout autant, sinon plus, de celui qui se sent insulté.

Mais critiquer n’est pas insulter ; dès lors que des arguments
rationnels sont avancés, et qu’on cible les idées et les
actes, et non une communauté (les mrdistes) dans son ensemble, on respecte
chacun d’entre eux en faisant appel à son esprit critique et
à sa capacité de réflexion, tout en lui laissant le droit
de répondre dans les mêmes conditions.

Son discours pullule des adjectifs « haineux  » et des expressions
à faire frémir , à faire froid dans le dos, à
glacer le sang.

Amalgamer toujours, quitte à faire preuve d’un argumentaire pitoyable,
immature , maladroit , simpliste et digne d’un véritable ivrogne en
état d’ivresse belliqueuse.Amalgamer enfin, quitte à aborder
à la fois, un millier des sujets houleux et disparates,qui du reste,
ne manqueront jamais, d’une part, à créer la confusion la plus
totale, et d’autre part, à virer le débat, vers des véritables
âneries gratuites qui s’étendent généralement jusqu’à
diaboliser tout un journal – le Renouveau Djiboutien – voire tout un parti
-Le MRD -.

L’argumentaire est distillé selon un ordre préétabli,
mais constamment adapté avec pragmatisme. Sa stratégie consiste
à discréditer, décrédibiliser, déstabiliser
voire diaboliser ses détracteurs.

Voudrait-il par hasard qu’un maximum de djiboutiens soient la proie de cette
dictature et deviennent « faciles à duper ou à manipuler »?
Peine perdue !

Quand les djiboutiens auront compris ce mécanisme pervers, ils auront
moins de surprotecteurs en train de les canaliser vers leurs intérêts,
à les faire croire en leur mission sacrée, à les utiliser
comme des escabeaux jetables de leur ascension sociale !

Et les voilà qui volent à leur aide et qui les protègent.
Pour leur bien disent-ils.

N’insistons pas ! Même remarque pour la « culpabilité
mrdiste » dont il nous rebat sans cesse les oreilles, à propos
de tout et de rien, depuis des lustres .

D’une façon générale, le djiboutien lamda s’en
serait douté, le menteur invétéré n’a que
mépris pour les anti-iog.

C’est très significatif que ce maraud a immédiatement concentré
le débat autour d’un faux problème, en déviant l’attention
du fait qu’aujourd’hui le régime mercenaire « vole, ment, vandalise,
terrorise, tue sans laisser des traces…’. Ces faits confirment, aussi
à ceux qui ne veulent pas se rendre à l’évidence, qu’ils
– les ioguistes – n’ont pas réussi à se débarrasser de
l’influence idéologique du dogmatisme et de l’héritage du révisionnisme
moderne.

Ce sensationnalisme digne des pires feuilles de chou populistes ne répugne
pas, à l’occasion, à utiliser le vocabulaire caractéristique
de toutes les bonnes vieilles théories du complot.Ne cherche-t-il pas
à désigner les responsables du MRD à la vindicte des
djiboutiens? En vain!

Quelle arrogance! Moquerie, sermon sur l’art d’être fort, froideur agressive,
condescendance autant d’armes qu’il peut utiliser et qui ne manquera pas d’atteindre
sa victime. La moquerie dans ce cas n’est qu’une tactique employée
pour dévaloriser l’adversaire, le ridiculiser aux yeux des djiboutiens
de bonne foi et qui seraient tentés par l’aventure.

Mais il y a plus grave.L’art véhiculant nettement les idéologies
racistes est ainsi banalisé dans sa confrontation avec tout le reste.Que
décider? Le spectateur non averti est incapable de trancher.

Tour de passe-passe qui, en mélangeant les situations historiques différentes,
aboutit à estomper toute l’action mortifère de la propagande
ioguiste!

Mohamed
Qayaad

01/06/07 (B398) Le Renouveau Djiboutien subit les foudres du régime autocratique par Mohamed Qayaad

«
Si on ne dit pas la vérité, on dégoûte. Si on la
dit, on est lapidé. Que faire ? » Voltaire

Le
régime ioguiste ferait mieux de commencer par donner la parole à
tous sans aucune censure avant de parler de démocratie et de liberté
d’expression.

Il
faut indexer le mal, puis proposer des remèdes. La République
De Djibouti avancera certainement avec cette stratégie. Le silence
n’est pas un mot que l’on peut utiliser pour décrire le
régime détestable djiboutien.

Quiconque
a le malheur de critiquer IOG ou l’un de ses proches, en paye irrémédiablement
les conséquences et est fusillé à vue ! Comment peut-on
avoir encore du respect à une conception de la politique qui ne dépasse
pas l’aspiration de gérer la médiocrité dont on
veut se débarrasser ?

De quoi
accuse-t-on le Renouveau ? Les chefs d’inculpation sont « publication
et diffusion de fausses nouvelles. Cependant, le chef d’inculpation
est délit d’opinion, délit de contestation, délit
d’empêcher de tourner en rond, délit de ne pas penser comme
IOG, délit de ne pas parler comme IOG, délit de … A chacun
de compléter cette liste qui peut s’allonger sans fin tant les
atteintes aux droits fondamentaux de l’Homme sont fréquentes
et répétées.

«
La censure à l’haleine immonde, aux ongles noirs

Cette
chienne au front bas qui suit tous les pouvoirs… » (1)

Dans cette
affaire mal engagée sur le plan des procédures où les
lois n’ont été respectées à aucune étape.
Cette justice instrumentalisée à souhait n’a même
pas cherché à préserver un semblant d’indépendance.
Le procès présidé par la juge a été entaché
par des innombrables irrégularités qui disent long sur l’état
de délabrement de la justice djiboutienne.

Ils ont
été arrêtés vers 23 heures par des policiers en
civil, sans qu’aucun mandat d’arrêt n’ait été
lancé contre eux, ni qu’aucune convocation à comparaître
devant un magistrat ou devant la police ne leur ait été signifiée.
Les autorités ordinales n’ont pas été informées
malgré l’obligation légale de le faire. Quelque soit la
qualification juridique que l’on puisse attribuer à l’article
incriminé, l’arrestation brutale des deux membres du MRD, constituent
une atteinte inacceptable à la liberté d’expression.

Il s’agit
d’une atteinte flagrante à la liberté d’opinion et d’expression
de Houssein Ahmed Farah garantie par l’article 19 de la Déclaration
universelle des droits de l’homme et l’article 9 du Pacte International
Relatif aux droits civils et politiques de 1966.

Dans un
pays où la liberté d’expression est totalement bâillonnée,
cet hebdomadaire s’est illustré par la couverture des violations
systématiques des libertés fondamentales.

De toute
façon, comment pourrait-il exister une presse libre dans un pays sans
Etat de droit ?
Comment en finir avec ce régime aussi répressif, aussi corrompu
et surtout aussi incompétent ? Car c’est bien là la question
essentielle. L’Histoire nous apprend qu’une dictature ne peut
en aucun cas envisager sa propre désintégration toutes les manœuvres
qu’elle envisage ne cherche qu’à prolonger voire renforcer
ses positions toute en affaiblissant les positions de l’adversaire qu’il
soit exogène (opposition) ou endogène (les clans).

DAF qui
était destiné au sacerdoce a fait preuve de courage de bonne
volonté dans ce pays où la critique sur le régime est
sacrilège de sa majesté.

L’argument
fait sourire, certes. Au moins essaie-t-il (Maki), même maladroitement,
de ne pas nier cet aspect incontestable des indices. Ah ! Ce mépris
du djiboutien, à qui on raconte des sornettes qu’on ne prend surtout
pas le temps de vérifier !

Par ce
rapprochement, quelle idée a-t-il voulu transmettre ? Un dogmatisme
aveugle en a décidé autrement. La démonstration de cette
fameuse similitude thématique tourne à l’insupportable
pêle-mêle quand, elle désinforme délibérément.
Notre procureur en est l’illustration parfaite.

Certains
diront un sadique vicieux et cruel, d’autres avanceront un fanatique froid
qui se mue volontiers, pour la galerie, en orateur hystérique, mais
sans être dupe pour autant de son personnage gesticulatoire qu’il
incarne ainsi à l’usage des djiboutiens. Il ne reconnaît
jamais ses tords, quand il est pris sur le fait, il ne regrette rien, ne s’excuse
pas et n’éprouve aucun sentiment pour les personnes à
qui il a causé du tort.

Bienvenue
dans le monde de Maki : où le mensonge est la norme, où le dogme
est le crétinisme. Eh oui ! Votre seule stratégie est de vivre
dans l’instant, et d’ériger le mensonge social comme idéologie
dominante devant imprégner tous les niveaux du corps social, pour fétichiser
des valeurs dépourvues de contenu comme la « transparence »,
l’« éthique », le « contrôle citoyen »
ou la « vérité ». Pire, vous êtes l’as-sa-sin
de la liberté, de la démocratie et de la conscience.

Mensonge
que des crimes nous commettons à ton nom ! Maki, soyez le favori du
dictateur ; servez-le, j’y consens, quoique votre talent pusse être
plus dignement employé ; mais ne soyez son apologiste ni de bouche,
ni d´esprit, ni de cœur.

Comment
lui faire comprendre l’obstination, le refus de compréhension
des lyncheurs d’hier, aujourd’hui sous le coup des lapidations
des autres, d’assumer les principes dont le procureur Maki se targue
être le dépositaire ? Pourquoi semble t-il si difficile aux uns
de comprendre qu’au nom de la chère liberté, le peuple
djiboutien a le droit aussi de défendre ses valeurs lorsqu’elles
sont bafouées par le dictateur ? Pardon son guide providentiel devrais-je
dire ! Descartes disait « le bon sens est la chose du monde la mieux
partagée ». Et au nom de ses valeurs, IOG n’a-t- il pas
violenté son peuple sous prétexte qu’il veut faire partager
son « bon sens » ?

Népotisme, déprédations multiples, exterminations,
génocide, sont-ce pas là des exemples des conséquences
de cette défense des valeurs de liberté si chères à
Maki ?

Quelle hypocrisie ! Maki, ce faisant le chantre de la dictature, vient encore
de donner une preuve de son manque de maturité qu’il cache sous
des grands principes de liberté d’expression et autres concepts
pompeux pour sa bonne conscience, mais qu’il est incapable d’assumer.
Oui ! Cette incapacité à respecter sur son propre sol, les valeurs
qu’il prétend incarner et qu’il va imposer de force à
d’autres. Maître dans l’art de transformer en fiction des réalités
ou le contraire, dont l’empire n’a de limites que celles de l’imaginaire,
ne comptez pas sur lui pour vous révéler  » les secrets
 » du régime despotique.

C’est
son adhésion totale au Ioguisme, corps et âme, c’est l’énorme
profit personnel qu’il en a tiré en termes de prestige et de
puissance (lui, parti de si bas), c’est aussi la logique de l’idéologie,
qui a anéanti en lui tout ou du moins presque tout de ce qui devrait
constituer le système des valeurs, normales ou normatives, d’un
djiboutien du XXIe siècles. Je dis presque tout, car la diabolisation
totale d’un individu, même celui-là, confine comme toujours
à une certaine absurdité.

Si la
liberté d’expression n’est pas donc un vain mot dans cette
société dont l’hypocrisie et les contradictions sont les
caractéristiques essentielles, pourquoi toute cette bronca orchestrée
par Maki sur les membres du MRD. Le versatile -Maki – comme tous les adeptes
du flou, de la mauvaise foi et du mensonge nous en donne une explication fort
intéressante et révélatrice ; ce n’est pas pareil,
ce que le journal du Renouveau a fait est odieux, abominable bref inqualifiable,
d’ailleurs nul comparable à ce qui se passe. On croirait entendre
Jacob Neusner lorsqu’il affirmait  » L’holocauste mal unique
n’a pas seulement pour conséquence de donner aux juifs un statut
à part, il leur donne un droit sur les autres».

La manipulation
est plus subtile, elle tient dans la description d’une réalité
volontairement tronquée et parcellaire qui nie singulièrement
l’information. Il use de méthodes inadmissibles à l’encontre
de tous ceux qui critiquent un tant soit peu le régime dictatorial.
Je dois dire que cette méthode de l’humiliation personnelle est une
méthode déplorable, même quand elle est utilisée
contre des éléments politiques qui méritent d’être
durement combattus.

Mais j’ai
beau avoir du mal à comprendre cet acharnement du procureur Maki, l’entreprise
de diabolisation dont le journal « le Renouveau Djiboutien » fait
l’objet me soulève le cœur, car elle surfe sur les fantasmes d’invasion
les plus malsains et les plus délirants .Car, pour démontrer
sa thèse, tous les moyens sont bons, y compris la mauvaise foi, l’approximation,
qu’il est en passe d’élever au rang des beaux-arts.

Mais qu’importe
: la cause est entendue. Il faut bien constater que, de plus en plus, pour
les agitateurs enragés de l’épouvantail ethnico-tribal, la vérité
et les faits n’ont strictement aucune importance.

Aucune critique, aucun commentaire, pour réclamer par les mots la tête
d’un régime despotique et tyrannique. Bien au contraire, il a
développé presque systématiquement une réaction
de refus des faits naturels qui sont survennus. À croire qu’il en est
vraiment convaincu lui-même. Cette réaction de refus peut être
mêlée de doute, de rejet et/ou de peur. C’est un peu comme
si le recours au mensonge n’était fait que pour attirer l’attention
sur un mensonge plus essentiel et compromettant pour la vie.

Ainsi
s’ajoute à l’idée nauséabonde à la
base de son projet une audace remarquable qui se vautre avec délectation
dans la démesure et l’outrance aussi bien par sa forme que son
fond. Les jolis cœurs adeptes du langage châtié de Shakespeare
deviennent des psychopathes, nymphomanes, zombies, tueurs sanguinaires.

Un tel
paradoxe n’émeut guère le procureur Maki : « Faîtes
ce que je dis, pas ce que je fais », voilà qui résume
son attitude. Les menteurs invétérés existent. Les gens
mentent pour mille et une raisons. Mais il y en a qui mentent pour mentir,
sans aucun but précis, sans intention consciente. C’est comme une façon
bien à eux de se donner de l’importance, une façon de se valoriser,
de se rendre intéressant, de dire n’importe quoi, sur n’importe quoi
ou n’importe qui, même si ça peut blesser, simplement pour le
plaisir d’inventer. Pour attirer l’attention sur leur valeur personnelle.
Un vice animiste de l’esprit.

Il ne
sait plus. Il a du mal à s’imaginer ailleurs que sur un piédestal.
Alors, il se surdimensionné, s’invente des exploits, des aventures.Loin
de véhiculer une réalité objective, son acharnement sur
le Renouveau est avant tout un espace d’exorcisme de fantasmes et d’obsessions
intimes.

Le
procureur Maki se transforme en mercenaire médiatique volontaire, en
créant une atmosphère de méfiance, de soupçon,
de haine sur l’opposant DAF.

Toute
tentative de modifier l’ordre dictatorial djiboutien existant est récusée
au nom de trois types d’arguments : le risque d’engendrer des
effets contraires au but recherché (effet pervers) ; l’inutilité
de l’action entreprise, supposée impuissante à modifier
le statu quo (inanité) ; le risque de bouleverser une organisation
fragile, représentant de précieux acquis (mise en péril).

La saisie
du journal dont le seul crime est d’avoir osé accomplir sa mission
d’informer et de faire réfléchir s’est vu interdire, l’emprisonnement
des membres du MRD – cela est évidemment inacceptable, ne peut être
toléré d’aucune façon -, le procureur Maki ne s’aperçoit
même plus que le journaliste n’avait nullement atteinte à
la vie privée de l’émirati Abdallah Hamiri. Son passage
sous silence du scandale, mais le scandale est toujours indicible pour les
lâches. Clamant aux atteintes à la liberté quand celle-ci
n’est en rien menacée, pratiquant le mensonge, la manipulation,
et la désinformation pour propager la peur, la suspicion et l’exclusion
des citoyens toujours trop anti-ioguistes, toujours trop opposants. Donc,
la terreur, dont l’origine reste floue, incertaine, la peur qu’elle
provoque, sert à manipuler l’opinion. N’assiste-t-on pas
aujourd’hui aux mêmes procédés ?

Le procureur
Maki s’évertue à créditer la thèse selon
laquelle, l’article était diffamatoire. Quel grossier mensonge
! Où est la diffamation, l’insulte primitive dans l’article?
Aurais-je mal lu?

Accuser
l’article sans aucune preuve est un mensonge que personne ne pourrait
croire. C’est d’ailleurs par ce mensonge que les 2 membres du MRD Hared Abdallah
Barreh et Houssein Ahmed Farah ont été incarcérés
au secret pendant plusieurs heures.
Cette attitude montre à quel point le Régime Ioguiste n’est
nullement disposé à rompre avec une conception autocratique
du pouvoir qui dénie aux citoyens toute liberté et tout droit,
hormis celui de mourir.

Quel crédit
accorder aux dires du procureur -le-menteur? Comment se défendre contre
les pieux menteurs, les fabulateurs, les mystificateurs, les mythomanes, ceux
qui mentent parce qu’ils ont menti, ceux que Jean-Michel Rabaté appelle
les «menteurs en série»?

O combien
prétentieux serait celui qui affirmerait qu’il ne ment jamais
ou, du moins, qu’il n’a jamais menti…

Sa désinformation
consiste à déformer suffisamment un fait pour lui faire signifier
autre chose. Cela démontre s’il en est encore besoin, que le
régime ioguiste ne souffre aucune opposition.
On peut rapidement se rendre compte que la Liberté d’expression
est donc en fait clairement inexistante. La Liberté d’expression est
souvent l’ennemi premier des dictatures et IOG en a bien conscience.

En politique,
pour abattre un adversaire, on a tout vu ou presque, (l’imagination
des hommes est telle qu’on reste confondus de tant de techniques, directes
ou retorses, destinées à faire vider les étriers à
l’adversaire le plus convaincu et le plus déterminé.
D’abord le dénigrement de l’adversaire est-il le corollaire
juste et inévitable, nécessaire et suffisant de l’affirmation
et de la justification de ses propres idées ?

Le bon
sens (mais il n’y a pas de bon sens là dedans, les initiés
doivent éclater de rire) pousserait à dire : tant mieux ! Nos
idées sont donc si bonnes qu’elles tentent les autres, qu’ils
se les approprient ! La justice sociale, l’égalité, la
répartition des richesses, le travail pour tous et toutes, le service
public etc. etc.

Qu’est
ce qui est prioritaire, la fidélité au parti à tout prix,
ou la concrétisation des idées bonnes ? Là encore le
bon sens répondra, c’est la mise en œuvre concrète
!

N’est-ce
pas comique de voir des défenseurs d’IOG se mettre en contradiction
avec leurs propres principes ?

À
prétendre représenter le seul bon produit, la lassitude, le
doute s’installent, puis naît la curiosité, on va voir
ailleurs derrière cette masse de gens fort connus et fort importants
.

Mohamed
Qayaad


1- Victor Hugo, Les chants du crépuscule.

05/03/07 (B385-A) C’est avec stupéfaction, indignation que j’ai appris la nouvelle d’une découverte macabre.(Mohamed Qayaad)

__________
A lire aussi plusieurs articles

Site des Nouvelles d’Addis.
http://www.lesnouvelles.org/P10_magazine/12_depeche07/12298_AY-charnier.html


Notre site ARDHD
http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=5700
http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=5688
_________________________________________________
Le temps passe, les images défilent. Que découvre-t-on
le 9 février 2007 au Day en République de Djibouti ? Un charnier
: des ossements d’êtres humains.

Ce n’est pas un rêve, c’est la réalité !

C’est quelque chose d’horrible, d’épouvantable, de démoniaque,
quelque chose qui vous prend à la gorge et vous empêche de crier.
Quel sadisme ! Quel machiavélisme et quelle méchanceté
de cour et d’esprit pour organiser des scénarios aussi affreux ! Chose
inacceptable et condamnable !

Les mots me manquent pour qualifier ces odieux actes barbares. Pourquoi ont-ils
été pris pour cibles à des fins de propagande par ce
régime sanguinaire ? Mais peut-on humainement accepter que ces personnes
puissent être massacrées sans être ni des meurtriers, ni
des voleurs, ni commanditaires de tels actes ?

De quel droit autoriserait-on pareille aventure, sous le prétexte qu’elle
se déroule au nord de Djibouti ? Je ne comprends pas que l’on ne s’émeuve
pas de ces crimes inqualifiables et répugnants.

Aucune critique , aucun commentaire, aucune dénonciation, aucun soupçon
pour réclamer par les mots la tête d’un régime despotique
et tyrannique.

Ce qui est encore pire, c’est que les ineffables, les plumitifs des organes
de la propagande ioguiste passent sous silence la responsabilité morale
du régime génocidaire. Qui de nous, qui de vous, qui de nos
compatriotes admettrait tout bonnement qu’un citoyen puisse être assassiné
?

Le système
utilise toutes ses forces, sa violence, son idéologie, son éducation
et sa culture populaire pour détruire la mentalité traditionnelle
et l’indépendance personnelle, et pour en effacer les meilleurs traits,
comme le respect envers les personnes plus âgées, la perception
de toute personne d’égal à égal, l’humilité. Égoïsme,
insouciance et impunité aussi bien qu’envie, cupidité, servilisme
se sont mis à prendre racine au sein de la société djiboutienne.

Il est regrettable qu’une fois encore, les commanditaires d’une telle manouvre
bénéficient d’une totale impunité et que la responsabilité
en incombe à un simple dictateur.

Il est inhérent à l’individu qui impose à la fois la
dictature et la criminalité aux Djiboutiens et trouve au sein du peuple
des hommes et des femmes sans conscience pour les suivre dans cette voie sans
issue ! Trop de solidarité automatique ! Trop de complicité
mécanique ? Trop de liens primordiaux encore trop forts !

Que l’on me dise que c’est un cauchemar ! Que quelqu’un me pince, que je me
réveille !

Il faut qu’on le sache. Il faut que l’opinion nationale et internationale
soit au courant de ce qui s’est passé.

C’est aux proches des victimes de poursuivre
en justice les commanditaires, les criminels de ces odieux assassinats sanguinaires.

On manifeste pour d’autres causes, contre maintes autres infamies ;
mais descendre dans la rue pour flétrir l’usage de la torture, de la
mort, cela devient plus délicat pour les chefs d’orchestre, même
quand l’abomination est le fait des affreux impérialistes yankees.
Où sont-ils nos pourfendeurs de l’extrême droite, les défenseurs
des grandes causes ; les Don Quichotte des temps modernes. Aucune indignation,
aucune colère de la part de ces grands vertueux pour ces « morts
».

Car qui songerait à aller jeter des pierres chez autrui quand sa propre
maison est de verre ? Qui se hasarderait même à donner de la
voix, quand les prisons locales résonnent des clameurs des suppliciés
? Absorbée par les préparatifs d’un sommet de pure forme qui
se soldera une fois de plus par des résolutions de routine, la Francophonie
ne pipe mot.

La plupart des États africains font de même ; et si d’aventure
l’un d’eux rompt l’assourdissant silence, c’est pour dire, comme pour s’excuser
de tant d’audace, qu’il ne peut que condamner de si inhumaines pratiques.

Où sont passés ceux qui se la jouent « défenseurs
de grands idéaux » mais qui s’écrasent, et se sont toujours
écrasés, devant les massacres annoncés, les massacres
en cours ainsi que ceux à venir. Pardon, qui s’écrasent lorsque
les victimes font partie d’une certaine catégorie. Leur silence m’abasourdit.

Comment peut-on continuer à occulter ladite réalité ?
Combien d’évènements macabres de ce genre notre pays n’a de
cesse de connaître depuis toujours ?

Combien de veuves, d’orphelins, de mutilés et de déplacés
manque-t-il encore au compte pour que la page sinistre soit tournée
définitivement pour la République de Djibouti ?

Chaque fois qu’il s’agit d’identifier un évènement majeur qui
démontre le mépris des organes propagandistes de la mafia djiboutienne
à l’égard des Djiboutiens, d’étranges troubles de perception
apparaissent : la vue faiblit, l’audition s’étiole, le verbe dépérit
et le sujet s’absorbe dans un état de stupidité manifeste.

Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, constitue la règle d’or
en la matière. Mais n’est-ce pas aussi la devise de ces magots complices
?

Nier, toujours nier ; la réalité est que le pays ne remplit
même plus le service minimum dans sa lutte contre les malfrats.

Dire la vérité, ce n’est pas savoir telle ou telle chose particulière,
la dictature ioguiste ou la paupérisation de la société
djiboutienne. Ce n’est pas tout savoir sur tout, ce qui est absurde. C’est
dire l’essentiel de ce qui est à dire.

Mais faut-il beaucoup lire, ou lire beaucoup à la fois pour savoir
? Réponse aléatoire, comme si on faisait fi de l’expérience
ou du raisonnement. La véritable ignorance n’est pas un vide mais une
représentation erronée, une méconnaissance donc, et plus
grave encore une méconnaissance qui croit savoir et se donne comme
un savoir, bref une illusion.

Pense-t-on vraiment « changer Djibouti » ? J’en doute, on ne croit
même pas nécessaire de le changer ; certains soutiennent même
que c’est impossible.

La réalité djiboutienne ne dépend pas d’un tel écrit,
que viendrait appuyer ou infirmer telle trouvaille socio-économique.
Comment échapper au naufrage ?

La solution n’est ni seulement économique, bien que la première
soit la réduction des inégalités. Ni seulement politique
bien qu’IOG ait accumulé la totalité de la richesse de Djibouti
sur les ruines d’un pays exsangue.

Ce peuple est continuellement menacé, agressé par un dictateur
belliqueux et arrogant. Tant d’hommes qui quémandent, qui sont méprisés,
victimes de vexations quotidiennes pour le plus grand profit d’une infime
minorité.

Une République de Djibouti cassée, un pays sans but dont la
gestion est la plus absurde et la plus déplorable qui puisse être,
ne peut échapper à la désintégration et à
la faillite par une recette magique et d’effet immédiat, qu’elle soit
économique, politique ou religieuse.

Ce dont Djibouti a besoin aujourd’hui, c’est d’un renouveau, d’une prise de
conscience pour changer notre destin. Malheureusement trop veulent tout changer,
sauf eux-mêmes.

Djibouti et les Djiboutiens ne veulent plus et n’accepteront plus aujourd’hui
d’être encore morcelés par tout ce qui les a depuis toujours
et encore divisés, à savoir le clanisme, l’égoïsme,
l’ingratitude et l’ambition personnelle.

Et cela ne se fera pas par la guerre clanique mais par et à
travers la concorde nationale. –

MQ

21/02/06 (B338-B) La liberté d’expression ou l’expression libre de la haine ? (Mohamed Qayaad)

_____________________________ Avertissement de l’ARDHD
Comme les internautes ont pu le constater, il ne nous a pas semblé ni utile, ni opportun de communiquer
sur le site de l’ARDHD, sur cette affaire de caricatures ni surtout de contribuer à en faire la publicité.

Bien que nous les condamnions parce qu’elles constituent une grave provocation inutile et absolument dénuée de tout intérêt (et qu’en plus, nous les trouvions de qualité médiocre) l’ARDHD n’a pas autorité pour s’exprimer sur ce sujet, qui est fort éloigné de ses objectifs, qui sont de contribuer à la restauration de la Démocratie, de la Justice, des Libertés et de la Dignité pour toutes les djiboutiennes et tous les djiboutiens.

Il ne fait nul doute que cette contribution de Mohamed Qayaad, publiée en son nom, devrait susciter des réactions. A l’avance nous informons tous les lecteurs que nous nous refuserons à ouvrir un débat sur ce thème. Il existe de nombreux forums pour cela.

Nous remercions tous les internautes de leur compréhension.

La publication de cette contribution ne signifie pas obligatoirement qu’il reflète ni les idées ni les positions de l’ARDHD.

______________________________________ Mohamed Qayaad

L’affaire des caricatures parue dans le tabloid “ Jylland Posten “est infiniment plus complexe à décrypter. Comment se fait-il que ces douze caricatures publiées le 30 Septembre 2005, font scandale que maintenant.

Pourquoi ont-elles provoqué tout ce remue-ménage ? Quelle analyse fait-on de cette affaire ? Quels en sont les acteurs ? Quels sont leurs objectifs ?

Mais d’où a pu sortir une idée aussi monstrueuse, aussi abominable que ces caricatures qui retournent facilement même le mieux accroché des estomacs ? Inconscience, aveuglement ou volonté délibérée ?

Je me suis posé la question si nous n’assistons pas à une tragédie grecque. Dans la mythologie, les tragédies sont orchestrées par les dieux de l’Olympe qui veulent ainsi punir les humains. Aujourd’hui je constate que le fossé entre le monde musulman et l’Occident se creuse chaque jour un peu d’avantage. Que ce mouvement paraît inexorable comme mu par une force fatale . Où se trouve le point de non-retour ? La question des responsabilités ou de qui devrait faire quoi me paraît relativement académique voire dépassée.

Le scandale n’est-il pas devenu aussi la vaste manipulation politique que des régimes souvent despotiques et corrompus font de cette imbroglio pour s’attirer les faveurs des croyants ou les récupérer des mains des partis et des leaders intégristes ? Est-ce bien ce feu sur lequel on veut jeter de l’huile ?

Les réactions passionnées ont été violentes et disproportionnées dans le monde musulman. Je trouve horrible qu’il y ait eu des morts pour cette histoire absurde, je pense beaucoup à eux.

La violence est inacceptable, surtout celle qui tue les innocents, mais au-delà de la compassion, il faut chercher les explications de cet aboutissement et faire son auto-critique.

La critique de la religion est une bonne chose. Elle permet de combattre l’obscurantisme et de faire resortir l’essentiel, un message d’amour et de paix.

La dérision et la liberté d’expression sont sensées, en temps normal, provoquer le débat et non la violence, et pour le coup, dans ce contexte, c’est râté.

Lorsque je lis que les ministres arabes de l’Intérieur – gestionnaires de l’industrie de la torture – réunis le Mardi 31 Janvier 2006 à Tunis, ont protesté contre ces caricatures, j’ai envie de vomir. Voilà les apôtres de la persécution et de la confiscation des libertés individuelles qui se refont une virginité grâce à cette affaire et se présentent en grand défenseur de la cause. Quelle hypocrisie ! Quelle lâcheté !

L’épouvantail de l’anarchie est d’ailleurs, aujourd’hui encore, le leitmotiv des défenseurs du despotisme.

Ces autocrates n’ont pas de leçons à donner en matière des Droits de l’Homme aux danois et feraient mieux de se méler de ce qui les regarde comme par exemple la démocratisation et la libération de leur pays, des entraves et des fausses passions qui l’endorment .

Ils s’arrogent des pouvoirs spéciaux et exceptionnels, dans un processus qui fait la part belle à l’arbitraire, au culte de la personnalité, au clientélisme, au népotisme voire même, à l’instrumentalisation de la religion par « Grand Mufti » interposé.

Affirmer qu’il n’y a aucun lien entre cette réaction aux caricatures et le conflit au Moyen-Orient, l’impérialisme américain, est d’une naïveté consternante. Il n’y a aucune mise en perspective du contexte, de l’instrumentalisation politique de l’islam, et de la surenchère qui s’en suit. L’analyse cède une fois de plus le pas à l’injonction simpliste.

Cette manipulation ne permet-elle pas à ces régimes corrompus de perpétuer le despotisme, la répression et la dépendance ? Pour enfin, garantir l’impunité aux criminels, priver les victimes de leur droit à la justice et exclure arbitrairement de la scène politique, des militants sincères en les maintenant en prison ou en exil.
Liberté d’expression rappelleront certains, insulte, provocation et racisme avanceront d’autres, cette affaire danoise est révélatrice d’un état d’esprit tant chez les musulmans que chez certains journalistes occidentaux.

Liberté, que de crimes nous commettons en ton nom !

Dans les pays démocratiques, comme le Danemark, la liberté d’expression est très fortement contrôlée et limitée. Dans la pratique, elle n’est que formelle car elle est soumise à trop de conditions et restrictions.

Ainsi, au Danemark, le consensus social est plutôt xénophobe et marqué par une réelle islamophobie. Un parti d’extrême-droite est au gouvernement et des lois liberticides anti-immigrés ont été récemment adoptées (interdiction pour un danois de se marier avec quelqu’un qui n’est pas de nationalité danoise et agée de moins de 24 ans). Ce n’est donc pas un simple hasard si le Danemark est le pays à l’origine de cette polémique mondiale.

Le journal qui a publié ces caricatures est pour le moins de la droite extrême pour ne pas dire qu’il est d’inspiration de l’extrême droite danoise qui n’est pas si tolérante que certains voudraient le croire.

Le Jyllands-Posten, comme chacun sait, c’est le grand porte-parole incontesté de l’Europe et même de l’Occident : c’est une civilisation entière qui s’exprime à travers lui, et même, en un sens, l’humanité. Comment parler de liberté si la liberté c’est aussi violer les musulmans ? Qu’on en finisse avec la liberté, et qu’on rétablisse plutôt la justice.

J’ai suivi bon nombre de débat concernant l’affaire des caricatures et, lorsqu’un défenseur de la liberté d’expression absolue y était présent, il avançait toujours l’argument « Voltaire » et, plus généralement, les grands écrivains du siécle des lumières.

Il est vrai que Voltaire était de ceux qui critiquait le plus les religions(toutes les religions)mais il faut savoir qu’à cette époque ces religions étaient aux pouvoirs dans leurs pays respectifs et exerçaient des pressions sur leur peuple à des degrés divers.

Pour faire plus court, si Voltaire vivait à notre époque, je pense qu’il critiquerait la politique et moins les religions. . . enfin c’est mon avis.

Une question cependant, quand l’armée américaine bombarde et ne tue que des populations civiles, personne n’ose lever le petit doigt comme si nous étions tous manchots décérébrés, mais que des personnes blessées dénoncent des caricatures jugées insultantes pour ne pas dire diffamatoires et voilà que les cris à la liberté d’expression fusent dans cette vieille Europe qui se flagelle comme une vieille catin d’un film pornographique

Je suis effaré à l’idée que maints croyants ont éprouvé bien plus que l’horreur devant le blasphème, la jubilation d’avoir un prétexte pour en découdre. Heureusement, au milieu de cette faillite généralisée de l’intelligence il y a la sagesse de la parole de certains intellectuels du monde musulman qui témoignent de la pérennité des vraies valeurs de l’islam, qui suggèrent la possibilité du débat constructif dont il sera impossible de faire l’économie

Que penseraient Ibn Rushd, Ghazali, Tabari et tant d’autres des vociférations que l’on peut entendre s’en réclamer ? Le plus grand blasphème est il dans les imbécillités d’un journal danois ou dans la tentative d’un croyant de justifier ce que Dieu réprouve par une manipulation du Coran ?

Un pays vraiment islamophobe ne serait il pas celui où un kamikaze se ferait exploser dans une mosquée au milieu d’une assemblée de musulmans en prière ? Ou alors celui qui s’émeuvrait moins d’une telle abomination que d’un crayonnage idiot perpétré il y a quelques mois ? La criminalisation de l’islam ne serait elle pas de commettre des crimes en son nom ?

Ce sont autant de questions naïves que je me pose. Sachant ce qu’est Charlie Hebdo, ses publications ne me choquent pas mais me dégouttent. Croyant savoir ce qu’est l’islam je suis choqué qu’un Imam puisse patiemment organiser l’instrumentalisation de la foi de ses coreligionnaires. Est-ce une attitude conforme à l’islam, est ce digne d’un musulman ? .

Ces dessins ont été diffusés pour choquer délibéremment et provoquer. N’oublions pas que “ Jylland Posten “est un journal néo-conservateur donc je ne vois pas en quoi il se donnerait des tâches pédagogiques et éducatives pour faire comprendre l’islam.

Selon le journal britannique “The Guardian”du 08/02/06, ce journal danois avait en effet, en avril 2003, refusé de publier des caricatures sur le Christ qui lui avaient été proposées, mais qu’il avait jugées trop offensantes pour ses lecteurs. Drôle de conception de ladite” liberté d’expression “!

De plus, la plupart des journaux européens ont publiés à leur tour ces dessins, quatre mois plus tard. Donc on a bien compris que la liberté d’expression n’a rien à voir et qu’il s’agit seulement pour ces journalistes islamophobes de choquer et de se faire un coup de publicité. France-soir est en faillite, donc son PDG Raymond Lakah sioniste notoire en profite.

Je ne connais pas les intentions du dessinateur en question. . .

Mais dessiner un terroriste avec une bombe sur la tête est une parabole : ça apporte grand-chose, ça suggère une idée. Un dessin de ce genre sert à symboliser une idée.

N’est-il pas regrettable après tout que ces dessinateurs ne s’expriment pas sur le but de leurs caricatures. . Car on voit bien que leurs discours se drapent, hypocritement, dans les vertueux oripeaux d’une liberté d’expression à géométrie variable.

Quelle cause peut-elle servir ? Quelle vérité fait-elle avancer ? Quel mensonge dénonce-t-elle ? Quelle injustice répare-t-elle ? Où est l’information ? Où est le reflet de notre époque ? Quel est le problème soulevé, à moi lecteur ?

Si ce n’est de bien illustrer l’ensemble des clichés véhiculés à l’encontre de la religion islamique : terrorisme, misogynie, obscurantisme, fanatisme, etc., en Occident et notamment « dans un royaume [du Danemark] où la religion musulmane est qualifiée de ‘religion terroriste’ ou ‘religion du Moyen Age’ par certains hommes politiques au Parlement », comme le soulignait La Libre Belgique du 31 janvier dernier.

Pourquoi cette personne s’en prendrait-elle au prophète Muhammed (PBSL) ? .

Je peux m’imaginer qu’elle tente par là de juger toute une religion, peut-être suis-je trop pessimiste, mais cela me semble trop stupide. Ce n’est plus le terroriste qui est vecteur de terreur mais le prophète des musulmans. Par conséquent, la religion musulmane est vecteur de terreur. J’ai été choqué, non seulement par les caricatures, mais par l’orientation des dessins qui étaient ouvertement islamophobes.

Ce dessin agressif stigmatise personnellement l’ensemble des musulmans, les assimilant chacun et tous à des terroristes, des criminels potentiels, et que l’islam est fondamentalement sanguinaire et menace la paix du monde.

Ainsi l’islam devient « la religion la plus con » (Houellebecq), la plus violente, la plus rétrograde, la plus obscurantiste. . . Mais arrêtons ici les superlatifs.

Cette diabolisation systématique qui est loin d’être un fait du hasard ou un fait isolé, s’inscrit dans une stratégie guerrière qui vise à mobiliser l’opinion occidentale contre le monde musulman et ses ressortissants ( Samuel Huntington – ex-conseiller du dictateur Pinochet -, l’auteur de cette thèse, jouait même le prophète du malheur en pronostiquant une guerre entre l’Occident et l’Islam ).

Désolidariser l’opinion occidentale avec la lutte du peuple palestinien, légitimer les agressions qui se succèdent contre les pays arabo-musulmans à des fins plus ou moins avouables et créer un sentiment de rejet de l’islam et de ses communautés afin de contrer leur intégration dans les sociétés occidentales; telles sont les objectifs poursuivis par la campagne actuelle dont l’affaire des caricatures n’est elle même qu’une simple caricature. Car ce qui choque dans les caricatures dont il est question c’est l’assimilation de toutes les populations et tous les individus appartenant au monde musulman au « terrorisme ».

C’est dire la volonté délibérée d’aggréger et d’accuser des millions de gens de faits politiques dont ils n’ont aucune idée ni aucune responsabi té pour conforter les instigateurs de ces campagnes dans les idées qu’ils veulent ancrer dans les opinions. Quant à la liberté d’expression aucune personne raisonnable ne saurait la remettre en question à partir du moment où elle n’émane pas d’une intention préméditée de nuire à des millions de gens et à la coexistence entre les peuples. L’incitation à la haine n’a jamais été une liberté d’expression et ce n’est pas aujourd’hui, parce qu’il s’agit du Prophète de l’Islam (PBSL) que celà doit de le devenir.

Est ce la liberté d’expression ou l’expression libre de la haine ? Les pogroms commencent toujours par des campagnes de presse. .

Ce vilain sempiternel, cet infâme absolu, cet archétype du pire, aujourd’hui, sans aucun doute, c’est « le musulman ». Ou pour mieux dire les musulmans.

Voilà toute la profondeur de la pensée néo-conservatrice, un simple syllogisme répété par tous les médias commerciaux et entretenus à travers des arrestations de suspect périodique. Qu’est-ce qu’un suspect ? Un musulman. La boucle est bouclée.

Au nom de la liberté d’expression, on a maintenant le droit de propager la haine raciste ?

Quant on sait que France-Soir est en quasi faillite, on comprend mieux les intentions peu louables de ces journalistes de droite.

La liberté d’expression se conjugue-t-elle avec les affaires commerciales ?

Quand je vois Charlie Hebdo qui annonce une réimpression de 160 000 exemplaires de son numéro à peine dans les kiosques. Je me demande si tout compte fait, les protagonistes de ce joute médiatico-religieux ont tout intérêt que la flamme « coléreuse » ne s’éteignent pas. Le tocsin sonne au clocher du village global. La métaphore de Mc Luhan est devenue une réalité.

Donc, je persiste à penser que la publication de Charlie Hebdo, que je n’ai pas encore pu acquérir, est une opération politico-commerciale qui instrumentalisant la liberté d’expression lui porte, pardoxalement, atteinte.

Nous assistons à une perversion de la liberté d’expression, d’un droit généré par « l’insulte gratuite » qui ne fait que légitimer l’irrévérence et générer l’oubli des sensibilités et des convictions culturelles et religieuses de chacun. Ajoutons que souvent, l’ironie est une manière adroite et dissimulée de régler ses comptes et de faire passer sa colère qui ne peut ou ne veut s’avouer.

Et c’est précisément par des manières impérieuses et insolentes que les organes de presse, bravent opiniâtrement l’immoralité à coup de caricatures au nom d’une liberté d’expression, qui dénote « une déviance », malheureusement escortée par une permissivité absolue.

Mais dans toute l’Europe quelle personne a négocié la liberté d’expression ? Ce que le musulman demande, c’est simplement de respecter sa sensibilité car outrager le prophète comme cela a été fait, c’est manquer de respect à toute une communauté ; en d’autres termes, le musulman comme le chrétien, le juif ou le bouddhiste demande à ce que l’on soit empathique vis à vis de sa personne et de sa foi. C’est tout.

Pourquoi toute cette manipulation autour de la question de la liberté d’expression ? L’affaire Dieudonné en est le plus bel exemple :un homme qui n’a pas était condamné par la justice pour des sketches comiques caricaturants les colons israéliens a été purement et simplement interdit d’antenne sur toutes les chaînes hertziennes françaises dont « tout le monde en parle » pour des raisons morales comme l’avait souligné lors de l’une de ses émissions Mr Thierry Ardisson.

Loin de moi l’idée de vouloir défendre Dieudonné, ses propos ont été blessant pour la communauté juive, j’en ai conscience, mais ce fait médiatique comme d’autres dont on ne parle pas, souffre de ce « deux poids deux mesures ». Mr Claude Imbert (1), mercenaire plumitif au verbe nauséabond, qui affirme, urbi et orbi, son islamophobie jusqu’aux dérapages médiatiques de nos chères « néo-réactionnaires »(comme le dit si bien le « nouvel Observateur ») tel que A. Finkielkraut (2), P. A. Taguieff (3), B. H. Levy (4), Max Gallo (5), D. Pipes (6) et autres qui s’auto-proclament « spécialistes » de cette liberté d’expression permissive. Et qui, trop souvent sont embarqués dans une chasse à la « nouvelle judéophobie », épiphénomène exemplaire de ce que Pierre Bourdieu, justement, appelait l’ « intellectuel négatif ».

J’éprouve le plus profond mépris pour ces personnes car je les perçois comme des propagandistes manipulateurs ( Israël ) qui pratiquent le chantage victimiste sournois et le lynchage moral comme méthode de débat permanent.

Il est à la fois étonnant et frustrant de voir comment des indigents et chantres de la monoculture sont érrigés en symbole de l’intellectualisme.

Mais qui a eu l’audace de parler de la liberté d’expression à ce moment là ? Du moins aucun de ces sempiternels virtuoses de la suspicion.

Alors, permettez-moi . . d’en douter.

C’est inadmissible que ces constipés intellectuels combattent la censure aussi hargneusement et ignorent aussi facilement toute la permissivité de cette haine. . J’ai le sentiment que la sincérité des uns ne fait que décupler l’hypocrisie des autres

Cette vaine agitation destructrice n’en est qu’une preuve supplémentaire.

Une discipline intellectuelle et morale s’imposent afin d’humaniser l’instantanéité de nos actes brusques et irréversibles.

Mohamed Qayaad

(1) Imbert déclare « Je suis un peu islamophobe, ça ne me gêne pas de le dire. (. . . ) J’ai le droit, je pense (et je ne suis pas le seul dans ce pays), à penser que l’Islam, (je dis bien  » l’Islam « , je ne parle même pas des islamistes) en tant que religion, apporte une certaine débilité (. . . ) qui en effet me rend islamophobe. (. . . ) Il n’y aucune raison, sous le prétexte de la tolérance, (. . . ) de s’abaisser jusqu’à renier des convictions profondes. ”. Le Point sur LCI (24. 10. 02)

(2) Au nom de l’Autre, réflexions sur l’antisémitisme (Gallimard), A. Finkielkraut déplore que les progressistes persistent à voir dans le jeune descendant d’immigrés arabo-musulmans la figure de « l’Autre », et non de l’ennemi enragé, agressif, barbare et antisémite qu’il est. Tout cela, s’afflige-t-il, parce qu’aux yeux de ces naïfs, « le ventre encore fécond d’où a surgi la Bête immonde ne peut, en aucun cas, accoucher de l’Autre ». Si cela, ce n’est pas « jeter le feu dans les esprits ». . .

« Malgré tout ce que la France a fait pour eux les fils d’immigrés islamiques la haïssent. C’est comme çà dans leur culture. […] Le problème est que la plupart de ces jeunes sont noirs ou arabes et s’identifient à l’Islam. » Alain Finkielkraut, philosophe, extraits d’un reportage de 6 pages dans le supplément hebdomadaire de Haaretz daté du 18 novembre 2005 .

(3) « Deux millions de musulmans en France, ce sont deux millions d’intégristes potentiels » Pierre-André Taguieff, France Inter, 1997. .

(4) « C’est la nature intrinsèque de l’Islam qui pousse au crime. » Bernard Henri Levy, Le Monde (1997).

(5)-intervention du journaliste : mais où sont les armées nazies aujourd’hui ?

– Max Gallo : C’est plus complexe que cela, dans la mesure où on veut nous imposer une forme d’autocensure, par des pressions, demain quel journaliste responsable, soucieux « d’apaisement », osera publier un article dont il pensera que peut-être il manquera de respect à certains et que peut-être il déclenchera au Moyen-Orient des manifestations que nous connaissons avec mort d’hommes ou femmes, avec incendies de bâtiments diplomatiques, ce qui est extrêmement grave dans la vie internationale, qu’on incendie les représentations diplomatiques d’un pays, donc devant de tels événements on devrait établir une limite au-delà de laquelle on ne cédera pas. Car si on cède sur une question apparemment anodine, en fait très symbolique de nos rapports avec ce monde de l’intégrisme, comment pourra-t-on demain trouver la force de ne pas céder quand une nation islamique possédera la bombe atomique ? 10/02/06 LCI

(6) ” Moslem States Represent a Potential Threat to World Peace “ D. Pipes FrontPageMagazine. com 13 février 2006 «Les États musulmans représentent une menace potentielle pour la paix mondiale».

29/10/05 (B322) Me Aref : chantre de la dictature ou couard vieillissant ? (Mohamed Qayaad)

Zakaria a-t-il demandé à Me Aref de le venger contre l’ARDHD. Exactement comme le phèdre de Racine met en oeuvre un amour, qualifié d’impossible. Me Aref a-t-il eu la charge d’éliminer un affreux monstre affreux, qui avait eu l’audace de dévoiler sa duplicité, sa fourberie et j’en passe ?

Arrivera-t-il à faire taire l’ARDHD ? Un message paru sur son site peut-il justifier, à lui seul, un tel déploiement judiciaire ? Rien n’est moins sûr.

Ce déferlement de la médiocrité aura-t-il pour résultat final d’encourager la résistance à l’oppression et au régime ? .

Résistance à l’apologie de l’avilissement et de la marchandisation de l’être humain.

Me Aref n’a pas lésiné sur ses moyens d’intimidations. Il est le soutien d’un tyran, et rien ne dit qu’il l’aime. Il interroge, dans sa plaidoirie, l’ARDHD qu’il considère non pas comme un objet déterminé mais comme un mystère qui est devenu une charge inutile à ses yeux.

Dans sa plaidoirie, dont le contenu a effectivement peut-être été jugé trop inconsistant pour être convaincant, où tout était mis en scène, où l’allégresse enjouée des rencontres et de la vie conduisent à la prédétermination de Zakaria pour créer l’événement, le drame, comme dans l’infernal huis clos sartrien ( » l’enfer, c’est les autres  » ! ) ; dans cette évidence aréfienne du déshonneur, c’est l’illusion de son humanité qui semble s’effondrer. Sa piètre prestation à convaincre de la culpabilité de l’ARDHD a tranché avec sa promesse « de se battre » au procès.

Mais sa plaidoirie ne serait-elle pas de la lâcheté déguisée en sainteté ?

Mais qui veut de cette vérité-là ? Qui peut décemment l’accepter ?

Ce n’est pas une nécessité vitale qui le (Me Aref ) pousse, mais il est possible l’appât du gain ou plutôt le besoin de reconnaissance.

La gloire : être reconnu par le plus grand nombre, Aujourd’hui la réussite se mesure à la capacité de faire parler de soi.

Quoi que l’on en dise, il me semble que c’est une infinie détresse qui le pousse dans l’œil de la société spectacle, dans le fol espoir d’enfin exister. Faute de pouvoir être, le paraître fait bien l’affaire !

Les totalitarismes ont pu bâtir des cohésions fortes autour d’idéologies et de sentiments nationaux ; les intégrismes ont obtenu le même résultat sur la base de l’intolérance religieuse et du sentiment intransigeant de posséder la vérité. Eh bien, Me Aref fait la même chose avec un peu de zèle, un peu de gens crédules, et pas mal de stupidité.

Il est frappant de constater de quelle manière son mensonge sert de support au régime liberticide djiboutien : tout d’abord, en abolissant le passé de telle sorte qu’occulté, déformé, travesti, il n’éveille pas la conscience des individus et ne permette ni nostalgie, ni révolte. Le contrôle du présent doit venir compléter la maîtrise du passé dans la logique des régimes totalitaires. Ainsi, Me Aref , au service du système, n’hésite pas à tromper ses semblables afin de garantir la stabilité politique et sociale nécessaire à une domination totale.

Je le cite “Depuis les accords de Mai 2001 , Djibouti est sur la voie de la légalité et de la réconciliation nationale ””Il pourrait donner des leçons à beaucoup d’autres pays. . . ”Est-ce un coup de propagande de bas niveau pour déformer la réalité ? Avait-il l’intime conviction de ce qu’il disait ? Etait-il persuadé sans être pour cela convaincu. ? Voulait-il donner un corps à sa cause et non des mots à son discours ? Etait-il possédé par le démon ? Etait-il hanté par une haine qui l’a rendu fou ? Je ne le sais pas. Autant de questions auxquelles il faudra répondre.

Ratifier des accords est une chose, les appliquer en est une autre.

Nous nous trouvons en somme devant un double cas de cécité hystérique, analogue à celle dont est frappée Hélène ( du roman de Flournoy ) dans la transe, et qui fait disparaître les assistants à sa vue, chacun des deux partenaires méconnaissant.

Mensonge ! Mensonge ! Mensonge qui ne sera donc qu’un outil de sa fuite en avant. . Son mensonge apparaît donc comme une solution, comme un moyen de conserver son intégrité et son identité.

Ne devient-il pas créateur de fausses vérités qui tendent au néant, à l’endroit où le langage ne permet même plus de dénoncer les excès du pouvoir.

Je l’ai trouvé à la fois terrifiant et pitoyable, à l’instar du Himmler décrit par Malaparte dans Kaputt !

Le mystère qui tourne autour de Me Aref ne cesse d’intriguer. Coquetterie outrancière, escroc stratège , génie de la mystification ou génie tout court ?

Il ne se vend pas seulement, il se réfute ! Ce fut dit, répété… négligé. On savait, on en riait à l’occasion, ou montrant les autres du doigt, les ignobles ! On s’en offusquait bruyamment. Le mépriser ? Non bien sûr. Jamais !

Que pouvons-nous espérer quand la liberté que l’on nous propose sonne le glas de notre espérance, sinon qu’enfin nous comprenions, comme l’a si bien dit Montaigne en un temps où la vanité des hommes s’affirmait dans le refus de leurs différences, que la vraie liberté est de pouvoir toute chose sur soi-même.

Le comble de la vanité est de se mépriser soi-même. .

L’histoire de l’humanité est l’histoire de la force et de la loi du plus fort.

L’allégeance à la puissance a toujours été le maître mot de tous ceux qui veulent réussir.

L’intérêt que porte Me Aref pour défendre Zakaria est certes indiscutable. Il faudra que l’on se souvienne, dans les mois à venir, comment la misère humaine conduisit à sa perte totale de toute dignité et de tout sentiment humain. Comment l’absence de toute valeur que l’homme attachait à sa propre existence entraîna une identification de celle-ci avec les attributs officiels de la citoyenneté économique. Comment l’ignorance du moindre contenu transcendant de son être poussa Me Aref – à se projeter totalement dans une dimension vide de l’existence, où il n’apparaissait plus que dans un rôle adapté à la pérennisation de la vacuité culturelle et spirituelle.

Me Aref mobilise deux dispositifs : la transparence totalitaire et la servitude volontaire.

La «transparence totalitaire» a été génialement préfigurée dans le roman de Georges Orwell «1984 » avant que d’être érigée en système de contrôle social absolu des actes et des pensées de tous et de chacun, par les grands totalitarisme du XXe siècle: elle consiste non seulement en une surveillance permanente des faits et gestes de chacun, mais en procédures de pénétration dans l’intimité même de la conscience – afin de débusquer et de prévenir tout germe de dissidence ou de critique, et au fond la liberté d’éprouver et de penser par soi-même. « La double pensée est le pouvoir de garder à l’esprit simultanément deux croyances contradictoires et de les accepter toutes deux. » (p. 303) ; « elle est un vaste système de duperie mentale. » (p. 305).

Enfin, cet ingrédient serait sans force sans l’intervention, cette fois personnelle, de la «servitude volontaire» décrite dès le XVIe siècle par l’ami de Montaigne, Étienne- De La Boétie. Il désigne par cette expression le consentement apparemment «libre» au pouvoir en lace, et qui aboutit à lui confier corps et âme, l’entière disposition de soi-même moyennant quelques compensations flatteuses. Cet accord de soumission est au service d’une obéissance durable et sans failles, faute de quoi elle ne serait que contrainte haïssable ou calculatrice et provisoire, et le pouvoir réduit à la condition de «tigre en papier».

Le régime dictatorial djiboutien se sert donc bien de Me Aref comme personnage falsificateur, afin de démasquer les citoyens insoumis et séditieux : à ce titre, il devient un personnage fantomatique et négatif, simple jouet du gouvernement.

Me Aref est une belle illustration des errances vers lesquelles peut conduire la recherche débridée du profit. Quand la course à l’argent est la référence qui détermine les choix et les actions, que reste-t-il de l’homme ? .

Mohamed Qayaad

25/06/05 (B304) J’accuse les idéologues communautaristes (Réaction de Mohamed Qayaad)

_________________________________ Note de l’ARDHD
Cette contribution sera la dernière sur le sujet. Conformément à nos règles de fonctionnement et pour éviter de prolonger un débat interminable, nous avons publié l’article initial de Mohamed Qayaad, puis toutes les réactions des lecteurs qui ont souhaité intervenir.

Nous donnons une dernière fois la parole à Mohamed Qayaad et après ce sujet sera clos dans nos colonnes. Il appartient aux lecteurs de se forger leur opinion personnelle, s’ils le souhaitent.
______________________________________________________

Laissez-moi vous dire mon étonnement et ma frustration lorsque j’ai pris connaissance des réactions (d’Ali Coubba et de l’équipe d’Arhotabba ). J’accepte de répondre afin de lever l’ambiguïté de certains termes à leurs avis.

Leur colère ne peut plus servir d’excuse, quand elle sait commettre la corruption des idéaux sacrés.

Lorsqu’on réagit à un texte , il serait plus constructif de réellement lire ce qui est écrit et non pas de le fantasmer. Pour illustrer mon propos , je ne citerai qu’un exemple : en parlant de MIAG j’ai dit  » l’opposition djiboutienne a trop souvent laissé à son sort  » je poursuis plus loin pour dire « quelles sont les motivations de cette mouvance anti-iog ?  » en aucun cas , je parle de l’opposition afare .Je trouve malhonnête de leur part d’en faire dire des choses que je n’en ai pas dit.

Plutôt que de faire des déclarations qui relèveraient du procès d’intention, reprocher des propos qui n’ont jamais été tenus ou intenter des procès pour des délits d’opinions imaginaires.

Et ce, en passant par des procédés très malhonnêtes pour construire un discours qui n’est pas le mien.D’ où ils procèderont à une brève étiologie de ce cas pathologique. Pour en déduire une accusation fallacieuse qui ne résistera pas à un examen critique.C’est de la malhonnêteté intellectuelle.

A l’avenir, évitez de porter des jugements hâtifs sur une personne que vous ne connaissez pas selon vos dires.. A votre place, je me poserai la question de savoir, pourquoi dit-il ceci ou celà ? Voilà l’enjeu du débat .

A vouloir porter le débat sous un angle uniquement tribal fini par inquiéter.Alors, arrêtez de vouloir stigmatiser l’Autre,cette vision manipulatoire est dangeureuse .

Vous devenez riducules à force de vouloir faire vibrer la fibre tribale.Ayez des arguments plus rationnels , plus convaincants.

Ce n’est pas en dénigrant une personne que vous convaincrez qui que ce soit.
Ne vous rendez pas désagréables aux yeux du lecteur à cause de vos inutiles calomnies.

Quelle déception à les lire, on dirait une meute de chiens qui courent après un os. Aucune anticipation, aucune prospective dans leurs contributions.

Comment osent-ils donner des conseils , quand on sait qu’ils ne les appliquent pas ?

Qu’il est fastidieux d’énumerer les entorses,les passe-droits dont se sont rendus coupables mes détracteurs pour légitimer leurs invectives et leurs insultes dont hélas personne n’est dupe ! N’ont-ils donc rien compris à l’éthique de l’humanité, ces justiciers de leur communauté ? De quelle cause sacrée se font-ils les avocats ? De quels traités tirent-ils leur engagement fumeux ? Au nom de quel droit peuvent-ils justifier leur cause?Au nom de quelle religion de l’injustice se réclament-ils?

Quels chefs d’accusations invoquent-ils? Nul le sait. Quels faits me reprochent-ils? Si ce n’est de dénoncer leur enfermement communautariste.

Cette technique de propagande victimologique,bien rôdée, théâtralisée, rejouée et remise en scène par ces énergumènes a toujours été la personnification de l’Autre.

Cette paranoïa collective qui frise les délires n’est autre que le défoulement de complexes longtemps intériorisé et qui surgit tel un démon qui sort de sa boîte.

Ne faudrait-il pas briser la loi du silence et accepter de s’offrir ainsi en permanence en pâture au verdict public. Leur réaction n’est autre qu’un exemple vivant.

Dommage que personne ait l’audace de verbaliser une réalité qui nous touche tous directement et dont personne n’ose parler ouvertement, une réalité qui choque et qui dérange.

Mais ce n’est pas tout. Ils sont toujours condamnés pour leur incapacité à être réalistes , pour préférer la rhétorique aux faits, pour se complaire dans l’apitoiement de leur communauté plus que de s’en tenir à un exposé sobre de la vérité.

Leur comportement ne veut-il pas intimider le lecteur pour obtenir le silence sur ce qu’on veut cacher ?.

Comment savent-ils eux-même qu’ils ont raison ? Débâcle de la disposition autiste.

Quelles mascarades continueront-ils de jouer pour mystifier le peuple djiboutien?

Me taire , ce serait leur donner raison.

Aussi n’est-il pas étonnant qu’ils caractérisent l’Autre pour dénoncer le complot dont leur communauté est victime et tenter d’en démonter les rouages .(cf “ les afars ont d’ abord été écartés des sphères du pouvoir et marginalisés sur les propres terres “,“Au jour d’aujourd’hui c’est cette presse gouvernementale et les thuriféraires du régime qui jouent un rôle intrinsèque dans cette politique haineuse de division, d’épuration idéologique et de désinformation et non cette opposition afare “)

Ils s’emploient ,inlassablement,à expliquer ce qu’ils croient être une machination ourdie contre leur communauté.

Le talent littéraire dépourvu de cruauté démonstrative,tourne vite à l’homélie ronronnante ou à la tauromachie sans mise à mort.

Le dérapage sémantique permet souvent cependant,d’assimiler-verbalement- leurs démarches et de signifier systématiquement cette analogie dans un discours biaisé

Aussi ont-ils encore une fois recours au champ lexical émotif de l’art,indissociablement lié à celui de la tromperie et de la falsification des apparences.

Ce qui existe en-dehors de leur communauté est décrit non seulement comme différent, mais surtout comme inférieur, et donc dangereux. L’influence de l’Autre est dépeinte par l’auteur du second article comme corruptrice et nuisible et qu’il est utile de l’éliminer Il donne de l’Autre une image défavorable et péjorative.Ce dernier craint, déteste , méprise ou rejette l’Autre pour sa différence.Ce sont des principes auquels il ne peut déroger.

Passons très vite sur les remarques et allusions peu dignes me concernant.

Il n’y a plus débat, il ne reste qu’invectives et insultes.

Ces donneurs de leçon veulent-ils imposer leur point de vue ? Quel Etat de droit veulent-ils construire? Une République où la liberté de conscience , la parole et le pluralisme seront bannis..Je dis non !

La démocratie n’exige-t-elle pas le débat , l’ouverture,la contradiction ?

Dans ce cas , le sujet devient arrogant,orgueilleux,méprisant,insultant,et ce sont les réactions qu’on a pu observer chez mes détracteurs,par rapport à mon texte.

Contrairement à eux, je n’aurais point la prétention d’instruire le (a) lecteur (rice) ni l’énergie de tâcher de le (a) convaincre , ni la prétention d’apporter une vérité définitive,mais une interprêtation loyale et fondée sur une lecture précise et attentive des trois articles “ Plaidoirie ou accusation ? “ d‘Ali Coubba ,« L’Afar en perte de vitesse, Attention danger ! ».et « Interpellation légitime ou cocktail délirant ? » .

Mais quel que soit mon souci d’objectivité,c’est toujours un homme ,avec son histoire personnelle,qui lit et qui interprète.Je ne prétends pas l’imposer. Je l’offre à votre réflexion.

Je m’abstiendrai de m’étaler sur l’éthique de la responsabilité qui fonde leur démarche et constitue le vecteur de leur orientation politique.

Le respect m’impose de reconnaître à l’Autre la légitimité de penser et de s’exprimer et ce quels que soient ses convictions.
Le premier article en question a en effet été publié dans les colonnes d’Uguta, l’organe du Parti de l’auteur.Venant de ce bord-là, la chose n’a pas de quoi surprendre. Quoi! AC prend la défense de sa communauté ?
C’est, naturellement, une vue simpliste des choses.

La référence à la population djiboutienne, cependant, n’est pas inintéressante. Que sait-on de ce qu’en pense le peuple? Pas grand chose.

Le second article paru , dans le site d‘Arhotabba , signé par Xagag Bagoul.et l’équipe d’Arhotabba dans un premier temps,puis j’étais surpris de me rendre compte que deux heures plus tard qu’on a supprimé arhotabba team dans sa version finale..Idem pour le troisième paru dans le site arhotabba.

Ces discours viscéralement racistes seraient-ils un décor derrière lequel une machinerie précise fonctionne broyant les unes au bénéfice des autres?.

Ces textes reposent sur la haine, l’ intolérance, le mépris sans borne et l’exclusion de l’Autre.Voilà des préceptes que ne désavoueraient pas un certain Gobineau,Staline et Hitler.

Les arguments avancés, ne manqueront pas d’étonner les âmes candides.
Néanmoins, et sans céder aux tentations du soupçon généralisé ni à celles de la dénonciation gratuite, un ensemble de questions mérite d’être posé à ce propos : comment se manifeste “ cette indignation sélective “ dans la société djiboutienne et à quelles “ logiques “ obéit-elle ? Quelles sont ses sources actuelles et historiques ? Y a-t-il une spécificité de ladite communauté par rapport aux autres communautés djiboutiennes, en ce qui concerne cette problématique ? .

Mon analyse critique porte sur les trois textes et rien d’autre,Pour cela, il faut d’abord isoler le faux problème posé par la mise en scène. La question porte sur la généralisation incroyable que se permet Ali Coubba lorsqu’il prétend que – à juste titre – “ L’auteur ,irrité,doute de la sincérité du combat mené par l’opposition afare”.Ceci est votre interprêtation d’une phrase que, je qualifierai d’une pure imagination mensongère , pire dans un exercice intellectuel malhonnête vous dénaturez complètement mon propos en plaçant l’analyse hors de son contexte.Est-ce l’argumentaire d’une piètre manœuvre politicienne ?

Il vous suffit de lire le reste du texte pour voir que je parle de la mouvance anti-iog et non de l’opposition “afare“.En quoi aurais-je fondalementalement tort de dire cela ?

Outre que c’est une évidente fausseté, il s’agit là d’une calomnie et d’une diffamation sans nom. C’en est pathétique ! Je pense qu’il est temps de sortir d’un discours inlassablement répété et victimaire.

Faisant mine d’ouvrir la porte à une reconnaissance du tort causé à sa communauté par la dictature djiboutienne,Ali Coubba bifurque alors brusquement pour entraîner le lecteur dans une de ses lubies justificatrices : le paradigme victimaire !

“ Le parallèle est maladroit, voire blessant pour tout un peuple.” écrit-il.

Vous conviendrez qu’il devient alors difficile de contester quoi que soit dans l’ordre des choses, puisque dénoncer revient à se poser en victime.

Dans le cadre de cette mise en scène, il oppose en les modulant d’une manière proche de la névrose l’acceptation et la dénégation, la dénégation qu’il n’a pas su exprimer à son interlocuteur, à cause précisément de l’approbation qu’il donne en même temps à une part de ses propos, refus et acceptation qu’il nuance par touches successives jusqu’à produire l’image de l’éternelle victime.C’est votre droit le plus élémentaire. Sauf que votre attitude défensive que vous affichez actuellement est dangereuse car porteuse d’une dynamique suicidaire et destructrice. Comment peut-on en arriver là ?

Aurai-je réveillé les vieux démons?Aurai-je osé critiquer l’enfermement communautariste? Passage difficile mais obligé.

L’image que le second et le troisième article donne de M Qayaad serait généralement négative et stéréotypée.Une stigmatisation au mieux inconséquente, au pire malhonnête.

“ QAYAAD,élevé au lait tribal,” écrit l‘auteur du second article , avant de poursuivre “ l’honnêteté, le courage et la courtoisie ne nourrissent pas le bonhomme”, pour dire que “ le rejeton de Qayaad est-il un honorable correspondant du SDS ? “.

Tandis que l’auteur du troisième article dit ” Aucun scrupule dans le choix des mots, aucune retenue dans l’énonciation d’un argumentaire aussi lourd de sens, aucune honnêteté dans l’articulation de ces propos.” poursuit -il un peu plus loin “ Inquiétant Qayaad qui se contente de réflexions insuffisantes, de pensées non abouties, de raccourcis grossiers et de généralisations abusives. “ avant de conclure que “ ces axiomes freluquets qui alimentent au final les manœuvres du régime.”.De quoi me traîtent-ils ? d’opportuniste? de collaborateur gluant? et j’en passe .Autant d’images négatives pour stigmatiser l’Autre.

Selon un procédé courant, l’amalgame s’opère entre la dictature djiboutienne et Mohamed Qayaad, ce qui revient à dire, par raccourci, que l’article , coupé de la réalité, porte la marque infamante du régime.

Etrange similitude avec la première phrase d’Ali Coubba lorsqu’il dit “j’ignore, par ailleurs, qui se cache derrière ce pseudonyme.“. Veulent-ils induire par le doute le lecteur en erreur ? Est-ce le début d’un procès d’intention en racisme ?

Selon Antonius, le processus de formation des images négatives s’effectuerait en trois étapes : une distorsion des faits, une généralisation et une cristallisation de cette image négative.C’est ce qu’on a pu constater dans le second et le troisiéme articles.

Voilà donc qu’ils m’accusent d’hypocrite, sans la moindre preuve, sans le moindre prétexte.

Je dénonce cette idéologie qui enferme l’individu dans une prison intellectuelle et qui l’empêche de valider toute pensée différente de celle censée être dans sa nature et , le prive de la liberté de penser.Je dis non à cette dictature pervertie !

En fait, j’ai du mal à situer Ali Coubba ( et le courant au nom duquel il s’exprime ) dans le camp de la démocratie et l’unité nationale. L’unique intérêt d’une analyse de sa réaction c’est qu’elle permet de montrer que son discours le situe loin des principes derrière lesquels il s’avance.

Que des individus ou des groupes quels qu’ils puissent être, aient la prétention de détenir l’apanage du combat contre la dictature et le racisme et s’arrogent un pouvoir de certification démocratique est scandaleux et désespérant.

Dieu sait pourtant que ce débat est nécessaire.Et qu’il pourrait se révéler efficace s’il se libérait du poids mort des solidarités perverties.

La stratégie d’Ali Coubba vise à se présenter – du moins pour le lecteur averti – comme le seul défenseur des intérêts de sa communauté,alors que, par différence,”tous les autres” sont repoussés comme des traîtes à sa nation.

“ Tous les autres “ ce sont les autres communautés qui fonctionnent comme une étiquette négative et disqualifiante et qui suffit par lui seul à jeter l’anathème sur ceux qu’il désigne ainsi.

Face au débat il met en oeuvre différentes stratégies de défense du statu quo.
Si ma réaction envers l’intelligensia afar est de l’ordre de la ridiculisation et de la violence,une autre stratégie passe par un débat ouvert célébrant la diversité des points de vue.

Un premier élément formel exprime très bien la négation de ce débat.

En effet,il développe tout au long du texte une position défensive,d’intériorité voire de subjectivité . Ce n’est donc pas pour rien que le “on” neutre ou le “nous” pluriel traversent son texte : il exprime l’aveuglement de sa communauté face à sa particularité ,spécificité de victime et ,du coup, face aux dominations que subissent les autres communautés djiboutiennes .

Si il ne se pose pas comme victime ,il l’est pourtant bien de la même façon que sa communauté .

Je reste persuadé donc que l’enjeu fondamental derrière tous ces mots c’est la défense d’un statu quo , le refus d’une remise en cause personnelle et collective,le refus d’une critique en soi en tant que victime.

C’est la raison pour laquelle l’auteur avait délibérement choisi de mon texte l’accusationn faite à une frange de l’opposition -j’ai bien dit à une frange s’est-il reconnu dans cette frange? je n’en sais rien , mais bon avançons ! – pour en faire son intitulé Plaidoirie ou accusation ?.

Au mieux il ne reconnait pas cette indignation sélective , au pire il la nie en même temps il veut se savoir impliqué,touché,directement concerné voire co-responsable.

Il refuse de se représenter mentalement la réalité des faits.
Il dresse le portrait de “ l’opposant “en créant fictivement un débat procès contre toute personne qui s’insurge contre cette pratique de “deux poids , deux mesures “,et par là même à centrer le débat exclusivement sur la mse en accusation de l’élite intellectuelle politisée.

Ces vils séditieux peuvent ne pas être d’accord avec moi, ne pas vouloir en faire la promotion, mais dire que ça n’existe pas, c’est mentir et c’est grave. Il suffit d’ouvrir les yeux au lieu de faire sa vierge offensée.

Quand on suit la réalité djiboutienne. Alors quoi ? Ils continuent de se fermer les yeux et ils font comme si ça n’existait pas au point d’ignorer ce qui existe sous nos yeux, mieux vaut ne pas essayer de parler à la place des autres et mieux vaut se taire plutôt que de dire n’importe quoi. Comment peut-on refuser de voir la réalité en face à ce point ? Faut-il toujours tout sacrifier au politiquement correct ?

Mais si les djiboutiens font la sourde oreille, la situation va perdurer en silence et cette pratique se généralisera puisqu’elle n’est jamais évoquée, nulle part..

Il y a un travail à faire,et cela commence par la reconnaissance publique du problème.Il nous (les djiboutiens) faut dénoncer toutes les victimes-toutes origines confondues- au lieu de défendre de façon égoïste une éternelle victime contre son éternelle accusée.

N’est-ce pas paradoxal de nier à ce point toute possibilité de débat?Pourquoi ne pourrait-on pas tenter d’en débattre?

Il ne s’agit pas,comme l’affirme Ali Coubba de façon bien démagogique et réductrice,d’en faire “l’objectif prioritaire” mais d’en faire un objectif important parmi d’autres.

Et c’est bien cela que craignent Ali Coubba et autres à mon avis : de devoir dépasser un égoïsme ethnique pour aller vers les autres et leurs revendications multiples de justice,plutôt que de défendre avec arrogance la soi-disante “ politique de victimisation “et de déconstruire ce communautarisme et sa solidarité ethnique au delà des différences idéologiques parce qu’en aucun cas nous n’avons le droit de différencier les victimes ni de distinguer les bourreaux.

Construire la République de Djibouti démocratique, c’est combattre cette orientation politique qui impose une identité exclusive comme fondement de l’Etat djiboutien.

Il faudrait aussi s’interroger sur les raisons de cette dérive : la conviction souvent, mais parfois aussi le calcul politique à court terme ou le désir éperdu d’apparaître proche du peuple – ou encore le plaisir infantile de se singulariser en  » défiant le politiquement correct’ ‘. Sans oublier la simple incompétence et l’absence de sens critique face aux poncifs ou aux chiffres fantaisistes assénés par les démagogues à propos de  » tous les autres  ».

Je ne comprends pas en quoi nommer, évoquer de façon appropriée “ la politique de deux poids ,deux mesures “ relève d’une vision manichéene. C’est d’ailleurs l’ambiguïté entretenue par Ali Coubba dès que sa communauté est évoquée au point que même sans intention, la réaction est vive à chaque fois que cette catégorie anthropologique est employée.

Il est temps de rompre avec ce discours.A chaque fois que “ cette pratique de deux poids ,deux mesures “est dénoncée avec vigueur, certains se gênent en croyant être visés. A qui la faute ?

Elle incombe à cette minorité élitiste qui a certainement une grande responsabilité dans la faillite de la démocratie à Djibouti !

J’en suis convaincu. Confisquer la parole et la liberté de conscience revient à perpétuer ce que je comdamne sans détour.

Aux donneurs de leçon , mon profond dégoût !

Aux démocrates , toute ma reconnaissance !

Mohamed Qayaad

04/06/05 (B301) Au Nom De Tous Les Miens ! (Mohamed Qayaad)

Au Nom De Tous Les Miens !
Au Nom De Toutes Les Victimes !

Au nom de tous les miens, est le roman autobiographique de Martin Gray.
Un ouvrage bouleversant, intéressant, passionant et terrorifiant.
Ce livre, dur et émouvant, décrivant avec tant de détails la barbarie extrême des nazies, a développé chez moi deux passions;la lecture et l’Histoire.

Il devrait être lu par tous les opposants djiboutiens car il développerait chez eux le respect et la non-violence. La haine, la peur , le désir de vengeance sont destructeurs, toujours !

Même s’il est passé inapercu, c’est l’un des évènements majeurs du mois d’Avril 2005 : la répression violente de la manifestation de l’UAD du 08/04/05 où Mahdi Ibrahim Ahmed God fut grièvement blessé.

Je ne m’attarderai pas – à quoi bon ? – sur l’indignation sélective des ( pseudo ) opposants djiboutiens (à l’exception du MRD de DAF et LDDH/ARDHD) que je n’ai jamais entendus dénoncer le calvaire que subit MIAG et qu’il n’ait pas droit au millionième de la compassion dont avaient bénéficié – à juste titre -l’escroc stratège Me Aref, Abdallah Leh et autres.

« La forme supérieure du mépris, c’est le silence », disait Senèque.

Il est choquant et je me demande sans cesse : étaient-ils vraiment des êtres humains ? et dire qu’aujourd’hui encore, il y a des gens de cette sorte ?

Comment l’expliquer ou l’analyser ?

Il faut écrire pour ne pas oublier et essayer de comprendre !

N’en ayons pas peur ne serait-ce que par respect pour dignité de cet homme démuni, que l’opposition djiboutienne a trop souvent laissé à son sort alors que quotidiennement, l’intégrité de son corps et la sacralité de sa vie sont bafouées.
MIAG est un homme qui va se battre, pour faire vivre sa famille. Il a tout vécu:la disparition de son père dans des conditions obscures, la peur , les humiliations, l’éloignement de sa famille et que sais-je encore . Il ne se souvient plus du bonheur car celui-ci s’est battu pour ne plus laisser place qu’à la souffrance.

Là, l’enfer commence vraiment. Et impuissant il voit tous les siens périr ou s’exiler.
La mort n’ayant pas voulu de lui, il met toute son énergie pour s’échapper et survivre.

Tout au long de la dictature, il fait preuve d’un grand courage et d’une grande humanité, allant jusqu’à refuser les subsides d’un régime agonisant. Sa vie sera ensuite un combat pour se construire une forteresse où se mettre à l’abri de l’inhumanité de ses bourreaux.

Cet homme est tout simplement une oeuvre inégalable.

J’en ai tiré de nombreuses leçons de vie et j’ai réalisé à quel point le bonheur pouvait être éphémère.

Mais j’ai également compris que lorsqu’on continue d’espérer, de vivre et de survivre, on peut toujours s’en sortir grandi. Comment ne pas éprouver un sentiment de rage envers ces bourreaux et comment ne pas pleurer face aux différents drames que traverse MIAG ?

Une telle rage de vivre malgré toutes ces étapes auxquelles n’importe quel être humain aurait pu succombé, cette force inépuisable m’a laissé émue troublée et différente.

L’horrible injustice que vous subissez me saute brutalement aux yeux et me révolte. Comment une telle cruauté a pu s’installer à Djibouti sans émouvoir personne.

Bravo MIAG pour toutes ces épreuves que vous avez traversé en ne vous retournant jamais sur vos pas.

Et la vérité et que j’ai renoncé à m’étonner de cet étrange deux poids deux mesures qui est automatiquement de mise dès lors qu’il est question d’une victime djiboutienne « afar ».

Quel pathos ! Quelle pathétique indignation ! On n’aurait presque pensé être face à la milice politique d’IOG pendant une action libertaire contre le racisme étatique et l’expulsion des sans-papiers. Les mêmes gestes, la même autosuffisance, le même refus d’ouvrir les yeux, le même renfermement sur soi, la même absence totale de recul autocritique. Mais ce qui m’a le plus dégoûté c’est les rationalisations complaisantes qui ont suivis.

Mais où sont passés les pétitionnaires, les scandalisés et autres pleureuses ? Leur silence m’assourdit.

MIAG est attaqué parce qu’il est membre de l’ARD et non l’inverse. L’objectif majeur de ce système tortionnaire et en son sein, la fonction du bourreau est de produire de la déculturation en désaffiliant la personne de ses groupes d’appartenance. Déculturation, car à travers une personne singulière que l’on torture, c’est en fait son groupe d’appartenance que l’on veut atteindre: appartenance professionnelle, religieuse, ethnique, politique, sexuelle. Voilà comment on fabrique la terreur collective.

MIAG devient la figure du « mal par excellence », qui porte en lui tous les stigmates d’une négativité morale et politique qu’il diffuse et propage autour de lui, et sur laquelle, par conséquent, l’on doit concentrer les coups les plus percutants.

Peut-on être plus pondéré, plus tolérant et plus courtois envers son adversaire politique ?

Je pense qu’il existe une réelle volonté de criminalisation de l’opposition décidée en haut lieu. Nous sommes en plein scénario orwellien . Les nquiétudes énoncées dans le roman  » 1984  » se déroulent bien à Djibouti en 2005. Le BIG BROTHER national décortique le moindre discours, tente de trouver un sens caché derrière chaque mot. Bientôt, l’opposition devra tenir des meeting en mode muet – en évitant même le langage des signes – pour êviter toute poursuite judiciaire.

Le régime dictatorial lui demande de s’amender, de se purifier, en rompant ses liens avec un élément qui personnifie l’injustice, le crime, et à qui est refusée de ce fait, toute possibilité de réforme ou d’amélioration.

Jean Paul Sartre, dans Réflexions sur la question juive, range « l’indignation sélective », parmi les instruments privilégiés auxquels recourt le discours antisémite.
On peut légitimement se demander, si l’on adopte le critère de Sartre, quelles sont les motivations de cette mouvance anti-iog ?

Prendre en compte et soulager les souffrances de tous les djiboutiens ou bien nuire les ethnicistes, les placer dans la position d’accusé unique, et pour ce faire, découper dans l’histoire et l’actualité, un cadre réducteur où on leur fera endosser le costume carcéral ?

J’affirme que l’intention première de telles campagnes n’était pas de combattre ce système, ni d’assainir les moeurs ni de changer les mentalités, mais bien de monter de toutes pièces un scénario dans lequel la communauté  » issa  » était artificiellement placée dans la position de la seule responsable des malheurs de la communauté  » afar « .

C’est un tribunal permanent où l’élite intellectuelle politisée de cette dernière communauté serait le procureur et où la première , serait l’éternelle accusée , supposée coupable de ses origines et qu’elle doit éternellement prouver sa non culpabilité.

Idéologie qui vise également, comme parachèvement de la violence, à inoculer à la première « la culture de la culpabilité », à persuader l’agressé qu’il porte en lui-même un destin de « victime », que le bourreau est dans son droit, que la victime doit s’adapter au bloc adverse et rendre des comptes, afin d’espé r une amélioration de son sort au lieu d’adopter une culture de fierté et de combat ; ce n’est pas pour autant justifier le mythe de la prédominance crue et fantasmée par une grande majorité d’incultes et une minorité élitiste .

On en revient toujours là :soit la culture de la honte, du complexe, de la soumission idéologique aux arguments de l’ennemi, de la mauvaise conscience et de la « justification permanente », soit la culture de l’indépendance, de la légitimité et de la fierté.

L’absence totale de réaction face à ces humiliations, à ces privations de droit, la pratique du « deux poids deux mesures » ne sont pas révoltantes. Elles sont perçues comme la confirmation que la vie de MIAG vaut moins que celle de Me Aref, Abrahim Ali (directeur de la CPS) , Mohamed Daoud Chehem ( Président du PDD), par exemple. Pourquoi ?

C’est la résultante de l’indifférence, de la passivité, du silence.

« La barbarie n’est pas un phénomène de génération spontanée », disait Hannah Arendt.

On banalise une petite injustice, puis une grande, la violation d’un droit civique et on s’étonne de se retrouver dans une guerre qu’on qualifiera de « barbare et d’incompréhensible » parce qu’on a fermé les yeux sur tout ce qui nous y a amené.

Quel regard donc porter sur ces plumitifs anti-iog qui ont multiplié les condamnations de la répression d’Arhiba 18/12/91 ? – bien entendu, rien de tout ceci ne peut excuser la manière dont sont morts ceux qu’on nous a montré. Je comdamne et déplore la mort de tout être humain, je sais qu’il est difficile de dêfendre ce qui paraît indéfendable, surtout s’il porte une charge êmotive. Et cela me semble bien le cas. Je trouve inacceptable la manière dont on les a fait périr , mais je ne suis pas tout à fait d’accord avec les traductions simplistes qu’on en fait.

Il est tout de même assez révélateur que certains préfèrent uniquement s’égosiller sur ces morts alors que la torture , le viol systématique et les emprisonnements arbitraires ont été érigés en mode de gouvernement à Djibouti – ou plus cemment d’IOG et de ses élections ? Condamnations des uns , blanchissements des autres.

Cette opposition de la discorde jouera un rôle prépondérant dans cette politique haineuse de division, d’épuration idéologique et de désinformation. Mais avec un certain recul , l’opinion saisira le fossé existant entre la réalité de la tragédie djiboutienne et la manière dont cette opposition en rendait compte.

Des marauds politiques utiliseront durant ces années de braise, une certaine frange de victimes de la tragédie comme fonds de commerce et comme tremplin à leurs desseins inavoués. On ne peut prétendre ériger en politique la simple manipulation du désarroi !

On pleurera certains morts et on applaudira d’autres. Les uns seront traîtés de héros et d’autres de chiens. Certains citoyens seront qualifiés de « patriotes » d’autres des « lâches ».

Le honteux concept d’indignation sélective fleurira à l’ombre au nom de la démocratie et de la république.

On voit donc qu’il faut que MIAG s’identifie imaginairement à une catégorie. Il s’agit en quelque sorte de figer les variations de la demande en affirmant qu’il n’est qu’une réponse. Comment alors envisager sortir de la répétition stéréotypée de cette demande, jamais déplacée ? Comment ne pas se condamner à une relation, névrotique bien entendu mais ici condamnée à la chronocité ? MIAG a-t-il terminé son évolution, son parcours ?

Cela n’a pas inspiré aux opposants d’iog le moindre mot de compassion. Et nous ne saurons pas si il laisse une famille éplorée aimante, si il sera regretté et si sa disparition violente (eh oui) constituera un traumatisme pour les siens.

Ne nous y trompons pas: les acteurs ont changé, les décors aussi, mais l’intrigue et l’idéologie du nouveau spectacle restent les mêmes.

Face à cela, les djiboutiens ne sont gratifiés que d’un silence gêné. Comme si MIAG était voué à être une exception à jamais. Ou encore, pour emprunter un concept du philosophe algérien Sidi Mohamed Barkat  » corps d’exception « .

Jusqu’à quand ce traitement. . . particulier sera-t-il réservé à Mahdi Ibrahim Ahmed GOD ?

Mohamed Qayaad