30/01/05 (B283A) Une déclaration récente du Quai d’Orsay inquiéte vivement tous les défenseurs des Droits de l’Homme et tous ceux qui soutiennent le combat de Mme Borrel.

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Note de l’ARDHD
Nous ne disposons pas aujourd’hui de toutes les compétences
juridiques nécessaires pour dire si la volonté affichée
par le Quai d’Orsay de transmettre le dossier judiciaire Borrel à la
Justice djiboutienne est légale et réalisable.

Néanmoins, nous
nous référons à tous les documents en notre possession
et nous constatons que la Juge Clément, les avocats de Mme Borrel et
même le Procureur de Paris, avaient tous affirmé qu’aucune copie
ne serait envoyée à la justice djiboutienne …. Mais nous devons
certainement avoir mal lu !

Ou alors …. le Quai
d’Orsay, qui ne commente jamais les décisions de justice (sic) s’arroge
le droit de donner des instructions à la Justice, ce qui serait assez
stupéfiant et contraire à la séparation des pouvoirs
…. Mais face à cette crise, le Quai d’Orsay manifeste de plus en
plus une fébrilité et un embarras significatifs et rien n’interdit
de penser à une grave erreur.

Est-ce bien une erreur
? Nos diplomates ne sont pas plus bêtes que les autres. En agissant
ainsi, ils montrent à Guelleh leurs bonnes intentions et leur désir
le plus évident de ramener le calme et de ne pas lui déplaire.
Tout cela avec un peu d’argent sous la table et on calme les ardeurs vengeresses
du dictateur bien-aimé de Chirac.

Ensuite, si la Justice
française refuse, ce sera son droit, mais le Quai d’Orsay aura montré
toute sa bonne volonté. Affaire d’hypocrites !

Que se passerait-il
si la copie du dossier allait à Djibouti, comme le sous-entend le Quai
d’Orsay ?

En principe et en matière
pénale, seules les personnes mises en examen, à notre connaissance,
peuvent avoir accès au dossier. Or personne n’est encore mis en examen
aujourd’hui : donc pas de copies.

En envoyant le dossier
à Djibouti, selon ce que nous avons compris dans la dernière
phrase du communiqué du Quai, on retirerait le dossier à la
Justice française pour confier la décision de la suite à
donner à la discrétion de Djama le Procureur de Djibouti ! Bref,
un enterrement de première classe lui serait assuré et avec
la bénédiction des autorités française, de Guelleh,
d’Hassan Saïd, de Mahdi et de Djama …

Espérons que
la Justice française disposera des moyens légaux et hiérarchiques
pour résister à ce qui pourrait être le plus beau scandale
judiciaire des dernières années ….

En tout cas, pardonnez-nous
pour cette parole un peu grossière, on a l’impression que le Quai baisse
le pantalon devant Guelleh !

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Communiqué du Quai d’Orsay

Déclaration du
porte-parole du Quai d’Orsay
(Paris, le 29 janvier 2005)

La France prend note avec regret de la décision des autorités
djiboutiennes de mettre un terme à la mission à Djibouti de
six assistants techniques français.

Ces assistants contribuaient à des secteurs importants (santé,
éducation, sécurité publique, développement rural)
du développement économique et social de Djibouti. La France
reste attachée, plus que jamais, à entretenir une coopération
forte en total partenariat avec Djibouti qui est un pays ami.

Une information judiciaire relative au décès du juge Bernard
Borrel est actuellement en cours auprès du Tribunal de Grande Instance
de Paris, suite à la plainte déposée par sa veuve.

Contrairement aux affirmations avancées par divers organes de presse,
il n’y a jamais eu d’information judiciaire relative à cette affaire
ouverte par des autorités djiboutiennes. L’enquête en cours relève
de la seule compétence du juge d’instruction français.

La France souligne à cet égard l’excellente coopération
des autorités et de la justice djiboutiennes, qui ont toujours fait
preuve de toute la transparence nécessaire au bon déroulement
de l’instruction en France.

Les magistrats français qui se sont rendus à plusieurs reprises
à Djibouti, dans le cadre de commissions rogatoires internationales,
ont toujours bénéficié de l’entière collaboration
des autorités djiboutiennes, qui leur ont assuré l’accès
aux lieux, aux documents et aux témoignages nécessaires.

Dans le cadre de l’enquête en cours, des documents classifiés
‘secret-défense’ ont fait l’objet de plusieurs décisions de
déclassification. Contrairement à ce qui a pu être écrit
encore récemment dans certains journaux, rien, dans ces documents,
ne permet de conclure à la mise en cause des autorités djiboutiennes.

A la demande de ces mêmes autorités, une copie du dossier relatif
au décès du juge Borrel sera prochainement transmise à
la justice djiboutienne en vue de permettre aux autorités compétentes
de ce pays de décider s’il y a lieu d’ouvrir une information judiciaire
à ce sujet.

14/01/05 (B281) Affaire Borrel : comment on pouvait s’y attendre, la France cherche une sortie de crise … Soutient-elle encore Guelleh ? Chacun se fera son opinion en lisant la déclaration officielle du quai d’Orsay. La seule question à se poser maintenant est de savoir (comme nous l’avions déjà écrit) quel sera le montant du chèque à la clef pour compenser le préjudice estimé unilatéralement par Guelleh.

Déclaration
du porte-parole du Quai d’Orsay
(Paris, le 14 janvier 2005)

Adresse
: http://www.france.diplomatie.fr/actu/article.asp?ART=47036

« Il a été
noté que la justice française souhaitait entendre le témoignage
du chef de la Sécurité nationale de Djibouti M. Hassan Said,
dans le cadre des suites de l’affaire Borel.

Comme vous le savez, nous
n’avons pas pour habitude de commenter les décisions de justice, nous
restons dans la tradition, fidèles à cette ligne, mais néanmoins,
deux points paraissent devoir être notés : d’abord, cet acte
de la justice française demandant à entendre le témoignage
de M. Hassan Said n’a pas la portée que lui prêtent ou lui ont
prêtée certains organes de presse ., au reste, je signale que
ce témoignage peut être recueilli sur place par le biais d’une
Commission rogatoire internationale.

Plus généralement,
je voudrais rappeler que dans l’instruction sur la mort du juge Borrel, et
nous l’avons dit à plusieurs reprises et notamment l’an dernier, les
autorités djiboutiennes, depuis le début, ont coopéré
de manière excellente avec la justice française. »