01/08/07 (B406) Une lectrice, adhérente de Survie nous informe des actions qu’elle a menées auprès du HCR en faveur des réfugiés djiboutiens d’Addis Abeba

Alertée par le communiqué conjoint de l’ARDHD et de SURVIE du 19 juin 2007 sur le sort des réfugiés djiboutiens en Ethiopie qui craignent la fin de leur statut, j’ai contacté le HCR, service de la protection.

J’ai demandé notamment ce qui avait changé à Djibouti pour permettre un retour sans risque d’anciens opposants politiques, quel changement précis permettait de croire à celui-ci.

La personne en charge de ce service m’a répondu après avoir interrogé les représentants HCR à Djibouti et à Adis Abeba. Elle m’a transmis par téléphone l’essentiel du dossier collecté par le premier;

« Le HCR est conscient du risque que les réfugiés politiques encourent à rentrer à Djibouti et ne leur fera pas courir ce risque.Les dossiers seront étudiés au cas par cas,une solution de réinstallation ailleurs pourrait être envisagé; »

Les réserves mises sur cette possibilité invitent à la vigilance.

Les représentants sur le terrain n’ont répondu à aucun de mes courriels directs.

Le sort des djiboutiens sur sol éthiopien, sans statut reconnu par le HCR, n’a pu être développé.

Je remercie l’ARDHD de publier cette information qui relate mon intervention, en appui aux démarches initiées par ses soins.

Laurence DAWIDOWICZ
Adhérente de SURVIE

21/04/07 (B392-A) ALERTE ROUGE / Mais qui sont ces djiboutiens réfugiés en Ethiopie et qui risquent au minimum d’être les victimes de nouvelles décisions du HCR, annullant les aides minimum dont ils bénéficiaient et au pire, d’être renvoyés à Guelleh, qui saura les faire payer … à sa manière. Une mobilisation urgente en leur faveur est nécessaire.

LECTEUR
: A la demande de ces réfugiés djiboutiens en Ethiopie, je vais
essayer de vous expliquer à la fois leur histoire, mais aussi leurs
difficultés actuelles et les dangers que les décisions du HCR
font peser sur leur tête.

Qui sont ces réfugiés djiboutiens
?

En majorité,
ils sont des ex-résistants, qui ont pris les armes très jeunes,
entre 15 et 21ans et qui sont allés rejoindre les rangs de la résistance
du FRUD.

Ils ont refusé
de se joindre à M. Ougoureh Kifleh, lorsqu’il a négocié
son ralliement au régime en place, en désobéissant aux
directives de l’organisation.

Ces réfugiés
ont risqué leur vie pour une cause noble, à laquelle ils étaient
fort attachés. Ils ont estimé que le geste de M Kifleh était
une trahison. Découragés, ils ont quitté les rangs du
FRUD pour rechercher un asile politique en Ethiopie.

Chacun d’entre eux a perdu, qui un frère, qui un proche, qui un parent
..

Arrivés en Ethiopie, on ne leur a pas rendu la vie facile. L’Ethiopie
avait encore de bonnes relations avec Djibouti. Nombreux sont ceux qui ont
été torturés et/ou incarcérés.

Que leur reprochait-on en Ethiopie ?

Tout simplemenet d’avoir servi le FRUD !

En septembre 97, lors de l’extradition des opposants du FRUD(*) vers djibouti,
ils ont fuient la region afar et ils se sont installés à Addis
Abeba .

Pour
quelles raisons, refusent-ils de rentrer à Djibouti, comme voudrait
les convaincre (forcer ?) le HCR ?

S’ils
rentraient à Djibouti, ces réfugiés devraient faire face
à deux menaces :

1°)
Le régime et ses sbires

L’accord de paix signé à Paris en février 2000 entre
le FRUD et le Gouvernement est un papier vide.

Aucun
changement à ce jour, aucun début d’application des accords
de paix, en ce qui concerne le Nord du Pays. Le régime de Guelleh et
ses sbires se conduisent en vainqueur et ne respectent rien

Les bourreaux et ceux qui ont sauvagement massacrés leurs
proches, sont toujours libres à Djibouti. Ils on même pris du
galon !!

Or à
Djibouti, dans le silence de la Communauté internationale, les arrestations,
les intimidations continuent dans le nord du pays. Rien n’a changé
!

(Cf
pour exemple : le charnier que l’on vient de mettre à jour, le viol
impuni d’une jeune fille sourde et muette par des militaires de la garde rapprochée
de Guelleh)

2°) Le Groupe d’Ougoureh Kifleh


Les rancunes ont la vie dure. Ougoureh Kifleh qui a choisi de se rallier à
ceux qu’il avait combattu et qui a acquis un poste de Ministre de la Défense
(« à vie » ?) n’a jamais pardonné à ceux qui,
contrairement à lui, ont choisi la route de l’honneur et ont préféré
la route de l’exil à celle de la soumission !

C’est pour cette raison que le groupe d’Ougoureh
Kifleh ne leur fera aucun cadeau, s’ils tombent dans leurs mains. Tous les repentis, partisans de ce FRUD « Bis » occupent aujourd’hui des postes importants dans l’Armée,
dans la Police ou dans la Gendarmerie.

Ils sont terriblement mal à l’aise : ces réfugiés dénoncent, à juste titre,
les crimes et les trahisons monstrueuses qu’ils ont commis, avant même
que ne soit officialisé leur processus de négociation avec Guelleh
/ Gouled. Encore membres des forces du FRUD, ils ont tiré dans le dos de leurs anciens compagnons pendant des accrochages.

Cela se produisait
durant les affrontements entre le FRUD et l’Armee djiboutienne. Les futurs ralliés,
qui avaient déjà décidé de se rallier à Guelleh,
ont joué, durant un certain temps, un double jeu. Ils tuaient les véritables résistants, par traitrise.

Ces combattants
ont vite compris la manoeuvre terrible. Ils ont alerté les notables
AFAR de ces trahisons.

Mais aujourd’hui encore, à chaque fois, que le FRUD entreprend une action militaire
sur le terrain, les autorites éthioipiennes qui en sont informées,
s’acharnent sur les réfugiés ..

Comment
ne pas vivre en permanence dans la peur, dans des conditions pareilles ?

Ils ont
vieilli et ils aspirent à mener une vie calme et décente, dans
un contexte serein.

C’est pourquoi, ils lancent un appel à
la Communauté internationale et en particulier au HCR.

Je vous
transmets cet appel pour qu’il soit relayé par tous les supports.

Ils
ne demandent qu’une chose : c’est que l’on facilite leur déménagement
d’Ethiopie et leur réinstallation dans un autres pays ( à l’exception
de Djibouti), comme vous l’avez compris, puisqu’ils risqueraient de payer
de leur vie.

La
situation actuelle est dramatique.

Menacés
d’expulsion par l’Ethiopie et surtout de reconduite forcée vers Djibouti,
privés injustement et arbitrairement des aides du HCR (subsitance,
soins médicaux), ils sont plongés dans un contexte particulièrement
difficile.

Un grand merci de leur part à toutes
celles et à tous ceux qui vont se mobiliser pour qu’un terme soit mis
à cette injustice.

(*)
Note de l’ARDHD : parmi ces opposants qui seront ensuite incarcérés
à Gabode et que l’ARDHD a soutenu jusqu’à leur libération,
il y avait Mohamed Kadamy et ses frères de combat. Son épouse
Aïcha Daballeh, enceinte à l’époquen avait été
hospitalisée et finalement libérée, face à la
pression qui s’est exercée sur le régime.

13/04/07 (B390-B) ALERTE ROUGE pour les réfugiés djiboutiens qui sont en Ethiopie et qui sont privés de tous droits et menacés de renvoi à Djibouti par le HCR qui aurait décidé de ne plus leur accorder le statut de réfugiés … APPEL A LA MOBILISATION DE L’ENSEMBLE DE LA DIASPORA DJIBOUTIENNE ETABLIE EN EUROPE ET EN AMERIQUE (Lecteur)

J’interpelle l’ARDHD et son Président
M. Jean-Loup Schaal pour qu’ils se mobilisent en faveur réfugiés
qui essayent de survivre en Ethiopie, en particulier des Djiboutiens, mais
aussi des milliers de personnes qui sont établis en Ethiopie

Une situation humanitaire tragique : les réfugiés
djiboutiens en Ethiopie sont menacés d’expulsion et de renvoi manu
militari au pays, où ils risquent la mort !

Les origines :

En novembre 91, la guerre civile a embrasé le nord, le sud et le sud
ouest de la République de Djibouti. D’un côté les
résistants du FRUD (Front pour la Restauration de l’Unité
et de la Démocratie), de l’autre les forces gouvernementales.
Ce conflit particulièrement meurtrier a fait de très nombreuses
victimes parmi la population civile Afar dans le nord, le sud et les sud ouest
du pays.

Au début de l’année 92, les combats ont redoublé
d’intensité.

Des milliers de personnes sont contraintes à prendre le chemin de l’exil.
Tandis que la guerre faisait rage entre les deux forces, la diplomatie française
s’est interposé et elle a imposé un cessez le feu pour
sauver le régime de Gouled / Guelleh.

Le Gouvernement djiboutien a d’abord rejetté toute forme pacifique
de règlement de la crise. A un moment où ses forces étaient
au « bout du rouleau », il a profité du cessez le feu pour
reconstituer ses forces, tant en homme qu’en matériel (30.000
soldats, tous mercenaires sont recrutés en Éthiopie et en Somalie).

Ensuite, il a lancé des opérations massives sur tous les fronts.

L’Éthiopie a accueilli 18.000 refugiés et l’Érythrée
5.000 personnes.

Ni le Gouvernement éthiopien ni le HCR (Haut Commissariat pour les
Réfugiés) n’ont mis en place les structures d’accueil
qui s’imposaient. Les réfugiés djiboutiens ont survécu
surtout grâce à la solidarité Afar en Ethiopie.

Un Comité pour les réfugiés djiboutiens a été
crée pour solliciter les institutions internationales et obtenir à
la fois la reconnaissance de leur statut et des aides alimentaires.

En septembre 93, le PAM a octroyé quelques vivres aux réfugiés
djiboutiens. Une fraction leur est effectivement parvenue mais aucun enregistrement
n’a été effectué. Plusieurs personnes ont perdu
la vie en Ethiopie, faute de soin et d’assistance.

Un accord tragique, sans aucune concertation
ni participation des victimes concernées

Tandis que le sort tragique des réfugiés djiboutiens se poursuit
dans le silence, en février 2000 (7ans après) un accord est
signé entre les autorités djiboutiennes et éthiopiennes
d’une part et le Haut Commissariat pour les Réfugiés d’autre
part.

Cet accord concerne le rapatriement de force des djiboutiens réfugiés
en Ethiopie. Aucun des acteurs concernés, aucun de leurs représentants
n’a jamais été invité à s’exprimer
et à donner son point de vue, au cours des différentes réunions
de préparation de l’accord.

Leur sort a été discuté au plus haut niveau sans leur
participation ni que leur avis soit même sollicité.

Pendant ce temps, les réfugiés djiboutiens continuaient à
vivre d’expédients et à tenter de faire face au quotidien,
la peur au ventre, dans un pays relativement peu hospitalier pour eux.

Usant de leur autorité, les représentants des deux pays et l’institution
onusienne sont parvenus à convaincre officiellement 13.000 personnes
de regagner leurs foyers moyennant une maigre compensation financière.

Toujours officiellement, un millier de personnes ont choisi de rester en Ethiopie,
sans statut ni assistance de la part des autorités locales. Simplement
enregistrés dans les registres de l’ARA, l’organisme éthiopien
en charge des réfugiés.

N’en pouvant plus, en décembre 2000, les réfugiés
djiboutiens d’Addis Abeba ont symboliquement occupé les locaux
du HCR pour exiger une intervention du HCR auprès du régime
Ethiopien afin qu’ils acquèrent le statut reconnu officiellement
de réfugiés.

Une manifestation d’exaspération
qui a abouti à un compromis minimum.

Le sitting a duré toute une journée. En début de soirée,
les négociations n’avaient pas progressé. Les Ethiopiens
menaçaient de recourir à la force pour faire évacuer
les lieux, tandis que le représentant du HCR s’y est opposé.

Vers 23h00, un compromis a été trouvé :

1- les refugies ont regagné leurs habitations.

2-Le HCR avait accordé une autorisation de résidence limitée aux seules 20
personnes présentes dans ces lieux avec une aide mensuelle
de 550 birs éthiopien pour les célibataires et de 1.000 birs
pour les familles quelque soit le nombre des enfants à charge, plus
une prise en charge médicale. Le tout sur un financement des Nations
Unies qui transitait par les finances éthiopiennes.

3- le HCR s’était engagé personnellement à faire
respecter les termes de cet accord.

Il y a quelques semaines, plusieurs des personnes qui bénéficiaient
de ces mesures, ont appris que les termes de l’accord les concernant
étaient suspendus et qu’elles étaient directement menacées
d’expulsion à brève échéance. Il s’agit
en particulier de MM. Mohamed Ismaël Ahmed DIT Chomeur, Mohamed Hassan
Ali, tous deux pères de familles ainsi que Ahmed Ibrahim Mohamed et
Karera Hassan Ali, mère de deux enfants (2 petites filles âgées
de 7 et 3 ans).

Tous ont reçu des courriers leur enjoignant de regagner leur pays d’origine
au plus tard le 31 juillet 2007. Les autorités éthiopiennes
se réservant le droit de les reconduire à la frontière
par la force, au mépris des conventions internationales.

Mais ce ne sont pas les seuls, un millier de réfugiés au minimum,
serait dans la même situation.

Appel solennel à toute la diaspora réfugiée en
Europe et en Amérique.

Il est urgent que tous les expatriés djiboutiens qui ont trouvé
refuge en Europe ou en Amérique se mobilisent pour que ces hommes et
ces femmes qui ont fui la tyrannie ne soient pas jetés dans la gueule
du loup, avec tous les risques que l’on sait.

Un ancien réfugié djiboutien
en Ethiopie
« celui qui ne vit que pour lui-même, ne mérite vraiment
pas de vivre »

04/09/03 (B210) Chassés de Djibouti, réfugiés dans un camp, ils espèrent… (AFP)

– par Khaled AIDAR

AOUR-AOUSSA (Djibouti)
– L’un possède la précieuse attestation de demandeur d’asile
délivrée par le bureau du HCR à Djibouti, l’autre se
sent « apatride », un troisième a été confié
à des caravaniers par ses parents poursuivis comme rebelles: expulsés
de Djibouti, ils s’entassent dans un camp de réfugiés à
Aour-Aoussa, à cent kilomètres de Djibouti-ville, en espérant
que leur vie change.

Corps sec et vigoureux,
crâne blanchi, Alemayehu Govfe, 44 ans, était à Djibouti
depuis 1992. Commandant dans l’armée, il avait quitté son Ethiopie
natale un an après la chute du régime du colonel Mengistu Hailé
Mariam.

Marié, sans enfant,
Alemayehu enseignait l’anglais à Djibouti dans une école privée,
pour un salaire mensuel d’un peu plus de 200 dollars. Trop peu, explique-t-il,
compte tenu du niveau de vie très élevé.

« Je suis d’abord
à la recherche d’une reconnaissance de ma dignité d’homme »,
murmure-t-il.

Il a reçu l’attestation
de demandeur d’asile au bureau du HCR à Djibouti, et voudrait « vivre
à Djibouti ou ailleurs, dignement et pacifiquement, sans être
exploité ».

Il lui est impossible
de retourner à Addis-Abeba, où ses proches, selon lui, « continuent
d’être persécutés ».

Kibrom Bayru, 41 ans,
de mère d’origine tigrée et de père érythréen,
se déclare « apatride », et victime du conflit éthio-érythréen,
qu’il juge « insensé ».

Chassé d’Addis-Abeba
en mars 1999, il avait trouvé refuge à Djibouti.

« J’ai vécu
toute ma vie en Ethiopie et je peux aller en Erythrée », précise-t-il.
Il a « travaillé dans le bâtiment et géré un
garage privé », ajoute-t-il.

Depuis cinq ans, il assistait
pour 200 dollars par mois le propriétaire d’un petit restaurant, près
du port de Djibouti, dont les routiers éthiopiens fournissent la principale
clientèle.

Ahmed Yacin, 21 ans, est
arrivé à Djibouti en provenance d’Ethiopie à l’âge
de dix ans. Sa mère l’avait confié à des caravaniers
pour le conduire chez une tante.

Ce jour-là, la
police éthiopienne avait fait irruption au domicile de ses parents.
« J’étais un gamin, mais j’ai su plus tard que mon père
était militant du Front Oromo de Libération (OLF) », mouvement
d’opposition décrété hors-la-loi, raconte-t-il.

« Je ne sais pas où
est ma famille, mon espoir est de rejoindre un cousin à Melbourne,
en Australie, qui m’a écrit et va m’aider », explique-t-il.

Il vivait depuis quelque
temps de petits boulots journaliers rémunérés à
la tâche, entre 3 et 6 dollars, et rédige pour ses concitoyens
des lettres en anglais ou en amharic.

Ahmed Yahya Abdallah,
43 ans, possède la nationalité érythréenne, et
se présente comme un opposant déclaré au régime
d’Asmara.

« J’ai fui l’oppression
qui existe dans mon pays, où ils sont des centaines d’anciens ministres,
d’étudiants ou de journalistes à souffrir dans les geôles »,
proclame-t-il.

Ancien militaire, Ahmed
cite nominativement des personnes portées disparues et qui auraient
été enlevées et tuées par le régime, selon
lui.

Abdullahi Aden Hassan,
29 ans, Somali, né à Baïdoa, a fui la guerre civile qui
sévit dans son pays. A Djibouti depuis cinq ans, il a dormi les six
premiers mois sur une plage de la capitale, puis s’est mis à donner
des cours d’anglais à domicile.

La chance lui a souri
avec l’installation de la base américaine à Djibouti, fin 2002.
« J’ai réussi à convaincre un officier américain
de me donner un job de magasinier, pour 300 dollars par mois ».

Abdullahi s’est marié
il y a un an, et est papa d’un garçon de cinq mois.

Mais, quand le ministre
djiboutien de l’Intérieur a annoncé l’expulsion des immigrés
en situation irrégulière, son patron lui a dit qu’il ne pouvait
plus le garder.

Il souhaite « rester
à Djibouti en étant reconnu comme réfugié »,
et ajoute: « si possible, je voudrais bien partir ailleurs pour poursuivre
des études ».