12/03/2019 (Brève 1332) RFI : Visite d’Emmanuel Macron à Djibouti: où en est-on de l’affaire Borrel ?

07/03/2019 (Brève 1317) Djibouti, Ethiopie, Kenya: les détails de la tournée africaine de Macron (RFI – Pierre Firtion)

03/08/2017 (Brève 1048) Djibouti: mort de l’opposant Mohamed Ahmed, dit Jabha (RFI)

Lien avec l’article : http://www.rfi.fr/afrique/20170802-djibouti-mort-opposant-jabha-mohamed-ahmed

Il est devenu le symbole des détentions arbitraires à Djibouti. L’opposant Mohamed Ahmed dit «Jabha» est décédé mercredi 2 août dans l’après-midi. Accusé par le régime d’être un agent érythréen, il avait été arrêté en 2010 puis avait attendu pendant 7 années son procès avant d’être condamné à 15 ans de prison ferme en juin dernier. Selon l’opposition il était «le plus ancien prisonnier politique» du pays. Pour ses avocats, la mort de Jabha n’a rien d’accidentel.

« C’était la chronique d’une mort programmée » estime son avocat, Maître Zacharia, empli d’une grande amertume. Ces derniers mois, il n’avait cessé d’alerter sur l’état de santé de son client, atteint d’une grave maladie, et qui s’affaiblissait de jour en jour. La dernière fois qu’il l’avait vu, Jabha était trop faible pour parler.

Mohamed Ahmed avait été arrêté par l’armée le 1er mai 2010 dans le nord du pays, accusé d’être membre du FRUD, la rébellion armée qui opère dans le la région. « C’est un Érythréen en service commandé », avait dit le président Ismail Omar Guelleh dans un entretien à Jeune Afrique.

L’opposition tient les autorités pour responsables de la mort de Jabha. Selon elle, le Premier ministre en personne s’était opposé à sa libération, lorsqu’en 2016 la Chambre d’accusation avait « annulé » l’ensemble de la procédure contre lui.

Mais le parquet avait fait appel. Et Jabha avait finalement été reconnu coupable « d’intelligence avec une puissance étrangère et organisation d’une formation paramilitaire ». Il avait écopé de 15 ans de prison ferme en juin dernier. Une condamnation « à mort » pour ses avocats, prédisant déjà qu’il ne tiendrait pas jusqu’au bout de sa peine.

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« Assassinat judiciaire »

« C’est l’épilogue tragique d’un assassinat judiciaire programmé, commente son avocat français, maître Bérenger Tourné. On l’avait condamné à 15 ans de réclusion sur la base d’un dossier vide. (…) Je n’ai pas cessé d’alerter l’Elysée, le gouvernement, depuis sept ans que cette mauvaise farce judiciaire suivait son cours. Maintenant on arrive à l’aboutissement. »

L’annonce de sa mort n’a pas surpris son avocat, en raison de la maladie dont Jabha était victime. Mais face au manque d’informations, maître Tourné n’écarte aucune option non plus. « Je ne saurai même pas vous dire s’il est mort des suites de sa maladie. Je n’exclus pas qu’il ait été purement et simplement liquidé par les services spécialisés de Djibouti. Mais en tout cas on savait que, de toute façon, son état de santé ne lui permettrait pas d’aller jusqu’au bout de sa peine. C’est peut-être ça, le plus terrible, dans cette affaire… »

28/07/2017 (Brève 1045) Djibouti frappé par de violents incendies (RFI)

Lien avec l’article : http://www.rfi.fr/afrique/20170728-djibouti-frappe-violents-incendies-balbala

Pas de victime, mais quelque 200 maisons ont été détruites à Djibouti par des incendies ces derniers jours. Dans la petite cité-Etat de la Corne de l’Afrique, des centaines de familles se sont retrouvées sans toit en raison de violents incendies, communs en cette période de l’année mais d’une ampleur sans précédent selon les habitants. Ils touchent principalement la commune de Balbala, l’immense banlieue de la capitale composée en grande partie de bidonvilles. Le système électrique serait en cause.

Des vents violents, des températures dépassant 40 degrés, les incendies sont fréquents à Djibouti en cette période, mais pour Daher Robleh Ibrahim, militant d’opposition qui habite à Balbala, plus de 200 maisons détruites en moins d’une semaine, c’est du jamais vu : « Cette année, c’est incroyable. C’est quelque chose qui dépasse toutes les consciences. Les pompiers sont très loin et les bouches d’incendie se trouvent à peu près à cinq kilomètres des lieux. C’est plutôt à Djibouti-ville. Le temps qu’ils aillent là-bas, le feu gagne du terrain et détruit énormément de maisons. » 

Le ministre de l’Intérieur est apparu à la télévision nationale pour pointer du doigt les « raccordements sauvages » au réseau électrique. « Les origines de ces catastrophes, a déclaré Hassan Omar Mohammed, ainsi que les constats effectués par les services compétents, sont les installations électriques frauduleuses mises en place par des personnes sans scrupules qui ne mesurent pas les conséquences de leurs actes. »

Pour Daher Robleh Ibrahim ce sont plutôt les délestages, récurrents ces dernières semaines, qui provoquent les surtensions à l’origine les incendies.

Le chef de l’Etat s’est engagé à reloger immédiatement les personnes sinistrées. Les premières distributions d’aides ont commencé cette semaine.