11/03/2017 (Brève 937) Djibouti: inquiétudes autour de l’état de santé d’un opposant emprisonné (RFI)

Lien avec l’article, avec accès à l’intervention à écouter de Me Zakaria: http://www.rfi.fr/afrique/20170311-djibouti-jabha-frud-justice-zakaria

Mohamed Ahmed, dit « Jabha », est emprisonné à Djibouti depuis 2010.

Cet opposant, membre du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (Frud), est accusé par le pouvoir d’être à la solde de l’Erythrée. Le 6 octobre, la chambre d’accusation avait annulé l’ensemble de la procédure le visant.

Mais, malgré une obligation de remise en liberté, « Jabha » était resté en prison. Depuis, le procureur général a fait appel de la décision. Jeudi 9 mars, l’opposant a été amené devant le juge de la Cour d’appel.

L’audience n’a finalement pas eu lieu, Mohamed Ahmed étant trop faible pour s’exprimer. Le procureur général a demandé une expertise médicale. Son avocat, maître Zakaria, le revoyait pour la première fois depuis des mois.

Il affirme que la vie de son client est en jeu et demande sa libération immédiate. On l’écoute au micro de RFI.

08/03/2017 (Brève 932) Reprise de nos publications – La visite « discrète » de Guelleh a Paris a suscité une réprobation générale et des manifestations pour la dénoncer (plusieurs articles et photos)

3/03/2017 ____ 2 – RFI

Lien avec l’article : http://www.rfi.fr/afrique/20170227-visite-president-djibouti-france-hollande

La visite discrète et controversée du président djiboutien en France Ismaïl Omar Guelleh doit rencontrer son homologue François Hollande ce mardi matin à l’Elysée.

Au cours de ces trois jours en France, le chef de l’Etat djiboutien rencontrera également le Medef, le président du Sénat Gérard Larcher puis le ministre français de la Défense ainsi que le secrétaire d’Etat chargé du Développement et de la coopération. Les échanges devraient porter sur la coopération militaire et l’économie, notamment face à la montée en puissance du concurrent chinois.

Une rencontre dénoncée par l’opposition en exil et les ONG de défense des droits de l’homme.

D’autant qu’il y a peu de chance que soient évoqués les dossiers sensibles. Comme lors de la dernière visite en 2011, ni point presse ni déclaration publique ne sont à l’ordre du jour. La rencontre reste discrète et peu d’éléments fuitent sur la teneur des discussions. Au menu certainement : la coopération militaire.

Car, par sa position géographique, Djibouti est un acteur incontournable de la sécurité internationale. Un partenaire qui abrite le plus important contingent militaire français à l’étranger, déployé ces dernières années en Centrafrique, en Irak, au Yémen et au Mali. Les deux pays sont liés par un accord de défense, le seul à contenir encore une clause d’assistance automatique en cas de déstabilisation du régime.

– Concurrence chinoise
Mais Djibouti joue la carte du multilatéralisme. Les Etats-Unis, l’Union européenne et tout récemment la Chine y ont aussi leurs bases. La Chine qui investit massivement dans les infrastructures pour permettre à Djibouti de bénéficier au maximum de sa position dans le commerce international. Sur ce point la France « accuse le retard » estime Sonia Le Gouriellec, spécialiste de l’Afrique de l’Est, et c’est peut-être pourquoi Ismaïl Omar Guelleh vient en compagnie d’une délégation d’entreprises et participe à une rencontre au siège Medef, le syndicat des patrons français.

– De nombreux sujets de tensions
Peu de chance en revanche de voir aborder les « sujets qui fâchent » tels que la situation des droits de l’homme dans le pays. C’est en tout cas l’avis de Sonia Le Gouriellec, qui rappelle que cette visite a lieu tardivement, à quelques semaines de la fin du mandat de François Hollande et que les points de tensions ne manquent pas.

En premier lieu, l’affaire Borrel, du nom de ce juge français assassiné en 1995 à Djibouti. Vingt ans plus tard, le crime n’est toujours pas élucidé. En novembre dernier, la famille a déposé une nouvelle plainte concernant la destruction des scellés de l’instruction.

Ensuite, il y a le renvoi de l’ambassadeur français fin 2015, juste après les violences de Balbala, lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur une manifestation religieuse en périphérie de la capitale.

Peu probable que soient évoqués la réélection contestée du chef de l’Etat l’an dernier, le respect des droits de l’homme ou encore le cas de l’opposant Jabha maintenu en détention malgré l’annulation des poursuites à son encontre. Cela explique peut-être la discrétion de cette rencontre.

31/01/2017 (Brève 917) Détention de l’opposant djiboutien Jabha: une situation ubuesque pour son avocat (RFI – Carol Valade)

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Me Zakaria Abdillahi est le président de l’une des deux ligues de défense des droits de l’homme à Djibouti et député d’opposition à l’Assemblée nationale. Lui-même incarcéré à plusieurs reprises, Me Zakaria consacre sa vie à défendre les opposants politiques face à la justice djiboutienne. Parmi eux, Mohamed Ahmed, dit Jabha, dont les proches sont toujours sans nouvelles malgré l’annulation de la procédure à son encontre. Me Zakaria Abdillahi répond aux questions de Carol Valade.

« Ce monsieur Jabha, où toutes les charges ont été abandonnées, et dont toute la procédure a été annulée pour non-respect des règles les plus élémentaires du Code de précédure pénale djiboutien, se trouve toujours dans les prisons de la République de Djibouti mais sans que nous sachions où. C’est quelque chose qui est quand même assez ubuesque, qui n’existe qu’à Djibouti. Et rappelez-vous ce qu’a dit le Premier ministre de la République de Djibouti: « Tant que je serai aux affaires, il restera en prison. » Le procureur général était aussi ce jour là à l’audience de la Cour suprême. Je m’adresse au procureur général et je lui dis: « mais il est où mon client ? » Il a été incapable de me répondre… »

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♦ Contacté par RFI, le procureur de la République de Djibouti n’a pas tenu à répondre aux accusations formulés par Me Zakaria. « Dans les deux affaires, l’instruction est en cours » a-t-il précisé.

17/11/2016 (Brève 864) RFI (14/11) Djibouti: l’affaire Borrel relancée par une plainte de la famille

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http://www.rfi.fr/afrique/20161114-djibouti-affaire-juge-borrel-relancee-plainte-famille-faux-aggrave

Nouveau rebondissement dans l’« affaire Borrel ». Les avocats de la famille du juge français retrouvé mort en 1995 à Djibouti ont annoncé qu’une plainte pour « faux en écriture publique aggravé » a été déposée le 8 novembre dernier. En cause: la destruction en décembre 2014 des scellés contenant les objets retrouvés sur les lieux du crime.

Bernard Borrel est retrouvé mort le 19 octobre 1995, à 80 km de la capitale de Djibouti, son corps dévêtu est à demi carbonisé. Un briquet, un jerricane, son short et une sandale gisent à quelques mètres. Certains portent des empreintes ou des traces ADN qui n’appartiennent pas au magistrat français.

Lorsqu’en 2015 la cour d’appel demande des vérifications sur ces scellés, on s’aperçoit qu’environ 70 pièces ont été détruites par la justice un an plus tôt. La garde des Sceaux demande alors une enquête interne qui conclut à une « confusion » d’étiquetage : une mention indique qu’un non-lieu a été rendu dans cette affaire en 2003, ce qui est faux.

Selon Maître Morice, avocat de la famille Borrel, ce rapport est « confus », plein d’« incohérences », et la destruction de ces pièces pourrait être volontaire.Me Morice, l’avocat de la famille n’est pas convaincu. « Il y a tellement d’incohérences dans l’enquête qui a été effectuée par l’inspection générale des services judiciaires que nous avons demandé au garde des Sceaux un complément d’enquête. Nous n’avons jamais eu de réponse sur ce point, malgré des demandes réitérées, et c’est la raison pour laquelle nous avons directement déposé une plainte avec un caractère criminel puisqu’il s’agit de faux en écriture publique aggravé », explique-t-il.

Si les soupçons de la famille se confirment, il s’agirait alors d’une nouvelle tentative d’interférence dans ce dossier, souvent qualifié d’« affaire d’Etat ».

08/10/2016 (Brève 845) RFI / Djibouti: l’opposant Jabha reste en prison malgré l’annulation de la procédure

Lien avec l’article original : http://www.rfi.fr/afrique/20161007-djibouti-mohamed-ahmed-jabha-appel-avocat-berenger-tourne

A Djibouti, la justice a ordonné jeudi 6 octobre la remise en liberté d’un opposant détenu depuis mai 2010. Mais celui-ci reste pourtant en détention.

La Chambre d’accusation a en effet annulé l’ensemble de la procédure visant Mohamed Ahmed, dit Jabha, membre du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD). Le gouvernement djiboutien l’accuse d’être à la solde de l’Erythrée.

Si son avocat français, maître Bérenger Tourné qualifie cette décision de « bonne nouvelle » après cinq ans de lutte judiciaire, il demande néanmoins aux autorités djiboutiennes la libération de son client.

« Mon correspondant sur place, maître Zakaria, qui a assisté à l’audience, assure que le maintien sur écoute de mon client est toujours en cours, et que sa remise en liberté n’a pas été effective alors même qu’elle a été ordonnée », précise-t-il.

« Plus d’Etat de droit »

« Je demande aux autorités gouvernementales djiboutiennes de revenir à plus d’Etat de droit en donnant l’application à une décision de justice qui s’impose à elle. Je me réserve dans la foulée de demander aux autorités françaises d’enjoindre Djibouti de remettre en liberté monsieur Jabha », ajoute-t-il.

Pour l’avocat, la France, qui conserve des liens avec Djibouti, « ne peut pas tolérer cinq ans de tortures, de procédures vides, de droits de l’homme bafoués ».

10/04/2016 (Brève 754) RFI / Djibouti: l’UA juge la présidentielle «crédible» malgré des irrégularités

Note de l’ARDHD

Toujours extrêmement conciliante avec les régimes autoritaires, l’UA poursuit sa route, sans heurts, sur la voie du compromis et continue de ménager les dictateurs en lâchant quelques miettes aux opposants.
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RFI

Lien avec l’article original : http://www.rfi.fr/afrique/20160410-djibouti-ua-juge-presidentielle-credible-malgre-irregularites

L’Union africaine (UA) estime que la réélection d’Ismaïl Omar Guelleh pour un quatrième mandat à Djibouti vendredi a été « libre » et « crédible », mais les observateurs constatent aussi des irrégularités.

Avec près de 87% des voix, la victoire du président sortant Ismaïl Omar Guelleh à Djibouti est écrasante. Elle n’en reste pas moins « crédible », dit l’Union africaine. Les assesseurs vus portant des t-shirts à l’effigie du président dans les bureaux de vote, les urnes cadenassées, mais pas scellées avant le dépouillement, ont fait tiquer les observateurs, mais cela ne suffit pas, dit l’UA, à remettre en cause la sincérité du scrutin.

La mission présidée par l’ancien Premier ministre du Mali, Soumana Sako, pointe toutefois une irrégularité plus gênante : l’absence des procès-verbaux qui doivent rendre compte du dépouillement bureau par bureau.

Une absence dénoncée dès le lendemain de l’élection par le principal candidat d’opposition, Omar Elmi Khaireh qui s’inquiétait aussi des limites de la mission d’observation. Sans accès au détail des dépouillements, ils peuvent seulement constater que le scrutin à Djibouti a été calme, mais le calme, souligne-t-il, « ce n’est pas la transparence ».

07/04/2016 (Brève 733) RFI / Présidentielle à Djibouti: pas de suspense mais des craintes d’irrégularités

Lien avec l’article original : http://www.rfi.fr/afrique/20160408-election-presidentielle-djibouti-observateurs-craintes-irregularites-guelleh

Les Djiboutiens sont appelés aux urnes ce vendredi pour le premier tour de l’élection présidentielle. Au pouvoir depuis 17 ans, le président Ismaïl Omar Guelleh est candidat à sa propre succession, malgré ses promesses répétées de ne pas le faire. La Constitution l’y autorise depuis la modification de 2010 qui a supprimé la limitation du nombre de mandats. Un scrutin sans grand suspense puisqu’il est donné largement vainqueur notamment en raison des divisions au sein de l’opposition. Cette semaine, une équipe de la BBC a été interpellée puis expulsée sans explication de ce pays classé 170e sur 180 en matière de liberté de la presse par Reporters sans frontières. Si le pouvoir se dit confiant et satisfait de l’organisation du scrutin, certains craignent des irrégularités.

Parmi les candidats en lice, nombreux sont ceux qui dénoncent des « entraves » dans leurs campagnes. D’autres craignent des irrégularités dans l’organisation du scrutin, selon eux trop favorable au candidat sortant Ismaïl Omar Guelleh.

Des inquiétudes que partage le Parti socialiste français. Le parti du président Hollande a exprimé « la plus vive inquiétude » vis-à-vis du scrutin. Le PS appelle « les organisations internationales (…) à adopter une position ferme (…) et à agir ensemble pour préparer de véritables élections ».

Le communiqué interpelle en particulier l’Union africaine, qui a déployé une équipe d’observateurs sur le terrain. Des représentants de la Ligue arabe, de l’IGAD (Autorité intergouvernementale sur le développement) et de l’Organisation de la coopération islamique sont aussi présents.

Quant à l’Union européenne, qui proposait l’envoi d’experts sur le terrain, « les délais n’étaient pas respectés et nous n’acceptons pas les experts qui n’ont de compte à rendre à personne » ont précisé les autorités.

Les chancelleries occidentales sont également invitées à observer le scrutin. « Je ne sais pas comment faire plus transparent que cela », a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Silence pour l’instant de la part des Etats-Unis qui disposent à Djibouti de leur seule base militaire sur le continent. Quant à la France qui y loge son contingent le plus important à l’étranger, le ministère des Affaires étrangères affirme « suivre avec attention » le déroulement du scrutin.

 Un Etat stratégique dans la corne de l’Afrique
Ce petit pays de 23 200 kilomètres carrés de la corne de l’Afrique revêt une importance stratégique pour la sécurité de l’une des routes du commerce mondial les plus fréquentées, notamment par des tankers transportant le pétrole brut. Et cette position est l’un des atouts économiques de Djibouti.

Avec la montée de la piraterie au large de la Somalie au milieu pendant la deuxième moitié de la décennie 2000, Djibouti est devenu un Etat pivot dans la lutte contre les pirates. Depuis, plusieurs navires militaires ont accès à son principal port. Et des pays comme les Etats-Unis et le Japon disposent aujourd’hui d’une base militaire à Djibouti, rejoignant les militaires français présents depuis l’indépendance du pays en 1977. Le droit de stationnement des troupes françaises et l’aide au développement rapportent aujourd’hui à Djibouti au moins 150 millions d’euros par an, soit 10% de son PIB.

Pratiquement dépourvu de terres agricoles, Djibouti se nourrit grâce aux importations. Le pays a connu une croissance annuelle de plus de 4% ces cinq dernières années. Une progression tirée par les grands projets d’infrastructures. « Nous avons déjà développé depuis 2005 les infrastructures portuaires. Djibouti veut jouer le rôle de hub régional, explique Amina Houssein Guireh, de l’agence nationale pour la promotion des investissements. Djibouti joue déjà très bien ce rôle parce que l’Ethiopie, grand pays par sa population, utilise les infrastructures djiboutiennes pour toutes ses importations et ses exportations. »

Mais les revenus de ce pays profitent à une minorité : 42% des 900 000 Djiboutiens, soit près d’un habitant sur deux, vivent sous le seuil de pauvreté.

10/03/2016 (Brève 693) RFI / Présidentielle à Djibouti: Ismaïl Omar Guelleh dans un fauteuil (Par Jean-Jacques Louarn)

Lien avec l’article : http://www.rfi.fr/afrique/20160309-presidentielle-djibouti-ismail-omar-guelleh-fauteuil

A Djibouti, l’élection présidentielle aura lieu le 8 avril prochain, mais le suspense n’est pas de la partie. Ismaïl Omar Guelleh est déjà donné grand gagnant pour briguer son quatrième mandat.

« Le 8 avril prochain, date de la présidentielle, les Djiboutiens sont appelés à élire : Ismaïl Omar Guelleh », « I.O.G », comme on le surnomme plus simplement. Cette boutade, celle d’un observateur de la scène politique djiboutienne, démontre bien que l’enjeu de ce scrutin n’existe pas. Le président sortant, candidat à un quatrième mandant, à la tête du pays depuis 17 ans, a un boulevard devant lui, car il fait face à une oppositionéclatée et quelques candidats indépendants.

En tout, cinq candidats font face à Ismaïl Omar Guelleh. D’abord, deux personnalités issues de l’Union pour le salut national (l’USN regroupe huit partis) : Omar Elmi Kaireh et Mohamed Daoud Chehem. Ensuite, il y a trois indépendants, Hassan Idriss Ahmed, un ancien diplomate, Mohamed Moussa Tourtour, économiste, candidat malheureux en 1992 et Jamaa Abdouramane Jamaa, un ancien notaire.

L’USN qui pleure, « I.O.G » qui rit
Deux partis de l’USN (un regroupement de huit partis politiques d’opposition dont la création remonte à la crise post-électorale des législatives de février 2013) , le Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD) et le Mouvement pour la démocratie et la liberté (MoDel), appellent au boycott de cette élection car, selon eux, le président Omar Guelleh n’a pas respecté l’accord-cadre signé après la crise post-électorale des législatives de février 2013. Le gouvernement et l’opposition avaient signé, le 31 décembre 2014, cet accord-cadre qui prévoyait notamment la réforme de la commission électorale (CENI). Mais ils ne sont pas tombés d’accord sur sa composition. L’USN accepte cependant de siéger à l’Assemblée nationale. L’opposition, à quelques semaines de la présidentielle, a donc volé en éclats.

« Les désaccords au sein de l’USN existent bel et bien depuis sa création, ce qui arrive aujourd’hui n’est une surprise pour personne » affirme le chercheur Dimitri Verdonck, président de Culture et Progrès, une association qui milite pour les droits politiques et soutient les oppositions en Afrique. L’association travaille avec la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), notamment à Djibouti.

Les promesses du pouvoir
Pour l’opposant Daher Ahmed Farat, à la tête du Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD) et le porte-parole de l’USN, cette élection est une « mascarade ». Considéré par bon nombre de spécialistes comme le vrai « patron » de l’opposition, il estime que l’enjeu du 8 avril n’est pas tant l’élection du président Omar Guelleh, puisqu’elle lui semble inévitable, mais la recomposition de l’opposition.

Pour un observateur de la scène djiboutienne, Ismaïl Omar Guelleh a réussi son pari : faire éclater l’opposition et diviser pour mieux régner. « Une partie de l’opposition, de l’USN appelle au boycott, dit-il, mais nous n’accorderons aucun crédit, nous observateurs, aux chiffres à l’issue du 8 avril. Le pouvoir affichera ce qu’il voudra. Donc, même le taux d’abstention annoncé n’aura aucune signification probante. Ainsi va Djibouti. »

Pour Dimitri Verdonck, il ne faut effectivement guère se faire d’illusion. Mais depuis 2013 – 2014, nombre de Djiboutiens ont pris conscience des enjeux démocratiques. L’après 8 avril sera aussi l’occasion pour les électeurs de « trier parmi les opposants, les vrais et les faux-nez du pouvoir ».

De son côté, Ismaïl Omar Guelleh, porté par l’Union pour la majorité présidentielle (UMP, un regroupement de cinq partis), affiche confiance et sérénité. « Une sérénité qui peut même s’apparenter, dit un proche du pouvoir, à une certaine mollesse dans son camp tant la présidentielle est jouée d’avance. Certains n’avouent pas cette mollesse, ce manque d’enthousiasme, mais évoquent pudiquement l’expression d’une force tranquille… »

Après avoir promis lors des précédents scrutins la paix, le développement économique et les grands projets, l’heure en 2016, est à la redistribution sociale.

Le slogan du président sortant est : je suis le « candidat de chaque Djiboutien qui espère ». Et Ismaïl Omar Guelleh se veut le candidat de tous les Djiboutiens.