24/01/2016 (Brève 649) Dans un article publié le 30/05/2013, sur un ton provocateur et humoristique, nous avions imaginé que Guelleh ferait tout ce qu’il pouvait pour améliorer le classement de son régime par R S F, c’est à dire de se rapprocher de l’élite des dictateurs, dont l’Erythrée tient toujours la première place. En 2016, à l’observation de la situation de la presse à Djibouti, on mesure combien nos prévisions s’avéraient justes.

Lien avec le site RSF : https://fr.rsf.org/djibouti-harcelement-contre-les-19-01-2016,48747.html

Notre article du 30/05/2013 (breve 142)  » target= »_blank »http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=15899″>http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=15899

RSF : HARCÈLEMENT CONTRE LES JOURNALISTES À DJIBOUTI (19/01/2016)

Mohamed ibrahimReporters sans frontières (RSF) condamne vigoureusement les mauvais traitements subis par Mohamed Ibrahim Waïss, reporter pour la radio La Voix de Djibouti injustement retenu en détention du 11 au 17 janvier, et demande aux autorités djiboutiennes de cesser de harceler les journalistes.

Arrêté et détenu 11 au 17 janvier, le journaliste djiboutien Mohamed Ibrahim Waïss aurait été victime de graves violences de la part de la Section de Recherches et de Documentation (SRD). Les gendarmes l’ont contraint par la force à signer un procès verbal contre son gré et à livrer ses identifiants et mots de passe Facebook afin de publier en son nom des images insultantes à l’encontre de l’opposition.

RSF dénonce les conditions de détention dont le journaliste a été victime : privé de tout contact avec son avocat, il n’a pas eu accès à un médecin après ces violences et a refusé de manger par peur que la nourriture de la prison de Gabode ne soit pas comestible. 

Face à l’absence de charges, le tribunal de Djibouti devant lequel le reporter a comparu le 17 janvier n’a pas eu d’autre choix que de le relâcher. Il est néanmoins reconvoqué le 24 janvier.

RSF avait déjà défendu le journaliste, arrêté arbitrairement à plusieurs reprises ces dernières années : il a ainsi passé plus de quatre mois dans la même prison de Gabode en 2011quelques jours en décembre 2013 et dix jours en août 2014.
Mohamed Ibrahim Waïss n’est pas le seul journaliste dans le viseur des autorités puisque son arrestation a précédé de peu celle de Kadar Abdi Ibrahim, co-directeur de L’Aurore, un journal lancé il y a quelques mois par la principale coalition d’opposition, l’Union pour le salut national (USN).

Kadar Abdi Ibrahim a été arrêté le 14 janvier pour avoir publié en Une la photo d’une victime du massacre de Buldhuquo, lors duquel les policiers ont ouvert le feu sur une manifestation interdite, faisant au moins 29 morts d’après la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme. Relâché le 16 janvier, il reste poursuivi bien que les parents de la défunte -une fillette de 7 ans- aient confirmé qu’ils ne portaient pas plainte pour l’utilisation de la photo.

« A l’approche des élections présidentielles d’avril 2016, les autorités djiboutiennes cherchent à réprimer toute voix dénonçant les agissements du gouvernement, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Nous demandons aux autorités djiboutiennes d’abandonner ces poursuites judiciaires et de cesser de harceler les journalistes ».

A Djibouti, les journaux sont traditionnellement les porte-paroles des différents partis politiques mais au fil des ans, les organes d’opposition ont progressivement disparu. Objets d’un harcèlement permanent et de campagnes d’intimidation orchestrées par le gouvernement, les journalistes sont régulièrement arrêtés et torturés, avant d’être relâchés et poursuivis en justice.

La situation s’est aggravée depuis le début de la campagne du président sortant Ismaël Omar Guelleh, candidat à un 4ème mandat. Les autorités djiboutiennes ne reculent devant rien pour faire taire l’opposition et les arrestations de journalistes se multiplient.

Djibouti est classé 170 sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par RSF.

23/05/2015 (Brève 462) RSF DÉNONCE LE HARCÈLEMENT JUDICIAIRE CONTRE LE RESPONSABLE DE LA VOIX DE DJIBOUTI

Reporters sans frontières (RSF) est indignée par le harcèlement judiciaire dont est victime Maydaneh Abdallah Okieh, journaliste pour le site d’informations La Voix de Djibouti (LVD), première radio libre et critique de l’histoire du pays. Le journaliste risque la prison s’il ne règle pas une amende exorbitante de plus de 11 000 dollars.

Maydaneh Abdallah Okieh, journaliste et responsable technique du site d’informations La Voix de Djibouti créée en 2010 par la diaspora djiboutienne, a été arrêté lundi 18 mai 2015 par la police à Djibouti-ville pour refus d’exécution judiciaire, puis libéré par le parquet de la République le 20 mai 2015. Néanmoins, le journaliste doit toujours régler l’amende de 2 084 000 francs Djibouti, soit 11 740 dollars américains, à laquelle il a été condamné à titre de dommages et intérêts pour diffamation au profit du lieutenant-colonel de police Elmi Daher Miguil en mai 2013. Dans le cas contraire, il risque d’être à nouveau incarcéré.

Doublement accusé d’”outrage à un officier de police » et de « diffamation de la police » pour avoir posté sur Facebook des photos de la répression de manifestations pacifiques, il a déjà purgé cinq mois de prison ferme du 15 mai au 19 octobre 2013 alors qu’il avait été initialement condamné à 45 jours de détention. Cette dernière s’est déroulée dans des conditions que le journaliste a lui-même qualifié d’“inhumaines”, déclarant avoir été torturé et interdit de soins médicaux.

“Les charges retenues contre Maydaneh Abdallah Okieh sont sans fondement et s’apparentent ni plus ni moins à un acharnement de la part des autorités djiboutiennes contre l’un des piliers de la première radio libre et critique de l’histoire de Djibouti,
 déclare Virginie Dangles, adjointe à la direction des programmes de RSF. Ce journaliste se bat avec la diaspora pour informer la population djiboutienne et diffusait une information libre et indépendante qui dérange la dictature djiboutienne depuis longtemps. Nous exhortons les autorités à mettre un terme à ce harcèlement et à annuler cette amende aberrante contre un journaliste qui ne fait qu’exercer
librement son travail”.

Maydaneh Abdallah Okieh, un des 100 héros de l’information de RSF en 2014 a de multiples fois été arrêté, maltraité par les autorités djiboutiennes et condamné injustement. Sa dernière détention arbitraire remonte à mars 2014 en raison de sa couverture d’une réunion de l’Union pour le Salut national (USN), coalition de sept partis d’opposition, à Balbala au cours de laquelle il avait été témoin une fois encore de la violente répression de la gendarmerie sur les sympathisants présents au meeting. Il avait été accusé de « participation à des troubles à l’ordre public”. En 2013, ce sont des charges de « provocation à la rébellion et à des manifestations illicites » qui lui avaient valu de passer un mois en prison.

Djibouti, dont le gouvernement a signé le 30 décembre 2014 un accord-cadre de sortie de crise avec l’opposition, occupe la 170e place sur 180 dans l’édition 2015 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

13/12/2013 (Brève 336) RSF Un autre journaliste de la Voix de Djibouti arrêté

Reporters sans frontières a appris l’arrestation le 12 décembre 2013 au matin, de Mohamed Ibrahim Waiss, reporter du journal et site d’information La Voix de Djibouti, arrêté par la police alors qu’il couvrait une manifestation de femmes du quartier de Buldhuqo dans la banlieue populaire Balbala de Djibouti.

« Nous demandons la libération immédiate de Mohamed Ibrahim Waiss, arrêté dans l’exercice de son métier et qui n’a rien à faire en prison », a déclaré Reporters sans frontières.

« Cette arrestation arbitraire s’ajoute à une liste déjà longue d’intimidations au cours des dernières semaines. Elle participe d’une claire tentative de museler toute voix pouvant relayer une information défavorable au régime du président Ismael Omar Guelleh, qui n’a de cesse de censurer les médias indépendants, au mépris des lois nationales et des engagements internationaux pris par Djibouti », a ajouté l’organisation.

Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, le journaliste est actuellement détenu au Commissariat de police du 4ème arrondissement de Balbala dans de très mauvaises conditions. Son matériel de reportage et son téléphone portable ont été confisqués.

Les mères de familles de Buldhuqo, un quartier récemment démantelé par le régime, manifestaient pour demander au gouvernement de tenir ses promesses et de leur attribuer des parcelles de terrain à bâtir dans un autre quartier.

Cette arrestation est la dernière en date d’une vague qui a visé plusieurs journalistes indépendants ainsi que militants de l’opposition.

Le 7 décembre 2013, le journaliste Farah Abadid Hildid de la Voix de Djibouti, également vice-président de la Ligue djiboutienne des droits de l’Homme (LDDH) et membre du parti d’opposition MRD avait été arrêté par la police, sans raison apparente. Les journalistes du même média, Moustapha Abdourahman Houssein et Sadam Ainan Darar, avaient été interpellés et brutalisés par la police le 4 décembre 2013, alors qu’ils couvraient une descente policière contre de petits marchands du marché Maka Moukarama, exploité par un proche du couple
présidentiel.

Avec cinq autres collaborateurs de La Voix de Djibouti, dont Moustapha Abdourahman Houssein et Farah Abadid Hildid, le journaliste Mohamed Ibrahim Waiss avait déjà été incarcéré plus de quatre mois en 2011, à la prison centrale de Gabode à Djibouti.

Djibouti occupe la 167e place sur 179 pays selon le classement établi par Reporters sans frontières

05/12/2013 (Brève 322) – SOMMET DE L’ELYSEE – Le repli sécuritaire compromet les nécessaires avancées démocratiques (Par RSF)

Les 6 et 7 décembre 2013 se tient à Paris le Sommet de l’Élysée, consacré aux questions de paix et de sécurité et de développement sur le continent africain. Organisé à l’initiative de la France, l’évènement doit rassembler 54 représentants des pays africains, ainsi que ceux des Nations unies, de l’Union européenne et de l’Union africaine.

Reporters sans frontières appelle la France, les États d’Afrique, ainsi que les organisations internationales présentes à ce Sommet à aborder la question de la sécurité des journalistes et du respect de la liberté de l’information dans le cadre des actions destinées à garantir la sécurité nationale.

« Les crises du Mali et de la Centrafrique, la piraterie dans le Golfe d’Aden, le terrorisme des Shabaab somaliens ou de la secte Boko Haram, les conflits pro-tractés de la République démocratique du Congo ou du Soudan font du continent africain un lieu où les questions de sécurité et de paix se posent en priorité et mobilisent les puissances occidentales et africaines qui y voient une nécessité pour préserver un équilibre régional et international.

Ces mêmes nations savent bien que l’impératif sécuritaire immédiat ne dispense pas de considérer le moyen et le long terme : les transitions démocratiques et le renforcement des États, qui sont à l’agenda de toutes les négociations multipartites en faveur de la paix.

Or les jalons du moyen et du long terme se posent dès à présent. Il est illusoire de penser que des pays opérant un repli sécuritaire législatif aujourd’hui, adopteront des mesures démocratiques demain.

Nous demandons, qu’au cours de ce Sommet, les questions sécuritaires n’éludent pas les nécessaires considérations démocratiques sur le long terme, qui passent par le développement d’une presse libre et la garantie de la liberté de l’information », déclare Reporters sans frontières

« La tendance au repli sécuritaire à travers des lois liberticides pour l’information gagne de nombreux États africains. La sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme ne doivent pas être utilisées comme prétextes pour affaiblir le débat démocratique et empêcher que les pratiques des dirigeants soient soumis au regard et à la critique légitime du public », ajoute l’organisation.

Argument sécuritaire

Dans de nombreux pays d’Afrique, les journalistes continuent de faire les frais de persécutions et de violences armées, malgré les protections dont ils bénéficient au niveau international aux termes de la Résolution 1738 du Conseil de sécurité des Nations unies, des Conventions de Genève et de la Résolution de l’Assemblée générale des Nations unies du 26 novembre 2013. Le plan d’action des Nations unies fait aussi obligation aux États « d’enquêter concrètement et poursuivre les crimes contre la liberté d’expression ». Ainsi la responsabilité de garantir la sécurité de l’exercice de la profession de journalistes échoit à ces mêmes États.

Pourtant dans son bilan annuel 2012, Reporters sans frontières a dénoncé une « hécatombe » pour les acteurs de l’information, avec 88 journalistes et 47 citoyens-journalistes tués, dont 22 sur le continent, sans que des enquêtes soient systématiquement ouvertes.

Reporters sans frontières a constaté que les États recourent de plus en plus à un arsenal législatif et judiciaire pour réprimer les journalistes. Dans ce cadre, l’argument « sécuritaire » se retourne alors souvent contre eux et devient un prétexte pour mettre en œuvre une politique liberticide. Les lois relatives au terrorisme, à la trahison, à la sécurité nationale ou au secret d’État sont utilisées de façon abusive et détournées de leur objectif pour réprimer des journalistes et en dissuader d’autres, en violation flagrante des obligations internationales, notamment de l’article 19 du Pacte International sur les droits civils et politiques.

Car, si la « sauvegarde de la sécurité nationale » est un motif légitime pour restreindre la liberté d’expression, il n’est admis que sous certaines conditions, notamment de prévisibilité de la loi, de proportionnalité et de nécessité. Le rapporteur spécial sur la liberté d’expression Frank LaRue l’a rappelé : « La protection des secrets de sécurité nationale ne peut jamais être utilisée comme prétexte pour intimer la presse au silence et la contraindre à renoncer à son travail crucial de clarification des violations des droits de l’homme ».

Les exemples d’instrumentalisation de l’argument sécuritaire pour restreindre la liberté de l’information ne manque pas. D’autant plus que, le plus souvent, ce sont des pays « en paix » qui adoptent ces textes et comportement liberticides.

En Éthiopie, la loi anti-terroriste est utilisée comme un prétexte pour mettre derrière les barreaux toute personne critique du régime. Ironiquement, le porte-parole d’un syndicat de journalistes éthiopiens le revendique même : « Nous sommes fiers qu’en Éthiopie il n’y ait aucun journaliste emprisonné pour ses activités professionnelles ». En effet, les quatre journalistes emprisonnés en raison de leur activité professionnelle, le sont sous le coup de la loi anti-terrorisme de 2009.

En Sierra Leone, deux journalistes sont toujours inculpés pour « sédition » après avoir publié un éditorial jugé critique du chef de l’État.

Au Tchad, l’éditeur Samory Ngaradoumbé est poursuivi pour avoir « diffamé l’armée » dans un article faisant état du mécontentement de l’armée nationale tchadienne.

Au Burundi, la loi sur la presse, votée au printemps 2013 jugée très répressive, prévoit dans ses articles 14 et 18, vingt sujets que les journalistes ne peuvent tout simplement pas traiter. En premières places ont trouve évidemment les questions liées à « l’unité nationale », « l’ordre et la sécurité publics », « la souveraineté nationale.

« Régulation » à la dérive

Après les attentats du centre commercial Westgate et alors que ses deux plus hauts représentants comparaissent devant la Cour pénale internationale, le Kenya considère un projet de loi qui confèrerait à l’organe de régulation des médias, le Kenya Media Council, le pouvoir de modifier à loisir les textes relatifs au statut des journalistes, comprenant des provisions sur le ton que les médias doivent employer et la façon dont ils doivent présenter certains évènements sécuritaires.

Parfois, ce sont les organes de régulation, censés protéger les journalistes, dont la composition ou le fonctionnement sont cooptés par l’exécutif afin d’en faire des outils de contrôle et de répression.

Cette semaine même au Congo Brazzaville, deux journaux ont écopé d’une suspension de neuf mois de la part du Conseil Supérieur sur la Liberté de la Communication pour avoir « insulté la police nationale et manipulé l’opinion » après une interview d’une victime de violences policières, et pour avoir « insulté l’armée » à la suite d’un article critique de l’institution.

Au Cameroun, c’est le Conseil supérieur de la communication, dont le Président est proche du pouvoir, qui a lancé une procédure à l’encontre d’un journal accusé d’avoir enfreint le « secret défense » pour avoir parlé d’une opération de rapatriement de membres présumés de Boko Haram qui avait fait plusieurs morts civils.

Ce durcissement se retrouve à travers tout le continent. En 2013, la Tanzanie, la Gambie, le Rwanda et la Somalie ont soumis ou fait passer des textes faisant état de préoccupations sécuritaires justifiant des limites dans le traitement de l’information.

Au moment où les experts de l’ONU s’alarment dans une déclaration du 3 décembre 2013 des tendances au durcissement contre les libertés publiques en Afrique, il est important que la liberté de l’information soit, moins que jamais, sacrifiée.

03/05/2013 (Brève 141) Djibouti : peut mieux faire !!! Selon le classement mondial 2013 de la liberté de la presse, publié par RSF, Djibouti n’arrive encore qu’en 13ème position, mais il gagne 8 places par rapport au classement 2011-2012

Lien avec le site de RSF

Selon le classement mondial 2013 de la liberté de la presse, qui a été publié
ce matin par RSF, Djibouti est classé en 13ème position sur 179 pays classés. C’est un progrès certain à mettre au crédit de Guelleh et de son régime dictatorial et sanguinaire, puisque l’année dernière, il était classé 21ème !

Encore un effort Monsieur Guelleh ! Bientôt Djibouti pourra figurer parmi les 10 premiers pays les plus lliberticides de la planète. Rappelons que le champion cette année est toujours l’Erythrée. Pour se hisser sur les plus hautes marches du podium, IOG devra interdire sans exception, toutes les publications même « clandestines » et multiplier les emprisonnements de journalistes. A noter qu’il est sur la bonne voie dans ces domaines.

L’équipe de l’ARDHD tient à saluer comme il se doit, ce nouveau recul des libertés à Djibouti et les efforts constants du régime djiboutien pour anéantir toutes les formes d’expression et de contestation de l’arbitraire, de l’injustice et des violations quotidiennes des Droits humains, sous le regard placide (et parfois attendri ??) des différents Ambassadeurs en poste et des forces militaires pré-positionnées sur le territoire

      Classement annuel
Les plus
liberticides
  cote 2013 Evolution 2011-2012
1 Érythrée 84,83 179 0 179
2 Corée du Nord 83,90 178 0 178
3 Turkménistan 79,14 177 0 177
4 Syrie 78,53 176 0 176
5 Somalie 73,59 175 -11 164
6 Iran 73,40 174 +1 175
7 Chine 73,07 173 +1 174
8 Vietnam 71,78 172 0 172
9 Cuba 71,64 171 -4 167
10 Soudan 70,06 170 0 170
11 Yémen 69,22 169 +2 171
12 Laos 67,99 168 -3 165
13 Djibouti 67,40 167 -8 159

30/01/2013 (Brève 103) Encore un énorme succés pour Guelleh et pour son ambition de maintenir le pays sous l’asservissement de sa famille et de quelques proches ? Selon le rapport annuel de RSF, Djibouti a encore progressé cette année de 8 places et il se classe maintenant parmi les 12 premiers de la liste des pays les plus liberticides ….Encore bravo M. Guelleh, sous votre férule et dans ce domaine, bientôt Djibouti va pouvoir rattraper le régime érythréen de votre ancien ami

Lien avec l’article sur le site RSF

Classement mondial de la liberté de la presse 2013 –

Afrique Djibouti (167e)

L’Afrique de l’Est stagne dans les profondeurs du classement, le Mali dégringole

L’Afrique de l’Est, cimetière pour journalistes En Somalie (175ème place, -11), dix-huit professionnels de l’information ont été tués, victimes d’attentats à la bombe ou directement visés dans des assassinats ciblés, faisant de l’année 2012 la plus meurtrière de l’histoire pour la presse de ce pays.

Cet État de la corne de l’Afrique fut en 2012 le deuxième pays le plus dangereux au monde pour les acteurs de l’information après la Syrie. En Érythrée (179ème, dernière place du classement pour la sixième année consécutive), on ne tue pas, mais on laisse mourir, ce qui revient à peu près au même.

La plus grande prison d’Afrique pour les journalistes en renferme au moins une trentaine. Sur les onze incarcérés depuis 2001, sept ont succombé à leurs conditions de détention ou se sont suicidés. Depuis la suspension de la presse privée il y a plus de dix ans, les médias indépendants n’existent pas, sauf en exil, et la terreur règne. L’est du continent est aussi une terre de censure et de répression.

Le Soudan d’Omar el-Béchir, où les confiscations de journaux n’ont pas cessé et où de nombreux journalistes ont été interpellés pendant l’été, reste bien ancré à la 170ème place, parmi les dix derniers pays au classement.

Djibouti (167ème, -8), pays sans presse privée, a détenu, pendant plus de trois mois, un collaborateur du site d’informations La Voix de Djibouti.

Malgré la libération de deux journalistes suédois arrêtés en 2011, l’Éthiopie (137ème) perd dix places en raison de l’application liberticide de la loi anti-terroriste de 2009 et du maintien en détention de plusieurs journalistes locaux.

20/11/2012 (Bréve 051) RSF : Houssein Ahmed Farah enfin libéré !!!

Le journaliste Houssein Ahmed Farah enfin libéré

Reporters sans frontières a appris avec soulagement la libération, le 18 novembre 2012, du journaliste Houssein Ahmed Farah. Le correspondant du site d’informations La Voix de Djibouti était détenu depuis plus de trois mois.

« Grâce à l’acharnement de son avocat, Houssein Ahmed Farah est enfin sorti de prison. Une demande de remise en liberté était déposée chaque semaine, sans succès jusqu’alors. Savoir notre confrère à l’air libre est un grand soulagement. Il ne s’agit cependant que d’une remise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Nous demandons que les charges qui pèsent contre lui soient complètement abandonnées », a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

« Le traitement de son dossier par la justice djiboutienne continue de nous préoccuper, de même que les tentatives d’intimidation qui visent depuis quelques jours Maître Zakaria Abdillahi, son avocat ».

Houssein Ahmed Farah était incarcéré depuis le 11 août, à la prison centrale de Gabode, malgré un état de santé précaire et bien qu’aucune des charges retenues contre lui n’ait été prouvée. Il est accusé de s’être soustrait à un contrôle judiciaire et d’avoir distribué de fausses cartes d’électeurs d’un parti politique dissout par décret présidentiel.

Plus d’informations :
http://fr.rsf.org/djibouti-rsf-et-asf-demandent-la-remise-en-31-102012,43624.html.

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REPORTERS SANS FRONTIÈRES
Ambroise PIERRE

Bureau Afrique / Africa Desk, Reporters W/o Borders
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Tel : (33) 1 44 83 84 76
Fax : (33) 1 45 23 11 51

31/10/2012 (Bréve 044) Communiqué conjoint d’ASF et de RSF pour demander la libération de Houssein Ahmed Farah

Reporters sans frontières (http://www.rsf.org)
Réseau Avocats Sans Frontières

Communiqué de presse

31 octobre 2012 – DJIBOUTI : RSF et ASF demandent la remise en liberté de Houssein Ahmed Farah

Reporters sans frontières et le réseau Avocats Sans Frontières demandent à la magistrate Kadidja Abeba, présidente de la Cour suprême djiboutienne, d’ordonner enfin la libération de Houssein Ahmed Farah, correspondant du site d’informations La Voix de Djibouti.

Le journaliste, arrêté le 8 août 2012 et détenu depuis le 11 août à la prison centrale de Gabode, a introduit un recours contre le refus de sa demande de liberté provisoire par la chambre d’accusation de la Cour d’appel. La Cour suprême djiboutienne a étudié ce recours le 30 octobre et a mis sa décision en délibéré pour le 5 novembre prochain.

« Voici 84 jours que notre confrère croupit en prison sur la base d’accusations douteuses. Cette situation est à la fois anormale et choquante. Nous demandons que Houssein Ahmed Farah soit remis en liberté provisoire pour qu’il puisse retrouver les siens et comparaître libre », a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

« L’état de santé de Houssein Ahmed Farah demeure précaire et ses conditions de détention l’aggravent encore. C’est pourquoi, aux côtés de Maître Zakaria Abdillahi, nous demandons sa remise en liberté », a pour sa part affirmé François Cantier, Président d’Honneur d’ASF France et Responsable du projet Réseau Avocats Sans Frontières.

Après avoir écrit aux autorités de Djibouti, Reporters sans frontières a saisi, le 18 septembre dernier, le groupe de travail sur la détention arbitraire du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Compte tenu de l’état de santé inquiétant du journaliste, l’organisation avait insisté auprès de l’institution onusienne sur la nécessité d’intervenir en urgence.

La situation de Houssein Ahmed Farah a également été citée par Reporters sans frontières dans sa contribution au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, dans le cadre de l’examen périodique universel de Djibouti.

Le journaliste est accusé de s’être soustrait au contrôle judiciaire auquel il était soumis depuis le 23 juin 2011, suite à une accusation non établie de « participation à un mouvement insurrectionnel » qui lui avait valu plus de quatre mois de détention préventive à Gabode, et d’avoir distribué de fausses cartes d’électeurs (sic) d’un parti politique dissout par décret présidentiel, ce qui a été qualifié de « faux et usage de faux ».

Or, cette seconde accusation n’est pas plus établie que la première. D’ailleurs, deux personnes arrêtées dans le cadre d’une information ouverte le 15 septembre 2012 par le procureur de la République pour charger le journaliste ont témoigné en sa faveur devant la juge d’instruction. Ils ont déclaré avoir été forcés à signer un document préparé à l‘avance par les enquêteurs de police. Ces deux personnes ont été libérées depuis lors.

Plus d’informations sur le cas de Houssein Ahmed Farah : http://fr.rsf.org/djibouti-houssein-ahmed-farah-detenu-a-la-14-08-2012,43218.html.

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24/04/2012 (B653) RSF / Appel à la libération « immédiate et inconditionnelle » du directeur de Voice of Peace, au Puntland

Reporters sans frontières demande aux autorités de la région semi-autonome du Puntland (Nord-Est) de relâcher sans délai le directeur de la station Voice of Peace, Awke Abdullahi Ali, détenu à Bossasso depuis près de deux mois.

Aucune poursuite judiciaire n’a été lancée contre lui, alors que selon la loi, les détentions supérieures à 48 heures doivent être motivées par l’ouverture d’une instruction.

L’organisation demande également aux autorités du Puntland de cesser de harceler les journalistes. Elle s’inquiète enfin des violations de la liberté de la presse commises dans l’Etat autoproclamé du Somaliland (Nord) ainsi que dans la partie sud du pays, notamment dans la capitale Mogadiscio.

« En l’absence évidente de motivation légale pour son arrestation et sa détention, nous demandons la libération immédiate et inconditionnelle d’Awke Abdullahi Ali. Cette exigence de droit devient aussi humanitaire, car l’état de santé de ce journaliste se détériore de jour en jour. Nous demandons également la réouverture de sa station, » a déclaré Reporters sans frontières.

Awke Abdullahi Ali a été arrêté le 3 mars 2012 tandis que les locaux de la station de radio ont été fermés pour un temps indéterminé, et que les ordinateurs et les mixers ont été confisqués. Ces mesures feraient suite à la diffusion d’une interview du porte-parole de la milice Al-Shabaab, qui combat les forces de sécurité du Puntland dans le quartier de Gal-Gala, une banlieue de Bossasso.

Malgré l’interview du porte-parole du gouvernement pour contrebalancer le point de vue de la milice islamiste, cette émission aurait provoqué la colère des autorités à l’égard du directeur de Voice of Peace.

Ayant publiquement pris la défense de son confrère, le journaliste Abdiweli Hassan Gooni, coordinateur de l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ) au Puntland, a été appréhendé à son domicile de Bossasso, le 13 avril 2012. Interrogé sur ses articles dénonçant la détention injustifiée d’Awke Abdullahi Ali, il a été relâché le 16 avril, après trois jours d’incarcération dans des conditions éprouvantes.

Au Somaliland, détentions arbitraires et exils forcés

Au Somaliland, la situation n’est guère plus enviable pour les journalistes.

Trois d’entre eux ont été arbitrairement détenus au cours du mois dernier. Le 19 avril 2012, Mohamed Shaqale, journaliste pour la chaîne Somalisat TV, a été arrêté par les forces de sécurité à Las Anod, capitale de la région Sool. Activement recherché par l’armée, le reporter vivait en clandestinité depuis un mois.

Son ordinateur, son appareil photo, et ses enregistrements ont été confisqués. Libéré le 22 avril, il a été expulsé de la région par les autorités. Il vit désormais en exil forcé au Puntland.

Le 31 mars 2012, Ahmed Ali Farah, reporter pour la Royal Television et Somali 24, avait été arrêté à Las Anod. Quatre jours plus tard, un confrère freelance, Abdisamad Keyse, a lui aussi été arrêté alors qu’il venait lui rendre visite en prison.

Les deux journalistes ont été relâchés le 19 avril, après deux semaines de détention sans raison ni poursuites pénales. Interdit de séjourner à Las Anod par les autorités du Somaliland, Ahmed Ali Farah a été contraint de s’installer à Taleh (Taleex), une ville distante de 175 km au Nord-Est.

Le harcèlement que subissent actuellement les professionnels de l’information serait dû, selon la presse locale, à leur couverture de la conférence de Khatumo, en décembre 2011, où responsables politiques locaux et chefs traditionnels ont proclamé la création d’un nouvel Etat, le Khatumo, autonome du Somaliland et du Puntland.

Ce nouvel Etat regrouperait les régions de Sool, Sanaag et Cayn. La région Sool, au carrefour du Somaliland et du Puntland, reste revendiquée par ces deux territoires, entraînant un contrôle étroit des autorités du Somaliland sur l’information.

Il semblerait que les autorités du Somaliland tentent d’intimider, harceler et interroger tout journaliste qui était présent à la conférence d’indépendance. Mogadiscio : capitale sanglante Le 25 mars 2012, dix jours avant l’attentat du théâtre national de Mogadiscio ayant fait plusieurs morts ainsi que des victimes sérieuses parmi les journalistes (http://fr.rsf.org/somalie-sept-journalistes-blesses-dans-un-04-04-2012,42254.html), le journaliste Muhaydin Hassan Mohammed a subi une tentative d’assassinat à proximité de son domicile, dans le quartier Wadajir. Il a reçu une balle dans la partie gauche de sa poitrine.

Craignant pour sa sécurité face aux nouvelles menaces qu’il avait reçues depuis lors, ce journaliste du Shabelle Media Network a quitté son pays pour Nairobi, capitale du Kenya voisin.

Dans son bilan annuel 2011, Reporters sans frontières avait classé Mogadiscio parmi les dix lieux les plus dangereux au monde pour les journalistes. Avec 29 journalistes tués depuis 2007, la Somalie reste le pays le plus meurtrier d’Afrique pour les professionnels de l’information.

Il est classé à la 164e position, sur 179 pays, dans le classement mondial 2011-2012 de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières.

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Ambroise PIERRE
Bureau Afrique / Africa Desk
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29/02/2012 (B645) RSF / Exécution sommaire / Le directeur de Somaliweyn assassiné à son domicile de Mogadiscio

Reporters sans frontières apprend avec consternation le meurtre d’Abukar Hassan Mohamoud, directeur de Somaliweyn, abattu par des hommes armés de pistolets, le 28 février 2012, à son domicile dans le quartier d’Aargada à Mogadiscio. L’organisation condamne cet assassinat de sang froid qui s’ajoute à la longue liste des crimes contre les journalistes et lance un nouvel appel à la communauté internationale afin qu’il ne reste pas impuni.

« Nous exprimons nos plus sincères condoléances à la famille d’Abukar Hassan Mohamoud, ainsi qu’à ses collègues et amis. Cet assassinat montre une fois de plus la violence inouïe à laquelle doivent faire face les journalistes dans le pays »,déplore Reporters sans frontières. « L’indifférence sur le sort des journalistes somaliens doit cesser. Nous réitérons notre appel à la création d’une commission d’enquête internationale indépendante sur les crimes contre les journalistes », a ajouté l’organisation.

Abukar Hassan Mohamoud, 43 ans, plus connu sous le surnom de Kadaf, était membre de longue date de la National Union of Somali Journalists (NUSOJ), association partenaire de Reporters sans frontières. Il participait à toutes les campagnes de la NUSOJ incitant à mieux protéger les journalistes, trop souvent victimes d’attaques et d’exactions. Il réagissait courageusement en son nom propre à chaque nouveau meurtre de reporter pour dénoncer le quotidien intenable auxquels ils sont confrontés. Agé de 43 ans, il laisse derrière lui une femme et deux filles.

L’année 2012 avait déjà commencé sous de tristes auspices avec l’assassinat de Hassan Osman Abdi, directeur du Shabelle Media Network, devant son domicile par cinq hommes armés non identifiés, le 28 janvier dernier.

La Somalie est depuis plusieurs années le pays le plus meurtrier d’Afrique pour les professionnels de la presse. Reporters sans frontières et la NUSOJ ont recensé 4 journalistes tués en 2011, 3 en 2010 et 9 en 2009.

Cet assassinat survient alors que le pays tente en vain de se reconstruire avec l’appui de la communauté internationale. Le 22 février, Reporters sans frontières avait écrit aux délégations présentes à la conférence de Londres sur la Somalie, afin de rappeler les violences auxquelles font face les journalistes et de leur demander la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante chargée d’étudier l’ensemble des exactions commises contre les professionnels de l’information : http://fr.rsf.org/somalie-lettre-ouverte-aux-delegations-22-02-2012,41921.html

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Marie, assistante.
en l’absence d’Ambroise PIERRE
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