28/11/2011 (B632) RSF (Communiqué du 25/11) LES DEUX JOURNALISTES DE LA VOIX DE DJIBOUTI EN LIBERTÉ PROVISOIRE APRÈS QUATRE JOURS DE DÉTENTION ET DE SÉVICES

Farah Abadid Hildid et Houssein Robleh Dabar, correspondants pour la station de radio La Voix de Djibouti, ont été remis en liberté provisoire le 24 novembre 2011 à 20h. Les deux journalistes ont été placés sous contrôle judiciaire par une juge d’instruction de la Cour suprême devant laquelle ils avaient été déférés plus tôt dans la journée.

Après avoir été successivement entendus par le procureur de la République, Maki Omar Abdoulkader, et le procureur général de la République, Djama Souleiman Ali, les deux hommes ont été transférés à la Cour suprême et inculpés pour « mobilisation illégale » et « outrage à chef d’État ».

Les tortures subies par Farah Abadid Hildid et Houssein Robleh Dabar lors de cette détention de quatre jours auraient été ordonnées par l’adjudant-chef Abdourahman Omar Saïd, déjà tristement connu pour avoir fait subir des actes similaires à Dirir Ibrahim Bouraleh, un habitant de Balbala, décédé des suites de ses blessures pendant sa garde à vue du 23 au 27 avril, dans une brigade de gendarmerie.

L’identité des deux tortionnaires n’est cependant pas connu pour le moment, mais il semblerait d’après les premiers éléments d’information reçus, que les auteurs de ces actes ne soient pas les mêmes personnes que lors de la première garde à vue des deux reporters en février 2011

24/11/2011 (B631) INQUIÉTUDES AUTOUR DE LA NOUVELLE ARRESTATION DE DEUX CORRESPONDANTS DE LA VOIX DE DJIBOUTI – (ALERTE RSF)

Reporters sans frontières dénonce la nouvelle arrestation, le 21 novembre 2011, de Farah Abadib Hildid et d’Houssein Robleh Dabar, tous deux correspondants pour la radio d’opposition La Voix de Djibouti, et exprime sa profonde inquiétude sur le traitement qui leur sera réservé en détention.

"C’est la deuxième fois que ces deux collaborateurs de La Voix de Djibouti sont arrêtés par la gendarmerie. Tout porte à croire que les autorités ont voulu les empêcher de faire écho sur les ondes de la radio à un tract appelant à manifester", déclare Reporters sans frontières. "Au vu des actes de torture endurés par l’un des journalistes lors de sa première arrestation, nous craignons qu’ils ne subissent à nouveau le même sort. Nous dénonçons vivement ce contrôle abusif de l’information par les autorités et demandons la libération sans délai de Farah Abadib Hildid et Houssein Robleh Dabar", a rajouté l’organisation.

Farah Abadib Hildid et Houssein Robleh Dabar ont été arrêtés le 21 novembre par la section de recherche et de documentation (SRD) de la gendarmerie dirigée, par le lieutenant Abdoulkarim Ibrahim Youssouf. Cette section, qui comprend en son sein l’adjudant Abdourahman Ali Ismaël, dit "Doudou", soupçonné d’avoir déjà torturé Farah Abadib Hildid lors de sa précédente garde à vue du 5 au 9 février dernier, aurait procédé à cette double arrestation dans le but de prévenir l’éventuelle publicité par La Voix de Djibouti d’un tract appelant à un rassemblement lors d’une journée intitulée "Journée de la colère". Ce tract aurait été écrit par Mohamed Souleiman Cheik Moussa, magistrat arrêté le même jour que les journalistes.

Farah Abadib Hildid et Houssein Robleh Dabar avaient déjà été arrêtés le 5 février puis placés en détention pendant quatre mois dans la prison de Gabode pour "participation à un mouvement insurrectionnel". Durant les cinq jours de garde-à-vue préalable à leur transfert en prison, Hildid avait été torturé par les gendarmes chargés de l’interroger. Cette violation grave des conventions de droits de l’homme auxquelles Djibouti est partie, pourrait amener ses auteurs devant la justice internationale.

Hildid et Dabar avaient été finalement libérés de manière provisoire et sous contrôle judiciaire, le 23 juin 2011, après maints recours devant la Cour d’appel et la Cour suprême djiboutienne. Hildid avait à nouveau fait l’objet d’une convocation, le 17 septembre 2011, devant le juge d’instruction du tribunal de première instance de Djibouti pour le même motif, avant de ressortir libre de l’entretien.

24/06/11 (B609) RSF / Les six collaborateurs de La Voix de Djibouti libérés après plus de quatre mois derrière les barreaux

Reporters sans frontières apprend avec soulagement que les six collaborateurs de La Voix de Djibouti, Farah Abadid Hildid, Houssein Ahmed Farah, Houssein Robleh Dabar, Abdillahi Aden Ali, Moustapha Abdourahman Houssein, Mohamed Ibrahim Waïss, sont sortis de la prison centrale de Gabode le 23 juin 2011 en début de soirée.

Après plus de quatre mois d’emprisonnement et plusieurs recours devant la Cour suprême de Djibouti, les collaborateurs des médias bénéficieraient d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire, ordonnée par la chambre d’accusation de la Cour d’appel le 22 juin.

12/06/11 (B608) RSF / Alerte / Reporters sans frontières (http:www.rsf.org) – Six collaborateurs d’un média indépendant détenus depuis 4 mois dans les geôles de la prison de Gabode, à Djibouti

Reporters sans frontières apprend que six militants de l’opposition et collaborateurs de La Voix de Djibouti, une radio d’opposition émettant en ondes courtes depuis l’Europe, sont détenus sans avoir été jugés à la prison centrale de Gabode, à Djibouti, depuis maintenant 4 mois.

Les correspondants Farah Abadid Hildid et Houssein Ahmed Farah et les informateurs Houssein Robleh Dabar, Abdillahi Aden Ali, Moustapha Abdourahman Houssein, Mohamed Ibrahim Waïss, tous affiliés aux partis de l’opposition, ont été placés sous mandat de dépôt le 9 février, pour "participation à un mouvement insurrectionnel."

Durant les 4 jours de garde-à-vue préalables à son transfert en prison, le 9 février, Farah Abadid Hildid aurait même été torturé par la gendarmerie djiboutienne.

"Les collaborateurs et sources d’information de La Voix de Djibouti, sont victimes d’une opération organisée par le gouvernement visant à asphyxier l’opposition. Après avoir interdit, en 2007, le Renouveau, hebdomadaire soutenant le parti Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement (MRD), les autorités djiboutiennes ont imposé un véritable silence médiatique sur les mouvements de contestation de février. Elles s’en prennent aux dernières personnes susceptibles de relayer l’information" a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire-général de l’organisation.

"La situation de la liberté de la presse est un problème épineux pour le gouvernement d’Ismael Omar Guelleh, qui, au mépris des lois et de la démocratie, a choisi d’y répondre en supprimant et en censurant des médias indépendants," a ajouté le secrétaire-général de l’organisation.

Les six collaborateurs pour La Voix de Djibouti, ont présenté devant la chambre d’accusation de la Cour d’appel et devant la Cour suprême une demande de libération provisoire, qui a été refusée à chaque fois. Un recours a été introduit auprès de la Cour suprême, qui devrait donner son verdict le 12 juin.

Sur ordre du Ministère public, la gendarmerie a arrêté les anciens journalistes du Renouveau, Farah Abadid Hildid, le 5 février 2011 et Houssein Ahmed Farah le 8 février. Ils ont été entendu par la juge d’instruction lors d’un interrogatoire de première comparution le 9 février et transférés à la prison de Gabode, à Djibouti.

Selon l’avocat de la défense, le chef d’accusation, "participation à un mouvement insurrectionnel", pourrait entrainer une peine de 15 ans de prison, en vertu des articles 145 et 146 du Code Pénal djiboutien. La juge d’instruction n’aurait pas mené d’enquête ni fourni de preuves incriminant les militants dans la participation aux manifestations.

Le gouvernement détient le monopole de l’information et les autorités se montrent hostiles contre les journalistes étrangers. Afin de contourner la censure et le bannissement des radios indépendantes sur les ondes FM, La Voix de Djibouti utilise des ondes courtes (21525 khz), les seules permettant de passer son émission hebdomadaire d’une heure, émise en plusieurs langues. Si la BBC et VOA sont toujours diffusés sur les ondes FM, l’émetteur FM de la RFI est coupé depuis 2005.

30/03/11 (B597) Nouvelles de Somalie / RSF / Le Shabelle Media Network victime d’un chantage honteux du ministre de l’Intérieur

Le ministre somalien de l’Intérieur, Abdishakur Sheikh Hassan, exige que le Shabelle Media Network présente des excuses publiques suite à la diffusion, le 22 mars dernier, d’un reportage remettant en cause les compétences du président du gouvernement de transition, Sheik Sharif Sheik Ahmed. Ces excuses sont posées comme condition de la libération des deux journalistes de Radio Shabelle arrêtés depuis 48 heures.

Reporters sans frontières est choquée par ce chantage honteux et inacceptable. Non seulement il illustre la susceptibilité du gouvernement de transition et son intolérance face aux critiques, mais il traduit sa volonté de contrôler de façon indirecte le contenu éditorial de médias indépendants. Les deux journalistes de Radio Shabelle ne sont pas une monnaie d’échange et doivent être immédiatement relâchés.

Le 27 mars 2011, Abdirashid Omar Qase, directeur de Radio Shabelle, et Abdi Mohamed Ismail, rédacteur en chef de la station, ont été arrêtés par la National Security Agency (NSA). Plus d’informations : http://fr.rsf.org/somalie-les-journalistes-cibles-du-28-03-2011,39895.html

La détention des deux journalistes a suscité de nombreuses réactions de protestation. Parmi elles, l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), organisation partenaire de Reporters sans frontières en Somalie, a demandé la libération immédiate des deux responsables de Radio Shabelle et a appelé le gouvernement fédéral de transition à respecter la liberté d’expression et les médias indépendants.

Reconnue pour son professionnalisme et saluée pour son courage, Radio Shabelle a toujours gardé une ligne éditoriale indépendante, malgré les pressions du gouvernement ou des milices islamistes. La radio, qui a vu cinq de ses journalistes assassinés depuis 2007, dont deux directeurs, a remporté le Prix Reporters sans frontières – FNAC de la liberté de la presse en 2010.

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Ambroise PIERRE
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10/12/10 (B581) RSF – > SOMALIE : Le Prix 2010 de la liberté de la presse décerné à Radio Shabelle

Reporters sans frontières, en partenariat avec la Fnac, est heureuse de décerner son prix 2010 de la liberté de la presse à deux symboles de courage, le journaliste iranien Abdolreza Tajik et le média somalien, Radio Shabelle.

"Nous honorons cette année un journaliste courageux, Abdolreza Tajik, et un média meurtri, Radio Shabelle. Ces lauréats travaillent dans deux pays, l’Iran et la Somalie, où informer est un combat", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Jean-Christophe Rufin, écrivain, ex-ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie, est venu remettre le prix du média de l’année à Radio Shabelle. Il a salué le travail des correspondants locaux de Reporters sans frontières et plus largement celui des journalistes, sur le terrain, dans les zones difficiles.

Ali Abdi, directeur des relations internationales du Shabelle Media Network, a déclaré avec émotion : "C’est un immense honneur de recevoir ce prix. Il récompense notre travail mais également le courage de tous les journalistes somaliens et de la société civile somalienne. Dans notre pays où règne le chaos et où les milices islamistes armées veulent nous faire taire, notre travail d’information ne se fait pas sans risques. En trois ans, cinq de nos journalistes ont été tués, dont deux directeurs, et près d’une centaine ont dû fuir le pays pour des questions de sécurité. Mais nous ne nous laisserons pas intimider. Nous sommes déterminés à continuer notre combat pour l’information indépendante et le respect des droits de l’homme".

Radio Shabelle a été récompensée dans la catégorie "Média de l’année". Station privée la plus réputée de Somalie, Radio Shabelle est aussi la plus exposée. Victime de pressions permanentes de la part des milices islamistes radicales qui affrontent le gouvernement de transition, mais touchée aussi parfois par les balles des soldats progouvernementaux lors des nombreux combats, la radio s’efforce de survivre dans le chaos. En 2009, quatre de ses journalistes ont été tués, dont le directeur, Mukhtar Mohamed Hirabe, abattu de quatre balles dans la tête, à Mogadiscio, alors qu’il se rendait au travail. A l’été 2010, la radio a été contrainte de cesser la diffusion du talk-show "Tartan Aqooneedka Shabelle", en raison de menaces. 

Cette année, près d’une dizaine de radios somaliennes sont passées sous le contrôle des combattants islamistes qui les utilisent désormais pour diffuser leur propagande politique et religieuse. Mais Radio Shabelle a pour l’instant échappé à ce sort. La radio résiste. Considérée par les milices islamistes Al-Shabaab et Hizb-Al-Islam comme servant les intérêts des "Croisés" parce qu’elle couvre l’actualité somalienne de façon indépendante et refuse de leur servir de porte-voix, Radio Shabelle est la cible numéro un de ces taliban africains, prêts à tout pour faire taire les journalistes.

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Animée par la journaliste Elizabeth Tchoungui, la 19e cérémonie du prix de la liberté de la presse s’est tenue au Centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE), à Paris, le jeudi 9 décembre 2010.

"La liberté d’informer et le droit des citoyens à être informés sont plus que jamais menacés. Protéger et promouvoir la liberté de la presse, comme défendre celle des femmes, contribue à faire avancer les libertés de toute une société", a tenu à rappeler Gisèle Halimi, avocate, ancienne ambassadrice de France à l’UNESCO, ancienne députée à l’Assemblée nationale, invitée à remettre le prix du journaliste de l’année.

Incarcéré pour la troisième fois le 12 juin 2010, Abdolreza Tajik est toujours en prison. Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix et présidente du Cercle des défenseurs des droits de l’homme, est venue recevoir le prix en son nom. "Je regrette qu’Abdolreza ne soit pas là en personne pour recevoir ce prix. Son seul crime est celui d’écrire, et d’écrire la vérité. Pour cela, il est détenu à l’isolement, dans la prison d’Evin, sans que son avocat ne puisse le voir ni avoir accès à son dossier. Abdolreza est un symbole de résistance en Iran et il n’est pas le seul. J’espère qu’il sera ici l’année prochaine pour faire votre connaissance", a déclaré Shirin Ebadi en remerciant tous ceux qui soutiennent la liberté d’expression en Iran.

L’Iranien Abdolreza Tajik a été consacré « Journaliste de l’année 2010 » pour la qualité de son travail et son engagement pour la défense de la liberté de la presse en Iran. Journaliste et membre du Cercle des défenseurs des droits de l’homme, ce fervent militant de la liberté d’expression a travaillé comme responsable des pages politiques dans la plupart des journaux suspendus par les autorités, tels que Fateh (suspendu en 2000), Bahar (suspendu en 2001), Bonyan (suspendu en 2002), Hambastegi (suspendu en 2003) et Shargh (suspendu en 2008). Dans ses articles, il dénonçait les atteintes à la liberté d’expression et les arrestations arbitraires de journalistes.

Depuis 1992, le prix Reporters sans frontières honore le travail d’un journaliste et d’un média, ayant contribué de manière notable à la défense ou à la promotion de la liberté de la presse dans n’importe quelle région du monde. Il est décerné par un jury international composé de professionnels des médias et de défenseurs des droits de l’homme.

La Fnac est partenaire du prix de la liberté de la presse. "La Fnac s’imagine et se pose comme un véritable acteur, un média à part entière et entend jouer un rôle dans la société aux côtés d’ONG comme Reporters sans frontières, précise Isabelle Saviane, membre du comité exécutif de la Fnac. L’engagement de la Fnac fait intégralement partie de son ADN et donc de son modèle économique. Nous allons d’ailleurs en 2011 proposer à Reporters sans frontières de nouvelles actions communes." 

Ambroise PIERRE
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09/11/10 (B577) Puntland – Un journaliste libéré après 86 jours de détention (1 article)

_______________________ 1 – APO avec RSF

Somalie / Un journaliste du Puntland libéré après 86 jours de détention

Reporters sans frontières se réjouit de la libération du journaliste Abdifatah Jama Mire, directeur de la radio Horseed Media FM. Condamné à 6 ans de prison pour avoir diffusé un entretien avec un chef rebelle lié à Al-Qaida, il a été libéré le 8 novembre, après 86 jours de détention. Le journaliste a bénéficié d’une mesure de pardon de la part du président du Puntland, Abdirahman Mohamed Farole.

Reporters sans frontières déplore cependant que les journalistes au Puntland soient confrontés à de telles situations. La détention de Abdifatah Jama Mire et sa condamnation initiale à 6 ans de prison étaient iniques et contraires à la liberté de la presse. L’arrestation du journaliste a servi d’exemple et avait pour but d’amener la profession à s’autocensurer et de faire le jeu du pouvoir. Il est inadmissible que de telles mesures d’intimidation pèsent sur les professionnels de l’information.

22/10/10 (B574) Erythrée / RSF / Le frère de Dawit Isaac et Reporters sans frontières pressent la Suède et l’Union européenne d’agir pour faire libérer le journaliste emprisonné.

Le 18 octobre 2010, à Stockholm, et le 19 octobre, à Strasbourg, Esayas Isaac et la section suédoise de Reporters sans frontières interpellent le gouvernement suédois et les autorités européennes sur l’obligation juridique issue du droit international qui les contraint à tout faire pour garantir la protection du journaliste Dawit Isaac, emprisonné depuis neuf ans en Erythrée. Citoyen doté de la double nationalité suédoise et érythréenne, en cela ressortissant européen, l’ancien journaliste du quotidien disparu Setit est un prisonnier d’opinion.

Candidat finaliste pour l’obtention du prix Sakharov en 2009, le journaliste pourrait à nouveau faire partie de la liste des nominés 2010, qui doit être rendue publique ce 18 octobre.

"L’avis juridique démontre que la Suède et l’Union européenne sont obligées d’utiliser tous les moyens possibles pour aider leur ressortissant, Dawit Isaac. C’est un moment crucial", a déclaré Esayas Isaac, le frère du journaliste.

"Depuis des années, nous dénonçons la cruauté des autorités érythréennes vis-à-vis des journalistes emprisonnés et nous appelons l’Union européenne à réagir. Depuis des années, nous demandons à Bruxelles de s’opposer à la politique répressive d’Asmara en étant plus ferme sur le plan diplomatique et en conditionnant son aide en matière de coopération. La mobilisation en faveur de Dawit Isaac prend désormais une nouvelle dimension puisqu’elle a lieu également sur le terrain juridique", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

"La Suède doit se demander quels sont les moyens les plus appropriés pour protéger Dawit Isaac et le faire enfin libérer. Effectuer une visite d’État en Erythrée ? Ouvrir une ambassade permanente à Asmara dont le mandat principal serait de défendre la cause du journaliste ? Appliquer enfin les sanctions imposées sur ce pays par les Nations unies et cesser d’accueillir de hauts responsables érythréens comme Yemane Ghebreab l’été dernier ?", a ajouté Jean-François Julliard.

A la demande d’Esayas Isaac, de la section suédoise de Reporters sans frontières, mais aussi de l’Union des écrivains suédois, de l’Association suédoise des éditeurs de magazines, du PEN suédois, du Club national de la presse suédois, et du Comité Free Dawit, deux avocats suédois, Me Percy Bratt et Me Olle Asplund, ont établi une note juridique démontrant que la Suède et l’Union européenne ont "l’obligation positive" d’agir en faveur de Dawit Isaac. En se basant notamment sur le principe de droit international coutumier de la protection diplomatique (jus protectionis) et sur les articles 2, 3, 6 et 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales (droit à la vie, interdiction de la torture, droit au procès équitable et droit à la liberté d’expression), ils prouvent que la Suède et l’UE sont contraintes d’agir par tous les moyens pacifiques possibles pour le défendre.

Le 18 octobre, à 10 heures, les résultats de ce travail sont présentés au cours d’une conférence de presse au cabinet Bratt&Feinsilber, à Stockholm. Immédiatement après, Esayas Isaac et Reporters sans frontières se rendront au ministère suédois des Affaires étrangères pour déposer leur avis juridique, accompagné d’une lettre adressée au ministre Carl Bildt.

Le lendemain, à Strasbourg, Esayas Isaac et la section suédoise de Reporters sans frontières, accompagnés par un groupe de parlementaires européens mené notamment par les députés suédois Olle Schmidt et Eva-Britt Svensson, présenteront cette note juridique au commissaire européen Andris Piebalgs, ainsi qu’au président du Parlement européen, Jerzy Buzek. Ils donneront ensuite une conférence de presse au Press Bar du Parlement européen, à 17 heures 30, pour présenter leur démarche et rendre compte du retour que leur auront fait les autorités européennes.

Emprisonné en Erythrée depuis le 23 septembre 2001, Dawit Isaac est détenu au secret, sans avoir jamais eu droit à un procès, et alors que son état de santé est très inquiétant. Les autorités d’Asmara, qui refusent de reconnaître la nationalité suédoise du journaliste, ne laissent filtrer aucune information sur sa situation.

En dépit de récentes révélations de plusieurs sources érythréennes faisant état du transfert de Dawit Isaac au bagne d’Eiraeiro, il est à ce jour impossible de savoir avec certitude où le journaliste est détenu.

Plus d’informations sur Dawit Isaac et la trentaine de journalistes emprisonnés en Erythrée : http://fr.rsf.org/erythree-neuf-ans-apres-les-rafles-de-17-09-2010,38395.html

Signez la pétition pour la libération des journalistes emprisonnés en Erythrée : http://fr.rsf.org/petition-pour-la-liberation-des-journalistes-emprisonnes,37550.html


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