10/02/09 (B485) RTL INFO / Ogaden: l’Ethiopie coupable de crimes de guerre selon Human Rights Watch

L’armée éthiopienne a eu massivement recours aux « exécutions, au viol et à la torture contre les civils » dans sa lutte contre la rébellion de l’Ogaden, a dénoncé jeudi Human Rights Watch, accusant les principaux bailleurs de l’Ethiopie de « passer ces crimes sous silence ».

« Cette violence généralisée et cette campagne de lutte brutale qui constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, ont contribué à l’émergence d’une crise humanitaire, menaçant la survie de milliers de nomades de l’ethnie Somali », dénonce HRW dans un rapport rendu public à Nairobi.

L’organisation de défense des droits de l’Homme accuse l’armée éthiopienne d’avoir « exécuté au moins 150 civils, parfois en public », d’avoir détruit « des dizaines de villages », d’avoir détenu arbitrairement « des centaines de civils » soumis notamment au viol et à la torture.

Il s’agit du premier rapport d’envergure publié sur les violations perpétrées dans l’Ogaden depuis le lancement en mai 2007 d’une vaste opération de l’armée éthiopienne contre le Front national de libération de l’Ogaden (ONLF), créé en 1984 et qui réclame l’autonomie de cette région, frontalière de la Somalie, et riche en ressources naturelles. (GFR)

28/10/07 (B419) RTL Info :Civils en fuite, combats, manifestations: Mogadiscio s’enfonce dans le chaos

La capitale somalienne Mogadiscio était en proie au chaos dimanche, ravagée par de nouveaux combats qui poussaient les civils à prendre la fuite, tandis que des centaines de manifestants ont défilé contre la présence éthiopienne en Somalie.

Les forces gouvernementales somaliennes et les insurgés islamistes s’affrontaient en plein jour dans le sud de la ville, pour la deuxième journée consécutive, ont indiqué des témoins.

« Je vois des insurgés qui scandent « Allahu Akbar (Dieu est grand), ils sont accroupis juste devant ma porte, et des forces somaliennes dans des blindés qui ouvrent le feu », a décrit à l’AFP Anab Ali, un habitant du quartier de Hodan, dans le sud de la capitale.

La veille, six civils avaient été tués dans des combats opposant les islamistes aux forces somaliennes et éthiopiennes.

Terrorisés par cette nouvelle éruption de violence, des centaines de civils tentaient de prendre la fuite, chargeant leurs affaires dans des pick-up ou à dos d’âne.

« Personne ne peut supporter ce qui ce passe à Mogadiscio, cette violence sans interruption, qui fait des centaines de morts chaque semaine », a déclaré à l’AFP Abdurahman Nure, un habitant du sud de la ville, qui s’enfuyait avec ses enfants à bord d’un véhicule Land Cruiser.

Depuis la chute au début de l’année des tribunaux islamiques, chassés des régions qu’ils contrôlaient par les forces gouvernementales appuyées par l’armée éthiopienne, la violence est allée en s’accroissant dans la capitale somalienne. Les civils sont les principales victimes.

« Les insurgés (notamment des islamistes, NDLR) attaquent le gouvernement et les forces éthiopiennes presque chaque jour désormais », a expliqué Fartun Adan Mohamed, une mère de trois enfants, qui tentait elle aussi de quitter la ville.

« A chaque fois, nous, les civils, sommes la cible de l’armée éthiopienne et des forces somaliennes, et fuir est notre seule option », a-t-elle ajouté.

La violence, qui se déroulait principalement la nuit jusqu’à récemment, se déchaîne aussi de jour désormais, rendant certains quartiers de la capitale invivables.

Un journaliste de l’AFP a constaté que des centaines de civils quittaient dimanche les zones d’Ali Kamin et de Hamar-Jadid, dans le sud de Mogadiscio.

Dans ce contexte, des centaines de personnes ont commencé à défiler dimanche pour protester contre la présence éthiopienne.

Portant des bâtons et scandant « Allahu Akbar » (Dieu est grand), la foule s’est dirigée à partir du sud de la capitale somalienne vers le quartier d’Ali Kamin et du quartier du stade situé près d’une base de l’armée éthiopienne.

« A bas l’Ethiopie! A bas le gouvernement somalien! », criait un manifestant, Abdi Adan Somane. « Nous n’avons pas besoin d’eux ici. L’Ethiopie doit partir ou sa présence entraînera un bain de sang », a ajouté ce manifestant.

« Il s’agit d’un soulèvement contre les colonialistes éthiopiens et ses laquais », a lancé un autre manifestant qui souhaite rester anonyme. « Nous continuerons jour après jour, jusqu’à ce qu’ils quittent le pays. Nous n’avons pas besoin d’eux ».

Côté politique, le gouvernement de transition somalien, déjà très affaibli, semblait sur le point de se désintégrer.

A Baïdoa, à 250 km au nord ouest de Mogadiscio, le président Abdullahi Youssouf Ahmed exhortait les députés à limoger le Premier ministre Ali Mohamed Gedi, avec qui il est en conflit.

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique, est ravagée par une guerre civile depuis 1991.