29/05/07 (B397) SURVIE / Bulletin d’Afrique B 359 – A lire sous la plume de Jean-Loup Schaal : Rebondissements dans l’affaire de l’assassinat du Juge Borrel.

Avec
les perquisitions dans les ministères des Affaires étrangères
et de la Justice, l’instruction se rapproche du pouvoir, mais se fait
interdire l’entrée de la cellule Afrique de l’Elysée.

Que cherchaient les deux juges à la veille de l’élection
présidentielle ?

Tout changement de locataire d’un palais national entraîne la
destruction de documents et d’archives « secrètes ».
Le départ de Jacques Chirac ne devrait pas faire entorse aux mauvaises
habitudes politiques. Il y avait donc urgence à récupérer
des documents avant leur destruction. On croit savoir que les juges cherchaient
des preuves de la pression (chantage ?) qui aurait été exercée
par Djibouti sur la France pour obtenir la copie du dossier d’instruction,
afin de pouvoir prendre la justice française de vitesse en organisant
un procès éclair à Djibouti.

Panique à
l’Elysée

Lors de la 3ème perquisition, le 3 mai, les juges se sont cassé
les dents aux portes de l’Elysée. Pourtant elles possédaient
un mandat de perquisition en bonne et due forme. Elles ont déclenché
une véritable panique. Il leur a été d’abord opposé
que l’Elysée est une enceinte militaire. C’est
sur le couvercle d’une poubelle qu’elles ont donc immédiatement
requis l’autorité du gouverneur militaire de Paris, en application
des procédures en vigueur.

L’Elysée a trouvé la parade en invoquant le nouvel article
67 de la constitution sur l’immunité du Chef de l’Etat.
Les gendarmes de garde ont aussitôt refoulé les deux juges en
les bousculant jusqu’au trottoir mettant ainsi fin à la tentative
de perquisition. Une perquisition avortée qui visait le bureau de Michel
de Bonnecorse, patron de la trop fameuse cellule « Afrique » de
l’Elysée, dont de nombreux observateurs, Survie en particulier,
demande la suppression immédiate.

Dans un communiqué, Survie et l’ARDHD ont d’ailleurs dénoncé
l’opacité du financement, des méthodes et des objectifs
de cette cellule. Elles réclament aussi le transfert des dossiers aux
Archives nationales.

Dix jours plus tard, on apprenait qu’un nouveau témoin
était incarcéré (fort opportunément ?) à
Djibouti dans l’indifférence de la diplomatie française.
Ce ressortissant français, ancien gendarme, affirme détenir
des informations sur l’assassinat du juge Borrel.

En février déjà, les observateurs avaient été
alertés sur le cas de Christian Georges qui avait réussi à
s’enfuir de Djibouti. Il avait déjà été
arrêté pour « espionnage » puis relâché,
placé sous contrôle judiciaire avec confiscation de son passeport.
Interpellé par la suite pour attentat à la pudeur puis remis
en liberté sous contrôle judiciaire avec demande de versement
d’une caution, Christian Georges a alors pris la fuite début janvier
au Yémen où il a été interpellé pour entrée
irrégulière sur le territoire.

Bien qu’il soit difficile de confirmer ou d’infirmer les charges
qui pèsent sur lui, on ne peut que s’étonner de plusieurs
points :

  • Avant sa première incarcération
    à Djibouti, Christian Georges avait envoyé à sa famille
    des SMS codés pour qu’elle conserve des informations sur
    l’assassinat du juge Borrel. Des informations obtenues auprès
    de plusieurs personnalités djiboutiennes.
  • Lorsqu’il était au Yémen,
    déjà gravement malade, les autorités diplomatiques
    françaises ne lui auraient pas porté assistance. Il
    semblerait même que c’est le réseau diplomatique français
    qui aurait, via l’Ambassadeur de France en poste à Djibouti,
    informé Omar Guelleh, le président djiboutien de la présence
    de Christian Georges au Yémen. Djibouti a lancé immédiatement
    un mandat d’arrêt international pour le récupérer.
  • Les Yéménites sont entrés
    en contact avec la France pour demander la position à son sujet.
    Elles ont fait traîner au maximum
    l’extradition attendant un geste de la France en sa faveur.

    Finalement après plusieurs semaines de silence français
    sur ce point, elles auraient été finalement contraintes
    de livrer Christian Georges aux djiboutiens qui l’ont placé
    au secret dans la sinistre cellule 12 de la Prison de Gabode, alors qu’il
    aurait besoin de soins urgents, pour dit-on, une tumeur au cerveau.

Il ne serait donc pas surprenant, si son
état de santé était confirmé, qu’il ne perde
la vie, faute de soins, dans l’univers carcéral de Djibouti.

Des raisons inavouables ?

Quand on ferme les portes de sa maison à la Justice, c’est
que l’on a quelque chose à lui cacher.

En interdisant l’accès de la cellule Afrique de l’Elysée,
retranché derrière une interprétation extensive et hautement
contestable de l’Article 67, Jacques Chirac avait-il quelque chose à
cacher sur l’assassinat du juge Borrel et les relations franco-djiboutiennes
? Le régime d’Omar Guelleh aurait-il menacé de rendre
public certaines informations « dérangeantes » comme, par
exemple, le transfert d’uranium vers des pays sous embargo, les véritables
coupables de l’attentat du café de Paris ?

Quelles sont donc les informations sensibles que le gouvernement français
n’aimerait pas voir rendre public au point de négliger l’assistance
à un compatriote en difficulté à l’étranger
? Rappelons que c’est une des missions prioritaires des autorités
diplomatiques. Quant aux charges pénales contre Christian Georges,
on peut douter de leur sérieux tant la justice djiboutienne a l’habitude
d’inventer des charges « bidons ». Jean-Paul Noël Abdi,
le président de la ligue des droits de l’homme de Djibouti (LDDH)
en avait été la victime, il y a un mois (Billet d’Afrique
N° 157). La diplomatie française ne peut l’ignorer, à
moins que ça ne l’arrange…

Jean-Loup Schaal

Annexe 1 : Les
origines de l’affaire Borel.

Le Juge Bernard Borrel, fonctionnaire en mission de coopération auprès
du Ministre djiboutien de la Justice, a été trouvé mort
à Djibouti, en Octobre 1995 en contrebas d’un éboulis.

Dès les premières heures de la découverte, les autorités
françaises et djiboutiennes ont déclaré qu’il s’agissait
d’un suicide « en accord avec Paris ? ». C’est toujours
la thèse officielle d’Etat.

Plusieurs juges d’instruction se sont succédé sur le dossier.
Aujourd’hui, c’est Sophie Clément qui en a la charge et
elle instruit, avec impartialité, le dossier pour assassinat. Cette
différence de point de vue avec celle des plus hautes autorités
politiques françaises et djiboutiennes explique certainement le nombre
impressionnant d’obstacles qu’on lui oppose à chaque fois
que son instruction fait un progrès. Néanmoins, elle a réussi
à délivrer des mandats d’arrêt contre deux des auteurs
possibles de l’assassinat : Awalleh Guelleh (introuvable ?) et Hamouda
Hassan Adouani (Tunisien, condamné à Djibouti pour l’Attentat
du Café de Paris et libéré par une Grâce présidentielle.
Il est retourné depuis dans son pays,)

Annexe 2
: Les instructions parallèles à l’affaire Borrel

Les obstacles dressés par le Gouvernement français ont suscité
plusieurs plaintes, qui sont en cours d’instruction ou en délibéré

1 – A Versailles,
une plainte pour tentative de subornation de témoins a été
déposée par deux témoins djiboutiens exilés
à Bruxelles : Mohamed Saleh Alhoumekani et Ali Iftin. Elle vise l’un
des deux premiers magistrats intervenus sur l’affaire : Marie-Paule
Moracchini (dont les conclusions dans d’autres affaires de l’époque
sont controversées), Hassan Saïd, le chef des Services secrets
djiboutiens, Djama Souleiman, le Procureur général djiboutien
et Me A. Martinet, un avocat français établi à Djibouti,
au service de la Présidence djiboutienne.

Les quatre personnes ont été convoquées par la Justice
: comme les deux djiboutiens ont refusé de se présenter, un
mandat d’arrêt international a été lancé
contre eux.

2 – A Lille, une
plainte en diffamation a été déposée par Marie-Paule
Moracchini contre l’ancienne Présidente du Syndicat de la Magistrature,
Anne Crenier, qui a toujours soutenu le combat de la veuve du juge, Elisabeth
Borrel. Madame Moracchini a affirmé au cours de l’audience
qu’elle croyait toujours à la thèse du suicide et que
sa conviction avait été confortée lors de la première
reconstitution : « je l’ai vu, c’est un lieu où
l’on se suicide ! » Le délibéré sera rendu
le 27 juin.

3 – A Paris, une
plainte pour tentative de pression sur la Justice a été déposée
par Mme Borrel contre Hervé Ladsous, ancien porte-parole du Quai
d’Orsay.

Dans cette affaire dans l’affaire, les juges enquêtent sur le processus
de décision ayant mené début 2005 à une déclaration
officielle du Quai d’Orsay, assurant qu’une copie du dossier d’instruction
relatif au décès du juge Borrel serait «prochainement
transmise à la justice djiboutienne» qui en avait fait la demande.

Or, ce communiqué intervenait avant que la juge Sophie Clément,
en charge de l’enquête et donc seule habilitée à transmettre
son dossier, ne se prononce. Quelques jours plus tard, elle s’y était
d’ailleurs opposée, à juste titre, car cela aurait abouti
à l’enterrement de l’affaire Borrel.

L’instruction a été confiée aux Juges Fabienne
Pous et Michèle Ganascia. Elles ont perquisitionné le 20 avril
au Ministère des Affaires étrangères et le 21 au Ministère
de la Justice. Elles auraient saisi de nombreux documents et supports informatiques.
Il est à noter que la Gendarmerie a refusé d’assister
les juges, comme cela est de son devoir.

29/05/07 (B397) SURVIE / Bulletin d’Afrique B 359 – A lire sous la plume de Jean-Loup Schaal : Somalie / La bataille de Mogadiscio.

Un
désastre humanitaire considérable et des rumeurs de génocide
dans le Sud du pays, couvertes par un profond silence.

Après
la prise quasi-totale de la Somalie par les forces des tribunaux islamiques
cet été, l’Armée éthiopienne, soutenue en
sous-main par les Américains, avait pénétré en
décembre 2006 sur le territoire somalien. Elle avait ensuite investi
Mogadiscio pour permettre la réinstallation du Président du
Gouvernement Fédéral de Transition (GFT).

Faisant face à
de nombreux attentats meurtriers à Mogadiscio et à des attaques
contre l’aéroport (deux avions de transport des troupes ougandaises
abattus), les forces éthiopiennes ont décidé de prendre
les choses en main. Le 21 mars, elles ont lancé une grande offensive
dans les rues de la capitale. Très vite, après avoir perdu un
hélicoptère touché par une roquette, elles ont privilégié
les moyens terrestres.

Les combats se sont achevés le 27 avril
2007, les forces armées éthiopiennes ayant réussi à
faire taire les derniers îlots de résistance. Mais ont-elles
gagné la guerre ?

Probablement pas encore. Il semble que de
nombreux islamistes aient réussi à s’enfuir ou à
se cacher et qu’ils soient en mesure de reconstituer leurs forces pour
lancer des opérations de guérilla et des attaques suicides.
On signale d’ailleurs depuis plusieurs jours des attentats à
Mogadiscio. Notamment ces deux bombes qui ont explosé au passage de
John Holmes, responsable des actions humaines de l’ONU, en visite officielle
le 12 mai. Il aurait repris aussitôt, l’avion de retour vers des
zones plus calmes, tout en se déclarant choqué des constatations
qu’il avait effectuées sur place …

Un
désastre humanitaire de grande ampleur

Outre les milliers de civils
qui ont perdu la vie ou qui ont été blessés gravement
et que les hôpitaux surchargés (parfois visés par les
troupes éthiopiennes) ne peuvent plus accueillir, la bataille de Mogadiscio
a provoqué la fuite d’environ 400.000 personnes.

Lâchés sur les routes, sans abri, ni subsistances, ces habitants
se sont éparpillés dans le pays, en proie aux pillards, aux
maladies (une épidémie de choléra en particulier se développe
dans le pays). Plusieurs organisations internationales ont été
freinées dans leur action, par la guerre mais aussi par le refus tatillon
des douanes aux ordres du GFT.

Selon des informations crédibles, ce serait une véritable
chasse à l’homme, non couverte par les médias, qui se
déroulerait dans le Sud.
L’ONU et le HCR n’en
font pas état et pourtant elles ne peuvent ignorer les faits gravissimes
qui s’y déroulent. Le représentant de la Ligue des Droits
Humains à Djibouti (LDDH), pourtant mesuré, parle d’un
nouvel Darfour dans un communiqué. Mais chut, c’est secret international
!!!

En parallèle de nombreux somaliens ont tenté de gagner les côtes
du Yémen, via des passeurs « pirates » qui n’hésitent
pas à jeter par-dessus bord dans une mer infestée de requins,
les passagers qui ont acquitté le prix exorbitant du transfert maritime.
Ceux qui réussissent à rejoindre la côte yéménite
ne sont pas au bout de leur peine. Avant de gagner des campements de fortune
où ils sont parqués (avec un « petit » minimum d’assistance
délivrés par les organisations internationales, dont les moyens
financiers ont été récemment réduits), ils doivent
affronter l’avidité et les fantasmes des policiers et des militaires
qui patrouillent.

Certains hommes doivent tout donner, y compris
leurs vêtements et les femmes sont fréquemment violées


Malgré le désastre, le Gouvernement Fédéral de
Transition parle d’une ville de Mogadiscio renaissante. Pourtant seules
4.000 personnes sur 400.000 déplacées seraient retournées
en ville, où les bulldozers éthiopiens rasent toutes les échoppes
et les maisons des quartiers populaires. Les correspondants de presse parlent
plutôt d’une ville « en pleine destruction » : un
film d’horreur, dénonce un civil, interrogé par la BBC.

La
force multinationale de la Paix tarde à se mettre en place.

Sur les
8.000 hommes promis par plusieurs pays africains, seuls 1.600 ougandais sont
arrivés sur place pour être les spectateurs de l’offensive
éthiopienne. Que peuvent-ils faire ? Observer et éviter d’être
pris pour cible. Ce qui pourtant est arrivé : l’Ouganda a perdu
plusieurs hommes depuis les débuts de son intervention au titre de
l’AMISOM.

Une situation qui n’incite pas les autres
pays contributeurs à envoyer des troupes.

D’autant que les risques d’attentats sont très élevés
: les tribunaux islamiques ayant lancé un appel à la guerre
sainte contre l’Ethiopie. Dans ce contexte, on comprend qu’ils
ne souhaitent pas s’engager dans le bourbier somalien.

Dans ces conditions, comment assurer le remplacement des forces éthiopiennes
?

La réponse de l’Union Africaine est claire : il est préférable
qu’elles restent sur place. C’est un moindre mal ! Faute de mieux.

Pendant ce temps, Méles Zenawi, le Premier Ministre éthiopien
multiplie les déclarations pour assurer sa promotion : « La guerre
coûte fort cher, mais nous assumons cette charge sur notre propre budget
». Puis perdant son sang-froid, il présente des chiffres
« à la baisse », minimisant de façon exagérée
le nombre de victimes et de personnes déplacées

Les
responsabilités de cette catastrophe ?

La
présence américaine dans la région et sa volonté
d’implication sont en partie à l’origine de ce nouveau
conflit.
Une tragédie humanitaire dont on ne mesure
pas encore toute l’ampleur, des zones entières étant encore
inaccessibles. C’est le cas dans le Sud du pays à la frontière
avec le Kenya qui a adopté une ligne pro-américaine sans concession.

L’aggravation de la situation somalienne (le pays vivait alors dans
un relatif équilibre sous la loi des chefs de guerre, ce qui n’était
déjà pas l’idéal !) remonte à l’intervention
américaine en février 2006, lorsque ces derniers ont financé
les chefs de guerre pour qu’ils traquent les islamistes. Rapidement
vaincus par les tribunaux militaires, les chefs de guerre et leurs milices
ont du leur céder le pouvoir dans tout le pays (à l’exception
de la minuscule enclave de Baïdoa où le Président du GFT,
son Gouvernement et l’Assemblée nationale s’étaient
repliés).

Pour tenter de régler le problème, les Américains
ont alors poussé l’Ethiopie à s’engager puis à
réaliser le nettoyage de Mogadiscio.

Au bout du compte, c’est le chaos le plus total qui menace la Somalie.
Qu’en serait-il si les Ethiopiens se retiraient ? Tous les coups seraient
alors permis : sans autorité, plus de loi. Les chefs de guerre reprendraient
probablement le contrôle de la ville de Mogadiscio qui regorge d’armes.

On peut craindre, dans les prochaines semaines, une multiplication
des attentats à Mogadiscio.

Pour l’heure, le GFT n’a pas la crédibilité ni l’autorité
nécessaires pour imposer la sécurité et la paix. Le risque
est de revenir à la case départ, avec un rétablissement
du système de l’autorité des chefs de guerre.

C’est la population civile qui aura,
au final, payé un tribut exorbitant.

23/03/07 (B388-A) La banalisation des violations des D.H. par le régime de Guelleh et l’abus de l’utilisation de Gabode comme outil pour empêcher les informations de trop s’ébruiter, conduisent-ils à l’indifférence relative d’un grand nombre de Djiboutiens ? (Jean-Loup Schaal)

Nombreuses
sont les personnalités djiboutiennes qui ont été invitées
au moins une fois dans leur vie à un séjour dans le club « sportif »
que l’on appelle Gabode. Repas chauds servis à toute heure, lit confortable
et douillet, personnel attentionné. Chacun a pu apprécier l’accueil
des garde-chiournes de Gabode.

Alors
quand c’est le tour d’un autre, d’un confrère, d’un ami ou d’un collègue,
chacun pense en son fort intérieur : « Cette fois, c’est son tour
! J’ai survécu. Il survivra. On le fêtera à sa sortie
… » Rien qui ne dérange de l’ordinaire …

Eh bien
cette fois, c’est différent !

Jean-Paul
Noël Abdi, d’abord est malade. Sans traitement ni soins appropriés,
il risque la mort à Gabode. Comme d’autres, il dérange le régime,
mais contrairement à eux, il n’a aucune ambition, ni politique, ni
financière.

Son cas
est exemplaire. Il n’y a aucune ombre au tableau. Il a simplement dit la vérité et il est condamné
pour cela. Le minimum de loyauté serait de le soutenir et d’exiger sa
libération immédiate et inconditionnelle, car il a aidé
et soutenu ceux qui étaient dans la détresse, l’injustice et
le désarroi. Il a fait savoir au monde entier les atteintes inadmissibles
à la personne humaine, aux biens, aux droits sacrés.

Et vu
de Paris, vu des bureaux de l’ARDHD, la mobilisation nous semble encore trop
timide. Bien sur, nous avons reçu des communiqués de soutien.
Mais il manque encore et surtout des centaines d’anonymes et aussi des grands noms à l’appel.

Pourquoi
?

Indifférence, banalisation, ingratitude,
haute politique, alliances nouvelles ! Tout est possible, mais ce qui est
sur, c’est que le silence de tous ceux qui manquent aujourd’hui à l’appel
(exemple : signature de la pétition
pour les particuliers, communiqué pour les associations, les partis d’opposition, etc.. ) sera ressenti par Guelleh comme une victoire et par
nous comme un manque d’intérêt ou une trahison envers un homme
honnête et sans ambition autre que de participer à la défense
d’une population asservie.

Signer,
c’est déjà s’engager à le soutenir et cela ne prend qu’une
minute :
http://www.ipetitions.com/petition/abdi_liberte/

27/06/06 (B356-B) L’équipe de l’ARDHD adresse tous ses voeux à la population djiboutienne à l’occasion de la fête du 27 juin. (Jean-Loup Schaal)

L’indépendance obtenue le 27 juin 1977 avait suscité un formidable enthousiasme et de grands espoirs dans la population djiboutienne.

Le système mis en place d’abord par Gouled, qui avait, quoique l’on puisse dire, une certaine légitimité dans le pays, en raison de son engagement pour l’indépendance, puis de Guelleh (lui, sans aucune légitimité, puisqu’il a volé le poste par la fraude électorale), a déçu progressivement tous les espoirs.

Certains minoritaires ont certes gagné au changement, puisqu’ils se sont enrichis sur le dos du Trésor public et des marchés, au détriment de la grande majorité des autres qui ont vu leur pouvoir d’achat diminuer d’année en année pour arriver en 2006 à l’un de ses niveaux les plus bas.

Même les services qui fonctionnaient à peu près bien, ne sont plus que des épaves agonisantes : système de santé, éducation, distribution d’eau et d’électricité, etc.

Bref l’indépendance commencée sous les espoirs aboutit 29 ans après à un véritable cauchemar et même à l’enfer pour les citoyennes et les citoyens, violés, arrêtés sans raison, torturés, incarcérés arbitrairement. Pire encore, le régime a tué par dizaine des citoyens innocents et honnêtes. Tortures et harcèlement injuste des Gadabourcis, massacres collectifs d’Arhiba I et II, Yoboki (où l’on dit que le Général Z… aurait testé des obus au phosphore contre les civils sans défense), génocides de Guestir, Aicha-Adda et Guerissa ne sont malheureusement que des exemples parmi de nombreux autres.

A titre individuel, les Djiboutiens ont aussi payé cher cette indépendance tant attendue : élimination physique de plusieurs leaders de l’opposition (Cheiko et tous ceux qui ont été victimes d’intoxication suspecte) et des témoins dans différentes affaires louches sur lesquelles plane l’ombre de Guelleh (Attentat du Café de Paris, meurtre du Juge Borrel – Ladiyeh -,etc.., grenade jetée mystérieusement le mois dernier, avenue 13).

Le constat est consternant. Le pays est asservi par une mafia composée d’obligés de Guelleh, qui sous la coupe de quelques patrons comme Ali Guelleh à l’EDD, Yacin Elmi Bouh à l’Intérieur, Haïd à la Banque centrale ou Borreh au Port (et ailleurs) dirigent le pays, promulguent des lois anti-sociales, harcèlent les syndicalistes et tentent de tromper le monde entier (FMI, OIT, etc..)

L’espoir ne peut venir que de la réaction internationale, d’un sursaut de la communauté qui balaiera les complicités secrètes et amicales entre la France et Djibouti, au motif probable de ne pas déterrer certains cadavres encombrants, enfouis dans les placards des Affaires étrangères.

A ce titre, la communication est capitale et notre Association est fier d’avoir participé depuis 1999, à cet immense effort d’information de la communauté internationale. Cet effort paye ! Chaque mois, la consultation du site de l’ARDHD est en progression et surtout, grâce à notre exemple et souvent aussi à nos conseils sous la forme d’un transfert de savoir-faire, de nombreux sites entièrement dédiés à Djibouti ont fleuri et ils sont mis à jour, permettant à chacun d’exprimer sa vision, ses orientations et son analyse.

Au total et en dépit de la censure imposée par le régime de Guelleh qui en plus de ses nombreux « crimes », est un liberticide convaincu, l’information circule sur Internet. Elle est multi-orientation et elle permet aux lecteurs d’apprécier l’actualité sous des angles différents, ce qui est le meilleur gage d’avoir au final une vision la plus objective possible.

Nous sommes résolument optimistes pour l’avenir du pays, car le régime ne pourra plus tenir longtemps. Ses récentes gesticulades, y compris le soutien contradictoire apporté à la fois aux islamistes extrêmistes vainqueurs de la bataille de Mogadiscio et en même temps aux Américains, forcément opposés au radicalisme politico-religieux, montrent autant l’ambiguité de l’homme et de son système que son profond désarroi.

Les Américains se lassent certainement de supporter ce partenaire instable, encombrant et peu fiable (certains documents critiques émis par le Département d’Etat US en sont l’un des signes visibles). Les Français vont finir par prendre au sérieux les progrés des juges d’instruction en particulier dans l’affaire Borrel et bientôt, il ne sera même plus concevable d’apporter le moindre soutien au dictateur de pacotille.

Le fruit sera mur. Il suffira de le cueillir. Mais il faut, comme nous l’avons dit si souvent, une opposition unie autour d’un objectif essentiel : la fin du système de Guelleh et l’accord pour conduire durant une période de transition, le redressement du pays sur tous les plans : économique, social, politique, éducatif, judiciaire et sanitaire.

Nous avons une grande confiance dans la force et dans la sagesse du peuple djiboutien, qui saura convaincre les hommes politiques qui se sont levés pour le défendre, que le temps de l’union est venu et qu’ils doivent agir pour l’intérêt général durant une période de transition, en mettant en sommeil, leurs intérêts particuliers.

Bonne fête à tous et surtout conservez l’espoir et la détermination farouche pour obtenir le changement auquel vous aspirez en toute légitimité.

Jean-Loup Schaal

25/02/2000 – La Paix sera-t-elle au rendez-vous ?

Dans notre dernier numéro, nous nous sommes interrogés sur les motivations personnelles ou secrètes des signataires des accords de Paris. Ce point nous semblait important pour essayer de comprendre l’actualité et d’anticiper les prochaines étapes du processus.

Aussitôt connu, cet accord a soulevé manifestement un grand enthousiasme, partagé par tous les observateurs. Même si l’opposition non-armée a été déçue de ne pas avoir été invitée à partager les accords, chaque djiboutien a cru trouver, au détour de phrases soigneusement imprécises, les graines d’une évolution possible du régime dictatorial vers la démocratie et la justice.

Il faut reconnaître que le bilan, après deux semaines, n’est pas à la hauteur des espérances. Nous avons noté en particulier :

le manque d’information et le secret absolu qui couvre les négociations entre M. Dini et le gouvernement ; cela suscite l’inquiétude…

la libération partielle des prisonniers politiques (39 au lieu des 47 annoncés officiellement) qui jette un doute sur la volonté réelle d’ouverture de M. Guelleh,

la poursuite et l’intensification de la répression contre la LDDH et contre les populations du Nord (voir aussi le communiqué N° 11 de la LDDH à paraître dans le prochain numéro (23) de LA LIBERTÉ, la non-restitution des passeports aux personnalités,

etc…
Tout cela constitue des signes forts ….
mais pas du tout ceux que nous attendions …

Nous voulons surtout éviter de « jeter de l’huile sur le feu », mais nous lançons simplement un appel
vers les signataires des accords de Paris pour leur demander :

de communiquer leurs intentions et de nous informer régulièrement sur les avancées (s’il y en a, comme nous l’espérons) des négociations et des points d’accord qui permettront le retour à la démocratie
et à la justice pour le peuple djiboutien,

de prendre rapidement des décisions importantes
en faveur des Droits de l’Homme :
Cessation des violences contre les populations civiles,

Restauration de la liberté de déplacement à l’intérieur comme à l’extérieur (restitution des passeports),

Rétablissement de la liberté d’expression et de la presse d’opposition,

Libération de tous les prisonniers politiques encore incarcérés,

etc…

Il en va de l’avenir de Djibouti et de l’avenir de ce processus.

Jean-Loup SCHAAL
ARDHD

16/02/2000 – ET LA LIBERTE DE LA PRESSE ? Pour quand ?

Tous les observateurs ont suivi avec intérêt la signature de l’accord cadre le 7 février à Paris. Beaucoup se sont interrogés sur les véritables raisons de la précipitation apparente : affaire BORREL, obligation de satisfaire aux conditions imposées par le FMI en terme de démobilisation, image de marque internationale, lassitude des combattants sur le front, …. Plusieurs raisons sont certainement imbriquées … mais à l’heure actuelle, nous sommes réduits à émettre des hypothèses.

Dans les faits, la connaissance de ces raisons est-elle si importante ? Oui et Non !

Non,
car ce qui est capital, c’est le processus de Paix qui a été initié avec ce premier accord conclu entre les deux forces. Nous savons tous combien il est difficile de faire les premiers pas vers la réconciliation après une décennie de combats et d’horreurs …

Le processus est encore très fragile et mal défini. Chaque djiboutien voudrait y insérer, ses propres espérances : libéralisation du régime, instauration de la véritable démocratie, fin de la dictature et de toutes les violations des D.H., liberté d’expression, liberté de la presse, … Nous avons eu connaissance d’interrogations, et même de déceptions, de doutes, voire de critiques … parce que les choses n’avancent pas assez rapidement et surtout probablement parce qu’elles ne sont pas clarifiées !

Mais ce processus est la base de ce qui peut devenir demain une grande réforme et un grand soulagement pour le peuple djiboutien. C’est la raison pour laquelle nous devons le soutenir…

Oui,
car beaucoup ont l’impression que le processus aurait mal démarré et qu’il pourrait patauger aujourd’hui, faute d’un accord sur un échéancier précis et sur des points concrets de mise en application : les mots utilisés dans l’accord sont choisis pour que chacun puisse y trouver la réponse qu’il attend, mais ils ne constituent pas un engagement véritable sur des réformes précises en terme de liberté et de démocratie.

L’accord donne l’impression d’avoir mal commencé puisque nous avons assisté dès les premières heures qui ont suivi la signature, à des mesquineries pour la libération des prisonniers : la libération a été repoussée de plusieurs jours, tous les prisonniers ne sont toujours pas libérés (voir notre liste), d’autres ont d’abord été condamnés avant d’être libérés (Djibouti est l’un des quelques pays où les décisions de justice peuvent être connues officiellement avant les audiences publiques …)

Au total 39 prisonniers ont bien été libérés au lieu des 47 que le Chef de Cabinet de M Guelleh avait annoncé lundi 7/02 devant les caméras. L’impartialité commande de constater que la sortie de 39 personnes de l’enfer de Gabode, est déjà un résultat. C’est un premier pas que nous saluons, mais les conditions dans lesquelles il a été franchi, pourraient laisser supposer que les parties signataires (ou l’une d’entre elle) n’ont pas véritablement la volonté de réaliser la grande réconciliation nationale.

D’où l’intérêt évident de connaître les motivations de chacun : car les raisons qui ont motivé ‘l’urgence’ hier pourraient s’être dissipées grâce à cet accord, avec pour conséquence aujourd’hui l’enlisement de la démarche courageuse ….

Qu’attendons-nous à court terme ?

La libération de tous les prisonniers politiques,
Une amnistie générale en ce qui les concerne afin qu’ils ne soient plus soumis à une action pénale toujours en cours et au risque d’être de nouveau incarcérés,
Le droit à l’expression,

Le rétablissement de la liberté de voyager à l’intérieur (suppression des barrages et des laissez-passer) et à l’extérieur (restitution de tous les passeports),
La restauration de la Liberté de la presse d’opposition est urgente – elle ne peut plus attendre. Il faut que chacun puisse exprimer et diffuser son sentiment, sa sensibilité dans des journaux engagés et non plus uniquement sous la forme des communiqués publiés dans notre journal.
En un mot nous attendons très vite des signes forts, dans le domaine des Droits de l’Homme, qui montrent la détermination des signataires et qui crédibilisent les volontés de changement exprimés à Paris. Faute de quoi, tout sera à refaire.

Jean-Loup SCHAAL
ARDHD

09/01/2000 – LETTRE OUVERTE à M. Lionel JOSPIN – Premier Ministre de la France – pour demander à la France d’apporter aide et assistance à Me AREF.

A Monsieur Lionel JOSPIN
Premier Ministre
Paris 7ème

Paris le 9 janvier 2000

Par fax au 01-45-44-15-72

Monsieur le Premier Ministre,

Cette nouvelle année qui s’ouvre sur de grands espoirs pour la France et pour l’humanité tout entière connaît déjà des ombres qui noircissent l’horizon des libertés que nous défendons tous, ici et ailleurs.

Les soussignés sont contraints, en ce mois de janvier 2000, d’en appeler à votre haute autorité pour régler de la meilleure manière le sort d’un Français, opprimé et menacé, dans sa liberté et dans sa vie, se trouvant actuellement en République de Djibouti.

Me AREF MOHAMED AREF, avocat au barreau de Djibouti, militant des droits de l’homme, consultant pour de nombreuses organisations internationales, a le désavantage d’être Français et Djiboutien.

En d’autres temps, le seul fait d’être Français lui aurait sauvé la vie, lui aurait procuré les sauf-conduits nécessaires pour trouver aide et assistance auprès des autorités de notre pays en poste à Djibouti.

Actuellement, il semble que la possession de ces deux passeports soient pour lui et les siens une épreuve supplémentaire à surmonter.

Les déboires graves qu’ils rencontrent à Djibouti, du seul fait de son engagement en faveur de la liberté, de la paix et du progrès, l’ont conduit à demander à la France à bénéficier de sa protection indispensable à sa survie et de l’aider à sortir du pays pour rejoindre la France.

Plusieurs fois menacé et agressé par les sicaires du régime tyrannique en place soutenu par la France, Me AREF, privé de profession, incarcéré et condamné dans le cadre de nombreux procès iniques où ses avocats français, privés de visas, n’ont pas été autorisés à exercer les droits les plus élémentaires de la défense, voit ses jours exposés à la persécution du pouvoir.

Il a donc formulé officiellement sa demande de rapatriement à l’occasion d’une rencontre organisée à l’ambassade de France à Djibouti: en qualité de Français, il ne demande pas l’asile à la France mais il demande à son pays de lui assurer aide et protection comme toute démocratie est tenue de le faire envers ses ressortissants. Nous rappelons que Me AREF a effectué ses études secondaires en France, comme enfant de troupe à Autun, puis de Droit à l’Université de Strasbourg. Il descend en ligne directe d’Aboubaker PACHA qui a concédé le territoire de Djibouti à la France au siècle dernier.

Me AREF est retenu contre son gré en République de Djibouti et il demande vainement depuis des mois l’aide de la France pour regagner le pays dont il est le citoyen.

Nous constatons que Djibouti ne se conforme pas a l’Article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (parmi d’autres Articles) qui stipule que « Toute personne a le droit de quitter son pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »

En plus, la France, en tant que signataire du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques, a l’obligation  » de garantir à tous les individus se trouvant sur son territoire et relevant de sa compétence [ses ressortissants] les droits reconnus dans le présent Pacte… » (Article 2). L’Article 12 du Pacte garantit que « toute personne est libre de quitter n’importe quel pays, y compris le sien. »

Les autorités de notre pays sont au courant de cette situation : des lettres ont été adressées par de nombreuses Associations à tous les ministères concernés ( Justice, Coopération, Affaires étrangères..) ainsi qu’à à vos propres services.

Des appels ont été lancés au Conseil de l’Europe, au Fonds Monétaire International, au Parlement Européen, à l’Assemblée Nationale Française etc…

Ces hautes instances politiques ont condamné la situation par des délibérations officielles : Parlement Européen, Groupe parlementaire France-Djibouti, Parti Socialiste Français…

Aujourd’hui, cette violation flagrante du droit se poursuit et les organisations signataires de cette lettre se tournent vers vous pour obtenir une réponse à cette question : pourquoi la France refuse sa protection et son assistance à un ressortissant français défenseur des droits de la personne humaine, désireux de revenir sur le territoire national ?

Monsieur le Premier Ministre, nous sommes encore pleins d’espérance et attendons avec détermination de vous lire ou de vous rencontrer pour connaître les solutions préconisées pour aider notre compatriote et notre ami.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre considération distinguée.

Liste des signataires à ce jour :

Roger-Vincent Calatayud
Avocat à la Cour
20, rue Brauhauban
F-65000 Tarbes
tél.: 00 33 (0) 5 62 34 10 83
fax.: 00 33 (0) 5 62 51 39 09
courriel: rv.calatayud@wanadoo.fr

Jean-Loup SCHAAL
ARDHD : 84 rue Saint-Louis en l’Ile
F – 75004 PARIS
Tél : 00 33 (0) 1 46 34 70 70
Fax : 00 33 (0) 1 46 34 25 93
Courriel : schaal@ardhd.org

Yasmine BOUDJENAH
Député au Parlement Européen

Saida BARREH
Représentante du PND en Europe et en France

Me Anne MONSEU
Avocat
Administrateur d’Avocats Sans Frontières

Stéphane HESSEL
Ambassadeur de France

Me Bertrand FAVREAU
Président de l’I.D.H.B.B.,(Institut Des Droits De L’homme Du Barreau De Bordeaux)
Président du Comité des Droits de l’Homme de l’Union des Avocats Européens (U.A.E.)

Ngarlejy YORONGAR
Député Fédéraliste ,
Assemblée Nationale du Tchad

Fondation pour le respect des Lois et des Libertés-FORELLI-
Directeur de publication de La Roue et du Phare Républicain
Coordonateur Exécutif Fédéral du FAR/PARTI FEDERATION

Patrick FALCOU
Syndicaliste CFDT

Jean-François HEURTEUX
Fonctionnaire DGAC
Nouméa

Geneviève WALTER

Robert O. VARENIK
Director of Protection

Lawyers Committee for Human Rights

Jean GUION
Président de l’Alliance Francophone
Président des Clubs Justice et Liberté

François-Xavier VERSCHAVE
Président
SURVIE

Gilles Martinet
Ambassadeur de France

André BARTHELEMY
Président
Agir Ensemble Pour Les Droits De L’homme

Bruno-Marie DUFFEE
Directeur
Institut des Droits de l’Homme de l’Université Catholique de Lyon.

Xavier-Jean KEITA
Président
Fédération National des Unions de Jeunes Avocats de France (F.N.U.J.A.)

Halidou OUEDRAOGO
Président
UIDH

Gérard LACORDE
Vice-Président
SOS AFRICA

Djimadoum LEY-NGARDIGAL
Secrétaire Général
ACTUS – Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme

Jean-Prosper BOULADA
Coordonnateur
Front Uni pour une Alternance Démocratique au Tchad (FU/ADT)

Delphine KEMNELOUM

Militante pour le respect des droits de l’homme.
Association pour la promotion et la défense des droits de l’homme (ATPDH) à N’Djaména (Tchad).