20/01/11 (B587) Guelleh désigné N° 1 parmi les 10 dictateurs les "mieux élus" dans le monde, bat même un record historique avec 100 % de votants en sa faveur …

__________________________ Note de l’ARDHD
De très nombreuses lectrices et lecteurs attentifs nous ont fait parvenir la copie d’un rapport (repris par différents media dont Slate.fr) qui épingle les dictateurs qui ont mis en place un système ou un autre, pour prolonger leur investiture au-delà de toute limite …. Nous les en remercions vivement …

Chacun sa petite fierté ! En effet nous sommes fiers que le rapport ait repris le mot de pacotilles en ce qui concerne le système de Guelleh. C’est un mot que nous utilisons depuis plus de 7 ou 8 ans pour désigner la Paulette RPP (Reine Paulette de Pacotille) …
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1- Ismail Omar Guelleh (Djibouti), 100%

C’est le dictateur le mieux élu du monde, avec un score imbattable de 100% des suffrages lors de l’élection présidentielle du 8 avril 2005.

Comme Bachar el-Assad, Guelleh a opté pour la méthode infaillible: il était le seul candidat à sa réélection. Les partis de l’opposition ont boycotté l’élection à la suite du refus du pouvoir de réformer le système électoral pour le rendre plus transparent, la décrivant comme «ridicule, truquée et en pacotille».

Le candidat de l’opposition, Mohamed Daoud Chehem, ne s’est pas présenté parce qu’il manquait d’argent pour faire campagne. Guelleh n’est que le 2e président de l’histoire de Djibouti, ancienne colonie française, depuis l’indépendance du pays en 1977.

Il avait lui aussi succédé à un membre de sa famille, son oncle Hassan Gouled Aptidon, en 1999 en remportant «seulement» 74% des voix.

Mise à jour: Le parlement a récemment voté une réforme constitutionnelle pour permettre à Guelleh de se présenter une troisième fois en 2011 (la limite était fixée à 2 mandats jusque là)

17/02/09 (B486) Tribune de Genève (Suisse) «Définir la crise humanitaire, c’est inepte!»

On l’appelle l’anti-Kouchner. Rony Brauman dira ce soir à Genève ses quatre vérités sur l’action humanitaire.

Rony Brauman. «Si l’on veut civiliser la guerre, la justice internationale doit être plus précise.»

ANDRÉS ALLEMAND

«Un humanitaire désenchanté?»

La question, un brin provoc, est posée ce soir à Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières. Ainsi est lancée la série de grandes conférences marquant les 450 ans de l’Université de Genève. Rencontre avec un esprit critique.

Vous n’êtes pas toujours tendre avec les acteurs humanitaires. Dans quelles circonstances feraient-ils mieux de s’abstenir?

Impossible de définir une règle générale. C’est sur le terrain qu’on sait comment agir. Cela dit, en temps de crise, les choix s’imposent d’eux-mêmes. Quand une société est victime d’un conflit armé, d’une catastrophe naturelle ou d’une épidémie de grande intensité, on voit bien ce qu’il faut réparer dans l’urgence.

Le retour à la «normale» est plus délicat. Il y a toujours moyen de se rendre utile de manière désintéressée. Mais pourquoi là plutôt qu’ailleurs? Voyez au Darfour. Durant la guerre, beaucoup sont intervenus avec efficacité et impartialité auprès des populations déplacées.

Mais à présent, il y a davantage d’insécurité que de combats. Les déplacés se sont urbanisés. Leurs problèmes sont ceux de l’exode rural. Et de la pauvreté. Les humanitaires ne risquent-ils pas alors de devenir de simples auxiliaires du pouvoir soudanais? Les limites varient au sein même des ONG. Au Liberia, MSF-France était parti immédiatement après le conflit. MSF-Belgique était resté.

D’accord, il est difficile de bien faire. Mais n’avez-vous pas dénoncé de véritables dérapages?

Bien sûr! L’Arche de Zoé en est un exemple édifiant. Comment, en voulant bien faire, des débutants très doués en sont-ils venus à inventer des faux orphelins du Darfour à expatrier vers la France depuis le Tchad? Beaucoup ont dit que c’était par amateurisme. Je ne suis pas d’accord. Ils ont organisé la mission, trouvé l’argent, fait venir l’avion, et presque abouti. Il y avait même une équipe médicale. Ce qui manquait, c’est une véritable compréhension des enjeux. Bernard Kouchner et Bernard-Henri Lévy martelaient qu’un «génocide» était en cours et que «personne ne faisait rien». Outrés, ces gens ont voulu agir. Sans vérifier si la réalité était telle qu’ils l’imaginaient.

Vous critiquez volontiers Bernard Kouchner et son fameux droit d’ingérence. N’est-il jamais justifié?

On ne peut jamais dire jamais. Y aurait-il eu génocide au Rwanda si les forces de l’ONU, au lieu de se retirer, avaient fait front? Mais je n’aime pas que des humanitaires réclament une ­intervention armée. Des sentiments nobles peuvent aboutir à une véritable boucherie, comme en Somalie ou en Irak.

Je me méfie des définitions. A Gaza, pendant quinze jours, le monde se demandait s’il y avait ou non «crise humanitaire». C’est inepte! Un véritable massacre était en cours!

Justement, à Gaza, on a vu l’armée israélienne cibler des hôpitaux ou des écoles, déclarant que des tireurs du Hamas y étaient embusqués. Le droit de la guerre et le droit international humanitaire sont-ils encore efficaces dans les guerres asymétriques?

Non. Le droit est trop général. Prenez le principe de proportionnalité. Le gouvernement israélien dit que la survie de l’Etat était en jeu, ce qui rend «proportionnelle» à ses yeux une attaque massive contre les combattants du Hamas, même si des vies civiles sont sacrifiées. En face, le même genre de logique est utilisé pour justifier que les combattants islamistes se fondent dans la population.

Si l’on veut civiliser la guerre, la justice internationale doit être plus précise, poursuivre les combattants qui ont utilisé des hôpitaux (ou des écoles) et les soldats qui les ont bombardés. Cela doit devenir risqué pour eux. Ce serait mieux que d’inculper, par exemple, le président soudanais Omar el-Béchir, comme veut le faire la Cour pénale internationale. Le Darfour est un drame, mais des jugements moraux très vagues resteront sans effets sur le terrain.

12/11/08 (B473-B) Tribune libre sur La Tribune de Genève / Demandes d’asile en hausse: pourquoi ? Pourquoi ne pas dire que l’Erythrée est devenu ces dernières années une des pires dictatures militaires.

La Tribune a rappelé dans son édition du 10 novembre les drames de l’immigration qui se jouent jour après jour en Méditerranée, depuis que la fermeture des frontières européennes oblige les migrants à choisir les voies les plus dangereuses.

En marge de cet article, vous soulignez l’augmentation du nombre des demandes d’asile en Suisse.

L’Erythrée est en tête.

Pourquoi ne pas dire que ce pays est devenu ces dernières années une des pires dictatures militaires, et que c’est là la raison de cette augmentation.

Vous signalez que la Somalie est en seconde position.

Pourquoi ne pas expliquer que cette hausse est directement liée à la reprise de la guerre civile dans ce pays ?

Et ainsi de suite.

Dans le domaine de l’asile, quoi qu’on en dise, les fluctuations sont rarement le fait du hasard, et une mise en contexte est essentielle pour les comprendre.

Face à ce que vous qualifiez d’«afflux» (30% à 40% de plus qu’en 2007, certes, mais 350% de moins qu’en 1998 et 1999…), vous annoncez un nouveau tour de vis législatif.

Madame Widmer-Schlumpf pense-t-elle, avec ce projet de loi, ramener la paix et la démocratie en Erythrée et en Somalie?

Ou s’agit-t-il plus simplement d’abandonner à leur sort ceux qui cherchent à fuir la violence et les violations des droits humains?

Yves Brutsch,
Centre social protestant de Genève,
secteur réfugiés

13/08/08 (B460) Blog sur Tribune de Genève / Des soldats éthiopiens tirent sur la foule en Somalie

Brève du jour- Une bombe explose lundi au passage d’un convoi éthiopien dans le distict de Wanlaweyn au nord de la capitale somalienne tuant deux soldats éthiopiens et blessant des civils. Aussitôt, les soldats éthiopiens répliquent et tirent dans la foule. Bilan: Six civils meurent sur le coup dont un enfant et une femme.

Ce genre d’acte n’est pas un cas isolé, car les civils somaliens notamment les femmes et les enfants paient un lourd tribut dans le conflit qui oppose à Mogadiscio entre le gouvernement fédéral de transition épaulé par les soldats éthiopiens et ses adversaires islamistes.

31/07/08 (B459) Tribune de Genève – Red Sea bridge Project : Cheikh Tarek Mohamed Ben Laden à Djibouti

ADI- Cheick Tarek Mohamed Ben Laden, président du conseil d’administration de Middle East LLC et promoteur du gigantesque projet de construction du pont reliant Djibouti au Yémen, est arrivé lundi à Djibouti, à la tête d’une importante délégation d’investisseurs internationaux.

Accueilli à sa descente d’avion par le Premier ministre, M. Dileita Mohamed Dileita, l’homme d’affaires saoudien s’est retrouvé par la suite au Kempinski Palace de Djibouti pour exposer aux représentants des grandes entreprises étrangères, dont des majors de l’industrie et du bâtiment, ce projet qui figure en bonne place dans le programme officiel des investissements à Djibouti.

« Le pont du Bab-el-Mandeb (« les portes de l’enfer » en arabe, du nom du détroit séparant Djibouti du Yémen) sera long approximativement de 28,5 kilomètres et reliera le Yémen à l’île de Périm, dans la mer Rouge, et Djibouti sur le continent africain.

Avec une route à six voies et quatre lignes ferroviaires, il se composera de poutres et d’un pont suspendu qui sera le plus long du monde.

Le projet prévoit également l’édification d’une ville nouvelle cité baptisée Madina al-Nour » (Ville lumière), « d’une superficie de 600 km2 », au nord de Djibouti, en face du détroit de Bab-el-Mandeb.

En plus d’être un centre touristique, industriel et économique, cette nouvelle cité servira de zone franche extraterritoriale pour tous les types d’échanges commerciaux possibles entre les continents africain et asiatique.

« Grâce à la mise au point des schémas directeurs du pont et des villes futuristes, dont la construction est prévue des deux cotés de la mer Rouge, nous sommes actuellement en mesure de discuter avec les investisseurs potentiels des opportunités que peut générer ce colossal projet », a souligné le dirigeant de la société Al Noor Holding Investment.

Selon Mohamed Ahmed Al-Ahmed, ingénieur de formation, « cet ambitieux projet de 200 milliards de dollars sera historique car il permettra de booster dans l’avenir les économies émergentes d’Afrique et du Moyen-Orient ».

Ce gigantesque pont intercontinental qui, selon lui, est la première connexion physique entre l’Afrique et le Moyen Orient depuis l’ouverture officielle du Canal de Suez en 1869, « promet d’être l’un des meilleurs ouvrages techniques de tous les temps ».

« L’emplacement géographique des villes Al Noor à Djibouti et au Yémen feront de celles-ci les centres commerciaux et de distribution les plus importantes d’Afrique et du Moyen Orient », a souligné Al-Ahmed,.

« A l’instar de toutes les infrastructures urbaines globales, ces deux cités abriteront tous les services essentiels à une métropole moderne et de haute technologie », a-t-il ajouté.

« Il est également prévu dans le projet « Villes Al Noor » l’élévation de trois zones commerciales, des campus de recherche et de développement, des parcs technologiques, ainsi que des quartiers financiers et commerciaux abritant les meilleures entités commerciales du monde. », a précisé l’ingénieur Al-Ahmed.

Selon le responsable de la société Al Noor, « ces deux cités abriteront aussi certaines des institutions scolaires les plus raffinées, des équipements médicaux de pointe et de fantastiques attractions touristiques qui feront de ces villes les destinations obligatoires dans ce qui sera les marchés les plus dynamiques du monde ».

« L’objectif du projet « Villes Al Noor » est de créer des villes globalement intégrées reliant deux continents offrant et susceptibles d’influer non seulement sur les économies du Yémen et de Djibouti, mais aussi sur l’économie de la région, du Moyen-Orient et d’Afrique.

Le dirigeant de la société Al Noor Holding Investment a enfin affirmé que le projet d’édification de ces villes nouvelles, reliées par un pont ferré traversant la mer Rouge, sera le catalyseur du développement économique pour les générations à venir.

04/04/07 (B389) TRIBUNE DE GENEVE / Somalie: armée éthiopienne et insurgés face à face dans Mogadiscio

Armée éthiopienne et insurgés
étaient face à face et renforçaient leurs positions mardi
dans Mogadiscio, faisant craindre à la population somalienne une reprise
des combats meutriers, en dépit des tractations des autorités
traditionnelles pour un cessez-le-feu.

De son côté, le Groupe de contact international sur la Somalie
– formé à l’initiative des Etats-Unis et rassemblant également
Européens, Africains et Arabes – a jugé au Caire que le premier
objectif était de parvenir à un cessez-le-feu dans la capitale
somalienne, Européens et Arabes estimant en outre que l’armée
éthiopienne devait se retirer de Somalie.Après les combats meurtriers
de la semaine dernière, Mogadiscio a vécu une journée
de calme précaire mardi.

Mais les habitants vivent dans la hantise de nouvelles violences, et des familles
continuaient mardi de fuir la capitale, où des corps gisaient encore
dans les rues. Depuis février, près de 100.000 personnes ont
déserté Mogadiscio, peuplée d’environ un million d’habitants,
selon l’ONU.

"Nous voyons des insurgés se renforcer
et les troupes éthiopiennes qui tiennent toujours leurs positions.
On a peur qu’il y ait de nouveaux affrontements", a déclaré
un habitant de Mogadiscio, Sabumo Haji Mumin.

L’armée éthiopienne patrouillait dans le sud
de la ville, théâtre des combats passés, notamment dans
le quartier Ali Kamin, où quatre civils ont été tués
lundi par des soldats d’Addis Abeba.

Devant cette présence militaire, des habitants refusaient de sortir
de leur maison. "Les Ethiopiens tirent sur tous ceux qui les approchent",
a affirmé l’un d’eux, Sheikh Dahir Ali.

L’Union européenne a réclamé mardi un cessez-le-feu immédiat,
alors que des chefs traditionnels du puissant clan Hawiye, opposé au
gouvernement, ont rencontré des officiers éthiopiens, selon
un chef coutumier Hawiye, Hussein Aden Korgab. "Nous avons convenu que
mercredi les morts seront enterrés", a-t-il déclaré,
précisant que les deux parties se retrouveraient jeudi pour discuter.

L’armée éthiopienne, qui soutient le gouvernement somalien,
a lancé le 29 mars à Mogadiscio une offensive terrestre et aérienne
contre les insurgés, qui y mènent des attaques régulières
depuis la chute des tribunaux islamiques il y a trois mois.

De très violents combats entre soldats éthiopiens et
insurgés ont secoué Mogadiscio pendant quatre jours. Lundi,
les affrontements avaient très nettement baissé d’intensité.

Le bilan reste difficile à évaluer. Selon le Comité international
de la Croix-Rouge (CICR), ils ont fait des dizaines de morts et des centaines
de blessés, essentiellement des civils.

La principale organisation somalienne des droits de l’Homme, Osmail
Jumale Human Rights Organization, a pour sa part indiqué que plus de
120 personnes avaient été tuées et des centaines blessées.
Une autre organisation somalienne, Elman Peace and Human Rights Orgnaization,
a elle avancé le chiffre de 381 morts et de 565 blessés.

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique et voisin de l’Ethiopie,
est en guerre civile depuis 1991. L’armée éthiopienne y est
intervenue, officiellement en décembre 2006, pour défaire les
tribunaux islamiques qui avaient déclaré la guerre sainte contre
le régime d’Addis Abeba.

Selon des experts, les insurgés de Mogadiscio sont un groupe hétéroclite
de miliciens islamistes, de chefs de guerre et de chefs traditionnels, notamment
du clan Hawiye.

Enfin, l’Erythrée, qui a soutenu, selon l’ONU, les tribunaux
islamiques somaliens, a demandé mardi à l’Ouganda de retirer
ses soldats de Somalie où ils fournissent la totalité des troupes
d’une force africaine de paix.

21/02/03 (B186) France-Afrique: liaisons dangereuses (Tribune de Genève du 21/02/2003)

par JEAN-FRANÇOIS
VERDONNET

Si les discours et les actes coïncidaient, si la parole pouvait se faire
aussi action, le 22e Sommet France-Afrique qui s’est ouvert hier à
Paris marquerait une date décisive dans l’histoire politique du
continent africain. La rencontre, en effet, ne manque pas d’ambition:
aux 52 chefs de délégation présents, on propose un pacte
prometteur – rien moins qu’un « nouveau partenariat » qui fonderait
l’aide sur les progrès de l’Etat de droit.

Le projet n’est pas
inédit. Au sommet de La Baule, en juin 1990, François Mitterrand
subordonnait déjà la coopération à la démocratie.
La France, assurait-il, liera sa contribution « aux efforts qui seront
accomplis pour aller vers plus de liberté ». Treize ans plus tard,
et les modes langagières aidant, Jacques Chirac associe l’assistance
à « la bonne gouvernance ». L’ambition se veut plus modeste,
et plus technique: il s’agit moins d’exiger l’application immédiate
de règles parlementaires que de définir les conditions concrètes
d’un ordre stable: il faut, a précisé hier le président
français, « renforcer l’autorité de l’Etat, former
des forces de sécurité civiles, garantir l’honnêteté
des consultations électorales ». Prodiguée devant un parterre
composé de quelques despotes notoires, la leçon suscite une
double interrogation.

La première porte
sur la nature de la politique française: s’il se confirmait, l’engagement
de Jacques Chirac marquerait une rupture avec une tradition qui accordait
jusqu’ici plus de place aux connivences et aux compromissions, aux petits
et grands services, à tout un réseau opaque d’intérêts
croisés qu’à la promotion obstinée des valeurs démocratiques.

La seconde question a
trait aux convictions des dirigeants africains rassemblés à
Paris. A observer l’évolution intervenue ici et là au cours
des dernières années, les semonces faites à La Baule
n’ont guère ébranlé les Gouvernements auxquels elles
étaient destinées. Le Togolais Gnassingbé Eyadéma,
que le président Chirac a reçu mercredi à l’Elysée,
était déjà là en 1990, fidèle au poste
depuis 1967, tout comme Omar Bongo, installé la même année
à la tête du Gabon, ou Zine el-Abidine Ben Ali, qui de plébiscites
en consultations truquées prépare les Tunisiens à une
présidence à vie. Que retiendront-ils des admonestations de
leur hôte français? Pour quelles raisons accepteraient-ils de
Chirac ce qu’ils ont refusé de Mitterrand?

Enoncer la question, c’est
s’interroger sur les chances de la politique africaine du Gouvernement
français. Au temps de la cohabitation, Lionel Jospin s’était
voulu l’adepte du « ni-ni » « ni ingérence, ni indifférence »:
le « pré carré » perdait ses privilèges tandis
que se resserraient les liens avec des pays anglophones, à l’est
et au sud du continent. Jacques Chirac souhaite défendre à la
fois une vision continentale et une stratégie plus volontaire, un « réengagement »
affirmé auprès des anciens territoires.

La démarche ne
va pas sans contradictions comment concilier l’invitation lancée
à Robert Mugabe et la condamnation solennelle de tout ce que le président
du Zimbabwe représente? Elle s’inscrit surtout dans un paysage
désormais plus chaotique où la France ne peut pas prétendre
jouer seule. L’épreuve ivoirienne n’a pas d’autre signification.