13/11/09 (B524) UNHCR / Djibouti : Le HCR regrette le rapatriement forcé de Somaliens repêchés en mer.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a regretté mercredi le rapatriement forcé par le gouvernement de Djibouti de 40 Somaliens qui avaient été repêchés en mer Rouge le 22 octobre et autorisés à débarquer à Djibouti le 4 novembre.

Ces Somaliens ont été rapatriés lundi et mardi de cette semaine à Mogadiscio, a précisé le HCR, qui affirme avoir des preuves que ces 40 personnes ne souhaitaient pas retourner en Somalie en raison des affrontements en cours dans ce pays.

Ces Somaliens ont passé un examen médical et de sécurité mené par une équipe conjointe de responsables de l’agence des Nations Unies et de l’Agence nationale des réfugiés de Djibouti. Ils ont également eu des entretiens pour évaluer leurs besoins en matière de protection, a précisé le HCR.

22/05/08 (B448) UNHCR : Le chef de l’UNHCR ouvre la conférence du Yémen sur les traversées du golfe d’Aden (Info lecteur)

Lundi, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a remercié le Yémen d’assurer la protection des personnes ayant effectué la traversée périlleuse du golfe d’Aden depuis la Somalie. Il a aussi ajouté que la communauté internationale devrait l’aider davantage.

« Le gouvernement a montré son engagement en répondant aux besoins de protection des personnes présentes dans des mouvements migratoires », a indiqué António Guterres aux participants présents lors de l’ouverture à Sana’a, lundi, d’une conférence régionale de deux jours sur ce problème. « Alors que le Gouvernement continue à intensifier son action pour répondre à ce défi, il ne pourra pas le faire seul. Il a besoin que nous nous impliquions davantage, il a besoin d’une solidarité plus significative de la part de la communauté internationale », a ajouté António Guterres.

« Je lance un appel à tous les pays qui ont la capacité et les ressources pour le faire, dans la région et au-delà, afin qu’ils soutiennent pleinement le Yémen dans sa généreuse hospitalité envers de nombreux réfugiés originaires de Somalie depuis plus de 15 ans. »

Dimanche, lors d’une réunion avec le Président Ali Abdullah Saleh, António Guterres a promis un soutien permanent de l’UNHCR envers le Yémen pour ses efforts dans la protection des réfugiés. Les deux hommes ont discuté des défis auxquels fait face le Yémen pour fournir une assistance et assurer la protection des réfugiés somaliens et éthiopiens.

L’UNHCR et d’autres agences internationales ont intensifié leurs efforts pour assister le Yémen et d’autres pays de la région, et ils appellent conjointement à une action globale pour mieux répondre aux défis. Cette année, plus de 18 000 personnes ont déjà effectué la traversée périlleuse du golfe d’Aden à bord de bateaux de passeurs, soit le double par rapport à la même période l’année dernière. Plus de 400 personnes sont mortes lors de ce voyage cette année.

La conférence de Sana’a sur « La protection des réfugiés et la migration internationale dans le golfe d’Aden » rassemble des représentants des Gouvernements de Djibouti, de l’Ethiopie, de la Somalie, du Yémen et des pays de la Coopération du Golfe ainsi que des représentants de la société civile et d’organisations internationales. Des représentants de l’Union africaine et de la Commission européenne sont aussi présents.

Son principal objectif est d’établir un mécanisme régional et un plan d’action à long terme pour la protection des réfugiés et la migration mixte dans la région du golfe d’Aden. Organisée par l’UNHCR et le Groupe de travail sur la migration mixte pour la Somalie, la conférence est financée par la Commission européenne.

Les participants vont revoir les défis dans les principaux pays de départ, de transit et d’arrivée dans la région et travailler pour développer des réponses appropriées. Le plan d’action qui en résultera sera en partie basé sur un Plan d’action en 10 points développé par l’UNHCR en 2006 pour aider les gouvernements à développer des stratégies en termes de migration prenant en compte les impératifs de protection.

António Guterres a expliqué aux participants pourquoi le problème était si important pour l’UNHCR. « L’UNHCR n’a pas – et ne recherche pas – un mandat pour la migration. Elle a, cependant, une responsabilité pour aider les gouvernements à identifier et à protéger les réfugiés dans les flux migratoires », a dit António Guterres devant quelque 200 délégués.

Le flux mixte de personnes traversant le golfe d’Aden comprend un nombre significatif de réfugiés. Le Yémen, malgré de maigres ressources, a maintenu une politique de portes ouvertes en faveur des réfugiés. Mais ce pays appelle à davantage de soutien de la part de la communauté internationale.

Le Haut Commissaire a rencontré et s’est entretenu avec des réfugiés somaliens, au début de sa mission au Yémen. Jeudi dernier, il s’est rendu au camp de réfugiés de Kharaz, situé à 140 kilomètres à l’ouest d’Aden. Il a aussi rencontré des réfugiés urbains dans le bidonville de Basateen, à Aden, où des Somaliens vivent aux côtés de Yéménites démunis.

Il a discuté avec une Somalienne qui a ouvert un petit commerce de fruits et de légumes grâce à un micro crédit obtenu de l’UNHCR. « Je suis toujours admiratif des miracles qui deviennent possibles grâce à un peu d’argent – un micro crédit », a-t-il dit, en réitérant que « le Yémen a besoin de bien davantage de soutien [international] pour pouvoir continuer à fournir une protection aux réfugiés. »

Vendredi, António Guterres a continué sa mission le long de la côte sud du Yémen. Il s’est rendu au centre de transit de l’UNHCR de Mayfaa et dans un centre de réception de réfugiés récemment construit à Ahwar. Ce sont les premiers lieux de réception des réfugiés et des migrants qui sont tout juste arrivés sur la côte du Yémen après la traversée du golfe d’Aden.

A chaque étape, le Haut Commissaire a rencontré des représentants du Gouvernement yéménite, des partenaires de l’UNHCR et de nouveaux arrivants. António Guterres a demandé à ces derniers de lui raconter leur voyage et comment ils avaient été traités par les passeurs. Une femme a dit qu’elle avait été battue et harcelée par des passeurs durant la traversée du golfe.

António Guterres a plusieurs fois souligné durant sa visite de cinq jours au Yémen l’importance de répondre aux causes profondes du déplacement en Somalie. « La solution aux problèmes humanitaires ne sera pas strictement humanitaire. La seule solution est politique et la communauté internationale doit prendre conscience, pour la région et au-delà, des dangers à plus long terme de l’instabilité de la Somalie et pleinement s’engager avec les Somaliens pour restaurer la paix », a-t-il dit.

05/03/08 (B437) UNHCR : Communiqué au sujet des passeurs vers le Yémen.

La migration irrégulière vers le Yémen a sensiblement augmenté au cours des premiers mois de l’année 2008, en comparaison de la même période en 2007. Au 1er mars 2008, un total de 182 bateaux, transportant 8 713 personnes, sont arrivés dans les régions côtières du Yémen et au moins 113 personnes sont mortes au cours de cette traversée périlleuse. Par ailleurs, au moins 214 autres sont portées disparues, la plupart d’entre elles se seraient noyées.

Il s’agit d’une hausse considérable depuis 2007. En effet, 24 bateaux avaient alors effectué la traversée du golfe d’Aden en janvier et février 2007, transportant à leur bord 2 946 personnes. Au total, il avait été fait état de 139 morts et 19 portés disparus pour cette période.

L’augmentation des arrivées cette année est due, en partie, au fait que les passeurs empruntent de nouveaux itinéraires. Fin 2007, les passeurs ont commencé à embarquer des personnes, principalement des Somaliens, pour la traversée de la mer Rouge depuis Djibouti. En 2007, environ 700 Somaliens ont emprunté la route via Djibouti.

Les tactiques utilisées par les passeurs demeurent semblables à celles de l’année dernière. Les personnes voyagent à bord de bateaux petits et rapides. Elles doivent payer entre 130 et 150 dollars alors que celles qui voyagent sur des bateaux plus gros, et bien plus surchargés, déboursent entre 50 et 70 dollars. Le voyage dure de 12 à 36 heures, selon les conditions météorologiques, la connaissance des itinéraires, les conditions en mer et la situation à l’arrivée. Si les passeurs croisent des bateaux de patrouille au cours de leur voyage ou aperçoivent des gardes-côtes à l’arrivée, soit ils contraignent leurs passagers à sauter par-dessus bord, soit ils tentent d’emprunter une autre route, ce qui ajoute parfois de nombreuses heures de voyage.

Les passeurs armés sont souvent brutaux. Le 20 février, huit bateaux transportant plus de 500 passagers sont arrivés à cinq points différents au Yémen. Les passeurs de deux des bateaux, transportant un total de 302 personnes, ont contraint les passagers à sauter dans des eaux démontées, en pleine mer. De ce fait, de nombreux passagers se sont noyés. Un total de 182 personnes ont réussi à gagner les rives, 36 corps ont été retrouvés et 84 personnes sont portées disparues. Les nouveaux arrivants nous ont indiqué que les passeurs avaient sévèrement battu les passagers sur le bateau et qu’ils avaient pris leur argent et leurs vêtements. Une personne, sévèrement traumatisée par les coups, a sauté par-dessus bord et s’est noyée. Trois autres personnes sont mortes asphyxiées et déshydratées dans la cale du bateau. Leurs corps sont restés dans la cale du bateau qui est retourné à Bossasso. La plupart des nouveaux arrivants ont également été poignardés.

Tous les blessés ont reçu des soins dans le centre de réception de l’UNHCR, situé à May’fa près de la côte.

L’UNHCR appelle à une action accrue pour sauver des vies humaines dans le golfe d’Aden, la mer Méditerranée et d’autres détroits. En 2007 et début 2008, l’UNHCR a intensifié son travail au Yémen, dans le cadre d’une opération d’un montant de sept millions de dollars, incluant un effectif accru, davantage d’assistance, davantage d’abris pour les réfugiés dans le camp de réfugiés de Kharaz et des programmes de formation pour les gardes-côtes et d’autres fonctionnaires. L’UNHCR élargira ces programmes cette année lors d’une nouvelle augmentation budgétaire.

L’UNHCR augmente également sa présence le long de 300 kilomètres de côtes, dans une région reculée, avec l’ouverture de deux nouveaux bureaux de terrain. Nous travaillons étroitement avec des ONG comme MSF (Médecins sans Frontières), qui dispose de cliniques mobiles opérationnelles aux points d’arrivée le long de la côte.

25/12/07 (B427) NEWS PRESS / UNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Golfe d’Aden : l’UNHCR avertit les migrants désespérés des risques mortels associés au trafic d’êtres humains (Info lectrice)

Une personne sur 20 ayant entrepris de traverser le golfe d’Aden cette année, à bord de frêles embarcations, est morte. Devant ces chiffres dramatiques, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés a commencé une campagne de sensibilisation dans la Corne de l’Afrique pour informer les candidats à l’immigration des périls qu’ils encourent en traversant illégalement le golfe pour gagner le Yémen.

Des dépliants colorés, comprenant notamment des dessins accompagnés de textes en somalien, traduits en trois dialectes éthiopiens, sont distribués dans toute la région du Puntland en Somalie. Parallèlement, des spots radio sont diffusés depuis le mois d’octobre. La campagne informe aussi les demandeurs d’asile arrivant d’autres pays qu’ils peuvent demander l’asile sur place en Somalie, et elle demande aux communautés hôtes de traiter humainement les migrants. La campagne de sensibilisation est actuellement élargie au sud et au centre de la Somalie ainsi qu’en Ethiopie.

A ce jour en 2007, 28 000 personnes ont déjà effectué la traversée périlleuse vers le Yémen depuis la cite portuaire de Bossasso, située au nord-est de la Somalie, pour tenter d’atteindre les riches pays du golfe. Plus de 1 400 d’entre elles sont mortes. Elles ont été tuées par des passeurs ou se sont noyées en mer. De nouvelles pertes en vie humaine, s’élevant au moins à 58 personnes, sont survenues le week-end dernier. Un bateau de passeurs a chaviré ; un autre a heurté un rocher et s’est brisé en plusieurs morceaux.

A Bossasso, la campagne de sensibilisation menée à l’attention des candidats à l’immigration est accueillie favorablement par les ONG locales. « Les migrants veulent une vie meilleure ; ils n’aiment pas penser aux dangers », a expliqué un travailleur humanitaire somalien. « Il est de notre devoir d’assurer qu’ils soient pleinement conscients que la mort peut les surprendre ». Sheikh Abdulqader, leader des anciens dans la ville, ajoute : « A nous seuls, nous ne pouvons pas empêcher ces personnes désespérées de traverser. Le soutien de la communauté internationale va nous aider à ralentir une tragédie qui dure déjà depuis trop longtemps. »

En plus de la campagne de sensibilisation, l’UNHCR a intensifié cette année son travail au Yémen dans le cadre d’un budget de sept millions de dollars et a annoncé, mardi, qu’elle allait renforcer sa présence, dans une région reculée située le long de 300 kilomètres de côte, avec l’ouverture de deux nouveaux bureaux de terrain en 2008.

A Bossasso, dans un petit café éthiopien – où l’on peut lire sur le mur une maxime involontairement ironique « le navigateur est l’avenir de l’homme » – ceux qui vont embarquer bientôt à bord de bateaux de passeurs sont peu loquaces. Une dizaine de jeunes Ethiopiens mâchent du khat, une plante narcotique locale. Ils sont à la fois impatients et apeurés de ce qui va leur arriver. Ce soir, ils quitteront la ville pour se rendre sur une plage et embarquer à bord d’un bateau délabré vers le Yémen.

Ils sont tous nerveux, à l’exception de Saïd, qui a déjà effectué une fois la traversée. Il dit avoir été refoulé d’Arabie saoudite il y a quelques mois car il n’avait pas de permis de travail. « La dernière fois, j’ai réussi à atteindre le Yémen sain et sauf alors je voyage avec le même passeur cette fois », dit-il, ajoutant que sa femme se trouve toujours en Arabie saoudite où elle travaille en tant que domestique et qu’elle lui envoie de l’argent pour payer son voyage. Les deux amis, avec qui il discute de la possibilité de partir avec lui, sourient nerveusement quand on leur parle des dangers du voyage.

Néanmoins tout le monde ne partira pas ce soir. Assise près d’un mur noirci par la fumée d’encens, la jeune Fahir semble si faible qu’elle ne peut que chuchoter. « Je suis venue d’Ethiopie avec mon mari, après que des voisins, qui construisaient une belle maison, nous aient dit qu’on pourrait gagner de l’argent en Arabie saoudite », murmure-t-elle.

Cependant, une fois à Bossasso, son mari lui a dit qu’il ne pouvait payer la traversée que pour une seule personne et il est parti, en l’abandonnant alors qu’elle était enceinte. « Je n’ai pas d’argent pour la traversée vers le Yémen ; je n’ai pas d’argent pour rentrer en Ethiopie, et ici je ne peux même pas travailler pour me nourrir car personne n’embauchera une femme enceinte », pleure-t-elle, en ajoutant qu’elle se rend compte aujourd’hui qu’elle n’aurait pas dû quitter sa maison.

Comme Fahir, de nombreux migrants sont bloqués à Bossasso. « Même si vous trouvez un emploi au port en tant que porteur, vous gagnez tout juste de quoi payer trois repas par jour et une nuit dans un hôtel misérable aux murs en carton, où vous dormez avec des dizaines d’autres personnes », explique un jeune Ethiopien.

Certains migrants n’ont même pas les moyens de se payer un toit misérable. Après avoir travaillé toute la journée dans le port, Hassan, âgé de 16 ans, doit dormir à la belle étoile dans un bâtiment en ruine. « Après la mort de ma mère, mon père a commencé à me battre. Un jour, j’ai entendu que des gens de notre village en Ethiopie étaient partis à Bossasso pour traverser vers le Yémen. Quand mon père a de nouveau essayé de me battre, j’ai fui et j’ai rejoint cette ville. » Mais il n’avait pas vraiment compris combien le voyage vers le Yémen pouvait être dangereux avant d’avoir atteint Bossasso.

Il n’y a pas que des Ethiopiens comme Hassan qui cherchent à tout prix à effectuer la traversée en mer. La violence ayant fait rage à Mogadiscio toute cette année, un nombre accru de Somaliens a commencé à choisir cette échappatoire. Pour la première fois, le nombre de Somaliens a dépassé celui des Ethiopiens à bord des 300 bateaux qui ont effectué la traversée cette année.

Malgré les dangers, Khadija veut faire de même. Il y a plusieurs mois, elle a quitté avec sa famille la capitale somalienne en proie à des troubles et elle a rejoint Bossasso, où son mari a embarqué dans un bateau, en lui promettant qu’il enverrait de l’argent à sa famille.

« Je n’ai plus jamais reçu de ses nouvelles », se lamente Khadija. « Il a dû se noyer en mer. » Elle habite à Bossasso avec ses enfants dans un abri sordide se trouvant dans l’un des sites accueillant des personnes déplacées internes.

Elle est aujourd’hui si désespérée qu’elle envisage de laisser ses jeunes enfants à sa fille âgée de 10 ans pour embarquer, elle aussi, dans un bateau vers le Yémen et pour envoyer de l’argent à sa famille. « Je ne peux ni rentrer à Mogadiscio avec mes enfants, où ils mourront, ni rester dans une ville où ils manquent de tout », explique-t-elle. « Dieu a déjà pris la vie de mon mari. Il ne prendra pas la mienne. »

30/06/07 (B402) UNHCR / Le regain de violence pousse des milliers de civils hors de Mogadiscio (Info lectrice)

Type : Communiqué de presse
Emetteur: UNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés

Plus de 3 500 civils ont fui la capitale somalienne de Mogadiscio ce mois-ci, en raison de l’escalade des violences dans la cite côtière, particulièrement marquée depuis quelques semaines.

Au cours de la même période, seuls 123 000 des quelque 401 000 civils ayant fui les combats acharnés faisant rage dans la ville entre février et mai y sont retournés, selon des chiffres compilés par l’UNHCR et son réseau de partenaires.

La plupart des personnes qui sont rentrées à Mogadiscio sont originaires des provinces proches de la capitale. Une partie d’entre elles a fui à nouveau Mogadiscio en juin. Alors que plus de 3 500 personnes ont fui la ville au cours de ce mois, environ 33 000 autres y sont rentrées.

Les partenaires locaux de l’UNHCR font état d’un nouveau déplacement majeur : quelque 10 000 personnes ont fui la violence qui a éclaté entre clans rivaux dans la ville côtière du sud du pays, Kismayo, et dans ses environs. Il n’y a pas plus d’informations disponibles sur ce sujet pour le moment.

La plupart de ceux qui refusent de rentrer à Mogadiscio évoquent l’insécurité et la multiplication des actes de violence perpétrés chaque jour, bien que le Gouvernement fédéral de transition, appuyé par les Ethiopiens, ait affirmé avoir défait les insurgés.

Ces civils disent qu’ils ne rentreront pas dans la capitale tant qu’elle ne sera pas complètement sécurisée », rapporte un employé d’UNHCR présent à Mogadiscio.

Au cours des dernières violences, de nombreux civils ont été tués ou blessés par des tirs de roquettes, des bombes et des échanges de tirs.

L’employé de l’UNHCR explique que certaines des familles qui étaient récemment rentrées dans la capitale partent à nouveau en raison de la résurgence de l’insécurité.

D’autres quittent leur quartier pour aller s’installer dans une autre partie de la ville en raison des explosions de bombes qui ne cessent de se produire près de leurs maisons, notamment dans le nord de la capitale. Ils ont peur d’être pris entre deux feux », ajoute-t-il.

Les employés de l’agence pour les réfugiés des Nations Unies rapportent que certaines familles ont découvert, en rentrant à Mogadiscio, que leurs maisons avaient été détruites et qu’elles n’avaient nulle part où aller. D’autres, qui vivaient près de bases militaires, ont reçu l’ordre de quitter leur domicile.

Environ 250 000 Somaliens, qui vivaient dans des bâtiments appartenant à l’Etat tels que des ministères, des stations de police ou même des centrales électriques, risquent eux aussi l’expulsion. Certaines familles vivaient dans ces bâtiments publics depuis qu’elles avaient fui leurs maisons en 1991, lorsque les seigneurs de la guerre ont renversé le Président Mohammed Siad Barré avant de s’affronter à leur tour.

Le Gouvernement fédéral de transition a d’ores et déjà expulsé 2 000 personnes afin de remettre ces bâtiments publics en état et de les rendre à l’usage collectif. Ces familles sont perdues ; elles ne peuvent plus accéder à l’endroit où elles vivaient et parfois leurs maisons ont déjà été détruites par les autorités », explique un travailleur humanitaire dont l’ONG travaille avec l’UNHCR.

Il précise que ces personnes vulnérables ont besoin d’eau, de nourriture et d’un abri. Nombre d’entre elles ont également besoin de trouver un emploi afin de subvenir aux besoins de leurs familles. L’UNHCR a demandé au Gouvernement fédéral de transition de suspendre les expulsions et de fournir des services de base aux personnes déplacées tout en recherchant des solutions alternatives pour elles.

En juin, l’agence pour les réfugiés des Nations Unies a acheminé par avion des articles de secours de Dubaï, où se trouve son entrepôt, à Mogadiscio. Cette assistance, qui comprend des couvertures, des bâches en plastique, des jerrycans et des ustensiles de cuisine, sera distribuée dans la ville aux personnes les plus vulnérables.

Les mouvements de population s’étendent au-delà de Mogadiscio. Les partenaires locaux de l’UNHCR rapportent également que 4 000 personnes vivant le long de la rivière Shabelle, qui a débordé et a détruit maisons et cultures, ont dû quitter leurs maisons.

02/05/07 (B393) Nations Unies (UN Integrated Regional Information Networks). Inquiétude pour une épidémie de choléra en Somalie mais les pillages semblent avoir enfin cessé …(Publié par All Africa)

Nairobi

Alors que les personnes déplacées dans les camps situés
près de Mogadiscio, la capitale somalienne, connaissaient déjà
des conditions humanitaires extrêmement difficiles, elles sont désormais
confrontées à une épidémie de choléra et
de diarrhée aigue, ont annoncé des sources médicales
lundi.

Les violents affrontements qui ont secoué la ville au cours des trois
derniers mois ont fait des centaines de milliers de déplacés.

« Nous avons répertorié 1 111 cas de choléra dans
notre camp seulement », a indiqué le docteur Hawa Abdi, qui exerce
sur un terrain de 26 hectares, localisé à 20 kilomètres
de Mogadiscio et transformé en camp de déplacés internes.
La plupart des patients sont soignés sous les arbres, a-t-elle précisé.

Le taux de mortalité demeure bas, 15 décès ont été
enregistrés depuis le début de l’épidémie en mars
dernier, a-t-elle poursuivi.

Cependant, les personnes déplacées deviennent plus faibles et,
compte tenu du surpeuplement et de l’absence d’infrastructures sanitaires
dans les camps, les maladies risquent de se propager et de faire plus de victimes.

« Si les conditions ne s’améliorent pas rapidement, [le taux
de mortalité] augmentera sans aucun doute », a souligné
le docteur Hawa Abdi.

En outre, elle a ajouté qu’elle recevait des rapports faisant état
de détérioration des conditions sanitaires dans les autres camps,
où sont accueillies les personnes ayant fui Mogadiscio.

« Je crains que le problème soit lié à
l’eau que les gens boivent et à l’absence totale de système
d’assainissement dans les camps », a-t-elle fait savoir.

Dans un rapport publié la semaine dernière, le Bureau
des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a
indiqué que plus de 17 000 cas de choléra/diarrhée aqueuse
aiguë et 600 décès avaient été répertoriés
dans le sud et dans le centre de la Somalie, depuis le 1er janvier dernier.

Toujours selon le même rapport, la plupart des cas se concentrent dans
la région de Mogadiscio et du Bas Shabelle, où se sont dirigés
les déplacés.

« Etant donné la poursuite des déplacements et l’arrivée
prochaine de la [longue] saison des pluies, le nombre de cas devrait continuer
de croître », a prévenu OCHA.

Le docteur Hawa Abdi a déclaré que son centre de fortune, qui
accueille une trentaine de patients par jour, manquait de produits médicaux
de base, tels que des sels de réhydratation orale.

« Les patients sont de plus en plus nombreux chaque jour et les médicaments
dont nous disposons ne dureront pas très longtemps », a-t-elle
déploré.

L’équipe médicale du camp, formée uniquement de bénévoles,
« travaille jour et nuit pour maîtriser la situation »,
a-t-elle déclaré, demandant de l’aide au nom du personnel sanitaire
et des déplacés. Les vivres, l’eau potable, les abris et les
médicaments font cruellement défaut.

Quelque 365 000 personnes ont fui la capitale somalienne entre le
1er février et le 27 avril.

« Ce chiffre représente près d’un tiers de la
population de ville », a précisé le rapport d’OCHA.

Entre-temps, le calme est revenu à Mogadiscio, après
que les forces éthiopiennes et gouvernementales ont repris le contrôle
de la ville, au détriment des milices rivales.

« Aucun échange de tirs n’a été signalé
depuis vendredi », a annoncé un journaliste local.

Les nombreux pillages qui ont été
commis dans la capitale durant le week-end ont également cessé.

« Vendredi et samedi ont été les journées où
les plus importants pillages ont été enregistrés, mais
depuis tout est rentré en ordre et les commerces ont rouvert »,
a-t-il poursuivi.

Le gouvernement a nommé deux anciens seigneurs de guerre à
d’importants postes gouvernementaux. Muhammad Umar Habeb, plus connu sous
le nom de Muhammad Dhere, a été nommé maire de Mogadiscio,
et Abdi Hassan Qeybdid occupe, quant à lui, le poste de chef de la
police nationale.

Ces deux hommes étaient tous deux membres d’une coalition de seigneurs
de guerre, qui a été chassée de la ville, en juin 2006,
par l’Union des tribunaux islamiques, dont les miliciens ont, à leur
tour, été défaits en décembre dernier par les
forces gouvernementales somaliennes, soutenues par l’Ethiopie.

25/04/07 (B392-B) UNCHR – Haut Commissariat aux Réfugiés (Nations Unies) Somalie : action d’urgence en faveur des personnes touchées par le conflit (On mesure mieux l’ampleur de la catastrophe humanitaire au travers de ces chiffres absolument consternants) (Info lectrice)

Emetteur:
UNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés


Les récents combats en Somalie constituent la dernière en date
d’une série de catastrophes qui ont frappé les habitants de
ce pays. À Mogadiscio, la population s’est retrouvée prise au
piège des pires combats jamais enregistrés depuis 15 ans.

Des centaines de personnes ont été blessées tandis que
des centaines de milliers d’autres ont dû fuir la capitale somalienne
pour se réfugier ailleurs, vivant dans des camps de fortune ou chez
des familles qui les hébergent.

Pour soigner les blessés et venir en aide aux familles déplacées,
le CICR a intensifié ses activités humanitaires en Somalie.

En parallèle à cette opération d’urgence, le CICR poursuit
les activités qu’il mène dans le pays depuis 1977, et notamment
le soutien à 23 dispensaires gérés par le Croissant-Rouge
de Somalie dans le centre et le sud du pays, la construction et la réparation
de systèmes d’approvisionnement en eau, des projets dans les domaines
de l’agriculture et des moyens d’existence, et le rétablissement des
les liens familiaux par le biais d’activités de recherches et de l’échange
de messages Croix-Rouge (messages adressés à des proches que
le conflit armé ne permet pas de joindre autrement).

En Somalie, le CICR demeure l’un des principaux fournisseurs d’aide d’urgence
aux personnes touchées par le conflit et les catastrophes naturelles,
et son premier partenaire est le Croissant-Rouge de Somalie.

Activités d’urgence menées par le CICR depuis le 5 avril

Activités médicales

12 tonnes de fournitures médicales ont été
remises à des structures de soins de santé à Mogadiscio
; 20 000 paquets de sels de réhydratation orale ont été
distribués à cinq centres de réhydratation pour patients
atteints du choléra ; 18 opérations ont été pratiquées
jusqu’à ce jour par une équipe chirurgicale envoyée à
Baidoa.

La capacité de l’hôpital de Keysaney a dû être accrue
de manière à faire face à l’afflux massif de nouveaux
patients. Situé à Mogadiscio-Nord, l’établissement est
géré par le Croissant-Rouge de Somalie. Installé à
Mogadiscio-Sud, l’hôpital Medina fonctionne quant à lui avec
la participation de la communauté locale. Ces deux établissements
chirurgicaux sont soutenus par le CICR depuis 1991 et 1999, respectivement.
Chaque mois, le CICR leur fournit du matériel médical et chirurgical,
prend en charge les salaires des employés et s’occupe de l’entretien
des locaux. Il assure en outre la formation du personnel médical et
technique et travaille à développer l’infrastructure de ces
hôpitaux.

D’autres structures médicales de Mogadiscio qui accueillent et soignent
des blessés bénéficient d’une assistance ponctuelle du
CICR.

En mars, les hôpitaux de Mogadiscio soutenus par le CICR ont
prodigué des soins à plus de 1 000 blessés de guerre
; 674 d’entre eux ont été admis dans les hôpitaux de Keysaney
et de Medina. Pendant les mois de janvier et de février, 540 patients
présentant des blessures de guerre avaient été soignés
dans ces deux hôpitaux.

Eau

260 000 litres d’eau sont distribués quotidiennement
à plus de 50 000 personnes.

Les personnes ayant fui Mogadiscio pour le Bas et le Moyen-Shebelle, ou pour
le sud du Galgudud, peinent à se procurer de l’eau potable en suffisance.
Le CICR achemine de l’eau par camions-citernes vers ces régions et
distribue des rations de survie (cinq litres par personne et par jour) aux
déplacés.

Articles ménagers de première nécessité


19 194 familles (115 164 personnes) ont reçu à ce jour des articles
ménagers de première nécessité.

Les familles comptent en moyenne six à dix personnes. Elles
sont généralement épuisées par les dures épreuves
qu’elles ont subies, en particulier les déplacements éreintants
et la faim. L’incertitude concernant leur avenir les affecte en outre considérablement.


Pour aider les familles déplacées à ne plus dépendre
complètement des communautés locales qui les accueillent, et
à regagner ainsi une part de dignité, le CICR leur distribue
des articles ménagers de première nécessité (feuilles
de plastique, assortiments d’ustensiles de cuisine, jerrycans, nattes, couvertures
et vêtements).

15/01/07 (B378) UNHCR : Somalie : du matériel de secours est acheminé par pont aérien (Info lectrice)

Type
: Communiqué de presse

Emetteur:
UNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés

Thème:
Dossiers | Afrique | International | Actions Humanitaires

L’UNHCR
achemine du matériel de secours par un pont aérien et a déployé
deux équipes d’urgence – en Somalie et en Ethiopie- afin de vérifier
les informations faisant état de nouveaux déplacements au nord-est
de la Somalie et de flux possibles de réfugiés somaliens dans
l’est de l’Ethiopie.

Mercredi,
une équipe d’urgence de l’UNHCR composée de quatre personnes
a atteint le le sud de Galkayo dans la région somalienne du Puntland,
en amont d’une série de missions conjointes prévues par les
agences humanitaires pour évaluer les nouveaux déplacements
et répondre aux besoins des Somaliens déplacés dans le
sud du Puntland, à la frontière avec le centre de la Somalie,
déchiré par le conflit.

Après
l’attaque de Mogadiscio, fin décembre, qui a entraîné
l’arrivée dans la capitale somalienne du Gouvernement fédéral
de transition, nous avons reçu des informations faisant état
de quelque 10 000 Somaliens nouvellement déplacés dans la ville
de Galkayo. Ils ont rejoint les quelque 15 000 personnes déplacées
internes (DI) qui s’étaient déjà installées dans
14 sites dans et autour de la ville. Les 15 000 déplacés internes
avaient été déracinés avant la vague actuelle
de conflit et font partie de population déplacée d’environ 80
000 personnes présentes dans les régions frontalières
du Puntland et de la Somalie centrale. Dans toute la Somalie, on dénombre
plus de 400 000 déplacés internes, la plupart ont été
déplacés lors de conflits précédents ainsi que
par la sécheresse au sud et au centre de la Somalie.

Mercredi,
une visite dans l’une des 14 installations à Galkayo a confirmé
les besoins urgents d’abri et d’autres articles domestiques de base tels que
des bâches en plastique, des jerrycans, des nattes, des couvertures
et des kits d’ustensile de cuisine. L’équipe d’urgence de l’UNHCR continue
son évaluation des besoins et du nombre de déplacés présents
dans les 14 installations tout en préparant une distribution d’urgence
de matériel de secours pour plus de 25 000 personnes déplacées
dans la région.

La semaine
prochaine, nous prévoyons d’acheminer, par un pont aérien, 5
810 bâches en plastique, 1 760 nattes et 1 000 kits d’ustensiles de
cuisine depuis notre entrepôt à Nairobi, ainsi que d’autres biens
de secours fournis par l’Unicef. Nous disposons déjà de 2 000
bâches en plastique sur le terrain, livrées hier par avion.

L’UNHCR
se prépare également à acheminer par un pont aérien
du matériel d’abri d’urgence depuis nos stocks à Dubaï
pour les personnes déplacées internes au sud de la Somalie,
dès que l’arrivée d’avions sera possible à Kismayo. Ils
s’ajouteront à d’autres matériels qui vont être envoyés
dans la région par d’autres agences des Nations Unies.

En Ethiopie,
une équipe d’urgence UNHCR s’est rendue hier (jeudi) dans l’est de
la Somalie, pour vérifier les informations selon lesquelles des personnes
seraient nouvellement arrivées depuis la Somalie et afin de conduire
les premiers entretiens de nouveaux demandeurs d’asile. Nous n’avons pour
le moment pas reçu d’information de leur part.

L’équipe
d’urgence, composée d’employés arrivés du monde entier
et du bureau de l’UNHCR à Addis Abeba, restera dans l’est de l’Ethiopie
pendant près d’un mois.

On compte
actuellement plus de 97 300 réfugiés en Ethiopie, principalement
du Soudan, avec 16 400 réfugiés de Somalie dans le camp de Kebribeyah,
près de Jijiga, dans l’est. Au moment fort de l’urgence somalienne
à la fin des années 80 et au début des années
90, on dénombrait 628 000 réfugiés somaliens présents
dans huit camps à l’est de l’Ethiopie. La majorité de ces réfugiés
sont rentrés chez eux depuis 1997, lorsque l’UNHCR a commencé
le rapatriement des réfugiés vers le nord-ouest de la Somalie
(la République auto proclamée du Somaliland). Sept des huit
camps de réfugiés ont déjà été fermés.

Au Kenya,
l’UNHCR va faire partie d’une mission d’évaluation conjointe des Nations
Unies et du Gouvernement kenyan qui était prévue pour cette
semaine mais maintenant reportée à la semaine prochaine. Cette
mission évaluera la situation en Somalie et étudiera la possibilité
d’une assistance transfrontalière, si la sécurité le
permet. Nous demeurons extrêmement préoccupés par la situation
humanitaire à l’intérieur de la Somalie. Hier, jeudi, nous avons
reçu des informations relatives à une centaine de personnes
blessées qui se rendaient vers la frontière kényane pour
recevoir une aide médicale. Ils auraient été blessés
lundi lors des tirs aériens entre Afmadow et Doble. Après avoir
reçu ces informations hier, le personnel de l’UNHCR a immédiatement
informé le gouvernement et a appelé à l’assistance pour
ce groupe s’il cherche à entrer au Kenya, dont la frontière
avec la Somalie demeure fermée.

Dans d’autres
développements, l’UNHCR se félicite du jugement émis
hier, jeudi, par la Cour européenne des Droits de l’Homme à
Strasbourg qui précise les besoins de protection des Somaliens à
l’extérieur de leur pays.

Dans le
cas du rejet de la demande d’asile d’un Somalien aux Pays-Bas, qui appartenait
à la minorité Ashraf et qui est d’origine de Mogadiscio, la
Cour a rendu un avis selon lequel les Pays-Bas ne pouvait pas l’expulser vers
une région du nord de la Somalie, considérée comme «
relativement sûre » par les autorités hollandaises.

Selon
la Cour, le renvoyer de force au nord de la Somalie serait considéré
comme une violation de l’article 3 de la Convention européenne des
Droits de l’Homme. La décision de la Cour soutient néanmoins
la position de l’UNHCR selon laquelle il n’y a pas de possibilité de
déplacement à l’intérieur de la Somalie.