27/01/2015 (Brève 448) Texte intégral de l’accord-cadre signé entre l’USN et le Gouvernement à Djibouti le 30 décembre 2014

Il n’appartient pas à l’ARDHD de commenter cet accord ni de donner un avis à son propos, tant sur les espoirs qu’il peut susciter que sur les risques en cas de non-application ou d’application partielle.

Ce que nous savons, c’est que le régime dictatorial de Guelleh n’a jamais appliqué aucun des accords passés avec l’opposition dans le passé. Il reste à espérer que le dicton « jamais deux sans trois » soit contredit cette fois.Nous devrions disposer d’éléments concrets dans les prochaines semaines et en particulier lors de la communication qui a été annoncée par l’USN pour la mi-février.

Guelleh et ses obligés sont rusés. S’ils ont signé un accord avec l’opposition, c’est qu’ils avaient intérêt à le faire (pression internationale, pression populaire,… ?). S’ils le respectent, c’est aussi parce qu’ils auraient intérêt à le faire. S’ils ne le respectent pas, c’est que leurs intérêts personnels, comme toujours, leur commandent de passer outre …. au risque de soulever des manifestations populaires d’envergure, comme cela a été annoncé par les orateurs de l’USN le 24 janvier 2015 à Paris

TEXTE INTEGRAL – Pour ceux qui n’ont pas lu le texte intégral, nous le mettons à leur disposition en cliquant sur ce lient (PdF)

26/01/2015 (Brève 447) Mise en ligne de l’intégralité des interventions enregistrées en Vidéo, durant la conférence de Presse de l’USN, le 24 janvier 2015 à Paris

Lien pour les consulter : http://www.ardhd.org/p0124_conf_presse_usn_paris_jan15/p0124-conf-presse-usn-paris.html

25/01/2015 (Brève 446) Ce samedi 24 janvier : conférence de presse de l’USN à Paris pour expliquer le contenu de l’accord-cadre du 30 décembre, les espoirs qu’il suscite, mais aussi les risques et les enjeux pour l’opposition (Ce lundi, les vidéos intégrales des interventions seront disponibles)

A la tribune de gauche à droite : Isabelle Hirayama, représentant le comité de soutien de Paris de l’USN, dont la présidente Zarah Guedi n’avait pu venir, Hachim Loïta Ahmed, représentant de l’UDJ, Maki Houmedgaba, représentant de l’USN pour la France et de l’ARD pour l’Europe et Makaila N’Guebla, journaliste tchadien, en charge de la modération. Ils ont été rejoints ensuite par Elmi Diraneh, représentant le RADD en France.

L’équipe de l’ARDHD avait été invitée à assister à la conférence de presse organisée par l’USN à Paris le 24 janvier, à propos de l’accord-cadre signé le 30 décembre 2014 entre le premier Ministre djiboutien Abdoulkader Kamil Mohamed et le Président de l’USN Ahmed Youssouf Houmed.

Après un bref rappel de la situation à Djibouti, Maki Houmedgaba a présenté les grandes lignes de l’accord-cadre.

En simplifiant à l’extrême, cet accord contient trois types de disposition :

  • Dispositions applicables dès la signature, en particulier :
    • Libération des trois religieux,
    • Rétablissement dans tous leurs droits, des personnes injustement spoliées,
    • Intégration des huit députés de l’opposition au sein de l’Assemblée nationale avec paiement rétroactif de leurs indemnités,
    • Engagement des deux parties à veiller sur l’exercice de l’ordre constitutionnel
    • Réformes démocratiques et institutionnelles immédiates (sans détail)
  • Dispositions à discuter entre un nombre équivalent de représentant de la majorité présidentielle et de l’opposition, dans un délai de quelques semaines, en particulier :
    • Création d’une CENI indépendante,
    • Statut de l’opposition
  • Réformes à mettre en oeuvre dans un délai raisonnable, par exemple :
    • Réforme de la Loi sur la communication de 1992,
    • Renforcement de la décentralisation,
    • Garantie du respect des Droits de l’Homme,
    • Conditions de l’octroi de la nationalité.

Parmi les points qui ont été évoqués par les orateurs et ceux qui ont été soulevés par les personnalités présentes :

1°) Le contexte actuel.
Les orateurs ont beaucoup insisité sur le fait que cette démarche de négociation avec le pouvoir, avait permis de retrouver un climat apaisé et de diminuer les tensions. Isabelle Hirayama a insisté sur la nécessité de :
– permettre aux dirigeants actuels de ne pas perdre la face,
– de promouvoir l’unité nationale à tous les niveaux : patis d’opposition et surtout la population, qui est garante du respect des accords en vue de faire progresser l’évolution démocratique.

2° Les enjeux et l’espoir.
Pour tous les orateurs, la signature de cet accord représente une avancée et permet d’entrevoir une ouverture démocratique progressive. Ils estiment que tous les djiboutiens doivent soutenir cette étape

3°) Les risques
Par le passé, le régime n’a jamais respecté les accords passés avec l’opposition. Il y a donc un risque non négligeable qu’il ne respecte pas ceux-ci. Pour cela, l’opposition doit pouvoir compter sur des moyens de résistance, qui sont de deux ordres :
– le retrait des députés de l’opposition de l’Assemblée nationale et l’alerte des puissances occidentales,
– la pression populaire dans la rue.

4°) L’avenir
Comme l’a souligné Alex, le chemin sera long. Pour lui, hors les difficultés avec le régime, il est nécessaire que l’opposition travaille sur son programme et qu’elle se choisisse le plus rapidement possible, un candidat unique qui la représentera et qui briguera l’investiture en 2016

Maki Houmedgaba a souligné qu’il y avait eu des légers retards dans l’application des mesures décidées. L’USN communiquera vers le 15 février sur l’état d’avancement des négociations

Hachim Loita a souligné le fait, que dans l’état actuel de la Consitution amendée avant la dernière élection présidentielle, IOG était légitime à se représenter en 2016, avec le soutien de sa famille, de son clan et de ses obligés qui ont tout intérêt à ce qu’il continue à assurer la Présidence.

04/06/2014 (Brève 396)Compte rendu de la conférence de presse de l’USN du 30/05/14 à Paris (Par Maki Houmed Gaba, représentant de l’USN en France)

La conférence de presse a été organisée à Paris par le représentant de l’USN en France à l’occasion de la présence en France de Me Zakaria Abdillah, avocat au barreau de Djibouti et président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH). Une trentaine de participants ont fait le déplacement à la conférence dont le thème principal était l’Etat de droit au quotidien et la situation politique à Djibouti.

Etaient intervenants :

  • Me Zakaria Abdillahi Elmi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)
  • Maki Houmed-Gaba, représentant de l’USN en France
  • Abdourahman Waberi, écrivain djiboutien et militant des droits de l’homme
  • Dimitri Verdonck, président de l’Association Culture et Progrès (ACP) en Belgique
  • Hassanatou BA, représentante de la Fédération Internationale des Droits Humains (FIDH)
  • Jean-Loup Schaal, président de l’Association pour le respect des droits de l’homme à Djibouti (ARDHD)

Le représentant de l’USN a introduit le débat sur la situation de l’Etat de droit qui prévaut à Djibouti en présentant les intervenants invités à la conférence

Me Zakaria a le premier dressé un tableau précis des exactions récurrentes commises à Djibouti dans l’irrespect des droits de l’homme. Me Zakaria a pu donner de multiples illustrations de ce que Djibouti est caractérisé par une absence totale d’Etat de droit, les juges rendant des décisions en totale violation de la constitution. La tendance s’inversant parfois, un prévenu libéré par le juge pouvant rester en détention à la demande du ministre de l’intérieur, ce qui a été le cas de l’opposant Daher Ahmed Farah. Me Zakaria également a rappelé dans quelles circonstances des détenus croupissaient dans des prisons privées sans avoir été jugés.

Abdourahman Waberi, l’écrivain de renom, a évoqué son engagement citoyen en dehors des cadres des partis politiques pour accompagner au plus près et épouser le rythme de la société djiboutienne. Abdourahman a évoqué le regard critique sur la société djiboutienne qui a été son fil conducteur dans les différents romans qu’il a écrits. Enfin, Abdourahman a relaté l’organisation par les Djiboutiens des Etats-Unis de la manifestation historique devant la Maison blanche le 5 mai de cette année lors de la réception d’Ismaël Omar Guelleh par le président Barak Obama. Il a insisté sur le besoin de maintenir la pression sur ce régime qui ne survit que par le mensonge médiatique. Abdourahman a rendu hommage aux Djiboutiens des Etats-Unis qui ont aussi bien compris combien l’interpellation des pouvoirs publics et des élus locaux était une méthode qui pouvait donner de bons résultats.

Hassatou BA a rappelé au nom de la FIDH dont elle représente le bureau Afrique à cette conférence, les actions de défense des droits humains menées sur Djibouti où la situation est malheureusement bien connue de leur organisation. Madame BA a rappelé que la FIDH avait soutenu les actions de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) à Djibouti où une mission sera programmée sous peu.

Dimitri Verdonck, président de l’Association Culture et Progrés (ACP) a rappelé dans quelles circonstances l’Association ACP qu’il préside à Bruxelles se tient aux côtés des Djiboutiens pour les soutenir dans la lutte pour la démocratie. Les démarches effectuées par cette association en collaboration avec le représentant de l’USN auprès de l’Union européenne Ali Déberkalé a permis de nouer des liens forts avec les députés européens et ont pu obtenir des soutiens qui ont permis d’aboutir notamment à faire adopter en juillet 2013 la résolution pour la défense des droits de l’homme à Djibouti. Dimitri Verdonck a appelé les Djiboutiens a avancer aussi des propositions pour changer leur pays et ne pas se limiter à la dénonciation bien que légitime.

Jean-Loup Schaal, Président de l’ARDHD, a remercié les Djiboutiens pour la reconnaissance de son parcours par l’organisateur de la conférence. M. Schaal est en effet le doyen d’un soutien historique à la lutte pour la démocratie à Djibouti depuis 1992. Il a ensuite porté son élocution sur le besoin pour l’USN d’élaborer un véritable programme d’alternance politique pour montrer qu’elle est prête pour une relève démocratique à la dictature. Il a appelé les Djiboutiens à persévérer dans leur actions de lutte et que l’ARDHD serait toujours à leur côté pour soutenir leurs démarches en faveur de la restauration des libertés et des droits de l’homme dans leur pays.

La conférence touchant à sa fin, le représentant de l’USN a ouvert la série de questions réponses entre l’assistance et les intervenants.

Makaïla Nguebla, blogueur journaliste tchadien et défenseur des droits de l’homme, a présenté un parallèle entre les dictatures au Tchad et à Djibouti, et a appelé à aider les femmes djiboutiennes dans les difficultés qu’elles connaissent au quotidien, autant sur le plan du droit de la famille que sur celui des représailles qu’elles vivent pour leur participation active à la révolte.

En réponse à une question du journaliste Régis Marzin concernant la médiation de l’Union africaine, Me Zakaria a répondu que la proposition de médiation a été effectuée sur la recommandation de la commission européenne, laquelle a pour sa part toujours soutenu la demande de l’USN que les résultats des élections du 22 février 2013 soient publiés bureau par bureau par le gouvernement djiboutien.

Avant de conclure, le représentant de l’USN a répondu dans une synthèse aux observations les plus récurrentes pendant la conférence. Le rôle de l’USN a notamment été rappelé. Elle consiste en une structure de l’opposition qui rassemble, au-delà des partis politiques, les opposants djiboutiens et les citoyens attachés à la défense des Droits de l’homme. Si l’USN a été créé et une participation aux élections législatives de février 2013 a été décidée, ce fut avec le soutien et la complicité des citoyens, en toute conscience des fraudes à venir mais déterminés à battre le pavé jusqu’à la reconnaissance de leurs votes.

La demande de négociations politique adressée par l’USN au gouvernement djiboutien avec la médiation de la commission de l’Union africaine vise à établir, a rappelé le représentant de l’USN, les conditions minimales d’élections transparentes en 2016 et au-delà.

S’agissant de la genèse et du projet de l’USN, le représentant en France a rappelé que l’élaboration de la Charte et de la Plateforme était destinée précisément à renforcer la structure de cette coalition, et qu’il existait bel et bien un projet politique en cours d’approfondissement avant sa publication.

Le représentant de l’USN a conclu la conférence en appelant à un grand rassemblement à Bruxelles le 27 juin, jour anniversaire de l’indépendance nationale, pour marquer une nouvelle étape dans la dénonciation de la dictature et pour présenter l’avancement des projets de la coalition USN.

Maki Houmed-Gaba
Représentant de l’USN en France
Fait à Paris, le 30 mai 2014

04/05/2014 (Brève 385) Communiqué de l’USN sous la signature de son représentant en France pour dénoncer les interdictions de meeting et la répression des manifestants.

Communiqué de presse

Djibouti : interdiction de tenir meeting et répression

La représentation de l’Union pour le Salut National (USN) en France, coalition de
l’opposition djiboutienne tient à informer l’opinion publique internationale d’une
situation inquiétante qui prévaut à Djibouti depuis ce samedi 03 mai 2014.

En effet, au cours d’un meeting de l’USN tenu ce jour au siège de l’UDJ, la police a chargé en forçant les portes pour s’introduire violemment dans la réunion et réprimer responsables et militants de l’opposition.

Cette intervention illégale des autorités djiboutiennes montre leur nervosité devant la
force de mobilisation des populations excédées par l’arbitraire, l’impunité et l’injustice
sociale, notamment dans la perspective de la visite prochaine d’Ismaël Omar Guelleh
aux États-Unis prévue le 5 mai.

Le bilan provisoire fait état de 30 blessés soignés dans le cabinet médical du Docteur
Abatté sur un total d’une centaine de personnes battues à la matraque.

La représentation de l’USN rappelle que la Coalition avait informé par écrit le
ministère de l’intérieur de la tenue du meeting empêché aujourd’hui ainsi que de 2
autres meetings d’information respectivement fixés au dimanche 4 mai 2014 dans la
commune de Balbala et au lundi 5 mai 2014 au siège de l’UDJ sis au quartier 7;
avenue Nasser.

De surcroît, la capitale djiboutienne est plongée dans l’obscurité depuis deux jours suite à des délestages inexplicables.

La représentation de l’USN dénonce avec la plus grande énergie cette situation qui risque de conduire le pays dans une impasse dangereuse pour la cohésion nationale.

Maki Houmed-Gaba
Représentant de l’USN en France
Fait à Paris, le 3 mai 2

06/03/2014 (Brève 368) Compte-rendu de la conférence de presse de l’USN, à Paris le 22 février par Maki Houmed-Gaba

Lien avec l’article original sur le site de l’ARD

Compte rendu de la Conférence de presse de l’Union pour le Salut National (USN) à Paris le 22 février 2014

Le premier anniversaire des élections législatives du 22 février 2013 à Djibouti a été commémoré à Paris le 22 février 2014 lors d’une conférence de presse tenue au Café Bord de Seine de la Place Châtelet, à laquelle ont été conviés les membres de la communauté internationale, des citoyens djiboutiens et les responsables des organisations de la société civile française et africaines.

Cette conférence de presse a été animée par M. Maki Houmed-Gaba, représentant en France de l’Union pour le Salut National (USN), accompagné de M. Hachin Loïta Ahmed, porte-parole et représentant de l’UDJ pour l’Europe et de la militante du PND Saïda Barré-Falcou, et modérée par le journaliste et blogueur tchadien Makaila NGUEBLA.

Après avoir introduit le thème de la conférence qui était de faire le bilan et les perspectives des actions menées par l’USN depuis les élections frauduleuses de 2013, le modérateur a donné la parole à M. Maki Houmed-Gaba, qui est revenu la situation globale socio-politique qui prévaut dans le pays, une année après.

Il a présenté de manière synthétique l’histoire de la bataille politique depuis l’indépendance de Djibouti le 27 juin 1977, jusqu’aux élections législatives du 22 février 2013.

Les décennies de lutte pour la démocratie ont commencé après l’euphorie de l’indépendance, au lendemain de la première interdiction en 1981 du premier parti d’opposition de Djibouti, à savoir : le Parti populaire pour la démocratie (PPD).

La chape de plomb contre le désir de liberté des citoyens a été une première fois battue en brèche sous la férule d’une lutte armée fratricide à partir de 1991, accompagnée d’une répression féroce des civils accusés de collision.

Deux accords de paix arrachés arme à la main à la dictature entre 1994 et 2001 avaient donné l’espoir d’une première conquête démocratique avec la participation d’une opposition unie aux élections législatives de janvier 2003.

Mais la fraude caractérisée et la répression brutale à l’encontre des membres de l’opposition au lendemain des législatives de 2003 a amené celle-ci à s’abstenir de toute participation à la parodie électorale jusqu’en 2013.

Après une décennie de boycott des urnes, un rassemblement populaire inédit a détonné le 18 février 2011 à Djibouti-ville sous le signe d’un printemps arabe djiboutien qui a rassemblé 30.000 manifestants dans les rues de la capitale. Et un nouveau pacte en a été scellé entre le peuple et une opposition unifiée dans le nouveau cadre de l’Union pour le salut national (USN) pour un projet de participation solidaire.

Dès le lendemain des fraudes aux élections de février 2013 qui attribuèrent la victoire au parti présidentiel RPP en inversant globalement les résultats des urnes, les Djiboutiens occupent les rues plusieurs fois par semaine, bravant la répression et les arrestations systématiques qui s’abattent sur eux.

Le nombre de prisonniers politiques n’a cessé de grimper atteignant la trentaine en janvier de cette année, sans oublier les morts suspectes dans les prisons.

Malgré ce niveau insolite de répression, l’USN a toujours affirmé son esprit de responsabilité en axant les négociations sur ses propres revendications, notamment la publication des résultats par bureau de vote, les réformes démocratiques et le préalable de la libération de tous prisonniers politiques.

Au cours de la conférence de presse, le représentant de l’USN a rappelé que la coalition a proposé des négociations dès le début de la crise politique en mars 2013 en sollicitant une médiation. Elle a accepté d’honorer sa participation à quatre réunions avec les délégués du gouvernement du 14 août au 14 septembre 2013, sans aucun résultat encourageant.

Le 1er février 2014, à la demande du président djiboutien, un délégué de l’USN a été reçu au palais présidentiel. Ce dernier a été mandaté par un engagement formel de poser les mêmes revendications qui s’inscrivent dans le cadre des réformes démocratiques, de la libération des prisonniers politiques et de la reconnaissance de la victoire de l’USN aux élections législatives. Il n’a obtenu cependant qu’une promesse verbale du président djiboutien. Le 6 février, l’USN a remis un projet d’accord politique détaillant ses revendications mais n’a toujours pas reçu de réponse de la part du gouvernement à ce jour, le 22 février 2014.

Pour sa part, le représentant pour l’Europe et porte-parole de l’UDJ, Hachin Loïta, a fustigé les pratiques du régime dont la stratégie consiste à faire semblant de proposer l’ouverture de dialogue à l’USN. Il a insisté sur les signes contradictoires qui ne trompent pas sur la véritable volonté politique du président djiboutien.

Hachin Loïta a pu décrire le stratagème du gouvernement djiboutien pris dans l’étau d’un échéancier politique européen, onusien et américain durant l’année 2014, ce qui le décide à se lancer dans des propositions de dialogue visant à chercher à détourner la critique ou la condamnation de la communauté internationale.

Madame Saïda Barre-Falcou, militante de longue date pour la liberté et la démocratie à Djibouti et membre du PND, a fustigé l’attitude de « folie » qui caractérise l’actuel président Ismaël Omar Guelleh, puisque rien ne peut expliquer son entêtement à maintenir l’oppression alors tout le peuple est debout comme un seul homme pour lui demander de cesser de réprimer son peuple.

Madame Saïda Barré a énuméré les dernières victimes de la dictature, notamment l’enseignant mort en prison Mahmoud Elmi Rayaleh et les familles djiboutiennes expulsées de leur pays accusées de soutenir la coalition USN.

A une question d’« Afriques en lutte » sur les liens de l’USN avec le FRUD qui prône la lutte armée, le représentant de l’USN en France a rappelé les conditions historiques de l’avènement de cette lutte, pour conclure sur le dépassement de cette forme de lutte aujourd’hui, les Djiboutiens ayant choisi d’investir massivement la lutte pacifique et bénéficiant pour ce faire d’un soutien de la communauté internationale.

En réponse à une question sur l’islam politique à Djibouti, Hachin Loïta a rappelé combien l’islam était pacifique et tolérant dans son pays, où se côtoient des lieux de culte de toute obédience situés côte à côte dans les mêmes rues et accueillant librement leurs fidèles.

Abdourahman Mohamed Habib, dit Amigo, représentant le Comité d’opposition djiboutienne à Brest a énuméré la stratégie d’implantation de comités de soutien du gouvernement djiboutien dans plusieurs villes d’Europe, destinés à préparer une certaine diaspora à une nouvelle candidature constitutionnellement illégale du président djiboutien aux présidentielles d’avril et mai 2016.

S’agissant d’une question sur l’Union européenne qui utilise les bases militaires de Djibouti pour sa politique de défense, le représentant de l’USN a rappelé l’intérêt stratégique que représente Djibouti pour l’Europe et pointé combien les aides attribuées à Djibouti ne profitaient nullement aux Djiboutiens appauvris.

Ont été évoquées les démarches entreprises par les représentants de l’USN pour déjouer cette stratégie de communication mensongère du gouvernement djiboutien concernant l’affectation de l’aide européenne. Depuis lors, l’Union européenne en a pris acte et le parlement européen a déjà adopté une résolution le 4 juillet 2013 dénonçant la situation de crise sociale et politique qui perdure à Djibouti et demandant que la démocratie et les droits de l’homme ne soient pas sacrifiés à la sécurité et la paix.

La conférence de l’USN a permis enfin d’échanger sur diverses questions sur l’actualité djiboutienne, telles que la place des femmes dans la société et dans la lutte pour les droits.

Les perspectives nées des élections législatives de février 2013 consistent à maintenir le cap de la mobilisation des Djiboutiens pour un changement dans leur pays. Et seule la forte mobilisation unitaire enclenchée à l’occasion de ces élections pourra vaincre l’autocratie qui prévaut à Djibouti.

L’Union pour le salut national (USN) a élaboré un programme politique partagé avec le peuple djiboutien qui fait l’objet d’une réflexion profonde en y adjoignant une charte visant à refonder le projet sur des bases nouvelles.

Le modérateur Makaïla Nguebla a dénoncé à son tour les manipulations des dictateurs en Afrique qui utilisent les leviers identitaires pour affaiblir la marche de la révolte populaire. Makaïla a rendu hommage à ce titre aux Djiboutiens qui ont su garder le cap de la mobilisation en faisant fi de tous ces paramètres.

Un hommage particulier a été rendu à l’invité de renom de la conférence Jean-Loup Schaal, président de l’Association pour le respect des droits de l’homme à Djibouti (ARDHD), pour les nombreux services rendus à la lutte des Djiboutiens depuis la création de l’ARDHD en 1992.

Commencée à 15 heures, la conférence a pris fin à 18 heures 30 mn.

Maki Houmed-Gaba
Représentant de l’USN en France
Fait à Paris le 28 février 2014

21/02/2014 (Brève 365) Conférence de presse réussie de l’USN à Paris pour faire le point de la situation

L’USN avait convié les journalistes, des personnalités françaises et les membres de l’USN à une conférence de presse ce samedi 22 février, anniversaire des élections législatives de 2013, dont les résultats ont été manipulés en sa faveur par le régime de Guelleh.

A la tribune, Mme Saïda Barreh (PND), Maki Houmed (ARD) et Ahmed Hachin Loita
(UDJ) pour expliquer la situation, avec Makaila journaliste tchadien qui a animé avec talent, le débât en reprenant à chaque fois l’essentiel des messages.

Les trois représentants de partis politiques d’opposition, réunis sous la bannière unique de l’opposition, ont présenté :

  • un rappel historique de 36 années interrompues de dictature
    et de privation de liberté, avec une agravation des multiples atteintes aux droits de l’homme et en particulier, des tortures, des viols et des arrestations arbitraires,
  • une analyse de la situation actuelle, en insistant sur le fait que des manifestations de rue se déroulaient chaque semaine dans la ville,
  • que le dernier meeting de l’USN, prévu hier vendredi, avait été empêché par un déploiement spectaculaire des forces de police qui ont empêché l’accès à tous les participants,
  • ….

L’USN a rappelé les grands principes qui unissent les différentes composantes et en particulier,

  • l’engagement de poursuivre le combat contre la dictature, jusqu’à son abolition,
  • l’engagement de mener uniquement des actions pacifiques, même si le régime utilise la force des armes,

Les orateurs ont fait part de l’évolution des négociations :

  • la demande de participer à une table de négociation dès mars 2013, qui n’a reçu aucune réponse,
  • la proposition du régime le 14 août 2013 de lancer un dialogue : quatre réunions ont été organisées jusqu’à ce que Guelleh y mette un terme de façon unilatérale milieu septembre 2013,
  • la réouverture du dialogue début février 2014 avec une réunion entre le porte-parole de l’USN et Guelleh. Selon ce représentant de l’USN, Guelleh aurait fait des concessions verbales. L’USN a adressé ensuite un compte-rendu écrit pour demander à Guelleh de valider ses engagements, mais elle n’a reçu à ce jour, aucune réponse

Sur le plan international
Les orateurs ont fait part ensuite des actions qu’ils conduisent auprès de l’Union européenne, du parlement européen, de la France et de l’Ethiopie dont l’ambassadeur en poste à Djibouti a reçu récemment des représentants de l’opposition.

Ils ont réaffirmé l’engagement de l’USN à maintenir les facilités consenties aux puissances étrangères sur le territoire, à la condition que les revenus permettent d’améliorer les conditions de vie de la population.

En conclusion les orateurs ont remercié tous les journalistes et les représentants étrangers, présents, qui soutiennent la marche vers la démocratie à Djibouti. Hacin Loita a tenu a exprimer son émotion sur le cas d’une jeune fille violée par un proche d’IOG et qui est enceinte. La plainte qu’elle a déposée a peu de chances d’aboutir au pénal, puiqu’il s’agit d’un proche d’IOG et il a sollicité l’aide des journalistes pour médiatiser cette affaire profondément triste et injuste.

06/12/2013 (Brève 324) – Grand succès pour la manifestation du 6 décembre à Paris, devant l’Ecole militaire, les premières photos.

En dépit d’une température fraiche, l’enthousiasmes et la volonté de dénoncer le régime de Guelleh étaient présents. Certes chaque participant, et surtout ceux venus de province à leurs frais, manifestait bénévolement, comme toujours. Nous étions loin des restaurants luxueux où les sibres de Guelleh avaient organisé le meeting des obligés, payant leurs frais et menaçant de sanctions financières les absents … Toutes les dépenses assumés par le trésor public sur le dos des Djiboutiens, qui manquent de tout, de l’eau, de l’électricité et de la nourriture. Mais le régime s’en moque complètement.

Revenons à cette manifestation unitaire où chaque tendance a pu confirmer la volonté commune : celle de mettre un terme à la dictature à Djibouti.

Lez photos sont éloquentes.

Manifestation 6 décembre 2013 à Paris
Manifestation du 6 décembre pour dénoncer la dictature à Djibouti
Manifestation du 6 décmebre
6 décembre 2013 - Djibouti