02/07/2015 (Brève 470) 03/07/2015 Un groupe tient à nous envoyer des précisions pour compléter les contributions du lecteur qui ont été publiées ci-dessous. Dont acte

NOUS SOMMES LES VICTIMES QUI ONT ECHAPEES A L’ASSASSINATS DES 70 MOUJAHIDINES DE L’AFAR LIBERATION FRONT du DEFUNT SULTANT ALI MIRAH TUEES SUR ORDRE DU CRIMINEL ISMAEL OMAR GUELLEH et du GENERAL ZACHARIA AU SOMALILAND en 1991 et NOUS AUSSI DEMANDONS QUE JUSTICE NOUS SOIT RENDUE ….AMIIN

21/05/06 (B351-A) Zakaria Hassan Aden, officier djiboutien de Gendarmerie, accueilli en France comme stagiaire au collège interarmées de défense (Source Ministère français de la Défense) et la torture. Reprise à titre d’exemple de certaines déclarations signées par ses victimes (en notre possession)

TÉMOIGNAGE
D’ALI ROBLEH DARAR

Prisonnier politique détenu à Gabode depuis août 1996


Je soussigné Ali Robleh Darar de nationalité djiboutienne, résidant à Arta.


Je déclare que : nous étions arrêtés par les gendarmes à Arta le 28 août 1996 à six personnes toutes de la famille de Monsieur Ismaël Guedi Hared, ancien directeur de cabinet du président Gouled, puis accusés injustement d’une soi-disante affaire de crime à laquelle nous n’avons participé ni de près ni de loin.


Au cours de mon interrogatoire, le colonel Mahdi Cheikh Moussa, commandant de la gendarmerie nationale et membre de la famille du président Gouled, a ordonné aux lieutenants Zakaria Hassan et Mohamed Adoyta qui en étaient chargés de me torturer d’une manière intense.


Le lieutenant Mohamed Adoyta a refusé de me torturer, mais mes co-détenus ont été tous torturés cruellement. Ces derniers ont subi: – coups de pieds – coups de matraques – coupes de crosse de pistolet – étouffement à l’aide de l’eau mélangée au javel (système de balançoire).


Actuellement la santé de mon frère Abdillahi Robleh Darar est très affectée à la suite de la torture infligée par les tortionnaires. Il s’écroule au sol et perd connaissance de temps en temps. Privé des soins appropriés, je suis inquiet et crains que mon frère affaibli meurt dans la prison où les conditions de vie sont atroces et dégradantes.


Mes co-détenus au nombre de quatre ont été relachés après quelques mois de détention. Mon frère et moi sommes victimes d’une injustice depuis 31 mois, et au cours de notre détention nous avons jamais été appelés à comparaître.


Notre avocat a tout fait auprès de la Justice en faveur de notre libération puisque notre détention est arbitraire. Ce dernier nous a fait part qu’il ne peut rien faire pour nous défendre car la justice de notre pays bafoue les droits élémentaires.


Nous sommes parmi les centaines de prisonniers malheureux qui attendent un jugement depuis des années. Nous lançons un appel urgent à la communauté internationale car la torture est érigée en système de gouvernement à Djibouti et beaucoup souffrent atrocement des tortures.

Ali Robleh Darar

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DÉCLARATION
d’ADEN SAID HARED

Prisonnier politique détenu politique à Gabode
depuis sept. 1998


Je soussigné Aden Saïd Hared né le 13 janvier 1969 à Wéa-Djibouti, célibataire, déclare:


J’ai été arrêté le mercredi 23 septembre 1998 vers midi à Wéa par les gendarmes de la brigade Arta-Wéa. Ils m’ont incarcéré dans des cellules pleines d’urine, sans courant d’air, ni électricité.


J’ai passé une semaine d’interrogatoire permanent, ils m’ont interrogé sans relâche. J’ai subi toutes sortes de tortures (balançoire, étouffement avec un mouchoir imbibé de javel, …).


Depuis ces temps jusqu’à ce jour, j’ai des problèmes d’ouie, de vue, et mentalement je ne me sens pas bien.


Le 1 er octobre 1998 ils m’ont présenté devant le juge et je n’ai pas manqué d’exposer ma douleur. Mais aucune démarche n’a été fait suite à ma déclaration.


Toute cette opération est dirigée par le capitaine Zakaria.


J’ajoute que nous avons lancé un appel, avec mes co-détenus, aux « Avocats Sans Frontières » pour intervenir en notre faveur. Mais le gouvernement de Djibouti leur a refusé le visa d’entrée au pays. Ma vie s’est dégradée lentement sous la pression de l’injustice et je croupis en prison depuis mon arrestation dans des conditions inacceptables.

L’intéressé Aden Saïd

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DÉCLARATION d’Elleyéh Amin Obsieh,

Prisonnier politique détenu à Gabode depuis sept. 1998


Je soussigné Elleyéh Amin Obsieh né en 1959 à Cheikheyti (district de Dikhil), père de deux enfants, de nationalité djiboutienne, employé comme gardien chez Ismaël Guedi Hared, l’ancien directeur de cabinet de la présidence aujourd’hui opposant pour avoir refusé de cautionner la tyrannie.


Je déclare sur l’honneur que: j’ai été arrêté mercredi 28 août 1996 vers six heures du matin par la gendarmerie de la brigade d’Arta. J’ai été torturé de plusieurs manières pendants dix jours. Ils m’ont fait subir l’étouffement avec une serpillère imbibée de javel, des coups de crosses, des coups de pieds au ventre… J’en ai gardé des séquelles et j’ai même craché du sang.


Les soldats qui m’ont torturé étaient commandés par le capitaine Zakaria de la gendarmerie nationale.


J’ai été relâché le 3 août 1996 vers 10 heures sans me présenter devant la justice. J’ai été soigné à la clinique pendant une dizaine de jours. J’ai déposé une plainte auprès de la Justice mais aucune démarche n’a été lancée.


En outre, une deuxième fois, j’ai été arrêté par la même brigade le 26 septembre 1998 et j’ai subi toutes sortes de tortures pendant cinq jours.


Lorsqu’ils m’ont présenté à la justice le 1er octobre 1998, j’en ai profité pour exposer ma douleur à Mme Neima. Mais le juge a fermé les yeux, sans aucune considération pour ma déclaration.


Le gouvernement a refusé l’autorisation de me défendre à « Avocats sans frontières – France » et au bâtonnier de Djibouti Maître Ali Dini, député du parti de Gouled, à qui j’ai écrit pour demander la désignation d’un avocat sur place et qui ne m’a toujours pas répondu à ce jour.


Je croupis à la prison sous la pression de l’injustice depuis mon arrestation dans des conditions inhumaines. Je demande à toutes les ONG de défense des droits humains de saisir toute instance internationale compétente pour faire poursuivre les auteurs, leurs complices et les commanditaires des crimes dont je suis victime ainsi que plusieurs centaines de personnes détenues à la prison de Djibouti.


Elleyeh Amin

Djibouti le 25 mars 1999