06/05/11 (B602) Yémen Express – Saleh promet de résister à ses détracteurs hors-la-loi – Un drone américain aurait tué deux militants d’Al-Qaïda dans le sud du Yémen – l’opposition appelle le CCG à faire pression sur Saleh- sept tués, dont 2 civils, dans des accrochages – Des milliers de manifestants exigent la démission du président Saleh – une occasion perdue – Les manifestations se poursuivent au Yémen – le chef du CCG retournera à Sanaa pour poursuivre sa médiation – Saleh refuse de signer l’accord de sortie de crise au Yémen

__________________________ Analyse de l’ARDHD

Saleh continue son double jeu. D’un côté, il fait semblant d’accepter un compromis, mais au dernier moment il refuse de le signer. En parallèle, il durcit son régime et continue à faire tuer des manifestants. On comprend qu’il essaye de gagner du temps et de se maintenir au pouvoir en espérant que l’opposition va finir par se lasser. Combien de temps cela va-t-il encore durer ?

__________________________ 9 – Romandie News (Ch) avec AFP

06/05 Yémen: Saleh promet de résister à ses détracteurs hors-la-loi

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a de nouveau promis de résister à ses détracteurs qualifiés de hors-la-loi, alors que la contestation populaire appelant à son départ continue avec des dizaines de milliers de manifestants vendredi à Sanaa et Taëz.

Je vous assure que je vais résister, a lancé M. Saleh devant une foule de ses partisans sur une place jouxtant son palais à Sanaa, les saluant pour leur détermination à défendre la légitimité constitutionnelle.

Il s’est vivement attaqué à ses détracteurs, qui réclament son départ, les qualifiant de hors-la-loi et porteurs d’un projet rétrograde.

Ce sont des forces réactionnaires et terroristes, a ajouté le président Saleh qui n’a pas cessé d’invoquer la légitimité constitutionnelle, pour défendre son mandat qui court jusqu’en 2013.

Oui à la légitimité, non au chaos, non au projet de la rancune, a-t-il encore dit à propos de l’opposition, rappelant que le peuple avait dit son mot en 2006, en le reconduisant à la tête de l’Etat.

Rassemblés en masse sur la place des Sittine, près de la place du Changement, épicentre de la contestation à Sanaa, les protestataires ont de leur côté appelé au départ de M. Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans.

Le peuple veut faire juger le bourreau, a répété la foule, estimée par les organisateurs à des centaines de milliers de personnes.

Le peuple veut Ali Abdallah Saleh, répliquaient les partisans du chef de l’Etat qui, arborant les portraits du président et des banderoles à sa gloire, étaient tenus à distance des protestataires.

Ne quittez pas les places de la contestation jusqu’à la chute du tyran, a lancé un imam dans son prêche devant les protestataires, alors qu’un autre imam, qui haranguait les partisans du président, s’en est pris à l’opposition qui refuse de lever les sit-in pour provoquer le chaos dans le pays.

Des manifestations similaires ont été organisées dans d’autres villes du Yémen, dont Taëz, à 200 km au sud de Sanaa, où des dizaines de milliers de protestataires, rassemblés sur la place de la Liberté, ont réclamé de nouveau le départ du président Saleh.

Vendredi, jour de la prière musulmane hebdomadaire, donne l’occasion à des manifestations rivales, baptisée ce jour le Vendredi de la sécurité et la stabilité par les partisans du régime, et le Vendredi de la fidélité du peuple au Sud par les protestataires.

_____________________________ 8 – AP

06/05 Un drone américain aurait tué deux militants d’Al-Qaïda dans le sud du Yémen

De Ahmed Al-Haj,

Un présumé drone américain a tiré un missile, jeudi, contre une voiture qui circulait dans le sud du Yémen, tuant deux frères considérés comme des militants d’Al-Qaïda, ont déclaré des responsables de la sécurité et des chefs tribaux.

Le ministre yéménite de la Défense a confirmé la mort des deux frères dans la province de Shabwa, mais n’a pas voulu donner plus de détails.

En septembre, le ministre yéménite des Affaires étrangères avait déclaré qu’il n’autoriserait plus de tirs de missiles menés par des avions sans pilote. Mais après la découverte de colis piégés placés par des agents d’Al-Qaïda au Yémen dans des avions cargo à destination des États-Unis en octobre dernier, les tirs de drones semblent avoir repris dans le pays.

Le Yémen, paralysé par d’importantes manifestations contre le président Ali Abdullah Saleh, abrite aussi l’une des branches d’Al-Qaïda les plus actives dans le monde, qui a planifié plusieurs attaques contre les États-Unis.

Des responsables de la sécurité et des chefs tribaux de la province de Shabwa joints par téléphone ont identifié les deux frères comme étant Abdullah et Mosaad Mubarak, mais ils n’ont pas dit pourquoi ils pensaient que l’attaque avait été menée par un avion sans pilote. Ces responsables ont requis l’anonymat compte tenu de la nature délicate de l’information.

Al-Qaïda dans la Péninsule arabique, nom de la branche yéménite du groupe terroriste, compterait environ 300 combattants dans les provinces de Shabwa, Abyan, Jouf et Marib, des régions montagneuses où le gouvernement central est pratiquement absent.

Les États-Unis menaient auparavant de fréquentes missions de drones au Yémen, semblables à celles qui ont tué plusieurs militants d’Al-Qaïda au Pakistan, avant qu’un responsable local ne soit tué dans les frappes. En septembre, le ministre des Affaires étrangères, Abu Bakr Al-Qirbi, avait déclaré que les frappes avaient été suspendues.

Washington soutient la lutte anti-terroriste au Yémen avec une aide militaire de 150 millions $ US par année et la mise à disposition de 100 instructeurs à tout moment. Mais les manifestations populaires appelant à la démission du président Saleh ont nui aux efforts du gouvernement yéménite dans sa lutte contre Al-Qaïda.

Encore des manifestations

Jeudi, des milliers de personnes sont de nouveau descendues dans les rues du centre et du sud du pays pour réclamer la démission du président. Dans au moins deux manifestations, des partisans de M. Saleh ont attaqué des protestataires.

Dans la ville de Bayda, des militants ont affirmé que des partisans du président avaient brûlé des tentes érigées sur une place centrale de la ville alors que les manifestants étaient en train de prier.

Des centaines d’autres manifestants sont arrivés sur les lieux pour dénoncer l’incendie, alors que d’autres recueillaient des dons pour remplacer les tentes, a déclaré un militant qui a requis l’anonymat par crainte de représailles.

«Nous allons reconstruire!», ont scandé les manifestants.

Dans la ville de Damt, dans la province d’Al-Daleh, dans le sud, des partisans d’Ali Abdullah Saleh brandissant des armes automatiques et des bâtons ont organisé une marche d’appui au président. La foule a saccagé un magasin de disques et a battu son propriétaire pour avoir fait jouer des chansons anti-Saleh, a déclaré Mohammed Al-Marfadi, un militant pro-démocratie de la ville.

_____________________________ 7 – Romandie News (Ch) avec AFP

05/05 Yémen: l’opposition appelle le CCG à faire pression sur Saleh

L’opposition yéménite a appelé jeudi les monarchies du Golfe à faire pression sur le président contesté Ali Abdallah Saleh pour qu’il signe un plan de sortie de crise élaboré par ces pays.

Nous appelons les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) à faire pression sur le président et prendre toutes les mesures nécessaires pour le forcer à signer l’accord, a déclaré à l’AFP Mohammad Qahtan, porte-parole du Front Commun, une coalition de l’opposition parlementaire.

M. Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, a refusé la semaine dernière de signer le plan du CCG, qui prévoyait sa démission au bout d’un mois et avait été accepté en principe par le parti présidentiel et le Front commun.

Le secrétaire général CCG, Abdellatif al-Zayani, venu samedi à Sanaa pour inviter officiellement les deux parties à signer l’accord à Ryad, était reparti sans avoir pu obtenir la signature du chef de l’Etat.

Les membres du CCG sont soucieux de mettre un terme au bain de sang au Yémen et de maintenir son unité, sa sécurité et sa stabilité, a déclaré M. Zayani, selon l’agence qatari QNA.

Le CCG est en contact avec toutes les parties yéménites pour obtenir un accord sur les modalités de signature du plan, a-t-il ajouté, assurant que les différends sur le sujet seraient résolues par la consultation avec les ministres du CCG, son secrétariat général et les Yéménites.

Dimanche, les ministres des Affaires étrangères du CCG (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït et Oman) avaient annoncé que M. Zayani retournerait à Sanaa pour reprendre sa méditation, sans préciser de date.

Le plan du CCG prévoit la formation par l’opposition d’un gouvernement de réconciliation et la démission dans un mois de M. Saleh en échange de son immunité, puis une élection présidentielle 60 jours plus tard.

Nous sommes prêts à signer à tout moment, c’est le président qui refuse, a insisté M. Qahtan. Les manifestants qui réclament le départ de M. Saleh depuis plus de trois mois avaient cependant annoncé leur rejet du plan, en particulier de l’immunité pour le président.

Les manifestations contre M. Saleh et la répression qui les a accompagnées ont fait depuis fin janvier au moins 150 morts.

_____________________________ 6 – Romandie News (Ch) avec AFP

Yémen/Sud: sept tués, dont 2 civils, dans des accrochages

Quatre policiers, un militaire et deux civils ont été tués mercredi dans le sud du Yémen dans une attaque armée contre un convoi de la police et des accrochages qui ont suivi, selon un responsable des services de sécurité et une source médicale.

Les assaillants ont tiré trois obus de mortier contre des policiers qui quittaient à bord de deux véhicules le quartier général de la police anti-émeutes à Zinjibar, chef-lieu de la province, l’un des fiefs de la branche locale d’Al-Qaïda, a déclaré à l’AFP le responsable.

Quatre policiers ainsi qu’un militaire qui passait dans le secteur ont été tués dans l’attaque, a ajouté, sous couvert d’anonymat, le responsable en citant un nouveau bilan. Dans un premier temps, il avait fait état de trois policiers tués.

Selon lui, deux obus ont touché les véhicules de la police et un troisième est tombé sur le mur d’enceinte d’un immeuble.

L’attaque a été suivie par des accrochages entre les assaillants et les forces de sécurité, qui se poursuivaient par intermittence en fin d’après-midi dans le centre de Zinjibar, faisant plusieurs blessés, selon des habitants.

Une source médicale a annoncé à l’AFP que 16 civils blessés avaient été admis à l’aéroport, et que deux d’entre eux avaient succombé à leurs blessures.

La semaine dernière, quatre personnes, dont deux civils, avaient été tuées dans deux attaques armées à Zinjibar.

Les violences sont quasi-quotidiennes dans le sud du Yémen, où le pouvoir central est confronté à la fois aux militants d’Al-Qaïda et à un mouvement sécessionniste.

_____________________________ 5 – AP

03/05 Yémen: Des milliers de manifestants exigent la démission du président Saleh

De Ahmed Al-Haj,

Des milliers de manifestants ont envahi lundi les rues de plusieurs villes à travers le Yémen afin de réclamer la démission du président Ali Abdullah Saleh après que celui-ci eut refusé de signer une entente visant à mettre fin à la crise.

Les forces de sécurité yéménites ont tiré en l’air pour disperser les manifestants à Aden, au sud du pays, tuant un homme qui observait la scène depuis son balcon, a révélé le militant Wady al-Shaabi. Une femme a également été atteinte à l’épaule par une balle et blessée.

Le président Saleh a presque fait capoter un accord élaboré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) en déclarant le week-end dernier qu’il demanderait à des proches collaborateurs de le ratifier à sa place, jetant les négociations dans une impasse qui pourrait faire sombrer davantage le pays dans le chaos.

Au moins 140 personnes ont été tuées durant la répression menée par le gouvernement yéménite contre les protestataires, dont le nombre continue tout de même à grossir de semaine en semaine.

Les violences commises par les autorités contre la population ont poussé plusieurs haut dirigeants de l’armée, membres du parti au pouvoir, diplomates et autres responsables à joindre les rangs de l’opposition, isolant ainsi le président.

L’entente suggérée par les pays voisins du Yémen dans le golfe Persique prévoit le départ d’Ali Abdullah Saleh dans les 30 jours suivant la signature et confie le pouvoir à un gouvernement de transition national en attendant la tenue d’élections. La proposition assure également l’immunité au président.

Le leader yéménite avait refusé dimanche à la dernière minute de parapher l’accord. Le CCG a affirmé qu’il enverrait un représentant pour tenter de sauver l’entente.

_____________________________ 4 – Le Figaro avec AFP

3/05 Yémen: "une occasion perdue" (France)

La France "regrette le refus d’Ali Abdallah Saleh de signer l’accord de transition proposé par le Conseil de Coopération des États Arabes du Golfe", ce qui est "une occasion perdue de trouver une issue politique à la crise" au Yémen, a déclaré aujourd’hui le Quai d’Orsay.

Ce plan de transition "est aujourd’hui la meilleure voie permettant une solution pacifique et ordonnée à la crise yéménite, préservant l’unité, la sécurité et la stabilité du pays", a précisé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.

"Nous appelons toutes les parties yéménites à rester pleinement engagées en faveur d’une telle solution" et "demandons une nouvelle fois aux autorités en place d’éviter tout usage de la force à l’encontre de manifestants pacifiques", a-t-il ajouté.

Le Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) a annoncé dimanche que son secrétaire général, Abdellatif al-Zayani, allait retourner à Sanaa pour reprendre sa médiation.

Zayani avait quitté samedi soir Sanaa sans avoir pu obtenir du président Saleh qu’il signe le texte du plan de sortie de crise. L’opposition avait alors refusé de se rendre à Ryad où la signature formelle de l’accord, prévoyant la démission dans un mois du président, devait se dérouler hier.

_____________________________ 3 – France 24

03/05 Les manifestations se poursuivent au Yémen

Par Electron Libre

Au Yémen, l’opposition a prévenu jeudi le gouvernement que les violences contre les manifestants risquaient de faire échouer un projet d’accord pour une transition politique. Des violences qui, mercredi, ont fait une dizaine de morts et de nombreux blessés d’après des cyberactivistes qui ont mis en ligne ces images sur Facebook pour dénoncer la répression.

Des affrontements sanglants sont en effet venus clôturer une journée de manifestations à travers le pays. Cette vidéo amateur aurait ainsi été tournée à Taïz, dans le sud du pays, alors que des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans les rues. Objectif : protester contre le plan de sortie de crise, mis au point par les pays du Golfe, et qui garantit l’immunité au président et à sa famille.

Cette séquence aurait quant à elle été tournée dans la capitale Sanaa. Selon l’auteur de ces images, elle montrerait notamment des snipers positionnés sur les toits tirer à balles réelles sur la foule pour disperser les protestataires.

Cette autre vidéo témoignerait quant à elle des violents affrontements qui ont opposé des manifestants à des supporters du régime.

Des partisans du pouvoir que les opposants accusent d’être payés par les autorités pour attaquer les manifestants. Cette vidéo qui circule actuellement sur Internet montrerait ainsi les pauses déjeuners dans les deux camps respectifs. La première partie du clip aurait été filmée pendant la distribution de petites portions de nourriture aux contestataires, tandis que la deuxième partie aurait été tournée lors des repas, beaucoup plus copieux, dans un campement mis en place par le gouvernement.

_________________________ 2 – Romandie News (Ch) avec AFP

01/05 Yémen: le chef du CCG retournera à Sanaa pour poursuivre sa médiation

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Abdellatif al-Zayani, va retourner à Sanaa pour reprendre sa médiation, après le refus du président contesté du Yémen Ali Abdallah Saleh de signer un plan de sortie de crise proposé par le CCG, a indiqué ce groupe régional.

Dans un communiqué publié au terme d’une réunion à Ryad dimanche, les ministres des Affaires étrangères des six monarchies du CCG ont exprimé l’espoir d’enrayer tous les obstacles qui empêchent encore un accord final sur une transition du pouvoir au Yémen.

Le secrétaire général retournera à Sanaa à cet effet, ont ajouté les ministres qui ont indiqué dans leur communiqué avoir passé en revue les résultats des contacts que M. Zayani a eus samedi à Sanaa avec le président Saleh et l’opposition.

M. Zayani avait quitté samedi soir Sanaa sans avoir pu obtenir du président Saleh qu’il signe le texte de sortie de crise. L’opposition avait alors refusé de se rendre à Ryad où la signature formelle de l’accord, prévoyant la démission dans un mois du président, devait se dérouler dimanche.

_____________________________ 1 – L’Express avec Reuters

01/05 Saleh refuse de signer l’accord de sortie de crise au Yémen

Avec Mohammed Mukhashaf à Aden et Asma Alsharif à Ryad; Nicole Dupont pour le service français

L’accord de sortie de crise au Yémen semblait très compromis dimanche après le refus du président Ali Abdallah Saleh de le signer.

Aux termes de l’accord de transfert du pouvoir, Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, se serait engagé à abandonner la présidence dans un délai d’un mois, devenant, après les présidents tunisien et égyptien, le troisième dirigeant arabe renversé depuis janvier.

Saleh aurait dû signer l’accord samedi.

L’opposition yéménite, ulcérée par ce revirement de dernière minute, a dit qu’elle envisageait d’accentuer la pression sur le président afin qu’il démissionne après trois mois de manifestations contre son régime.

"Nous étudions les options d’escalade et nous attendons une position américano-européenne sur le refus de Saleh de signer", a dit à Reuters un dirigeant de l’opposition en réclamant l’anonymat parce qu’aucune décision officielle n’avait encore été prise.

Le Conseil de coopération du Golfe – Emirats arabes unis, Bahreïn, Arabie saoudite, Oman, le Qatar et le Koweït – à l’origine du plan de sortie de crise, a bouclé dimanche une réunion à Ryad sans annoncer de stratégie pour parvenir à un accord.

"Le conseil exprime l’espoir de lever tous les obstacles bloquant encore un accord final et son secrétaire général se rendra à Sanaa à cet effet", dit une déclaration des ministres des Affaires étrangères du CCG.

L’opposition avait quant à elle refusé de se rendre dimanche à Ryad pour participer aux discussions en affirmant qu’il n’y avait aucune raison d’y assister.

Les médiateurs du CCG ont fait savoir samedi à l’opposition yéménite que Saleh était prêt à signer l’accord en tant que chef de son parti mais pas en tant que chef de l’Etat.

Le secrétaire général du CCG, qui se trouvait à Sanaa pour la signature, a quitté le Yémen sans avoir pu convaincre Saleh de signer et une source au CCG a déclaré que la cérémonie officielle de signature, dimanche à Ryad, avait été reportée, sans que l’on sache si ou quand elle pourrait être reprogrammée.

"C’est vraiment typique de Saleh. Il essaie de gagner du temps. Il repousse l’inévitable. Cela fait partie de sa personnalité", commente Theodore Karasik, un politologue basé à Dubaï.

"Je pense que la perspective d’une solution négociée s’éloigne lentement et qu’un certain type de pression va devoir être appliqué, et non plus des mots".

L’opposition yéménite a dit garder l’espoir que les Etats du Golfe obtiendront la signature de Saleh.

Saleh et l’opposition, qui regroupe des islamistes et des éléments de gauche, ont accepté en principe l’accord.

"L’affaire est maintenant entre les mains des Etats du Golfe. S’ils parviennent à convaincre Saleh, ce serait bien", déclarait samedi soir Mohammed Basindwa, personnalité d’opposition considérée comme un possible Premier ministre de transition.

Saleh, qui s’est entretenu dimanche par téléphone avec les rois d’Arabie saoudite et de Bahreïn, leur aurait dit qu’il continue d’être favorable à l’initiative du CCG, ont rapporté des médias yéménites.

L’accord négocié par le CCG garantit l’immunité à Saleh et à son entourage, y compris à des proches dirigeant les forces de sécurité. Il prévoit en outre que Saleh nomme un Premier ministre issu de l’opposition pour diriger un gouvernement de transition qui devra organiser une élection présidentielle dans les soixante jours suivant son départ.

Des manifestants ont promis de rester dans les rues jusqu’au départ de Saleh et ils réclament qu’il soit traduit en justice pour corruption et pour la mort de quelque 144 manifestants.

De nouvelles violences ont été enregistrées dimanche avec l’attaque d’un bâtiment officiel dans la province méridionale d’Abyan. Des inconnus ont ouvert le feu et tiré des grenades RPG, tuant trois soldats qui gardaient le site et en blessant quatre autres. Un responsable local a mis en cause al Qaïda.

Plus à l’est, trois soldats yéménites ont été tués par des inconnus qui ont tiré sur une patrouille militaire dans la province d’Hadramaut, a-t-on appris de source proche des services de sécurité locaux.

01/05/11 (B602) Yémen Express – Comme nous l’avions anticipé dans nos analyses, Saleh aurait refusé (selon l’opposition) de signer l’accord prévoyant sa démission ! – un officier grièvement blessé – le président Saleh a refusé de signer l’accord de transition – Le président du Yémen refuse de signer le plan de sortie de crise

_________________________ 3 – Le Figaro avec AFP

Yémen: un officier grièvement blessé

Trois soldats, dont un officier, et un civil ont été blessés samedi lorsque des hommes armés ont ouvert le feu à Aden, dans le sud du Yémen, pour empêcher l’armée de lever une barricade, a indiqué un responsable à l’administration locale. L’incident a eu lieu dans le quartier Mansoura, où, à l’appel de manifestants, des habitants ont dressé des barricades pour protester contre le régime du président Ali Abdallah Saleh.

Une unité de l’armée a tenté de débloquer l’une des rues mais a été la cible des tirs qui ont blessé les trois soldats ainsi qu’un civil qui se trouvaient dans les parages, selon le même responsable local. L’état de l’officier a été qualifié de « grave » par un médecin de l’hôpital militaire d’Aden où il a été admis.

A l’appel des protestataires, la ville d’Aden, l’un des foyers de la contestation, était paralysée ce matin par une grève générale. Quatre personnes ont été tuées jeudi et vendredi dans la ville et le sud du Yémen dans des attaques attribuées par des sources au sein des services de sécurité au réseau Al-Qaïda, bien implanté dans cette partie du pays.

_______________ 2 – 20 Minutes (FR)

Yémen: le président Saleh a refusé de signer l’accord de transition

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a refusé samedi de signer l’accord de sortie de crise, a déclaré un responsable de l’opposition yéménite, sur la foi de ce que lui a dit le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

«Le pouvoir a fait capoter l’accord. Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe nous a dit que Saleh avait refusé de signer en tant que président. Il a dit qu’il voulait signer en tant que chef du parti au pouvoir, ce qui représente une violation du texte du plan du CCG», a dit à Reuters ce responsable, Sultan al Atouani.

Les principaux partis d’opposition – formations islamistes et de gauche – ont accepté l’accord, rejeté en revanche par les manifestants descendus dans les rues, qui réclament la démission immédiate de Saleh et son procès. Saleh était censé signer samedi cet accord, qui prévoit qu’il renonce à la présidence dans un délai d’un mois, en échange de son immunité ainsi que de celle de son entourage.

______________________ 1 – Radio Canada avec AFP et Reuters

Le président du Yémen refuse de signer le plan de sortie de crise

Le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, n’a pas voulu signer le plan de sortie de crise qui prévoyait sa démission, a indiqué samedi à l’opposition yéménite le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdel Latif al-Zayani.

Selon l’opposition, le président Saleh a insisté pour signer l’accord en tant que chef du parti au pouvoir, le Congrès populaire général (CPG), et non en tant que président, comme le stipule le document.

La cérémonie de signature de l’accord devait avoir lieu dimanche à Riyad, la capitale de l’Arabie saoudite. Elle devait se faire en présence des chefs de diplomatie du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman, Qatar).

Le plan de sortie de crise prévoit le départ du président Saleh dans un délai d’un mois. Il garantit l’immunité à M. Saleh et à son entourage, y compris à des proches dirigeant les forces de sécurité. Il prévoit aussi que M. Saleh nomme un premier ministre issu de l’opposition pour diriger un gouvernement de transition. Ce dernier devra alors organiser une élection présidentielle dans les 60 jours suivant le départ du président et élaborer une nouvelle Constitution qui sera soumise à un référendum.

Le plan a été approuvé par l’opposition yéménite et le parti au pouvoir, mais jamais explicitement par M. Saleh. Les manifestants qui descendent dans les rues pour contester le régime l’ont rejeté, car ils réclament la démission immédiate de Saleh et sa traduction en justice.

Les manifestations réclamant le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, durent depuis fin janvier et ont fait au moins 145 morts. Samedi, deux militaires et quatre civils ont été tués à Aden, principale ville du sud du Yémen, dans des échanges de tirs entre des militaires et des hommes armés, selon le ministère de la Défense et des sources hospitalières.

30/04/11 (B602) Yémen Express (Saleh continue à faire semblant d’accepter un compromis et à imaginer, en même temps, toutes les raisons possibles pour menacer de ne pas le signer …) – Yémen : l’UE salue l’accord politique sur l’initiative du CCG – La police yéménite ouvre de nouveau le tir contre des manifestants – le président Saleh menace de ne pas signer l’accord prévoyant son départ – Manifestations au Yémen pour le départ immédiat de Saleh – le président Saleh accuse le Qatar, menace de ne pas signer le plan du CCG – Des assaillants inconnus attaquent un point de contrôle dans le sud du Yémen – Des affrontements font 10 morts dans la capitale du Yémen – Des milliers de Yéménites choqués par les morts et la répression manifestent – La violence compromet la transition au Yémen, juge l’opposition – L’opposition exige la fin des violences avant de trouver un accord (10 articles)

____________________ 10 – Quotidien du Peuple (Chine)

Yémen : l’UE salue l’accord politique sur l’initiative du CCG

La Commission européenne, organe exécutif de l’Union européenne (UE), a salué mercredi l’accord politique sur l’initiative du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour une transition pacifique au Yémen, selon une déclaration de Catherine Ashton, la Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

« Je me réjouis d’apprendre que le parti au pouvoir et la coalition de l’opposition ont tous deux accepté le plan de transition que le CCG a proposé le jeudi 21 avril, y compris la disposition prévoyant la formation à bref délai d’un gouvernement d’unité nationale », a déclaré Mme Ashton, qui est également vice- présidente de la Commission européenne.

Remerciant les pays du CCG pour « les efforts importants qu’il a déployés afin de parvenir à un accord politique en faveur de la transition au Yémen », la chef de la diplomatie de l’UE s’est dite « convaincue qu’avec cette initiative du CCG, le Yémen ne saurait disposer de meilleure chance pour relever les défis qui l’attendent en matière économique et sociale et dans le domaine de la sécurité, tout en évitant une escalade de la violence ».

Mme Ashton a exhorté « toutes les parties à finaliser rapidement l’accord et à travailler de concert, pour le bien de l’ensemble de la population du Yémen ».

_________________________ 9 – AP

La police yéménite ouvre de nouveau le tir contre des manifestants

Des policiers yéménites en civil ont de nouveau ouvert le feu, vendredi, contre des manifestants qui réclamaient le départ du président Ali Abdullah Saleh.

Les violences sont survenues dans la ville d’Hodeida, dans l’ouest du pays, et ont fait cinq blessés. Des tirs de pierres ont aussi été échangés.

Dans la capitale, Sanaa, des manifestants ont rempli une section de huit kilomètres de la rue Sitteen, une des principales artères du secteur occidental de la ville. Il s’agissait de la plus importante manifestation depuis le début des troubles au Yémen.

Des partisans du président Saleh se sont de leur côté rassemblés devant le palais présidentiel, comme ils le font tous les vendredis. Le président s’est adressé à eux pour traiter les dissidents de «traîtres et d’agents».

Les leaders du mouvement de contestation affirment que des manifestations ont eu lieu dans 19 provinces du pays.


_________________________ 8 – La Croix

Yémen : le président Saleh menace de ne pas signer l’accord prévoyant son départ

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans et dont le départ est prévu par un plan des monarchies du Golfe, a menacé de ne pas signer cet accord si des représentants du Qatar, dont le premier ministre avait appelé début avril à sa démission, sont présents à la cérémonie de signature qui doit avoir lieu à Ryad le lundi 2 mai.

Selon lui, c’est « l’État du Qatar qui finance actuellement le chaos au Yémen ainsi qu’en Égypte et en Syrie et partout dans le monde arabe ».

Basée au Qatar, la chaîne Al-Jazira, qui a révolutionné l’audiovisuel dans le monde arabe depuis sa création en 1996, assure une large couverture des mouvements de protestation dans le monde arabe, qui ont déjà balayé les présidents tunisien et égyptien.

_________________________ 7 – L’Express avec Reuters

Manifestations au Yémen pour le départ immédiat de Saleh

Mohammed Ghobari et Mohamed Sudam, avec Mohammed Mukhashaf à Aden et Erika Solomon à Dubaï, Guy Kerivel pour le service français

Les Yéménites sont descendus en grand nombre vendredi dans les rues pour exiger le départ immédiat du président Ali Abdallah Saleh et rejeter la transition progressive prévue par le plan de sortie de crise mis au point par les Etats du Golfe.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté sur Siteen Street, la principale artère de la capitale Sanaa, pour rendre hommage aux « martyrs de la révolution ».

Trois mois de violences afin d’obtenir le départ de Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans, ont fait au moins 142 morts à travers tout le pays.

« Nous allons poursuivre notre révolution et nous ne céderons pas, même s’il doit y avoir un million de martyrs », a lancé un dignitaire religieux aux fidèles rassemblés pour la grande prière du vendredi. Certains manifestants ont largué des ballons sur lesquels était écrit, à l’adresse de Saleh, « Dégage ! ».

Des dizaines de milliers de manifestants antigouvernementaux ont également défilé dans d’autres villes du pays, notamment Ibb, Hodeida et Baidah.

Mais des manifestations pro-Saleh ont également rassemblé des foules imposantes à Sanaa, place Tahrir et Sabiyeen Street, au cri de: « le peuple veut Ali Abdallah Saleh ».

Le président yéménite doit apposer sa signature au bas du document préparé par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) samedi prochain à Sanaa.

L’opposition doit pour sa part signer l’accord dimanche à Ryad, en Arabe saoudite, avec le vice-président du parti gouvernemental yéménite, Abdel-Karim al Iryani.

Mais l’opposition a prévenu jeudi le gouvernement que la poursuite des violences contre les manifestants risquait de faire échouer le projet. Des hommes armés en civil ont tué douze personnes et en ont blessé des dizaines d’autres mercredi à Sanaa.

Ce plan de sortie de crise prévoit un transfert du pouvoir en trois mois. Les six Etats membres du CCG, alliance régionale militaire et politique, demandent au président Saleh de remettre les rênes du pays à son vice-président dans le délai d’un mois après la signature d’un accord.

Un responsable de l’opposition devrait prendre la tête d’un gouvernement intérimaire chargé de préparer l’élection présidentielle deux mois plus tard.

Le projet accorde l’immunité à Saleh, à sa famille et à ses conseillers qui ne pourraient pas faire l’objet de poursuites judiciaires comme le réclament leurs adversaires.

_________________________ 6 – AFP

Yémen: le président Saleh accuse le Qatar, menace de ne pas signer le plan du CCG

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, dont le départ est prévu par un plan des monarchies du Golfe, a menacé de ne pas signer cet accord et accusé le Qatar de « complot », dans une déclaration publiée vendredi.

« Des contacts sont en cours pour la signature lundi à Ryad (…). Mais nous avons des réserves sur certains médiateurs du Conseil de coopération du Golfe (CCG), impliqués dans un complot », a déclaré M. Saleh dans une interview à la chaîne « Russia Today », publiée par les médias locaux.

Le président yéménite a cité le Qatar: « C’est l’Etat du Qatar qui finance actuellement le chaos au Yémen ainsi qu’en Egypte et en Syrie et partout dans le monde arabe ».

« Nous nous réservons le droit de ne pas signer si des représentants du Qatar étaient présents » à la cérémonie, a menacé M. Saleh.

Les chefs de la diplomatie du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) doivent se réunir dimanche à Ryad pour finaliser les dispositions du plan sur une transition du pouvoir au Yémen, avant de le soumettre en principe à la signature du régime et de l’opposition yéménites.

La médiation du CCG, lancée début avril, avait provoqué alors une crise diplomatique entre Doha et Sanaa, qui avait rappelé son ambassadeur au Qatar pour protester contre une déclaration du Premier ministre qatari, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, appelant au départ de M. Saleh.

« Ils (les Qatariotes) ont beaucoup d’argent et ils sont peu nombreux (…). Ils veulent s’imposer comme une grande puissance dans la région (…) grâce à la chaîne Al-Jazira », a-t-il dit dans une attaque virulente contre le Qatar, un petit pays de quelque 1,6 million d’habitants, dont quelque 200.000 Qatariotes, riche en gaz naturel et en pétrole.

La chaîne Al-Jazira du Qatar, qui a révolutionné l’audiovisuel dans le monde arabe depuis sa création en 1996, assure une large couverture des mouvements de protestation dans le monde arabe, qui ont déjà balayé les présidents tunisien et égyptien.

Les monarchies du Golfe, inquiètes de l’instabilité au Yémen, parent pauvre de la Péninsule arabique, ont élaboré un plan prévoyant la formation par l’opposition d’un gouvernement de réconciliation nationale, puis la démission un mois plus tard, avec une garantie d’immunité, du président Saleh.

Une élection présidentielle devrait ensuite avoir lieu dans les 60 jours.

Les manifestations réclamant le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, durent depuis fin janvier et ont fait plus de 145 morts.


_________________________ 5 – AP

Des assaillants inconnus attaquent un point de contrôle dans le sud du Yémen

De Ahmed Al-Haj,

Des opposants au gouvernement yéménite ont affronté la police, jeudi, dans la province d’Aden, dans le sud du pays, alors que des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à travers le pays pour dénoncer la répression meurtrière des forces gouvernementales et demander la démission du président.

Les affrontements ont été provoqués par une attaque à la bombe perpétrée par un groupe armé inconnu à un point de contrôle de la capitale provinciale, Krater. L’attaque semble indiquer une détérioration rapide de la sécurité au Yémen, un pays déjà affligé par la pauvreté et un conflit armé avant le début du soulèvement anti-gouvernemental, en février.

Un militant de l’opposition, Adnan Abdel-Mohsen, a affirmé que les assaillants avaient lancé une bombe sur le poste de contrôle, et que les gardes avaient répliqué en tirant au hasard sur les gens qui se trouvaient sur les lieux. Trois membres de la garde républicaine ont été blessés, a-t-il dit.

Le point de contrôle était situé près de la succursale locale de la banque centrale du Yémen, sur la route qui mène au palais présidentiel. Une fusillade a éclaté et s’est poursuivie pendant une bonne partie de la nuit.

M. Abdel-Mohsen a indiqué qu’il y avait peu de policiers dans les rues de Krater et que des tirs pouvaient être entendus dans différentes parties de la ville.

Plusieurs policiers et membres des forces de sécurité ont abandonné leur poste depuis le début du soulèvement populaire.

«Nous blâmons le gouvernement pour avoir permis à ce chaos de se produire», a dit M. Abdel-Mohsen. «Nous demandons à la police de revenir dans les rues pour contrôler la situation et nous protéger.»

Le président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, refuse de démissionner. Les grandes manifestations populaires et les défections de commandants de l’armée, de membres du parti au pouvoir et d’autres anciens alliés n’ont pas suffi à le convaincre de partir. Il se maintient au pouvoir avec l’aide d’unités militaires commandées par l’un de ses fils et d’autres membres de sa famille.

Jeudi, M. Saleh a congédié le procureur général du Yémen, Abdullah Al-Olofi, a rapporté la télévision officielle. Le procureur avait refusé de blâmer les jeunes manifestants de l’opposition pour les violences survenues la veille dans la capitale. Les forces de sécurité, appuyées par des tireurs d’élite postés sur les toits, ont ouvert le feu sur la foule mercredi à Sanaa, tuant 12 personnes et en blessant près de 200 autres.

Des manifestants sont descendus dans les rues de plusieurs villes du pays jeudi pour dénoncer ces violences, qui ressemblaient à l’attaque du 18 mars à Sanaa, lors de laquelle des tireurs d’élite avaient tué plus de 40 personnes, ce qui a provoqué une vague de défections parmi les alliés du président Saleh.

Dans un communiqué, les partis de l’opposition ont affirmé que les meurtres de mercredi étaient un «massacre sauvage» et constituaient un crime contre l’humanité perpétré par le président Saleh et les membres de sa famille qui dirigent des unités spéciales de l’armée accusées d’avoir tiré sur les manifestants.

Les ministres des Affaires étrangères des six pays membres du Conseil de coopération du Golfe se rencontreront dimanche dans la capitale saoudienne, Riyad, pour peaufiner une ébauche de proposition visant à mettre fin à la crise au Yémen.

La proposition, dont le principe a déjà été accepté par le président Saleh et les partis d’opposition reconnus, prévoit le transfert du pouvoir au vice-président de M. Saleh et la création d’un gouvernement d’unité nationale dans les 30 jours suivant la signature de l’accord. En échange, le président Saleh et sa famille bénéficieraient de l’immunité judiciaire.

Les manifestants anti-gouvernementaux, qui affirment que les partis de l’opposition ne les représentent pas, ont rejeté la proposition. Ils demandent que le président démissionne immédiatement et que ses fils et lui soient poursuivis pour les violences commises contre les manifestants.

Les partis de l’opposition ont prévenu qu’il pourraient ne pas signer l’accord si les violences se poursuivent.

_________________________ 4 – L’Express avec Reuters

Des affrontements font 10 morts dans la capitale du Yémen

Pierre Sérisier, Guy Kerivel et Philippe Bas-Rabérin pour le service français

Des hommes armés vêtus en civil ont tué dix personnes et en ont blessé des dizaines d’autres en ouvrant le feu mercredi à Sanaa sur des manifestants qui réclamaient le départ immédiat du président yéménite, que les médiateurs du Golfe tentent d’écarter du pouvoir en douceur.

Cette fusillade meurtrière clôturait une journée de manifestations ayant mobilisé des dizaines de milliers de personnes. Beaucoup protestaient contre un plan de sortie de crise approuvé par le gouvernement et l’opposition, qui laisse un mois au président Ali Abdallah Saleh pour démissionner.

Ce plan, mis au point par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), garantit l’immunité au président et à sa famille.

Dans la capitale, les manifestants cherchaient à atteindre un secteur situé hors du quartier où ils campent depuis février et exigeaient un retrait immédiat de Saleh, ont dit des témoins.

« Nous avons reçu des corps et les avons transférés dans un hôpital privé », a déclaré Mohammad al Koubati, médecin travaillant auprès des manifestants. Un autre médecin a dit qu’au moins dix personnes avaient succombé à leurs blessures.

Auparavant, des manifestants avaient bloqué l’accès du port d’Hodeida, sur la mer Rouge, et d’autres s’étaient heurtés aux forces de sécurité en divers points du Sud. Un contestataire et un soldat ont péri dans ces affrontements, selon des médecins et des responsables locaux.

« Les gens veulent un départ (de Saleh), pas une initiative », criaient les manifestants près du port d’Hodeida, où les activités maritimes se déroulaient normalement.

Un organisateur du rassemblement d’Hodeida, Abdoul Hafez Mouadjeb, a dit que les garde-côtes avaient fait bon accueil aux manifestants en leur faisant savoir qu’ils ne feraient pas usage de leurs armes contre eux.

« Nous allons fermer le port, parce que ses revenus servent à financer les voyous », a dit un manifestant, Mouaz Abdallah, en faisant allusion aux agents de la sécurité en civil qui font souvent usage de poignards et de battes pour disperser les manifestations.

Par ailleurs, les forces de sécurité ont tué ou blessé par balles au moins quatre personnes dans la province méridionale de Lahidj, ont déclaré témoins et médecins.

Un responsable de l’opposition, Mohammed Bassindoua, a exprimé l’espoir qu’un accord soit signé dimanche à Ryad sur la base du plan de sortie de crise mis au point par les Etats du

« Les Etats-Unis, l’Union européenne et les Etats du Golfe garantissent que toutes les parties respecteront cet accord », a-t-il ajouté.

Le plan du CCG prévoit un transfert du pouvoir en trois mois. Saleh remettrait les rênes du pays à son vice-président au plus tard un mois après la signature d’un accord. Un responsable de l’opposition prendrait la tête d’un gouvernement intérimaire chargé de préparer un scrutin présidentiel deux mois plus tard.

Le projet accorde l’immunité à Saleh, à sa famille et à ses conseillers, qui ne pourraient pas faire l’objet de poursuites judiciaires, comme le réclament leurs adversaires.

D’autres affrontements ont éclaté à Aden, le grand port du Sud, où de jeunes manifestants bloquaient les rues et brûlaient des pneus afin de paralyser l’activité dans la ville.

Des mouvements de grève avaient aussi lieu à Taëz, qui a connu certains des plus grands rassemblements anti-Saleh, et à Ibb, au sud de Sana.
Ailleurs dans le Sud, des hommes armés ont abattu deux soldats et en ont blessé cinq autres dans l’attaque d’un poste militaire à Zindjibar, chef lieu de la province d’Abian où opèrent de nombreux militants islamistes d’Al Qaïda.

Les forces de sécurité yéménites ont perdu en partie le contrôle de cette province depuis le début de la contestation populaire, qui a fait quelque 130 morts en trois mois.

_________________________ 3 – AP

Des milliers de Yéménites choqués par les morts et la répression manifestent

Des dizaines de milliers de Yéménites se sont rassemblés jeudi dans tout le pays pour dénoncer la répression contre les manifestants la veille dans la capitale Sanaa, qui a fait 12 morts.

Bravant la pluie, ils ont condamné la répression brutale exercée par les forces loyales au président Ali Abdullah Saleh dans plusieurs villes du pays, ainsi qu’à Taiz et Saada.

Le président Saleh s’accroche au pouvoir malgré des manifestations quotidiennes réclamant son départ depuis début février, dans la lignée des révoltes dans le monde arabe.

Mercredi, les forces de sécurité appuyés par des tireurs embusqués sur les toits ont visé la foule d’environ 100 000 personnes réunies à Sanaa. Douze personnes ont été tuées et au moins 190 blessées.

L’opposition a dénoncé un «massacre» et un crime contre l’humanité commis par Saleh et ses proches.


_________________________ 2 – L’Express avec Reuters

La violence compromet la transition au Yémen, juge l’opposition

L’opposition yéménite a prévenu jeudi le gouvernement que les violences contre les manifestants qui réclament le départ du président Ali Abdallah Saleh risquaient de faire échouer un projet d’accord pour une transition politique.

Des hommes armés en civil ont tué dix personnes et en ont blessé des dizaines d’autres en ouvrant le feu sur des contestataires mercredi à Sanaa.

Cet incident intervient alors qu’est censé être conclu dimanche à Ryad, en Arabie saoudite, un accord de transition pour le Yémen sous l’égide des Etats du Golfe.

« Si nous sommes dans l’impossibilité de protéger les manifestants, nous ne pourrons pas rechercher un accord dont le régime tenterait de se servir pour verser encore plus de sang », affirme la coalition d’opposition dans un communiqué.

Inspirés par les renversements d’autocrates en Tunisie et en Egypte en début d’année, les Yéménites manifestent contre Saleh depuis trois mois.

Les violences des dernières semaines ont fait pencher la balance aux dépens de Saleh, qui est au pouvoir depuis 32 ans et a longtemps été un allié clé de l’Occident contre Al Qaïda.

Les incidents meurtriers de mercredi soir ont clôturé une journée de manifestations ayant mobilisé des dizaines de milliers de personnes.

Beaucoup protestaient contre le plan de sortie de crise du Conseil de coopération du Golfe (CCG), approuvé par le gouvernement et l’opposition, qui laisse un mois au président Saleh pour démissionner.

Les manifestants de Sanaa cherchaient à atteindre un secteur situé hors du quartier où ils campent depuis février et exigeaient un retrait immédiat de Saleh, ont dit des témoins.

En plus des dix morts de la capitale, un manifestant et un soldat ont péri mercredi lors d’affrontements dans le port méridional d’Aden.

Les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, voisine du Yémen, veulent voir s’engager un processus politique afin de régler la crise, redoutant qu’une dégradation de la situation n’offre un champ d’action inespéré à Al Qaïda dans la péninsule Arabique.

Aux termes du projet de règlement, le président Saleh, sa famille et ses conseillers ne pourraient pas faire l’objet de poursuites judiciaires comme le réclament leurs adversaires.

Le CCG, alliance politique et militaire qui regroupe six pays du Golfe, envisage un transfert du pouvoir en trois mois.

Saleh remettrait les rênes du pays à son vice-président au plus tard un mois après la signature d’un accord. Un responsable de l’opposition prendrait la tête d’un gouvernement intérimaire chargé de préparer un scrutin présidentiel deux mois plus tard.

____________________________ 1 – 20 Minutes (Fr)
avec Reuters

28/04 : L’opposition exige la fin des violences avant de trouver un accord

L’opposition yéménite a mis en garde le gouvernement, jeudi, affirmant que les violences contre les manifestants réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh risquaient de faire dérailler le processus de transition politique. «Si nous sommes dans l’impossibilité de protéger les manifestants, nous ne pourrons pas tenter de trouver un accord dont le régime tente de se servir pour verser encore plus de sang», affirme la coalition de l’opposition dans un communiqué.

Des hommes armés en civil ont ouvert le feu sur la foule mercredi à Sanaa tuant 10 personnes et en blessant plusieurs dizaines d’autres. Cet incident intervient alors que doit être conclu un accord de transition politique sous l’égide des Etats du Golfe dimanche à Ryad.

28/04/11 (B601) Yémen Express – Saleh continue son double jeu – Des militaires vêtus en civil nous ont tiré dessus – 12 manifestants tués par balles à Sanaa – LA DOCTRINE DU DOUBLE LANGAGE… ! – Saleh cherche une sortie plus digne que Moubarak et Ben Ali – Un plan saoudien loin des revendications populaires – Un accord pourrait être signé dans les jours à venir au Yémen – des dizaines de manifestants bléssés dans des affrontements avec la police – l’opposition donne son accord final au plan du CCG (8 articles)

_____________________________ Note de l’ARDHD

Saleh poursuit son double jeu.

Comme nous l’avions déjà écrit, Saleh continue son double jeu diabolique et sanglant

Officiellement, il aurait accepté les conditions de règlement proposées par le Groupe des Monarchies du Golfe, mais en mettant des réserves, qui lui permettront de conserver le pouvoir.

De l’autre côté, il ordonne une répression sanglante et macabre. Les morts se multiplient. Certains policiers se seraient déguisés en manifestants, pour tuer encore plus facilement les opposants …

Qui pourrait encore le croire ?

_________________________ 8 – EuroNews

Yémen : “Des militaires vêtus en civil nous ont tiré dessus”

Une nouvelle journée de violence dont témoigne Alda Jarban. Cet homme fait partie du mouvement de la jeunesse yéménite. Nous l’avons joint par téléphone à Sanaa.

“Il n’y a pas eu d’affrontements avec les forces de sécurité yéménites mais avec des hommes armés, vêtus en civil, à l’intérieur du stade de la révolution. Ils ont attaqué les manifestants à coups de pierre et ils ont tiré alors que le défilé était en cours.

Ce sont des partisans du régime, ce sont des militaires habillés en civil, et ils nous ont tiré dessus.

Nous étions en train de manifester de manière pacifique et nous n’avions pas d’arme. Un grand nombre de personnes ont été blessées pendant ces affrontements entre les manifestants et ces hommes armés.”

_________________________ 7 – Le Parisien avec AFP

Yémen: 12 manifestants tués par balles à Sanaa

Deux policiers et un manifestant hostile au régime au Yémen ont péri lors de heurts armés mercredi, alors que deux soldats ont été tués dans une attaque d’Al-Qaïda, selon des sources de sécurité et médicales.

Douze personnes ont été tuées par balles et plus de 130 autres blessées mercredi au Yémen lorsque les forces de sécurité et des militaires ont tiré pour disperser une manifestation à Sanaa, selon un nouveau bilan obtenu de sources médicales.

Sur les 130 manifestants blessés par balles ou à coups des poignards, 10 sont dans un état grave, selon des sources médicales.

De précédents bilans avaient fait état de quatre morts, puis neuf, et une source médicale avait indiqué que le nombre de victimes risquait d’augmenter.

Dix corps ont été transportés dans un hôpital d’une université privée et le deux autres à l’hôpital de campagne établi sur la place du Changement, épicentre de la contestation dans la capitale yéménite, ont ajouté les mêmes sources.

Les forces de sécurité et des militaires ont tiré à balles à réelles pour disperser une importante manifestation dans un quartier du nord de Sanaa, a-t-on ajouté.

Les forces gouvernementales sont intervenues sur l’avenue Sittine, qui conduit à l’aéroport de Sanaa, où des dizaines de milliers de protestataires défilaient pour dénoncer le plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe et réclamer la chute du régime, selon des témoins.

Des partisans du régime, armés de pierres et de bâtons, ont participé à la répression des manifestants, ont ajouté les témoins.

Les autorités ont justifié la violente intervention des forces gouvernementales par la présence d’éléments armés de l’opposition parmi les manifestants, qui voulaient, selon elles, s’attaquer à une salle de sport.

Des dizaines de partisans du régime ont été blessés dans les heurts avec les protestataires, ont ajouté les autorités.

Des manifestations similaires s’étaient déroulées sans incident ces derniers jours dans la capitale, ont rappelé les organisateurs.

___________________ 6 – Oudjacity

YEMEN : LA DOCTRINE DU DOUBLE LANGAGE… !

Mohammed ESSAHLAOUI
Source : http://www.oujdacity.net/international-article-44535-fr/

Depuis le déclenchement du soulèvement populaire, par la jeunesse révolutionnaire, tous les partis de l’opposition parlementaire, ne cessent de pratiquer un double jeu, auquel le Yémen a toujours été habitué, bien avant la prise de pouvoir par Abdallah SALEH, le protégé privilégié des U.S.A.et de l’Occident, en général.

La position géographique et géopolitique du Yémen, y est sans doute pour beaucoup, quand on sait que les Américains tiennent toujours à exercer leur rôle de gendarme international, pour sécuriser le contrôle rigoureux des routes d’approvisionnement, au vu et au su de la République Islamique de l’Iran.

Par ailleurs, le prétexte de la lutte contre Al qu’aida qui menacerait la stabilité régionale justifierait, à lui seul, le soutien inconditionnel, apporté généreusement par les U.S.A. à la frivole République Yéménite, qui veut donner l’impression de se battre sur plusieurs fronts.

Ce sont donc, autant de facteurs de divers ordres qui font que les puissances occidentales ferment yeux et oreilles sur de multiples dépassements constatés chez leur protégé le dictateur A. Saleh, pendant les trente années piteuses de son abominable dictature. Comme tous les dictateurs du monde arabe, A.S. s’est appuyé sur l’armée, sur les tribus, et sur les multinationales, pour se livrer à une stratégie diabolique de répressions sauvages, contre les intellectuels, la classe politique rétive et récalcitrante, favorisant ainsi le clientélisme, la corruption, la politique des clans.

Cette politique d’exclusion des compétences, de la marginalisation d’une grande partie d’une jeunesse abandonnée misérablement à son sort, en l’absence quasi-totale de ce qu’on pourrait appeler des structures sociopolitiques de contre pouvoir-société civile, associations bénévoles, syndicats, o.n.g. entre autres-a prouvé sa sénilité incurable.

Des partis de façades, aux intentions prédatrices, soudoyés, opportunistes, arrivistes, matérialistes, corrompus, aux liaisons véreuses, se sont dressés comme des obstacles, des remparts, bloquant hermétiquement toute initiative sensée et louable, susceptible de contribuer à sauver le Yémen des ladres horribles et cupides.

Les preuves sont là toutes nues : alors que les jeunes et les forces vives du pays se sacrifiaient en tombant sous les balles réelles des hordes du système, alors que les manifestants étaient sur le point d’abattre une autre dictature arabe, des partis politiques dits de l’opposition parlementaire discutaient lâchement, veulement, avec des représentants du pouvoir.

Les traîtres dialoguaient en vue, non plus d’extirper le Yémen des misères, de l’anarchie, du despotisme, de la dictature corrompue et féroce qui ronge la société, mais plutôt de sauver in extrémis de la potence un voleur avéré qui n’est autre qu’A. Saleh.

Encore une fois, les partis de l’opposition dite parlementaire ont trahi, ont assassiné de sang froid une grande révolution, dont la thèse fondamentale se résume ainsi : la mise en place d’un vrai système démocratique passerait inévitablement par la chute préalable du dictateur et de son système dictatorial pourri et condamné à mort par des révolutionnaires purs, propres, et intègres.

___________________ 5 – Le Monde

Yémen : "Saleh cherche une sortie plus digne que Moubarak et Ben Ali"

Propos recueillis par Paul Larrouturou

François Burgat est chercheur au CNRS et ancien directeur du Centre français d’archéologie et de sciences sociales de Sanaa (CEFAS). Il pense que le président Saleh tiendra sa promesse de partir et que l’opposition sera en mesure de prendre la relève.

Que prévoit le plan des monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ?

François Burgat : C’est une étape importante qui est a priori crédible. Aux termes de cet accord qui pourrait être signé mercredi à Ryad, mais dont le principe a déjà été accepté par le Congrès général du peuple (le parti du président), Ali Abdallah Saleh démissionnerait dans un délai de trente jours après la formation d’un gouvernement d’union nationale. Il obtiendrait en contrepartie une garantie d’impunité et, grâce à ce délai, l’occasion d’une sortie plus digne que celle de ses homologues tunisien ou égyptien partis sous la pression directe de la rue. Il n’a probablement pas envie de perdre le pouvoir dans les mêmes conditions que Hosni Moubarak et Zine El-Abidine Ben Ali.

Il est donc raisonnable de penser qu’il tiendra sa promesse, d’autant plus que, pour l’instant, une grande partie de la rue n’accepte pas le plan et n’a montré aucune scène de liesse. La rue va rester mobilisée. Et ce sommet devrait donner à beaucoup de yéménites ce qu’ils attendent : le départ du président.

Comment l’opposition va-t-elle organiser l’après-Saleh ?

On considère à tort ce pays comme particulièrement traditionnel voire archaïque. Ainsi, à la différence de presque tous les pays de la région, il existe depuis près de vingt ans une opposition parlementaire qui intègre les forces politiques réelles. Contrairement aux pays d’Afrique du Nord, elle intégrait même les islamistes, un temps associés au pouvoir avant de retourner dans l’opposition. Depuis 2006, la coalition en lutte contre le parti du président et, depuis quelques mois, contre son régime, est en fait le fruit d’une alliance entre les socialistes (héritiers du régime du Sud, avant l’unification de 1990) et les islamistes du parti Al-Islah.

Cela veut dire que ce front d’opposition – qui cautionne aujourd’hui le plan de relève proposé par le Conseil de coopération du Golfe – a un ancrage solide dans le pays et donc une certaine crédibilité à jouer un rôle responsable dans la phase de transition. Mais demain, ces forces politiques devront démontrer leur capacités non seulement à se partager le pouvoir entre elles, mais également à ménager au parti du président une place politique suffisamment raisonnable pour qu’il accepte de partir.

Quels sont les obstacles à une transition démocratique et pacifique après le départ éventuel du président Saleh ?

Les défis restent immenses, plus économiques et sociaux qu’idéologiques ou religieux. Ajoutons tout de même deux foyers de tensions très spécifiques au Yémen. Le premier est le conflit qui déchire le Nord. Depuis 2004, ceux qu’on appelle à tort la "rébellion chiite" (alors que le président Saleh est tout aussi chiite) critiquent les concessions faites aux Etats-Unis au lendemain du 11-Septembre.

L’autre fracture qui participe de la configuration de la révolte contre le pouvoir de Sanaa est l’héritage de la seconde guerre civile intervenue quatre ans après la réunification du pays en juillet 1994. Le "petit" Sud (alors 3 millions d’habitants) n’a jamais accepté la brutale défaite militaire infligée par le Nord (alors 12 millions).

Le régime autoritaire du président Saleh a sciemment entretenu et instrumentalisé ces deux crises pour se crédibiliser plutôt que chercher une réponse politique rationnelle. Depuis son succès dans la guerre civile, le président Saleh a également pris toutes les mauvaises habitudes de ses homologues arabes : le clientélisme et la répression sont devenus progressivement plus importants que la représentativité des institutions. Aujourd’hui, la démarche pacifique de l’immense majorité des manifestants a démontré une grande maturité politique de "la rue". Tout n’est donc pas noir dans le paysage de la transition qui pourrait s’ouvrir dans les jours à venir.

___________________ 4 – Courrier International avec Mareb Press

Un plan saoudien loin des revendications populaires

Le président Ali Abdallah Saleh a donné son accord à un projet du Conseil de coopération du Golfe prévoyant sa démission à moyen terme.

Si les partis d’opposition semblent favorables à ce plan, les manifestants exigent toujours le départ immédiat du dirigeant yéménite.

Le plan de sortie de crise présenté le 23 avril par les monarchies du Golfe est en réalité destiné à empêcher la transition démocratique au Yémen. En effet, il préempte le choix du peuple sur la forme du futur régime, en consacrant à l’avance le régime présidentiel au lieu du régime parlementaire qui aurait les faveurs des manifestants.

Ce plan serait parfaitement apte à régler une crise entre le gouvernement et l’opposition [la coalition des partis d’opposition, la Rencontre commune, qui réunit notamment le Parti socialiste yéménite et le parti islamo-tribal Al-Islah, a finalement accepté ce plan]. Or il ne s’agit pas d’une crise politique, il s’agit d’une révolution. Par conséquent, la légitimité révolutionnaire doit s’imposer à la légitimité institutionnelle. [Les mouvements de jeunes qui campent dans différentes villes du pays ont rejeté ce plan et continuent de réclamer la chute du régime et le départ immédiat du président.]

L’attitude des pays du Golfe vis-à-vis du Yémen se caractérise tantôt par des hésitations, tantôt par leur partialité en faveur du président en place, Ali Abdallah Saleh, et au détriment des demandes populaires. A trois reprises, ils ont présenté un plan de sortie de crise. Chacun était en retrait par rapport au précédent. Le premier date du 3 avril et exigeait tout simplement la démission immédiate du président Ali Saleh. Le 10 avril, le deuxième plan accordait un délai d’un mois et prévoyait le transfert du pouvoir au vice-président. Finalement, le troisième et dernier plan constitue un recul encore plus net. Au lieu d’appuyer les demandes populaires, il empêche toute poursuite pénale du président Saleh et lui accorde trente jours de sursis lui permettant de revoir sa copie et d’essayer de diviser le mouvement de protestation, voire de reprendre la répression.

Le fait que chaque initiative du Conseil de coopération du Golfe [CCG, qui regroupe les pétromonarchies de la péninsule, Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar] soit en recul par rapport à la précédente, témoigne des divergences de vue entre ses six membres. Les inflexions favorables au régime en place à Sanaa ont été obtenues par Saleh à la suite de l’envoi de ses émissaires à Riyad pour y plaider sa cause. Car c’est l’Arabie saoudite qui fait barrage aux demandes de chute du régime. Elle ne veut pas que les Yéménites réussissent leur transition démocratique, de peur de perdre son influence sur le pays voisin, qu’elle considère comme son arrière-cour.

Elle a donc épousé le point de vue d’Ali Abdallah Saleh selon lequel il faut respecter le cadre de la Constitution yéménite. En réalité, c’est un prétexte pour qu’il puisse rester en poste. Lui-même n’a cessé de manipuler ladite Constitution. Comble de l’ironie, l’idée d’accorder l’immunité juridique au président par un vote parlementaire est contraire à la Constitution, puisque le mandat des députés a expiré depuis plus de deux mois. De même, l’idée d’appeler à une élection présidentielle n’est pas conforme à l’obligation de faire précéder la présidentielle par des législatives.

Les jeunes révolutionnaires du Yémen ont fait montre de bonne volonté vis-à-vis des initiatives du CCG, mais ils demandent que leurs revendications soient prises en compte. Si cela pouvait être le cas, cela contribuerait à une véritable transition au Yémen et se répercuterait positivement sur les relations à venir entre le Yémen et les pays du CCG. Dans le cas contraire, cela hypothéquerait durablement ces mêmes relations. Car les régimes passent mais les peuples restent.

________________________ 3 – Le Point avec Reuters

Un accord pourrait être signé dans les jours à venir au Yémen

par Mohamed Soudam et Mohammed Ghobari
Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Le moment et le lieu de la signature d’un accord sur la démission au Yémen du président Ali Abdallah Saleh pourraient être annoncés dans les jours à venir par un émissaire du Golfe, a déclaré mardi un responsable de l’opposition.

Mohamed Bassindoua a indiqué à Reuters que le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdoullatif al Zaïani, devrait se rendre à Sanaa dans les jours à venir pour conclure un plan de transfert du pouvoir, qui prévoit que le président Saleh démissionne 30 jours après sa signature.

"Nous nous attendons à ce qu’un arrangement soit trouvé et que la signature d’un accord soit bouclée – et le plus tôt sera le mieux", a-t-il dit. Prié de dire si l’accord négocié sous l’égide du CCG pourrait être signé dans les jours prochains, il a répondu par l’affirmative. "On l’espère. C’est possible".

Une coalition de l’opposition comprenant aussi bien des islamistes, des hommes de gauche que des nationalistes arabes a levé lundi soir un obstacle de premier plan à la mise en oeuvre de l’accord, en acceptant de participer à un gouvernement de transition.

La coalition, qui réclame le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, avait salué samedi la médiation du CCG mais, en désaccord sur certains points, avait alors refusé de participer à un gouvernement d’union nationale.

Les six pays membres du CCG, alliance régionale militaire et politique comprenant notamment l’Arabie saoudite et le Koweït, et les pays occidentaux s’emploient depuis des semaines à trouver une solution à la crise politique du Yémen, où les manifestants de l’opposition manifestent depuis trois mois en faveur d’un départ de Saleh et de réformes démocratiques.

Ali Abadallah Saleh a accepté le principe du plan, élaboré par les ministres des Affaires étrangères du CCG et prévoyant qu’il démissionne, en échange de l’immunité pour lui-même, sa famille et ses collaborateurs.

L’accord de transition du CCG prévoit aussi que Saleh nomme un Premier ministre issu de la coalition d’opposition, et qu’une élection présidentielle se tienne deux mois après sa démission.

LES MANIFESTATIONS VONT CONTINUER

Des responsables de l’opposition ont déclaré à Reuters avoir finalement accepté le plan lundi après avoir reçu la garantie de diplomates américains à Sanaa que le président, âgé de 69 ans, démissionnerait effectivement un mois après la signature.

La coalition d’opposition craignait à l’origine que Saleh, vieux routier de la politique yéménite, ne fasse capoter le plan au cas où le parlement n’accepterait pas sa démission.

Les manifestants se sont engagés à poursuivre leurs rassemblements jusqu’à la démission et le procès de Saleh. Ils craignent aussi que certains partis de l’opposition, qui comptent d’anciens alliés de Saleh, ne fassent que coopérer au plan pour obtenir une part du pouvoir sans mettre en oeuvre de réels changements.

"Cet accord déçoit nos attentes. Le président n’a pas quitté le pouvoir. Il a obtenu ce qu’il recherchait – que lui et ses partisans partent sans être jugés pour la mort de manifestants et pour les fonds qu’ils ont détournés", a estimé Hamdan Zaïd à Sanaa, où des milliers de manifestants campent depuis des semaines.

"Il a remporté une victoire sur l’opposition, mais pour ce qui nous concerne, nous continuons notre révolution. Nous ne quitterons pas les rues à cause de cet accord(…)", a-t-il dit.

Au moins 125 manifestants ont été tués depuis le début des manifestations au Yémen, dont une grande part des 23 millions d’habitants déplorent la corruption rampante et la mauvaise gestion du pays. Au Yémen, 40% cent des habitants vivent avec deux dollars par jour, voire moins. Un tiers de la population est confronté à des problèmes chroniques de malnutrition.

________________________ 2 – Radio Chine avec XINHUA

Yémen : des dizaines de manifestants bléssés dans des affrontements avec la police

Des dizaines de manifestants demandant la démission immédiate du président yéménite Ali Abdullah Saleh, ont été blessés lundi dans des affrontements avec la police, dans des provinces dans le sud du Yémen.
La police a ouvert le feu et a utilisé le gaz lacrymogène pour disperser les manifestants dans les provinces telles que Sanaa, Taiz, Al-Hudaida, Ibb et Aden, ont indiqué des organisateurs des manifestations antigouvernementales.

Le Yémen est depuis trois mois le théatre des manifestations de masse réclamant le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 33 ans.

Le parti au pouvoir du président yéménite Ali abdullah Saleh et l’opposition avaient officiellement annoncé samedi qu’ils acceptent le plan de sortie de crise modifié du CCG.

Le plan propose la formation d’un gouvernement d’union nationale et un tansfert de pouvoir par le président Saleh au vice-président, puis le président Saleh doit annoncer sa démission dans les 30 jours et le président de transition et le gouvernement d’unité nationale ont ensuite 60 jours pour organiser les élections présidentielles.

________________________
1 – Romandie News (Ch) avec AFP

Yémen: l’opposition donne son accord final au plan du CCG

L’opposition yéménite a donné lundi son accord final au plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et prévoyant le départ dans 30 jours du président contesté Ali Abdallah Saleh, a déclaré à l’AFP son porte-parole.

Nous avons donné notre accord final au plan du CCG après avoir obtenu des assurances des frères du Golfe et des amis américain et européens au sujet de nos objections sur certaines clauses du plan, a déclaré le porte-parole, Mohamed Qahtane.

Il a ajouté que le Front commun, une coalition de l’opposition parlementaire, avait transmis lundi soir son accord au secrétaire général du CCG, Abdellatif Zayani.

L’opposition avait annoncé samedi son acceptation du plan du CCG à l’exception d’une clause prévoyant qu’elle forme un gouvernement de réconciliation nationale sous l’autorité du président Saleh.

25/04/11 (B601) Yémen Express – Deux manifestants tués, des dizaines de blessés au Yémen – 2 personnes tuées, dix blessées par balles dans des manifestations anti-Saleh – Au Yémen, Saleh accepte de partir, des opposants sceptiques – Les manifestations se poursuivent au Yemen (4 articles)

_________________________ 4 – L’Express avec Reuters

Deux manifestants tués, des dizaines de blessés au Yémen

Jean-Stéphane Brosse et Philippe Bas-Rabérin pour le service français

Les forces de sécurité yéménites ont tué deux manifestants lundi dans la ville d’Ibb et la région d’Al Baïda, tandis que 50 autres étaient blessées à Taïz au cours d’un rassemblement de plusieurs milliers de personnes, a-t-on rapporté de sources médicales.

A Ibb, des policiers en civil ont abattu un manifestant en ouvrant le feu pour mettre fin à une marche de protestation contre le régime du président Ali Abdallah Saleh. Trente contestataires ont en outre été blessés, huit par balles et les autres par jets de pierres ou à coups de matraque, a-t-on déclaré de mêmes sources.

Un deuxième manifestant a été tué dans la province méridionale d’Al Baïda.

A Taïz, 250 personnes recevaient des soins après inhalation de gaz lacrymogènes et 50 autres étaient blessées – 25 par balles et 25 par jets de pierres, ont rapporté des médecins.

Selon des témoins, les forces de l’ordre ont fait usage de leurs armes pour empêcher des manifestants de traverser la ville, située à 200 km au sud de Sanaa, en suivant un itinéraire qui passait devant un palais présidentiel.

« Il y avait un cortège de plusieurs milliers de personnes qui venaient de l’extérieur de Taïz, mais la police, l’armée et des hommes armés en civil les ont affrontées en ouvrant le feu et en tirant des grenades lacrymogènes », a déclaré un organisateur de la manifestation, Djamil Abdallah.

« Ils ont tiré abondamment et de toutes parts. »

Des dizaines de militants ont été arrêtés, ont dit des témoins. Taïz est l’un des principaux foyers du mouvement de contestation qui touche le pays depuis trois mois.

L’incertitude entoure un projet de règlement politique prévoyant le départ prochain du président Saleh.

Le risque de voir le Yémen s’enfoncer davantage dans des affrontements sanglants inquiète l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, qui soupçonnent la branche régionale d’Al Qaïda (Aqpa) de chercher à exploiter le chaos qui s’ensuivrait et à s’incruster toujours plus dans ce pays de la péninsule Arabique.

Saleh, dont la rue exige la démission depuis trois mois, a donné son accord de principe à un projet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) aux termes duquel il démissionnerait dans quelques semaines en échange d’une immunité contre toutes poursuites qui viseraient sa famille, ses collaborateurs ou lui.

La principale coalition d’opposition yéménite, composée d’islamistes et de groupes de gauche, a fait bon accueil au projet de règlement mais en formulant des réserves. Elle a notamment exclu de participer à un gouvernement d’union nationale au cours d’une période transitoire.

Aucun accord officiel n’a été signé.

Les manifestants, qui réclament des poursuites contre Saleh en raison d’une répression qui s’est soldée par plus de 120 morts jusqu’ici, se sont juré d’intensifier leur mouvement, de crainte que l’entourage de Saleh ne retarde son départ.

Saleh a déclaré dans un premier temps qu’il ne briguerait pas sa réélection à l’expiration de son mandat en 2013, puis il a exprimé l’intention de se retirer cette année après avoir organisé des élections législatives et présidentielle.

Il est au pouvoir depuis près de 33 ans.

____________________________ 3 – Nouvel Obs

Yémen: 2 personnes tuées, dix blessées par balles dans des manifestations anti-Saleh

Le parti présidentiel au Yémen a accepté samedi le plan de sortie de crise présenté par les monarchies du Golfe prévoyant un départ d’ici quelques semaines du président Ali Abdallah Saleh. (c) Afp

Deux personnes ont été tuées par balles lundi lors de manifestations au Yémen, à Ibb et à Al-Baïdah, respectivement au sud et au sud-est de Sanaa, a-t-on appris auprès de sources médicales et de témoins.

Dix personnes ont également été blessées par balles lundi au Yémen où les forces gouvernementales sont intervenues pour disperser des manifestations réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh et dénonçant le plan de sortie de crise du Golfe, selon des témoins.

A Taëz, plus au sud-ouest, trois personnes ont été blessées par balles et des dizaines d’autres ont souffert de problèmes respiratoires lorsque les forces de sécurité et l’armée ont ouvert le feu et lancé des grenades lacrymogènes pour disperser une manifestation, selon des protestataires.

Un caméraman de la télévision Al-Arabiya, une chaîne à capitaux saoudiens basée à Dubaï, Mahmoud Taha, a affirmé à l’AFP avoir été brièvement interpellé à Taëz par les forces de sécurité qui l’ont battu et ont confisqué sa caméra et son téléphone portable avant de le relâcher.

Des manifestations ont également eu lieu à Hodeïda, sur la mer Rouge, et à Moukalla, dans le sud-est du Yémen.

A Hodeïda, une unité de la Garde républicaine, dirigée par un fils du chef de l’Etat, encerclait depuis dimanche la base aérienne de la ville placée sous le commandement d’Ahmed Sanhani, un officier qui a récemment annoncé son soutien aux protestataires, selon des habitants.

A Sanaa, des milliers d’instituteurs et d’institutrices ont organisé une marche en direction du ministère de l’Education pour réclamer le départ du président Saleh, a rapporté un correspondant de l’AFP.

A Taëz, deuxième plus grande ville du Yémen, à 200 km de Sanaa, les forces gouvernementales, massivement déployées, étaient intervenues pour bloquer la progression des manifestants dans un quartier du sud-est, selon des témoins.

« Pas de répit, pas de répit tant que le bourreau n’a pas été jugé », ont répété les manifestants à Taëz où les forces de sécurité avaient bloqué avec des blocs en ciment les principales artères conduisant au siège du gouverneur. Des véhicules blindés de l’armée y étaient déployés.

Déchaînés, des protestataires ont arraché des portraits du chef de l’Etat, dans une campagne lancée par les protestataires pour « nettoyer la ville des photos du président », qui trônent sur les grandes places et les édifices publics.

Les protestataires ont répété leur rejet du plan de l’initiative des monarchies du Golfe prévoyant le départ, dans quelques semaines mais avec des garanties pour son immunité, du président Saleh, acceptée par le régime et sous conditions par l’opposition parlementaire.

« O Pays voisins: pas de négociations, pas de dialogue », affirmait l’une des multiples banderoles brandies par les protestataires.

Des drapeaux bahreïnis ont fait leur apparition lundi lors de la manifestation de Taëz en solidarité, selon des participants, avec les protestataires bahreïnis dont le mouvement a été maté à la mi-mars par les autorités de Manama avec l’aide des autres monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Malgré l’acceptation par son parti du plan du CCG, M. Saleh a répété qu’un changement de régime passerait par « les urnes », sur la BBC.

____________________________ 2 – L’Express avec Reuters

Au Yémen, Saleh accepte de partir, des opposants sceptiques

Nicole Dupont pour le service français

Des opposants yéménites réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh ont émis dimanche des réserves sur les modalités de sa démission telle qu’elle a été proposée par les médiateurs du Golfe, et ils ont promis d’intensifier leurs manifestations.

Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, a accepté un plan des médiateurs prévoyant qu’il démissionne dans un délai d’un mois après la signature d’un accord avec l’opposition.

La principale coalition d’opposition a approuvé ce plan sous condition, mais des jeunes et des militants à la pointe des manifestations anti-Saleh se montrent sceptiques.

Ils redoutent que le parti au pouvoir et l’opposition, qui siégeaient au Parlement avant les manifestations, sacrifient sur l’autel de leurs ambitions politiques les espoirs des dizaines de milliers de personnes descendues dans les rues pour réclamer des réformes démocratiques.

« Il y a beaucoup de ressentiment parmi les jeunes parce que l’opposition a accepté cette initiative (…) Nous intensifierons les manifestations jusqu’à ce que nous forcions le président à démissionner immédiatement », a déclaré à Reuters Abdoulhafez Mouadjeb, chef de file du mouvement protestataire à Houdaïda, ville portuaire de la mer Rouge.

A Sanaa, où des manifestants sont dans la rue depuis des semaines, beaucoup scandaient à l’adresse de Saleh: « Pas de négociation, pas de dialogue – démissionne ou fuis ».

Dans une interview au service en arabe de la BBC, Saleh a souligné dimanche qu’il ne s’agissait pas pour lui de remettre le pouvoir à des « agents de l’insurrection ».

« Nous allons nous en tenir strictement à la légalité constitutionnelle. Nous n’accepterons pas le ‘chaos constructif' », a-t-il dit. « A qui devrais-je remettre le pouvoir ? A des agents de l’insurrection ? ». Il a réaffirmé que des militants d’Al Qaïda étaient actifs parmi les unités de l’armée qui se sont ralliées aux manifestants.

L’opposition, emmenée par des partis islamistes et de gauche, était jugée faible en comparaison du parti au pouvoir jouissant d’importants financements, mais elle a réussi à réunir un grand nombre de manifestants.

Des dizaines d’entre eux ont été tués depuis le début, il y a près de trois mois, du mouvement inspiré des révolutions tunisienne et égyptienne.

Des observateurs estiment qu’un délai de trente jours entre la signature de l’accord et la démission effective de Saleh offre une fenêtre au cours de laquelle des troubles pourraient faire dérailler le plan de transition.

« Des chefs de tribus ou les fils du président ou d’autres dirigeants pourraient faire n’importe quoi, parce qu’ils seront les perdants de cet accord », note le politologue yéménite Ali Seif Hassan. « S’il n’y a pas de guerre civile, ils perdront. Mais s’il y a une guerre, ils pourraient l’emporter parce que ce sont eux qui mèneront le combat. »

Il s’agirait d’une perspective inquiétante pour Washington et l’Arabie saoudite voisine, qui redoutent qu’une plongée dans le chaos permette à la branche yéménite d’al Qaïda de s’enraciner encore plus profondément dans un pays contrôlant des voies maritimes stratégiques.

Des affrontements entre des partisans de Saleh et de manifestants ont éclaté à Tourbah, dans la province de Taïz, au sud de Sanaa. La police a ouvert le feu et trois manifestants ainsi qu’un partisan de Saleh ont été blessés, ont rapporté des habitants.

La crise a entraîné un quadruplement du prix des bonbonnes de gaz. La devise s’échange désormais à 243 pour un dollar, contre 214 pour un dollar il y a neuf semaines.

« Plus cela se prolonge, plus l’économie se dégrade. Plus l’économie se détériore, plus vous verrez de gens dans la rue, mais on ne peut dire de quel côté ils seront », observe Gregory Johnsen, un spécialiste du Yémen.

Des rassemblements pro-Saleh ont de leur côté réuni des dizaines de milliers de partisans. Le président a aussi conservé le soutien de la plupart des unités militaires, dont beaucoup sont dirigées par des proches.

Son fils dirige la garde républicaine qui a ouvert le feu dimanche dans le district de Had, dans la province méridionale de Lahej. Selon des habitants, il s’agissait de représailles à l’attaque de gardes républicains par des membres de tribus. Six personnes, dont trois militaires, ont été tuées dans les affrontements qui ont suivi.

Saleh a affirmé dimanche à la BBC qu’al Qaïda était actif au sein des manifestants. Il a souvent fait valoir que les manifestations servaient les intérêts d’al Qaïda, mais l’opposition, dont le parti islamiste Islah constitue la première composante, affirme être mieux placée pour combattre l’extrémisme.

Le scepticisme règne aussi au sein de l’opposition, qui a officiellement salué le plan élaboré par les six membres du Conseil de coopération du Golfe. Il prévoit que Saleh forme un nouveau gouvernement dirigé par un membre de l’opposition de son choix avant de transférer le pouvoir à son vice-président dans un délai de trente jours.

L’opposition a annoncé qu’elle ne ferait pas partie de ce gouvernement.

« Nous craignons de participer au gouvernement et qu’ensuite le président n’honore pas sa promesse de démissionner au bout de 30 jours. L’homme est bien connu pour ne pas respecter ses engagements« , a déclaré un dirigeant de l’opposition.

Ces dernières années, Saleh est revenu à deux reprises sur des promesses de ne pas briguer de nouveau mandat.

Des responsables des deux camps ont dit avoir été à deux doigts, le mois dernier, d’un accord de transfert du pouvoir qui a capoté, apparemment parce qu’il ne prévoyait pas de garantir l’immunité à la famille du président.

« Il y a encore un mois jusqu’à la démission du président et nous nous attendons à tout moment à ce qu’il change d’avis », déclare Mohammed Charafi, un militant. « Nous ne partirons pas (…) tant que Saleh ne sera pas parti et que nous ayons atteint notre objectif de mise en place d’un Etat fédéral moderne. »

Aux termes du plan du Conseil de coopération du Golfe, Saleh, sa famille et ses collaborateurs obtiendraient l’immunité. L’opposition l’a accepté mais le faire admettre aux manifestants, qui exigent que les auteurs de la répression soient jugés, risque d’être une tâche difficile.

______________________________ 1 – AP

Les manifestations se poursuivent au Yemen

Des milliers de manifestants sont de nouveau descendus dans les rues dimanche dans la capitale Sanaa, malgré l’annonce la veille par la télévision d’Etat que le président Ali Abdallah Saleh acceptait de quitter le pouvoir.

Contesté par la rue depuis plus de deux mois, le président Saleh au pouvoir depuis 32 ans a accepté samedi le plan de sortie de crise proposé par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), prévoyant son départ d’ici un mois en échange de l’immunité judiciaire.

Selon la télévision d’Etat, l’opposition qui réclame son départ immédiat a également accepté la proposition des médiateurs du Golfe, mais avec des réserves. Elle critique un article donnant au Parlement, contrôlé par le parti du chef de l’Etat, le droit de rejeter la démission du président.

Les manifestations se sont poursuivies dimanche, rassemblant notamment plusieurs milliers de personnes à Sanaa.

24/04/11 (B601) Yémen Express – Sortie de crise ? Pas si sur ! – L’opposition entraîne le Yémen dans la guerre, dit Saleh – le parti présidentiel accepte le plan de sortie de crise – La Maison Blanche salue le plan de sortie de crise au Yémen – grève générale, l’opposition accepte en partie un plan du Golfe

______________________ Analyse ARDHD

Sortie de crise ? Pas si sur !

Il semble que Saleh ait (enfin ?) accepté le plan de sortie de crise proposé par le Groupe des monarchies du Golfe et qui a été salué par les USA.

Au terme de celui-ci Saleh devrait remettre dans un mois, le pouvoir au vice-Président et partir, assuré de l’immunité (Ce qui pourrait paraître bien généreux, étant donné tous les crimes qu’il a commis et fait commettre. Quel organisme ou institution est en mesure de garantir une véritable immunité pénale ? Si cela semble être possible devant la justice yéménite, on voit mal comment une telle immunité serait reconnue devant la justice internationale, en cas de dépôt de plainte par les familles des victimes ???)

De son côté, l’opposition a donné un accord sous réserve, car le texte prévoit que le parlement (à la solde de Saleh) puisse refuser sa démission… dans un mois !

Comme Saleh est un homme que l’on pourrait qualifier d’habile ou de fourbe, selon les points de vue, il y a beaucoup de trop de risque à lui laisser encore un mois entier … !

On voit mal comment
il ne pourrait pas essayer d’en profiter pour regrouper les dernières forces qui lui sont restées fidèles et pour élaborer une nouvelle stratégie et un nouveau discours (un jour : c’est un complot de l’étranger, un autre jour c’est la guerre civile, un autre jour, c’est Al Qaeda, un autre jour, c’est la division du pays, etc…). Ayant récupéré des forces, il pourrait imposer ensuite à son parlement de voter contre sa démission.

Tandis que pendant ce mois, l’opposition aura beaucoup de difficulté à maintenir la fantastique mobilisation populaire … Alors le risque est immense de revenir à la case « départ » … ! On comprend les réserves légitimes émises par l’opposition …

A-t-elle intérêt à poursuivre/ durcir le mouvement (y compris en appelant à la grève générale) pour provoquer le départ immédiat du dictateur actuellement déstabilisé ?

A suivre

_________________ 4 – L’Express avec Reuters

L’opposition entraîne le Yémen dans la guerre, dit Saleh

Jason Benham; Pierre Sérisier et Nicole Dupont pour le service français

Alors que les commerçants yéménites baissaient leurs rideaux pour protester contre son régime, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, a accusé samedi l’opposition d’entraîner le pays dans la guerre civile.

Dans un discours prononcé à Sanaa, la capitale, il a invité la jeunesse yéménite à constituer un parti politique conformément à la Constitution, ajoutant que son pays n’accepterait « aucune tutelle ».

« Ils (l’opposition) veulent entraîner la région dans la guerre civile et nous refusons d’être entraînés dans la guerre civile », a dit Saleh.

« La sécurité, la sûreté et la stabilité sont dans l’intérêt du Yémen et dans l’intérêt de la région », a-t-il martelé.

Des manifestations inspirées des soulèvements qui ont renversé les dirigeants tunisien et égyptien se poursuivent depuis plus de deux mois au Yémen.

Presque tous les jours, des milliers de personnes manifestent pour réclamer la fin de la pauvreté endémique et de la corruption. Des dizaines de manifestants ont été tués.

Reconnaissant que les étudiants yéménites se sont inspirés des exemples égyptien et tunisien, Saleh a affirmé que la situation était très différente au Yémen mais que son gouvernement accèderait aux revendications des étudiants dans le cadre de ca Constitution et de la loi.

A Aden, ville portuaire du Sud, un correspondant de Reuters a pu constater que les neuf dixièmes environ des magasins, des marchés et des écoles étaient fermés. Les passants étaient rares dans les rues dont la circulation automobile avait pratiquement disparu.

De nombreux commerces étaient fermés à Taïz, troisième ville du pays et fief de l’opposition, et à Hodeidah, sur la mer Rouge.

La veille, les Yéménites avaient été nombreux à participer, à Taïz et Sanaa, à des manifestations rivales de partisans et d’opposants à Saleh qui a accueilli avec réserve un plan de transfert du pouvoir en trois mois présenté par le Conseil de coopération du Golfe (CCG).

La proposition des six Etats membres du CCG (alliance régionale militaire et politique) demande à Saleh de remettre les rênes du pays à son vice-président dans le délai d’un mois après la signature d’un accord.

Il devrait désigner un responsable de l’opposition pour diriger un cabinet gouvernemental intérimaire chargé de préparer l’élection présidentielle deux mois plus tard, a précisé un responsable yéménite, vendredi.

Le projet, présenté jeudi, accorde l’immunité à Saleh, à sa famille et à ses conseillers qui ne pourraient pas faire l’objet de poursuites judiciaires comme le réclament leurs adversaires.

_________________ 3 – Le Point avec AFP

Yémen: le parti présidentiel accepte le plan de sortie de crise

Le Congrès populaire général, parti au pouvoir au Yémen, a accepté le plan de sortie de crise présenté par les monarchies du Golfe et prévoyant un départ du président Ali Abdallah Saleh, réclamé par l’opposition, a annoncé samedi à l’AFP un haut responsable du parti.

Le Congrès populaire général, parti au pouvoir au Yémen, a accepté le plan de sortie de crise présenté par les monarchies du Golfe et prévoyant un départ du président Ali Abdallah Saleh, réclamé par l’opposition, a annoncé samedi à l’AFP un haut responsable du parti.

________________ 2 – Romandie News (Suisse) avec AFP

La Maison Blanche salue le plan de sortie de crise au Yémen

La Maison Blanche a salué samedi le plan de sortie de crise prévoyant un départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, pressant toutes les parties de mettre en oeuvre rapidement la transition politique.

Nous applaudissons les annonces par le gouvernement yéménite et l’opposition qu’ils acceptent l’initiative du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour sortir de la crise politique pacifiquement et de manière ordonnée, a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney dans un communiqué.

Dans la soirée, le parti présidentiel au Yémen avait annoncé qu’il acceptait le plan de sortie de crise présenté par les monarchies du Golfe prévoyant un départ d’ici quelques semaines du président Ali Abdallah Saleh.

Pour sortir de la crise, le CCG a proposé la formation d’un gouvernement d’union nationale, puis un transfert des prérogatives par le chef de l’Etat au vice-président et un arrêt des manifestations.

Le président devrait ensuite présenter sa démission dans les 30 jours, et une élection présidentielle aurait lieu 60 jours plus tard.

Vendredi, M. Saleh, dont le mandat court jusqu’en 2013, avait affirmé qu’il accueillait favorablement ce plan, mais répété qu’il ne cèderait le pouvoir que dans le cadre d’un processus ordonné et constitutionnel.

L’opposition parlementaire, le Front commun, avait accepté samedi le plan de sortie de crise des pays arabes du Golfe, à l’exception d’un point prévoyant la formation d’un gouvernement d’union nationale avec la participation de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

_________________________ 1 – Romandie News avec AFP

Yémen: grève générale, l’opposition accepte en partie un plan du Golfe

Un appel à la grève générale pour protester contre le régime du président Ali Abdallah Saleh a été bien suivi samedi dans le sud du Yémen, où l’opposition parlementaire a accepté en partie un plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe.

Deux jeunes manifestants ont été blessés par des tirs de l’armée en tentant de dresser une barricade à Aden, dans le Sud, où une grève générale était observée à l’appel des opposants, a déclaré une source médicale.

Selon des témoins, des soldats ont ouvert le feu sur un groupe de jeunes pour les éloigner d’une barricade qu’ils étaient en train de dresser.

Aden était quasiment paralysée avec les commerces, les écoles et les administrations fermées. Des barricades ont été dressées sur les principaux axes de cette ville à la pointe de la contestation contre le régime entamée fin janvier.

Le mouvement était également bien suivi à Lahej et Abyane, deux provinces situées plus au nord, comme à Taëz (sud-ouest), où les écoliers sont descendus dans la rue pour réclamer le départ de M. Saleh, selon des habitants.

A Sanaa, qui a connu vendredi le rassemblement le plus important depuis le début du mouvement, l’appel à la grève était en revanche très peu suivi, selon un correspondant de l’AFP.

Dans le même temps, l’opposition a accepté le plan de sortie de crise des pays arabes du Golfe, à l’exception d’un point prévoyant la formation d’un gouvernement d’union nationale avec la participation de M. Saleh.

L’initiative est positive et nous l’acceptons, à l’exception de la formation d’un gouvernement d’union nationale car nous refusons de servir sous l’autorité d’Ali Abdallah Saleh et de prêter serment devant lui, a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’opposition, Mohammad Gahtane.

Il a exhorté M. Saleh à accepter de céder le pouvoir dans un délai de 30 jours, comme le prévoit le plan des monarchies du Golfe, précisant que l’opposition était prête à former un cabinet d’union nationale avec le vice-président auquel M. Saleh aurait transféré ses prérogatives.

Jusqu’à présent, l’opposition exigeait le départ immédiat de M. Saleh, tout comme les comités de manifestants qui encadrent les protestataires. Ces derniers rejettent en revanche clairement le plan des pays du Golfe.

M. Saleh a affirmé vendredi qu’il accueillait favorablement ce plan, mais répété qu’il ne cèderait le pouvoir que dans le cadre d’un processus ordonné et constitutionnel.

Pour sortir de la crise, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) propose la formation d’un gouvernement d’union nationale, puis un transfert des prérogatives par le chef de l’Etat au vice-président et un arrêt des manifestations.

Le président présenterait ensuite sa démission dans les 30 jours, et une élection présidentielle aurait lieu 60 jours plus tard.

23/04/11 (B601) Yémen Express – le président Saleh insiste sur sa légitimité constitutionnelle – Manifestation monstre au Yémen et violences dans l’est – des militaires qui ont fait défection arrêtés par les forces du président – le président Saleh résiste à la rue et à la médiation du CCG

______________________ Analyse ARDHD

Pour résister à l’énorme vague de contestation, Saleh souffle le chaud et le froid.

Il continue à louvoyer entre la possibilité de son départ négocié et des promesses de se maintenir à la tête de l’Etat. Il cherche à s’appuyer sur les derniers soutiens populaires et armés qui lui restent, même si les défections sont nombreuses : tribus, militaires, ..

Au même instant,
il est capable d’annoncer son souhait de protéger les civils et dans la foulée, il donne l’ordre à sa Police de tirer sur la foule.

Qui pourra encore le croire ?


________________ 4 – Romandie News (Suisse) avec AFP

Yémen: le président Saleh insiste sur sa légitimité constitutionnelle

Le président contesté du Yémen, Ali Abdallah Saleh, a insisté vendredi sur sa légitimité constitutionnelle, tout en promettant de considérer positivement un plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe impliquant son départ du pouvoir.

Nous insistons sur notre attachement à la légitimité constitutionnelle, par loyauté envers notre peuple, car nous refusons catégoriquement les tentatives de coups d’état contre la liberté, la démocratie et le pluralisme politique, a dit le président devant une foule de partisans.

Nous accueillons favorablement l’initiative des ministres du Conseil de coopération du Golfe avec laquelle nous allons coopérer de manière positive, dans le cadre de la Constitution, a-t-il dit, faisant référence à un plan de sortie de crise du CCG.

Ce plan, présenté près de trois mois après le début d’un mouvement de contestation qui réclame le départ immédiat du président Saleh, prévoit, selon un source gouvernementale sous couvert d’anonymat, la démission du président dans un délai de 30 jours après la formation d’un gouvernement d’union nationale.

_______________________________ 3 – Le Matin (Suisse)

Manifestation monstre au Yémen et violences dans l’est

La foule s’étendait sur environ quatre kilomètres au centre de Sanaa.

Au Yémen une manifestation monstre à Sanaa, nommée «vendredi de la dernière chance» demandait toujours le départ du président. Des heurts violents ont eu lieu dans l’est du pays.

Vingt soldats yéménites ont été tués ces dernières 24 heures dans des attaques attribuées à une tribu ainsi qu’à Al-Qaïda, selon des militaires. Sanaa, la capitale, a connu vendredi le plus gros rassemblement de manifestants depuis le début de la contestation.

La foule s’étendait sur environ quatre kilomètres au centre de Sanaa. La manifestation a pour nom «vendredi de la dernière chance». Les manifestants réclament toujours le départ immédiat du président Saleh. Des responsables du mouvement ont appelé à une grève générale samedi.

Des forces de l’armée et la police étaient déployées en nombre vendredi à Sanaa pour empêcher des heurts entre les partisans du président Saleh et les manifestants qui exigent sa démission.

M. Saleh s’est adressé à ses partisans. Il a répété qu’il ne lâcherait pas le pouvoir avant l’expiration de son mandat en 2013.

Deux embuscades

Vingt soldats ont été tués dans deux attaques séparées menées dans l’est du pays par des activistes d’Al-Qaïda et des hommes armés membres d’une tribu, ont indiqué des responsables de la sécurité.

«Des activistes d’Al-Qaïda ont tendu une embuscade à une patrouille militaire à Mareb près de Safer», près de champs pétrolifères, ont indiqué ces militaires.

Des affrontements ont aussi opposé des membres d’une tribu à des soldats.

«Deux soldats ont été tués, deux blessés et trente faits prisonniers», ont indiqué vendredi à la fois un responsable militaire et une source tribale. Six membres de la tribu ont été blessés.

__________________________________ 2 – AP

Yémen: des militaires qui ont fait défection arrêtés par les forces du président

De Ahmed Al-Haj,

Un responsable de l’armée a annoncé que les autorités yéménites ont arrêté des dizaines de soldats et de responsables militaires qui avaient rejoint les rangs du mouvement d’opposition pour tenter de mettre fin à la vague de défections qui affaiblit la ligne de défense du président Ali Abdallah Saleh.

La répression brutale exercée contre l’opposition, qui manifeste son ras-le-bol depuis maintenant deux mois, a encouragé des personnes-clés à abandonner le président au pouvoir depuis 32 ans. Ali Abdallah Saleh tente désespérément de s’accrocher à son poste malgré le départ de certains membres du parti, de ministres, de diplomates, de législateurs et même de certains membres de sa tribu.

Lors d’un discours qu’il a prononcé vendredi, Ali Abdallah Saleh a ridiculisé ceux qui ont fait défection et le mouvement d’opposition, les taxant de «lâches» et de «rénégats».

Les arrestations de vendredi font suite à une manifestation qui a eu lieu à la base aérienne d’Al-Anad, durant laquelle plusieurs dizaines de militaires ont demandé la démission du chef de l’État, a affirmé un colonel qui a demandé de conserver l’anonymat par crainte de représailles.

Dans la province de Hagga, au nord du pays, un adolescent a perdu la vie lors d’une manifestation. Abdel-Hamid Mohammed, âgé de 15 ans, s’est vidé de son sang après avoir reçu une balle dans l’oeil, a déclaré un responsable médical sous le couvert de l’anonymat. Du côté de la ville de Marib, un soldat a été tué. Il faisait partie de la Garde Républicaine, qui est demeurée fidèle au président et qui est contrôlée par le fils de ce dernier, Ahmed.

De nombreuses manifestations ont eu lieu dans différentes villes du Yémen après les prières du vendredi. À Sanaa, la capitale, des centaines de milliers de personnes avait investi les rues pour scander des slogans hostiles au président. La manifestation, à laquelle ont participé de nombreuses femmes, est «un message (à Saleh) de démissionner immédiatement», a commenté un militant de l’opposition, Walid al-Ammari.

Pendant ce temps-là, devant le palais présidentiel, des partisans du président Saleh se sont rassemblés en masse, brandissant des banderoles où l’on pouvait lire: «Réconciliation du vendredi». La télévision publique a montré des images de ce rassemblement, et du président Saleh s’adressant à la foule. «Nous leur ferons face sans verser le sang, sans utiliser d’armes», a-t-il affirmé en parlant nom du mouvement d’opposition.

La répression des manifestations a fait près de 130 morts en deux mois.

À Taiz, ville du sud du pays, un foyer de l’opposition, de nombreux manifestants ont également réclamé le départ du chef de l’État, selon des témoins.

Même s’il a été largué par la plupart de ses alliés et que la rue demande son départ depuis la mi-février, le président yéménite peut compter sur

le soutien des meilleures unités de l’armée, dirigées par des membres de sa famille, dont la Garde Républicaine. Il y a un mois, beaucoup d’observateurs pensaient que sa chute était imminente.

Selon des organisations de défense des droits de l’homme, 58 militants et sympathisants de l’opposition ont été arrêtés au cours des trois dernières semaines, dont une vingtaine de protestataires blessés lors d’affrontements avec les forces de sécurité le 16 avril à Sanaa.

Un groupe de nations arabes, incluant l’Arabie Saoudite, tente de trouver une solution à l’impasse. L’une des propositions consisterait à demander à Ali Abdallah Saleh de passer le pouvoir à une personne de son choix et de quitter d’ici un mois, ce qui lui permettrait d’éviter d’être traduit en justice.

Aucune entente n’a été conclue jusqu’à présent. Ali Abdallah Saleh, qui avait annoncé son intention de ne pas briguer un autre mandat et de ne pas demander à son fils de le remplacer dès le début du soulèvement populaire, soutient qu’il a le droit de poursuivre son mandat jusqu’en 2013, tel que prévu par la Constitution.

__________________________________ 1 – RFI

Au Yémen, le président Saleh résiste à la rue et à la médiation du CCG

Des opposants au président Saleh défilent portant un immense drapeau du Yémen, à Sanaa, le 22 avril 2011.

Sanaa a connu, ce vendredi 22 avril 2011, le plus gros rassemblement depuis le début des manifestations anti-régime en janvier dernier pour demander le départ immédiat du président yéménite Ali Abdallah Saleh, qui s’accroche au pouvoir en se réclamant de sa « légitimité constitutionnelle ».

Visiblement Ali Abdallah Saleh est bien décidé à ne pas se laisser tordre le bras par le Conseil de coopération du Golfe, Arabie Saoudite en tête qui lui conseille de passer la main. Le projet de transition concocté par Ryad prévoit en effet sa démission dans un délai de trente jours après la formation d’un gouvernement d’union nationale. La médiation pourrait se limiter à l’aménagement d’une immunité judiciaire pour Ali Abdallah Saleh accusé de crimes contre l’humanité et qui persiste à revendiquer son maintien au pouvoir.

Dans ce bras de fer, Saleh s’efforce de ne pas complètement rompre les ponts avec son voisin saoudien. Il a longtemps bénéficié de son appui militaire au nom de la lutte contre sa rébellion chiite à leur frontière commune et contre les partisans d’al-Qaïda ancrés au Yémen. Lâché par Ryad, Ali Abdallah Saleh se réclame de la légitimité constitutionnelle en renvoyant ses adversaires au verdict des urnes, à la fin de son mandat en 2013.

Saleh avait appelé ses partisans à un « vendredi de la réconciliation » pour faire en quelque sorte bonne figure face aux manifestants rassemblés pour un « vendredi de la dernière chance », celle de son départ sans condition.

L’opposition appelle désormais à la grève générale

22/04/11 (B600) Yémen Express – plan de départ du président, un vendredi « de la dernière chance » – Saleh promet de rester au pouvoir – le président Saleh dit résister et s’attacher à la Constitution – des femmes, en colère contre leur président, défendent la mixité – Les deux plus influentes tribus du Yémen invitent Saleh à démissionner – 10 000 soldats font défection pour rallier les rebelles – Les Yéménites manifestent contre la proposition des pays du Golfe – Le président Saleh prêt à «un transfert pacifique du pouvoir» – les manifestants contre tout dialogue avec le régime de Saleh – les monarchies du Golfe pour un départ du président Saleh (10 articles)

____________________ 10 – Nouvel Obs avec AFP

22/04 Yémen: plan de départ du président, un vendredi "de la dernière chance"

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdellatif al-Zayani, dont le groupe a offert sa médiation dans la crise yéménite, est arrivé jeudi à Sanaa pour de nouvelles consultations.

Les médiateurs du Golfe dans la crise yéménite ont proposé jeudi au président Ali Abdallah Saleh de partir 30 jours après la formation d’un gouvernement d’union, alors que les protestataires ont appelé à manifester pour un "vendredi de la dernière chance" afin d’obtenir son départ.

L’ambassade du Yémen à Washington a confirmé jeudi dans un communiqué que M. Saleh avait reçu la proposition des mains du secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdellatif al-Zayani, et que le parti présidentiel donnerait sa position officielle dans les 24 heures.

Pour sortir de la crise, M. Zayani a proposé "la formation d’un gouvernement d’union nationale", puis un transfert du pouvoir par le chef de l’Etat au vice-président et un arrêt des manifestations, a déclaré à l’AFP une source gouvernementale.

Cette même source, qui a requis l’anonymat, a précisé que "le président présentera ensuite sa démission à la Chambre des députés dans un délai de 30 jours", au terme duquel un président intérimaire et le gouvernement d’union procèderont à l’organisation d’une élection présidentielle dans les 60 jours.

Fortement contesté dans la rue depuis janvier, M. Saleh s’est vu offrir un tel départ avec la garantie de ne pas être poursuivi en justice, a affirmé à l’AFP un haut responsable de l’opposition, Hassan Zayd.

Selon lui, la proposition prévoit "la démission du président Saleh et la promulgation d’une loi d’amnistie", lui offrant des garanties qu’il ne sera pas inquiété après son départ du pouvoir.

"Cette offre n’attend que l’accord du président", a ajouté M. Zayd, chef du parti islamiste Al-Haq, membre du Forum commun, une coalition de l’opposition parlementaire.

M. Zayani a rencontré jeudi à Sanaa le président Saleh et des représentants du Forum commun, auxquels il a remis "l’approche des ministres des Affaires étrangères du CCG pour un règlement de la crise", selon des sources officielle et au sein de l’opposition.

Au pouvoir depuis 32 ans, M. Saleh a répété mercredi qu’il allait continuer à "résister" et qu’il ne cèderait le pouvoir que dans le cadre de la Constitution. "Que ceux qui veulent parvenir au pouvoir s’en remettent au verdict des urnes", a-t-il dit alors que son mandat court jusqu’en 2013.

Face à l’instrigeance du chef de l’Etat, les protestataires, qui campent depuis la mi-février sur la "place du Changement" à Sanaa avec le soutien de l’opposition, ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation, baptisée "vendredi de la dernière chance".

Le parti présidentiel a prévu des contre-manifestations pour un "vendredi de la réconciliation".

"M. Saleh sait que ses jours sont comptés", a estimé M. Zayd, ajoutant: "Plus tôt il démissionnera, plus il aura des chances d’avoir des garanties".

"S’il tarde à démissionner et si l’effusion de sang continue dans le pays, il réduira ses chances d’avoir des garanties", a-t-il averti, indiquant que M. Saleh pourrait trouver refuge dans un pays voisin, "probablement aux Emirats arabes unis".

Le mouvement de contestation populaire organise depuis fin janvier des manifestations quasi-quotidiennes pour réclamer le départ immédiat du président Saleh. En raison de la répression sanglante de leur mouvement qui a fait plus de 130 morts, les protestataires exigent que M. Saleh soit jugé.

"En cas d’échec des efforts déployés pour un règlement politique, l’opposition n’aura d’autre choix que de se rallier aux jeunes dans la rue", a averti Mohamed Qahtan, un porte-parole du Forum commun, l’opposition parlementaire, dans une déclaration à la presse.

____________________ 9 – EuroNews

21/04 Yémen: Saleh promet de rester au pouvoir

Le président yéménite dénonce ce qu’il qualifie de “tentatives de coup d’Etat”. Alors que les médiateurs du Golfe tentent de trouver une issue à la crise que traverse le pays, des milliers de femmes soutenant Ali Abdala Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, manifestaient mercredi à Sanaa. Les pays du Golfe ont décidé d’envoyer sur place le chef de la diplomatie des Emirats arabes unis.

En attendant une éventuelle issue diplomatique, le mouvement de contestation initié il y a trois mois se poursuit. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans le calme dans la capitale mais aussi à Taëz.

Malgré la répression sanglante du régime, l’opposition reste mobilisée, exigeant le départ immédiat du président. Un président qui n’hésite pas à ouvrir le feu sur les militants.

Ce mercredi un homme en moto a ouvert le feu sur les protestataires qui dormaient sur le lieu d’un sit-in permanent à Hodeïda, sur la mer Rouge.

____________________ 8 – Romandie News avec AFP

20/04 Yémen: le président Saleh dit résister et s’attacher à la Constitution

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, dont l’opposition réclame le départ immédiat, a affirmé mercredi qu’il allait continuer à résister à ses détracteurs, s’attachant à la Constitution pour un transfert de pouvoir, a rapporté l’agence officielle Saba.

Nous allons continuer à résister (…), imperturbables et attachés à la légitimité constitutionnelle, tout en rejetant les complots et les coups d’Etat, a déclaré M. Saleh.

Le chef de l’Etat, qui s’exprimait devant un groupe de femmes à Sanaa, a répété qu’il n’accepterait de céder le pouvoir que par la voie des élections.

Que ceux qui veulent parvenir au pouvoir s’en remettent au verdict des urnes. Un changement ne peut se faire que par des élections et dans le cadre de la légitimité constitutionnelle, a encore ajouté M. Saleh, dont le mandat court jusqu’en 2013.

Ces déclarations interviennent alors que la médiation menée par les monarchies du Golfe ne semble pas donner de résultat, après des rencontres dimanche avec des représentants de l’opposition yéménite et mardi avec une délégation du régime de Sanaa.

Le président Saleh est fortement contesté par un mouvement de contestation populaire qui, soutenu par l’opposition, réclame depuis fin janvier son départ immédiat.

La répression des manifestations a fait plus de 130 morts.

____________________ 7 – Le Vif (Belgique) avec Belga

16/04 Yémen: des femmes, en colère contre leur président, défendent la mixité

Des femmes yéménites ont manifesté samedi à Sanaa et d’autres villes du Yémen pour protester contre leur président, qui a appelé à interdire la mixité parmi les rassemblements de jeunes protestataires réclamant sa démission.

"Sit-in, sit-in jusqu’à la chute du régime", ont clamé un millier de femmes, toutes drapées de noir, qui ont organisé à Sanaa une marche de la place du Changement, épicentre de la contestation anti-régime, jusqu’au Parquet où elles ont déposé une plainte contre le président Ali Abdallah Saleh.

Jouant sur la fibre religieuse des Yéménites, M. Saleh, qui s’adressait vendredi à ses partisans rassemblés à Sanaa, s’est attaqué à la participation des femmes au mouvement de protestation lancé fin janvier. Le procureur général a ordonné l’ouverture d’une enquête. Avant le début du mouvement de contestation, "M. Saleh se présentait en défenseur des droits de la femme, soutenant qu’elle est l’égale de l’homme au point qu’il proposa de consacrer aux femmes 41 sièges au Parlement", contre un actuellement, a rappelé une militante.

Des manifestations similaires ont eu lieu à Taëz et à Ibb. Le Yémen est un pays pauvre à structure tribale où la femme, qui subit encore le poids de la religion, est obligée de porter le voile en public, mais la mixité y est tolérée dans la fonction publique et à l’université notamment. (DGO)

____________________ 6 – La Presse canadienne avec AP

15/04 Les deux plus influentes tribus du Yémen invitent Saleh à démissionner

Cent chefs appartenant aux deux tribus les plus importantes et influentes du Yémen ont appelé vendredi le président Ali Abdullah Saleh, contesté depuis deux mois par la rue, à quitter immédiatement le pouvoir et à retirer à son fils le contrôle des forces de sécurité.

Cette annonce confirme l’effritement des soutiens dont bénéficie le chef d’État yéménite, au pouvoir depuis 32 ans, après des semaines de manifestations pour réclamer son départ. Les 100 chefs des tribus Hachid et Bakil ont publié un communiqué à l’issue de deux jours de réunion avec des dignitaires religieux, des professeurs d’université et des militants des droits pour discuter de la crise dans le pays.

Les dirigeants des deux tribus avaient déjà apporté leur soutien à l’opposition après la journée la plus sanglante du mouvement de contestation, celle du 18 mars, durant laquelle des tireurs embusqués avaient tué plus de 40 manifestants à Sanaa, la capitale.

Dans leur communiqué de vendredi, ils appellent le président Saleh à démissionner «immédiatement et à limoger ses fils et membres de sa famille de leurs postes influents dans les appareils de sécurité et l’armée».

Des manifestations anti-gouvernementales ont à nouveau eu lieu vendredi, réunissant des centaines de milliers de personnes après la prière devant l’université de Sanaa. Des manifestations massives ont également eu lieu dans les villes de Taëz et Aden (sud) et dans la province d’Hadramawt (est).

De son côté, Saleh a rassemblé des dizaines de milliers de partisans près de son bureau, déclarant à la foule que leur présence témoignait de sa légitimité et d’un «rejet du chaos».

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a proposé dimanche dernier que le chef d’État yéménite cède le pouvoir à son vice-président en échange d’une immunité judiciaire pour lui et sa famille. La proposition, qui ne fixait aucun calendrier, a été rejetée par Saleh et par l’opposition.

Cette dernière réclame le départ immédiat du président, dont le mandat expire en 2013. Le CCG a appelé les deux parties à se réunir samedi dans la capitale saoudienne, Riyad.

Depuis le début de la contestation à la mi-février, la répression des manifestations a fait plus de 120 morts, selon des organisations yéménites de défense des droits.

______________________ 5 – Quotidien du Peuple (Chine)

15/04 Yémen: 10 000 soldats font défection pour rallier les rebelles

Près de 10 000 soldats et officiers de la garde républicaine, de la sécurité centrale et de l’armée de l’air yéménites ont fait défection mercredi pour rallier les manifestants et demander la démission immédiate du président Ali Abdallah Saleh, a rapporté à Xinhua un responsable de l’armée.

« Plus de 10 000 soldats et officiers de la garde républicaine, de la sécurité centrale et de l’armée de l’air yéménites sont arrivés mercredi au siège de la 1ère division blindée dans la capitale de Sanaa et ont rencontré le général de division Ali Mohsen al-Ahmar », a déclaré à Xinhua ce responsable sous le couvert de l’anonymat.

« Ils ont déclaré devant le commandant al-Ahmar leur défection des forces du gouvernement Saleh et leur ralliement aux manifestants conduits par la jeunesse, promettant de soutenir et de protéger la révolution pacifique de ces jeunes », a dit le responsable.

Plus tôt dans la journée, un autre responsable de l’armée a déclaré à Xinhua qu’un soldat et un officier de l’armée de M. al- Ahmar avaient été tuées dans la nuit dans une attaque de forces de sécurité pro-Saleh à Sanaa. Les troupes ont aussi abattu quatre de ces agresseurs, a-t-il dit.

L’agence de presse étatique Saba, citant un responsable du ministère de la Défense, a déclaré que la 1ère division blindée avaient commencé à attaquer les forces de sécurité pro- gouvernementales, accusant ces forces défectionnaires de soulèvement et de sédition organisée.

M. al-Ahmar, chef de la 1èr division blindée et commandant de la région militaire du nord-ouest, est le demi-frère du président Saleh. Il a fait défection du gouvernement pour rallier les manifestants après le début des tirs sur les manifestants à Sanaa le 18 mars.

M. al-Ahmar a exprimé mardi son soutien au plan du Conseil de coopération du Golfe (CCG) proposant que M. Saleh cède le pouvoir à son adjoint en échange d’une immunité contre les poursuites.

Le Yémen est secoué depuis la mi-février par des manifestations contre le gouvernement demandant le départ immédiat du pouvoir de M. Saleh, dirigeant en place depuis 33 ans. Cette crise politique a entraîné une dégradation de la sécurité et de la stabilité du pays après le retrait de la police de certaines villes de provinces majeures, sur décision du gouvernement et sous le prétexte d’éviter les frictions avec les manifestants.

Le président Saleh a déclaré le 28 mars avoir perdu le contrôle de cinq provinces, passées aux mains de tribus locales ou du mouvement Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqap).

__________________________ 4 – La Presse canadienne avec AP

12/04 Les Yéménites manifestent contre la proposition des pays du Golfe

Plusieurs dizaines de milliers de Yéménites manifestaient mardi dans les principales villes du pays pour protester contre la proposition du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

L’organisation, qui regroupe six pays du Golfe, a appelé le président Ali Abdullah Saleh à démissionner dimanche dans le cadre d’une proposition prévoyant le transfert du pouvoir à son vice-président, en échange de l’immunité pour lui et sa famille.

Le président, au pouvoir depuis 32 ans, refuse de céder les rênes du pays, malgré des manifestations quasi-quotidiennes depuis deux mois au Yémen. Plus de 120 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de contestation.

Lundi, il a encore écarté tout départ avant la fin de son mandat, en 2013.

Les manifestants ont brandi mardi des banderoles indiquant qu’«après avoir fait couler le sang, Saleh doit être jugé». Plusieurs centaines de militaires et d’officiers de sécurité en uniforme, qui ont pris fait et cause pour les manifestants, ont participé au mouvement.

_______________________________ 3 – Ouest France

11/04 Yémen. Le président Saleh prêt à «un transfert pacifique du pouvoir»

Après plusieurs mois de contestation et de violences, le président du Yémen Ali Abdallah Saleh serait prêt à lâcher du lest. Il est favorable à un «transfert pacifique du pouvoir, mais dans le cadre de la Constitution», a annoncé, ce lundi, une source de la présidence.

Le communiqué de la présidence ne dit pas explicitement si le chef de l’Etat accepte de se démettre, comme le prévoit l’iniatiative des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) annoncée dimanche soir.

Vers une réunion entre Saleh et l’opposition ?

«La présidence accueille favorablement les efforts des frères du CCG visant à contribuer à un règlement de la crise (…), précise le communiqué, selon lequel, le Yémen va considérer l’initiative du CCG comme une base pour mener le dialogue».

Au terme d’une réunion à Ryad de leurs ministres des Affaires étrangère, les six membres du CCG avaient appelé le gouvernement de M. Saleh et l’opposition à une réunion dans la capitale saoudienne en vue d’une transition pacifique au Yémen.

_______________________________ 2 – Le Parisien

11/04 Yémen: les manifestants contre tout dialogue avec le régime de Saleh

Le mouvement de protestation au Yémen refuse le dialogue avec le régime de Sanaa, proposé par les monarchies arabes du Golfe pour aboutir au départ du président Ali Abdallah Saleh, | Mohammed Huwais

Le mouvement de protestation au Yémen refuse le dialogue avec le régime de Sanaa, proposé par les monarchies arabes du Golfe pour aboutir au départ du président Ali Abdallah Saleh, a déclaré lundi à l’AFP un représentant des jeunes protestataires qui campent à Sanaa.

"Nous ne sommes concernés par aucun règlement négocié entre le pouvoir et l’opposition et qui ne répond pas à notre revendication principale: la chute du régime avec tous ses symboles", a déclaré Adel al-Rabii, un dirigeant des protestataires qui observent depuis le 21 février un sit-in à Sanaa.

"Nous n’acceptons pas la récupération de notre révolution", a ajouté M. Rabii, affirmant "parler au nom de tous les jeunes manifestants" à Sanaa mais aussi dans les autres grandes villes comme Taëz, au sud de Sanaa, Hodeida, sur la mer Rouge et Aden, dans le sud du pays.

Les monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui ont relancé dimanche leur médiation dans la crise yéménite, ont demandé à M. Saleh de céder le pouvoir à son vice-président, Abd Rabbo Mansour Hadi, en vue d’une transition pacifique du pouvoir.

Au terme d’une réunion à Ryad de leurs ministres des Affaires étrangère, les six membres du CCG ont appelé le gouvernement de M. Saleh et l’opposition à une réunion dans la capitale saoudienne en vue d’une transition pacifique au Yémen.

Le plan du CCG prévoit la constitution d’un gouvernement d’union nationale dirigé par l’opposition qui sera chargé d’élaborer une Constitution et d’organiser des élections.

L’opposition parlementaire a pour sa part salué l’offre du CCG. "Nous nous félicitons des résultats de la réunion ministérielle du CCG", a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’opposition parlementaire, Mohamed Qahtane.

Il a ajouté que "le Forum commun doit se réunir pour étudier la proposition" du CCG.

Ce Forum regroupe les formations de l’opposition parlementaire, dont le parti islamiste Al-Islah et le Parti socialiste yéménite (PSY).

Le Yémen est depuis fin janvier le théâtre de manifestations réclamant le départ du président Saleh, qui ont fait plus de 100 morts.

_______________________________ 1 – Le Parisien

10/04 Yémen: les monarchies du Golfe pour un départ du président Saleh

Des dizaines de milliers de Yéménites ont conspué le régime dimanche, au lendemain de combats de rue entre manifestants et policiers à Sanaa et Taëz qui ont fait un mort, alors que les monarchies du Golfe tentaient de trouver une issue à la crise.

Les monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont demandé au président yéménite contesté Ali Abdallah Saleh de céder le pouvoir à son vice-président pour un règlement de la crise dans son pays, alors que des milliers de Yéménites ont continué à défier le pouvoir dimanche.

Au terme d’une réunion de leurs ministres des Affaires étrangère à Ryad, les six membres du CCG ont appelé le gouvernement de M.

Pour y parvenir, "le président de la république annonce le transfert de ses prérogatives au vice-président", Abd Rabbou Mansour Hadi, et "un gouvernement d’union nationale dirigée par l’opposition" aura la charge de "mettre en place une Constitution et d’organiser des élections", a expliqué le secrétaire général du groupe régional, Abdellatif Zayani

Des dizaines de milliers de Yéménites ont conspué le régime dimanche, au lendemain de combats de rue entre manifestants et policiers à Sanaa et Taëz qui ont fait un mort.

Un manifestant a été tué et des dizaines de personnes blessées lors de heurts avec les forces de l’ordre samedi, qui se sont poursuivis pendant une bonne partie de la nuit, selon un bilan fourni dimanche par des sources médicales et par des comités encadrant les protestations contre le régime.

Le manifestant est mort à Taëz, ville située au sud de la capitale et où quatre manifestants avaient été tués vendredi.

En outre, 43 manifestants ont été blessés par balle, 29 par des coups de bâton, 580 autres ont souffert de suffocations après avoir inhalé des gaz lacrymogènes.

Une vingtaine d’autres manifestants ont été arrêtés.

Le bilan est tout aussi lourd à Sanaa, où 30 manifestants ont été blessés par balle, 80 par des coups de bâton et 1.200 ont été soignés pour avoir inhalé des gaz lacrymogènes, selon des sources médicales.

Après ces affrontements nocturnes, des dizaines de milliers de Yéménites opposés au président Ali Abdallah Saleh ont manifesté dimanche sans incident à Sanaa, à Taëz et Ibb, plus au sud-ouest, ainsi qu’à Hodeïda, sur la mer Rouge, selon des témoins.

A Sanaa, les protestataires, qui campent depuis près de deux mois sur la place du Changement, ont défilé sur l’une des principales artères de la capitale, en répétant des slogans appelant au départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Ils arboraient le drapeau national et ceux de plusieurs pays arabes, dont celui du Qatar. Ce pays du Golfe avait suscité la colère de Sanaa pour avoir envisagé le départ de M. Saleh dans le cadre d’une médiation régionale dans le crise yéménite.

Dans d’autres violences liées à Al-Qaïda, un colonel des services de renseignements a été assassiné samedi et son fils blessé dans la région de Loder, dans le sud du Yémen, ont indiqué dimanche des sources médicale et de sécurité.

Par ailleurs, un soldat et un militant présumé d’Al-Qaïda, ont été tués dans les combats samedi dans la région proche de Joar, selon une source des services de sécurité.

Les Etats-Unis collaboraient étroitement avec le régime du président Saleh dans la lutte contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), né d’une fusion des branches yéménite et saoudienne du réseau, qui est actif dans le sud et l’est du Yémen.