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LIBERE
LE 11/05/99
après trois mois d'incarcération dans des conditions effroyables .... |
Grâce
à une mobilisation internationale sans précédent, Maître AREF a pu être libéré après trois mois d'emprisonnement. Consultez la liste des personnalités et des associations qui se sont mobilisées pour faire pression sur Djibouti et sur la France |
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Maître
Aref, |
Une
détention absolument Maître
Aref avait interjeté appel en mars 99. Selon les termes du Code de
Procédure Pénale en vigueur à Djibouti, il aurait dû
bénéficier immédiatement d'une mise en liberté
provisoire. Les conditions du procès et de sa condamnation ont été sévèrement critiquées par toutes les Associations et en particulier par Avocats sans Frontière |
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mais il lui est interdit d'exercer sa profession d'avocat
et de sortir du pays !!! |
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Sommaire |
Enfermé
pendant 3 semaines dans un m2, Maître Aref a été condamné à deux ans de prison, dont six mois fermes : ce qui était l'objectif, pour que M. Ismaël Omar Guelleh, le neveu de l'actuel dictateur de Djibouti, puisse se faire " élire " à la Présidence de la République, sans redouter la moindre contradiction, - ses opposants étant emprisonnés et torturés. Le mandat de dépôt a été délivré à l'audience (il était préparé depuis plusieurs jours) et Maître Aref a été conduit immédiatement à la Prison de Gabode. M. Ismaël Omar Guelleh s'acharne sur lui. Il l'a fait enfermer depuis le 15 février 1999, dans un espace d'un m2, - les toilettes du quartier réservé aux détenus de droit commun les plus dangereux et aux déments - . Incarcéré dans une cellule si étroite qu'elle ne permet pas de s'allonger, sans toit, il est contraint de rester debout sur les toilettes à la turque, sous le soleil, parmi la saleté, les cafards et le risque de malaria… Jusqu'à ce jour, Maître Aref n'a pu recevoir aucune visite de sa famille, ni de ses proches. Me Monseu, durant son séjour, n'a pas obtenu non plus l'autorisation de rendre visite à Me Aref à la Prison, en violation caractèrisée des Droits de la Défense. "Si
Me Aref reste détenu En outre, Me Aref craint d'être transféré dans une Prison éloignée, en plein désert, où le pire est possible… -------------------------- Retour sommaire -------------------------------------- |
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Une motivation purement politique Le premier tour des élections présidentielles à Djibouti aura lieu le 9 avril 1999. Le Président Hassan Gouled Aptidon a choisi de ne pas se représenter et il a demandé au RPP, le parti officiel de désigner son neveu Ismaël Omar Guelleh, comme candidat unique du parti à l'élection présidentielle. Ismaël Omar Guelleh, après avoir été le patron des services de renseignement, dirige dans les faits le pays depuis plusieurs années. On lui doit le renforcement de la dictature et toutes les formes de répression qui sont exercées par la Police et par l'Armée. C'est la raison pour laquelle, il craint par-dessus tout l'autorité charismatique de Maître AREF (qui n'est pas candidat), mais qui pourrait faire basculer massivement le vote non seulement des Afars, mais aussi de la majorité des Somaliens attachés à la démocratie et aux libertés. Pour Ismaël Omar Guelleh, il était impératif de faire taire Maître Aref pendant les prochains mois. Il a donc fait monter de toutes pièces une accusation pénale pour essayer de justifier une incarcération. Le
Procès du 15 février 1999 : C'est sur un sujet-alibi, monté de toutes pièces, que la présidence a fait monter sur des finalités uniquement politiques, à un moment crucial pour assurer la pérennité de son mode de gouvernement. Me Aref est un avocat international reconnu pour sa probité en affaires comme pour son engagement dans le combat des Droits de l'Homme, partout où ils sont bafoués. Il est membre d'Amnesty International qu'il a représenté maintes fois dans des procès iniques de ce type. Les plaignants seraient un consortium constitué par une 'mutuelle d'assureurs londoniens des armateurs américains et une société danoise, tous censés être représentés par Me Aref. L'affaire remonte au mois de mai 1994, lorsqu'un navire céréalier transportant 13233 tonnes de farine devait débarquer sa cargaison à Aden. En raison de la guerre civile qui avait éclaté au même moment au Yémen, le navire avait été dérouté sur Djibouti. La cargaison a alors fait l'objet d'une saisie et devait être vendue aux enchères devant le Tribunal de Grande Instance de Djibouti, au prix de 1.300.000 $ US. La veille de la vente aux enchères, le 14.8.1994, un accord intervient entre les parties, et il est décidé de commun accord de reporter la vente. Le 15.8.1994, Me Aref sollicite donc le report de la vente en raison de l'accord intervenu (deux demandes écrites de renvoi). Le juge, outrepassant ses pouvoirs décide de lui-même de poursuivre la Vente. Nonobstant cette première irrégularité, le juge décide alors de baisser le prix de vente, en-deça du prix de réserve fixé par ordonnance à 1.300.000 $ US. Me Aref, seul avocat présent dans la salle d'audience, décide d'arrêter les dégâts, et enchérit au prix de 1.000.000 $ US pour une société présente afin de préserver à l'optimum les intérêts de ses Clients. Il est à noter que ce montant correspondait au montant de la créance de ses clients. D'autres commerçants présents dans la salle avaient indiqué qu'ils étaient intéressés d'acquérir la marchandise, mais à 700 ou 800.000 $ US. Si Me Aref n'avait pas enchéri au prix de 1.000.000 $ US, la marchandise aurait été vendue par le juge à un prix bien inférieur, créant ainsi un préjudice irréparable pour les clients de Me Aref. La cour d'appel de Djibouti par un arrêt rendu le 4.9.1994, a annulé la vente pour excès de pouvoir du juge :
Si des irrégularités ont été commises, elles sont bien dues uniquement au juge de l'adjudication et non à Me Aref qui a tenté de limiter les dégâts. Selon la citation devant le Tribunal Correctionnel, Me Aref était poursuivi pour tentative d'escroquerie ; il est accusé d'avoir trahi les intérêts de ses clients étrangers, dans le seul but de percevoir des honoraires d'une tierce partie qui a obtenu la marchandise an prix de 1.000.000 $ US (vente annulée par la Cour d'appel). La prévention de tentative d'escroquerie n'est absolument pas constituée ; cependant Me Aref a été condamné à l'audience correctionnelle 15 février 1999 à deux ans d'emprisonnement dont 6 mois fermes, avec mandat de dépôt à l'audience. Il est particulièrement révélateur de préciser que :
En revanche, Maître Monseu a pu suivre les débats, discuter avec le Procureur et constater que ce procès n'était qu'une parodie de justice. Elle prépare un compte-rendu dans ce sens pour Avocats Sans Frontières. -------------------------- Retour sommaire -------------------------------------- |
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- Un défenseur des Droits de l'Homme |
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Marié, père de 4 enfants. Il a effectué ses études en France, à l'école Militaire des Enfants de Troupe, puis à la faculté de Droit de Strasbourg. Avocat international, inscrit au barreau de Djibouti, il s'est illustré par ses prises de position en faveur des prisonniers politiques dont il a pris la défense. Sa détermination l'a conduit en prison en 1991 où il a passé, à titre préventif, deux années dans des conditions d'incarcération effroyables. Lors du procès qui s'est déroulé en 1993, il a été reconnu non-coupable et il a été libéré. En 1997, le gouvernement de Djibouti l'a fait suspendre comme Avocat, afin qu'il ne puisse plus plaider en faveur des opposants politiques. Depuis, il accomplit des missions internationales pour des organisations officielles. Récemment,
En décembre 1998, alors qu'il se rendait en France pour participer aux cérémonies de commémoration du 50ème anniversaire de la Déclaration des Droits de l'Homme, les autorités lui ont retiré illégalement son passeport au moment où il passait la douane. De nombreuses protestations se sont élevées pour en exiger la restitution : FIDH - Paris, Centre pour l'Indépendance des Magistrats et des Avocats à Genève, Conseil des Barreaux - France, etc. |
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