08/07
LIBERATION DU TERRORISTE ADWANI
On vient juste
de m'informer que le terroriste ADWANI auteur de l'attentat, à
la bombe au café de l'HISTORIL et qui était soupçonné
de l'assassinat du Juge Borel a été libéré
hier vendredi 8 juillet par un Décret de
Grâce Présidentielle et a pris l'avion sur le Yemen à
destination de Tripoli via Amman le jour même.
Je suis encore
sous le choc de cette information qui ne peut que prouver que cette
grâce est consécutive aux services rendus.
-----------------------------------------------------
Sommaire -------------------------------------------------------
FRANCE
: l'immunité du Président de la République s'applique-t-elle
au domaine pénal ?
Pourrait-on faire un parallèle avec la République de Djibouti
: dans ce cas, les plaintes qui ont été déposées
à l'encontre de MM Guelleh et Aptidon pour crimes contre l'humanité
pourraient être instruites.
Je vous envoie
un article de presse concernant les débats juridiques en cours
sur la responsabilité pénale d'un président de
la république. Le sujet me semble important, en ce sens que dans
les milieux étudiants djiboutiens, il se dit qu'un président
de la république n'est pas responsable pénalement, jusqu'à
la fin de son mandat.
Même si
le cas évoqué concerne plutôt la France, il n'est
pas ininterressant de peser les arguments juridiques échangés
et de noter que, par exemple, pour certains juges de la Cour Suprème,
le droit commun doit s'appliquer, en cas de crime ou délit.Le
tout est de savoir si ce point de vue est majoritaire au sein de cette
juridiction.
Donc à
suivre.
amitiés,
P.F.
--------------------------------------------------------------------------------
Le
casse-tête Chirac à la cour de cassation
Enjeu: son immunité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR.
Extrait du QUOTIDIEN - Article
signé par ARMELLE THORAVAL
Le samedi 8 et
dimanche 9 juillet 2000
C'est à la juridiction suprême de trouver une issue au
cas Chirac, dans son rôle de délinquant potentiel mais
néanmoins Président.
Jeudi, Jacques
Chirac mouillait sa chemise pour faire passer le quinquennat. Le même
jour, la justice trempait la sienne pour tenter de trouver une issue
au cas Chirac, dans son rôle de délinquant potentiel mais
néanmoins président de la République. Le procureur
de Nanterre, Yves Bot, a en effet adressé une requête au
procureur général de la Cour de cassation, pour lui demander
de résoudre le casse-tête judiciaire autour de Jacques
Chirac. L'imbroglio concerne l'affaire des emplois fictifs du RPR. Le
chef de l'Etat est soupçonné de prise illégale
d'intérêts et de complicité de recel d'abus de biens
sociaux. Mais malgré ces charges, le président de la République
bénéficie d'une forme d'immunité et ne pourrait
être jugé. L'automne prochain risque, dès lors,
d'être riche en télescopages: tandis que la campagne aura
lieu sur le référendum et le quinquennat, avec Jacques
Chirac en promoteur de la réforme, les professeurs de droit constitutionnel
et les juristes de tout poil vont s'agiter sur l'immunité du
Président face à la justice pénale.
Cogitation. On
en arrive là au terme d'un long cheminement. Le juge de Nanterre,
Patrick Desmure, a presque terminé son instruction. Avant de
la clore tout à fait, il a demandé, pour la seconde fois,
au procureur de la République Yves Bot, comment traiter le cas
du chef de l'Etat. Le procureur de Nanterre a lui-même demandé
son avis au procureur général de Versailles. Et après
quelques semaines de cogitation, le résultat est tombé.
Jeudi, Yves Bot a demandé à Jean-François Burgelin,
le procureur général près la Cour de cassation,
d'introduire un pourvoi - dit «dans l'intérêt de
la loi» - contre un arrêt rendu par la chambre d'accusation
de Versailles le 11 janvier 2000.
Rappel des faits:
au cours de ses investigations sur l'ensemble des employés du
RPR, qui étaient payés par des entreprises privées
ou par la mairie, le juge est tombé sur une lettre du 16 décembre
1993 concernant Madeleine Farard, une secrétaire fonctionnaire
de la Ville mais employée rue de Lille, au siège du RPR.
Le courrier est annoté personnellement par Jacques Chirac. Dans
son commentaire, le chef de l'Etat, alors premier magistrat de Paris,
appuyait une demande d'avancement à un échelon supérieur
de Madeleine Farard auprès des services compétents de
la mairie. Jacques Chirac faisait état du «dévouement
exemplaire dans les fonctions délicates qui lui avaient été
confiées depuis plus de neuf années auprès de M.
Pasty, député européen et conseiller spécial
pour l'agriculture du président du RPR». Sous des allures
anodines, cette pièce faisait basculer le dossier: elle prouve
en effet que le président du RPR n'ignorait pas la nature des
contributions de la mairie au bénéfice du mouvement gaulliste.
Sollicité
sur cette affaire, le procureur de Nanterre se prononçait une
première fois au printemps 1999. Il tranchait en faveur de l'incompétence
du juge et se référait à une toute récente
décision du Conseil constitutionnel. En janvier 1999, sous la
présidence de Roland Dumas et alors qu'on ne lui avait rien demandé
de particulier sur ce sujet, les neuf sages se livraient à une
exégèse de l'article 68 de la Constitution. Cet article
prévoit que le chef de l'Etat ne peut répondre des actes
commis durant l'exercice de ses fonctions qu'en cas de haute trahison,
et ce devant la Haute Cour de justice.
En revanche,
la Constitution est muette sur les délits ou crimes commis par
le chef de l'Etat avant sa prise de fonctions. Mais le Conseil constitutionnel
en a déduit l'existence d'une forme d'immunité générale
du chef de l'Etat, qui, quels que soient les faits, ne pourrait, pendant
l'exercice de son mandat, être traduit que devant la Haute Cour.
Suivant l'avis du procureur, le juge Desmure se déclare incompétent.
Pas d'accord, une partie civile fait appel, et l'affaire remonte à
Versailles.
Contradictions.
Là, tout se grippe. La chambre d'accusation de Versailles demande
au juge de continuer à instruire, tout en prenant acte de l'immunité
du chef de l'Etat. Mais elle estime aussi que les faits sont «indivisibles»:
autrement dit qu'on ne peut enquêter sur le rôle d'Alain
Juppé (alors secrétaire général du RPR)
ou de Jacques Boyon (ancien trésorier) et des autres acteurs
mis en examen, en laissant de côté le sort de Chirac. Un
arrêt bourré de contradictions et inapplicable.
Frigo. Alors
que l'instruction est achevée, et que se posera bientôt
la question du renvoi de l'affaire devant le tribunal correctionnel,
il fallait donc trancher. Outre sa lettre à Jean-François
Burgelin, le procureur de Nanterre préconise surtout de séparer
le dossier en deux morceaux. D'un côté, les 32 personnes
mises en examen seront prochainement renvoyées devant le tribunal
correctionnel, dès que le juge aura terminé ses ultimes
interrogatoires (un cadre du RPR était encore entendu aujourd'hui).
De l'autre, le cas Chirac, qui sera rangé dans un tiroir en attendant
que la Cour de cassation donne son avis. Mettre l'ensemble du dossier
au frigo en attendant 2002 (fin du premier mandat présidentiel)
ou 2007 (dans l'hypothèse d'une réélection pour
cinq ans) aurait été politiquement intenable. Et juridiquement
risqué: sept ans pour être jugé, le délai
n'aurait pas été considéré comme raisonnable.
Ballon. Bien
sûr, il n'est pas certain que Jean-François Burgelin accepte
d'attraper le ballon qui lui est envoyé. Au sein de la Cour de
cassation, l'idée d'examiner le cas du Président ne va
pas faire que des heureux. D'autant que le débat reste ouvert.
Un certain nombre de magistrats ont toujours considéré
que l'avis du Conseil constitutionnel ne s'impose pas. L'ancien secrétaire
général du Conseil constitutionnel, Bruno Genevois, avait
estimé que le droit commun devait s'appliquer au chef de l'Etat,
faute de précisions dans la Constitution. Mais prendre la responsabilité
de traiter Jacques Chirac comme un délinquant ordinaire est une
autre affaire. Reste que l'on voit mal comment Jean-François
Burgelin pourra éviter de saisir la Cour de cassation, quand
la difficulté est réelle.
-----------------------------------------------------
Sommaire -------------------------------------------------------
11/07
LA LIBERATION DU TERRORISTE ADWANI : une insulte aux victimes !
Un nouveau
défi lancé par M. GUELLEH à la Communauté
européenne et aux états qui ont eu des ressortissants
tués lors de l'attentat de l'Historil.
En accordant
sa grâce au terroriste ADAWNI et en lui offrant la liberté,
Monsieur GUELLEH insulte les Etats européens et les parents des
victimes de l'attentat. Pourquoi n'a-t-il pas remis M Adawni, comme
c'est l'usage, aux justices qui l'ont condamné par contumace
? Un nouveau défi lancé par M. GUELLEH
-----------------------------------------------------
Sommaire -------------------------------------------------------
En
lisant l'article consacre a l'epouse de IOG,
a Paris, je ne peux m'empecher de faire la comparaison avec une certaine
IMELDA MARCOS . Il me semble que l'histoire se repete.Le propre des
dirigeants africains , c'est le manque de scrupule et de pudeur. Alors
''qu'IMELDA '' devalise les champs elyse, IOG se promene et relaxe dans
les reserves de l'OUGANDA, avec 2 de ses sbires. Pendant ce temps son
peuple souffre de la FAIM. J'aurais honte a sa place. Les dirigeants
de certains pays africains ne sont que la copie conforme des exclavagistes
noirs du siecle passe: puisqu'ils poussent leurs propres citoyens a
fuir leur pays et devenir des exclaves de l'ere moderne ou plus exactement
des immigrants clandestins ou non.
-----------------------------------------------------
Sommaire -------------------------------------------------------
13/07
DICOURS SU SECRETAIRE GENERAL DE L'ONU
La démocratie a pris racine à Djibouti ?"
consternant!!:
qu'en est-il
de la conférence sur la Somalie, même pas citée
dans ce
discours , alors que l'ONU avait soutenu cette initiative, avec envoi
de
force conseillers-diplomates de M. Annan sur place?
est-ce le prix à payer pour attirer l'oreille de M. Guelleh,
tout en
enterrant l'initiative djiboutienne sur la Somalie, qui pourrait bien
valider, au final, la séparation (en tout cas la réduction
geographique)
de la République de Somalie.
doublement consternant
, donc, pour la "nouvelle" Somalie et pour
l' action pour le moins désinvolte des Nations Unies, dans ce
dossier.
_______________________________________________________________
Communiqué de Presse
SG/SM/7485
AFR/253
--------------------------------------------------------------------------------
LES AFRICAINS
ONT BESOIN DU RESTE DU MONDE MAIS ILS ONT EGALEMENT BEAUCOUP A LUI OFFRIR
20000710
--------------------------------------------------------------------------------
Vous trouverez, ci-joint, le texte du discours du Secrétaire
général, M. Kofi Annan, à loccasion du Sommet
annuel des Chefs dEtat et le gouvernement de lOrganisation
de lunité africaine.
Permettez-moi tout d'abord de joindre ma voix à celle de tous
ceux qui ont remercié le peuple et le Gouvernement du Togo pour
leur généreuse hospitalité.
Laissez-moi aussi
remercier votre Organisation pour son engagement constant aux côtés
des Nations Unies.
C'est un grand
honneur pour moi de m'adresser à nouveau à votre Assemblée.
Je suis pleinement conscient de le faire à deux titres : en qualité
de Secrétaire général des Nations Unies, bien sûr,
mais aussi en tant qu'Africain.
Depuis ma nomination
comme Secrétaire général, je n'ai cessé
de plaider dans le monde en faveur d'un soutien à l'Afrique.
J'ai mis l'accent,
en particulier, sur l'obligation qu'ont les pays industrialisés
de veiller à ce que l'Afrique puisse soutenir la concurrence
qui s'exerce dans la nouvelle économie mondiale sur un pied d'égalité
avec les autres régions en développement :
En ouvrant
leurs marchés aux produits africains;
En mettant
fin aux subventions aux exportations qui mènent les agriculteurs
africains à la faillite;
En inversant
la tendance honteuse à la diminution de l'aide publique au développement;
En annulant
les dettes, de façon à ce que les gouvernements des pays
africains n'aient plus à en assurer le service et à les
rembourser aux dépens de la santé et de l'éducation
de leurs peuples.
Je n'ai malheureusement
pas été aussi bien entendu que je ne l'espérais.
Sans doute n'ai-je été suffisamment convaincant, mais
des difficultés objectives y sont aussi pour quelque chose.
--------------------------------------------------------------------------------
Premièrement, bien des idées erronées circulent
au sujet de l'Afrique dans le reste du monde. Le fait est que ce sont
toujours les mauvaises nouvelles qui retiennent l'attention. Le fait
est que les ressources, qui affluent lorsqu'il s'agit de mettre fin
au « nettoyage ethnique » et d'aider les réfugiés
en Europe, font défaut lorsqu'il arrive pis encore en Afrique.
Je ressens l'injustice de ces deux poids, deux mesures, au même
titre que tout autre Africain. Mais je sais aussi que la sévérité
avec laquelle l'Afrique est perçue n'est pas toujours indue.
Un trop grand nombre des problèmes du continent sont imputables
à l'Afrique elle-même.
Je me suis activement
employé à répandre la bonne nouvelle. Mais la rhétorique
de la « renaissance » africaine est accueillie avec scepticisme,
voire dérision, souvent par les Africains eux-mêmes - en
particulier les jeunes, qui voient leurs propres pays reculer.
Mes amis, ayons
le courage de faire face à quelques vérités douloureuses
:
L'Afrique
est la seule région du monde où les conflits ne sont pas
en diminution.
L'Afrique
compte près de la moitié des réfugiés et
déplacés du monde.
L'Afrique,
selon le Rapport sur le développement humain de cette année,
demeure à la traîne pour ce qui est de la qualité
de la vie.
Et c'est
en Afrique que se trouvent encore 33 des 48 pays les moins avancés
du monde.
Pour réduire
de moitié le nombre de personnes qui vivent dans l'extrême
pauvreté d'ici à 2015 - objectif que j'ai suggéré
dans mon rapport du millénaire, et que bon nombre jugent trop
modeste - il faudrait en Afrique un taux de croissance annuel de 7 ou
8%.
L'impact du VIH/sida
rend à lui seul un succès sur ce plan peu plausible, notamment
en Afrique australe, où les statistiques sont tout simplement
terrifiantes. L'épidémie menace aujourd'hui l'avenir tout
entier de cette région. C'est bien pour cela que le Conseil de
sécurité de l'ONU a inauguré le millénaire
par une réunion portant non pas sur la question des conflits,
mais sur celle du sida en Afrique. Et effectivement, cette maladie ne
peut être dissociée des autres menaces pesant sur la paix
et la sécurité : rien qu'au cours de l'année écoulée,
elle a emporté bien plus d'Africains que n'en ont abattu les
conflits.
En un mot, les
forces économiques qui transforment le reste du monde ne se font
guère sentir en Afrique. Seules les ressources naturelles, dont
nous disposons en abondance, paraissent intéresser l'économie
mondiale. Mais au lieu d'être exploitées au bénéfice
de nos peuples, celles-ci ont été si mal gérées
et pillées avec tant d'audace qu'elles constituent aujourd'hui
la source de tous nos malheurs.
Ce n'est pas là quelque chose que d'autres nous ont fait. C'est
quelque chose que nous nous sommes fait à nous-mêmes. Si
l'Afrique est délaissée, c'est parce que nous ne sommes
pas assez nombreux à défendre des politiques qui favoriseraient
le développement et préserveraient la paix. Voilà
des décennies que nous gérons mal nos affaires; maintenant,
nous subissons les effets cumulés de cette incurie.
Nous ne pouvons
nier les faits. Le mieux que nous puissions faire est d'affirmer avec
insistance que tout ne va pas mal, que l'Afrique est un continent vaste
et divers, où les mauvaises nouvelles n'excluent pas forcément
les bonnes.
D'ailleurs, les
constats encourageants ne manquent pas.
Le Sénégal,
par exemple, a montré qu'un pays d'Afrique peut se protéger
contre le VIH/sida grâce à une campagne d'éducation
dynamique et bien ciblée. Fait plus encourageant encore, sans
doute, l'Ouganda a montré que le taux d'infection peut être
réduit, même après que la maladie a pris des proportions
épidémiques.
Au sortir d'une
longue nuit de ségrégation et d'injustice, l'Afrique du
Sud continue de se transformer - de façon plus harmonieuse que
quiconque n'osait l'espérer - en une démocratie non raciale.
La démocratie
se porte au demeurant fort bien dans nombre de pays d'Afrique. Elle
a pris racine au Bénin, au Botswana, à Djibouti et au
Sénégal, et se consolide actuellement au Nigéria.
Le Zimbabwe aussi est venu nous rappeler avec force l'attachement des
Africains au pluralisme, et leur courage à le défendre.
Malheureusement
pour nous, même les pays qui pratiquent la bonne gouvernance sont
souvent pénalisés par les agissements malencontreux de
leurs voisins.
Que pouvons-nous
faire pour modifier cet état de choses? Nous devons travailler
ensemble pour mieux gouverner, et gérer mieux nos ressources.
Comme l'a fait observer l'écrivain sénégalais Hamidou
Kane, « le temps des destinées distinctes est révolu
».
Dans bien des
domaines, les États d'Afrique s'entraident d'ores et déjà.
La CEDEAO, la
SADC et le COMESA sont en train de créer des réseaux sous-régionaux
pour le commerce et la coopération. Les pays du bassin du fleuve
Sénégal ont décidé de partager leurs ressources
limitées en eau de façon à ce que les périodes
de sécheresse dans cette région ne causent plus de famines.
Et le Traité portant création de la Communauté
économique africaine a été signé.
Les dirigeants
des pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale mettent en place
de nouvelles structures de sécurité afin d'aider à
régler les conflits dans leur région et d'éviter
qu'il n'en éclate de nouveaux. Ces institutions pourront tirer
les enseignements de l'expérience si douloureusement acquise
par les membres de la CEDEAO, qui ont porté secours au Libéria
et à la Sierra Leone.
Le Mali et ses
voisins limitent le commerce des petites armes. Les conflits en République
centrafricaine, en Guinée-Bissau et au Niger ont été
réglés avec l'aide de pays voisins, moyennant des élections
multipartites qui ont conduit à des transferts pacifiques du
pouvoir. Le Botswana et la Namibie ont réglé leur différend
frontalier par l'entremise de la Cour internationale de Justice.
Mais il reste
encore beaucoup à faire.
Dans la plus
grande partie de l'Afrique, les réseaux de transports et de communication
demeurent terriblement limités. Dans ce domaine, la Banque africaine
de développement et, bien entendu, la Banque mondiale ont assurément
un rôle à jouer.
Le moment est
peut-être venu de lier plus étroitement l'économie
et la sécurité. L'Union européenne, qui offre probablement
l'exemple le plus réussi en matière de prévention
des conflits au cours des 50 dernières années, a commencé
comme une communauté économique, à savoir une communauté
du charbon et de l'acier. Après les ravages de la Deuxième
Guerre mondiale, la France et l'Allemagne ont décidé de
rendre une autre guerre impossible en gérant conjointement des
ressources qui étaient alors le « nerf de la guerre ».
Est-il inconcevable que les Africains puissent travailler ensemble dans
le même sens? Pourquoi ne pas créer une « Communauté
africaine du pétrole et du diamant »?
En tout état
de cause, cette organisation, l'OUA, doit jouer le rôle central
qu'implique son appellation.
Cette assemblée
a déjà fait un grand pas en avant, l'année dernière
à Alger, lorsqu'elle a décidé que ceux qui accèdent
au pouvoir par des moyens non constitutionnels ne seront plus les bienvenus
en son sein. J'attends avec impatience le jour où l'Assemblée
générale des Nations Unies adoptera la même position
de principe.
Cette année,
l'OUA a fait preuve d'une grande persévérance, en s'employant
à faire la paix entre deux de ses membres dans la corne de l'Afrique.
Nous avons pour cela une dette de reconnaissance spéciale à
l'égard du Président Bouteflika.
Nous ne pourrons
toutefois pas réaliser grand-chose à travers les institutions
internationales si nous ne libérons pas les énergies de
nos peuples.
Ceux-ci sont
notre plus grande ressource. Ils ne cessent jamais de nous inspirer
par leur enthousiasme et leur esprit d'entreprise au milieu des calamités
et des privations. Contre toute attente, ils continuent de faire marcher
la société grâce à une solidarité
sans faille avec leurs familles élargies et leurs communautés
et grâce à leur générosité, y compris
vis-à-vis des réfugiés et des personnes déplacées.
Ils sont un modèle, et un reproche, pour les autres parties du
monde, en particulier les plus riches. Ce sont eux qui ont maintenu
la paix dans la plus grande partie du continent, et ce malgré
tant de privations. Ce sont eux qui se sont libérés des
conflits et ont consolidé la paix au Mozambique, en Ouganda,
en Afrique du Sud et dans de nombreux autres pays.
Si nous investissons
dans les gens, si nous leur donnons l'éducation et la liberté
dont ils ont besoin pour choisir leur propre voie, il n'y a rien que
nous ne puissions réaliser.
Cela signifie
que nous devons surtout investir dans l'éducation.
Au cours de ma
dernière visite en Afrique, à l'occasion du Forum mondial
sur l'éducation à Dakar, j'ai annoncé une initiative
des Nations Unies visant à promouvoir l'éducation des
filles. Il s'agit d'un programme mondial mais celui- ci n'est nulle
part plus important qu'en Afrique. Les femmes instruites peuvent en
effet jouer un rôle décisif dans la recherche de solutions
aux problèmes de l'Afrique.
Malheureusement,
dans les sociétés africaines où les revenus sont
bas et les études coûteuses, l'éducation des filles
est souvent sacrifiée. Il vous appartient, Excellences, Mesdames
et Messieurs, en tant que dirigeants et guides de vos peuples, de faire
entendre votre voix et de changer ces priorités mal définies.
Une fois instruits,
les jeunes des deux sexes doivent être pouvoir trouver du travail.
Leurs chances seront beaucoup plus élevées si nous pouvons
mettre les technologies de l'information à leur portée.
Bien entendu,
ces technologies ne pourront à elles seules régler les
problèmes de l'Afrique. Mais leurs avantages potentiels, notamment
leur capacité d'améliorer les soins de santé et
l'éducation, de rendre la gouvernance plus transparente, et d'appuyer
l'agriculture et le commerce, deviennent de plus en plus évidents.
Je pense qu'elles offrent aux pays africains une chance sans précédent
de « sauter » les phases initiales du développement.
Mais l'accès
à ces technologies est crucial. Les pays dans lesquels la plupart
des habitants n'ont pas accès aux technologies de l'information
ne peuvent pas jouer un rôle à part entière dans
la nouvelle économie mondiale. Et plus longtemps ils demeureront
en dehors de l'économie mondiale, plus il leur sera difficile
et coûteux de rattraper le retard.
Le « fossé
numérique» doit être comblé avant qu'il ne
soit trop tard. Il nous incombe de faire en sorte que d'ici à
la fin de 2004, tout agriculteur africain puisse atteindre un point
d'accès en une demi-journée, à pied ou en charrette.
C'est tout à fait possible comme l'a indiqué un consultant
de l'ONU le mois dernier.
J'écris
en ce moment aux dirigeants du Groupe des huit pays les plus industrialisés
qui vont se réunir au Japon dans quelques jours, pour les presser
de prendre l'initiative au niveau mondial sur cette question et de s'engager
à y consacrer des ressources importantes. Mais parallèlement,
je vous exhorte à faire tout ce qui est en votre pouvoir pour
que vos populations ne ratent pas le coche.
L'Organisation
des Nations Unies et la Commission économique pour l'Afrique
sont déterminées à apporter leur concours. J'ai
déjà annoncé trois initiatives concrètes
dans mon rapport du millénaire, toutes soutenues par des ressources
considérables du secteur privé. Les grandes sociétés
internationales de technologies de l'information sont de plus en plus
intéressées par l'établissement de partenariats
avec l'Organisation des Nations Unies pour aider les pays en développement.
Je suis certain que d'autres initiatives suivront bientôt.
L'Organisation
des Nations Unies est prête à aider l'Afrique, partout
où elle le pourra et de quelque manière qu'elle puisse
le faire. Elle consacre d'ores et déjà de plus en plus
de son temps et de ses ressources aux questions africaines.
Le Conseil de
sécurité a manifesté un vif intérêt
pour le suivi du rapport que j'avais présenté il y a deux
ans sur les causes des conflits en Afrique, dans lequel j'avais indiqué
clairement que la paix et le développement étaient indivisibles.
Il a autorisé
de nouvelles opérations de maintien de la paix sur le continent
et se prépare actuellement à en envoyer une autre pour
assumer le rôle qui lui est confié dans l'accord entre
l'Éthiopie et l'Érythrée.
Le Conseil a
également mené une enquête sur le financement illicite
du conflit en Angola et envisage de faire de même pour la Sierra
Leone et la République démocratique du Congo. Je lui ai
recommandé d'examiner d'une manière plus générale
les moyens de réduire l'exploitation illégale des ressources
naturelles et d'autres sources d'enrichissement qui alimentent de si
nombreux conflits.
Dans l'ensemble,
je crois que la communauté internationale est disposée
à apporter son aide à l'Afrique, en particulier lorsqu'elle
sait qu'il en sera fait bon usage. Nous l'avons vu dans le cas du Mozambique,
quand une catastrophe a frappé ce pays en février dernier.
Non seulement il y a eu un élan de sympathie et l'aide humanitaire
a afflué de toutes les parties du monde, mais lorsqu'il s'est
agi de reconstruire et de remettre le Mozambique sur la voie du développement,
ses résultats en matière de bonne gouvernance ont été
récompensés. Les donateurs se sont mobilisés pour
promettre leur appui.
Les Africains
ont besoin de l'aide du reste du monde mais ils ont également
beaucoup à lui offrir. Cette réalité m'est revenue
à l'esprit ces dernières semaines, lorsque je me débattais
avec les problèmes à la frontière entre Israël
et le Liban où une force des Nations Unies sous le commandement
d'un Africain, mon compatriote le général Obeng, joue
un rôle crucial, comme l'ont fait de nombreux autres soldats africains
de maintien de la paix dans des zones de conflit sur d'autres continents.
Je crois qu'il
est tout à fait indiqué que la Conférence internationale
des démocraties nouvelles et rétablies de cette année
et la Conférence mondiale contre le racisme l'année prochaine
se tiennent toutes les deux en Afrique, respectivement au Bénin
et en Afrique du Sud. Ces rencontres seront l'occasion, non seulement
de consolider la démocratie et la tolérance raciale en
Afrique, mais aussi, pour les Africains, d'aider les populations d'autres
continents qui rencontrent les mêmes problèmes. J'ai eu
la chance de grandir pendant la lutte du Ghana pour l'indépendance
et de voir ce combat aboutir. Peu après, un premier ministre
britannique a reconnu que le « vent du changement » soufflait
à travers l'Afrique.
Mes chers amis,
je sens que le vent du changement souffle de nouveau aujourd'hui. Cette
fois-ci, il s'agit des vents de la démocratie, du respect de
la dignité individuelle et de la règle du droit.
Je suis convaincu
que ce processus est irréversible. Nous devons y prêter
attention et respecter la volonté des peuples, qui insistent
de plus en plus pour que leurs votes soient comptés honnêtement
et que leur voix soit clairement entendue. Je vous remercie.
-----------------------------------------------------
Sommaire -------------------------------------------------------