07/01
ALERTE EN COTE D'IVOIRE !!
Extraits
du PATRIOTE N° 373 5/10/00
Infos
sur : http://www.lepatriote.ci/politi.htm
A
QUELQUES HEURES DE LA PUBLICATION
DES CANDIDATS A LA PRESIDENCE :
Les grandes
manuvres de la junte pour éliminer ADO
L' irréparable ! C'est - selon des sources proches de l'armée
- ce que la junte envisage de commettre. Dans quelques heures. Seulement.
Avant ou juste après la publication officielle de la liste
des candidats à la magistrature suprême du pays.
Le scénario, certainement inspiré des nombreux films
de guerre, présente le lugubre faciès suivant :
Primo : déstabiliser
et disperser le dispositif sécuritaire que les militants aux
mains nues ont dressé aux carrefours menant à la résidence
de M. Alassane Dramane Ouattara. En bouclant le quartier et y faire
sillonner des militaires pour une patrouille. Laquelle devra procéder
à de vastes interpellations même dans le rang des militants
RDR qui, depuis plusieurs semaines, ont pris la résolution
de se constituer en boucliers humains au cas où des soldats
zélés se hasardaient à enlever leur leader.
Secundo : A
bord de véhicules banalisés, d'autres soldats qui seront
habillés en civils mais armés, bien entendu, vont simuler
une attaque contre les véhicules de patrouille de l'armée.
Prétexte tout trouvé et bien indiqué pour les
soldats qui, sans hésitation vont dégainer. Dans le
tas. En invoquant la légitime défense.
Tertio : C'est
à ce stade précis que la dernière pièce
du puzzle va se mettre en place. La soldatesque va alors enjamber
les corps des militants, gardiens et autres gardes qui sont tombés
sous les rafales de leurs armes, pour défoncer le portail de
la demeure du couple Ouattara. Et une fois à l'intérieur
de la somptueuse résidence de l'ancien Premier ministre, le
commando va commettre l'acte qui, à coup sûr, va plonger
la Côte d'Ivoire dans le chaos.
C'est-à-dire
l'assassinat de l'ancien Directeur général-adjoint du
FMI, Alassane Dramane Ouattara. Il faut dire que la junte qui a vu
tous ses scénarii fondre comme une boule de neige au soleil,
s'est résolu à emprunter la voie de l'impensable. Depuis
la mutinerie des 4 et 5 juillet derniers à la récente
arrestation des gardes du corps du couple Ouattara le mardi 03 octobre
dernier, en passant par la prétendue attentat contre le domicile
du Général Guéi, les Ivoiriens ont compris que,
manifestement, le pouvoir cherchait à "noyer" son
sérieux rival : le président du Rassemblement des Républicains.
Malheureusement pour la junte, Alassane Ouattara a la peau dure. Un
moral d'acier. Une sérénité qui trouble.
Yves-M.
Abiet
MENACES
SUR LA SECURITE DE L'ETAT
Un commando
de rebelles libériens convoyé à Abidjan
S amedi 30 septembre dernier, à 11h15 mn précises à
Man, un commando étrange constitué de 12 personnes,
a été aperçu à bord d'un mini car de marque
Toyota Hiace de couleur blanche immatricule 1976 CP 01. Ces derniers
qui s'exprimaient parfaitement en anglais étaient en réalité
des Libériens.
Le véhicule qui a quitté Man à 11h15 mn pour
la capitale économique, était escorté par des
bérets rouges de la gendarmerie. Un de ces gendarmes, était
à bord d'une Mercedes 190 grise immatriculée 7914 CP
01 pendant que l'autre se trouvait avec les Libériens à
l'intérieur du mini-car. Malgré la présence de
l'escorte, le véhicule a été intercepté
au barrage de Zélé (petit village-Carrefour situé
à l'entrée Man-Bangolo) par des éléments
de la brigade de gendarmerie de Man. L'on y a assisté à
un échange entre les éléments de l'escorte et
ceux postés au barrage.
Peu convaincus
par les explications données par les occupants des deux véhicules
(la Mercedes et la Toyota) ces derniers ont été contraints
de faire demi-tour et regagner la Brigade de gendarmerie de Man. Là-bas
de nouvelles tractations ont été observées entre
les gendarmes de la Brigade qui voulaient avoir des informations claires
et précises sur ce convoi et les membres dudit convoi. D'autant
que la Brigade de Man soutient ne pas être informée de
ce mouvement. Sur ce, les bérets-rouges qui occupaient la Mercedes
entrent en contact téléphonique avec l'un de leur commanditaires,
une très haute autorité de l'armée dont nous
taisons le nom pour le moment.
Après
cet échange, la Toyota et ses passagers ainsi que la Mercedes
prennent la Direction de la capitale. Apparemment, ils venaient ainsi
d'avoir le "OK" du cabinet de Déon Georges qui -
il faut le rappeler - est le Commandant supérieur de la gendarmerie.
Mais ladite Toyota aperçue ce jour n'est pas la seule. Des
témoins affirment qu'il y en a eu une dizaine de mini-cars.
Tous aussi bourrés de Libériens. Toujours selon nos
sources, il s'agit des rebelles en provenance de Danané qui
ont fait escale à Man pour s'y approvisionner en carburant
.
Indubitablement,
la présence de ces rebelles du Libéria voisin soulève
quelques interrogations. Qui sont réellement ces hommes ? Pourquoi
sont-ils escortés par des éléments de la Gendarmerie
ivoirienne ? A quelle mission la Gendarmerie les destine-t-ils ? Où
ont-ils été recrutés ? Est-ce dans le camp de
Charles Taylor ou dans une faction dissidente ? Autant de questions
qui intriguent la population. Déjà, des sources militaires
affirment que ces hommes ont été spécialement
recrutés pour accomplir les basses besognes que l'armée
ne peut pas exécuter, à l'approche des scrutins. Le
commando est actuellement logé dans des hôtels d'Abidjan
en attendant certainement de leur trouver un toit dans la capitale.
Yves-M.
Abiet
AVANT
LA PUBLICATION DE LA LISTE DES CANDIDATS
A LA PRESIDENTIELLE
Le Général
Robert Guéi procède à des mises en garde insidieuses
L e chef de la junte au pouvoir s'est adressé hier, au palais
présidentiel, à la Nation. A quelques heures de la proclamation
de la liste des candidats à la présidentielle, le Général
Robert Guéi a fait des mises en garde implicites à certaines
couches socio-professionnelles. Ainsi le président du CNSP
a demandé aux responsables de confessions religieuses qu'il
est souhaitable que leurs activités soient exclusivement réservées
au développement spirituel de leurs concitoyens.
Quant aux politiques, le président du CNSP a indiqué
qu'il leur renouvelle son appel pressant à renoncer à
l'exploitation des particularismes ethniques et religieux. Ne pas
les utiliser comme armes de combat politique au risque de perturber
gravement la paix sociale. "L'ambition de briguer la Magistrature
suprême est certes légitime mais elle ne saurait faire
abstraction de la loi", a-t-il dit. Continuant son propos, Robert
Guéi, qui s'est tourné vers la presse, a demandé
aux journalistes de ne pas se conduire comme des auxiliaires des formations
politiques. "Votre tâche est des plus nobles. Car c'est
vous qui éclairez le jugement des citoyens en leur livrant
des informations. En cette période de compétition politique,
vous devez être plus attentifs encore à la déontologie
de votre profession". Aux étudiants, à la jeunesse
rurale et citadine, le président Guéi leur a indiqué
de ne pas perdre de vue qu'ils sont l'espoir de demain et les principaux
bénéficiaires de la refondation en cours.
Aussi doivent-ils
tourner le dos aux actions barbares qui n'honorent pas la Côte
d'Ivoire. A ses frères d'armes, le Général Guéi
a souligné qu'ils doivent être pénétrés
de l'idéal de la profession qu'ils ont choisie, se mettre au
service de la population, la sécuriser et non la terroriser.
Concernant les étrangers, le chef de la junte leur a recommandé
de se garder de prendre part aux joutes politiques nationales. Toutefois,
ils ne doivent pas être inquiets parce que la Côte d'Ivoire,
a dit Guéi, n'est pas xénophobe.
Pour finir,
il a indiqué qu'il saura conduire la Côte d'Ivoire d'une
main sûre vers sa brillante destinée. Comme pour dire
qu'il est élu avant la lettre.
Souleymane
T. Senn
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ABIDJAN, 7 oct
(AFP) - La décision de la Cour suprême d'éliminer
de la course à la présidence en Côte d'Ivoire
l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara et tous les candidats
se réclamant de l'ex-parti au pouvoir a provoqué samedi
une série de critiques.
Cependant,
Abidjan est demeurée calme après l'annonce des candidatures
retenues, aucun incident n'étant signalé alors que la
junte militaire au pouvoir a imposé l'état d'urgence
et le couvre-feu sur tout le pays jusqu'à lundi.
Sur 19 candidatures
déposées, seules cinq ont été retenues
par la chambre constitutionnelle de la Cour suprême, dont la
décision est sans appel.
Le général
Robert Gueï, chef de la junte au pouvoir depuis le putsch du
24 décembre 1999, aura face à lui un seul candidat de
poids, le socialiste Laurent Gbagbo, dont le Front populaire ivoirien
(FPI) est le seul parti encore représenté au "gouvernement
de transition" mis en place par la junte.
Trois autres
candidats mineurs ont été retenus par la Cour, dont
l'arrêt, lu pendant une heure et 40 minutes, est rediffusé
dans son intégralité par tous les journaux radio et
télé depuis vendredi soir.
M. Ouattara
a dénoncé une "mascarade", estimant que le
général Gueï avait lui-même "composé"
une décision qui selon lui "enlève toute légitimité"
à la présidentielle du 22 octobre.
Il a appelé
ses partisans au calme, alors que certains observateurs redoutaient
des troubles en cas d'invalidation de M. Ouattara, considéré
comme soutenu par les populations du nord à majorité
musulmane.
Le dispositif
des forces de sécurité a été allégé
samedi dans la matinée à Abidjan, mais des patrouilles
et contrôles d'identité se poursuivaient dans les quartiers
populaires, selon des témoins.
Le Parti démocratique
de Côte d'Ivoire (PDCI, au pouvoir de l'indépendance
en 1960 jusqu'au putsch), qui a vu les six candidats se réclamant
de lui invalidés, a également exprimé son mécontentement.
Le secrétaire
général du PDCI, Laurent Dona Fologo, a souligné
que "le plus important parti de Côte d'Ivoire", qui
comptait 146 sièges sur 175 dans l'Assemblée nationale
dissoute après le putsch, était ainsi mis hors course.
"Nous
sommes les premières victimes du coup d'Etat du 24 décembre,
nous sommes à nouveau frappés durement," a déclaré
M. Fologo à la presse.
L'élimination
de tous les candidats se réclamant du PDCI a constitué
la grande surprise de la décision de la Cour suprême,
alors que celle de M. Ouattara était largement attendue.
Le candidat
"officiel" du PDCI, l'ancien ministre de l'Intérieur
Emile Constant Bombet, a été invalidé car inculpé
pour détournement de fonds publics, tandis que le dossier de
candidature du président déchu Henri Konan Bédié
a été jugé non conforme.
Lors d'une
convention électorale en août, le PDCI avait procédé
pour la première fois de son histoire à la désignation
par vote de son candidat à la présidentielle.
M. Bombet,
arrivé en tête, était seul "candidat officiel",
mais les cinq autres "candidats à la candidature"
avaient été autorisés à maintenir leurs
dossiers, au cas où.
Le PDCI est
toujours considéré comme le parti le mieux implanté
du pays et le général Gueï avait tenté en
vain de se faire investir candidat du "vieux parti" avant
de se déclarer "candidat du peuple, au dessus des partis".
Plusieurs "barons"
du PDCI ont rallié le général Gueï depuis
le putsch et l'élimination de tous ses candidats risque de
déchirer encore plus l'ex-parti unique.
Interrogé
sur un possible espoir du camp Gueï de récupérer
les voix du PDCI, M. Fologo a toutefois estimé peu probable
un tel ralliement. "On ne peut demander l'impossible à
nos militants," a-t-il dit.
A l'étranger,
la France a souligné que la décision de la Cour suprême
"écarte certains candidats représentants de formations
politiques majeures". "Le choix des électeurs se
trouve ainsi réduit, ce qui est dommageable pour l'expression
de la démocratie", a regretté un porte-parole du
Quai d'Orsay.