NOUVELLES
BRÈVES ET REVUE DE PRESSE
DJIBOUTI : le FMI fait la
gueule !
LA LETTRE DE L'OCEAN INDIEN # 939
- 24/02/01
Selon des informations
recueillies à Washington par La Lettre de lOcéan
Indien, le directeur du département Moyen Orient du Fonds
monétaire international (FMI), Paul Chabrier, vient dadresser
une note aux autorités djiboutiennes les prévenant
que les décaissements de crédits en leur faveur
étaient suspendus pour six mois...
Dans l'article, LOI précise :
-
que le FMI n'a vraiment pas apprécié les informations
contradictoires sur les performances économiques et financières
qui ont été données, l'an dernier, aux experts
en mission. "énormément de temps a été
perdu en cherchant à savoir quels étaient les chiffres
réels et probants".
"Le FMI estime
également que le gouvernement djiboutien ne maîtrise
pas certaines de ses dépenses inconsidérées."
-
que le Ministre des Finances djiboutiens Yassin Elmi Bouh (nommé
déjà deux fois Homme de la Semaine par notre publication)
aurait refusé de recevoir une nouvelle mission du FMI à
Djibouti
Cela fait beaucoup de maladresses en effet, pour un système
qui a besoin de sous ...
L'article
poursuit en précisant que les bailleurs de fond s'alignent
sur le FMI. Paris aurait même renoncé à soutenir
les demandes d'aide de Djibouti auprès de l'UE et aurait
mis une condition : la signature des accords FRUD / Gouvernement
Note
de l'ARDHD :
Ces
informations confirment ce que nous avions déjà
annoncé depuis plusieurs mois : à savoir la montée
de la méfiance du FMI. Notre campagne de l'automne dernier
en faveur du gel des crédits accordés au système
Guelleh, qui avait reçu de nombreuses signatures (1.158),
a-t-elle contribué à faire naître une prise
de conscience au sein de la communauté internationale ?
Par ailleurs, la France imposerait la signature des accords avec
le FRUD, ce qui pourrait expliquer la reprise 'contrainte et forcée'
des négociations cette semaine.
Enfin,
cette nouvelle qui va, à notre avis, dans le bon sens,
contribue à augmenter les difficultés qui pèsent
sur la tête de Guelleh. L'argent, c'est le nerf de sa guerre,
c'est le moyen d'acheter des soutiens, des silences et des sympathies.
Quand il n'y a plus d'argent, tout le monde s'écarte d'un
dictateur. Il risque de se retrouver bien seul et encore plus
chancelant que jamais. Comme dit le dicton "quand il n'y
a plus de fourrage, les chevaux se battent dans l'écurie
..."
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DJIBOUTI
: Paris plus royaliste que le roi - C'est la France qui refuserait
les soins à Yassin Yabeh ! ( LOI 939)
Les autorités françaises ont été
plus royalistes que le roi en refusant, la semaine passée,
dhospitaliser à lhôpital Bouffard (établissement
militaire français de Djibouti), le général
Yassin Yabeh Galed alors que la justice djiboutienne lavait
autorisé.
L'article
précise que Guelleh ne se serait pas opposé à
ce que tout soit mis en oeuvre pour soigner le Général,
mais c'est la France qui aurait refusé de le faire admettre
à l'hôpital Bouffard !
D'ici
à ce que des plaintes s'élèvent contre la
France :
- pour non-assistance à personne en danger,
- complicité active de torture
avec un régime dictatorial .
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24/02
LE GENERAL Yassin YABEH AURAIT ETE HOSPITALISE A PELTIER.
D'après
des informateurs dignes de confiance, le Général
Yassin Yabeh aurait été hospitalisé à
l'hôpital Peltier. Il serait très malade et il aurait
paraît-il une tension très élevée.
Il serait gardé par 40 policiers / gendarmes.
On dit que
la semaine dernière, les autorités de la Prison
avaient refusé que les familles apportent la nourriture
aux prisonniers. Les femmes/familles auraient provoqué
un incident en refusant de s'éloigner de la prison. Le
directeur de la prison aurait fini par leur accorder le droit
(légitime dans un pays où l'administration ne nourrit
pas les prisonniers de façon décente *) de faire
parvenir les repas aux prisonniers.
* A Djibouti
on affirme que les budgets d'état pour la nourriture des
prisonniers seraient détournés par le directeur
de la prison et par les gardiens.
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27/02
LA MORT PROGRAMMEE DU GENERAL Yassin YABEB GALAB, s'il reste à
PELTIER.
M. ALOUMEKANI
nous a alerté pour nous signaler que le Général
Yassin Yabeh est bien à l'hopital PELTIER sous 'bonne gardes'.
Il nous a donné les informations suivantes qu'il a obtenu
de personnalités 'haut placées' à Djibouti.
"La
sécurité du Général est bien assurée
par les policiers qui interdisent l'accès à tout
visiteur, y compris aux membres les plus proches de sa famille
! En revanche, je peux vous confirmer que le Général
n'est absolument pas soigné, car de toutes les façons,
l'hopital PELTIER ne dispose pas des équipements médicaux
qui sont nécessaires dans son cas. C'est sur ordre de Monsieur
Guelleh que le Général a été transféré
à l'hôpital PELTIER, car il sait que le Général
ne pourra pas y être soigné et qu'il y mourera dans
un proche avenir. Ainsi M. Guelleh pourra clamer à l'opinion
internationale qu'il a fait tout ce qui était en son pouvoir
pour maintenir le Général en vie et pour preuve,
son décès interviendra dans l'hôpital de la
ville....
Alerte des associations humanitaires
J'ai alerté
les ligues des Droits de l'Homme ainsi qu'Amnesty International
qui devrait lancer rapidement un appel urgent"
Note de
l'ARDHD :
Complaisance de la France à l'égard
de Guelleh au détriment du Général ?
A quel jeu de complaisance joue la France avec Guelleh
? Selon la Lettre de l'Océan Indien la France aurait refusé
d'admettre le Général à l'hopital militaire
français où il aurait pu être véritablement
soigné. On peut se demander pourquoi la France aurait,
une nouvelle fois, cédé à Guelleh en refusant
de soigner le Général qui risque maintenant sa vie
à l'hôpital PELTIER. "Cela posait des problèmes
diplomatiques ....!" Cela nous rappelle l'histoire de deux
frères truands qu'un lecteur nous a fait parvenir la semaine
dernière.
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DJIBOUTI
: MOHAMED ADEN
LA LETTRE DE L'OCEAN INDIEN n°939 du 24/02/2001
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Le président de la Banque pour le commerce et l'industrie-Mer
rouge (BCIMR, filiale de la Banque nationale de Paris-Intercontinentale)
part à la retraite en 2002 et aimerait bien se recycler
à la tête de la Chambre internationale de commerce
et d'industrie de Djibouti (Cicid).
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24/02
- SURVIE : Manifestation très réussie à Paris.
Environ 1.500 personnes (selon
nos estimations qui devront être confirmées) ont
bravé la neige fondue, la pluie et le froid pour se joindre
au cortège. Probablement tous les pays d'Afrique étaient
représentés. Nous avons rencontré de nombreux
djiboutiens ; certains avaient fait un long voyage en France pour
être présents. Le cortège, précédé
par des tambours, a défilé du Panthéon au
Palais de Justice, avec à sa tête François-Xavier
Verschaeve. La Françafrique a été huée
par les manifestants au son d'une parodie de la chanson de Pierre
Perret "Ah les néo-colonies de la France ... Merci
Chirac, Merci Pasqua !"
26/02
Communiqué de remerciement de SURVIE
à tous les participants aux manifestations du samedi 24
février.
Nous tenons
ici à vous remercier tous de votre soutien lors des 13
manifestations organisées en France ce samedi 24 février.
Au total, ce sont 3500 personnes à travers toute la France
qui se sont réunies pour dire leur refus d'accepter l'actuelle
politique africaine de la France.
Tout ceci est très encourageant : cette journée
de mobilisation a été possible grâce au concours
de toutes et tous. Elles ont été l'occasion de mettre
la Françafrique sur la place publique et sont sans doute
les prémices de mobilisation plus importantes à
venir.
Merci
encore à tous,
Amitiés,
L'équipe de Survie
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Djibouti
ambitionne de devenir le premier port de la côte est-africaine
(mais le massacre programmé du site de Doraleh !)
ADDIS ABEBA,
25 fév (AFP) - Révision à la hausse des tarifs
de marchandises éthiopiennes à l'importation, vaste
programme de modernisation, visite de plusieurs capitales de la
région et publicité agressive: le port de Djibouti
ne cache plus son ambition de devenir le premier port de la côte
est-africaine.
Première
opération, après d'âpres négociations
avec le grand voisin éthiopien, le port de Djibouti, dont
75 % des services de fret traitent des marchandises en provenance
ou à destination de l'Ethiopie, augmentera, à partir
du 1er mars, ses tarifs pour certaines importations éthiopiennes,
passant de un dollar la tonne à un nouveau tarif compris
entre 1 à 3 dollars la tonne.
"Nous
devons investir beaucoup d'argent dans les futures infrastructures
pour éviter la stagnation des services en achetant de nouveaux
équipements et du software", expliquait récemment
à l'AFP le Belge Luc Deruyver, directeur général
du port.
L'ensemble
du trafic marchandises du port a enregistré en 2000 un
taux de croissance de 4 % par rapport à l'année
précédente, avec 4.026.921 tonnes grâce notamment
au flux commercial éthiopien.
Depuis huit
mois et pour vingt ans, c'est l'autorité des ports de Dubaï
(DPA) qui gère et exploite le port de Djibouti, véritable
poumon économique de l'import-export éthiopien,
qui transitait auparavant par le port d'Assab, sur la côte
érythréenne de la mer Rouge. La guerre entre les
deux voisins, entamée en mai 1998, y a mis un terme.
Depuis, des
investissements en cours doivent permettre d'acquérir de
nouveaux matériels de manutention pour le terminal à
conteneurs, la création d'une cale sèche et la mise
en place d'un nouveau système de gestion informatisée
de ce même terminal (Projet COSMOS, dont le démarrage
effectif est prévu pour le deuxième semestre 2001).
"Compte-tenu
de l'évolution dans la région, il est normal que
Djibouti essaye d'attirer, en dehors du trafic éthiopien,
un autre trafic international car ce port est un des mieux équipés
de l'est africain", plaidait devant l'AFP le président
de la Chambre de Commerce de Djibouti, Saïd Ali Coubèche,
récemment en visite à Addis Abeba.
Ses rivaux
de la côte est-africaine sont Port-Soudan, Mombasa (Kenya),
Berbera (Somaliland) et Assab (Erythrée).
"Nous
sommes maintenant dans un traitement de conteneurs sur les portiques
de déchargement avec une moyenne de 20 mouvements par heure
par grues. Aucun autre port dans la région ne peut offrir
un tel service", a assuré M. Deruyver.
Evoquant la
petite taille de Berbera et des délais de livraisons trop
importants à Mombasa, selon lui, M. Deruyver a également
souligné qu'à Port-Soudan, "le délai
d'attente et les performances sont décevantes" notamment
par rapport aux marchandises qui pourraient transiter via ce port
vers l'Ethiopie.
"Actuellement,
une tonne par cargo du déchargement à la livraison
entre Djibouti et Addis coûte 72 USD alors qu'à partir
de Port-Soudan et de Mombassa, il faut compter entre 170 et 185
USD", a résumé le directeur du port de Djibouti.
Evoquant également
les connections routières entre ces ports et Addis Abeba,
"Djibouti (NDLR: 847 km via Dire Dawa (est) et 781 km par
voie de chemin de fer) reste jusqu'à présent le
plus court et le meilleur", a conclu Luc Deruyver.
Le
site de Doraleh fera-t-il les frais du développement ?
(Note ARDHD)
A moyen terme,
Djibouti compte également développer à Doraleh,
8 km à l'est du port de Djibouti, un terminal vraquier
ainsi qu'un terminal pétrolier capable de stocker les produits
raffinés d'hydrocarbure (200.000 tonnes) et une zone franche
commerciale et industrielle de 600.000 m2.
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Djibouti
: la comédie politicienne contre la démocratie et
le développement 25 février 2001. Analyse des actes
et déclarations politiques de février
Article
diffusé sur le site Les Nouvelles d'Addis
http://www.lesnouvelles.org/P10_magazine/16_analyse/16016_pdvdjibouti.html
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par ALAIN LETERRIER / Les nouvelles d'ADDIS
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Un an après la signature de l'Accord-cadre de réformes
et de concorde civile, le 7 février 2000 à Paris,
entre le Front pour la restauration de l'unité et de la
démocratie (Frud) et le gouvernement de M. Ismaël
Omar Guelleh, « la dégradation de la vie nationale
s'est sérieusement aggravée à tous points
de vue : politique, économique, social
». Dans
un communiqué, l'Opposition djiboutienne unifiée
(ODU) assure que « le pouvoir en place, en flagrante contradiction
avec son discours pour la démocratisation et son engagement
dans les négociations en vue de l'application de l'Accord-cadre,
poursuit ses agissements antidémocratiques et liberticides.
Réprimant syndicalistes et autres protestations contre
les arriérés de salaires et interdisant les organes
de presse de l'opposition, comme en témoigne la suspension
depuis le 15 Janvier 2001 du "Renouveau", hebdomadaire
du PRD. » (1)
Pourtant,
les accords de Paris ont obtenu le soutien de l'Opposition djiboutienne
unifiée, de l'ONU, de l'OUA, de la ligue arabe, de l'Érythrée
et sont l'objet d'une attention particulière du Parlement
européen.
La "question de Djibouti" est à l'ordre du jour
de la prochaine réunion de la Commission ACP (Convention
de Lomé liant l'Union européenne et les pays "Afrique-Caraïbes-Pacifique").
Lors de son voyage de 48 heures en Érythrée (19
au 21 février 2001), le président djiboutien n'aurait
pas eu tout à fait l'accueil qu'il aurait souhaité
: Asmara souhaiterait que les négociations avec le Frud
aboutissent au plus tôt.
La
démission du Premier ministre plombe le débat
Depuis un
an, selon l'AFP, « des rumeurs de remaniement ministériel
incluant l'entrée au gouvernement de personnalités
issues du Frud radical circulaient dans Djibouti » (2).
Mais les discussions butent toujours sur plusieurs points politiques
et la polémique visait peut être à mettre
en péril la négociation et les perspectives d'évolution
démocratique.
Le 6 février
dernier, M. Barkat Gourat Hamadou, Premier ministre djiboutien
depuis vingt-deux ans et membre fondateur du Rassemblement populaire
pour le progrès (RPP, au pouvoir) démissionnait.
Que cette démission présentée au Président
soit due à une incapacité physique du Premier ministre
« de pouvoir fournir les efforts nécessaires pour
le servir pleinement à ce poste » (3) ; ou qu'elle
soit le fait d'Ismaël Omar Guelleh lui-même (qui aurait
choisi l'éviction en douceur, comme le prétendent
de méchantes langues) : le vide créé pouvait
fournir l'occasion de finaliser le débat Frud-gouvernement
sur la question des institutions, mais cette question a été
habilement enfouie sous le fatras polémique.
Un communiqué
de Mohamed Kadamy, représentant du Frud en Europe a fourni
le prétexte à cette violente polémique, dont
l'origine pourrait bien être le peu d'empressement affiché
par le pouvoir d'aller jusqu'au bout des "accords de Paris"
et du processus de démocratisation induit.
Dans ce communiqué, le Frud : « Dénonce les
entraves à la paix » qu'il attribue au président
djiboutien ; « Condamne les atteintes aux droits humains
qui continuent à Djibouti » ; « Attire l'attention
de la communauté nationale et internationale » sur
le fait que « l'échec du processus de paix aura des
conséquences très graves pour Djibouti et la région
». (4)
« L'échec "aura" »
L'emploi
du futur au lieu du conditionnel et la mise en cause du président
Ismaël Omar Guelleh, dénoncé ad hominem comme
responsable de l'échec possible du "processus de paix",
ont provoqué la réaction du pouvoir, puis des outrances
verbales.
La première
salve est venue du ministre de lIntérieur, M. Abdallah
Abdillahi Miguil (qui présidait la délégation
gouvernementale aux négociations de paix avec le Frud-armé)
:
« Le gouvernement de la République de Djibouti rejette
les accusations proférées qu'il serait à
lorigine dun éventuel échec des pourparlers
». Regrettant « profondément » le silence
« des officiels du Frud-armé », le ministre
de lIntérieur accuse M. Kadamy, « un homme
exilé en France » [après vingt-neuf mois de
détention à la prison de Gabode, ndlr], d'agiter
le spectre dune « reprise des combats », et
de proférer sur une chaîne de radio étrangère
[RFI, ndlr] des affirmations présentant tous les ingrédients
susceptibles de conduire le pays « à une situation
à la burundaise ou à la rwandaise ». (5)
Obligé
de s'expliquer, M. Ahmed Dini Ahmed, jusqu'ici silencieux parce
qu'il « n'est pas dans les habitudes du Frud de verser dans
l'invective et la polémique stérile qui ne seraient
d'aucune utilité dans le déroulement des pourparlers
», a publié un communiqué.
Le président du Frud cherche à éviter la
polémique mais reste ferme : « Le déroulement
des négociations en cours connaît des difficultés
[
]. Notre représentant n'a ni prétendu que
les négociations étaient rompues ni affirmé
que le Frud allait reprendre la lutte armée [
]. Il
n'est pas dans l'intérêt des discussions que la partie
gouvernementale dénature les propos de notre représentant
en Europe et en prenne prétexte pour donner libre cours
à un discours belliciste et au dénigrement puéril
d'un des plus éminents membres du Frud [
]. Conscient
de l'ampleur de la tâche de réconciliation et de
reconstruction nationales, qui nous attend et que le peuple attend
de nous, le Frud invite la partie gouvernementale à éviter
toute polémique et à reprendre le déroulement
normal des discussions ». (6)
Mais le communiqué
de M. Dini ne suffit pas à faire baisser la pression. Une
grosse machinerie est en marche.
Ainsi, M. Ali Mohamed Daoud, président de la faction du
Frud ralliée au pouvoir en 1994 et ministre de l'Agriculture
et du Développement rural, s'emporte, refusant «
à quiconque, et de surcroît à la faction de
M. Dini, le droit dutiliser ou de sapproprier le nom
du Frud » ; précisant que « dorénavant
le [son] Frud ne tolérera plus que son nom soit usurpé
par des individus, groupement ou organe de presse ». Menace
donc, y compris aux journalistes, puisque « des dispositions
sont déjà prises pour engager des poursuites judiciaires
contre ceux qui se sont rendus coupables de cette usurpation ».
(7)
Cet avertissement
ne manqua pas d'amuser dans les rangs de l'opposition djiboutienne.
Un certain "DAF" s'empressant d'adresser une lettre
ouverte à M. Ali Mohamed Daoud, le renvoyant à ses
responsabilités : « Comme partie signataire de ce
que vous avez appelé les "accords de paix du 26 décembre
1994", vous nous avez promis la paix et la reprise du progrès.
Ni l'une ni l'autre ne s'est réalisée [
].
Quant au "parti Frud" dont vous avez annoncé
la naissance avec fracas, je me demande, avec l'opinion nationale,
où il est passé. Nous avons beau chercher son siège
central, ses annexes locales, son organe de presse, sa vie de
parti, nous ne trouvons rien qui vaille. En dehors de tel ou tel
communiqué de circonstance, qui ressemble bien davantage
à une commande du régime qu'à une prise de
position autonome [
]. Votre sigle, qui sort rarement séparé
de celui du parti au pouvoir, RPP/Frud, voilà ce que nous
voyons ou entendons généralement ». (8)
Rajoutant
une couche, M. Ali Dahan, qui régulièrement adresse
à la presse de longs communiqués en sa qualité
[unanimement contestée, ndlr] de "représentant
permanent du Front pour la restauration de lunité
et de la démocratie (Frud) aux amériques" où
il vilipende à égale partie « les dirigeants
des trois vagues des dissidents du Frud [qui] se battent entre-eux
pour servir leur maitre Ismaël Omar Guelleh, président
autoproclamé de la République de Djibouti ».
M. Dahan semble manquer d'optimisme sur l'issue des négociations
en cours, affirmant dans son dernier communiqué : «
Guelleh a déjà fractionné en plusieurs groupuscules
les deux premières vagues des dissidents du Frud et les
a intégrées par la suite les unes après les
autres au sein de son Parti-État : RPP. Et il est etrain
den faire autant pour la troisième vague du Frud
dirigée par Ahmed Dini ».
Pourtant, selon lui, une ouverture existerait : « Il ny
a quun seul choix pour Guelleh, cest de négocier
honnêtement et sincèrement avec les vrais représentants
du Frud et lensemble de lopposition sur un terrain
neutre et avec la participation des représentants de la
Communauté internationale ».
M. Dahan, en sa qualité de seul et unique représentant
du Frud, semble donc prêt à une négociation
avec celui qu'il diabolise. Comprenne qui pourra. (9)
Dernier acte,
un portrait "au couteau" d'Ahmed Dini Ahmed, par Samatar
Miguil, proche du président Ismaël Omar Guelleh, qui
devrait peut-être s'en émouvoir :
« Depuis la signature des accords de février 2000,
cet éternel opposant a voulu essayer dinculquer à
la population sa pseudo aptitude à gouverner et certains
médias paresseux ont continué à user dune
périphrase abusive et mensongère : président
du Frud-armé. Cependant, quand son parcours politique a
été jalonné tout au long de son histoire
appât du pouvoir, haine tous azimuts, vide idéologique
, il est indéniable que les libertés publiques
seraient en grand danger en cas de sa participation aux sphères
décisionnelles du pays. Et surtout, le sentiment insupportable
que cette figure tutélaire et chaotique, omniprésente
depuis plusieurs décennies, se croit propriétaire
de lopinion nationale. Cest pour toutes ces raisons
que le spectacle de cette boussole qui sétait affolée
la journée du samedi passé, nous a semblé
insupportable. Nauséeux. Minable [
]. En faisant voler
en éclats sa participation au processus de paix, il a fait
la démonstration de son impéritie, de son impossibilité
à se remettre sur pied, et à être autre chose
que le parrain dune écurie dex-barons richissimes
et broyés par la marche de lhistoire. Du déjà
vu. Il a fait échouer sa salutaire entreprise ; à
croire que nous avons lopposant le plus destructeur du monde.
Ainsi lhistoire de cet homme ressemble vraiment à
un naufrage programmé. » (10)
Quelle "liberté"
étonnante. Un polémiste (façon Léon
Bloy) se révèle en M. Miguil, que certains disaient
plutôt occupé à dresser des louanges.
Cette polémique
lourde pourrait bien porter à rire. Mais on ne rira pas,
car ce qui est en jeu c'est l'avenir de Djibouti et de sortir
de la misère la quasi totalité de sa population.
Le débat sur les institutions est d'importance dans cet
objectif.
Équilibrer
le poids des responsabilités
En plus de
la question de la « décentralisation régionale
[et] d'accepter le principe d'un équilibrage communautaire
de l'armée et de l'administration » (4), le contenu
réel des fonctions ministérielles, eu égard
au pouvoir jugé disproportionné de la présidence,
est à questionner.
La modernisation
des institutions en somme. Cette perspective dépasse aujourd'hui
le cadre du débat politique ; on la retrouve sur les sites
internet de la communauté djiboutienne. Exemple, une question
en ce sens de "Wadaani", sur le forum de discussion
de djibnet.com :
« Comme vous savez tous, le chef de l'État est aussi
chef de gouvernement à Djibouti. Pensez-vous qu'une séparation
des pouvoirs pourrait profiter aux institutions de notre pays.
Le chef du gouvernement serait en charge de la conduite des affaires
politiques du pays (économie, sociale, santé, éducation,
etc.) et le chef de l'État serait le garant de notre Constitution
et aurait en plus l'autorité sur la défense nationale
et la conduite de notre politique étrangère. Ceci
pourrait équilibrer le poids de responsabilité aux
plus hauts niveaux de l'État, et la démocratie aurait
certainement beaucoup à y gagner. » (11)
La question
ne date pas d'aujourd'hui ; selon l'AFP, « ni Ahmed Dini,
ni plus tard Abdallah Kamil n'avaient accepté une forte
concentration de ce pouvoir aux seules mains du chef de l'État
et ils avaient exigé, au nom d'un meilleur équilibrage
dans la prise des décisions et d'une réelle répartition
des postes à responsabilité, que le Premier ministre
soit également le chef du gouvernement ». (3)
Les
populations du nord victimes
Selon un communiqué
de l'organisation humanitaire Aide et solidarité au peuple
afar (ASPA), repris par l'AFP, « environ 200.000 civils
afars des régions de Tadjourah, d'Obok et de Dikhil sont
dans une situation de préfamine, affaiblies par une décennie
de blocus alimentaire et sanitaire ». L'ONG affirme que
la présence de l'armée djiboutienne « dans
les lieux les plus reculés du territoire, en violation
de l'accord cadre de paix de Paris est un obstacle à l'acheminement
des aides et des médicaments et empêche le retour
des 20.000 réfugiés afars dans leur pays ».
(12)
Les
mines en plus
Comme si la
misère n'était pas suffisante, il faut rajouter
un péril dans certaines zones. « Djibouti n'a pas
commencé la destruction de ses stocks de mines, ni même
planifié cette destruction [
]. Djibouti n'a alloué
aucun financement national pour l'action contre les mines [
].
Il n'existe pas de statistiques systématiques sur les victimes
de mines [
] Aucune enquête systématique sur
la situation des mines n'a été réalisée
et on ne dispose pas d'informations fiables sur l'étendue
des zones minées. Certains territoires des montagnes de
l'Afar du nord semblent plus exposées que d'autres régions.
Des représentants de l'ASOVIM ont effectué une tournée
dans les zones supposées minées du plateau de l'Afar
et ont constaté que de nombreux établissements publics,
notamment les écoles, ont été abandonnés
du fait de la menace de mines. Dans la ville d'Obock, des mines
ont été découvertes dans les plantations
de palmiers, qui depuis ne sont plus cultivées. Les routes
rurales au nord de Tadjourah pourraient également être
minées. Enfin, le district sud de Dikhil serait également
miné. » (13)
Rumeur
: des bruits de bottes à Obock
L'armée
nationale djiboutienne (AND) serait « en alerte maximum
pendant trois jours dans la région d'Obock. 2.500 hommes
participeraient à l'opération ce week-end. Les autorités
gouvernementales craignent une attaque du Frud [
]. Il est
prévu que 1.000 hommes soient ramenés à Djibouti
d'ici trois à quatre jours, tandis que 1.500 devraient
rester sur place. » (14)
Alain LETERRIER
/ Les Nouvelles d'ADDIS
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(1) Moussa Ahmed Idriss, communiqué du haut-conseil de
l'ODU, Djibouti, 12 février 2001.
À lire sur http://www.ardhd.org/francais/bul036.htm
(2) Dépêche
AFP, Djibouti, 6 février 2001.
(3) Déclaration
à l'Agence djiboutienne d'information, Djibouti, 6 février
2001.
À lire sur http://www.adi.dj/Adi_Depech.htm
(4) Communiqué
du représentant du Frud en Europe, Bruxelles, 8 février
2001 et interview FRI, Paris, 10 février. À lire
sur http://www.ardhd.org/francais/bul036.htm
(5) Agence
djiboutienne d'information, Djibouti, 11 février 2001.
À lire sur http://www.adi.dj/Adi_Depech.htm
(6) Communiqué,
Djibouti, 12 février 2001.
À lire sur http://www.ardhd.org/francais/bul036.htm
et dépêche sur http://www.adi.dj/Adi_Depech.htm [certains
propos cités dans cette dépêche ne sont pas
conformes au communiqué]
(7) Djibouti,
14 février 2001. Communiqué repris par l'Agence
djiboutienne d'information.
À lire sur http://www.adi.dj/Adi_Depech.htm
(8) Lettre
publiée dans l'hebdomadaire d'information et d'analyse
"Ensemble".
À lire sur http://www.ardhd.org/francais/bul036.htm
(9) Communiqué,
Québec, 22 février 2001.
À lire sur http://www.egroups.fr/message/agora-djibouti/6591
(10) "La
politique de l'ombre", point de vue non signé, Montréal.
À lire sur http://www.egroups.fr/message/agora-djibouti/6593
(11) Question
au forum de discussion de djibnet.com, 22 février 2001.
À lire sur http://www.djibnet.com/mabraze/
(12) Communiqué
à l'AFP, Paris, 14 février 2001.
À lire sur http://www.lesnouvelles.org/P10_magazine/12_depeche/12006_AFPdjibouti010214.html
(13) Observatoire
des mines, rapport 2000, sélection "Djibouti".
À lire sur http://www.icbl.org/lm/2000/exec/fr/7.php3
(14) Rumeur
publiée par "La Liberté" n°26, 17
au 23/02/01.
À lire sur http://www.ardhd.org/francais/bul036.htm
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27/02
Le directeur de La NATION reçoit un blâme officiel
de M Guelleh !
Par décision
n°2001-0073/PR/MESN, du Président de la République,
Chef du Gouvernement, en date 31 janvier 2001, un premier avertissement
est infligé à M. Amin Mohamed Robleh, administrateur
civil de 2° classe 2° échelon, secrétaire
général à l'information pour n'avoir pas
répondu aux différentes demandes d'explication adressées
à son encontre.
J.O. du 31/01/2001
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M. Amin Mohamed
Robleh, Secrétaire Général à l'information
et Directeur de Publication du Journal La Nation s'est vu infligé
un premier avertissement.
Certainement pas pour avoir refusé de diffuser le Droit
de réponse de la LDDH mais parait - il pour avoir à
haute voix soutenu le Général Yassin Yabeh chose
interdite pour tous les membres de la tribu d'IOG.
Attention
la prochaine fois c'est Gabode !
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Note de
l'ARDHD :
Par les
temps qui courent, Guelleh sanctionne tous azimuths. Il était
déjà très isolé, mais il va ajouter
des noms à la liste de ceux qui ne lui veulent pas que
du bien.. Son cas s'aggrave. Bientôt, il n'aura plus aucun
soutien (La France pourrait elle-même flancher et finir
par s'avouer vaincu dans le surprenant combat qu'elle mène
pour lui maintenir la tête hors de l'eau)
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mardi
27 février 2001, 17h22
Immunité requise
pour Kadhafi, décision le 13 mars
PARIS (Reuters)
- Le parquet général de la Cour de cassation a requis
l'immunité pour le leader libyen Mouammar Kadhafi, menacé
de poursuites dans l'affaire de l'attentat contre un DC10 d'UTA,
qui avait fait 170 morts en 1989.
L'arrêt
de la Cour de cassation sera rendu le 13 mars. L'avocat général
Jean-Yves Launay a considéré que les usages diplomatiques
internationaux obligent la justice française à la
solution qu'il préconise. Il a aussi évoqué
les risques encourus, selon lui, en cas de décision contraire.
"Si vous
permettiez de juger un chef d'Etat étranger devant une
juridiction française, le risque serait grand de voir la
responsabilité de la France engagée par l'autre
Etat, et de voir la crédibilité diplomatique de
la France remise en cause", a dit l'avocat général.
Le colonel
Kadhafi est susceptible d'être poursuivi pour "complicité
d'homicides volontaires, en relation avec une entreprise terroriste",
dans ce dossier, où son régime est soupçonné
d'avoir agi pour se venger des affrontements avec la France en
Afrique.
C'est la première
fois que la juridiction suprême doit établir une
règle de droit sur ce problème.
L'avocat du
leader libyen, François Gibault, s'est rendu à l'audience
"en observateur". Il a estimé que la justice
ne pouvait pas poursuivre. "Je rappelle que, pendant dix
ans d'instruction, le colonel Kadhafi n'a jamais été
mis en cause ni par le juge d'instruction, ni par les parties
civiles", a-t-il dit.
Sa présence
a soulevé la colère des familles de victimes, venues
en masse. "Il représente quelqu'un qui se cache de
l'autre côté de la Méditerranée, au
mieux un fuyard, au pire un repris de justice", a dit l'un
de leurs avocats, Francis Szpiner.
Une bombe
avait détruit l'avion de l'UTA en vol au-dessus du désert
du Ténéré au Niger, le 19 septembre 1989,
tuant les 170 passagers et membres d'équipage, embarqués
à Brazzaville (Congo) et N'Djamena (Tchad).
Note de
l'ARDHD :
Le jugement
qui sera rendu par la Cour aura une importance capitale pour l'ouverture
de procédures à l'encontre des Chefs d'Etat, soupçonné
de crimes contre l'Humanité .....
Au passage, nous saluons l'avocat du dictateur M. Guelleh, qui
défend dans ce dossier les victimes d'un autre dictateur,
ce qui, déontologiquement, est son droit le plus absolu,
mais qui fait un peu désordre ... à notre humble
avis.
Cela dit, il aura acquis une expérience sur cette nouvelle
possibilité judiciaire et elles pourraient s'avérer
utiles si M. Guelleh était un jour mis en cause, dans une
affaire de crimes contre l'humanité...
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27/02
RADIO HARGEISA : Une émission en français sur Internet.
Radio Hargeisa,
la voix de la République de Somaliland,
diffuse depuis le 26 février 2001, une programmation en
langue Française par internet. Pour ecouter et prendre le lien
veuillez visiter www.geocities.com/radiohargeisa
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ADI/DJIB/784/121
MOTS
Pension de retraite pour premiers
ministres
DJIBOUTI (ADI)
- 27 février - Le Conseil des Ministres a approuvé
mardi un projet de loi concernant « loctroi dune
pension à certains anciens Premiers Ministres »,
annonce lAgence Djiboutienne dInformation.
Le projet
de loi présenté par la Présidence de la République
« prévoit une pension calculée sur lindice
le plus élevé de la catégorie supérieure
des emplois de lEtat ».
La pension
est « destinée aux anciens Premiers Ministres qui
ont exercé la fonction de Premier Ministre pendant plus
de quinze ans ».
Ce projet
de loi qui sera soumis à lAssemblée Nationale
pour approbation « envisage également la pension
de réversion par les ayants droit »
ADI-18H13
GMT-27 FEVRIER 2001
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Note de l'ARDHD
:
Certains anciens premiers ministres auraient le droit à
une retraite dorée - le plus haut indice - (Kamil,
Dini ?). Non, que l'on rassure, il y a une clause particulière
: avoir exercé au moins pendant 15 ans le métier
! Cherchez bien, il n'y en a pas beaucoup qui peuvent justifier
cela ... Allons donc, si ce n'est pas une loi 'sur mesure' et
inégalitaire, c'est que nous n'avons rien compris au film.
Au fait, si on faisait la même chose en France, cela réduirait
le montant des prestations à servir aux anciens Premier
Ministre : 15 ans c'est quand même rare ! Que vont penser
les policiers licenciés sans droit à la retraite
? Vont-ils descendre dans la rue en hurlant à l'injustice
?
Au fait, cette
mesure exceptionnelle est-elle destinée à retirer
à Barkhat toute envie de reprendre le poste, comme le murmure
la rumeur. En plus d'un minimum d'années, le législateur
prudent devrait ajouter un nombre maximum d'années : 20
ans par exemple.
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Les
journaux LA NATION et AL QARN bientôt sur Internet, mais
.... !
ADIDJIB/785/125
MOTS
La Nation et Al Qarn bientôt sur Internet
DJIBOUTI (ADI)
- 27 février - Le bi-hebdomadaire la Nation et lorgane
de presse Al Qarn qui est édité en Arabe partageront
très prochainement un site internet commun qui aura pour
coordonnés : http://www.lanation.dj annonce lAgence
Djiboutienne dInformation.
Lintégralité
des articles publiés par le plus grand journal écrit
en République de Djibouti sera disponible dans un délai
de trois après la parution de chaque édition qui
concerne ces deux journaux respectifs.
Avec cette
nouvelle dotation en Internet, une dynamique volontariste de la
presse écrite nationale semble résolument engagée
à amplifier sa présence dans un monde de plus en
plus interactif.
A noter enfin
que lAgence Djiboutienne dInformation (ADI) dispose
dun site similaire depuis le 26 octobre dernier.
ADI-18H15-GMT-27
FEVRIER 2001
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Note de l'ARDHD :
Les autorités
djiboutiennes ont compris que l'information était très
importante et elles affirment leur volonté de publier l'intégralité
des articles de LA NATION et AL QARN sur Internet.
Est-ce un réponse à LA LIBERTE qui dépasse
en Février les 3.000 pages lues chaque jour .... ?
En ne
diffusant que trois mois après leur parution, l'intégralité
des articles, on peut prédire que le taux de consultation
sera modeste : des chercheurs ou des collectionneurs pourront
certainement y trouver un intérêt... à part
cela qui ?
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27/02
Les enjeux de l'affaire Habré
Extrait
LE MONDE | 27.02.01 | 13h50 | analyse
QUEL sera
le sort d'Hissène Habré, l'ancien président
tchadien ? Le 6 mars, la Cour de cassation du Sénégal
devra se prononcer. Vivant en exil à Dakar, il avait été
inculpé en février 2000 pour " complicité
d'actes de torture ", puis relaxé, suite à
un recours devant la cour d'appel. Le 6 mars pourrait marquer
l'histoire de la lutte contre l'impunité de la même
manière que l'arrestation du général Pinochet
à Londres.
En janvier
2000, des victimes tchadiennes avaient porté plainte à
Dakar contre Hissène Habré, pour les crimes commis
durant son règne, de 1982 à 1990. Le 3 février
2000, la justice sénégalaise ordonna son inculpation.
Habré fut immédiatement placé en résidence
surveillée. Mais, en juillet, la cour d'appel de Dakar
se déclara incompétente pour juger de crimes perpétrés
au Tchad et ordonna l'abandon des poursuites. Les victimes se
sont alors pourvues en cassation.
Sur le plan
juridique, la décision d'abandonner les poursuites contre
Hissène Habré ne résiste pas à l'analyse.
Elle est contraire au droit international et plus particulièrement
à la Convention des Nations unies contre la torture et
autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants,
ratifiée par le Sénégal en 1986. Cette convention,
dont l'un des objets est précisément d'assurer qu'aucun
tortionnaire ne puisse se soustraire aux conséquences de
ses actes en trouvant refuge à l'étranger, instaure,
en son article 7, l'obligation pour les Etats parties de poursuivre
ou d'extrader tout tortionnaire présumé qui entre
sur leur territoire.
En vertu de
l'article 79 de sa Constitution qui affirme que " les traités
ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés
ont, dès leur publication, une autorité supérieure
à celle des lois ", le Sénégal a donc
l'obligation internationale de juger Habré.
La
Convention contre la torture avait servi de base légale
aux autorités anglaises lors de l'arrestation du général
Pinochet.
Les audiences
devant la Cour de cassation ont eu lieu le 20 février dernier.
Dans son réquisitoire, le parquet a soutenu la position
des parties civiles en déclarant qu'une lecture scrupuleuse
des conventions et lois déterminait clairement la compétence
du Sénégal. Les victimes ont de ce fait bon espoir
de voir la décision de la chambre d'accusation cassée
et les poursuites contre l'ancien dictateur relancées.
Il y a un
an, à l'annonce de l'inculpation d'Habré, l'espoir
du peuple tchadien que le régime Habré et son cortège
d'horreurs avaient brisé, renaissait enfin. Après
huit ans de terreur marquée par les tortures, pillages,
enlèvements, détentions arbitraires, disparitions
forcées, exécutions sommaires (environ 40 000, selon
une commission d'enquête), répressions aveugles et
sanglantes à l'encontre des ethnies sara (1984), hadjerai
(1987) et zaghawa (1989), après dix ans d'attente depuis
son départ du Tchad, les victimes se prirent à espérer
que leur tortionnaire allait enfin devoir répondre de ses
actes. Alors qu'il se croyait à l'abri, le dictateur déchu
voyait son passé criminel le rattraper enfin.
Quel exemple
aussi pour le reste du monde ! Les anciens chefs d'Etat, criminellement
responsables de graves violations des droits de l'homme, ne pourraient
donc plus, à l'avenir, trouver de refuge à l'étranger
pour jouir d'une paisible retraite une fois leurs méfaits
accomplis.
Les défenseurs
de Habré prétendent que ces poursuites cherchent
à le punir pour ses positions anti-impérialistes,
mais la France et les Etats-Unis ont largement soutenu Habré,
le considérant comme un rempart contre le leader libyen
Mouammar Kadhafi. Les Etats-Unis de Ronald Reagan apportèrent
en secret un soutien paramilitaire à Habré afin
qu'il renverse Goukouni Wedeye en 1982. Selon Alexander Haig,
alors secrétaire d'Etat américain, le but de la
manuvre était littéralement
" de donner un bon coup sur le nez de Kadhafi ". Par
la suite, les Etats-Unis fournirent à Habré des
dizaines de millions de dollars par an et des informations militaires.
Malgré
l'enlèvement par Habré et ses hommes, alors en rébellion
contre le pouvoir central, de l'anthropologue française
Françoise Claustre en 1974 et le meurtre tragique du capitaine
Galopin venu négocier la libération de sa compatriote
en 1975, la France a également soutenu le régime
d'Habré, en lui procurant armes, soutien logistique et
renseignements, et en lançant les opérations militaires
" Manta " (août 1983) et " Epervier "
(février 1986).
Si, le 6 mars,
la justice sénégalaise reconnaît sa compétence
pour juger des crimes d'Habré, alors, pour la première
fois dans l'histoire, un ancien chef d'Etat sera poursuivi pour
violation massive des droits de l'homme dans le pays où
il a trouvé refuge.
Le Sénégal
a déjà su jouer un rôle fondamental et avant-gardiste
dans la promotion de la justice internationale. Il fut en effet
le premier pays à ratifier le statut de Rome portant création
de la Cour pénale internationale, statut qui rappelle qu'"
il est du devoir de chaque Etat de soumettre à sa juridiction
criminelle les responsables de crimes internationaux ".
Que les juges
de la Cour de cassation, en appliquant le droit international
à la lettre, réaffirment ce geste et ne laissent
pas un criminel notoire échapper aux conséquences
de ses terribles actes ! C'est là une exigence à
la fois juridique et morale.
Reed
Brody est directeur adjoint de Human Rights Watch.
par
Reed Brody
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