12/04
COMMUNIQUE
d'Aden Robleh Awaleh,
Président du PND
Le doute n'est
plus permis. Notre pays est bel et bien engagé sur la pente
de l'absolutisme, cette voie qui avaient perdu tant de pays africains
dont la Somalie sur voisine.
La folie du
pouvoir absolu s'enracine profondément chez nous. Cette
folie transparaît de plus en plus à travers la manière
dont sont utilisées la radio et la télévision
nationales.
Les faux procès,
les emprisonnements arbitraires, le bannissement de toute forme
d'expression qu'elle soit de nature politique, syndicale ou culturelle
font désormais partie de notre paysage.
Il est temps
que les djiboutiens intègrent cette réalité.
La machination
dont j'ai été victime la semaine écoulée
démontre, s'il en était encore besoin, la véritable
nature du régime.
Je remercie
le peuple djboutien tout entier pour le soutien qu'il m'a témoigné
face à cette machination.
Je remercie
également les organisations et les personnes qui se sont
mobilisées à l'extérieur du pays.
Je suis particulièrement
fier des militants de mon parti, le Parti National Démocratique
(PND). Fidèle à lui-même le PND a mobilisé
six à huit cents militants déterminés. Une
forêt de banderoles aux couleurs du PND (le jaune) a jailli
devant les impressionnantes forces de police qui entouraient le
bâtiment où se déroulait le pseudo-procès.
" Vive ADEN ROBLEH AWALEH, le héros de l'indépendance
" ; " vive la démocratie " ; " à
bas la dictature " ; " vive le PND ". Ce sont là
quelques uns des slogans mis en exergue par les banderoles. Le
déluge des grenades lacrymogènes n'a pas eu raison
des militants du PND. Ces engins, extrêmement puissants
et assourdissants, n'ont eu d'autres effets qu'à faire
frémir et paniquer les gens qui se trouvaient dans l'hémicycle
où avait lieu le soit-disant procès, et cela durant
une bonne trentaine de minutes. Trois militants dont deux femmes
ont été gravement blessés.
Mon combat
continuera quels que soient les obstacles. Hier je luttais pour
la souveraineté de mon pays. Aujourd'hui je lutte pour
que celui-ci accède à la démocratie, seule
voie susceptible de lui garantir la concorde nationale et le développement
économique, social, culturel, et technologique.
Le peuple
djiboutien doit savoir que le régime en place n'acceptera
jamais, de son gré, l'instauration de la démocratie.
Il va falloir la lui imposer. Pour cela il est nécessaire
que le peuple se mobilise fortement et soit prêt à
descendre dans la rue.
Fait à
Djibouti, le 12 Avril 2001
ADEN
ROBLEH AWALEH
Président du PND
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Sommaire
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Retrospective
: un article paru le 29 octobre 1998 dans le journal "La
République", sous la signature d'Aden Robleh Awaleh
Le
P.N.D ne sera pas démantelé !
le président du PND appelle à la mobilisation générale
des militants mais aussi de tous ceux et celles qui aiment
le pluralisme politique.
Le
fameux mandat d'arrêt international lancé contre
moi : la vérité éclate enfin.
Je pensais que la mandat en question était d'origine française.
Aujourd'hui je sais, et le peuple le sait aussi, ce mandat a été
" confectionné " par la police politique djiboutienne
- Service de Documentation et de Sécurité (S.D.S)
- pour des raisons qui relèvent de la machination politique.
A présent, je suis en mesure de dire comment cette affaire
de mandat a été montée. C'est en 1995 que
l'affaire en question a été conçue. En ce
temps-là, le Parti National Démocratique (PND) avait
entrepris la plus grande mobilisation politique qui ait jamais
lieu dans le pays depuis l'indépendance. Le régime
en place avait perçu le " grand danger " que
cela représentait pour lui. Il fallait " stopper et
briser " le Parti National Démocratique et surtout
son leader ADEN ROBLEH AWALEH, un homme charismatique capable
de mobiliser un peuple considéré jusque-là
comme " amorphe ".
La police politique djiboutienne dont le chef est M. ISMAÏL
OMAR GUELLEH a cru avoir trouvé la panacée. Celle-ci
a contacté la famille de l'enfant français mort
dans l'attentat du café de Paris. Elle lui a dit qu'une
grenade " du même type " que celle qui avait servi
dans l'attentat du café de Paris " a été
trouvé ". Rappelons que le régime avait parlé
en 1995 de deux grenades qui avaient été lancées
dans l'enceinte du ministère de l'intérieur au palais
du peuple. La police politique avait décide, sans avoir
la moindre preuve, de mettre ces " attentats " sur le
dos de militants du PND.
Rappelons aussi que, dès le début de la grande manifestation
du 25 octobre 1995, j'étais arrêté avec brutalité
emprisonné, ce qui veut dire qu'au moment desdits "
attentats " j'étais sous les verrous avec M. FARAH
ALI WABERI, le porte-parole du PND et que tous les deux nous n'avions
aucune communication avec l'extérieur, même pas avec
nos familles.
La police politique djiboutienne a dit à la famille de
l'enfant français " faites pression sur votre justice
pour qu'elle puisse lancer un mandat d'arrêt international
contre ADEN ROBLEH AWALEH. Ladite famille s'est adressée
à la puissante " association française de lutte
contre le terrorisme " qui n'a pas eu beaucoup de mal à
convaincre un juge d'instruction français. C'est ainsi
que le juge d'instruction Le Loire a débarqué à
Djibouti.
Il semble que le courant a bien passé entre le chef de
la police politique djiboutienne et le juge français. Le
juge Le Loire aurait, dit-on, dîné avec le chef de
la police politique. On a convaincu le juge français que
" j'étais anti-français " et que j'étais
responsable de tous les attentats qui avaient visé la France
avant l'indépendance notamment l'enlèvement du car
d'enfants français de Loyada.Un a été remis
au juge français.Ce rapport a été établi
en 1991 par un officier de la police politique djiboutienne. L'officier
en question s'appelle M. RACHID ISMAËL AWALEH, (un homme
que ne connais pas du tout). Cet agent de la police politique
dit " avoir rencontré des gens qui avaient déclaré
qu'ils avaient commis l'attentat du café de Paris sous
les ordres d'ADEN ROBLEH ". Cela se passe de commentaire.
La police politique djiboutienne a dit également au juge
français qu'AWALEH GUELLEH et MOHAMED AREYTEH (mis également
en cause dans l'attentat du café de Paris) étaient
condamnés pour je cite : " l'attentat visant le siège
central du parti RPP en 1986, attentat qui avait valu à
ADEN ROBLEH la condamnation de la prison à vie ".
Fin de citation. Par là, la police politique djiboutienne
voulait insinuer que j'avais des relations avec AWALEH GUELLEH
et MOHAMED ARREYTEH puisque " nous étions condamnés
ensemble pour les mêmes faits ". Il s'agit d'une version
totalement fausse.
La vérité est que je n'avais pas de relations personnelles
ou autres avec ces deux personnes. En disant cela la police politique
djiboutienne voulait " prouver " à l'opinion
nationale et internationale que j'étais " à
la tête d'une organisation terroriste ". Il va de soi
que son but était de m'empêcher d'obtenir l'asile
politique dans aucun pays.
La police politique djiboutienne s'est évertuée
à créer une atmosphère générale
faisant de ma personne " un terroriste en puissance ".
Le juge français s'est trouvé " piégé
" dans cette toile d'araignée ou y succomba, peut-être
inconsciemment. C'est ainsi que le juge français a lancé
contre moi le mandat d'arrêt international en date du 1er
avril 1996. Pourquoi la Justice française ne m'avait-elle
pas interrogé sur cette affaire lorsque j'étais
en France ? Je rappelle que j'ai résidé en France
de septembre 1986 à septembre 1992. J'y suis même
retourné en mars 1993 lors du décès de mon
frère MOUSSA ROBLEH. La vérité est que la
justice française n'avait rien à me reprocher.
Maintenant je sais clairement, et le peuple de Djibouti le sait
également, que l'affaire du mandat est, sans aucun doute,
d'origine djiboutienne. Constatant qu'aujourd'hui la France n'est
pas " assez chaude " en ce qui concerne cette affaire,
mes adversaires politiques déclarent, pour la première
fois, que c'est Djibouti qui m'inculpe. Jusqu'ici on parlait à
Djibouti " d'entraide judiciaire entre la France et Djibouti
". Il n'avait jamais été question d'accusations
de mon pays à mon égard. Je suis retourné
dans mon pays le 13 septembre 1992. Pourquoi les accusations sortent-elles
maintenant ? Il n'est pas besoin d'être hyper-intelligent
pour le comprendre. La vraie raison est politique ! La seule motivation
desdites accusations est l'offensive politique vigoureuse que
j'ai entreprise, à travers une conférence de presse,
le 13 septembre 1998. Il s'agit bel et bien d'une machination
diabolique. Il s'agit de " stopper " la lutte que je
mène pour la démocratie. Le but est surtout de m'empêcher
d'être candidat à l'élection présidentielle
du mois de mai 1999.
Le problème est qu'il sera bien difficile de convaincre
l'opinion nationale et internationale de l'existence d'une justice
indépendante dans notre pays. Tout le monde sait qu'à
Djibouti il n'y a pas d'Etat de droit et que par conséquent
la justice ne peut être qu'à la dévotion du
régime. Une justice digne de ce nom ne peut exister sans
l'existence d'une démocratie authentique, ce qui est loin
d'être le cas de notre pays.
Aucun juge digne de ce nom ne peut cautionner une machination
politique aussi flagrante. S'il y en aura un il faut et qu'il
sache qu'il subira le jugement de l'Histoire.
La haine aveugle de mes adversaires politiques à mon encontre
est telle qu'ils oublient la loi d'amnistie promulguée
par le président de la République. Oublient-ils
qu'il y a eu cette loi d'amnistie à mon égard en
1992, loi qui a rendu possible mon retour au pays ? Cette loi
couvrait tous les événements antérieurs à
mon arrivée dans le pays. La logique fait qu'il eût
fallu, en l'absence d'amnistie, m'arrêter à ma descente
d'avion, le 13 septembre 1992. Mes adversaires politiques savent,
en leur âme et conscience, que je n'ai absolument rien avoir
avec cette affaire de café de Paris. La peur de perdre
les privilèges du pouvoir peut-elle annihiler la conscience
humaine ?
A partir d'aujourd'hui, je dis solennellement aux auteurs de cette
machination, et devant le peuple djiboutien, que je ne me présenterai
plus au palais de justice. Je ne comparaîtrai pas devant
" une justice " qui ne peut être impartiale pour
des raisons politiques. J'attends chez moi la " condamnation
" qui sera prononcée et j'irai à Gabode. A
partir de ce jour-là je ne me considérerai pas comme
une personne condamné par une justice mais comme un prisonnier
d'un clan tribal. Pour l'opinion internationale je serai un prisonnier
politique.
Je sais comment est dirigé ce pays. Il y a un gouvernement
" officiel " et un gouvernement " officieux "
qui, lui, est constitué d'un clan tribal. Je sais que c'est
ce clan qui prend toutes les décisions importantes. Je
suis tenté de dévoiler les membres de ce clan. Mais
je ne le ferai pas car ma conscience me l'interdit. Je ne le ferais
pas non plus parce que j'ai une haute idée de ma Nation.
C'est un clan tribal qui est la source des malheurs de notre pays.
C'est un groupe qui ne recule devant aucun moyen pour préserver
ses privilèges. Ses membres sont enivrés par le
pouvoir et de ce fait ils n'ont aucune prise sur la réalité
du pays. Ils rêvent de prendre le pouvoir après la
disparition du " vieux ". La patience n'est pas leur
fort. Leurs méthodes : calomnies, manuvres, intrigues,
répressions. Le dialogue est, pour eux, l'arme des "
faibles ". Le plus grand souci qu'a ce clan actuellement
c'est de " liquider " ou mettre " hors course "
ADEN ROBLEH AWALEH, le " seul " obstacle qui se trouve
en travers du chemin qui le conduirait au pouvoir suprême.
La succession du " vieux " met en ébullition
ce clan !
En agissant de la sorte, ce clan joue avec le feu. Il doit savoir
qu'il attise le feu tribal. En Kidnappant ADEN ROBLEH AWALEH,
c'est le terme exact puisqu'il n'y a pas d'Etat de droit digne
de ce nom, vous faites subir un mal irréparable à
notre pays, ce mal pouvant vous emporter vous-mêmes. Vous
légitimez la violence tribale généralisée.
Vous risquez de réveiller les traditions guerrières
endormies de notre peuple. Cela est arrivé à nos
frères somaliens. Vous semblez oublier la culture profonde
de nos ancêtres. Une de nos maxime ne dit-elle pas, je cite
: " on peut faire subir à un homme la pire des tortures
morale ou physique, mais on n'arrivera jamais à effacer
définitivement la haine qui naîtra ; la sagesse commande
de recherche la fraternité et la dialogue ." Fin de
citation.
Mes combats sont nobles. J'ai été l'un des chefs
artisans de la libération de mon pays. Depuis l'indépendance
je lutte pour l'avènement de la démocratie dans
mon pays. Je suis intimement convaincu que seule la démocratie
peut conduire notre pays à la concorde nationale et au
développement. Seule la démocratie peut mettre fin
au tribalisme, à l'arbitraire, à la corruption,
aux passe-droits. Seule la démocratie assurera l'égalité
entre tous les citoyens de ce pays qu'ils soient SomalIs, Afars
ou Arabes. Seule la démocratie peut faire naître
une nation fraternelle, solide et développée.
Le régime en place refuse catégoriquement la démocratie.
Le multipartisme djiboutien n'est qu'un faire-valoir au régime.
S'il y a multipartisme pourquoi les partis politiques ne sont-ils
pas représentés à l'Assemblée Nationale
? Nous sommes le seul pays africain se disant pluraliste et qui
n'a pas d'opposition dans son parlement. Nous sommes le seul pays
à ne pas connaître des élections locales et
régionales. Nous sommes le seul pays à ne pas accepter
de syndicats et de partis politiques indépendants.
Toute l'Afrique est engagée sur la voie de la démocratie.
Les pays africains en guerre actuellement sont ceux qui n'ont
pas eu la clairvoyance d'adopter en temps opportun le pluralisme
politique c'est-à-dire la démocratie. Ce sont la
Somalie, Congo-Kinshasa, Rwanda, Burundi, l'Ouganda. Notre pays
refuse depuis 22 ans de s'ouvrir à la démocratie.
Après 22 ans nous en sommes aux simulacres de procès
et aux complots imaginaires qu'ont connus les pays les plus dictatoriaux.
Ces procédés ne sont pas conformes à nos
traditions ; Il est vain de les utiliser pour essayer de maintenir
en vie un système condamné par l'Histoire. Si notre
pays n'adopte pas très rapidement la démocratie,
il n'y a pas de doute qu'il sombrera dans l'anarchie.
Notre pays va même plus loin dans la voie de l'intolérance
par rapport à d'autres pays qui , jadis, détenaient
la palme de l'autoritarisme. N'est-ce pas incroyable de vouloir
" décréter " le remplacement de la direction
d'un parti que l'on considère comme " hostile "
au profit d'un autre que l'on veut qu'elle soit marionnette ?
Dans les temps présents, notre pays est le seul à
trouver " normal " cette situation. Cela est arrivé
à d'autres partis de l'opposition djiboutienne.
On tente aujourd'hui d'appliquer la même recette au Parti
National Démocratique (PND). Pour faire croire que le PND
est divisé on a recours à des gens qui n'ont jamais
été membres du PND tel un certain monsieur FATHI
HOUMED qui se proclame " vice-secrétaire national
" et qui a l'outrecuidance de vouloir organiser un "
congrès destituant le Président du PND ". Ce
personnage est totalement inconnu au PND. Quant à M. MAHDI
AHMED ABDILLAHI, s'il est vrai qu'il a été membre
du Bureau Politique force est de constater qu'il a démissionné
volontairement du parti le 20 novembre 1997. Sa lettre-démission
est connue de tous. Nous portons aujourd'hui à la connaissance
de l'opinion nationale et internationale ce qui suit :
1)
que le président-fondateur du PND est bien présent
" en chair et en os " ;
2)
que le PND ne connaît absolument aucune " dissidence
" ;
3)
que les structures de direction du PND (Bureau Politique, Conseil
National,
Comités de sections) demeurent en place et sont plus soudées
que
jamais ;
4)
qu'aucune clause ou article des statuts ne prévoit aucun
Congrès Extraordinaire en vue de la destitution du président
du parti (voir les statuts publiés dans le présent
journal) ; seul le cas de vacance du poste de président
(démission, maladie ou décès) peut donner
lieu à un Congrès Extraordinaire en vue de l'élection
d'un nouveau président ;
5)
que le mandat du président actuel prendra fin le 13 septembre
1999 et que
c'est au Congrès Ordinaire qui aura lieu à cette
date de le reconduire ou
de l'écarter ;
Les
partis politiques ont le droit exclusif de s'auto-administrer
et de s'autogérer sans aucune interférence extérieure.
C'est dire que l'ingérence administrative actuelle dans
les affaires intérieures du PND doit cesser immédiatement.
Il est de notoriété publique que l'administration
apporte un appui financier, matériel et policier à
des gens non membres du PND pour entretenir une hypothétique
et illusoire division du PND.
Si
l'administration persévère dans cette voie éhontée
et inadmissible, il faudra qu'elle s'attende à une réaction
qui ne peut être que très vigoureuse et qui risquera
de déstabiliser l'ensemble du pays. Elle devra aussi s'attendre
à mettre sous les verrous des milliers de militants du
PND, en premier lieu les plus hauts dirigeants. Faut-il rappeler
que tout avait été fait, lors de la création
des partis politiques dans notre pays, pour que le PND ne naisse
pas.
Il est malheureusement difficile de faire admettre à nos
gouvernants qu'une opposition digne de ce nom est salutaire pour
notre pays. Une opposition béni-oui- oui est fatale pour
ceux qui exercent le pouvoir.
J'ai
adressé au Chef de l'Etat un courrier au sujet de l'ingérence
de l'administration dans les affaires intérieures du PND.
Le
Conseil National et le Bureau Politique se sont réunis
au grand complet et ont décidé de proclamer la mobilisation
générale des militants du PND pour être prêts
à toute éventualité. La direction du PND
s'adresse à la même occasion à tous les patriotes,
à tous ceux qui aiment la démocratie afin de bénéficier
de leur soutien.
ADEN ROBLEH AWALEH
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18/04
SURVIE
Une
curieuse conception de la justice
C
O M M U N I Q U E de SURVIE du 18 avril 2001
Au nom du Président Tchadien Idriss Déby,
Jacques Vergès,
avocat d'Omar
BONGO, Idriss DEBY et Denis SASSOU-NGUESSO dans le procès
que ces derniers ont intenté pour "offense à
chef d'Etat étranger" à François-Xavier
VERSCHAVE et Laurent BECCARIA, respectivement auteur et éditeur
de l'ouvrage "Noire Silence",
a déposé
une plainte pour faux témoignage contre l'un des témoins
de la défense. Il s'agit d'un militaire tchadien, membre
de la garde présidentielle, venu confirmer à la
cour les exactions commises par ce corps à l'encontre de
la population civile - exactions amplement documentées
par les associations de défense des droits de l'homme et
qui relèvent parfois du crime contre l'humanité
(novembre 1997 - avril 1998 dans le sud du pays).
Faute de pouvoir
contester leur existence, Maître Vergès tente d'accréditer
l'idée que ce témoin n'a pas été membre
des forces armées tchadiennes.
Nous vous
informons que le Capitaine Ibrahim a présenté ses
documents militaires lorsqu'il a exprimé son désir
de témoigner au cours du procès. Ces documents sont
à la disposition de la justice.
Par ailleurs,
un cousin du Capitaine Ibrahim a été arrêté
à N'djaména. On est actuellement sans nouvelles
de ce dernier. D'anciens collègues du Capitaine font écho
de pressions dont ils sont l'objet pour les contraindre à
affirmer ne pas le connaître. D'autres pressions sont exercées
sur le Capitaine lui même, notamment en ce qui concerne
la sécurité de ses proches restés au pays,
afin qu'il retire son témoignage.
Ces agissements
sont typiques d'une dictature. Nous dénonçons cette
tentative abjecte de porter le soupçon sur ceux qui ont
le courage de dire la vérité en dépit des
menaces qui pèsent sur eux. Nous nous interrogeons sur
les raisons qui conduisent un avocat à utiliser de tels
procédés, et sur la conception de la justice de
celui-ci.
Contact
: François-Xavier Verschave ou Sharon Courtoux à
SURVIE.
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19/04
SURVIE : appel à manifester
Le verdict
du procès qui oppose F. X. Verschave et Laurent Beccaria
(auteur et éditeur de Noir Silence) aux trois chefs d'Etat
africains, et dont les audiences se sont tenues les 28 février,
6 et 7 mars, sera rendu ce mercredi 25 avril à 13 h 30
à la 17è Chambre correctionnelle du TGI.
Survie invite tous ceux qui le souhaitent à venir témoigner
leur soutien et leur solidarité aux prévenus et
à venir dénoncer les collusions entre certains dirigeants
français et des dictateurs africains.
Venez donc nombreux nous rejoindre mercredi 25 avril 2001 à
13 h 30 place du Châtelet pour un grand rassemblement.
Merci de diffuser cette info (cf. tract joint) le plus largement
possible.
Amicalement,
_________________________
L'auteur
et l'éditeur de " NOIR SILENCE.
Qui arrêtera la Françafrique ? "
poursuivis pour " délit d'offense à chef d'État
étranger " !
FRANCE-AFRIQUE : BAS LES MASQUES !
Le verdict du procès qui a eu lieu les 28 février,
6 et 7 mars 2001
est rendu ce mercredi 25 avril à 13 h 30.
Suite à la mobilisation que ce procès a suscitée
le 24 février
dans une douzaine de villes de France,
Survie vous invite à venir soutenir les prévenus
et dénoncer la collusion entre certains décideurs
français et des dictateurs africains, lors d'un
RASSEMBLEMENT
LE 25 AVRIL
Place du Châtelet à 13 H 30
Pour
la liberté d'expression,
pour la vérité et la justice
SURVIE
France, 57 avenue du Maine, 75014 Paris.
Tél. 01 43 27 03 25 Fax. 01 43 20 55 58.
E-mail : Survie@globenet.org.
Site Internet : http://www.globenet.org/Survie
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