NOUVELLES
BRÈVES ET REVUE DE PRESSE
A
lire dans Africa Intelligence / LOI cette semaine
AFRICA
ENERGY INTELLIGENCE - Edition française - 09/05/2001
09/05
ETHIOPIE - Exportations vers le Soudan et Djibouti
L Ethiopian Electric Power Corporation (Eepco) a signé
un accord avec les gouvernements du Soudan et de Djibouti qui
devrait lui permettre dexporter de lélectricité
vers ces deux pays dici quatre ou cinq ans environ. (...).
[Total : 141 Mots].
09/05/01 DJIBOUTI
/ LA LETTRE DE L'OCEAN INDIEN N° 948
Accord
final entre le FRUD et le gouvernement
..................
.....................
Un
accord final entre la faction du Front pour la restauration de
lunité et de la démocratie (FRUD, ex-rebellion
Afar) dAhmed Dini et le gouvernement de Djibouti doit être
officiellement paraphé au palais du Peuple, le 12 mai.
LOI
confirme dans la suite de l'article ce que nous annonçons
depuis plus d'une semaine. L'accord prévoierait l'ouverture
au multipartisme à partir de 2002, ce qui fait que seuls
quatre partis resteraient autorisés jusqu'à cette
date. Dans ce contexte, Dini pourrait avoir des activités
politiques, qui seraient seulement tolérés par IOG
....
IOG
ne perdra aucun pouvoir et restera chef du Gouvernement.
Cinq
régions seront créées avec une assemblée
régionale et Djibouti aura un statut spécial. LOI
ne parle pas de l'indemnisation des victimes des combats.
28/04/01
DJIBOUTI / LA LETTRE DE L'OCEAN INDIEN N° 948
Prêt
sans intérêt pour un ministre
Le
président Ismaël Omar Guelleh a offert, sur les fonds
de lEtat, un prêt sans intérêts à
un de ses ministres pour quil achète une voiture.
Par arrêté du 11 mars 2001, le chef de lEtat
djiboutien a alloué à "titre exceptionnel"
à Elmi Obsieh Wais, ministre du Commerce et de l'Artisanat,
un prêt de 6 millions FD (1 $ vaut 177 FD) pour "acquérir
un véhicule personnel"...
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04/05
Enfin la corruption est réprimée ..... mais pas
à Djibouti !!! Au Somaliland !!! (The republican)
ARDHD
: le Président du Somaliland a lancé une campagne
de répression contre la corruption dans son pays. Nous
saluons comme il convient cette initiative, d'autant plus qu'elle
pourrait servir d'exemple à Djibouti. Mais ne rêvons
pas, car IOG devrait commencer à s'auto-condamner. S'il
est un fervent des auto-proclamations, il ne semble pas décidé
à s'auto-condamner aujourd'hui. Il faudra qu'une justice
indépendante le fasse pour lui ....
Awl
Elmi Arrested in Anti-Corruption Campaign
Hargeisa
(Rep)-The Mayor of Hargeisa city, Mr. Awl Elmi Abdalla was arrested
on last Wednesday after being charged with corruption by the governments
Anti-Corruption Committee. His predecessor, Mr. Abdulrahman Ismail
Adami, was also arrested on the same charge last week.
Mr.
Awl Abdalla and Adami were caught after recently nominated anti-corruption
committee asked President Egal for permission to take action against
Mr. Awl and other officials following high scale corruption charges
brought against them.
President
Egal approved the committees request and immediately nominated
Osman Haji Ibrahim Basbaas to become what he called Temporary
Commissioner for the Hargeisa Municipality until the corruption
charges against Awl are finalized.
At
least six other senior officers of Hargeisa municipality including
the Executive Secretary were reportedly taken into police custody
for investigation. Awl, was to make a handing over to Basbaas
on Wednesday afternoon about 4:00 oclock, but instead was
arrested few hours before the schedule. He told Jamhuriya and
the Republican in the Jigjiga Yar police Station shortly after
his arrest - that he wasnt allowed to make the handover
to the new Mayor.
In
the meanwhile, the former mayor of Berbera, Abdalla Haji Ali denied
reports that he has escaped the country to avoid implication in
corruption. I heard that my name is being mentioned but
I am not the kind of person who would run away, Abdalla
said.
The
former Berbera mayor also accused president Egal himself of being
involved in corruption. If the government is really serious
about fighting corruption, it should start with the presidency,
Abdalla added.
The
Republican, a weekly English language publication based in Hargeisa,
Somaliland. Chief Editor: Yusuf Abdi Gabobe. Issue 158, Apr. 28,
2001. Telephone: 2522-25-3326, Fax: 252-213-4501, Email: jamhuuriya@yahoo
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N@RO
PRESSE SERVICES
Journée mondiale de la
liberté de la presse
jeudi 03 mai 2001
PARIS
(AFP) - La 11e Journée mondiale de la liberté de
la presse est l'occasion, aujourd'hui, de dénoncer les
mafias, paramilitaires ou groupes terroristes qui sont autant
de nouveaux ennemis pour les journalistes.
Affichage, annonces dans les journaux, achats citoyens sont certaines
des actions marquant cette journée. Reporters sans frontières
(RSF) a publié un album de photos de Willy Ronis et, en
France, les portraits des trente "prédateurs"
de la liberté de la presse s'affichent sur la façade
de magasins. A la requête de l'Association mondiale des
journaux (AMJ), éditeurs et rédacteurs en chef ont
publié une série d'annonces. "Ne les oubliez
pas", proclame l'une d'elles, avec le portrait de journalistes
emprisonnés dans le monde.
Parmi
ces "prédateurs" du droit d'informer figurent
une majorité de chefs d'Etat, des chefs de guérillas
colombiennes ou l'organisation basque ETA. "De trop nombreux
journalistes tombent sous les coups d'organisations indépendantistes,
de mouvements intégristes religieux, de bandes criminelles
ou de narcotrafiquants", assure RSF. Selon l'AMJ, plus de
200 journalistes ont été tués dans les démocraties
d'Amérique latine depuis 1990. Dans le monde, trente-deux
ont été tués en 2000 et quatre depuis janvier.
NARO
SERVICES
Sources: Afp
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ADI/DJIB/1008/404
MOTS
7/05
- Le Président de la République reçoit les
nouveaux membres
du Conseil Supérieur de la Magistrature
DJIBOUTI
(ADI) - 6 mai - Le Président de la République et
président du Conseil Supérieur de la Magistrature,
M. Ismail Omar Guelleh a reçu dimanche les nouveaux membres
de linstance judiciaire suprême, rapporte lAgence
Djiboutienne dInformation.
Les
membres mandatés pour quatre ans ont été
introduits par le Ministre de la Justice, des Affaires Pénitentiaires
et Musulmanes, chargé des Droits de lHomme M. Ibrahim
Idriss Djibril en sa qualité de Vice-Président du
Conseil Supérieur de la Magistrature.
La
composition du Conseil Supérieur de la Magistrature a été
récemment modifiée par la loi organique n°10
du 18 février 2001 faisant passer le nombre des membres
de 7 à 12.
«
Cette nouvelle composition vise à permettre au Conseil
Supérieur de la Magistrature dexercer ses attributions
dans des réelles conditions dindépendance
et de neutralité », souligne une note du Gouvernement
djiboutien.
Le
Conseil Supérieur de la Magistrature comprend en son sein
4 magistrats de lordre judiciaire « élus par
leurs pairs réunis en congrès pour une durée
de 4 ans ».
Le
Conseil comprend également 6 membres nappartenant
pas à lordre judiciaire.
Outre
les membres de droit que sont le Président de la République
et le Ministre de la Justice, respectivement président
et vice-président du Conseil Supérieur de la Magistrature,
les autres membres au nombre de 10 sont nommés sur proposition
du Ministre de tutelle, en loccurrence le Ministre de la
Justice. Proposition qui sera soumise par la suite au Conseil
des Ministres pour approbation.
Le
Conseil Supérieur de la Magistrature est un organe constitutionnel
destiné à garantir lindépendance de
la magistrature. 3 de ces membres sont désignés
par le Président de la République et 3 autres sont
désignés par le Président de lAssemblée
Nationale.
Une
note du Secrétariat Général du Gouvernement,
indique que « le Conseil Supérieur de la Magistrature
est un organe constitutionnel destiné à garantir
lindépendance de la magistrature ».
Cet
organe est « présidé par le Président
de la République et vice-présidé par le Ministre
de la Justice ».
Selon
les dispositions prévues dans larticle 73 de la Constitution,
« le Conseil Supérieur de la Magistrature veille
sur la gestion de la carrière des magistrats et donne son
avis sur toute question concernant lindépendance
de la magistrature. Il statue comme conseil de discipline pour
les magistrats ».
ADI-
15H14-GMT- 6 MAI 2001
Note
de l'ARDHD :
Qui
croit encore à l'indépendance des magistrats djiboutiens
???
Nous
saluons avec humour la formule qui consiste à dire que
" « le Conseil Supérieur de la Magistrature
est un organe constitutionnel destiné à garantir
lindépendance de la magistrature ».
Il
suffit de lire que le Président du Conseil supérieur
de la Magistrature est le Chef de l'Etat en personne. Or à
Djibouti, le Chef de l'Etat cumule les fonctions de Chef du Gouvernement
...
Le
Vice-Président est le Ministre de la Justice, qui dépend
donc du Chef de l'Etat en sa qualité de Chef du Gouvernement
....
Les
dix autres membres sont nommés sur une liste préparée
par le Ministre de la Justice, qui dépend du Chef de l'Etat.
Parmi eux trois membres sont désignés par le Chef
de l'Etat, chef du Gouvernement.
Faites
le compte. Si vous trouvez la moindre possibilité pour
que ce Conseil soit indépendant, faites-le savoir immédiatement
! Car dans ce cas vous auriez réalisé l'impossible.
Faire de l'indépendance avec des subordonnés du
Chef du Gouvernement ... cela ne s'était jamais vu ....
Sauf à Djibouti !!!
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09/05
Tout est calme, tout est tranquille. Trop ?
Depuis
dix jours nous ne recevons pratiquement plus aucune information
de Djibouti. Que se passe-t-il ?
L'opposition
djiboutienne continue à se taire !
Elle n'a pas
accompagné notre campagne en faveur du gel des subventions
européennes pour IOG, tant que le retour à la démocratie
ne sera pas dûment constaté et que les pays donateurs
auront la certitude que leurs fonds bénéficieront
réellement au peuple djiboutien.
Les
seules informations que nous recevons sont parcellaires, contradictoires
et invérifiables pour le moment.
Il
y a eu l'annonce d'un accord entre Dini et le Frud. S'agissait-il
d'une fausse information ? Ou la publication de l'information
a-t-elle empêché la signature d'un mauvais accord
? Ou l'accord a été signé secrètement
(ce que nous ne croyons pas jusqu'à preuve du contraire)
? Pas de réponse sur ce point.
Certaines
rumeurs affirment que Guelleh aurait décidé de retarder
son projet de voyage à Bruxelles : de combien de temps
? Pas de réponse. Un retard qui se compterait en heures
? en jours ?
D'autres
rumeurs affirment que certaines personnalités se seraient
ralliées plus ou moins ouvertement à l'équipe
du dictateur ou tout le moins qu'elles s'en seraient rapprochées
.
Certains
disent que Guelleh aurait passé un accord avec Yacin Yabeh
. ce qui est infirmé par d'autres ..
La
seule chose à peu près certaine, c'est que la frontière
avec le Somaliland est toujours bien fermée et que le Président
Egal multiplie les attaques contre Guelleh sur les ondes locales.
Avec
ces rumeurs, nous ne sommes pas en mesure de vous donner une information
fiable.
Mais
ce contexte nous conduit à nous poser des questions : Que
se passe-t-il à Djibouti : veillée d'armes ? ou
tout simplement, rien ?
Si
quelque chose ! Le deuxième anniversaire de la fraude électorale
massive qui a permis à Guelleh de se désigner comme
Président. A cette occasion vous retrouverez sur le site
de l'ADI des informations sur le bilan présenté
par Guelleh. Nous renonçons à les publier pour le
moment, car ce sont des non-évennements, à l'exception
de deux ou trois informations concernant le processus de paix
avec le Frud, qui laisserait supposer que notre annonce pour la
signature d'un document le 2 mai reposerait sur des fondements
sérieux .... Guelleh parle de la décentralisation
et de la normalisation dans la région, mais il évite
de parler d'indemnisation des victimes. Chacun se fera son opinion
...
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mardi
8 mai 2001, 9h45
Djibouti,
terrain de manoeuvre exceptionnel dans une région stratégique
MYRYAM
(Djibouti), 8 mai (AFP) - "Les mecs, quand ils sortent d'ici,
ils sont au super top!". Le jeune lieutenant-colonel légionnaire
sourit en regardant, les yeux plissés, ses hommes deux
cents mètres en contrebas courir prendre position sur la
crête d'une colline chauffée à blanc par un
soleil déjà haut.
Myryam,
à quelque 50 km à l'ouest du port de Djibouti, est
l'un parmi une quinzaine des champs de manoeuvre et d'exercice
qui parsèment Djibouti, ce minuscule pays de la corne de
l'Afrique coincé entre de puissants voisins - Erythrée,
Ethiopie, Somalie - qui, lorsqu'ils ne se font pas la guerre,
se regardent en chiens de faïence.
La
France entretient dans cette région stratégique,
à l'embouchure de la mer Rouge à proximité
immédiate du golfe arabo-persique, quelque 2.675 hommes,
sa troisième implantation militaire derrière le
Kosovo (5.400) et la Bosnie (2. 800), mais loin devant le Sénégal
(1.200), le Tchad (950), le Gabon (700), et la Côte d'Ivoire
(550).
Avec
un peu plus de 1 milliard de francs par an - un peu moins de 1%
du budget de fonctionnement des armées -, cette présence
est la plus coûteuse des implantations de la France à
l'étranger.
C'est
aussi la plus ancienne - elle remonte à 1862 - et sans
doute la moins contestée car elle participe à la
défense de la République de Djibouti et assure la
sécurité de son port et de son espace aérien.
Les
forces françaises de Djibouti, qui sont le premier employeur
du pays, y apportent 750 millions de francs, soit 20% du Produit
intérieur brut et 60% du budget de l'Etat. Outre une présence
permanente dans une région stratégique sensible,
les forces françaises y trouvent aussi des terrains de
manoeuvre sans équivalent.
Venu
de la mer, "l'ennemi" a débarqué sur cette
côte du golfe de Jourah où aboutit la vallée
de Myryam, qui s'offre à perte de vue avec ses reliefs
tourmentés et ses oueds asséchés tachés
du vert des arbustes épineux.
Les
blindés légers Sagaie, de l'escadron de reconnaissance
de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère,
attendent que la voie ait été ouverte par les fantassins
tirant à la grenade et à balles réelles sur
un point fortifié.
Ils
sont couverts par un détachement équipé de
lance-missiles antichar Milan qu'un hélicoptère
Puma arrivé en rase-mottes a déposé avec
son matériel quelques minutes plus tôt.
Il
y a un peu moins de vingt minutes - après un premier passage
en reconnaissance - deux mirages F1 ont attaqué à
la roquette une concentration de blindés "ennemis"
qui, pour cet exercice joué en grandeur nature et à
munitions réelles, sont représentés par des
carcasses de chars marquées de blanc, alors que les fantassins
envahisseurs sont constitués par des cibles dissimulées
dans les épineux et les amas rocheux.
Pour
le lieutenant-colonel Jean Maurin, qui est à la tête
de la légendaire 13ème DBLE, il n'y a nulle part
un tel terrain de manoeuvre: une vallée désertique
de 15 km de long sur 10 de large subissant un des climats les
plus rigoureux de la planète. Jeune sous-lieutenant, il
avait lui-même crapahuté dans ces collines impitoyables.
Toutes
les munitions - des armes individuelles aux blindés, en
passant bien sûr par l'artillerie et l'aviation - peuvent
y être utilisées.
Il
y a même un peu plus au nord un secteur où l'artillerie
de marine peut être mise en oeuvre sur des cibles terrestres.
La
13e DBLE et le 5e RIAOM (régiment interarmes d'Outre-Mer),
les deux corps stationnés de manière permanente
à Djibouti, accueillent trois fois par an pour une période
de quatre mois des "compagnies tournantes" de l'ordre
de 300 à 400 hommes, qui viennent s'entraîner à
s'aguerrir, passant la quasi totalité de leur temps en
manoeuvre dans le désert.
Les
unités permanentes ont, quant à elles, plus de temps
et peuvent - suivant la tradition des troupes de marine et de
la Légion - en consacrer au pays et ses habitants: ils
réparent les routes, aménagent un barrage ou un
terrain de foot ou, comme à Dikhil dans le nord désolé
d'un pays désertique, curent les puits d'une oasis.
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09/05
Nouvelles menaces de guerre ? (Afrique - Asie)
Près
dun an après la signature des accords de paix, les
inquiétudes sont de nouveau vives quant à une reprise
des affrontements. Certains pensent que le président djiboutien,
Ismaël Oumar Guelleh, navait accepté ces accords
que pour gagner du temps dans sa tentative de neutraliser
ses adversaires ; il semble désormais pris à son
propre piège. Sa volonté de paix est réelle.
Cest sur un ton de confiance quil y a un an, Ahmed
Dini, le leader historique du Front pour la restauration de lunité
et de la démocratie (Frud), nous livrait son sentiment
sur le président djiboutien, Ismaël Oumar Guelleh.
Un accord-cadre de paix venait dêtre signé,
après dix ans de conflit armé entre le Frud, mouvement
armé de lethnie afar, et le régime au pouvoir
à Djibouti dominé par les Issas, lethnie du
Président.
Aujourdhui,
tous les observateurs soulignent la mauvaise volonté du
chef de lEtat à légard des dispositions
garantissant un retour durable à la paix. En effet, depuis
des mois, le pouvoir ne cesse de multiplier les gestes dobstruction
à lencontre des travaux des quatre commissions paritaires
gouvernement-Frud chargées de mettre en application les
principaux points de laccord-cadre (1). Dabord, les
troupes gouvernementales nont toujours pas évacué
les positions quelles occupent dans le nord du pays (sanctuaire
du Frud), en violation de larticle 5 de laccord-cadre.
Ce qui est dommageable à la libre circulation des biens
et des personnes dans la zone (régions de Tadjoura, dObock,
et de Dikhil), soumise de fait à un blocus alimentaire
et sanitaire. Ensuite, les volets paix et sécurité,
décentralisation, réformes démocratiques
contenus dans laccord-cadre nont toujours pas été
abordés.
Constatant
la situation, le Frud, prenant à témoin lopinion
internationale, dans une déclaration faite à Bruxelles
le 8 février dernier par son représentant en Europe,
Mohamed Kadamy (2), avertit : Léchec du processus
de paix aura des conséquences très graves pour Djibouti
et pour la région. La réplique des autorités,
cinglante, ne sest pas fait attendre. Elle a pris la forme
dun communiqué de presse émanant du ministre
de lIntérieur, Abdallah Abdillahi Miguil, qui rejette
les accusations proférées par le Frud
estimant que le gouvernement serait à lorigine
dun éventuel échec des pourparlers.
Plus
grave encore, nous sommes en mesure de révéler quà
lissue dune concertation avec ses proches, le 17 mars
dernier, le président Guelleh avait ordonné des
préparatifs militaires en vue doffensives contre
les positions du Frud : transfert de quatre cents soldats de la
Force daction rapide (FAR) au nord, concentration de troupes
dans la garnison de Waddi (district dObock), convocation
à Djibouti de tous les commandants dunités
basées au nord. Ces mesures ont été diligentées
par Ogouré Kiflé et Hassan Saïd, respectivement
ministre de la Défense et directeur de la Sécurité.
Mais, informés à temps, la France et dautres
pays notamment des pays arabes auraient fait pression
sur le chef de lEtat djiboutien, attirant son attention
sur les conséquences dune telle initiative. En fait,
confronté à une série de revers politiques,
Ismaël Omar Guelleh semble avoir opté pour une sorte
de fuite en avant. Il est vrai que la conjoncture se prête
de moins en moins à ses manuvres.
Sur
le plan international, le Gouvernement national de transition
(GNT) somalien, issu de la conférence de réconciliation
qui sest déroulée à Arta (Djibouti)
en août dernier pour mettre fin à dix ans de guerres
claniques et dont le président djiboutien se veut
le parrain , nest pas reconnu par la plupart des chefs
de factions, qui viennent de créer à Addis-Abeba,
en Ethiopie, un Conseil somalien de réconciliation et de
restauration (SRRC) chargé de préparer une nouvelle
conférence de réconciliation. A ce désaveu
diplomatique sajoute, sur le plan intérieur, la rupture
avec lun des piliers du régime, le général
jusqualors fidèle parmi les fidèles
Yacine Yabeh Galab, chef de la police dEtat, dont
la tentative de révolution de palais, le 7 décembre
dernier, a échoué lamentablement.
Par
ailleurs, le pouvoir est de plus en plus préoccupé
par le cocktail potentiellement explosif dune crise sociale
(chômage, arriérés de salaires, mouvements
sociaux) combinée avec une tension caractérisée
par la concentration du pouvoir au sein du clan le plus proche
du Président, au détriment des autres clans issas
Une situation générale qui atteste de lessoufflement
dun régime, dont les débuts remontent à
1977, année de lindépendance de lex-Territoire
des Afars et des Issas et qui avait vu larrivée au
pouvoir de Hassan Gouled Aptidon, oncle de lactuel président.
Quoi
quil en soit, il semble évident quOmar Guelleh
ait voulu gagner du temps en signant un accord avec le Frud. Mais
le contexte international mondialisation et exigence de
bonne gouvernance étant contraire à ses réflexes
politiques monolithiques, il est en passe dêtre pris
à son propre piège. Il ne peut en effet se dérober
aux pressions des diverses personnalités et délégations
étrangères principalement celle de lUnion
européenne qui, lors de leur passage à Djibouti
expriment régulièrement leurs encouragements
à poursuivre les négociations avec le Frud.
Djibouti est désormais à la croisée des chemins.
Lun menant au chaos, à linstar de la Somalie
voisine, via une conflagration militaire, lautre, que Omar
Guelleh peine à emprunter, débouchant sur la paix.
SY-SAVANÉ
MAMADOU SALIOU
(1)
Cet accord-cadre, signé à Paris le 7 juillet 2000,
prévoit entre autres une refonte des institutions, le rééquilibrage
de ladministration dominée par les Issas, lindemnisation
des populations déplacées pendant la guerre
(2)
Mohamed Kadamy, membre fondateur du Frud, a été
libéré des geôles djiboutiennes en février
2000, à la faveur de la signature de laccord de paix.
Son épouse et lui-même avaient été
kidnappés par la police éthiopienne à Addis-Abeba
et livrés aux séides du président djiboutien.
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