Discours
de Patrik Baudouin
Lors
de la séance inaugurale
Le congrès de la FIDH, c'est le
moment le plus beau,
le plus fort de la vie de la FIDH.
Certes, en première
analyse un aperçu de la situation dramatique des droits de l'homme
dans de nombreux pays du monde peut inciter au pessimisme.
Sans dresser
bien sûr de liste exhaustive, comment ne pas penser au continent
africain, trop souvent délaissé et pourtant touché
par tant de crises et conflits, massacres et exactions en tous genres
: Liberia, Sierra Leone, Guinée Bissau, Côte d'Ivoire,
Angola, Mozambique, Soudan, Somalie, et Région des Grands Lacs
avec République Démocratique du Congo, Burundi, Rwanda
.
?
Comment ne pas
évoquer la Colombie, où l'armée, les forces paramilitaires
et les groupes extrémistes rivalisent dans les atrocités
et les exterminations ?
Comment oublier
les femmes afghanes victimes du régime des talibants, le travail
forcé et l'exploitation des enfants en Birmanie - et hélas
dans bien d'autres pays, le carcan maintenu en Chine où l'ouverture
économique n'a eu pour corollaire que la fermeture politique,
la persistance d'affrontements entre cinghalais et tamouls au Sri Lanka,
le maintien de graves violations des libertés en Iran ?
Comment ne pas
s'indigner de l'assourdissant silence qui entoure la sordide répression
des tchétchènes par les troupes russes, motif pris que
Monsieur Poutine est à la tête d'un Etat plus puissant
que Monsieur Milosevic et que la Tchétchénie ne saurait
dès lors être traitée comme le Kosovo - illustration
du deux poids deux mesures ?
Comment ne pas
s'élever à nouveau contre un embargo dévastateur
et hypocrite sur l'Irak qui, contrairement à l'objectif affiché,
n'a nullement ébranlé le régime de Saddam Hussein,
mais a multiplié les souffrances de la population en ajoutant
à la dictature et à l'impunité des dirigeants le
poids d'insupportables privations ?
Comment ne pas
s'émouvoir devant l'absence de solution à la tragédie
que connaît depuis 9 années l'Algérie où
la comptabilité macabre s'est enrichie au cours de l'année
2000 de 9000 nouvelles victimes assassinées ? Sur cette terre
martyre, qui a eu à subir 132 ans durant une colonisation impitoyable,
des dizaines et des dizaines de milliers de morts sont tombés,
victimes de la terreur terroriste et des exactions des forces de sécurité
et des groupes de civils armés par l'Etat.
Confrontés
à cette situation tragique et inédite, les militants algériens
et les familles des victimes ont lutté sans relâche pour
que cesse le règne de l'opacité et de l'impunité.
Ils ont ainsi illustré de manière exemplaire l'universalité
des droits de l'Homme, en dénonçant de la manière
la plus claire le terrorisme des groupes armés et en s'élevant
de manière tout aussi ferme contre les violations des droits
les plus élémentaires par l'Etat. Mais aussi en explorant
sans cesse toutes les voies d'une solution politique et pacifique, une
solution qui passe par l'abandon, par les groupes terroristes de la
lutte armée, et le strict respect par l'Etat, de toutes ses obligations
internationales, et notamment le droit à la vie et à la
sécurité. Une solution qui exige que tous les courants
de pensée, y compris ceux issus de l'islam politique, puissent
confronter pacifiquement leurs projets.
Une réponse
efficace et durable au développement de tout intégrisme
consiste non pas à s'en servir comme prétexte pour museler
les libertés et faire taire les voix dissidentes de l'opposition
démocratique, mais à s'attaquer aux causes elles-mêmes
dans un cadre légal en se basant sur le respect du droit, de
tous les droits : droit à la vie et à la sécurité,
et également droits économiques et sociaux, lutte contre
la corruption, droits civils et politiques.
Cette ligne,
maintenue par tous les défenseurs algériens des droits
de l'Homme, et réaffirmée ici, à Casablanca même,
lors du Premier congrès arabe des droits de l'Homme, n'est pas
valable qu'en Algérie. Elle vaut pour tous les pays de culture
musulmane. C'est aussi la voie que nous avons soutenue à la FIDH.
Mais que l'on
ne s'y trompe pas. Notre volonté de lutter en faveur de tous
les droits de l'Homme n'attend pas que l'extrême de l'horreur
soit atteint pour se manifester.
Si les droits
de l'Homme ont à prendre en charge la diversité des cultures,
ils ne sauraient constituer un libre service où chacun pourrait
faire son marché. Les droits de l'Homme ne supportent ni la théorie
des climats ni d'être instrumentalisés.
Chaque atteinte
à la liberté de conscience, chaque atteinte à la
liberté de pensée et de création portent en elles
les germes du pire.
Ici, là,
ailleurs, nous sommes et nous serons aux côtés de ceux
qui veulent vivre, penser et créer en toute liberté. C'est
plus qu'un devoir, c'est un impératif.
Comment ne pas
s'indigner enfin de la question la plus brûlante et la plus préoccupante
aujourd'hui : je veux parler du sort scandaleux du peuple palestinien
victime à la fois de l'oppression des autorités israéliennes
et de la passivité complice de la communauté internationale
?
Il importe de
rappeler quelques évidences et de réaffirmer quelques
principes de base, en un mot de dire le droit des palestiniens au Droit.
Il est temps
de dire que si Israël, ainsi que l'affirment des hommes et femmes
des organisations israéliennes des droits de l'homme et de mouvements
de la paix, doit être traité comme n'importe quel Etat
de la communauté des nations et qu'en conséquence il n'a
ni plus de droits ni moins d'obligations.
Oui, l'occupation
des territoires palestiniens et syriens, conquis en 1967, est illégale
au regard du droit international et des résolutions des Nations
Unies.
Oui, les colonies
sont illégales et le mépris du droit international est
encore plus manifeste lorsque des dizaines de nouvelles colonies sont
créées depuis les accords d'Oslo, et que des centaines
d'autres, plus anciennes, étendent de jour en jour leur superficie.
Oui, les arabes
israéliens vivent, depuis les assassinats de Nazareh, dans une
peur qui s'ajoute à la discrimination et au rejet qu'ils connaissent
depuis 50 ans.
Oui, depuis
un demi-siècle, des centaines de milliers de réfugiés
palestiniens vivent dans les pays environnants une situation indigne
: le droit de ces réfugiées au retour et à une
indemnisation juste sont des droits humains imprescriptibles.
Il faut cesser
de tourner en ridicule la légalité internationale à
géométrie variable.
Il est temps
de clamer le refus d'une hiérarchie insidieuse entre victimes,
et de cette même hiérarchie entre bourreaux ; entre des
victimes dignes de la solidarité internationale d'autres interdites
de résistance à l'oppression : entre des Etats qui échapperaient
à l'indignation, même morale, et d'autres qui suscitent,
à juste titre, lorsqu'il y a population en danger d'extermination,
la mobilisation armée de la communauté internationale.
Oui, tout doit
être mis en uvre pour l'entrée dans les faits d'un
droit des palestiniens au Droit, à commencer par leur droit à
l'autodétermination et à l'existence enfin d'un Etat.
On ne peut qu'être
très déçu à cet égard, tout en l'incitant
à se ressaisir, de la coupable inaction de l'Union Européenne
qui a préféré d'effacer devant les Etats Unis dont
le rôle d'arbitre n'est pourtant qu'un leurre compte tenu de l'étroitesse
de leurs liens avec Israël.
Les Etats Unis,
il est vrai, ne constituent certes pas un modèle, contrairement
à leur ambition affichée de se poser en champion de la
démocratie de des droits de l'homme, qu'on en juge tant par leur
comportement hégémonique au plan international - qui les
conduit à refuser, pour des motifs peu glorieux, la ratification
de nombreuses conventions protectrices des droits humains - ou qu'on
en juge par les injustices et inégalités criantes - de
la peine de mort aux discriminations multiples et à l'extrême
pauvreté - dont sont victimes de nombreux ressortissants américains.
Il y a là
une illustration parmi bien d'autres - que l'on songe par exemple à
la situation des étrangers dans beaucoup de pays occidentaux
dont la France - de la nécessité de poursuivre le combat
pour la défense des droits de l'homme dans tous les pays, du
Nord comme du Sud.
Ce combat, il
est essentiel de le rappeler, porte sur les droits de l'homme universels
et indivisibles tels que définis par la Déclaration Universelle
des Droits de l'Homme de 1948 dont les objectifs ambitieux demeurent
toujours d'actualité.
L'universalité
des droits de l'homme, périodiquement remise en cause par ceux-là
mêmes que l'application de ces droits dérange, doit être
constamment réaffirmée et défendue, tout en soulignant
que l'universalité ce n'est pas l'uniformité, mais c'est
aussi bien au contraire la reconnaissance du droit à la diversité
et au pluralisme au travers de l'ensemble des libertés proclamées.
Les meilleurs
témoins et garants de cette universalité sont les défenseurs
des droits de l'homme eux - mêmes, à savoir ces hommes
et ces femmes qui, dans tous les pays du monde, réclament précisément
l'application des droits dont ils sont trop souvent privés.
On ne peut que
se féliciter ici de ce formidable développement du mouvement
des droits de l'homme durant les dix dernières années
avec la création de nombreuses associations indépendantes,
en particulier dans les pays d'Afrique et du monde arabe où leur
existence constitue souvent le seul contrepoids à des régimes
autoritaires.
Cette action
des défenseurs des droits de l'homme se heurte toutefois à
de fortes résistances et à des mesures de harcèlement,
voire de répression systématique, de la part des pouvoirs
en place, nécessitant la mise en uvre de mécanismes
de protection à laquelle s'est particulièrement attachée
la FIDH.
L'adoption le
9 décembre 1998 par l'Assemblée générale
des Nations Unies d'une Déclaration sur la protection des défenseurs
des droits de l'homme, puis plus récemment la création
d'un poste de Représentant spécial du Secrétaire
Général de l'ONU - d'ailleurs avec le soutien actif du
Maroc - constituent sur ce point deux avancées notables.
L'indivisibilité
des droits de l'homme, c'est essentiellement le rappel de l'égale
importance, aux côtés des droits civils et politiques,
des droits économiques, sociaux et culturels.
Ce n'est ni
au Pentagone ni à Wall Street, ni dans aucune bourse du monde,
que se construira un univers meilleur.
Le monde est
traversé de part en part par des inégalités sociales
et économiques qui font chaques années beaucoup plus de
victimes que les conflits armés : inégalités entre
peuples, inégalités entre hommes et femmes, inégalités
entres des nantis, peu nombreux, et des sans droits qui se comptent
par centaines de millions.
Sait-on par
exemple que les 200 personnes les plus riches de la planète ont
à elles seules des ressources supérieures aux deux milliards
d'être humains les plus pauvres de la planète ? N'est-ce
pas proprement révoltant ? Comment agir pour remédier
à pareil scandale ?
Face à
ce fossé et à ces déséquilibres, que risque
d'accroître encore une mondialisation économique conquérante,
des solutions existent. Restent à mobiliser les volontés
politiques. Il est ainsi indispensable de contrecarrer les excès
de la toute puissance des multinationales, ou d'exercer un meilleur
contrôle sur les modalités d'attribution de l'aide, en
particulier sur les conditions d'octroi des fonds par les institutions
financières (FMI, Banque Mondiale).
De même,
nombreuses sont les expériences démontrant la nécessité
d'une évolution conjointe, pour un véritable mieux être
des populations, de la démocratie et du développement.
Des opportunités
existent, par exemple au niveau d'une meilleure utilisation des accords
de coopération économiques conclus entre Etats du Sud
et Union Européenne soumis, de manière satisfaisante dans
le principe, et avec instauration de mécanismes de suivi, à
une sorte de conditionalitée réciproque de respect des
normes universelles en matière de droits de l'homme.
De nouveaux
chantiers méritent d'être investis dans ce domaine par
les ONG qui ont longtemps privilégié la défense
des libertés et qui doivent, sans délaisser ce terrain,
faire de la lutte contre les inégalités une priorité.
C'est ce qui
guide l'action de la FIDH depuis quelques années, et c'est pourquoi
son 34ème Congrès va s'ouvrir par un Forum sur le thème
" Mondialisation et Exclusions " à l'issue duquel seront
définies des pistes d'actions pour les années à
venir. Seront ainsi explorés certains des facteurs générateurs
d'exclusion (impact de la libéralisation régionale ou
internationale des échanges), ainsi que quelques unes des problématiques
économiques et sociales qui y sont associées (pauvreté
et conflits, la question des migrations), ou encore la situation de
groupes particulièrement exposés : les minorités,
les peuples autochtones, les enfants et singulièrement les femmes
qui représentent la majorité de la population mondiale
mais dont les droits sont encore le plus souvent largement ignorés.
Or la question
du rapport hommes - femmes est d'autant plus essentiel qu'elle ne se
pose pas seulement en terme d'égalité. La revendication
d'égalité des femmes porte en elle la possibilité
de briser les carcans et d'élargir le champ de tous les droits
de l'homme. C'est la société toute entière qui
en bénéficie.
Sur tous ces
terrains de lutte pour l'ensemble des droits, des résultats ont
commencé à être obtenus. Ainsi en va-t-il de l'amélioration
de la situation des droits de l'homme dans certains pays d'Amérique
Latine, ou d'Europe de l'Est, en Afrique du Sud avec la fin de l'apartheid,
et encore de la prise en compte de plus en plus présente des
droits de l'homme au niveau de la vie internationale, y compris les
accords économiques et financiers, lors de grandes conférences
comme à Seattle (OMC) avec la montée en puissance des
mouvements civiques, de producteurs et de consommateurs.
Ainsi et heureusement,
des succès sont obtenus et il existe donc des motifs d'optimisme.
Plus largement,
l'aspect positif des dernières années réside sans
doute dans l'émergence d'une conscience de la responsabilité
- prenant davantage en compte la responsabilité pénale
individuelle - qui s'est traduite notamment par le développement
de la justice internationale avec la création de la Cour Pénale
Internationale à Rome en juillet 1998 et quelques poursuites
spectaculaires déclenchées contre d'anciens dictateurs
comme Augusto PINOCHET ou Hissène HABRE au titre de l'application
d'un principe de compétence universelle.
Un progrès
formidable a déjà été accompli dès
lors que les dirigeants des régimes dictatoriaux ne se sentent
plus complètement à l'abri des poursuites de la justice.
C'est là
sans doute le début de la fin du règne de l'impunité
et de l'irresponsabilité, en particulier pour ceux auxquels les
plus hautes charges doivent aussi conférer les plus grands devoirs.
Responsabilité
de tous les acteurs impliqués au niveau des crimes les plus graves,
y compris économiques : tel est aussi le sens du combat auquel
vont s'atteler les militants des droits de l'homme pour le troisième
millénaire.
Mesdames
et Messieurs,
Puisque notre
Congrès se tient au Maroc et que cette séance inaugurale
a lieu en présence de hauts responsables politiques marocains,
dont Monsieur le Premier Ministre, après audition d'un message
de sa Majesté le Roi, je ne saurais enfin terminer la présente
intervention sans évoquer la situation dans ce pays.
Nous ne sommes
plus au temps des années de plomb où, souvenez-vous, les
organisations de défense des droits de l'homme étaient
vilipendées pour leurs " mensonges déstabilisateurs
" lorsqu'elles osaient parler de l'existence de disparus, ou encore
de détenus du bagne de Tazmamart.
Si nous avions
décidé voilà un an de la tenue au Maroc de ce Congrès,
c'est que nous avions salué et encouragé le processus
de transition engagé, et pris acte de la volonté de procéder
à de profondes réformes en vue de l'instauration d'un
Etat de Droit, pleinement respectueux des droits de l'homme.
Mais précisément,
ayant apprécié les gestes significatifs accomplis, nous
pensons légitime aujourd'hui de faire part, dans le cadre du
dialogue critique et espéré constructif auquel nous sommes
attachés, de nos sérieuses inquiétudes devant non
seulement un blocage du processus, mais même quelques signes inquiétants
de régression.
Ainsi en va-t-il
de l'interdiction, et de la répression violente avec l'utilisation
de moyens policiers disproportionnés, d'un rassemblement de militants
de l'AMDH, et d'une manifestation d'islamistes au moment de la commémoration
du 52ème Anniversaire de la Déclaration Universelle des
Droits de l'Homme dont ironie du sort l'un des articles garantit la
liberté de manifester.
Ainsi en va-t-il
encore de sérieux atteintes portées à la liberté
de la presse : renvoi du correspondant de l'AFP dont les dépêches
ont été considérées comme politiquement
incorrectes, garde à vue de journalistes de FR3 qui a occulté
la particulière opportunité de la cérémonie
du souvenir à Tazmamart, interdiction de trois hebdomadaires
dont la tonalité critique a été assimilée
à une tentative de déstabilisation des institutions marocaines.
Nulle part au
monde, et vous le savez bien vous-même, Monsieur le Premier Ministre,
pour en avoir été dans le passé victime, de telles
restrictions au droit d'expression des journalistes ne constituent un
élément positif pour le régime politique en place.
Sans liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur,
disait Beaumarchais. Plus précisément seule la liberté
de la presse constitue la garantie de la crédibilité de
l'information. Si la liberté, comme les autorités marocaines
se plaisent aujourd'hui à le dire, n'est pas la licence, l'interdiction
d'un journal d'opinion est quelque par la négation de la liberté
alors qu'il existe d'autres moyens légaux et légitimes
de se défendre en cas d'excès de la presse, par voie tout
simplement de réplique ou même s'il y a lieu d'action en
diffamation.
La mesure d'interdiction
de trois journaux ici au Maroc revêt en tout cas une charge symbolique
forte qui a inutilement terni l'image du pays à l'étranger,
et jeté le doute sur la volonté réelle de mener
l'évolution démocratique à son terme. Si les mots
ont leur importance, seuls comptent en définitive les actes.
Fort heureusement d'ailleurs, car dans le cas contraire un autre pays
du Mahgreb, la Tunisie, serait considéré au seul niveau
du discours comme le champion des droits de l'homme alors que toute
velléité d'opposition démocratique y est étouffée
et que les militants de la liberté y sont embastillés,
comme encore récemment le professeur Marzouki et l'avocat Hosni,
ou sont contraints à l'exil comme Chamari et Jendoubi.
Aussi, il nous
paraît que le pouvoir marocain sortirait grandi en redonnant,
sans condition et sans délai, la possibilité aux trois
hebdomadaires interdits d'être à nouveau publiés.
D'autres préoccupations
doivent aussi être évoquées.
Il s'agit d'abord
de la question des disparus pour laquelle le dossier ne saurait être
considéré comme clos tant que n'auront pas été
répertoriés et solutionnés de manière équitable,
dans l'indépendance et la transparence, les cas de tous les disparus.
Je pense ici
bien sûr également aux disparus et détenus sahrouis,
de même qu'aux prisonniers marocains de Tindouf.
Pour ce qui est
du Sahara occidental, la FIDH ne peut que réaffirmer son attachement
au processus d'autodétermination, en application du principe
du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes dont le Maroc
a lui - même à juste titre revendiqué l'usage à
une certaine période de son Histoire. La FIDH invite les autorités
marocaines à faire preuve du maximum de bonne volonté
pour permettre l'intervention désormais prochaine du référendum
prévu dans le cadre du processus initié sous l'égide
des Nations Unies.
Il y a la question
des droits des femmes, qui demeure soumise à de nombreuses discriminations,
et pour lesquelles les avancées indispensables tardent à
rentrer dans les textes comme dans les faits - la réforme du
statut personnel semblant être au point mort.
Il y a l'élaboration
en cours d'un Code des libertés publiques longtemps attendu,
mais dont certaines des dispositions divulguées suscitent déjà
des appréhensions.
Il y a évidemment
l'énorme chantier économique et social - chômage,
niveau de vie, éducation, santé, lutte contre la corruption
- pour lequel les promesses doivent être suivies d'effets, sous
peine de susciter de légitimes impatiences.
Chers
Amis,
Le congrès
de la FIDH c'est le moment le plus beau, le plus fort de la vie de la
FIDH.
C'est le temps
du rassemblement d'hommes et de femmes, de tous les pays, forts de leurs
convictions et de leur expérience parfois douloureuses, réunis
par leur croyance commune en la dignité de l'être humain,
de tous les êtres humains.
C'est l'occasion
de puiser une énergie nouvelle pour dire non à l'injustice
et à l'inégalité, à la guerre et à
la mort, à la haine et au rejet.
C'est la certitude
de l'efficience d'un mouvement universel basé sur la solidarité
des défenseurs de droits universels.
Avec vous, grâce
à votre courage, nous voulons construire un monde plus juste.
Je sais que nous ne relâcherons pas, que vous ne relâcherez
pas l'effort devant ce noble combat jamais achevé.
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