LA LIBERTÉ N° 9

Journal indépendant de tous les Djiboutiens de l'opposition.

Toutes les informations que le régime de M. GUELLEH cherche à cacher.

SOMMAIRE N° 9 du 21 novembre au 27 novembre 1999
- APPEL DE LA LDDH EN FAVEUR DES ENFANTS DJIBOUTIENS
- CONVOCATION DE MAÎTRE AREF A LA GENDARMERIE
LE LUNDI 22/11 à 16 h 00. Il EST RESSORTI PROVISOIREMENT LIBRE A 20h00
- LE RAPPORT d'AVOCATS SANS FRONTIERES (France)
- Incarcération d'AHMED SALAH, coureur djiboutien,

20/11 : Appel du Président de la LDDH en faveur de la Paix de façon à restaurer la protection des enfants djiboutiens et à ne pas compromettre plus avant leur avenir. 22/11 : TEXTE DE L'APPEL SIGNE CONJOINTEMENT PAR 20 ASSOCIATIONS AFRICAINES DE DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME
21/11 - FIDH : Éléments d'information sur la situation des D.H. à Djibouti - Un constat accablant de toutes les violations des Droits de l'Homme - Comment les autorités françaises peuvent-elles soutenir une telle dictature ? 22/11 : RAPPORT D'AVOCATS SANS FRONTIERES (France) A L'OCCASION D'UNE MISSION DE DEFENSE DES JOURNALISTES INCULPES
21/11 : Trois juges : M Warsama, Iyeh et Saïd Ibrahim ont une curieuse façon de rendre la justice .... ! pour plaire à M. Guelleh et au régime. 23/11: L'INSTITUT DES DROITS DE L'HOMME dénonce la violation par le gouvernement de Djibouti des instruments internationaux qu'il a ratifié et qu'il s'est engagé à respecter .
21/11 : ALERTE "ROUGE" : Maître Mohamed AREF est convoqué à la Gendarmerie de Djibouti le lundi 22/11 à 16 h 00 local (14h00 Paris) pour affaire le concernant. Toutes les craintes sont permises ... 24/11 : L'Armée Française s'apprête-t-elle à aider l'Armée Nationale Djiboutienne pour mener des actions de répression dans le Nord, contre les résistants du FRUD ?

22/11 : Communiqué de l'AFADD en faveur de Maître AREF
26/11 : UPC (Cameroun) : Message de soutien aux opposants politiques djiboutiens. 26/11 : COMMUNIQUE DU FRUD - L'AND ENGAGE UNE ACTION DANS LE NORD DE DJIBOUTI -> NOUVEAUX RISQUES POUR LES POPULATIONS CIVILES.
26/11 : Interview de Georges-Henri BEAUTIER, Président de la ligue Belge
des D.H. par Istvan FELKAI
 
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LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS - L.D.D.H. -
Président NOËL ABDI JEAN-PAUL
Siège : Quartier V, Boulevard du Général de Gaulle N° 66,
République de Djibouti
Téléphone Bur 00 / 253 35 78 04
Tel/fax: Dom 00 / 253 35 80 07

Djibouti, le 20 Novembre 1999

 

NOTE D'INFORMATION N° 10/LDDH/99

POUR NOS ENFANTS
APPEL POUR UNE PAIX DÉFINITIVE ET GLOBALE

Le 6 décembre 1990, la République de Djibouti a ratifié la Convention aux Droits de l'Enfant adoptée le 20 novembre 1989 par l'Assemblée Générale des Nations Unies. Cette Convention confère aux enfants des Droits et des Libertés fondamentales en tenant compte de leurs besoins pour recevoir une assistance et une protection en raison de leur fragilité et de leur vulnérabilité.

Or, le conflit interne de novembre 1991, considéré par le pouvoir en place comme définitivement résolut le 26 décembre 1994, perdure jusqu'à ce jour et touche principalement les enfants en raison des destructions des infrastructures sociales, de l'insécurité, des déplacements de population vers la Capitale et les pays limitrophes.

L'ensemble des effets de la guerre, qu'ils soient directs ou indirects, compromettent tout développement de l'Enfant djiboutien et principalement nos enfants du Nord et du Sud-Ouest. Une telle situation de guerre larvée a conduit à affecter lourdement ces enfants tant psychologiquement que physiquement, en plus de leurs incapacités à pouvoir s'insérer dans la vie citadine et à tout changement forcé de leur milieu.

Ces enfants sont aujourd'hui les proies faciles de la délinquance et de ses retombées (exploitations, viols, arrestations, emprisonnements dans des conditions intolérables, etc.)

Par conséquent, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains - LDDH - inquiète et préoccupée de l'avenir des Enfants Djiboutiens réaffirme que le Droit de chaque enfant à la survie, à la jouissance d'un meilleurs état de santé, à l'épanouissement le plus apte à son développement passe avant tout par une réelle Paix.

Aussi, nous lançons un appel pressant pour un arrêt définitif et franc de la guerre et pour l'instauration d'une paix globale, afin que soit restauré le cadre idéal pour tout développement, lequel dépend de l'avenir de l'Enfant.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains - LDDH - exige du Président de la République djiboutienne d'ouvrir le dialogue et d'engager des négociations franches et transparentes avec le Président du FRUD, M Ahmed DINI AHMED, pour une Paix définitive et globale.

Le Président
NOËL ABDI Jean-Paul

 


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COURRIER DES LECTEURS
Nous reprenons de façon anonyme (pour raisons de sécurité des auteurs) le contenu intégral des lettres qui nous sont adressées. Pour éviter toute polémique nous avons volontairement choisi de ne pas répondre aux critiques, lorsqu'elles sont exprimées avec conviction.

Djibouti : diplomes.
> Je crois qu'a Djibouti, le diplome a perdu de sa valeur.
> En effet, a quoi sert d'etudier alors qu'une simple piece d'identite
> tribale de l'ethnie au pouvoir permet d'entrer au paradis.
> M. A.M.
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Subject: Quelques mots aux informateurs que vous êtes

> Je suis une jeune étudiante Djiboutienne en France et je suis surpris de
> vos propos. Je suis cependant d'accord de votre dévouement à la vérité
> et à la justice mais s'il vous plaît entre nous, nous savons ce qui se
> passe chez nous. Alors arrêtez de dramatiser la situation aux yeux des
> tiers personnes. Et s'il vous plaît n'essayer de nous faire connaître
> des personnalité qu'on connaissait déjà sous d'autres fonctions.
> A mes yeux, Mr Ali MEDAL WAIS est bien entendu l'ancien chef
> d'Etat-Major de l'AND et Mr Moussa Ahmed est Chef de l'opposition
> unifiée et candidat à la présidence aux élections d'avirl 1999 mais
> nullement ces deux personnes sont des journalistes.
> Et encore une dernière chose l'officier Mahdi Cheick Moussa n'est pas de
> la famille Gouled à moins que famille signifie pour vous sous-clan ????
> Si c'est le cas vous m'envoyer désolé.
> Alors un peu de serieux vous qui défendez tellement la vérité n'éxagerez
> pas et n'abusez pas de l'ignorance de certaines personnes. Continuez
> votre combat mais avec plus de dignité et de respect pour autrui.
>
> MERCI

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salut ,
>
> je suis revolte de voir encore ce genre existe toujours a djibouti.
> je voudrais tout simplement dire que c 'est encore la dictature a
> djibouti a la veille de millenaire. c 'est vraiment inacceptable.
> j 'espere qu 'un jour ca changera.
> je suis entirement a votre disposition si vous avez besoin de moi .
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MESSAGE DE SOUTIEN DE L'UPC -
UNION DES POPULATIONS DU CAMEROUN

FERME SOUTIEN DE L'UNION DES POPULATIONS DU CAMEROUN (UPC)
A LA LIBERTE DES DIRIGEANTS DE L'OPPOSITION DJIBOUTIENNE !
POUR LA DEMOCRATIE A DJIBOUTI !
Contre toutes les dictatures, dont celle de Paul Biya au Cameroun!
Pour l'UPC, Fotso-Djemo

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fidh
International Fédération of Human Rights

Éléments d'information

République de Djibouti

État des Iieux de la situation des droits de l'Homme
en République de Djibouti
15 novembre 1999

Sommaire
I. Présentation
Il. Droits économiques et sociaux
111. La situation des défenseurs des Droits de l'Homme IV. Liberté!-syndicale
V. Liberté d'aller et venir
VI. Liberté d'opinion
VII. Arrestations arbitraires et tortures
VIII. Liberté de la presse
IX. Droit d'asile
Glossaire


République de Djibouti

En septembre 1997, la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) publiait un rapport intitulé" Djibouti, 20 après l'indépendance: une République en perdition".
le 7 mai 1999, le Parlement Européen votait une résolution (cf. La liberté N° 7) dans laquelle il :

  • condamne les violations des droits de l'homme commises en République de Djibouti et demande au gouvernement Djiboutien de respecter désormais pleinement les droits et libertés fondamentaux, notamment la liberté d'opinion, la liberté d'expression ou encore le droit à un procès équitable
  • condamne fermement les traitements actuellement réservés aux détenus des prisons de Djibouti, notamment celle de Gabode, demande que les soins nécessaires soient donnés de toute urgence aux malades et blessés emprisonnés et que des conditions de détention convenables soient garanties par les autorités djiboutiennes.

I. Présentation
.Rappel historique
Jusqu'en 1977, année de son accession à l'indépendance, Djibouti était un territoire français.
Aujourd'hui, il subsiste une présence militaire française sur son territoire d'environ 2.500 hommes.
La République compterait environ 650.000 habitants.
la capitale du même nom est un port sur le Golfe d'Aden à l'entrée de la mer rouge.
Djibouti vit essentiellement de sa potion géographique.
L'économie de la République repose essentiellement sur les activités et les services du port grâce à la présence française.

.Politique
Le Président Hassan Gouled (ethnie des Issas) a régné sans partage pendant plus de 20 ans.
En novembre 1991, une guerre civile éclate. Elle oppose le Front de Restauration de l'Unité Démocratique (FRUD) et les forces gouvernementales. le FRUD regroupe en réalité quatre courants d'opposants Afar :
-MPL : Mouvement Populaire de Libération
-FRPD : le Front de Résistance Patriotique de Djibouti
-AFD : l'Alliance des Forces pour la Démocratie
-AROD : l'Action pour une Révision de l'Ordre à Djibouti.

Cette guerre durera trois ans, jusqu'au 26 décembre 1994, date à laquelle est signé un traité de paix entre un groupe dissident du FRUD et une partie du gouvernement à Ab'a.
Quelques ministres issus du FRUD figurent encore au gouvernement. Cependant, une part!e du FRUD a rejeté les accords de paix.

Les opposants au pouvoir sont poursuivis et beaucoup ont du fuir dans les pays voisins ou en Europe.
En 1997, la coalition au pouvoir rafle la totalité des 65 sièges aux élections législatives.

.Situation actuelle
Président actuel

Les élections présidentielles du 9 avril 1999, très contestées, portent au pouvoir Monsieur Ismail Omar Guelleh, qui n'est autre que le neveu et le plus proche collaborateur de l'ancien Président Hassan Gouled et l'ancien chef des services de sécurité.
Le nouveau chef de l'État est investi dans ses fonctions le 8 mai 1999.

Conflits
les affrontements armés entre les forces gouvernementales et le mouvement armé du FRUD, présidé par M. AHMED DINI AHMED s'intensifient depuis plusieurs mois au Nord et à l'Ouest du pays.
Dans ces zones de conflits les violations caractérisées des droits de l'Homme par les forces régulières (Force nationale de police -FNP, et l'Armée nationale djiboutienne -AND) de l'État Djiboutien sont nombreuses.
En guise de représailles, ces dernières exercent une répression féroce à l'encontre des nomades soupçonnés d'appartenir ou "susceptible de connivence avec la rébellion" sans produire au préalable la moindre pièce à conviction, ou la moindre preuve de cette appartenance ou connivence.
La population Afar est principalement visée, victime de ratissage de leurs zones d'implantation, d'exécutions sommaires, de viols. Des centaines de personnes de l'ethnie Afar sont contraintes de se réfugier en Éthiopie.

Prisonniers de guerre

le 15 avril 1999, à la suite d'une action militaire du FRUD dans la région de Bolli dans le Nord de Djibouti, de nombreuses personnes de la région Bolli-Assagueïla-Randa sont arrêtées et emmenées à Tadjoura, où elles sont soumises à de graves tortures physiques.

Le 26 avril 1999, une attaque est menée par le FRUD dans la région de Mehedo.
Le lendemain, en guise de représailles, les troupes gouvernementales procédant à des exécutions extrajudiciaires et sommaires des civils pris en otage.

L'armée gouvernementale est soupçonnée avoir assassiné à Orobou 3 personnes civiles :
- Abdallah Ahmed Mohamed Rebeh a été tué à coups de couteau
- Moussa Abdallah dit Asa-Houmed a été fusillé
- Ahmed Kamil Mohamed dit Yagouri a été fusillé

Le 24 juillet 1999, à la suite de combats qui ont lieu à Mehedo dans le district d'Obock entre les combattants du FRUD (Front de la Restauration de l'Unité) et les Forces Armées Djiboutiennes, 5 blessés du FRUD ont été capturés :
- Mohamed Ali Mohamed
- Ahmed Houssein Ali
- Hassan Hamadou Assamo .
- Abdo Hassan Houssein
- Abdo Ahmed Mohamed

 

Il. Droits économiques et sociaux

En décembre 1998, une épidémie de paludisme sévit au Sud-ouest de Djibouti faisant des dizaines de morts. Le gouvernement Djiboutien n'intervient pas et installe un blocus médical -l'accès des ONG à ces régions est refusé.
Aujourd'hui, la capitale est soumise à un blocus économique et financier: le but est d'affamer les opposants et leur famille.
Les autorités semblent faire pression sur les grandes sociétés pour qu'elles n'embauchent que des " gens sûrs " notamment recommandés par des membres de l'équipe au pouvoir ou leurs représentants.
Des mesures de rétorsion sont prises à l'encontre des opposants ou soupçonnés d'aider des opposants : gonflement injustifié des impôts, coupures fréquentes d'électricité ou du téléphone.

 

III. La situation des défenseurs des droits de l'Homme
Tous les défenseurs des droits de l'Homme sont la cible d'une constante répression de la part des tenants des
pouvoirs.

Retrait de documents de voyage
Le 15 février 1999, Maître Aref, avocat et défenseur des droits de l'Homme, a été condamné à 2 ans d'emprisonnement dont 6 mois fermes pour tentative d'escroquerie et abus de confiance. Il est aujourd'hui libre, à la suite du décret de grâce présidentiel du 10 mai 1999. Il convient de souligner que ses deux confrères français qui devaient assurer sa défense se sont vus refuser la délivrance de leur visa et n'ont donc pas pu se rendre à Djibouti.
Le 9 juin, le Conseil de l'Ordre des avocats a décidé sa radiation du barreau.

En décembre, alors qu'il se rendait aux États Généraux des défenseurs des droits humains organisés à Paris par des ONG internationales pour célébrer le 50ème anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l'Homme, Maître Aref s'est vu confisquer ses documents de voyage à l'aéroport de Djibouti. Son passeport confisqué à cette occasion ne lui a toujours pas été remis. Depuis, il est sous surveillance quasi constante.

La LDDH
Selon Monsieur Abdi Noël Jean-Paul, Président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), la création de cette ligue, le 4 mai 1999, a été motivée par n la situation déplorable des droits de l'Homme ces dernières années, ainsi que l'absence d'instances focales pour une véritable défense des droits Humains en République de Djibouti.

Quelques jours seulement après sa création, le 24 mai 1999, le siège de la LDDH a été la cible d'un attentat à l'explosif. Son Président Monsieur Abdi Noël Jean-Paul, et son vice Président Monsieur Omar Ali Ewado ont été arrêtés par la police pour être interrogés puis relâchés.

Deux jours plus tard, ils ont été mis en garde vue du 25 mai au 27 mai pour être à nouveau entendus.

 

Relation entre la presse et les défenseurs des Droits de l'Homme.
Les médias pro-gouvernementaux, aussi bien radio, télévision que journaux, orchestrent souvent des campagnes de diffamation contre les militants des droits de l'Homme.
Les journaux refusent systématiquement de diffuser les communiqués de presse des organisations non gouvernementales.
République de Djibouti

 

IV. Liberté syndicale

De 1977 à 1992, la liberté syndicale était inexistante à Djibouti. En effet, à cette époque, la règle absolue était la loi du parti unique, le Rassemblement Populaire pour lé Progrès (RPP), crée en 1979, et il n'y avait donc qu'un syndicat unique totalement soumis à ce parti.
La liberté syndicale n'a été autorisée qu'en juin 1992 avec la création de l'Union Djiboutienne du Travail (UDT).

Désormais, il existe deux centrales syndicales qui représentent l'ensemble de:s travailleurs en République de Djibouti. : l'UDT et l'UGTD.
Cependant depuis septembre 1995, la situation de la liberté syndicale est très alarmante.
Aujourd'hui, les syndicalistes vivent dans un état d'insécurité permanente: Ainsi, le Secrétaire Général de l'UDT, Monsieur Adan Mohamed Abdou, quotidiennement harcelé, a été contraint de quitter la capitale, et réside désormais dans le district de Tadjourah sans ressources. Dés qu'il
tente de remplir sa mission syndicale, il est, ainsi que sa famille, directement menacé.

Les cotisations syndicales sont toutes gelées et les comptes en banque des syndicats saisis.

Dernièrement, le 15 juillet 1999, le gouvernement a organisé d'autorité un "congrès conjoint " au nom de deux centrales avec pour ordre du jour le remplacement de la direction légitime par des inconnus recrutés au sein du parti au pouvoir. C'est ainsi que le gouvernement a décrété une nouvelle direction pour chacune dès centrales au mépris des statuts des deux organisations syndicales concernées et des conventions internationales du BIT dont la convention n° 87 et 98 relatives à la liberté de syndicale et à la négociation, pourtant ratifiées par Djibouti depuis 1978.

La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a protesté contre ces agissements gouvernementaux illégaux et a saisi le BIT.

Rappel historique
En août 1995, le gouvernement propose et adopte une loi de finances unilatéralement conçue par lui sans consulter les partenaires sociaux. Cette loi de finance, soit disant conseillée par le FMI et la Banque mondiale décrète une retenue de 40 à 60 % sur les salaires de tous les travailleurs djiboutiens déjà sous le poids de 10 % d'impôt patriotique qui leur avait été imposé en 1992.

A la suite de cette loi, l'Union Djiboutienne du Travail (UDT) proteste et lance avec l'UGDT un préavis de grève générale. Cette grève générale des travailleurs djiboutiens sous l'égide de l'intersyndicale UDT /UGDT a lieu du 6 septembre au 23 septembre 1995.

Exaspéré le gouvernement se borne à réprimer tout azimut le mouvement syndical qu'il déclare subversif et illégal. La répression est généralisée et systématique à l'encontre de tous les travailleurs et des dirigeants syndicaux. Des centaines de travailleurs sont licenciés, arrêtés et torturés.

Les principaux dirigeants du mouvement syndical, dont Monsieur Adan Mohamed Abdou, Secrétaire Général de l'UDT, sont licenciés, brutalisés et incarcérés durant des semaines. Même les familles, femmes et enfants, des syndicalistes sont brutalisées pour faire pression sur eux.

Dés novembre 1995, des plaintes pour atteintes graves aux droits humains et syndicaux sont déposées auprès du BIT, par la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL), l'Organisation de l'Unité Syndicale Africaine (OUSA), ainsi que l'intersyndicale UDT /UGDT.


V. Liberté d'aller et venir

Retrait de documents de voyage des opposants
M. Moumin Bahdon Farah, ancien Ministre de la Justice et des Affaires Étrangères du Président Hassan Gouled Aptidon, principal opposant du nouveau régime, s'est vu retirer son passeport alors qu'il se rendait en Arabie Saoudite pour raisons de santé.

M.Aden Robleh Awaleh (le chef du Parti National Démocratique -PND), ancien ministre du Président Hassan Gouled Aptidon, et opposant au nouveau régime politique, s'est lui aussi vu retirer son passeport.

Circulation soumise à un "Ialsser-passer"
Depuis le 21 octobre 1998, la liberté de circulation des personnes et des biens est totalement supprimée.

Elle est soumise à la présentation d'un "laisser-passer" pour se déplacer d'un district à l'autre, ou entre les localités d'un même district.

Blocus alimentaire
Dans les régions du Nord, la circulation est interdite

Depuis mai 1999, le Nord est soumis à un blocus alimentaire et sanitaire par les forces gouvernementales qui ont décidé d'appliquer la politique de la mort lente. Les denrées alimentaires de bases sont confisquées par les forces de l'ordre à la sortie des villes d'Obock et de Tadjourah notamment.


Les véhicules de transport de marchandises et de p
ersonnes en activité dans le district d'Obock sont immobilisés par la police. Leurs propriétaires sont arrêtés et transférés sur Djibouti.

Tous les points d'eau (puits et sources) sont étroitement contrôlés et occupés en permanence par les forces par l'AND et la FNP.

La plupart des localités du Nord et du Sud-ouest sont soumises à un couvre feu de 18 heures à 6 heures, rendant impossible tout secours sanitaire à quelques kilomètres de ces localités.


VI. Liberté d'opinion
Tous les opposants au pouvoir en place sont réprimés. Les médias pro-gouvernementaux orchestrent souvent des campagnes de diffamation à leur encontre.
Les hommes politiques de l'opposition sont constamment surveillés, harcelés et menacés. Ils sont toujours à la merci d'un procès monté de toutes pièces.

Septembre/octobre 1997 :
arrestations de plusieurs dirigeants, sympathisants ou militants du FRUD. Certains ont été arrêtés en Éthiopie, et remis aux autorités djiboutiennes sans qu'aucune procédure légale n'ait été respectée.
Monsieur Mohamed KADAMY, responsable du FRUD en Europe, en fait partie. Il est aujourd'hui encore incarcéré à la prison de Gabode.

Le 16 février 1998 :
trois personnalités de l'opposition civile sont arrêtées.
-Monsieur Mahdi Ibrahim A. God, président par intérim du Front Uni de l'Opposition Djiboutienne: pour avoir signé et diffusé le 15 février un communiqué demandant l'intervention du CICR en faveur des prisonniers blessés auxquels sont refusés les soins médicaux nécessités par leur état.
-Monsieur Kamil Hassan Ali, président du Comité de Soutien aux prisonniers politiques (CSPP) : pour avoir formé et présidé un comité de soutien aux prisonniers politiques arrêtés et livrés par Éthiopie et détenus par Djibouti.

Le 22 juin 1999 :

Arrestation de Monsieur MOUSSA Abdoulfatah, fils de Monsieur MOUSSA Ahmed Idriss,sur ordre direct du Président de la République sous le prétexte de 'délit économique'. Pourtant, la veille il avait été déféré au Tribunal où le juge d'instruction au vu de son dossier, avait ordonné sa mise en liberté provisoire.

Le 11 septembre 1999,
Monsieur moussa Ahmed Idriss,
Président de l'Opposition Djiboutienne Unifiée (ODU), et candidat unique de l'Opposition aux élections présidentielles du 9 avril 1999, reçoit une convocation pour le lendemain par voie d'huissier émanant du Président de l'Assemblée Nationale et ne contenant aucun motif.
Sa convocation fait suite à la requête du Parquet demandant la levée de son immunité parlementaire, qui bloque la poursuite de la procédure contre le journal " Le Temps dont il est le directeur de publication.
Trois jours plus tard, le bureau de l'Assemblée Nationale ordonne la levée de son immunité parlementaire.

Le 23 septembre .1999, plus de cinq cents soldats armés encerclent la résidence du Président de l'Opposition Djiboutienne unifiée (ODU). Monsieur moussa Ahmed Idriss. Des grenades sont lancées sans sommation dans la cour de sa résidence. Puis, des unités spéciales se rendent sur les lieux et donnent l'assaut.
Une dizaine de personnes sont atteintes par les éclats de grenade, dont la femme et la fille de Monsieur moussa Ahmed. Plusieurs personnes sont atteintes par des balles. Un jeune homme décédera quelques heures après son hospitalisation.

Monsieur moussa Ahmed est arrêté et déféré au Parquet. Il est mis en détention provisoire à la prison de Gabode.

La police aurait aussi arrêté simultanément plusieurs centaines de personnes.

 

VII. Arrestations arbitraires et tortures
23 mars .1999 :
les autorités éthiopiennes procèdent à des arrestations arbitraires: 5 réfugiés djiboutiens sont arrêtés à Eli Da'ar.

26 mars 1999 * :
arrestations arbitraires dans la région de Sady et Mabia du district d'Obock. 23 hommes sont arrêtés par l'armée gouvernementale ; ils ont été regroupés au camp militaire de Mehedo.
Après 4 jours de séquestration dans cette localité, cinq d'entre eux ont été relaxés après avoir subi des violences, un a été gardé en détention à Mehedo et 9 autres ont été transféré à Obock, puis à Djibouti où ils ont été placé au camps de police de Nagad.

15 juin 1999 :
La polie arrête une vingtaine d'enfants oromos âgés de 6 a 11 ans dans les rues de Djibouti sous des prétextes futiles: vagabondages trafic de hachisch

23 Juin 1999 :
dix personnes oromos semblent avoir été arrêtées et emprisonnées a la brigade de l'arrondissement et au centre de rétention de Nagad. Ils ont tous subi des tortures pour qu'ils dénoncent les réseaux chargés d'expédier les Oromos en Érythrée.


VIII. Liberté de la presse
Nombreuses poursuites judiciaires a l'encontre de journaux ou de journalistes.
Les deux journaux d'opposition, Le Temps et Le Renouveau ont été interdits de publication. En conséquence, désormais seuls les médias étatiques sont autorisés.

Monsieur Amir Adawé, rédacteur en chef du journal La République et membre influent du Parti PND (Parti National Démocratique) est actuellement détenu.

Le 29 août 1999,
Monsieur Daher Ahmed Farah,
rédacteur en chef du Renouveau
et le général Ali Meidal Wais, directeur du mensuel d'opposition Le Temps, tous deux membres du Haut Conseil de l'Opposition Djiboutienne (ODU) sont convoqués a la gendarmerie.

L'enquête préliminaire des officiers de police judiciaire a porté sui une prétendue diffusion de fausses nouvelles avec la publication dans leur journal respectif d'un communiqué de presse du Président du FRUD Monsieur Ahmed DINI.

Le 2 septembre 1999,
le Tribunal de première instance de Djibouti (Tribunal des Flagrants Délits) les condamne a respectivement 12 mois et 8 mois d'emprisonnement ferme pour avoir publié un article "en contradiction avec la loi sur la presse et susceptible de porter atteinte au moral des forces armées".
En outre, ils sont tous deux condamnés a payer 1 million de FDJ (soit environ 34.000 francs) Les deux journaux ont par ailleurs été interdits de publication pendant 1 an.

Les conditions du procès n'ont pas été justes et équitables :
- aucun avocat de la défense n'était présent à l'audience
- la police a empêché les journalistes et les défenseurs des droits de l'Homme de se rendre à l'audience

De plus, selon l'avocat des deux journalistes, Maître Cantier, la procédure serait entachée d'une nullité d'ordre public, les deux journalistes: n'ayant pas été déférés au Procureur de la République dans les délais prévus à l'article 347 alinéa 2 du Code Djiboutien de Procédure Pénale.

Tous deux ont interjeté appel du jugement le 4 septembre 1999.


IX. Droit d'asile
Renforcement de la coopération Ethio-Djiboutienne, coopération qui s'inscrit dans une logique de répression transfrontalière à l'égard des opposants politiques Djiboutiens.

Des extraditions extrajudiciaires sont régulièrement effectuées par la sécurité djiboutienne qui remet directement aux autorités éthiopiennes des personnes qui ont fui en particulier les Oromos et les Somalis.

L'Éthiopie quant à elle, extrade les responsables du FRUD vers Djibouti (depuis 1997).
ainsi, le 1er avril 1999, les autorités éthiopiennes extradent 3 opposants djiboutiens qu'elles détenaient depuis 4 mois dans les prisons de Dire Dawa et Hara en Éthiopie déférés au tribunal civil de Djibouti, deux d'entre eux sont relaxés.

Mais, Houssein Okieh Abdi dit Kuruh, soupçonné d'appartenir au FRUD, est accusé "d'assassinat, de tentative d'assassinat, et de vol en bande armée" avant d'être écroué à la prison de Gabode.

Réfugiés :
Les populations locales déjà victimes des aléas naturels (zones arides, sécheresse endémique), et géopolitiques (conflit frontalier entre les voisins éthiopien et érythréen) sont laissées pour compte et ne bénéficient d'aucune assistance humanitaire. Elles sont aussi victimes du système répressif du pouvoir djiboutien qui les accuse souvent de connivence à cause de leurs liens de parenté avec les éléments du FRUD. Elles sont violentées et réprimées par les forces gouvernementales au point de quitter délibérément leurs lieux de résidences séculaires a cause de l'insécurité persistante, gonflant de facto le lot de réfugiés: estimé aujourd'hui a 18 milles personnes réparties essentiellement en Éthiopie et en Érythrée

Dernières Informations
16 octobre 1999 :
Une douzaine de détenus politiques de la famille d'Ismail Guedl Hared (leader politique de l'Opposition Djiboutienne), en détention provisoire ont entamé une grève de la faim pour protester contre la non-instruction de leur dossier.
Ils ont été placés en détention provisoire à la suite d'une histoire de caches d'armes sous les chefs d'Inculpation "d'association de malfaiteurs et de para.. militaire" et demeurent sous mandat de dépôt sans jugement depuis plus d'un an, en violation flagrante des dispositions du Code de Procédure Pénale.


19 octobre 1999 :
l'ensemble des détenus politiques (environ 60) a suivi le mouvement de grève.

2 novembre 1999 :
Monsieur Mohammed KADAMY, en détention provisoire à la prison de Gabode depuis septembre 1997, et en grève de la faim avec 45 autres prisonniers depuis le 19 octobre, souffre d'une insuffisance rénale mettant ses jours en danger. Le médecin qui l'a ausculté le 29 octobre aurait demandé son hospitalisation. Il n'a été transféré à l'hôpital que plusieurs jours plus tard.

GLOSSAIRE
AND: Armée Nationale Djiboutienne
BIT: Bureau international du travail
FNP : Force nationale de police
FRUD : Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie
ODU : Opposition djiboutienne unifiée
PND : Parti national démocratique (parti d'opposition)
PRD : Parti du renouveau démocratique (parti d'opposition)

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COMMENTAIRE DE L'ARDHD :

UN SCANDALE FRANÇAIS

A la lecture de ce rapport émis par un organisme dont le sérieux et l'impartialité sont incontestables, nous nous interrogeons sur la position des autorités françaises qui soutiennent la dictature de Monsieur Guelleh et qui augmentent chaque année le montant des subventions au titre de la coopération. Par tête d'habitant ces subventions
sont de 15 à 20 fois plus élevées que celles qui sont attribuées à d'autres états.
(Env. 350 F/ 400 F par habitant contre 15 à 20 F dans d'autres pays).

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LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
-L.D.D.H

Le Président ~ NOËL ABDI JEAN PAUL
Siège Quartier V. Boulevard de Gaulle n'66 B.P. 74 Djibouti. République de Djibouti
Bureau Tel-fax (253) 357804
Domicile tel-Fax (253) 358007

 

Note d'Information Na IO / LDDH/ 92

Une Analyse Juridique assortie de quelques commentaires
sur les procès politiques de trois leaders politiques de
l'Opposition Djiboutienne.

- Député moussa Ahmed Idriss Directeur de publication du journal " LE TEMPS "
- M. Ali Meidal Wais Codirecteur de publication du journal " LE TEMPS "
- M. Daher Ahmed Farah Directeur de publication du journal" LE RENOUVEAU "

A) Levée de l'immunité Parlementaire par la Résolution do 13 septembre 1999
I Rappel des faits
Le samedi 28 Août 1999 à 16b30. en dehors des heures légales le Général Ali Meidal Wais Codirecteur de publication du journal de l'Opposition Djiboutienne unifiée (ODU) " Le Temps " et le Président du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) et le Président Daher Ahmed Farah Directeur de publication de l'organe de presse du PRD, " Le Renouveau " ont été convoqués par la Brigade de Recherches de la Gendarmerie
L'enquête sur une plainte du Parquet a porté sur la diffusion de fausses nouvelles eu reproduisant dans leur journal respectif un Communiqué de Presse du Président du FRUD (Front pour la Restauration de l'Unité et de la Démocratie) Monsieur Ahmed Dini Ahmed qui précisait dans son Communiqué de Presse "
La section antiaérienne du FRUD a abattu ce matin un hélicoptère de l'armée djiboutienne qui assurait la logistique de l'offensive en cours. Il y avait à son bord 6 (six) militaires djiboutiennes et 2 (deux) mercenaires polonais.
Les hélicoptères militaires sont des objectifs de combat qui ne doivent pas être empruntés par
des passagers non-combattants. Ce faisant, ils risqueraient leur vie "
Le journal du Gouvernement" La Nation" a lui aussi diffusé le Communiqué de Presse du
Président Ahmed Dini et son manuscrit avait été agrandi? Pourtant, " La Nation " n'a pas été traînée en justice

Un certain Capitaine Monsieur Zakaria officier de la police judiciaire de la gendarmerie a
tenu des propos insultants et menaçants à l'égard des personnalités qui les accompagnaient dont le Président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH).

A 21 heures, la gendarmerie a informé que les deux personnalités sont sous mandat de garde à vue. Le lendemain à 9 heures des officiers de la police judiciaire de la gendarmerie ont déféré au
Parquet le Général Ali Meidal et le Président Daher Ahmed Farah (DAF)

Le Général Ali Meidal et le Président Daher Ahmed ont été mis en détention provisoire et
conduit à la sinistre prison de Gabode Le jeudi 2 septembre 1999, le Général Ali Meidal Codirecteur du journal " Le Temps " ainsi que le Président Daher Ahmed Farah Directeur du journal " Le Renouveau " tous deux membres du Haut Conseil de l'Opposition Djiboutienne unifiée (ODU), et tous deux Membres d'Honneur de la Ligue Djiboutienne des Droits Humain. (LDDH), ont été condamnés respectivement à huit mois et douze mois d'emprisonnement ferme, un an de suspension des deux journaux (seuls journaux de l'Opposition) et d'une amende d'un million de francs Djibouti, chacun.

Les intéressés ont tout de suite interjeté Appel.

Lors du procès, aucune plainte du Ministère de la Défense, aucune preuve matérielle n'a été versée au dossier, ni portée à la connaissance de deux inculpés. D'ailleurs, le jugement ne fournit aucune information ou précision sur Ia " démoralisation " des Forces Années djiboutiennes.
A priori, le jugement du 2 septembre ! 999 est une insulte .aux Forces Armées, et logiquement, il est légitime de considérer les Forces Années Djiboutiennes comme une Année " facilement démoralisable ".

D'autant plus, que c'est la deuxième fois que des leaders; politiques sont condamnés pour ce même motif
en effet !ors du procès du Ministre Moumin Bahdon Farah, du Ministre Ahmed Boojaleh Barreh et de quatorze soldats, le Procureur de la République en pleine Audience avait dans son Réquisitoire déclaré que " dans la nuit du 15 un 16 août 1999 un Coup d'État. avait eu lieu au camp de Cheik Osman ..Mais compte tenu de l'ge des deux personnalités il a décidé de les poursuivre pour " démoralisation de l'Année ".

Pour mémoire :

  • Lors du premier jugement de " démoralisation " de 1998, le Procureur de la République était Monsieur Djama Souleiman, le juge était Monsieur Iyeh.
  • Lors du second jugement de " démoralisation " de 1999, le Procureur de la
    République était Monsieur Djama Souleiman, le juge était Monsieur Akbar
  • lors de l'Audience de la Cour d'Appel, du 29 septembre 1999, la Chambre
    Correctionnelle est composée des juges suivants juge Warsama, Président, juge Akbar, juge Iyeh.

Dans l'après-midi du samedi 11 septembre 1999, le député moussa Ahmed Idriss s'est vu
signifié par voie d'huissier une convocation émanant du Président de l'Assemblée Nationale

Cette convocation n" 229/ANIBD/MM ne portait aucune précision sur le ou les motifs de la convocation, mais elle exigeait du député moussa Ahmed Idriss qu'il se présente au bureau du Président le lendemain 12 septembre 1999 à 10 h.


Le Député moussa Ahmed ldriss s'est présenté à 10h et a été accueilli par le Président et le Secrétaire du Bureau en présence du Secrétaire Général de l'Assemblée Nationale fonctionnaire non-membre du Bureau.

Le Président de l'Assemblée Nationale a informé le Député moussa Ahmed Idriss, que le Ministre de la Justice lui avait transmis " une demande de levée de son immunité parlementaire, suite à la publication d'un article dans le journal " Le Temps " du mois d'août 1999, et dont il est le Directeur de publication "
Sans attendre, les autres membres du Bureau de l'Assemblée Nationale, le Président a ouvert la séance, le quorum n'étant pas atteint
Durant ladite séance parlementaire, l'enregistrement de l'audition n'a pas été effectué, en vue de l'établissement d'un procès-verbal objectif et réel. ce qui est d'ailleurs obligatoire pour tout débat à caractère législatif, et en particulier lorsqu'il s'agit d'une Décision Législative d'une telle importance et de nature grave à savoir la levée de l'immunité parlementaire d'un collègue

Le Député moussa Ahmed Idriss n'a obtenu aucun document écrit sur les faits qui lui seraient reprochés par la Justice, durant cette dite séance. Pourtant, le journal de l'Administration, " La Nation " a officialisé cette levée de l'immunité le jeudi 16 septembre !999 dans un article intitulé. " Le Député moussa Ahmed risque d'être condamné "

Par lettre en date du 17 septembre 1999 et réceptionnée par le secrétariat du Président de l'Assemblée le samedi 18 septembre 1999, le Député moussa Ahmed Idriss, dans l'objectif de constituer sa défense et en vue de soumettre sa requête auprès du Conseil Constitutionnel, à rappeler au Président de l'Assemblée Nationale qu'il lui était indispensable d'obtenir son droit le plus élémentaire à savoir celui d'être en possession de la Résolution concernant la levée de son immunité parlementaire.

Le Président de l'Assemblée par lettre N. 233/AN/BD/MM du 20 septembre 1999 lui a transmis par voie d'huissier la Résolution 11/AN/99/4ème L. du 13 septembre 1999.

Il DISCUSSIONS
A) Forme :

II -Moyens de l'inconstitutionnalité de la levée de l'immunité parlementaire :


1°) Violation des Droits à la défense

a) Le Président de l'Assemblée Nationale a signifié au député moussa Ahmed Idriss une b) les convocation lui ordonnant de venir à son bureau, sans aucune précision,
b) Les raisons ou les motifs de la réunion lui étaient inconnus,
c) Le délai, qui a été accordé au Député moussa pour se rendre à ladite séance du Bureau (en heures ouvrables) était de quatre heures. D'où, l'impossibilité matérielle de préparer sa défense.
d) Le délai imparti au Député moussa et la non-précision du motif de la convocation ne pouvait en aucun cas lui permettre la possibilité de se faire représenter par un collègue, pouvant assurer sa défense.
e) La Proposition de Résolution, laquelle fixe et détermine les faits reprochés dans toute affaire de ce genre, et doit préciser si la demande de la Justice porte sur la détention, l'arrestation et/ou sur les poursuites, n'a pas été établie. Et d'ailleurs, celle-ci ne figure pas, comme document de base dans la Résolution N. 11/AN/99/4éme L, et ceci, en contradiction avec l'esprit et la lettre de l'article 64 du Règlement Intérieur de l'Assemblée Nationale.

En effet, le Président de l'Assemblée et le Secrétaire du Bureau de l'Assemblée Nationale devrait, au préalable, établir suite à la demande de la Justice, une Proposition de Résolution qui doit être communiquée à tous les membres du Bureau et dans un délai raisonnable au député concerné avant qu'il soit entendu, afin de lui permettre de préparer et de constituer sa défense.

Après avoir entendu le Député ou son défenseur, cette Proposition de Résolution est ensuite débattue, adoptée amendée ou rejetée par les membres du Bureau ou de l'Assemblée Nationale.

2°) -Violation du principe du dressement et de la distribution du procès-verbal
Tous les débats, les enquêtes, les travaux législatifs doivent faire l'objet d'un enregistrement audio en vue de dresser les procès-verbaux.
La levée de l'immunité parlementaire, qui est une décision grave ne doit pas être prise à la légère ni à la hâte. Elle nécessite toutes les garanties et les propos du député en cause ou de son défenseur, ne doivent pas être interprétés, tout comme, les propos des autres législateurs. Seul un
procès-verbal dressé à partir d'un enregistrement peut faire et servir de droit.
Le député moussa Ahmed Idriss est victime de la violation du principe de l'établissement des procès-verbaux concernant la levée de son immunité parlementaire.

 

B) FOND

3°) -La violation du 2ème alinéa de l'Article 52 du Règlement Intérieur :
Le 2ème alinéa de l'Article 52 du Règlement Intérieur stipule: " Lorsque, à l'ouverture d'une séance le quorum n'est pas atteint, les délibérations sont renvoyées au lendemain, elles sont alors valables quel que soit le nombre de votants. "

Le Président de l'Assemblée, qui avait certainement reçu des instructions de l'Exécutif, a outrepassé la Réglementation en vigueur en ce qui concerne l'ouverture d'une séance aussi importante, que celle qui consiste à la levée de l'immunité parlementaire du Député moussa Ahmed Idriss.

4°) -Les violations de l'Article 51 de la Constitution :
C'est la deuxième fois en l'espace de trois ans, que le même Président de l'Assemblée bafoue et viole la Constitution du 4 septembre 1992, et ce d'une manière flagrante, notamment ses Dispositions, lesquelles précisent, pourtant bien, dans l'article 51 de la Constitution :

en effet, le quatrième alinéa de l'Article 51 de la Constitution définit clairement, les limites et la compétence du Bureau de l'Assemblée Nationale dans le domaine réservé à la levée de l'immunité parlementaire, puisqu'il stipule: " aucun Député ne peut, hors session, être arrêté qu'avec l'autorisation du Bureau de l'Assemblée Nationale ".

Par conséquent, le Bureau est uniquement habilité à donner son autorisation que dans le cadre de l'arrestation d'un Député, laquelle nécessite la levée de l'immunité parlementaire. S'agissant des cas de poursuites d'un Député, le Bureau, n'a nullement la compétence pour pouvoir donner son autorisation. Seule l'Assemblée Nationale (en séance plénière) est compétente dans ce domaine, et ce conformément au troisième alinéa de l'Article 51 de la Constitution, lequel précise :
" Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté, en matière criminelle ou correctionnelle, sauf le cas de flagrant délit, qu'avec l'autorisation de l'Assemblée Nationale ".

5°) -La violation flagrante de l'Article 16 de la Loi N. 2 AN/ 92/2ème L du 15 Septembre 1992 relative à la Liberté de Communication :
alors qu'en tant que parlementaire le Député Said Ibrahim Badoul avait participé activement au vote de cette Loi autorisant la Liberté de Communication, tout un chacun se pose aujourd'hui la question de savoir le non-respect par le premier des législateurs (l'actuel Président Saïd Ibrahim Badoul) de cette même Loi, surtout son Article 16 qui précise : " lorsque le Directeur de publication jouit d'une immunité, il doit désigner un Codirecteur de publication ne jouissant d'aucune immunité.

Le Codirecteur de la publication doit être nommé dans le délai d'un mois à compter de la date à
partir de laquelle le Directeur de la publication bénéficie de l'immunité visée à l'alinéa précédent.

Toutes les obligations imposées au Directeur de publication sont applicables au Codirecteur ,
et ce dernier doit remplir les mêmes conditions que le Directeur de publication " .

Le Député Said Ibrahim Badoul qui avait participé activement à l'adoption de cette loi, a peut-être oublié l'importance des Dispositions de l'Article 16, qui dispensent à l'Assemblée Nationale toute procédure de levée de l'immunité parlementaire d'un Député, Directeur de publication, puisque celui-ci est protégé par son Codirecteur, lequel ne dispose pas de l'immunité.

De plus, les Dispositions de l'Article sus-cité allège les Décisions Législatives, en ce sens qu'elle donne les moyens à la Justice de pouvoir poursuivre le Codirecteur de publication à chaque fois qu'un article ferait l'objet d'une plainte, ou d'une mise en cause par le Ministère Public.

Il est très clair, que l'Article 16 de la Loi relative à la Liberté de Communication protège donc, et naturellement, l'immunité de tout Directeur de publication, dès que celui-ci ait désigné son Codirecteur. Et que, la violation flagrante de l'Article en question par le Président et le Secrétaire du Bureau de l'Assemblée Nationale est lourde de conséquences, en ce sens qu'elle prouve nettement la volonté du Pouvoir Exécutif d'engager une épreuve de force, avec les risques et les dangers incalculables et ce, en jetant en prison les Membres Dirigeants du Haut Conseil de l'Opposition Djiboutienne unifiée

Pour plus de clarté, il est bon de citer ci-dessous, les Dispositions Générales de la Loi N° 2/AN/92/2e L du 15 Septembre 1992, relative à la Liberté de Communication, qui sont une Révolution en faveur du pluralisme politique dans un cadre de diffusions et d'informations à travers une presse libre et indépendante et ce, à l'adresse de la Communauté nationale et internationale :

Article -1-: " La liberté de presse garantie par fa Constitution s'exerce dans le cadre des
dispositions de la présente Loi ",
Article 2 -: " La présente loi s'applique à toutes les formes et à tous les modes de communication sociale notamment à l'imprimerie, à la librairie, aux organes de presse, aux entreprises éditrices, aux entreprises de distribution, à l'affichage et aux entreprises de communication audiovisuelle ".
Article 3 - : " La liberté de communication est le droit, pour chacun de créer et d'utiliser librement le média de son choix pour exprimer sa pensée en la communiquant à autrui, ou pour accéder à l'expression de fa pensée d'autrui. Le citoyen a droit à une information complète et objective, et le droit de participer à l'information par l'exercice des libertés fondamentales de pensée, d'opinion et d'expression proclamées par la Constitution ",
Article 4 - : " La liberté de communication ne doit pas porter atteinte à fa paix sociale et à la dignité de fa personne humaine, ni troubler l'ordre public, elle ne doit comporter aucune information ou insertion contraires à la morale islamique, ou susceptible de faire l'apologie du racisme, du tribalisme, de la trahison ou du fanatisme ". ...

B) Audience du Tribunal du 29 septembre 1992

Compte-rendu :
moussa Ahmed, Président de l'O.D.U, incarcéré le 23 septembre 1999 illégalement et anticonstitutionnellement a été au Parquet en compagnie d'autres inculpés dont 14 ont été en détention provisoire.
Tous ces prévenus devraient répondre de 3 chefs d'inculpations à savoir :
- Incitations à la violence
- Rébellion
- Associations de malfaiteurs

A la demande du Parquet général le dernier chef d'inculpation a été annulé.
A la demande de M. Moussa Ahmed qui a 'exigé la présence de Maître Calatayud son avocat et
celui de l'ensemble des prévenus, le Procureur Général a reconnu qu'il a effectivement reçu le fax de Maître Calatayud en ce sens mais que ce dernier s'est vu récemment refusé le visa pour d'autres affaires qu'il devait plaider ici.

Le Juge Warsama a dit, que le renvoi ne pose pas de problème pour le Député moussa Ahmed qui doit retrouver en prisons en attendant l'autre affaire pendante en justice, mais que le renvoi n'est pas en faveur des autres inculpés car ils n'aimeraient pas rester en prison dans l'attente. Le Député moussa Ahmed ayant insisté, le juge Warsama a suspendu l'Audience afin de délibérer sur le renvoi ou non .

Après délibération, le Juge Warsama a renvoyé cette Audience au mercredi 6 octobre 1999.
immédiatement, le Procureur Général s'est levé en insistant sur le fait que M. Calatayud n'aura pas de Visa et le juge Warsama de préciser que le renvoi n'est que pour une semaine.

II Commentaire sur cette affaire Audiencée le 29 septembre 1999
Que le juge Warsama ait reconnu le Droit à la Défense en décidant le renvoi de cette affaire et une décision courageuse et rare dans son genre pour une justice djiboutienne qui ne cesse d'outrepasser ce Droit constitutionnelle surtout dès qu'il s'agit d'un procès politique.

Tout d'abord, nous allons essayer de retracer les raisons qui ont engendré: les violations flagrantes de domicile sous un déluge de feu, de la résidence du Député moussa Ahmed Idriss par les Forces Nationales de Police le jeudi 23 septembre 1999 et aggravé par un homicide volontaire avec le décès d'un proche du Député moussa Ahmed qui a succombé sous les balles des Forces de Police. La résidence du Député moussa Ahmed Idriss a été très endommagée lors de l'assaut sans sommation des Forces de Police.

Le jeudi 2 septembre 1999,
le Général Ali Meidal Codirecteur du journal " le TEMPS " ainsi que le Président Daher Ahmed Farah Directeur du journal " le Renouveau " tous deux membres du Haut Conseil de l'Opposition Djiboutienne unifiée (ODU) et tous deux Membres d'Honneur de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) ont été condamnés respectivement à huit mois et douze mois d'emprisonnement ferme, un an de suspension des deux journaux et d'une amende d'un million de francs Djibouti chacun.

Ceci pour avoir diffuser dans ces journaux un Communiqué de Presse du Président du Front pour la Restauration de l'Unité et de la Démocratie (FRUD), M. Ahmed Dini. L'insertion de ce Communiqué de Presse et la publication d'articles sur la situation dramatique en République de Djibouti aurait d'après le Tribunal " démoralisé les Forces Années Gouvernementales ".

pourtant le journal gouvernemental avait lui aussi publié ce Communiqué de Presse du Président Ahmed Dini et son manuscrit avait été agrandi. Naturellement le journal " La Nation n'a pas été traîné en justice.

Dix jours après, plus précisément le 13 septembre 1999. Le Président Saïd Ibrahim Badoul en infraction totale à l'article 16 de la Loi sur la Liberté de Communication et suite à une séance du Bureau de L'Assemblée Nationale uniquement chargé de levée l'immunité parlementaire que dans la seul cas de l'arrestation d'un Député conformément à l'article 51 de la Constitution, (cette séance du Bureau de l'Assemblée en présence du Député moussa a entamé ses travaux sans que le quorum soit atteint et les travaux législatifs ont eu lieu sans enregistrement audio permettant de dresser fidèlement les interrogations et le débat dans le Procès
Verbal).
Le Président Saïd Ibrahim Badoul a publié arbitrairement le 13 septembre une Résolution portant sur la levée de l'immunité parlementaire du Député, le Président moussa Ahmed Idriss.

Il est bon de rappeler que le 15 juin 1996 le même Saïd Ibrahim Badoul avait d'une manière anticonstitutionnelle levée l'immunité parlementaire (par une simple lettre signée par lui) de M. Ahmed Boulaleh Barreh, Ali Mahamade Houmed, Moumin Bahdon Farah.

Ces trois députés et Monsieur Ismaël Guedi leaders de l'Opposition Djiboutienne et membres dirigeants du Groupe pour la Démocratie et la République (GDR) ont été entendus par les Officiers de la police judiciaire de la gendarmerie directement dans leur domicile lors de l'enquête pour " offensé au Président Hassan Gouled " car ces personnalités politiques avaient publié dans communiqué de presse en autres les termes suivants : " règne par la force et la terreur, tout en bafouant la constitution ".

Le Président de la LDDH M. Noël Abdi Jean-Paul dès la reprise par le Procureur Général de ses fonctions n'a pas manqué de demander au Procureur Général de procéder de la même manière en envoyant deux officiers de police judiciaire de la gendarmerie au domicile du député moussa Ahmed afin de procéder à l'enquête préliminaire sur cette affaire dont son Codirecteur a déjà été condamné.

Il est regrettable de constater que ces suggestions n'ont pas été retenues, mais que les Autorités politiques au Pouvoir ont plutôt préféré la manière forte en violant le domicile du Député moussa Ahmed (comme dans les opérations anti-terroristes) avec malheureusement un homicide volontaire consécutif au décès par balle réelle d'un proche du Président moussa Ahmed.

Audience du 06/10/99
L'audience a débuté à 9H00 sous la présidence du juge Warsama et les juges ABKAR et IYEH.

Le Président de la Cour d'Appel (Chambre Correctionnelle), après avoir prononcé les Chefs d'Accusation a informé qu'il a été saisi par le Député moussa Ahmed Idriss d'une demande de renvoi assortie d'une libération provisoire immédiate afin de permettre à son second avocat, Maître Roland Weyn. d'organiser sa défense, d'autant plus que son précédent défenseur, Maître Roger-Vincent Calatayud s'était vu refusé le Visa.

A ce propos le Procureur Général avait lors de l'audience du 23 septembre insisté sur le fait que Maître Calatayud s'était vu refusé son visa pour une autre affaire pendante devant la justice (affaire concernant M. Moumin Bahdon, Ahmed Boulaleh Barreh et 14 militaires pour un prétendu Coup d'État transformé durant le procès de la première Audience par le Procureur de la République en " démoralisation de l'Armée " ).

Le Procureur Général a immédiatement émis son objection à tout renvoi. Le Président de la Cour d'Appel a suspendu cette Audience, pour délibérer sur la demande de renvoi. Après délibération le juge Warsama a informé de la Décision de la Cour qui a rejeté la demande de renvoi. Le Président de la Cour a tout de suite procédé à l'appel nominal de tous les prévenus. Tous les prévenus se sont déclarés victimes de l'agression policière qui est intervenue aussi promptement que brutalement au domicile de moussa Ahmed Idriss.

Certains prévenus ont affirmé avoir riposté par des jets de pierres de l'intrusion brutale et violente dans la cour de la Résidence du Président de l'ODU. La grande majorité des prévenus étaient des proches de moussa Ahmed Idriss et quelques-uns étaient des sympathisants de l'ex-candidat aux dernières élections présidentielles du 09.04.99

Le Député moussa Ahmed a déclaré entre autre que la violation de domicile suivi de meurtre et violence avaient pour seul objectif d'accomplir les ordres venus d'en haut afin de procéder à sa liquidation physique car une grenade a été lancé à sa direction mais n'a pas explosé grâce à Dieu et qu'il est en possession de cette grenade qui est à disposition de la Cour.

Il s'est estimé étonné de se retrouver sur le banc des coupables alors que tout l'indique comme victime de cette agression mené au vu et au su de tout le monde par le bras armé du régime: les forces spéciales de Police.

Cela d'autant plus a-t-il ajouté qu'il s'était rendu volontairement à la convocation du Bureau de l'Assemblée Nationale sur la levée de l'immunité et se disposer à répondre à tout convocation en provenance des autorités judiciaires.

Le Procureur Général en son réquisitoire a affirmé que la gendarmerie a refusé de procéder à l'enquête. Prétextant l'absence de moyens humains et matériels pour remettre la convocation. n a affirmé que contrairement aux informations diffusés à ce propos par certains médias à l'étranger, les forces de police sont intervenues à 7H00 du matin et non à 4H30 même si tous les prévenus ont déclaré avoir été agressés dès l'aube durant la prière du matin.

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NOUVELLES BRÈVES

et revue de presse

21/11 : MAÎTRE MOHAMED AREF
est convoqué
à la Gendarmerie de Djibouti
le lundi 22 novembre à 16 h 00 (Heure locale)
" pour affaire le concernant ".

La convocation émane de la caserne Capitaine HAMADOU -
Capitaine ZAKARIA HASSAN
Tel Bureau : 00 253 35 10 03

Tel Personnel : 00 253 35 73 09

Compte-tenu des pratiques à Djibouti, nous craignons que Maître AREF ne soit placé immédiatement en garde à vue. Il s'agit probablement d'une suite de l'affaire des journalistes de France 2 qui avaient été expulsés et dont le matériel et les cassettes avaient été saisis illégalement par les autorités djiboutiennes.

Nous demandons à tous les hommes politiques et à toutes les Associations, que nous avons tenu informés des risques encourus par Maître AREF de se mobiliser pour éviter un nouveau drame à Djibouti.

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Communiqué
Association française
des amis des démocrates de Djibouti

Lundi 22 novembre 1999

Aujourd’hui 22 novembre 1999, Me Aref Mohamed Aref, avocat et défenseur des droits de l’homme à Djibouti, a été convoqué à la gendarmerie pour y être interrogé à 16 heures.

Même si les faits qui lui sont reprochés ne lui ont pas été indiqués, il est clair que son témoignage devant les caméras de télévision de France 2 est la cause de cette interpellation.

Par ailleurs, Me Aref avait adressé une lettre d’appel à l’aide à Lionel Jospin, lettre qu’un fonctionnaire français zélé a immédiatement communiqué aux services de renseignements djiboutiens.

Il a reçu de très graves et très sérieuses menaces de mort de la part du pouvoir tyrannique du président Guelleh qui ne cache pas sa volonté de le réduire définitivement au silence.

Le régime de dictature de Djibouti sévit sur toute la population depuis des décennies sans aucune dénonciation de la part de la communauté internationale.

Il faut soutenir Me Aref, un des seuls hommes libres de Djibouti suffisamment courageux pour poursuivre pacifiquement la lutte pour l’honneur, la dignité et la justice.

Mobilisons-nous pour le défendre contre l’état de non droit.

Paris, le 21 novembre 1999

Roger-Vincent Calatayud

Président de l’A.F.A.D.D.

Roger-Vincent Calatayud
Avocat-ancien bâtonnier
20, rue Brauhauban
F-65000 Tarbes
tél.: 00 33 (0) 5 62 34 10 83
fax.: 00 33 (0) 5 62 51 39 09
courriel: rv.calatayud@wanadoo.fr

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LES TEMOIGNAGES DE SYMPATHIE ET DE SOUTIEN
EN FAVEUR DE MAÎTRE AREF
AFFLUENT AU SIEGE DE L'ARDHD

A la suite des informations que nous avons envoyées depuis hier soir, au sujet de la probable arrestation de Maître AREF, notre association reçoit de nombreuses demandes d'information et surtout de nombreux messages de sympathie et de soutien.

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VINGT ASSOCIATIONS AFRICAINES DE DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME
SIGNENT UN APPEL CONJOINT EN FAVEUR DE MAITRE AREF ET DU RESPECT DES D.H. PAR LE REGIME DE M. ISMAIL OMAR GUELLEH.

Les participants (Magistrats, Avocats, Juristes, Militants des droits
humains) au colloque International sur la justice organisé par l'UIDH à
Ouagadougou, Burkina Faso les 22, 23 et 24 Novembre 1999 venons de
prendre connaissance de ce qui suit :

M° ARREF, Président de l'Association pour le Respect des Droits de
l'Homme à Djibouti vient d'être convoqué à la gendarmerie pour le lundi
22/11/1999 à 16 heures (heures de Djibouti) " pour affaire le concernant
".

Selon les informations en notre possession cette convocation aurait des
liens avec une interview accordée par M° AREF à deux journalistes
français de France 2 expulsés et à la saisie d'une correspondance de M°
AREF destinée au Premier Ministre Français Lionel Jospin.

Cette interpellation ainsi que les menaces de mort antérieures dont M°
AREF a déjà fait l'objet constitue des atteintes graves à la liberté
d'expression ; au secret des correspondances et à l'intégration physique
universellement reconnues.

C'est pourquoi : l'UIDH, les organisations des droits humains et des
éminentes personnalités présentes à Ouagadougou (Burkina Faso) :

- Expriment leurs vives préoccupations et inquiétudes au sujet de la
convocation , des tracasseries et menaces de mort qui pèsent sur M° AREF
;
- Exigent la cessation immédiate de ces violations des droits humains
par les autorités Djiboutiennes et la