LA LIBERTÉ N° 19

Journal indépendant de tous les Djiboutiens de l'opposition.

ALERTE URGENTE
POUR SAUVER UN BÉBÉ DJIBOUTIEN DE 4 MOIS
QUI SOUFFRE D'UNE TUMEUR AU CERVEAU A ÉVOLUTION RAPIDE
Nous avons besoin de votre aide - Cliquez ici

Toutes les informations que le régime dictatorial
de M. Guelleh cherche à cacher.

AVERTISSEMENT : la reproduction de nos articles est autorisée, (à l'exception des extraits de presse)
à la seule condition de citer la source de la façon suivante :
"Extrait de LA LIBERTÉ - ARDHD - www.ardhd.org"

SOMMAIRE N° 19 du 30 janvier au 5 février 2000

FRANCE 3, Le sujet a été déprogrammé in extremis.
Théoriquement, il devrait passer dimanche soir 6/02 à 19 heures 30
Mais il est possible que des pressions soient exercées sur les témoins et sur la chaîne....

- Les prisonniers politiques "mis en isolement"
depuis la publication d'un reportage sur Antenne 2,
- Répression sanglante à ALI SABIEH : un enfant de 13 ans tué par balle par les gendarmes et 3 blessés,
- Un communiqué conjoint du Barreau et de la Magistrature,
où ces institutions se discréditent avec la plus grande maladresse,
- AFFAIRE BORREL : un deuxième témoin aurait confirmé les déclarations
du militaire djiboutien réfugié à Bruxelles,

- D'après LA NATION, l'Ambassadeur de France aurait accusé Maître Arnaud Montebourg, avocat et député, d'avoir "piloté" la mise en cause de M. GUELLEH dans l'affaire BORREL : Djibouti exigerait l'officialisation de ces propos !

1 - HORS DE DJIBOUTI,
L'ACTUALITÉ
EN AFRIQUE : CONGO / TCHAD
3 - LES COMMUNIQUES
/ LES RÉACTIONS
4 - LA PRESSE :
AFFAIRE BORREL
30/01 CONGO : Association SURVIE -
Appel à manifester le 5 février à LYON pour sauver le Congo - Dossier de presse complet
31/01 - MONTÉE DE TEMPÉRATURE À ADDIS-ABEBA. (Extrait des Nouvelles d'ADDIS)

30/01 : TCHAD - TROIS APPELS DU CMAP

31/01 - LDDH : Alerte pour L'ÉDUCATION Nationale et la Santé Publique

31/01
" LE FIGARO " AFFAIRE BORREL :
UN DEUXIÈME TÉMOIN CONFIRMERAIT LES DÉCLARATIONS DU MILITAIRE DJIBOUTIEN RÉFUGIÉ A BRUXELLES.
25/01 : Communiqué de presse de la famille judiciaire de Djibouti dans lequel, les signataires affirment que Djibouti est un État de droit. 03/02
"LE FIGARO" - Affaire BORREL : Le témoin réfugié à Bruxelles maintient son témoignage malgré la pression des juges français.
2 -VOYAGES ET RÉUNIONS

1/02 : UN LECTEUR RÉPOND AU COMMUNIQUE DE "LA FAMILLE JUDICIAIRE" DE DJIBOUTI.

04/02 "LIBÉRATION" - MORT SUSPECTE D'UN JUGE A DJIBOUTI. Les pressions des juges français sur le témoin à Bruxelles. Le rapport d'autopsie qui confirme que le juge n'a pas péri carbonisé.
30/01 : Un nouvel accord Djibouti-Somaliland ? A quel prix pour le peuple djiboutien ? 04/02 : RFI censuré à Djibouti. Certains internautes seraient convoqués à la SDS après s'être connectés à notre site

03/02 : RÉUNION DJIBOUTIENNE
A PARIS CETTE SEMAINE DANS LA DISCRÉTION . Des personnages proches de Guelleh sont au Méridien depuis une semaine - Dans quels buts ?

30/01 - PAM : DJIBOUTI : Situation de sécheresse 'de plus en plus désespérée'. 30/01 : La LIBERTÉ : une progression des connexions en janvier 2000
30/01 : Le député socialiste d'Ile et Vilaine, Jean-Michel BOUCHERON doit se rendre à Djibouti le 6 février pour rencontrer les FFDJ (Extrait de La lettre de l'Océan Indien) 30/01 : Djibouti tant bien que mal. Le programme et les exigences du FMI.
(Extrait de La Lettre de l'Océan Indien)
27/01 : DISPARITION de Jean-Claude Izzo
Écrivain militant et voyageur. Il avait séjourné à Djibouti et en Éthiopie.
03/02 : Levée de boucliers en Europe contre l'arrivée de l'extrême-droite en Autriche. Pourquoi ne pas mettre autant de conviction pour dénoncer les dictatures et les crimes contre l'humanité, comme ceux qui sont commis à Djibouti ? 02/02 : d'après la NATION, l'Ambassadeur de France à Djibouti, M. Patrick ROUSSEL aurait estimé que Me Arnaud MONTEBOURG serait à l'origine de la mise en cause de M. GUELLEH dans l'affaire BORREL.
29/01 : Répression sanglante à Ali Sabieh : 1 enfant de 13 ans tué par balle et 3 personnes blessées
 
Sommaire de 'LA LIBERTÉ'
Tous les numéros depuis le N° 0

 

01/02 - APPEL DE SOLIDARITÉ :
NOUS LANÇONS UNE OPÉRATION POUR SAUVER UN BÉBÉ DJIBOUTIEN DE 4 MOIS QUI EST ATTEINT D'UNE TUMEUR AU CERVEAU A ÉVOLUTION RAPIDE.

UNE INTERVENTION CHIRURGICALE EN FRANCE EST INDISPENSABLE DANS LES MEILLEURS DÉLAIS.

NOUS DEMANDONS A TOUS

  • DE NOUS AIDER A CONTACTER LES ASSOCIATIONS SPÉCIALISÉES QUI PEUVENT APPORTER UNE AIDE A LA FAMILLE
  • DE NOUS AIDER A TROUVER LE FINANCEMENT

LE BUDGET NÉCESSAIRE EST ESTIME A 150.000 FF.
VOS DONS PEUVENT ÊTRE ADRESSES PAR CHEQUE A L'ORDRE DE L'ARDHD QUI LES REMETTRA A LA FAMILLE.

WISSEM vit actuellement en Tunisie avec ses parents djiboutiens.


Récapitulatif de la situation de santé du bébé


WÎSSEM est né le 13 octobre 1999 à 3 heures du matin. L'accouchement par les voies naturelles s'est déroulé sans incident. Il pesait 3.100 g et ne présentait aucune pathologie apparente.

A I'âge de 3 semaines, il développe des vomissements en rapport avec un syndrome d'hypertension intracrânienne <fontanelle antérieure bombante). Les différentes explorations mettent en évidence une hydrocéphalie en rapport avec une sténose de l'aqueduc de Sylvius dont l'origine n'a pu être élucidé.

L'hydrocéphalie a été dérivé par une ventriculo-cisternostomie faite par voie endoscopique le 15 novembre 1999,

Les suites opératoires ont été marquées par une méningite pour laquelle WISSEM a reçu un traitement antibiotique adéquat avec guérison sans séquelles ainsi que deux hématomes sous duraux qui ont ponctionné puis drainé.

Le 28 décembre 1999, à la suite d'un IRM (imagerie par résonance magnétique) nous découvrons la présence d'une lésion tumorale expansive de 1.5 cm de grand axe au niveau de la région pinéale du cerveau.

Cette lésion ne pouvant pas être traitée en Tunisie des marqueurs tumoraux ainsi qu'une IRM de contrôle ont été demandé pour confirmer le diagnostic.

L'IRM de contrôle faite le 27 janvier 2000 confirme le diagnostic de tumeur. La région pinéale à croissance rapide (prise de volume avec apparition d'une zone kystique) faisant 4 cm de grand axe.

Les marqueurs tumoraux n'étant pas réalisable en Tunisie, les prélèvements ont été envoyé en France et les résultats ne nous sont pas encore parvenus en totalité. Seul l'Antigène carcino-embryonnaire est revenu négatif.

Vu l'évolution rapide de cette tumeur engageant le pronostic vital du bébé et l'impossibilité de la traiter en Tunisie, on nous recommande les pays à hautes technologies afin de pouvoir sauver WISSEM

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COURRIER DES LECTEURS
nous reprenons de façon anonyme en général (pour garantir la sécurité des auteurs)
le contenu intégral des lettres qui nous sont adressées.
Pour éviter toute polémique nous avons volontairement choisi de ne pas répondre aux critiques.

Nous publierons en revanche les messages des lecteurs qui souhaitent répondre.
L'ARDHD n'assume aucune responsabilité quant au contenu des messages de cette rubrique.
L'ARDHD rappelle qu'elle ne soutient aucune action politique, ni aucun parti
et qu'elle milite exclusivement en faveur de la paix et des Droits de l'Homme

 

Un nouvel accord Djibouti-Somaliland ?

Cher Monsieur Schaal,

Après la catastrophe de Ali-sabieh, j'ai contacté par téléphone
Djibouti. j'ai appris que la semaine dernière les élèves du lycée de
Djibouti ont manifesté. les forces de l'ordre ont lancés des grenades
lacrymogènes sur les jeunes manifestants. L'objet de la manifestation
était une réponse à la diminution des bourses scolaires.

Les salaires des travailleurs et travailleuses ont également été
diminués. Dans ces deux cas (élèves et salariés) il s'agissait pour IOG
de récupérer de l'argent pour le donner à Igal, "président" du
Somaliland.

Ce dernier est arrivé vendredi à Djibouti pour signer un accord avec
M.Guelleh: la télévision djiboutienne en a diffusé des images. M. GUELLEH a déclaré a cet occasion: "aidons nos frères et soeurs de somalie, l'Europe c'est notre ennemi, c'est pour cela qu'on va faire partir les étrangers de la Mer Rouge, et on sera une grande Afrique de l'est, large et riche"( référence a la "grande somalie", projet avorté).

En fait, la population de Djibouti a faim et souffre. Nous demandons
toujours que la France prenne des décisions pour que l'aide française
soit suspendue, car elle n'atteint pas la population. M. GUELLEH va
jusqu'à demander de l'argent aux petits vendeurs de khat.

L'accord entre M.Guelleh et M.Igal est destiné empêcher l'opposition de
s'implanter au "somaliland", c'est la raison pour laquelle il recherche
de l'argent afin de donner des gages aux somaliens. M. GUELLEH voudrait que cet accord serve à neutraliser des opposants, comme il l'a fait avec l'Ethiopie (exemple: arrestation d'Amir, sur demande des autorités djiboutiennes).

voilà ce que je viens d'apprendre.

Amitiés,

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Réponse à la " famille Judiciaire " djiboutienne.

J'ai pris connaissance du communiqué de presse de la " famille judiciaire " (expression choisie par les intéressés) ainsi que d'un précédent communiqué publié dans la Liberté. Jusqu'aujourd'hui, je ne voulais pas engager de polémique avec cette " Famille Judiciaire ". Je ne pouvais rester impassible face à l'indécence et au culot de cette " Honorable Famille ".

Cette fois-ci, j'ai l'impression que c'est un communiqué de trop. Les avocats et les magistrats - c'est paraît-il leur profession- de cette famille aurait pu se taire et essayer de faire un véritable examen de conscience sur la manière d'exercer leur profession, sur les libertés individuelles qu'ils sont censés protéger et garantir. Sont-ils en mesure de se regarder dans une glace et de dire : " Chaque jour, je m'acquitte du mieux que je peux de ma mission, sans violer les droits les plus élémentaires et sans fermer les yeux sur les exactions quasi quotidiennes en matière de droits de l'Homme. J'attends vos réponses Messieurs !

A la lecture de ce communiqué, je me suis astreint à une gymnastique intellectuelle en essayant de me mettre à la place de l'une de ces personnes ( de la famille judiciaire) - chose très déplaisante-

je me suis télé déporté au sein du Palais de Justice de Djibouti. Et là, j'ai retrouvé cette atmosphère lourde et malsaine. On y voit de pauvres personnes déambulant à longueur de journée dans le maigre espoir de voir juger un jour leur cause. Entre ces ombres errantes, un observateur habitué assistera aux perpétuels marchandages. Dans un coin de bureau, le substitut de permanence marchande pour quelques milliers de francs Djibouti (1 franc français vaut 30 francs Djibouti) la liberté ou les poursuites contre les personnes. On peut quand même reconnaître un seul mérite : cette " famille " s'adapte aux capacités de chaque justiciable. Du plus petit employé au plus grand commerçant, tout le monde paye !

L'avocat, quand il ne spolie pas son client, s'adonne à son exercice favori d'intermédiaire entre le justiciable et le Juge. Cette fidèle description d'une tranche de vie, au Tribunal de Djibouti, nous donne une certaine idée de la " parodie de justice " qui s'y déroule et surtout de la grande intégrité de cette famille. Malgré tout cela, j'ai fait preuve de beaucoup d'indulgence en essayant de leur accorder les circonstances atténuantes. Je me suis dit, c'est certainement des personnes qui n'ont pas eu le courage - trait de caractère qui n'est pas donné à tout le monde - de résister aux différentes pressions et tentations.


En tout état de cause, ces personnes trahissent quotidiennement et apparemment sans le moindre remord leur serment d'exercer dignement et loyalement leur profession.

Consciemment ils sont devenus l'alibi judiciaire du régime en place.
A défaut de courage pour résister, ils auraient pu avoir au moins le courage et la décence de se taire. Un silence aurait pu peut être plaider pour eux. Ils ont voulu surenchérir en se comptant comme de véritables Pitbulls sortant griffes et canines pour protéger leur petit fond de commerce.

En essayant d'analyser le texte et surtout le terme " Famille " - dans ce contexte quasi maffieux- je ne pouvais m'empêcher de penser au Parrain de F.F COPPOLA. L'image de cette famille cimentée par une communauté d'intérêts et régie par ce fameux " code d'honneur ". Répondant à ces même règles, la famille judiciaire s'est levée comme un seul homme pour défendre " l'Honneur de la Famille ".

cette fois-ci, vous vous êtes complètement compromis et discrédités en vendant vos âmes et vos consciences. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Un petit sursaut peut encore vous sauver en dénonçant haut et fort les violations quotidiennes des droits de l'homme et en refusant d'être un instrument au service du pouvoir.

L'actualité est plutôt rassurante - pas pour vous- et nous porte à croire que la Justice (avec un Grand " J " et pas la votre) finit toujours par passer. En effet, un jour ou l'autre, il y aura toujours quelqu'un qui se lèvera pour vous demander des comptes. Ce jour, ne dites pas qu'on ne vous avait pas prévenu.


Un Djiboutien

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Impression des djiboutiens :

Les français sont des poules mouillées face au régime tyrannique - quel est le niveau de leurs intérêts ?

c’est grave qu’un ambassadeur de France puisse se permettre de mettre en cause un député français. Pour les djiboutiens, les français " ne sont que des poules mouillées devant le régime tyrannique de Djibouti ". C’est une plaisanterie qui circule. Personnellement je pense que les intérêts français à Djibouti sont tellement énormes que les français sont prêts à tirer un trait sur leur dignité. Mon avis est partagé par la quasi-totalité de la communauté française de Djibouti. Quels sont ces intérêts si énormes ? Personne ne sait.

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M. GUELLEH FAIT SES COURSES ....
Après les 4 véhicules blindés, il dépense des sommes
extravagantes
pour faire refaire le Palais Présidentiel.

Une énorme de quantité de mobiliers acquis dans le magasin ROMÉO de Claude Dalle (Galerie Élysées 26 - Champs Élysées) vient d'être expédiée à Djibouti sur les conseils du décorateur Yvan Silly. Nous ignorons encore le montant global de la commande, mais nous avons regardé les prix dans cette boutique. Un seul canapé est vendu autour de 100.000 FF.

Avec quel argent, le Gouvernement djiboutien a-t-il réglé les achats : les fonds du FMI ? Certainement pas avec l'argent des français, puisque le Ministère de la Coopération nous avait assuré qu'il connaissait la destination du moindre centime et qu'il suivait l'utilisation de chaque franc donné à Djibouti.

On peut quand même se poser des questions. N'est-il pas choquant de réaliser des achats somptueux avec l'argent d'un pays qui vit mal, où les salaires sont payés avec retard, etc...

 

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Nouvelle rubrique : L'HOMME OU LA FEMME DE LA SEMAINE.

OMAR FARAH : Chef des Gendarmes d'ALI SABIEH

Dans cette rubrique nous signalerons chaque semaine à l'opinion internationale, celle ou celui qui s'est distingué(e) soit pour soutenir la dictature, soit en violant les Droits de l'Homme : cruauté, tortures, exécutions sommaires, emprisonnements arbitraires, viols, assassinats, destruction de cheptels ou de point d'eau, destruction d'écoles ou de centres de soins, etc..

cette semaine, nous décernons la palme à OMAR FARAH le Chef des Gendarmes d'ALI SABIEH, qui a donné l'ordre de tirer sur une foule pacifique. Il est responsable de la mort d'un enfant de 13 ans et de 3 blessés.

Le choix a été difficile, car nous avions deux autres candidats :

  • Me WABAT, bâtonnier de Djibouti pour sa co-signatue du communiqué de presse de la "famille judiciaire",,
  • M Patrick ROUSSEL, Ambassadeur de France, pour les propos qu'il aurait tenu sur Maître Montebourg (mais il n'a pas encore confirmé officiellement ses propos, comme le lui demande le Ministre djiboutien des Affaires Étrangères pour clore l'affaire BORREL)

Le mois dernier, nous avions particulièrement remarqué l'action de Mme LEILA, juge d'instruction, qui dirige vers GABODE "à titre préventif" toutes les personnes qui déplaisent à Monsieur GUELLEH. Ensuite, sa mission exécutée, elle laisse dormir le dossier dans son bureau et le malheureux dans une geôle infâme.

Dans le passé, nous avions eu l'occasion de citer :

1 - Les tortionnaires actifs :

  • Colonel Mahdi Cheikh Moussa,
  • Lieutenant-colonel Hoche Robleh
  • Lieutenant Ladieh
  • Lieutenant Zakaria Hassan
  • Lieutenant Mohamed Adoyta
  • L'aspirant Haroun
  • Le sous-officier Naguib
  • L'adjudant Tane
  • Kalifa
  • Wagdi

2 - Les magistrats, aux ordres du régime :

  • Le Procureur Général de Djibouti : Ali Mohamed ABDOU
  • Le juge IYEH
  • Le juge Said ABKAR
3 - Les avocats, qui ont trahi leur serment :
    Maître WABAT DAOUD
    Maître Guy MONTAGNE
    Maître MARTINET
________________________________________________________
A tous nos lecteurs, merci à l'avance
:
    • de nous adresser des informations sur des personnages qui,
      à votre connaissance, se sont particulièrement distingués,

    • de nous envoyer, si vous en avez la possibilité, la photographie
      des personnes que nous citons. Ainsi, nous pourrons constituer le trombinoscope des suppôts de la dictature.
    • ________________________________________________________________

Nous conserverons leur dossier pour une future action pénale à leur encontre,
le jour venu. (Cf l'inculpation d'Hissen Habre au Sénégal pour tortures)

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29/01 LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS


Le Président : Noël Abdi Jean-Paul
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel : 253 357 804
Domicile Tel/Fax : 253 358 007


Djibouti, le 29 janvier 2000

COMMUNIQUE DE PRESSE
N5/LDDH/00 du 29 janvier 2000

Dans un reportage diffusé vers la mi-janvier sur la chaîne française Antenne 2, et réalisé en partie à l'intérieur du pénitencier de Gabode, on a pu suivre l'Interview télévisé de deux détenus politiques, aujourd'hui libérés après avoir purgé leurs peines de détention pour délits d'opinion et de presse. Cette incursion dans le temple de la répression du régime, la sinistre prison de Gabode où gisent plus de 60 personnes politiques, a plus que révolté une hiérarchie judiciaire qui cherchait visiblement le bon prétexte pour apporter son soutien au " premier magistrat de Djibouti, en l'occurrence le chef d'Etat ".

Pour cette " forfaiture de plus ", le régime semble quant à lui à faire payer les détenus politiques auxquels toutes visites, même muni d'une autorisation du Parquet est interdite. De plus, ils sont depuis plusieurs jours interdits de promenade et cloîtrés dans leurs cellules. Leurs familles qui n'ont plus le droit de visite sont parfois inquiétées et même arrêtées sans mandat légal comme oe fut le cas de Mme FATOUMA DABALE.Pour la LDDH cette manière de procédé en se retournant contre les prisonniers politiques relève d'une stratégie de chantage inadmissible contre laquelle, elle s'élève vigoureusement

C'est dans cette même logique que trois responsables du FRUD détenus depuis plus de 2 ans à Gabode : Med KADAMI, ALI Med MAKI et KAMIL Med KAMIL se sont vu délivrer une nouvelle inculpation dans une Affaire qui s'est déroulée alors qu'ils étaient déjà détenus. La LDDH est très inquiète pour la santé de certains d'entre eux malades, ou âgés et demande au Ministre do la Justice et des Droits de l'Homme de leurs accorder une attention particulière.

N.B. jusqu'aujourd'hui 29/01/00
Les prisonniers politiques sont sous haute surveillance.

Ligue Djiboutienne des Droits Humains
(L.D.D.H.)
Le Président

 

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BRUITS ET RUMEURS

D'APRÈS LE JOURNAL LA NATION, L'AMBASSADEUR DE FRANCE
A DJIBOUTI ( Patrick ROUSSEL) AURAIT ESTIME QUE
MAÎTRE MONTEBOURG EST L'INSTIGATEUR DE LA MISE EN CAUSE
DE M. GUELLEH DANS L'AFFAIRE BORREL ?

Extrait de la Nation qui relate une intervention publique de M. Ali Abdi FARAH, Ministre djiboutien des Affaires Étrangères, de la Coopération Internationale et des relations avec le Parlement.

"... Donnant des informations concernant la France, le Ministre a dévoilé que l'incident entre Djibouti et la France (Aff. BORREL) serait clos, à la condition que l'Ambassadeur de France à Djibouti officialise les propos qu'il a tenu à Mme Marianne GOURMANEH qui assurait l'intérim du Secrétaire Général.

Dans sa conversation en privé, l'Ambassadeur aurait soutenu que "Montebourg et les autres se trouvaient derrière tout ça" ....

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L'affaire est importante et le scandale pourrait être conséquent.

Ou bien l'Ambassadeur de France se plie aux exigences du Ministre djiboutien des affaires étrangères et il confirme avoir tenu de tels propos sur un député français, avocat et Président de l'Amicale Parlementaire franco-djiboutienne. Dans ce cas

  • l'Ambassadeur de France aurait outrepassé son rôle,
  • obligeant la France à se conformer aux exigences du dictateur.

Ou bien l'Ambassadeur sera contraint de démentir officiellement les propos qui lui sont prêtés dans La Nation. Ce qui ne sera pas plaisir à M. GUELLEH et contribuera à renforcer sa colère actuelle contre la France.

En matière judiciaire, on se peut se poser la question de savoir qui peut mettre un terme à une affaire pénale. Est-ce la victime ou le coupable potentiel / présumé ? Il ne faut pas inverser les rôles. Dans la majorité des cas connus, le coupable potentiel est jugé et c'est la justice qui établit la culpabilité ou l'innocence. Nous n'avons jamais eu connaissance de cas où le coupable aurait pu décider lui-même ... de mettre un terme à une affaire pénale.

Mais la justice à Djibouti est si particulière .....

(A suivre sans aucun doute)

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L'HUMEUR DE M. GUELLEH n'est pas bonne !
d'après des sources sérieuses, il serait très ennuyé par l'affaire BORREL et par l'étau judiciaire qui pourrait se resserrer autour de lui. Il serait de très mauvaise humeur et son mécontentement se traduirait dans la dégradation des relations franco-djiboutiennes.

Il recevra quand même le directeur de Cabinet de M. Ch. Josselin à la fin de la semaine.

Qu'il se rassure, la France a déjà fermé les yeux sur des affaires graves ...
Elle continuera à le soutenir financièrement et généreusement pendant longtemps...
On ne va pas lui en vouloir pour la simple raison qu'il aurait pu "commanditer" l'assassinat d'un de nos compatriotes et juge de surcroît ... !!

Entre la France et Djibouti, il y aurait certainement des "cadavres dans le placard" et des intérêts considérables en jeu ...

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RÉUNION DJIBOUTIENNE
A PARIS CETTE SEMAINE DANS LA DISCRÉTION ?

On nous signale que plusieurs proches de M. GUELLEH sont à PARIS, cette semaine pour des discussions avec des partenaires français. Ces réunions auraient été organisées dans la plus grande discrétion. Aucune information n'a filtré. Notre enquête aboutirait au fait qu'un Ministre aurait pu voyager sur Air France sous un autre nom. Il était à Paris, mais il ne figure pas sur les listes de passagers d'Air France ?

La délégation séjourne à l'hôtel Méridien de la porte Maillot depuis dimanche dernier (30 janvier). Même si tous les participants ne sont pas enregistrés sous leur véritable nom. Ils occupent les chambres 1..... à 1..... (*). Ces chambres sont payées par l'Ambassade de Djibouti à Paris.

Il s'agit de

ALI GUELLEH, chef de Cabinet de la Présidence. Il s'est occupé autrefois de la reconstruction dans le Nord. Il a été l'un des artisans de l'arrestation en Éthiopie. de Mohamed KADAMY et des autres résistants. Il aurait détourné à son profit les sommes destinées aux réfugiés djiboutiens en Éthiopie.

DJAMA, ancien directeur du PK 20 où des montants très importants ont été engloutis et pas toujours perdus pour tout le monde. Il est aujourd'hui l'intendant de M. GUELLEH et il fait partie de la SDS.

DI LEYTA, Ambassadeur de Djibouti en Ethiopie, ancien consul de Djibouti à Paris. Son frère Aden DILEYTA a été exclus du PNUD où il était chef de projet, pour détournement de fonds...

Hassan SAID, chef de la SDS. Le témoin réfugié à Bruxelles l'a cité avec précision dans l'affaire BORREL.

Bara GOÏTA , titulaire du monopole du sel à Djibouti.

Ces personnages extrêmement riches (grâce à l'argent des djiboutiens et des subventions internationales) ne sont pas tous extrêmement recommandables au vue de leur C.V.

on peut se demander les raisons de leur présence à Paris depuis une semaine et de leur discrétion en ce qui concerne le fait de s'enregistrer sur Air France et à l'hôtel Méridien sous des noms qui ne sont pas toujours les leurs.

Sont-ils venus pour recoller les morceaux entre Paris et Djibouti, pour traiter des affaires importantes voire même acheter des armes ? Toutes les hypothèses sont permises.

 

(*) Il n'est d'aucun intérêt de publier les numéros exacts de leurs chambres.

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NOUVELLES BRÈVES ET REVUE DE PRESSE

La visite du député Jean-Michel BOUCHERON le 6 février.
(Source : La Lettre de l'Océan Indien - LOI)

Le député socialiste d'Ile et Vilaine Jean-Michel BOUCHERON doit se rendre le 6 février à Djibouti pour rencontrer les forces françaises.

A cette occasion, l'ARDHD lui a adressé personnellement
le message suivant :

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Monsieur le député,

nous avons appris dans la Lettre de l'Océan Indien que vous alliez effectuer une mission à Djibouti. Comme vous le savez la situation des Droits de l'Homme y est catastrophique et notre Association pour le Respect des Droits de l'Homme essaye d'intervenir à chaque alerte.

Pour votre information, je prends la liberté de vous adresser le numéro 14 et les trois derniers numéros de notre hebdomadaire "LA LIBERTÉ". Il s'agit d'un journal que nous réalisons et que nous publions, puisque le Gouvernement de M. GUELLEH a interdit toute la presse d'opposition et qu'il a fait emprisonner tous les journalistes (certains ont été libérés depuis, mais leurs journaux sont interdits)

1 - Le cas de l'Avocat AREF MOHAMED AREF est très préoccupant. Vous trouverez dans le numéro 16, la copie de la lettre qui a été envoyée (sans réaction à ce jour) à Monsieur Lionel JOSPIN.
La liste et la qualité des signataires renforcent la crédibilité de la démarche. Maître AREF est vice-président de l'UIDH et il est proposé pour l'attribution du Prix Ludovic TRARIEUX décerné tous les deux ans par l'Institut des Droits de l'Homme du Barreau de Bordeaux.
Pour mémoire, le premier prix avait été attribué à Nelson Mandela. Maître AREF a la double nationalité française et djiboutienne. Son passeport djiboutien lui a été confisqué par M. Guelleh.
Il est interdit d'exercer (radié à vie du Barreau), sa maison est cernée par la police. Il a échappé à deux tentatives d'assassinat à l'arme blanche...

2 - nous nous sommes souvent interrogés sur l'aide que les forces françaises apporteraient directement ou indirectement à l'Armée djiboutienne dans sa lutte sanglante et fratricide contre les résistants Afars dans le Nord de Djibouti ? L'accord "secret" de défense signé en Novembre entre Djibouti et l'Éthiopie doit poser un problème à nos forces armées.(Voir numéro 14)

3 - Il y a aussi le cas des 40 prisonniers politiques emprisonnés illégalement et sans jugement depuis plus de 27 mois.

Si vous le jugiez utile, je suis à votre disposition pour vous adresser toutes les informations qui seraient nécessaires à la préparation de votre séjour. Bien
cordialement

Jean-Loup SCHAAL

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LA LIBERTÉ : une progression importante
des connexions en janvier 2000.

Malgré un démarrage assez lent (fêtes de fin d'année), nous avons retrouvé un niveau d'audience très supérieur à partir du 10 janvier. Au total, le nombre de connexions est en augmentation de 10 % par rapport à décembre 1999, qui avait été un mois record.

Un grand merci à tous ceux qui nous lisent et qui nous font connaître. LA LIBERTÉ est devenu grâce à vous le site d'information le mieux documenté sur Djibouti et sur la situation des Droits de l'Homme. Parmi nos lecteurs, des hommes politiques français et djiboutiens consultent le site très fréquemment.

L'accès à notre site à partir de Djibouti est régulièrement interrompu (censuré) par le régime dictatorial, puis rétabli ensuite. L'information passe quand même. Nos abonnés reçoivent chaque samedi leur exemplaire dans leur boite E-Mail qui est souvent gérée sur un serveur à l'extérieur de Djibouti et donc impossible à censurer.

------------------------------------------------------- Sommaire ---------------------------------------------------------------- 27/01 : DISPARITION de Jean-Claude Izzo
Écrivain militant et voyageur
"L'ECRIVAIN Jean-Claude Izzo est mort, mercredi 26 janvier, à Marseille. Né en 1945 dans la cité phocéenne, fils d'un barman italien et d'une couturière espagnole, Jean-Claude Izzo est muni d'un CAP d'ajusteur-tourneur-fraiseur lorsqu'il devance l'appel pour effectuer son service militaire à Djibouti, afin de " voir la mer Rouge et la maison de Rimbaud ". Démobilisé, il rôde un an en Éthiopie. ... "

Extrait LE MONDE / 27 Janvier 2000 / Page 27

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Le directeur de Cabinet de ch. JOSSELIN à DJIBOUTI dimanche prochain ?

nous sommes informés d'un projet de voyage du directeur de Cabinet de M. Josselin dimanche prochain à Djibouti. A-t-il pour mission de recoller les morceaux entre Paris et Djibouti, après le refroidissement des relations suite à la mise en cause directe de M. Guelleh dans l'assassinat du juge BORREL.

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INCULPATION POUR TORTURE
DE L'ANCIEN PRÉSIDENT DU TCHAD

nous apprenons que la justice sénégalaise a inculpé l'ancien Président du Tchad, Hissen HABRE, pour tortures. C'est la première fois qu'un Président africain est inculpé pour tortures et pour crimes commis sous son autorité. Il est à noter que cette inculpation a été prononcée par un tribunal africain.

Hissen Habre était réfugié au Sénégal depuis 9 ans. Comme nous ne cessons de le répéter dans notre journal, l'impunité des dictateurs n'est plus garantie. Bien au contraire, la justice internationale progresse rapidement et le cas d'Hissen HABRE devrait être suivi par d'autres .....

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RFI DE NOUVEAU CENSURE A DJIBOUTI.
Certains internautes djiboutiens auraient été convoqués par la police et interrogés
après avoir essayé de contacter notre site.

M. GUELLEH poursuit sa lutte contre les journalistes et contre les médias. Après avoir interdits tous les journaux de l'opposition à Djibouti, après avoir interdit tous les journaux de l'opposition, après avoir fait arrêter un journaliste en Éthiopie., dont nous sommes sans nouvelles depuis plusieurs mois, il censure les médias étrangers.

  • RFI est fréquemment suspendu d'émission,
  • L'accès à notre site INTERNET depuis Djibouti est fréquemment coupé,
  • Les journaux comme Le Figaro ou Le Monde ne sont pas mis en vente,
    selon le bon vouloir du Président,
  • ......

Certains internautes djiboutiens auraient été convoqués et interrogés par la SDS, après avoir essayé de se connecter à notre site.

Et certains magistrats / avocats voudraient nous faire croire qu'il s'agit d'un État de Droit .....

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29/01 SURVIE Rhône
" Donner valeur de loi au devoir de sauver les vivants "
(116 Prix Nobel)
2, place Sathonay - 69 001 LYON - FRANCE
Tél. : (33) 04 78 39 12 56
http://www.globenet.org/survie

Dossier de presse
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Communiqué de l'association SURVIE Rhône, organisatrice de la manifestation

Ne laissons pas faire du Congo-Brazzaville
un second Rwanda ...
Manifestons pour la paix
et la démocratie au Congo-Brazzaville

A Lyon, rassemblement à la porte Duquesne du parc de la Tête d'Or,
(au bout de la rue Duquesne,
Bus 27 et 36 arrêt Félix Jacquier ou Métro, ligne A, station Masséna)
le samedi 5 février 2000 à 14h00

- Contre le soutien de la France à un régime criminel au Congo-Brazzaville,
- Pour une solution négociée à ce conflit, pour mettre fin aux souffrances des Congolais,
- Contre la politique actuelle de la France en Afrique et les pratiques d'Elf, "État dans l'Etat" en Afrique,
- Pour la transparence des relations franco-africaines et un contrôle international des activités des compagnies pétrolières dans les pays producteurs,
- Contre les guerres secrètes menées avec des (vrais-faux) mercenaires.

Appellent à cette manifestation

(non exhaustif) :
Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme
ATTAC Rhône (Action pour la Taxation des Transactions financières
pour l'Aide aux Citoyens)
Alternatifs du Rhône
ALTAIR (association pour le développement des étudiants de l'ISARA)
FCDS (Fédération Congolaise pour la Démocratie et la Solidarité)
Ligue des Droits de l'Homme-fédération du Rhône
MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violence)
Survie
Unef-Id, Unef Lyon
Union Européenne des Fédéralistes et Fédéralistes Mondiaux Rhône-Alpes
Tous Horizons (association des amis de l'IDH)
les Verts Rhône
Vétérinaires Sans Frontières...

Survie Rhône est une représentation locale (dans l'agglomération lyonnaise) de l'association française Survie (57, avenue du Maine, 75 014 Paris - Tél : 01 43 27 03 25 - Fax : 01 43 20 55 58 - Courriel : survie@globenet.org)

Motivations

Au Rwanda en 1994, La France soutenait un régime génocidaire.

Aujourd'hui, au Congo-Brazza, la France (ses autorités, la société Elf...) est compromise dans une guerre civile par son soutien diplomatique, militaire et financier à Denis Sassou Nguesso. Celui-ci mène une politique de tueries et de viols systématiques, y compris à caractère ethnique, qui relève clairement selon nous du crime contre l'humanité.

En 1996, Sassou Nguesso, général-policier formé par la Stasi qui sema de complots et d'assassinats l'histoire de son pays, était à Paris pour préparer sa reprise armée du pouvoir.

En 1997, Denis Sassou Nguesso a repris le pouvoir par les armes avec l'aide de ses milices (cobras), de mercenaires (dont des militaires français ayant démissionné la veille de leur contrat au Congo-B) et de troupes étrangères (angolaises, tchadiennes, Rwandaises du Hutu power génocideur en 1994...). Ne pouvant pas payer ses milices, il les a autorisées à piller la population pendant un certain temps. Les Congolais ont vu leurs compatriotes (cobras) et des étrangers (du Congo-Kinshasa...) piller leur maison avec l'autorisation du général Sassou Nguesso, et ramener ce butin dans leur pays.

Par cette guerre de conquête du pouvoir, le général Sassou Nguesso a achevé la mise à mort en 1997 d'un processus de démocratisation, pour se placer à la tête de l'Etat et remplacer la constitution du Congo-Brazza par un "acte fondamental" caractéristique d'un régime autocratique. "Le Général Sassou-Nguesso cumule les fonctions de Président de la République, chef de l'Etat avec celles de chef du Gouvernement, Ministre de la Défense et chef Suprême des Armées" (FIDH/OCDH, Congo-Brazzaville, l'arbitraire de l'Etat, la terreur des milices 17/06/1999).

Depuis décembre 1998, les massacres se sont multipliés, provoquant des dizaines de milliers de morts et la fuite de centaines de milliers de personnes dans les forêts. Beaucoup de ces déplacés sont morts ou meurent encore, faute de nourriture et de soins. Même s'il faut se méfier des comparaisons et ne pas exonérer les milices de Lissouba et de Kolélas de leurs exactions, les événements placent Denis Sassou Nguesso du coté des Milosevic.

Nous dénonçons la fausse morale brandie par nos dirigeants qui recourent aux droits de l'Homme pour condamner un Milosevic et qui, dans le même temps, soutiennent un Sassou Nguesso. Nous dénonçons une politique assujettie aux intérêts pétroliers.

Il ne s'agit pas bien sûr, à travers cette manifestation, de nous prononcer pour l'un des trois belligérants de ce conflit (Denis Sassou Nguesso - milices Cobras -, Pascal Lissouba - milices Cocoyes -, Bernard Kolelas - milices Ninjas -). Chacun d'eux porte sa part de responsabilité dans le drame que vivent les Congolais. Mais nous n'acceptons pas que la France soutienne un chef d'Etat autoproclamé, en feignant de croire à la possibilité d'un "passage en force de la démocratie" au moyen du crime contre l'humanité. Nous refusons également à la société Elf la liberté d'organiser des coups d'Etat en Afrique et de financer des régimes en guerre civile qui s'arment jusqu'aux dents. Avec l'appui d'autres pays européens qui se sentent concernés par l'avenir du Congo-Brazzaville, la France a tous les moyens de faire pression pour une issue négociée du conflit en cours. Mais cette voie-là, plus digne de notre pays, ne sera prise que si la population et les élus contribuent à faire échec aux vieux réflexes coloniaux.

Situation humanitaire

" [Entre décembre 1998 et mai 1999], dans les régions du Sud-Ouest du pays, du Pool et à Brazzaville, où des combats atroces ont lieu, des violations graves des droits de l'Homme et des règles élémentaires du droit international humanitaire ont été commises par les belligérants sur des civils non armés. Ceux-ci ont été pris pour cible en raison de leur sympathie réelle ou présumée à l'égard de l'une ou l'autre partie au conflit. Ces exactions sous forme d'exécutions arbitraires et extrajudiciaires massives, de viols et pillages ont forcé les populations civiles à un exode massif dans des conditions matérielles et sanitaires difficiles, à travers forêts et savanes en direction de Pointe-Noire, Brazzaville Nord, ou encore en République Démocratique du Congo (RDC), notamment dans les localités du Bas-Congo et à Kinshasa.
[...] Ces exactions ont été perpétrées par des fanatiques armés dirigés par des seigneurs de guerre et militaires professionnels conscients de leurs actes." D'après la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH) et son affiliée, l'Observatoire Congolais des Droits de l'Homme (OCDH), Congo-Brazzaville, l'arbitraire de l'Etat, la terreur des milices 17/06/1999.

"D'après un premier rapport des organismes de l'ONU sur place début octobre, il y aurait actuellement 610 000 personnes déplacées, soit près d'un quart de la population congolaise. 140 000 d'entre eux errent depuis 6 à 9 mois dans la région du Pool, fuyant les différents miliciens. Quand ils arrivent à atteindre Brazzaville, ils sont souvent dans un état désastreux. Il y aurait par ailleurs 440 000 déplacés dans le reste du pays, notamment dans les forêts entre Dolisie et Pointe-Noire." D'après Henrik Lindell (Témoignage Chrétien 04/11/1999).

 

La France n'est pas loin derrière cette guerre (les 3 " E ")

Elf :
Avec Elf d'abord, qui a abondamment financé l'armement de Sassou Nguesso (après avoir financé l'armement de son prédécesseur Pascal Lissouba), et dont le PDG est allé féliciter Sassou Nguesso de sa victoire avant même sa prise de pouvoir. Dès juin 1997, le Canard Enchaîné révélait l'action d'Elf au Congo-Brazza, notamment dans le transit des armes qui ont provoqué une guerre ayant fait plus de 10000 morts. (Voir infra, page 3).

Elysée :
La diplomatie ensuite. Par exemple, le 30 juin 1998, Jacques Chirac déclare à Luanda : " je me suis réjoui de l'intervention de l'Angola au Congo-Brazzaville, pour la raison simple que ce pays était en train de s'effondrer dans la guerre civile, de s'auto-détruire, et qu'il était souhaitable que l'ordre revienne. Il y avait quelqu'un qui était capable de le faire revenir, c'était Denis Sassou Nguesso.[...] Denis Sassou Nguesso s'est engagé à mettre en œuvre le processus de démocratisation dans un délai maximum de 2 ans ". Le délai est aujourd'hui écoulé et les populations réfugiées par centaines de milliers dans la forêt sont en train de périr de faim et de maladie.

Dès l'automne 1997, les plus hautes autorités de notre pays ont renoué avec le gouvernement issu de la guerre, sans aucune garantie de respect des libertés démocratiques et des droits de l'Homme. Peu avant, la PME Geolink procurait une centaine de mercenaires (canard enchaîné 11/06/97)... L'Elysée cherchait des instructeurs (la Lettre du Continent 19/06/97). A l'automne 1998, l'ambassadeur de France à Brazzaville a fait don à l'armée congolaise de 71 véhicules destinés à transporter des troupes ; en novembre, le ministre de la coopération, Charles Josselin, remettait 500 000 000 francs CFA non remboursables au Congo-B, destinés à relancer la coopération officielle avec Sassou Nguesso (d'après Noële Mamère in Témoignage Chrétien, le 18/02/99). En juillet 1999, Jaques Chirac aurait même demandé à Michel Camdessus, directeur du FMI, d'intervenir pour que le Congo-B soit désormais considéré comme pacifié (d'après La lettre du continent).

 

Etat-major :

Les Transall de l'armée française n'ont cessé de livrer des armes à la faction au pouvoir. Selon La Lettre du Continent du 1° juillet, la France a financé avec l'argent du Fonds d'aide et de coopération (FAC) l'intervention d'au moins 80 officiers et sous-officiers français. De surcroît, une opération officieuse HADES dirigée par deux militaires français "retraités", Marc Garibaldi et Bernard Daviet, aurait recruté 25 sous-officiers français pour encadrer 600 soldats congolais. Le financement serait passé par la banque FIBA - d'Elf - et Omar Bongo (Président gabonais et gendre de Sassou Nguesso). De leur côté, les opposants au régime dénoncent l'intervention de légionnaires français dans le "maintien de l'ordre".

" Dans les états-majors français, on a du mal à cacher le parti pris en faveur de Denis Sassou Nguesso. Selon les services de renseignements français, les "cobras " de M. Nguesso ont pu disposer d'armements lourds et individuels en provenance de plusieurs Etats africains proches de la France, comme le Gabon. Les mêmes sources françaises laissent entendre que ces milices ont pu, grâce à des circuits de financement occultes fréquents dans les milieux pétroliers, acheter des matériels en Europe. " (le Monde, 17/10/97).

Une action clandestine directement branchée sur l'Elysée : c'est avec ce genre de scénario que la France s'est retrouvée, en 1994, au cœur de l'apocalypse rwandaise.

" La France maintiendra en Afrique une présence stabilisante et utile "
Hubert Védrine, interview au Monde du 29/08/97

Des groupes français qui financent...

Elf :


A Elf, les personnes qui détiennent réellement le pouvoir de "tirer les ficelles" en Afrique, passeraient plus de temps à vendre des armes qu'à s'occuper de pétrole. Cette entreprise, truffée d'(ex-)agents secrets, a été fondée dans l'optique de manipuler les pouvoirs politique africains pour confisquer discrètement les indépendances proclamée.

Les juges Joly et Vichnievsky, lors d'une perquisition à la tour Elf en 1998, ont saisi des documents (des notes d'un officier des services secrets français) prouvant que les réseaux de Pasqua mettaient en place, déjà en 1991, avec Alfred Sirven (Elf) et le Gabon, des commandos de mercenaires pour renverser la Conférence Nationale Souveraine (CNS) qui devait tenter de mener ce pays à la démocratie... et imposer aux congolais Sassou Nguesso, plusieurs fois rejeté par les urnes.

Le 4 juin 1997, la veille du déclenchement des hostilités, 25 tonnes de fret aérien dissimulant des armes, parti de Paris, transitent au Gabon... Destination Brazza. (Canard enchaîné du 13/08/1997)
Intervention des troupes angolaises: Des bateaux-navettes ordinairement utilisés par Elf ont débarqué des unités angolaises et des cobras de Nguesso pour s'emparer du Port de Pointe-Noire, centre névralgique de l'exploitation pétrolière (Canard enchaîné du 22/10/1997)

" Pascal Lissouba [le président renversé] est aussi un vétérant de l'ancien régime, blanchi par la CNS [conférence nationale souveraine]. [...] Il parvient à desserrer l'étau financier en mettant Elf en concurrence (ô sacrilège !) avec des pétroliers américains. Il obtient ainsi que la part des recettes pétrolières reversée à l'Etat congolais passe de 17 % (sous Sassou) à 33 %." (Dossier Noir n°12, de Survie, p 85, novembre 1998). cette donnée aurait-elle été déterminante ?

Fin 1998, un haut responsable d'Elf est interpellé dans l'émission Capital, sur M6 : " c'est quand même malheureux qu'ils [les Brazzavillois] se soient massacrés avec notre argent ! ". C'était le 29 novembre, trois semaines avant des massacres encore plus épouvantables. Réponse de Monsieur Elf : " Dans ce cas, oui, c'est un gâchis. Mais nous ne sommes pas des sentimentaux ! nous sommes des gens réalistes, qui gagnons de l'argent : avec qui, ça nous est égal ".

" Lissouba a porté plainte contre Elf au tribunal de grande instance de Paris pour complicité de destructions, d'homicides (5 à 15 000 civils), actes de terrorisme et association de malfaiteurs. Il accuse Elf d'avoir financé une guerre civile dont il estime le coût, pour le camp Nguesso, à plus de 100 millions de dollars. Il demande l'examen de la comptabilité d'Elf et notamment de sa banque très privée, la FIBA. [...] Il ne manque pas de documents compromettants. Lui aussi arrosé par Elf, il connaît parfaitement les circuits financiers de la corruption. " ("la Françafrique..." de F.X Vershave, stock, 1998, p 315).

Selon un député français, depuis 1997 "au Congo-Brazzaville, chaque balle a été payée par Elf".
Reconnaissons à Elf une relative impartialité : cette société a financé tous les camps en conflit aujourd'hui.

Paribas :


Début 1999, juste après les massacres de Brazzaville, Paribas a consenti un crédit de 30 millions de dollars au régime Sassou. En septembre, avec la remontée du prix du baril, Brazzaville s'apprêtait à recevoir dans des banques françaises d'importantes rallonges financières, de plusieurs centaines de millions de francs. Paribas était encore de la partie avec un montage sophistiqué d'un demi-milliard, dont 300 millions à décaissement rapide (Montage financier Paribas ; 180 millions FF de dettes auprès de l'assistance publique ; 50 millions $ de Paribas, in LdC des 01/04, 16/09 et 30/09/1999).
Jean-Marie Tassoua, le " général Giap ", fidèle de Sassou, ex-directeur des assurances congolaises, ancien de Paribas, admet qu'en janvier 1995 son leader lui a confié la délicate charge de " traficoter un peu pour s'armer. En Angola, en Afrique du Sud, en Namibie ou en France, ce sont surtout les relations du président qui nous ont permis de gagner la guerre " (Cité par Caroline Dumay, La percée du Giap congolais : de la banque à la kalachnikov, in Le Figaro du 20/10/1997).

Bolloré :


" Vincent Bolloré, que l'on surnomma le "petit prince du cash-flow" ne néglige pas l'arme des services secrets : il a fait entrer dans le conseil d'administration de sa filiale Saga, l'aventureuse monture de Pierre Aïm (fastueux brasseur d'affaires de Sassou Nguesso et Idriss Déby, entre autres), un ancien ponte de la DGSE : Michel Roussin, qui fut également le grand argentier de Jacques Chirac et un ministre de la Coopération branché" (Dossier Noir n°12, de Survie, p 172, novembre 1998).

Suite à sa vertigineuse ascension, le groupe de Vincent Bolloré est maintenant surnommé le "Dernier empereur d'Afrique" : dans les transports maritimes et ferroviaires, les ports, le tabac, le bois exotique, le cacao, le caoutchouc, le coton, etc. Quelques précisions sur Michel Roussin : ancien haut responsable de la DGSE, grand ordonnateur du financement politique de Jacques Chirac, ministre de la Coopération branché sur les "services" et la GLNF, VRP de luxe du patronat. Aïm a communiqué à Bolloré son attachement aux présidents-généraux Déby et Sassou N'Guesso.


Et nos communicants...
Le tout dans un silence mêlé de désinformation diligentée par nos communicants avec les officines de MM. Attali, Blanchard, Saussez qui prospèrent ainsi sur le dos du peuple congolais.

La Françafrique, Jacques Foccart, Elf

Extraits de : "la Françafrique, le plus long scandale de la République" de François-Xavier Vershave, édition stock, 1998 (François-Xavier Vershave est président de SURVIE) :

p 175 : La Françafrique. "La Françafrique désigne une nébuleuse d'acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisée sur l'accaparement de deux rentes : les matières premières et l'aide publique au développement. La logique de cette ponction est d'interdire l'initiative hors du cercle des initiés. Le système, autodégradant, se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie. Le terme évoque aussi la confusion, une familiarité domestique louchant vers la privauté."

"L'expression a jadis servi dans la bouche de grands "amis de la France " et de Jacques Foccart, tels Félix Houphouët (en 1955) ou Omar Bongo : c'était une sorte d'invitation à une Communauté néocoloniale idéale. On ne sait s'ils en percevaient la signification homophone : France-à-fric."

"Il est difficile à certains moments de savoir qui tire les ficelles de qui : Foccart, Houphouët, Bongo, Elf, les " services ", les mercenaires hors ou sous contrôle ? La pratique foccartienne des relations franco-africaines a engendré un ensemble flou, une structure molle. Nous l'avons appelée la Françafrique."

"Avec la mort de Foccart [en 1997], l'opportunité est belle d'occulter sous un nouveau camouflage le pouvoir de la Françafrique. Il suffit de proclamer non seulement la fin du réseau Foccart, mais, au prétexte qu'il serait inimitable, la fin des réseaux françafricains. Le discours est à la mode. N'est-il pas mystificateur ? Les gouvernants ont-ils renoncé à " s'appuyer sur un ensemble de réseaux, d'amitiés et de complicités tels qu'on ne sache jamais où commencent et finissent, s'excluent, se contredisent, s'impliquent ou se complètent l'action occulte et la politique officielle ", une belle définition du flou foccartien proposée par le gaulliste Pierre Dabezies, ancien ambassadeur au Gabon ? (Cité par Pierre Péan, Foccart parle, II, p. 450)"

Triangle des trois " E ",

La politique africaine de la France est toujours prisonnière des trois E (Elf, Elysée, Etat-major). Elle est l'héritière néocoloniale de Jacques Foccart qui a œuvré durant toute sa carrière de Monsieur Afrique de l'Elysée, de 1958 à 1997 (avec quelques interruptions), à la confiscation des indépendances des ex-colonies. Toujours prompts à soutenir les pires tyrannosaures "amis de la France", tant financièrement que militairement ou par du lobbying auprès des institutions internationales, certains réseaux politiques, industriels et militaires ont pillé les ressources du sol africain, déclenché ou soutenu des massacres, instrumentalisé l'ethnisme. Le lubrifiant de ces mécanismes est "l'Aide Publique au Développement" (APD), dont moins de 5% sert à lutter contre la pauvreté. L'APD permet à la France de maintenir en place des dictatures aux abois (aide structurelle), d'amnistier certains détournements des prêts (effacement ou rééchelonnement de la dette), le tout revenant financer nos partis politiques et la corruption via les paradis fiscaux.

Tout ceci continue grâce à la confusion soigneusement entretenue entre public et privé. La France peut ne pas revendiquer sa politique africaine réelle, et laisser faire ses réseaux, avec ses personnalités dominantes :
- Paul Barril, Bob Denard et leurs réseaux, pour les interventions armées,
- des militaires "retraités",
- les réseaux Pasqua (père et fils), Jean-Christophe Miterrand (fils de François), Elf, Bolloré...
- les agents secrets (ou ex) travaillant pour ces réseaux...

C'est sans doute pourquoi la France :
- ne ratifiera le traité créant la Cour Pénale Internationale qu'en ayant recours à son article 124 (optionnel) lui réservant la possibilité d'exonérer ses ressortissants de crimes de guerre; à ce jour, aucun autre État n'aurait encore eu recours à cet article introduit dans le texte du traité à l'initiative de la France,
- n'a toujours pas ratifié la Convention internationale de l'ONU contre le recrutement, l'utilisation, le financement et l'instruction de mercenaires adoptée le 4 décembre 1989.

A lire également

- Le Dossier Noir de la politique africaine de la France n°12 de Survie : "la sécurité au sommet, l'insécurité à la base..." chez l'Harmattan:
p81 à 102 : Chapitre très instructif sur le Congo-Brazza. Cf. également: p 172, 176, 215 à 216.
p 88 : " [Le mystérieux accord de défense franco-gabonais] autorise les troupes françaises, sous couvert de manœuvres conjointes franco-gabonaises, à évoluer avec tous leurs équipements à proximité de la frontière congolaise. Une telle manœuvre, "Koubia", a eu lieu à la fin de l'été 1997. Elle a permis de masquer le soudain apport à Sassou de considérables renforts extérieurs, notamment l'entrée de chars de combat."

- Le rapport parlementaire (n° : 1859) "Pétrole et éthique : une conciliation possible ?" des députés MH Aubert (Verts), P Brana (PS) et R Blum (UDF) :
p 30 : "La mission a, quant à elle, constaté que la plupart des grands groupes pétroliers anglo-saxons se sont dotés de codes de conduite. [...] Les groupes anglo-saxons sont plus avancés et plus ouverts en ce domaine que les compagnies pétrolières françaises probablement parce que la capacité de mobilisation de la société civile dans le Nord de l'Europe et aux Etats-Unis rend toute atteinte à leur image commercialement pénalisante."
p 124, à propos des accusations portées par quatre ONG (agir Ici, Survie, la CIMADE, Frères des Hommes) sur le rôle de la France au Congo-Brazza : "N'ayant pu obtenir les télégrammes diplomatiques demandés en vain, la mission n'a pas été en mesure de vérifier ces allégations extrêmement graves mais a estimé devoir en faire état." et : "La mission considère qu'il est plus que temps que la communauté internationale se préoccupe de la situation au Congo-Brazzaville et que les autorités françaises explicitent leur politique dans ce pays."
p 147 à 152 : chapitre sur le Congo-Brazzaville.

Pour commander ce rapport : envoyer un chèque de 108 F (80F + 28 F de port) au Kiosque de l'Assemblée nationale, 4 rue Aristide-Briand, 75007 Paris.

Plus qu'une marche : une visite guidée de la Françafrique... à coté de chez vous

Venez visiter la Françafrique !

Malgré l'éloignement apparent des enjeux de la Françafrique, il faut savoir qu'elle est souvent plus proche de nous qu'on le pense... Que l'on songe aux différents scandales liés au financement des partis politiques français ou aux ramifications de l'affaire Elf ! "Les corrupteur sont devenus des corrompus, risquant ainsi de mettre en péril les fondements même de la démocratie." (rapport parlementaire n° 1859, "Pétrole et éthique", p 20).

Le parcours de cette manifestation a été choisi en vue d'interpeller, à travers ses représentants locaux, quelques-uns des pivots de la criminelle nébuleuse d'acteurs qui interviennent au Congo-Brazza.

Ainsi, nous ferons des haltes devant des représentations des sociétés Elf et Paribas, au Consulat du Congo, à l'Hôtel du gouverneur militaire et à la Préfecture.

A chaque halte, nous remettrons ou ferons remettre aux interlocuteurs visés un objet symbolisant notre volonté de les voir changer de politique et de pratiques :


- au gouverneur militaire, une médaille du déshonneur, pour dénoncer le comportement de l'Etat Major et de ses militaires (entraînant les mercenaires) dans le conflit au Congo-Brazzaville et d'autres conflits africains. Nous estimons en effet que l'armée, par son implication directe et indirecte dans plusieurs guerres, par son soutien à des dictatures ruineuses voire sanglantes, par sa complicité dans le génocide rwandais de 1994 a gravement déshonoré la France (cf. le chapitre précisément intitulé " Les champs du déshonneur " in "la Françafrique..." de F.X Vershave, stock, 1998).