LA LIBERTÉ N° 19

Journal indépendant de tous les Djiboutiens de l'opposition.

ALERTE URGENTE
POUR SAUVER UN BÉBÉ DJIBOUTIEN DE 4 MOIS
QUI SOUFFRE D'UNE TUMEUR AU CERVEAU A ÉVOLUTION RAPIDE
Nous avons besoin de votre aide - Cliquez ici

Toutes les informations que le régime dictatorial
de M. Guelleh cherche à cacher.

AVERTISSEMENT : la reproduction de nos articles est autorisée, (à l'exception des extraits de presse)
à la seule condition de citer la source de la façon suivante :
"Extrait de LA LIBERTÉ - ARDHD - www.ardhd.org"

SOMMAIRE N° 19 du 30 janvier au 5 février 2000


FRANCE 3, Le sujet a été déprogrammé in extremis.
Théoriquement, il devrait passer dimanche soir 6/02 à 19 heures 30
Mais il est possible que des pressions soient exercées sur les témoins et sur la chaîne....


- Les prisonniers politiques "mis en isolement"
depuis la publication d'un reportage sur Antenne 2,
- Répression sanglante à ALI SABIEH : un enfant de 13 ans tué par balle par les gendarmes et 3 blessés,
- Un communiqué conjoint du Barreau et de la Magistrature,
où ces institutions se discréditent avec la plus grande maladresse,
- AFFAIRE BORREL : un deuxième témoin aurait confirmé les déclarations
du militaire djiboutien réfugié à Bruxelles,


- D'après LA NATION, l'Ambassadeur de France aurait accusé Maître Arnaud Montebourg, avocat et député, d'avoir "piloté" la mise en cause de M. GUELLEH dans l'affaire BORREL : Djibouti exigerait l'officialisation de ces propos !

1 - HORS DE DJIBOUTI,
L'ACTUALITÉ
EN AFRIQUE : CONGO / TCHAD
3 - LES COMMUNIQUES
/ LES RÉACTIONS
4 - LA PRESSE :
AFFAIRE BORREL
30/01 CONGO : Association SURVIE -
Appel à manifester le 5 février à LYON pour sauver le Congo - Dossier de presse complet
31/01 - MONTÉE DE TEMPÉRATURE À ADDIS-ABEBA. (Extrait des Nouvelles d'ADDIS)

30/01 : TCHAD - TROIS APPELS DU CMAP

31/01 - LDDH : Alerte pour L'ÉDUCATION Nationale et la Santé Publique

31/01
" LE FIGARO " AFFAIRE BORREL :
UN DEUXIÈME TÉMOIN CONFIRMERAIT LES DÉCLARATIONS DU MILITAIRE DJIBOUTIEN RÉFUGIÉ A BRUXELLES.
25/01 : Communiqué de presse de la famille judiciaire de Djibouti dans lequel, les signataires affirment que Djibouti est un État de droit. 03/02
"LE FIGARO" - Affaire BORREL : Le témoin réfugié à Bruxelles maintient son témoignage malgré la pression des juges français.
2 -VOYAGES ET RÉUNIONS

1/02 : UN LECTEUR RÉPOND AU COMMUNIQUE DE "LA FAMILLE JUDICIAIRE" DE DJIBOUTI.

04/02 "LIBÉRATION" - MORT SUSPECTE D'UN JUGE A DJIBOUTI. Les pressions des juges français sur le témoin à Bruxelles. Le rapport d'autopsie qui confirme que le juge n'a pas péri carbonisé.
30/01 : Un nouvel accord Djibouti-Somaliland ? A quel prix pour le peuple djiboutien ? 04/02 : RFI censuré à Djibouti. Certains internautes seraient convoqués à la SDS après s'être connectés à notre site

03/02 : RÉUNION DJIBOUTIENNE
A PARIS CETTE SEMAINE DANS LA DISCRÉTION . Des personnages proches de Guelleh sont au Méridien depuis une semaine - Dans quels buts ?

30/01 - PAM : DJIBOUTI : Situation de sécheresse 'de plus en plus désespérée'. 30/01 : La LIBERTÉ : une progression des connexions en janvier 2000
30/01 : Le député socialiste d'Ile et Vilaine, Jean-Michel BOUCHERON doit se rendre à Djibouti le 6 février pour rencontrer les FFDJ (Extrait de La lettre de l'Océan Indien) 30/01 : Djibouti tant bien que mal. Le programme et les exigences du FMI.
(Extrait de La Lettre de l'Océan Indien)
27/01 : DISPARITION de Jean-Claude Izzo
Écrivain militant et voyageur. Il avait séjourné à Djibouti et en Éthiopie.
03/02 : Levée de boucliers en Europe contre l'arrivée de l'extrême-droite en Autriche. Pourquoi ne pas mettre autant de conviction pour dénoncer les dictatures et les crimes contre l'humanité, comme ceux qui sont commis à Djibouti ? 02/02 : d'après la NATION, l'Ambassadeur de France à Djibouti, M. Patrick ROUSSEL aurait estimé que Me Arnaud MONTEBOURG serait à l'origine de la mise en cause de M. GUELLEH dans l'affaire BORREL.
29/01 : Répression sanglante à Ali Sabieh : 1 enfant de 13 ans tué par balle et 3 personnes blessées
 
Sommaire de 'LA LIBERTÉ'
Tous les numéros depuis le N° 0

 

01/02 - APPEL DE SOLIDARITÉ :
NOUS LANÇONS UNE OPÉRATION POUR SAUVER UN BÉBÉ DJIBOUTIEN DE 4 MOIS QUI EST ATTEINT D'UNE TUMEUR AU CERVEAU A ÉVOLUTION RAPIDE.


UNE INTERVENTION CHIRURGICALE EN FRANCE EST INDISPENSABLE DANS LES MEILLEURS DÉLAIS.

NOUS DEMANDONS A TOUS

  • DE NOUS AIDER A CONTACTER LES ASSOCIATIONS SPÉCIALISÉES QUI PEUVENT APPORTER UNE AIDE A LA FAMILLE
  • DE NOUS AIDER A TROUVER LE FINANCEMENT

LE BUDGET NÉCESSAIRE EST ESTIME A 150.000 FF.
VOS DONS PEUVENT ÊTRE ADRESSES PAR CHEQUE A L'ORDRE DE L'ARDHD QUI LES REMETTRA A LA FAMILLE.


WISSEM vit actuellement en Tunisie avec ses parents djiboutiens.


Récapitulatif de la situation de santé du bébé




WÎSSEM est né le 13 octobre 1999 à 3 heures du matin. L'accouchement par les voies naturelles s'est déroulé sans incident. Il pesait 3.100 g et ne présentait aucune pathologie apparente.


A I'âge de 3 semaines, il développe des vomissements en rapport avec un syndrome d'hypertension intracrânienne <fontanelle antérieure bombante). Les différentes explorations mettent en évidence une hydrocéphalie en rapport avec une sténose de l'aqueduc de Sylvius dont l'origine n'a pu être élucidé.


L'hydrocéphalie a été dérivé par une ventriculo-cisternostomie faite par voie endoscopique le 15 novembre 1999,


Les suites opératoires ont été marquées par une méningite pour laquelle WISSEM a reçu un traitement antibiotique adéquat avec guérison sans séquelles ainsi que deux hématomes sous duraux qui ont ponctionné puis drainé.


Le 28 décembre 1999, à la suite d'un IRM (imagerie par résonance magnétique) nous découvrons la présence d'une lésion tumorale expansive de 1.5 cm de grand axe au niveau de la région pinéale du cerveau.


Cette lésion ne pouvant pas être traitée en Tunisie des marqueurs tumoraux ainsi qu'une IRM de contrôle ont été demandé pour confirmer le diagnostic.


L'IRM de contrôle faite le 27 janvier 2000 confirme le diagnostic de tumeur. La région pinéale à croissance rapide (prise de volume avec apparition d'une zone kystique) faisant 4 cm de grand axe.


Les marqueurs tumoraux n'étant pas réalisable en Tunisie, les prélèvements ont été envoyé en France et les résultats ne nous sont pas encore parvenus en totalité. Seul l'Antigène carcino-embryonnaire est revenu négatif.


Vu l'évolution rapide de cette tumeur engageant le pronostic vital du bébé et l'impossibilité de la traiter en Tunisie, on nous recommande les pays à hautes technologies afin de pouvoir sauver WISSEM

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COURRIER DES LECTEURS
nous reprenons de façon anonyme en général (pour garantir la sécurité des auteurs)
le contenu intégral des lettres qui nous sont adressées.
Pour éviter toute polémique nous avons volontairement choisi de ne pas répondre aux critiques.

Nous publierons en revanche les messages des lecteurs qui souhaitent répondre.
L'ARDHD n'assume aucune responsabilité quant au contenu des messages de cette rubrique.
L'ARDHD rappelle qu'elle ne soutient aucune action politique, ni aucun parti
et qu'elle milite exclusivement en faveur de la paix et des Droits de l'Homme

 

Un nouvel accord Djibouti-Somaliland ?

Cher Monsieur Schaal,

Après la catastrophe de Ali-sabieh, j'ai contacté par téléphone
Djibouti. j'ai appris que la semaine dernière les élèves du lycée de
Djibouti ont manifesté. les forces de l'ordre ont lancés des grenades
lacrymogènes sur les jeunes manifestants. L'objet de la manifestation
était une réponse à la diminution des bourses scolaires.


Les salaires des travailleurs et travailleuses ont également été
diminués. Dans ces deux cas (élèves et salariés) il s'agissait pour IOG
de récupérer de l'argent pour le donner à Igal, "président" du
Somaliland.


Ce dernier est arrivé vendredi à Djibouti pour signer un accord avec
M.Guelleh: la télévision djiboutienne en a diffusé des images. M. GUELLEH a déclaré a cet occasion: "aidons nos frères et soeurs de somalie, l'Europe c'est notre ennemi, c'est pour cela qu'on va faire partir les étrangers de la Mer Rouge, et on sera une grande Afrique de l'est, large et riche"( référence a la "grande somalie", projet avorté).


En fait, la population de Djibouti a faim et souffre. Nous demandons
toujours que la France prenne des décisions pour que l'aide française
soit suspendue, car elle n'atteint pas la population. M. GUELLEH va
jusqu'à demander de l'argent aux petits vendeurs de khat.


L'accord entre M.Guelleh et M.Igal est destiné empêcher l'opposition de
s'implanter au "somaliland", c'est la raison pour laquelle il recherche
de l'argent afin de donner des gages aux somaliens. M. GUELLEH voudrait que cet accord serve à neutraliser des opposants, comme il l'a fait avec l'Ethiopie (exemple: arrestation d'Amir, sur demande des autorités djiboutiennes).


voilà ce que je viens d'apprendre.

Amitiés,

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Réponse à la " famille Judiciaire " djiboutienne.

J'ai pris connaissance du communiqué de presse de la " famille judiciaire " (expression choisie par les intéressés) ainsi que d'un précédent communiqué publié dans la Liberté. Jusqu'aujourd'hui, je ne voulais pas engager de polémique avec cette " Famille Judiciaire ". Je ne pouvais rester impassible face à l'indécence et au culot de cette " Honorable Famille ".

Cette fois-ci, j'ai l'impression que c'est un communiqué de trop. Les avocats et les magistrats - c'est paraît-il leur profession- de cette famille aurait pu se taire et essayer de faire un véritable examen de conscience sur la manière d'exercer leur profession, sur les libertés individuelles qu'ils sont censés protéger et garantir. Sont-ils en mesure de se regarder dans une glace et de dire : " Chaque jour, je m'acquitte du mieux que je peux de ma mission, sans violer les droits les plus élémentaires et sans fermer les yeux sur les exactions quasi quotidiennes en matière de droits de l'Homme. J'attends vos réponses Messieurs !

A la lecture de ce communiqué, je me suis astreint à une gymnastique intellectuelle en essayant de me mettre à la place de l'une de ces personnes ( de la famille judiciaire) - chose très déplaisante-


je me suis télé déporté au sein du Palais de Justice de Djibouti. Et là, j'ai retrouvé cette atmosphère lourde et malsaine. On y voit de pauvres personnes déambulant à longueur de journée dans le maigre espoir de voir juger un jour leur cause. Entre ces ombres errantes, un observateur habitué assistera aux perpétuels marchandages. Dans un coin de bureau, le substitut de permanence marchande pour quelques milliers de francs Djibouti (1 franc français vaut 30 francs Djibouti) la liberté ou les poursuites contre les personnes. On peut quand même reconnaître un seul mérite : cette " famille " s'adapte aux capacités de chaque justiciable. Du plus petit employé au plus grand commerçant, tout le monde paye !

L'avocat, quand il ne spolie pas son client, s'adonne à son exercice favori d'intermédiaire entre le justiciable et le Juge. Cette fidèle description d'une tranche de vie, au Tribunal de Djibouti, nous donne une certaine idée de la " parodie de justice " qui s'y déroule et surtout de la grande intégrité de cette famille. Malgré tout cela, j'ai fait preuve de beaucoup d'indulgence en essayant de leur accorder les circonstances atténuantes. Je me suis dit, c'est certainement des personnes qui n'ont pas eu le courage - trait de caractère qui n'est pas donné à tout le monde - de résister aux différentes pressions et tentations.


En tout état de cause, ces personnes trahissent quotidiennement et apparemment sans le moindre remord leur serment d'exercer dignement et loyalement leur profession.


Consciemment ils sont devenus l'alibi judiciaire du régime en place.
A défaut de courage pour résister, ils auraient pu avoir au moins le courage et la décence de se taire. Un silence aurait pu peut être plaider pour eux. Ils ont voulu surenchérir en se comptant comme de véritables Pitbulls sortant griffes et canines pour protéger leur petit fond de commerce.


En essayant d'analyser le texte et surtout le terme " Famille " - dans ce contexte quasi maffieux- je ne pouvais m'empêcher de penser au Parrain de F.F COPPOLA. L'image de cette famille cimentée par une communauté d'intérêts et régie par ce fameux " code d'honneur ". Répondant à ces même règles, la famille judiciaire s'est levée comme un seul homme pour défendre " l'Honneur de la Famille ".

cette fois-ci, vous vous êtes complètement compromis et discrédités en vendant vos âmes et vos consciences. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Un petit sursaut peut encore vous sauver en dénonçant haut et fort les violations quotidiennes des droits de l'homme et en refusant d'être un instrument au service du pouvoir.

L'actualité est plutôt rassurante - pas pour vous- et nous porte à croire que la Justice (avec un Grand " J " et pas la votre) finit toujours par passer. En effet, un jour ou l'autre, il y aura toujours quelqu'un qui se lèvera pour vous demander des comptes. Ce jour, ne dites pas qu'on ne vous avait pas prévenu.


Un Djiboutien


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Impression des djiboutiens :

Les français sont des poules mouillées face au régime tyrannique - quel est le niveau de leurs intérêts ?

c’est grave qu’un ambassadeur de France puisse se permettre de mettre en cause un député français. Pour les djiboutiens, les français " ne sont que des poules mouillées devant le régime tyrannique de Djibouti ". C’est une plaisanterie qui circule. Personnellement je pense que les intérêts français à Djibouti sont tellement énormes que les français sont prêts à tirer un trait sur leur dignité. Mon avis est partagé par la quasi-totalité de la communauté française de Djibouti. Quels sont ces intérêts si énormes ? Personne ne sait.

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M. GUELLEH FAIT SES COURSES ....
Après les 4 véhicules blindés, il dépense des sommes
extravagantes
pour faire refaire le Palais Présidentiel.

Une énorme de quantité de mobiliers acquis dans le magasin ROMÉO de Claude Dalle (Galerie Élysées 26 - Champs Élysées) vient d'être expédiée à Djibouti sur les conseils du décorateur Yvan Silly. Nous ignorons encore le montant global de la commande, mais nous avons regardé les prix dans cette boutique. Un seul canapé est vendu autour de 100.000 FF.

Avec quel argent, le Gouvernement djiboutien a-t-il réglé les achats : les fonds du FMI ? Certainement pas avec l'argent des français, puisque le Ministère de la Coopération nous avait assuré qu'il connaissait la destination du moindre centime et qu'il suivait l'utilisation de chaque franc donné à Djibouti.

On peut quand même se poser des questions. N'est-il pas choquant de réaliser des achats somptueux avec l'argent d'un pays qui vit mal, où les salaires sont payés avec retard, etc...

 

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Nouvelle rubrique : L'HOMME OU LA FEMME DE LA SEMAINE.

OMAR FARAH : Chef des Gendarmes d'ALI SABIEH

Dans cette rubrique nous signalerons chaque semaine à l'opinion internationale, celle ou celui qui s'est distingué(e) soit pour soutenir la dictature, soit en violant les Droits de l'Homme : cruauté, tortures, exécutions sommaires, emprisonnements arbitraires, viols, assassinats, destruction de cheptels ou de point d'eau, destruction d'écoles ou de centres de soins, etc..

cette semaine, nous décernons la palme à OMAR FARAH le Chef des Gendarmes d'ALI SABIEH, qui a donné l'ordre de tirer sur une foule pacifique. Il est responsable de la mort d'un enfant de 13 ans et de 3 blessés.


Le choix a été difficile, car nous avions deux autres candidats :

  • Me WABAT, bâtonnier de Djibouti pour sa co-signatue du communiqué de presse de la "famille judiciaire",,
  • M Patrick ROUSSEL, Ambassadeur de France, pour les propos qu'il aurait tenu sur Maître Montebourg (mais il n'a pas encore confirmé officiellement ses propos, comme le lui demande le Ministre djiboutien des Affaires Étrangères pour clore l'affaire BORREL)

Le mois dernier, nous avions particulièrement remarqué l'action de Mme LEILA, juge d'instruction, qui dirige vers GABODE "à titre préventif" toutes les personnes qui déplaisent à Monsieur GUELLEH. Ensuite, sa mission exécutée, elle laisse dormir le dossier dans son bureau et le malheureux dans une geôle infâme.

Dans le passé, nous avions eu l'occasion de citer :

1 - Les tortionnaires actifs :

  • Colonel Mahdi Cheikh Moussa,
  • Lieutenant-colonel Hoche Robleh
  • Lieutenant Ladieh
  • Lieutenant Zakaria Hassan
  • Lieutenant Mohamed Adoyta
  • L'aspirant Haroun
  • Le sous-officier Naguib
  • L'adjudant Tane
  • Kalifa
  • Wagdi

2 - Les magistrats, aux ordres du régime :

  • Le Procureur Général de Djibouti : Ali Mohamed ABDOU
  • Le juge IYEH
  • Le juge Said ABKAR
3 - Les avocats, qui ont trahi leur serment :
    Maître WABAT DAOUD
    Maître Guy MONTAGNE
    Maître MARTINET
________________________________________________________
A tous nos lecteurs, merci à l'avance
:
    • de nous adresser des informations sur des personnages qui,
      à votre connaissance, se sont particulièrement distingués,

    • de nous envoyer, si vous en avez la possibilité, la photographie
      des personnes que nous citons. Ainsi, nous pourrons constituer le trombinoscope des suppôts de la dictature.
    • ________________________________________________________________

Nous conserverons leur dossier pour une future action pénale à leur encontre,
le jour venu. (Cf l'inculpation d'Hissen Habre au Sénégal pour tortures)

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29/01 LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS


Le Président : Noël Abdi Jean-Paul
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel : 253 357 804
Domicile Tel/Fax : 253 358 007


Djibouti, le 29 janvier 2000

COMMUNIQUE DE PRESSE
N5/LDDH/00 du 29 janvier 2000

Dans un reportage diffusé vers la mi-janvier sur la chaîne française Antenne 2, et réalisé en partie à l'intérieur du pénitencier de Gabode, on a pu suivre l'Interview télévisé de deux détenus politiques, aujourd'hui libérés après avoir purgé leurs peines de détention pour délits d'opinion et de presse. Cette incursion dans le temple de la répression du régime, la sinistre prison de Gabode où gisent plus de 60 personnes politiques, a plus que révolté une hiérarchie judiciaire qui cherchait visiblement le bon prétexte pour apporter son soutien au " premier magistrat de Djibouti, en l'occurrence le chef d'Etat ".

Pour cette " forfaiture de plus ", le régime semble quant à lui à faire payer les détenus politiques auxquels toutes visites, même muni d'une autorisation du Parquet est interdite. De plus, ils sont depuis plusieurs jours interdits de promenade et cloîtrés dans leurs cellules. Leurs familles qui n'ont plus le droit de visite sont parfois inquiétées et même arrêtées sans mandat légal comme oe fut le cas de Mme FATOUMA DABALE.Pour la LDDH cette manière de procédé en se retournant contre les prisonniers politiques relève d'une stratégie de chantage inadmissible contre laquelle, elle s'élève vigoureusement

C'est dans cette même logique que trois responsables du FRUD détenus depuis plus de 2 ans à Gabode : Med KADAMI, ALI Med MAKI et KAMIL Med KAMIL se sont vu délivrer une nouvelle inculpation dans une Affaire qui s'est déroulée alors qu'ils étaient déjà détenus. La LDDH est très inquiète pour la santé de certains d'entre eux malades, ou âgés et demande au Ministre do la Justice et des Droits de l'Homme de leurs accorder une attention particulière.

N.B. jusqu'aujourd'hui 29/01/00
Les prisonniers politiques sont sous haute surveillance.

Ligue Djiboutienne des Droits Humains
(L.D.D.H.)
Le Président

 

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BRUITS ET RUMEURS

D'APRÈS LE JOURNAL LA NATION, L'AMBASSADEUR DE FRANCE
A DJIBOUTI ( Patrick ROUSSEL) AURAIT ESTIME QUE
MAÎTRE MONTEBOURG EST L'INSTIGATEUR DE LA MISE EN CAUSE
DE M. GUELLEH DANS L'AFFAIRE BORREL ?


Extrait de la Nation qui relate une intervention publique de M. Ali Abdi FARAH, Ministre djiboutien des Affaires Étrangères, de la Coopération Internationale et des relations avec le Parlement.

"... Donnant des informations concernant la France, le Ministre a dévoilé que l'incident entre Djibouti et la France (Aff. BORREL) serait clos, à la condition que l'Ambassadeur de France à Djibouti officialise les propos qu'il a tenu à Mme Marianne GOURMANEH qui assurait l'intérim du Secrétaire Général.

Dans sa conversation en privé, l'Ambassadeur aurait soutenu que "Montebourg et les autres se trouvaient derrière tout ça" ....

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L'affaire est importante et le scandale pourrait être conséquent.


Ou bien l'Ambassadeur de France se plie aux exigences du Ministre djiboutien des affaires étrangères et il confirme avoir tenu de tels propos sur un député français, avocat et Président de l'Amicale Parlementaire franco-djiboutienne. Dans ce cas

  • l'Ambassadeur de France aurait outrepassé son rôle,
  • obligeant la France à se conformer aux exigences du dictateur.

Ou bien l'Ambassadeur sera contraint de démentir officiellement les propos qui lui sont prêtés dans La Nation. Ce qui ne sera pas plaisir à M. GUELLEH et contribuera à renforcer sa colère actuelle contre la France.

En matière judiciaire, on se peut se poser la question de savoir qui peut mettre un terme à une affaire pénale. Est-ce la victime ou le coupable potentiel / présumé ? Il ne faut pas inverser les rôles. Dans la majorité des cas connus, le coupable potentiel est jugé et c'est la justice qui établit la culpabilité ou l'innocence. Nous n'avons jamais eu connaissance de cas où le coupable aurait pu décider lui-même ... de mettre un terme à une affaire pénale.


Mais la justice à Djibouti est si particulière .....

(A suivre sans aucun doute)

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L'HUMEUR DE M. GUELLEH n'est pas bonne !
d'après des sources sérieuses, il serait très ennuyé par l'affaire BORREL et par l'étau judiciaire qui pourrait se resserrer autour de lui. Il serait de très mauvaise humeur et son mécontentement se traduirait dans la dégradation des relations franco-djiboutiennes.


Il recevra quand même le directeur de Cabinet de M. Ch. Josselin à la fin de la semaine.

Qu'il se rassure, la France a déjà fermé les yeux sur des affaires graves ...
Elle continuera à le soutenir financièrement et généreusement pendant longtemps...
On ne va pas lui en vouloir pour la simple raison qu'il aurait pu "commanditer" l'assassinat d'un de nos compatriotes et juge de surcroît ... !!

Entre la France et Djibouti, il y aurait certainement des "cadavres dans le placard" et des intérêts considérables en jeu ...

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RÉUNION DJIBOUTIENNE
A PARIS CETTE SEMAINE DANS LA DISCRÉTION ?


On nous signale que plusieurs proches de M. GUELLEH sont à PARIS, cette semaine pour des discussions avec des partenaires français. Ces réunions auraient été organisées dans la plus grande discrétion. Aucune information n'a filtré. Notre enquête aboutirait au fait qu'un Ministre aurait pu voyager sur Air France sous un autre nom. Il était à Paris, mais il ne figure pas sur les listes de passagers d'Air France ?

La délégation séjourne à l'hôtel Méridien de la porte Maillot depuis dimanche dernier (30 janvier). Même si tous les participants ne sont pas enregistrés sous leur véritable nom. Ils occupent les chambres 1..... à 1..... (*). Ces chambres sont payées par l'Ambassade de Djibouti à Paris.

Il s'agit de

ALI GUELLEH, chef de Cabinet de la Présidence. Il s'est occupé autrefois de la reconstruction dans le Nord. Il a été l'un des artisans de l'arrestation en Éthiopie. de Mohamed KADAMY et des autres résistants. Il aurait détourné à son profit les sommes destinées aux réfugiés djiboutiens en Éthiopie.

DJAMA, ancien directeur du PK 20 où des montants très importants ont été engloutis et pas toujours perdus pour tout le monde. Il est aujourd'hui l'intendant de M. GUELLEH et il fait partie de la SDS.

DI LEYTA, Ambassadeur de Djibouti en Ethiopie, ancien consul de Djibouti à Paris. Son frère Aden DILEYTA a été exclus du PNUD où il était chef de projet, pour détournement de fonds...

Hassan SAID, chef de la SDS. Le témoin réfugié à Bruxelles l'a cité avec précision dans l'affaire BORREL.

Bara GOÏTA , titulaire du monopole du sel à Djibouti.

Ces personnages extrêmement riches (grâce à l'argent des djiboutiens et des subventions internationales) ne sont pas tous extrêmement recommandables au vue de leur C.V.

on peut se demander les raisons de leur présence à Paris depuis une semaine et de leur discrétion en ce qui concerne le fait de s'enregistrer sur Air France et à l'hôtel Méridien sous des noms qui ne sont pas toujours les leurs.

Sont-ils venus pour recoller les morceaux entre Paris et Djibouti, pour traiter des affaires importantes voire même acheter des armes ? Toutes les hypothèses sont permises.

 

(*) Il n'est d'aucun intérêt de publier les numéros exacts de leurs chambres.

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NOUVELLES BRÈVES ET REVUE DE PRESSE

La visite du député Jean-Michel BOUCHERON le 6 février.
(Source : La Lettre de l'Océan Indien - LOI)


Le député socialiste d'Ile et Vilaine Jean-Michel BOUCHERON doit se rendre le 6 février à Djibouti pour rencontrer les forces françaises.

A cette occasion, l'ARDHD lui a adressé personnellement
le message suivant :


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Monsieur le député,


nous avons appris dans la Lettre de l'Océan Indien que vous alliez effectuer une mission à Djibouti. Comme vous le savez la situation des Droits de l'Homme y est catastrophique et notre Association pour le Respect des Droits de l'Homme essaye d'intervenir à chaque alerte.

Pour votre information, je prends la liberté de vous adresser le numéro 14 et les trois derniers numéros de notre hebdomadaire "LA LIBERTÉ". Il s'agit d'un journal que nous réalisons et que nous publions, puisque le Gouvernement de M. GUELLEH a interdit toute la presse d'opposition et qu'il a fait emprisonner tous les journalistes (certains ont été libérés depuis, mais leurs journaux sont interdits)

1 - Le cas de l'Avocat AREF MOHAMED AREF est très préoccupant. Vous trouverez dans le numéro 16, la copie de la lettre qui a été envoyée (sans réaction à ce jour) à Monsieur Lionel JOSPIN.
La liste et la qualité des signataires renforcent la crédibilité de la démarche. Maître AREF est vice-président de l'UIDH et il est proposé pour l'attribution du Prix Ludovic TRARIEUX décerné tous les deux ans par l'Institut des Droits de l'Homme du Barreau de Bordeaux.
Pour mémoire, le premier prix avait été attribué à Nelson Mandela. Maître AREF a la double nationalité française et djiboutienne. Son passeport djiboutien lui a été confisqué par M. Guelleh.
Il est interdit d'exercer (radié à vie du Barreau), sa maison est cernée par la police. Il a échappé à deux tentatives d'assassinat à l'arme blanche...

2 - nous nous sommes souvent interrogés sur l'aide que les forces françaises apporteraient directement ou indirectement à l'Armée djiboutienne dans sa lutte sanglante et fratricide contre les résistants Afars dans le Nord de Djibouti ? L'accord "secret" de défense signé en Novembre entre Djibouti et l'Éthiopie doit poser un problème à nos forces armées.(Voir numéro 14)

3 - Il y a aussi le cas des 40 prisonniers politiques emprisonnés illégalement et sans jugement depuis plus de 27 mois.

Si vous le jugiez utile, je suis à votre disposition pour vous adresser toutes les informations qui seraient nécessaires à la préparation de votre séjour. Bien
cordialement

Jean-Loup SCHAAL

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LA LIBERTÉ : une progression importante
des connexions en janvier 2000.


Malgré un démarrage assez lent (fêtes de fin d'année), nous avons retrouvé un niveau d'audience très supérieur à partir du 10 janvier. Au total, le nombre de connexions est en augmentation de 10 % par rapport à décembre 1999, qui avait été un mois record.


Un grand merci à tous ceux qui nous lisent et qui nous font connaître. LA LIBERTÉ est devenu grâce à vous le site d'information le mieux documenté sur Djibouti et sur la situation des Droits de l'Homme. Parmi nos lecteurs, des hommes politiques français et djiboutiens consultent le site très fréquemment.

L'accès à notre site à partir de Djibouti est régulièrement interrompu (censuré) par le régime dictatorial, puis rétabli ensuite. L'information passe quand même. Nos abonnés reçoivent chaque samedi leur exemplaire dans leur boite E-Mail qui est souvent gérée sur un serveur à l'extérieur de Djibouti et donc impossible à censurer.

------------------------------------------------------- Sommaire ---------------------------------------------------------------- 27/01 : DISPARITION de Jean-Claude Izzo
Écrivain militant et voyageur
"L'ECRIVAIN Jean-Claude Izzo est mort, mercredi 26 janvier, à Marseille. Né en 1945 dans la cité phocéenne, fils d'un barman italien et d'une couturière espagnole, Jean-Claude Izzo est muni d'un CAP d'ajusteur-tourneur-fraiseur lorsqu'il devance l'appel pour effectuer son service militaire à Djibouti, afin de " voir la mer Rouge et la maison de Rimbaud ". Démobilisé, il rôde un an en Éthiopie. ... "

Extrait LE MONDE / 27 Janvier 2000 / Page 27


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Le directeur de Cabinet de ch. JOSSELIN à DJIBOUTI dimanche prochain ?

nous sommes informés d'un projet de voyage du directeur de Cabinet de M. Josselin dimanche prochain à Djibouti. A-t-il pour mission de recoller les morceaux entre Paris et Djibouti, après le refroidissement des relations suite à la mise en cause directe de M. Guelleh dans l'assassinat du juge BORREL.


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INCULPATION POUR TORTURE
DE L'ANCIEN PRÉSIDENT DU TCHAD


nous apprenons que la justice sénégalaise a inculpé l'ancien Président du Tchad, Hissen HABRE, pour tortures. C'est la première fois qu'un Président africain est inculpé pour tortures et pour crimes commis sous son autorité. Il est à noter que cette inculpation a été prononcée par un tribunal africain.

Hissen Habre était réfugié au Sénégal depuis 9 ans. Comme nous ne cessons de le répéter dans notre journal, l'impunité des dictateurs n'est plus garantie. Bien au contraire, la justice internationale progresse rapidement et le cas d'Hissen HABRE devrait être suivi par d'autres .....

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RFI DE NOUVEAU CENSURE A DJIBOUTI.
Certains internautes djiboutiens auraient été convoqués par la police et interrogés
après avoir essayé de contacter notre site.


M. GUELLEH poursuit sa lutte contre les journalistes et contre les médias. Après avoir interdits tous les journaux de l'opposition à Djibouti, après avoir interdit tous les journaux de l'opposition, après avoir fait arrêter un journaliste en Éthiopie., dont nous sommes sans nouvelles depuis plusieurs mois, il censure les médias étrangers.

  • RFI est fréquemment suspendu d'émission,
  • L'accès à notre site INTERNET depuis Djibouti est fréquemment coupé,
  • Les journaux comme Le Figaro ou Le Monde ne sont pas mis en vente,
    selon le bon vouloir du Président,
  • ......

Certains internautes djiboutiens auraient été convoqués et interrogés par la SDS, après avoir essayé de se connecter à notre site.

Et certains magistrats / avocats voudraient nous faire croire qu'il s'agit d'un État de Droit .....

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29/01 SURVIE Rhône
" Donner valeur de loi au devoir de sauver les vivants "
(116 Prix Nobel)
2, place Sathonay - 69 001 LYON - FRANCE
Tél. : (33) 04 78 39 12 56
http://www.globenet.org/survie


Dossier de presse
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Communiqué de l'association SURVIE Rhône, organisatrice de la manifestation

Ne laissons pas faire du Congo-Brazzaville
un second Rwanda ...
Manifestons pour la paix
et la démocratie au Congo-Brazzaville


A Lyon, rassemblement à la porte Duquesne du parc de la Tête d'Or,
(au bout de la rue Duquesne,
Bus 27 et 36 arrêt Félix Jacquier ou Métro, ligne A, station Masséna)
le samedi 5 février 2000 à 14h00

- Contre le soutien de la France à un régime criminel au Congo-Brazzaville,
- Pour une solution négociée à ce conflit, pour mettre fin aux souffrances des Congolais,
- Contre la politique actuelle de la France en Afrique et les pratiques d'Elf, "État dans l'Etat" en Afrique,
- Pour la transparence des relations franco-africaines et un contrôle international des activités des compagnies pétrolières dans les pays producteurs,
- Contre les guerres secrètes menées avec des (vrais-faux) mercenaires.

Appellent à cette manifestation

(non exhaustif) :
Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme
ATTAC Rhône (Action pour la Taxation des Transactions financières
pour l'Aide aux Citoyens)
Alternatifs du Rhône
ALTAIR (association pour le développement des étudiants de l'ISARA)
FCDS (Fédération Congolaise pour la Démocratie et la Solidarité)
Ligue des Droits de l'Homme-fédération du Rhône
MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violence)
Survie
Unef-Id, Unef Lyon
Union Européenne des Fédéralistes et Fédéralistes Mondiaux Rhône-Alpes
Tous Horizons (association des amis de l'IDH)
les Verts Rhône
Vétérinaires Sans Frontières...

Survie Rhône est une représentation locale (dans l'agglomération lyonnaise) de l'association française Survie (57, avenue du Maine, 75 014 Paris - Tél : 01 43 27 03 25 - Fax : 01 43 20 55 58 - Courriel : survie@globenet.org)

Motivations

Au Rwanda en 1994, La France soutenait un régime génocidaire.

Aujourd'hui, au Congo-Brazza, la France (ses autorités, la société Elf...) est compromise dans une guerre civile par son soutien diplomatique, militaire et financier à Denis Sassou Nguesso. Celui-ci mène une politique de tueries et de viols systématiques, y compris à caractère ethnique, qui relève clairement selon nous du crime contre l'humanité.

En 1996, Sassou Nguesso, général-policier formé par la Stasi qui sema de complots et d'assassinats l'histoire de son pays, était à Paris pour préparer sa reprise armée du pouvoir.

En 1997, Denis Sassou Nguesso a repris le pouvoir par les armes avec l'aide de ses milices (cobras), de mercenaires (dont des militaires français ayant démissionné la veille de leur contrat au Congo-B) et de troupes étrangères (angolaises, tchadiennes, Rwandaises du Hutu power génocideur en 1994...). Ne pouvant pas payer ses milices, il les a autorisées à piller la population pendant un certain temps. Les Congolais ont vu leurs compatriotes (cobras) et des étrangers (du Congo-Kinshasa...) piller leur maison avec l'autorisation du général Sassou Nguesso, et ramener ce butin dans leur pays.

Par cette guerre de conquête du pouvoir, le général Sassou Nguesso a achevé la mise à mort en 1997 d'un processus de démocratisation, pour se placer à la tête de l'Etat et remplacer la constitution du Congo-Brazza par un "acte fondamental" caractéristique d'un régime autocratique. "Le Général Sassou-Nguesso cumule les fonctions de Président de la République, chef de l'Etat avec celles de chef du Gouvernement, Ministre de la Défense et chef Suprême des Armées" (FIDH/OCDH, Congo-Brazzaville, l'arbitraire de l'Etat, la terreur des milices 17/06/1999).

Depuis décembre 1998, les massacres se sont multipliés, provoquant des dizaines de milliers de morts et la fuite de centaines de milliers de personnes dans les forêts. Beaucoup de ces déplacés sont morts ou meurent encore, faute de nourriture et de soins. Même s'il faut se méfier des comparaisons et ne pas exonérer les milices de Lissouba et de Kolélas de leurs exactions, les événements placent Denis Sassou Nguesso du coté des Milosevic.

Nous dénonçons la fausse morale brandie par nos dirigeants qui recourent aux droits de l'Homme pour condamner un Milosevic et qui, dans le même temps, soutiennent un Sassou Nguesso. Nous dénonçons une politique assujettie aux intérêts pétroliers.

Il ne s'agit pas bien sûr, à travers cette manifestation, de nous prononcer pour l'un des trois belligérants de ce conflit (Denis Sassou Nguesso - milices Cobras -, Pascal Lissouba - milices Cocoyes -, Bernard Kolelas - milices Ninjas -). Chacun d'eux porte sa part de responsabilité dans le drame que vivent les Congolais. Mais nous n'acceptons pas que la France soutienne un chef d'Etat autoproclamé, en feignant de croire à la possibilité d'un "passage en force de la démocratie" au moyen du crime contre l'humanité. Nous refusons également à la société Elf la liberté d'organiser des coups d'Etat en Afrique et de financer des régimes en guerre civile qui s'arment jusqu'aux dents. Avec l'appui d'autres pays européens qui se sentent concernés par l'avenir du Congo-Brazzaville, la France a tous les moyens de faire pression pour une issue négociée du conflit en cours. Mais cette voie-là, plus digne de notre pays, ne sera prise que si la population et les élus contribuent à faire échec aux vieux réflexes coloniaux.

Situation humanitaire

" [Entre décembre 1998 et mai 1999], dans les régions du Sud-Ouest du pays, du Pool et à Brazzaville, où des combats atroces ont lieu, des violations graves des droits de l'Homme et des règles élémentaires du droit international humanitaire ont été commises par les belligérants sur des civils non armés. Ceux-ci ont été pris pour cible en raison de leur sympathie réelle ou présumée à l'égard de l'une ou l'autre partie au conflit. Ces exactions sous forme d'exécutions arbitraires et extrajudiciaires massives, de viols et pillages ont forcé les populations civiles à un exode massif dans des conditions matérielles et sanitaires difficiles, à travers forêts et savanes en direction de Pointe-Noire, Brazzaville Nord, ou encore en République Démocratique du Congo (RDC), notamment dans les localités du Bas-Congo et à Kinshasa.
[...] Ces exactions ont été perpétrées par des fanatiques armés dirigés par des seigneurs de guerre et militaires professionnels conscients de leurs actes." D'après la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH) et son affiliée, l'Observatoire Congolais des Droits de l'Homme (OCDH), Congo-Brazzaville, l'arbitraire de l'Etat, la terreur des milices 17/06/1999.

"D'après un premier rapport des organismes de l'ONU sur place début octobre, il y aurait actuellement 610 000 personnes déplacées, soit près d'un quart de la population congolaise. 140 000 d'entre eux errent depuis 6 à 9 mois dans la région du Pool, fuyant les différents miliciens. Quand ils arrivent à atteindre Brazzaville, ils sont souvent dans un état désastreux. Il y aurait par ailleurs 440 000 déplacés dans le reste du pays, notamment dans les forêts entre Dolisie et Pointe-Noire." D'après Henrik Lindell (Témoignage Chrétien 04/11/1999).

 

La France n'est pas loin derrière cette guerre (les 3 " E ")

Elf :
Avec Elf d'abord, qui a abondamment financé l'armement de Sassou Nguesso (après avoir financé l'armement de son prédécesseur Pascal Lissouba), et dont le PDG est allé féliciter Sassou Nguesso de sa victoire avant même sa prise de pouvoir. Dès juin 1997, le Canard Enchaîné révélait l'action d'Elf au Congo-Brazza, notamment dans le transit des armes qui ont provoqué une guerre ayant fait plus de 10000 morts. (Voir infra, page 3).

Elysée :
La diplomatie ensuite. Par exemple, le 30 juin 1998, Jacques Chirac déclare à Luanda : " je me suis réjoui de l'intervention de l'Angola au Congo-Brazzaville, pour la raison simple que ce pays était en train de s'effondrer dans la guerre civile, de s'auto-détruire, et qu'il était souhaitable que l'ordre revienne. Il y avait quelqu'un qui était capable de le faire revenir, c'était Denis Sassou Nguesso.[...] Denis Sassou Nguesso s'est engagé à mettre en œuvre le processus de démocratisation dans un délai maximum de 2 ans ". Le délai est aujourd'hui écoulé et les populations réfugiées par centaines de milliers dans la forêt sont en train de périr de faim et de maladie.

Dès l'automne 1997, les plus hautes autorités de notre pays ont renoué avec le gouvernement issu de la guerre, sans aucune garantie de respect des libertés démocratiques et des droits de l'Homme. Peu avant, la PME Geolink procurait une centaine de mercenaires (canard enchaîné 11/06/97)... L'Elysée cherchait des instructeurs (la Lettre du Continent 19/06/97). A l'automne 1998, l'ambassadeur de France à Brazzaville a fait don à l'armée congolaise de 71 véhicules destinés à transporter des troupes ; en novembre, le ministre de la coopération, Charles Josselin, remettait 500 000 000 francs CFA non remboursables au Congo-B, destinés à relancer la coopération officielle avec Sassou Nguesso (d'après Noële Mamère in Témoignage Chrétien, le 18/02/99). En juillet 1999, Jaques Chirac aurait même demandé à Michel Camdessus, directeur du FMI, d'intervenir pour que le Congo-B soit désormais considéré comme pacifié (d'après La lettre du continent).

 

Etat-major :

Les Transall de l'armée française n'ont cessé de livrer des armes à la faction au pouvoir. Selon La Lettre du Continent du 1° juillet, la France a financé avec l'argent du Fonds d'aide et de coopération (FAC) l'intervention d'au moins 80 officiers et sous-officiers français. De surcroît, une opération officieuse HADES dirigée par deux militaires français "retraités", Marc Garibaldi et Bernard Daviet, aurait recruté 25 sous-officiers français pour encadrer 600 soldats congolais. Le financement serait passé par la banque FIBA - d'Elf - et Omar Bongo (Président gabonais et gendre de Sassou Nguesso). De leur côté, les opposants au régime dénoncent l'intervention de légionnaires français dans le "maintien de l'ordre".

" Dans les états-majors français, on a du mal à cacher le parti pris en faveur de Denis Sassou Nguesso. Selon les services de renseignements français, les "cobras " de M. Nguesso ont pu disposer d'armements lourds et individuels en provenance de plusieurs Etats africains proches de la France, comme le Gabon. Les mêmes sources françaises laissent entendre que ces milices ont pu, grâce à des circuits de financement occultes fréquents dans les milieux pétroliers, acheter des matériels en Europe. " (le Monde, 17/10/97).

Une action clandestine directement branchée sur l'Elysée : c'est avec ce genre de scénario que la France s'est retrouvée, en 1994, au cœur de l'apocalypse rwandaise.

" La France maintiendra en Afrique une présence stabilisante et utile "
Hubert Védrine, interview au Monde du 29/08/97

Des groupes français qui financent...

Elf :


A Elf, les personnes qui détiennent réellement le pouvoir de "tirer les ficelles" en Afrique, passeraient plus de temps à vendre des armes qu'à s'occuper de pétrole. Cette entreprise, truffée d'(ex-)agents secrets, a été fondée dans l'optique de manipuler les pouvoirs politique africains pour confisquer discrètement les indépendances proclamée.

Les juges Joly et Vichnievsky, lors d'une perquisition à la tour Elf en 1998, ont saisi des documents (des notes d'un officier des services secrets français) prouvant que les réseaux de Pasqua mettaient en place, déjà en 1991, avec Alfred Sirven (Elf) et le Gabon, des commandos de mercenaires pour renverser la Conférence Nationale Souveraine (CNS) qui devait tenter de mener ce pays à la démocratie... et imposer aux congolais Sassou Nguesso, plusieurs fois rejeté par les urnes.

Le 4 juin 1997, la veille du déclenchement des hostilités, 25 tonnes de fret aérien dissimulant des armes, parti de Paris, transitent au Gabon... Destination Brazza. (Canard enchaîné du 13/08/1997)
Intervention des troupes angolaises: Des bateaux-navettes ordinairement utilisés par Elf ont débarqué des unités angolaises et des cobras de Nguesso pour s'emparer du Port de Pointe-Noire, centre névralgique de l'exploitation pétrolière (Canard enchaîné du 22/10/1997)

" Pascal Lissouba [le président renversé] est aussi un vétérant de l'ancien régime, blanchi par la CNS [conférence nationale souveraine]. [...] Il parvient à desserrer l'étau financier en mettant Elf en concurrence (ô sacrilège !) avec des pétroliers américains. Il obtient ainsi que la part des recettes pétrolières reversée à l'Etat congolais passe de 17 % (sous Sassou) à 33 %." (Dossier Noir n°12, de Survie, p 85, novembre 1998). cette donnée aurait-elle été déterminante ?

Fin 1998, un haut responsable d'Elf est interpellé dans l'émission Capital, sur M6 : " c'est quand même malheureux qu'ils [les Brazzavillois] se soient massacrés avec notre argent ! ". C'était le 29 novembre, trois semaines avant des massacres encore plus épouvantables. Réponse de Monsieur Elf : " Dans ce cas, oui, c'est un gâchis. Mais nous ne sommes pas des sentimentaux ! nous sommes des gens réalistes, qui gagnons de l'argent : avec qui, ça nous est égal ".

" Lissouba a porté plainte contre Elf au tribunal de grande instance de Paris pour complicité de destructions, d'homicides (5 à 15 000 civils), actes de terrorisme et association de malfaiteurs. Il accuse Elf d'avoir financé une guerre civile dont il estime le coût, pour le camp Nguesso, à plus de 100 millions de dollars. Il demande l'examen de la comptabilité d'Elf et notamment de sa banque très privée, la FIBA. [...] Il ne manque pas de documents compromettants. Lui aussi arrosé par Elf, il connaît parfaitement les circuits financiers de la corruption. " ("la Françafrique..." de F.X Vershave, stock, 1998, p 315).

Selon un député français, depuis 1997 "au Congo-Brazzaville, chaque balle a été payée par Elf".
Reconnaissons à Elf une relative impartialité : cette société a financé tous les camps en conflit aujourd'hui.

Paribas :


Début 1999, juste après les massacres de Brazzaville, Paribas a consenti un crédit de 30 millions de dollars au régime Sassou. En septembre, avec la remontée du prix du baril, Brazzaville s'apprêtait à recevoir dans des banques françaises d'importantes rallonges financières, de plusieurs centaines de millions de francs. Paribas était encore de la partie avec un montage sophistiqué d'un demi-milliard, dont 300 millions à décaissement rapide (Montage financier Paribas ; 180 millions FF de dettes auprès de l'assistance publique ; 50 millions $ de Paribas, in LdC des 01/04, 16/09 et 30/09/1999).
Jean-Marie Tassoua, le " général Giap ", fidèle de Sassou, ex-directeur des assurances congolaises, ancien de Paribas, admet qu'en janvier 1995 son leader lui a confié la délicate charge de " traficoter un peu pour s'armer. En Angola, en Afrique du Sud, en Namibie ou en France, ce sont surtout les relations du président qui nous ont permis de gagner la guerre " (Cité par Caroline Dumay, La percée du Giap congolais : de la banque à la kalachnikov, in Le Figaro du 20/10/1997).

Bolloré :


" Vincent Bolloré, que l'on surnomma le "petit prince du cash-flow" ne néglige pas l'arme des services secrets : il a fait entrer dans le conseil d'administration de sa filiale Saga, l'aventureuse monture de Pierre Aïm (fastueux brasseur d'affaires de Sassou Nguesso et Idriss Déby, entre autres), un ancien ponte de la DGSE : Michel Roussin, qui fut également le grand argentier de Jacques Chirac et un ministre de la Coopération branché" (Dossier Noir n°12, de Survie, p 172, novembre 1998).

Suite à sa vertigineuse ascension, le groupe de Vincent Bolloré est maintenant surnommé le "Dernier empereur d'Afrique" : dans les transports maritimes et ferroviaires, les ports, le tabac, le bois exotique, le cacao, le caoutchouc, le coton, etc. Quelques précisions sur Michel Roussin : ancien haut responsable de la DGSE, grand ordonnateur du financement politique de Jacques Chirac, ministre de la Coopération branché sur les "services" et la GLNF, VRP de luxe du patronat. Aïm a communiqué à Bolloré son attachement aux présidents-généraux Déby et Sassou N'Guesso.


Et nos communicants...
Le tout dans un silence mêlé de désinformation diligentée par nos communicants avec les officines de MM. Attali, Blanchard, Saussez qui prospèrent ainsi sur le dos du peuple congolais.

La Françafrique, Jacques Foccart, Elf

Extraits de : "la Françafrique, le plus long scandale de la République" de François-Xavier Vershave, édition stock, 1998 (François-Xavier Vershave est président de SURVIE) :

p 175 : La Françafrique. "La Françafrique désigne une nébuleuse d'acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisée sur l'accaparement de deux rentes : les matières premières et l'aide publique au développement. La logique de cette ponction est d'interdire l'initiative hors du cercle des initiés. Le système, autodégradant, se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie. Le terme évoque aussi la confusion, une familiarité domestique louchant vers la privauté."

"L'expression a jadis servi dans la bouche de grands "amis de la France " et de Jacques Foccart, tels Félix Houphouët (en 1955) ou Omar Bongo : c'était une sorte d'invitation à une Communauté néocoloniale idéale. On ne sait s'ils en percevaient la signification homophone : France-à-fric."

"Il est difficile à certains moments de savoir qui tire les ficelles de qui : Foccart, Houphouët, Bongo, Elf, les " services ", les mercenaires hors ou sous contrôle ? La pratique foccartienne des relations franco-africaines a engendré un ensemble flou, une structure molle. Nous l'avons appelée la Françafrique."

"Avec la mort de Foccart [en 1997], l'opportunité est belle d'occulter sous un nouveau camouflage le pouvoir de la Françafrique. Il suffit de proclamer non seulement la fin du réseau Foccart, mais, au prétexte qu'il serait inimitable, la fin des réseaux françafricains. Le discours est à la mode. N'est-il pas mystificateur ? Les gouvernants ont-ils renoncé à " s'appuyer sur un ensemble de réseaux, d'amitiés et de complicités tels qu'on ne sache jamais où commencent et finissent, s'excluent, se contredisent, s'impliquent ou se complètent l'action occulte et la politique officielle ", une belle définition du flou foccartien proposée par le gaulliste Pierre Dabezies, ancien ambassadeur au Gabon ? (Cité par Pierre Péan, Foccart parle, II, p. 450)"

Triangle des trois " E ",

La politique africaine de la France est toujours prisonnière des trois E (Elf, Elysée, Etat-major). Elle est l'héritière néocoloniale de Jacques Foccart qui a œuvré durant toute sa carrière de Monsieur Afrique de l'Elysée, de 1958 à 1997 (avec quelques interruptions), à la confiscation des indépendances des ex-colonies. Toujours prompts à soutenir les pires tyrannosaures "amis de la France", tant financièrement que militairement ou par du lobbying auprès des institutions internationales, certains réseaux politiques, industriels et militaires ont pillé les ressources du sol africain, déclenché ou soutenu des massacres, instrumentalisé l'ethnisme. Le lubrifiant de ces mécanismes est "l'Aide Publique au Développement" (APD), dont moins de 5% sert à lutter contre la pauvreté. L'APD permet à la France de maintenir en place des dictatures aux abois (aide structurelle), d'amnistier certains détournements des prêts (effacement ou rééchelonnement de la dette), le tout revenant financer nos partis politiques et la corruption via les paradis fiscaux.

Tout ceci continue grâce à la confusion soigneusement entretenue entre public et privé. La France peut ne pas revendiquer sa politique africaine réelle, et laisser faire ses réseaux, avec ses personnalités dominantes :
- Paul Barril, Bob Denard et leurs réseaux, pour les interventions armées,
- des militaires "retraités",
- les réseaux Pasqua (père et fils), Jean-Christophe Miterrand (fils de François), Elf, Bolloré...
- les agents secrets (ou ex) travaillant pour ces réseaux...

C'est sans doute pourquoi la France :
- ne ratifiera le traité créant la Cour Pénale Internationale qu'en ayant recours à son article 124 (optionnel) lui réservant la possibilité d'exonérer ses ressortissants de crimes de guerre; à ce jour, aucun autre État n'aurait encore eu recours à cet article introduit dans le texte du traité à l'initiative de la France,
- n'a toujours pas ratifié la Convention internationale de l'ONU contre le recrutement, l'utilisation, le financement et l'instruction de mercenaires adoptée le 4 décembre 1989.

A lire également

- Le Dossier Noir de la politique africaine de la France n°12 de Survie : "la sécurité au sommet, l'insécurité à la base..." chez l'Harmattan:
p81 à 102 : Chapitre très instructif sur le Congo-Brazza. Cf. également: p 172, 176, 215 à 216.
p 88 : " [Le mystérieux accord de défense franco-gabonais] autorise les troupes françaises, sous couvert de manœuvres conjointes franco-gabonaises, à évoluer avec tous leurs équipements à proximité de la frontière congolaise. Une telle manœuvre, "Koubia", a eu lieu à la fin de l'été 1997. Elle a permis de masquer le soudain apport à Sassou de considérables renforts extérieurs, notamment l'entrée de chars de combat."

- Le rapport parlementaire (n° : 1859) "Pétrole et éthique : une conciliation possible ?" des députés MH Aubert (Verts), P Brana (PS) et R Blum (UDF) :
p 30 : "La mission a, quant à elle, constaté que la plupart des grands groupes pétroliers anglo-saxons se sont dotés de codes de conduite. [...] Les groupes anglo-saxons sont plus avancés et plus ouverts en ce domaine que les compagnies pétrolières françaises probablement parce que la capacité de mobilisation de la société civile dans le Nord de l'Europe et aux Etats-Unis rend toute atteinte à leur image commercialement pénalisante."
p 124, à propos des accusations portées par quatre ONG (agir Ici, Survie, la CIMADE, Frères des Hommes) sur le rôle de la France au Congo-Brazza : "N'ayant pu obtenir les télégrammes diplomatiques demandés en vain, la mission n'a pas été en mesure de vérifier ces allégations extrêmement graves mais a estimé devoir en faire état." et : "La mission considère qu'il est plus que temps que la communauté internationale se préoccupe de la situation au Congo-Brazzaville et que les autorités françaises explicitent leur politique dans ce pays."
p 147 à 152 : chapitre sur le Congo-Brazzaville.

Pour commander ce rapport : envoyer un chèque de 108 F (80F + 28 F de port) au Kiosque de l'Assemblée nationale, 4 rue Aristide-Briand, 75007 Paris.

Plus qu'une marche : une visite guidée de la Françafrique... à coté de chez vous

Venez visiter la Françafrique !

Malgré l'éloignement apparent des enjeux de la Françafrique, il faut savoir qu'elle est souvent plus proche de nous qu'on le pense... Que l'on songe aux différents scandales liés au financement des partis politiques français ou aux ramifications de l'affaire Elf ! "Les corrupteur sont devenus des corrompus, risquant ainsi de mettre en péril les fondements même de la démocratie." (rapport parlementaire n° 1859, "Pétrole et éthique", p 20).

Le parcours de cette manifestation a été choisi en vue d'interpeller, à travers ses représentants locaux, quelques-uns des pivots de la criminelle nébuleuse d'acteurs qui interviennent au Congo-Brazza.

Ainsi, nous ferons des haltes devant des représentations des sociétés Elf et Paribas, au Consulat du Congo, à l'Hôtel du gouverneur militaire et à la Préfecture.

A chaque halte, nous remettrons ou ferons remettre aux interlocuteurs visés un objet symbolisant notre volonté de les voir changer de politique et de pratiques :


- au gouverneur militaire, une médaille du déshonneur, pour dénoncer le comportement de l'Etat Major et de ses militaires (entraînant les mercenaires) dans le conflit au Congo-Brazzaville et d'autres conflits africains. Nous estimons en effet que l'armée, par son implication directe et indirecte dans plusieurs guerres, par son soutien à des dictatures ruineuses voire sanglantes, par sa complicité dans le génocide rwandais de 1994 a gravement déshonoré la France (cf. le chapitre précisément intitulé " Les champs du déshonneur " in "la Françafrique..." de F.X Vershave, stock, 1998).


- A l'entreprise Elf un jerricane géant rempli de liquide couleur sang sera déversé sur l'une des ses stations, dénonçant les agissements criminels de la compagnie qui a financé tous les protagonistes de la guerre actuelle au Congo. Elf n'en est malheureusement pas à son premier délit mais si la corruption à grande échelle qu'elle organise a défrayé la chronique, ses agissements meurtriers en Afrique sont souvent moins connus. Nous voulons enfin dire avec ce symbole qu'une goutte de pétrole ne doit plus valoir une goutte de sang, comme dans la phrase de Clémenceau (" Une goutte de pétrole vaut une goutte de sang " in rapport parlementaire n° 1859, "Pétrole et éthique", p 55-56).

- au Consul du Congo, une photo d'une victime des milices de Sassou Nguesso, interpellant le représentant à Lyon de ce régime sur les crimes qu'il commet. Devant la représentation du consulat du Congo-B, nous soufflerons les 21 bougies de l'embastillement, le 5/02/1979, (pour 13 ans) du Président Joachim Yhomby-Opangault, sur ordre de Denis Sassou Nguesso qui prendra ainsi le pouvoir pour la première fois. Joachim Yhomby-Opangault avait succédé au Président Marien Ngouabi, assassiné en 1977.

- A l'officine de la société Paribas, un chèque à l'ordre de Sassou Nguesso portant la mention ANNULE pour dénoncer le rôle joué par ce groupe dans le financement du conflit.

- au Préfet, un drapeau français tâché de sang, symbolisant notre sentiment de honte face à la politique que la "Patrie des Droits de l'Homme" mène en notre nom sur le continent africain.

Chacun des objets remis sera accompagné d'une lettre adressée au dirigeant concerné (DG, Président de la République,...) précisant nos griefs et nos propositions (par exemple, une liste de crimes de la Françafrique depuis 1960 sera remise au Préfet à l'attention de Monsieur Jacques Chirac).

Le cortège sera d'ailleurs conduit par des Africains drapés dans des drapeaux français tachés de sang et encadrés par des Français portant une pancarte " France, pays des droits de l'Homme : j'ai honte ".

Il entraînera une Pompe-Afrique Elf, portant les différents slogans de la manifestation.

Nous espérons par ces gestes symboliques faire comprendre l'importance du message et le médiatiser car DES VIES EN DEPENDENT.

Parcours de la manifestation

(sous réserve)

Le rassemblement aura lieu à 14h00 devant l'entrée du parc de la Tête d'Or se situant au bout de la rue Duquesne. Une marche partira de ce lieu pour se terminer à la Préfecture du Rhône conformément au parcours qui suit : à partir du parc de la Tête d'Or, nous prendrons la rue Duquesne, que nous quitterons pour emprunter la rue Vendôme, que nous suivrons jusqu'à la rue Tronchet, que nous prendrons jusqu'à l'avenue du Maréchal Foch, pour revenir à la rue Duquesne. Nous la réemprunterons pour gagner le quai de Serbie, en marquant une pause devant le numéro 1 (représentation du consulat du Congo-Brazzaville). nous prolongerons par le quai Général Sarrail jusqu'au cours Lafayette que nous prendrons pour gagner l'avenue du Maréchal de Saxe. Nous prendrons ensuite la rue Dunoir pour finir devant la Préfecture du Rhône.

Situation du Congo

· République du Congo, (ancienne république populaire). État d'Afrique équatoriale baigné par l'Atlantique. 342 000 km², environ 2,5 millions d'habitants. Langue officielle: français. Monnaie: Franc CFA Religions: christianisme, animisme...
· Population rurale à près de 60 %, forêt dense au nord du pays, cultures vivrières Indépendance en 1960.
· Pétrole: en 1998, il représente 60 % des exportations et des ressources du pays.
· Dette extérieure en 1997: 500 % des exportations, 300 % du PIB.
· 1970: Le Congo devient République Populaire, avec l'instauration d'un "socialisme scientifique".
· 1975: Etatisation de l'économie.
· 1977: Joachim Yhomby-Opangault prend le pouvoir, suite à l'assassinat de Ngouabi.
· 1979: Joachim Yhomby-Opangault est destitué par le congrès du PCT sur accusation de "corruption et de dérive droitière", et remplacé par le colonel Denis Sassou Nguesso, numéro deux du régime.
· 1980-1985: L'exploitation du pétrole provoque un boom des revenus de l'Etat qui s'endette.
· En 1985: Plan d'Ajustement Structurel, imposé par le FMI.
· 1987-89: Emeutes dans les centres urbains liées aux conséquences sociales du plan du FMI.
· 1990: réunion d'une Conférence nationale souveraine; abolition du marxisme comme doctrine officielle; instauration du multipartisme.
· 1992: Pascal Lissouba est élu président de la République (UPADS) contre Bernard Kolélas (MCDDI).
· Depuis 1993: guerre civile; rivalités entre D. Sassou Nguesso, Pascal Lissouba, B. Kolélas.
· En 1995: Programme d'Ajustement Structurel, imposé par le FMI.
· En 1997: Coup d'Etat, retour au pouvoir de Sassou Nguesso avec l'aide de ses milices (cobras) de troupes angolaises, rwandaises, de mercenaires français, congolais (mobutistes), cubains.... L'état de Brazzaville, la capitale évoque Grozny de nos jours, ou Berlin en 1945. Conflits permanents, population lasse, élections frauduleuses...
· Depuis décembre 1998: des massacres chassent les populations dans la forêt par centaines de milliers. Beaucoup y meurent de faim et de manque de soins.


 

Attac Rhône appelle à manifester :

" Elf ne fera pas la loi au Congo-Brazzaville ! "

Attac Rhône condamne le fait qu'une multinationale ait balayé d'un coup d'état un processus de démocratisation déjà chaotique au Congo-Brazzaville. Elf a permis à Denis Sassou Nguesso de mener une guerre contre son propre peuple. En effet, il a recruté des mercenaires et armé ses troupes (y compris étrangères) grâce au soutien financier d'Elf, avec des fonds ayant transité par des circuits obscurs.

L'enjeu de cette guerre, c'est la pérennisation du pillage des ressources de l'Afrique par des groupes français (Elf, Bolloré, Paribas...). c'est le déni du droit du peuple congolais à une rémunération équitable de ses exportations. En effet, Sassou NGuesso a garanti à Elf que le Congo-Brazza se contenterait d'une part de recettes pétrolières de 17%, contre les 33% qu'avait obtenus le président renversé par le coup d'état de 1997.

Attac Rhône dénonce cette politique néocoloniale, menée par des réseaux affairistes dont les pratiques occultes n'existent que grâce aux paradis fiscaux, blanchisseurs d'argent sale. Attac Rhône souhaiterait que l'Etat français dénonce de telles pratiques et fasse ce qui est en son pouvoir pour y mettre fin.

L'alibi de la concurrence internationale ne peut en aucun cas justifier une complicité de crime contre l'humanité. L'utilisation de cet alibi n'est que la preuve d'un mépris vis à vis du droit des Africains à décider de leur avenir en toute indépendance.

Nous refusons cette logique ultra-libérale qui met le profit au-dessus de la vie des peuples ; Attac se bat pour une réappropriation du politique par les citoyens et contre le pouvoir exorbitant des multinationales. État dans l'Etat, le rôle d'Elf au Congo-Brazzaville est caractéristique des ravages de la mondialisation ultra-libérale. Mépris de la volonté des peuples, mépris des droits de l'Homme: voilà ce que cette mondialisation porte en son sein.

Le drame congolais nous concerne tous,
Manifestons...

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RÉPUBLIQUE DU TCHAD

COORDINATION DES MOUVEMENTS ARMES
ET PARTIS POLITIQUES DE L'OPPOSITION
(CMAP)


COMMUNIQUE N° 001/CMAP/2000

La CMAP a appris sans surprise la grève des étudiants tchadiens à N'Djaména. Elle soutient fermement ces jeunes en lutte pour avenir et invite la population tchadienne à les aider.

La CMAP revendique la jeunesse du Tchad l'accès à l'éducation et à la formation dans des conditions décentes et ainsi que le droit à l'emploi pour les universitaires en fin de formation.
Mais il est de notoriété publique que le général Idriss Déby préfère piller les caisses de l'Etat et renforcer son potentiel de répression plutôt que de promouvoir le secteur de l'éducation, vital pour l'avenir du pays puisque vitale pour la formation de nos cadres et dirigeants de demain.


La CMAP exprime également son indignation devant les rafles menées par la soldatesque de Déby dans le Nord-Est du Tchad. Les victimes de ces opérations, des jeunes gens, mineurs pour la plupart, après avoir été parqués dans différents camps d'entraînement, se voient ensuite utilisés comme boucliers humains sur les pistes minées du Tibesti. Ces recrutement forcés, ces crimes contre notre jeunesse, sont passés sous silence.

La CMAP dénonce encore les perquisitions sans motif de nombreux domiciles n'djaménois menés manu militari par la GSP (Groupement de la sécurité Présidentielle).
Devant ces violations flagrantes des droits de l'Homme, la CMAP demande instamment à la communauté internationale et aux organisations de défense des droits de l'Homme d'intervenir auprès du gouvernement tchadien afin de l'amener à respecter les instruments internationaux qu'il a ratifiés, en particulier la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples et la convention Relative aux Droits de l'Enfant adoptée par les Nations Unies.


En voilà assez ! La CMAP dit Non à toutes ces pratiques dictatoriales et plus que jamais est résolue à combattre la mafia au pouvoir à N'Djaména, pour un avenir meilleur, pour un État de droit, pour l'égalité de tous les Tchadiens devant la loi.

Fait le 12 janvier 2000

Le porte-parole de la CMAP
Antoine BANGUI

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RÉPUBLIQUE DU TCHAD
COORDINATION DES MOUVEMENTS ARMES
ET PARTIS POLITIQUES DE L'OPPOSITION
(CMAP)


COMMUNIQUÉ N° 002/CMAP/2000

La CMAP apprend avec satisfaction la résolution prise le jeudi 20 janvier 2000 par le parlement européen " demandant la suspension des crédits publics alloués en faveur du projet d'oléoduc entre le Tchad et le Cameroun tant que les exigences sociales et environnementales n'auront pas été garanties ".
cette mesure, qui répond aux attentes du peuple tchadien, condamne implicitement le régime dictatorial en place à N'Djaména et retire au général Idriss Déby les ressources sur lesquelles il comptait pour renforcer et perpétuer son pouvoir.
La CEMAP, dont l'objectif est un développement harmonieux dans une alternative économique, s'oppose, dans les conditions actuelles, a toute extraction du pétrole sur l'ensemble du territoire tchadien. En effet, la mainmise du pétrole de Doba par les tenants du pouvoir, loin de permettre aux populations de profiter des retombées économiques les placera encore d'avantage sous la coupe du régime répressif et corrompu et, dans cette zone très peuplée du Sud Tchad, essentiellement agricole, contribuera à déstabiliser un environnement déjà fragilisé par de multiples agressions.
La CEMAP dénonce également la politique de la terre brûlée appliquée dans la région Nord du Tchad et le déplacement forcé des populations villageoises regroupées ensuite dans d'autres localités contrôlées par les forces gouvernementales. De sources concordantes, nous apprenons que villages et palmeraies sont détruits et incendiés, les habitants terrorisés et chassés de chez eux.
La CEMAP souhaite également attirer l'attention de la communauté et des institutions financières internationales sur les aides et crédits accordés au Tchad pour lutter contre la pauvreté et/ou améliorer les conditions de vie des populations. Comme dans toutes les dictatures où la transparence de l'utilisation de l'argent public n'est pas assurée, et contrairement à ce que nous serions en droit d'espérer, les fonds ainsi versés sont sciemment détournés par les fidèles inconditionnels placés à la tête de tous les projets de développement et contribuent surtout au renforcement du système d'Idriss Déby et à son enrichissement personnel.
La CEMAP demande une fois de plus à la communauté internationale de prendre des mesures qui s'imposent contre le régime terroriste du général Idriss Déby afin que cessent les exactions dont sont les victimes les populations civiles du Tchad.

Fait le 24 janvier 2000
Le porte-parole de la CMAP
Antoine BANGUI

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RÉPUBLIQUE DU TCHAD
COORDINATION DES MOUVEMENTS ARMES
ET PARTIS POLITIQUES DE L'OPPOSITION
(CMAP)





COMMUNIQUÉ N° 003/CMAP/2000



La CMAP approuve sans réserve les plaintes portées contre l'ex-dictateur du Tchad, Hissein Habré, qui a fait régner la terreur pendant neuf ans dans notre pays avec l'instauration d'un régime de délation et d'un appareil de répression sans précédent. Le livre blanc publié en 1991 fait état de plus de quarante mille personnes mortes ou disparues. Ce rapport est tombé dans l'oubli et le régime du général Idriss Déby, hier le principal bras armé de Hissein Habré avant de devenir son rival et son ennemi, n'a pas permis de faire justice et de poursuivre les bourreaux toujours en place sous cette nouvelle dictature.


L'impunité est depuis trop longtemps dans l'ordre des choses au Tchad. La CEMAP s'associe à toutes les victimes qui demandent réparation et fera tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir les associations qui luttent pour qu'enfin justice soit faite avec l'aboutissement des plaintes contre Hissein Habré pour " crimes contre l'humanité et actes de torture ". elle considère que seul un acte de justice devant un tribunal international pourra faire prendre conscience à la communauté internationale des traumatismes subis par les populations tchadiennes jusqu'ici muselées.

La CEMAP estime également qu'au niveau national seule une Commission Justice, Vérité et Réconciliation permettra de démonter les mécanismes de violence afin que les plaies laissées par plus de trente ans d'affrontements se cicatrisent et que les tchadiens parviennent à reconstruire ensemble une société où toutes les communautés coexistent en paix dans un État de droit.

Fait le 28 janvier 2000
Le porte-parole de la CMAP
Antoine BANGUI

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DJIBOUTI : Tant bien que mal
(Extrait de la Lettre de l'Océan Indien - LOI)

"malgré l'analyse en demi-teinte réalisée par les experts du Fonds monétaire international (FMI) à la fin de l'année 1999 (LOI n°887), les missions du Fonds se succèdent à Djibouti en prévision de l'examen de suivi de la Facilité d'ajustement structurel renforcée (FASR) qui doit intervenir en mars...."

La lettre de l'Océan Indien poursuit en signalant les visites

  • de l'Executive Director gabonais Alexandre Barro-Chambrier, qui représente 23 pays africains, dont Djibouti, au conseil d'administration du FMI,
  • du directeur du département Moyen-Orient du FMI, Paul Chabrier,
  • d'une équipe de techniciens du FMI, dirigée par M. Van Kan Thai, chargée de rédiger un rapport.

"... Ce rapport sera présenté au conseil d'administration du FMI en mars 2000. Le principal obstacle à un déboursement de cette seconde tranche au printemps 2000 est la sérieuse dégradation du déficit budgétaire djiboutien: 10 milliards FD (1 $ vaut 177 FD). Les fonctionnaires du FMI s'intéresseront également à la restructuration du secteur bancaire, au programme de démobilisation et à la réforme du système de taxation. Selon l'échéancier de la FASR, toutes ces réformes doivent en effet être terminées avant la fin de l'an 2000"

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29/01 LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS


Le Président : Noël Abdi Jean-Paul
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel : 253 357 804
Domicile Tel/Fax : 253 358 007

Djibouti, le 29 janvier 2000


COMMUNIQUE DE PRESSE N.6/LDDH/00 du 29 janvier 2000

Sur l'éducation nationale et la santé publique

La crise réelle au niveau de L'ÉDUCATION et de la Santé c'est que les travailleurs de ces deux départements vitaux et prioritaires sont mal payés avec plusieurs mois de salaires gelés et en retards, avec des salaires qui n'ont jamais connu depuis plus d'une décennie d'augmentations
au niveau du " salaire de base " afin de compenser l'inflation des prix même au niveau de l'Office Nationale des Eaux (ONED), et surtout depuis le conflit armé interne de 1991, ces mêmes salaires de base ne connaissent que des amputations des impôts à la base, soit sous l'appellation d'impôt de solidarité, soit sous tout autre appellation.


Malgré le silence pudique de plusieurs enseignants et infirmiers, cadre paramédicaux, etc.

Ils vivent depuis quelques mois dans l'obscurité. Les premières victimes sont ceux qui ont un seul salaire ou souvent mal payés par les Finances de 1'Etat et qui ne sont plus en mesure / n'arrivent plus à régler les factures de 1'E.D.D. L'on doit se poser au moins ces deux questions?

- Comment un enseignant sang électricité peut-il corriger les cahiers de ses élèves ?
- Comment un enseignant et un infirmier sans électricité qui se sont débattus toute la nuit contre les moustiques en saison fraîche et contre la chaleur en saison chaude peuvent-ils être opérationnels et rester debout toute la journée à enseigner ou à soigner ?


cette réalité doit être prise en compte d'une manière urgente, tout comme le blocus éducatif et sanitaire dans le nord de notre pays avec la fermeture d'un nombre très important d'écoles primaires surtout dans la région D'OBOCK ainsi que la réalité d'un manque très inquiétant d'antenne médicale.


La LDDH accorde une attention et un intérêt constant à L'ÉDUCATION Nationale et à la Santé Publique en Général, ainsi qu'au blocus éducatif et sanitaire en zone de guerre en particulier.

La LDDH suit et observe les travaux des Etats Généraux.

La LDDH ne manquera pas d'encourager toutes les initiatives en faveur du développement de ces deux secteurs hautement sociaux.

 

Ligue Djiboutienne des Droits Humains
(L.D.D.H.)
Le Président

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31/01 - MONTÉE DE TEMPÉRATURE À ADDIS-ABEBA --
PAR ALEM AYYEN


Extrait du SITE DES "NOUVELLES D'ADDIS".
Pour comprendre le conflit érythréo-éthiopien (origines, issues, enjeux),
rendez-vous régulièrement aux pages publiées par "les Nouvelles d'Addis" : www.lesnouvelles.org


 

selon des sources éthiopiennes et occidentales concordantes, les prochains jours pourraient voir une "initiative éthiopienne forte" dans la guerre opposant l'Éthiopie et l'Érythrée depuis vingt mois.

CONTEXTE POLITIQUE. -- au mois de mai, se tiendront des élections générales pour le renouvellement du Parlement éthiopien (Chambre des représentants des peuples et Chambre de la fédération). Même s'il est admis que l'opposition éthiopienne n'est pas en condition de "faire beaucoup de mal" au pouvoir en place, une élection reste une élection - d'autant que celle-ci est placée sous haute surveillance des institutions financières internationales - ; le risque d'une redistribution des cartes à l'intérieur même du pouvoir n'est pas à exclure. Dans cette perspective, les "libéraux-pragmatiques" misant sur le développement doivent tenir compte de la pression de plus en plus forte de "challengers" militaro-nationalistes par opportunité. Nécessité donc, pour les uns et pour les autres, d'adresser "un signe fort" à l'opinion naissante dans le pays ; et de le faire "maintenant", où bonnes conditions climatiques et montée en puissance du débat électoral coïncident. Ironie tragique, la "so!
lution" militaire pourrait se trouver privilégiée surtout pour ajourner les conflits internes du parti au pouvoir.


DEUX HYPOTHÈSES. -- 1) La voie politique. Toujours possible, puisque, ces dernières semaines, nous avons constaté une survalorisation mutuelle de la scène internationale de la part de l'Éthiopie et de l'Érythrée, que ce soit pour relancer les initiatives (en Afrique et en Europe) ou pour remuscler le discours (aux États-Unis). Même si le résultat de cette stratégie n'est pas lisible aujourd'hui, une initiative diplomatique éthiopienne, de tonalité radicalement nouvelle (dans le seul cadre crédible, le plan de paix de l'OUA), en point d'orgue du nouveau cycle diplomatique, n'est pas à exclure. -- 2) La solution militaire. Très crédible, celle-ci pourrait prendre la forme d'un "gros coup de pouce", pour reconquérir des zones chères à l'Éthiopie, dans la région de Zala Anbessa (nord)

L'HYPOTHÈSE MILITAIRE. -- Des Éthiopiens d'Addis-Abeba, en voyage privé dans le nord du pays (entre Addigrat et Meqellé, 100 km du front), nous ont rapporté cette semaine que "la circulation serait fermée aux civils dans les quinze prochains jours". Par ailleurs, on note un regain de "sujets guerriers et nationalistes" à la télévision éthiopienne, comprenant "certaines images subliminales de victoire". Propagande subtile, pour le moment. Mais des voix se font entendre, parmi les jeunes de la capitale notamment, critiquant "le parti du nord", coupable selon eux de mener "une politique guerrière contraire aux intérêts du pays". S'ils veulent étouffer les effets de ce mouvement pacifiste naissant, dangereux dans la perspective électorale, les tenants de la solution militaire et ceux qui pourraient s'y trouver contraints devront agir vite. --
AA -- 30/01/00 -- © LNA 2000

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RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI
Unité - Égalité - Paix


MINISTÈRE DE LA JUSTICE
DES AFFAIRES PÉNITENTIAIRES
ET MUSULMANES


LA FAMILLE JUDICIAIRE DE DJIBOUTI
(MAGISTRATURE / BARREAU)



DJIBOUTI, le 25 janvier 2000


 

COMMUNIQUE DE PRESSE

La magistrature et le barreau de Djibouti ne peuvent demeurer plus longtemps sans réagir contre les allégations sans fondement de nature à porter publiquement encore une fois le discrédit sur la justice djiboutienne.

Les propos ainsi proférés par un ancien militaire connu défavorablement comme récidiviste par les juridictions pénales de Djibouti, et mettant gravement en cause sans la
moindre preuve la fiabilité et la crédibilité de notre justice en général et celles de l'Administration pénitentiaire en particulier, sont tout simplement repoussants que révoltants.


En salissant de sorte l'image de marque au demeurant sans reproche majeur de notre justice les Auteurs et instigateurs de cette duperie relayés en cela par un puissant lobby médiatique tentent vainement de porter atteinte à l'honorabilité et à la stature internationale du premier magistrat de Djibouti en l'occurrence le Chef de l'État.

La justice djiboutienne à la lumière des faits constatés est en droit de s'interroger sur l'existence d'une éventuelle corrélation entre les instigateurs de cette campagne de
délation calomnieuse et l'affaire de la cassette piégée adressée au Chef de l'État par voie postale depuis une grande ville française, quelques jours après la signature de l'accord de paix d'Abaa du 20 décembre 1994.


Seule l'information en cours de ce chef pourra déterminer les tenants et les aboutissants de cette machination à l'évidence orchestrée manifestement dans l'intention de nuire au régime.

Il en est de même de l'incursion le 6 décembre 99 dans la prison de GABODE à l'aide des moyens frauduleux et muni d'une camera cachés, d'une journaliste de télévision État française avec en prime un reportage télévisé diffusé par France 2 pas plus tard que jeudi dernier dans le Journal de 20 heures.

Cette forfaiture de plus, exécutée avec préméditation en violation de nos dispositions légales, toujours dans le même souci inavoué de porter atteinte durablement aux institutions nationales pour ensuite ternir leurs dirigeants, illustre s'il en est besoin la duplicité concertée et subversive d'un lobby français agissant en marge de la légalité avec une impunité désarçonnante.

Dès lors, la Famille Judiciaire de Djibouti confiant dans une justice tant djiboutienne que française s'acquittant de sa mission en toute sérénité sans pression ni entrave quelconque, se propose sans délai de demander aux autorités Judiciaires djiboutiennes de faire respecter à l'avenir par nos partenaires français une meilleures réciprocité dans l'entraide judiciaire entre la France et Djibouti, hélais pas trop souvent en sens unique, s'agissant d'affaires civiles et/ou pénales à de nombreuses reprises restées sans réponse.

En tout état de cause, la famille judiciaire toutes origines confondues assure le Chef de l'Etat, dont elle connaît l'attachement à l'établissement d'un état de droit à
Djibouti, de son entière solidarité face à l'adversité médisante d'où qu'elle vienne

Pour les magistrats du Parquet
Le Procureur Général
Ali Mohamed ABDOU


Pour le Barreau de Djibouti
Le Bâtonnier
Me Wabat DAOUD


Pour les Magistrats du siège
Le Premier Président de la Cour d'Appel
Mohamed Warsama RAGUEH


 

____________________________________________________________

Note de l'ARDHD :

Même s'il est rédigé avec maladresse, ce texte est important. Pour compléter l'analyse, il conviendrait de connaître les pressions qui auraient pu être exercées sur les signataires.

Peut-on imaginer convaincre un seul instant en affirmant le contraire de la réalité !
Les signataires pensent-ils vraiment convaincre l'opinion publique par le seul fait d'affirmer que Djibouti est un État de Droit, alors que c'est notoirement faux.
C'est tout le crédit de leur communiqué qui est en jeu .... et au-delà celui de leur profession et de leur honneur.


On pourrait certainement critiquer les méthodes utilisées par la journaliste, mais :

  • son reportage s'est limité à montrer la réalité dans les prisons djiboutiennes et rien de plus. Peu importe la manière dont elle a pu filmer ... les faits / les images sont incontestables et d'ailleurs le communiqué ne les conteste pas.

    en décembre 99, Djibouti avait arrêté et saisi illégalement tout le matériel de deux journalistes français .... Alors on peut comprendre que les suivants se méfient !

La "famille judiciaire" djiboutienne porte une très large part de responsabilité dans les mauvais traitements infligés aux prisonniers et dans toutes les violations des Droits de l'Homme et de la Défense, puisqu'elle y a contribué activement et qu'elle ferme pudiquement les yeux depuis de nombreuses années. Ce n'est pas en publiant un communiqué comme celui-ci qu'elle lavera son honneur irrémédiablement atteint.


Pour elle, il n'y a plus qu'un moyen retrouver un peu de crédit, c'est de contribuer véritablement à rétablir une situation de droit, de démocratie et d'équité et de dénoncer toutes les violations des Droits de l'Homme commises sous ses yeux et avec son assentiment....


Nous sommes particulièrement choqués par la prise de position des avocats dans cette affaire : ils confirment (ce que nous publions depuis plusieurs mois) qu'ils ont totalement perdu leur indépendance et qu'ils ont trahi leur serment.

La honte aussi sur Mes MARTINET, MONTAGNE et les autres avocats qui sont solidaires de leur bâtonnier dans ce triste épisode.

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PARTI NATIONAL DÉMOCRATIQUE
République de DJIBOUTI
Représentation en France et en Europe


COMMUNIQUE DE PRESSE du 31 Janvier 2000

ALI-SABIEH(RÉPUBLIQUE de Djibouti):
UNE MANIFESTATION PACIFIQUE EST
RÉPRIMÉE DANS LE SANG :
LA GENDARMERIE LOCALE TIRE A BALLES RÉELLES
SUR LA FOULE : 1 ENFANT DE 13 ANS TUE, 3 BLESSÉS-

LE PARTI NATIONAL DÉMOCRATIQUE CONDAMNE CET ACTE CRIMINEL ET DEMANDE L'OUVERTURE D'UNE INFORMATION JUDICIAIRE
CONTRE LES AUTEURS DE CET ACTE BARBARE


Ali-Sabieh est une importante ville de l'intérieur. Elle est située au
sud du pays.


Le 29 janvier 2000 à 15 h, heure locale. La gendarmerie a procédé à une
rafle au sein de la population sous prétexte de rechercher des vendeurs
de kath clandestins (le kath est une plante euphorisante que consomment
toutes les populations de la Corne de l'Afrique). La vente de cette
plante est légale à République de Djibouti comme dans le reste des pays
de la Corne de l'Afrique plus le Yémen voisin.


La population d'Ali-Sabieh s'est mobilisée pour s'opposer à la saisie du
kath appartenant à des commerçants de la ville. Environ deux mille
personnes ont manifesté devant la gendarmerie locale. Les gendarmes se
sont saisies de leurs armes " kalachnikoff " et l'un d'eux a carrément
tiré sur la population sur ordre du chef de la gendarmerie du nom
de OMAR FARAH. Un des manifestants est atteint en plein front et meurt
sur place. Trois autres personnes sont blessées assez gravement. La
personne décédée est un enfant de 13 ans qui s'appelle ABDOURAHMAN
HASSAN ISMAÏL


après cette fusillade, des milliers d'habitants de la ville se sont
dirigés vers les bâtiments administratifs et les ont inondés de pierres.
Certains sont montés sur les toits des bâtiments pour se saisir du
drapeau national et le déchirer en criant " ce n'est plus notre
drapeau".


La ville d'Ali-Sabieh est considérée comme le fief de M. ADEN ROBLEH
AWALEH, le Président du Parti National Démocratique (PND). Lors de la
dernière élection présidentielle, c'est l'opposition qui avait devancé
le candidat du pouvoir malgré les fraudes massives. Lors des élections
législatives de décembre 1997 c'est la liste du Parti National
Démocratique (PND) de M. ADEN ROBLEH AWLEH qui avait, en
réalité, remporté ces élections mais le parti au pouvoir avait tout
simplement " confisqué " la victoire en arguant qu'il avait gagné avec
une avance de 200 électeurs, des électeurs fantômes en somme puisqu'ils
provenaient d'un bureau de vote qui n'avait jamais existé.

Ce n'est pas la première fois que la ville d'Ali-Sabieh subit la loi des
kalachnikoffs. Plusieurs lycéens avaient déjà été tués il y a de cela
quelques années.


Le peuple de Djibouti est dans le désarroi le plus absolu. Il ne comprend
pas que le régime en place puisse utiliser des armes de guerre contre sa
propre population.

Signé SAÏDA BARREH
représentante du PND en France et en Europe
Tel: 0156081248
courriel: flc1@club-internet.fr

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DJIBOUTI : Situation de sécheresse 'de plus en plus désespérée', selon le PAM

Le PAM a répondu à la détérioration de la situation de sécheresse à Djibouti
en approuvant une opération d'urgence de 2,7 millions de dollars afin de
fournir une aide alimentaire à 100 000 personnes touchées, a annoncé
l'agence jeudi. 'Les symptômes de sécheresse sont clairement évidents dans
toutes les régions du pays,' a fait savoir Sanda Maina, représentant du PAM
à Djibouti, dans un communiqué de presse.


L'insuffisance des pluies a laissé les réservoirs d'eau à des niveaux dangereusement bas et des bêtes de bétail sont mortes soit par manque de pâturages soit parce que ces derniers se détériorent considérablement... l'afflux des familles nomades dans la ville révèle l'état de plus en plus désespéré de leur situation.

Dans les districts d'Ali' Sabieh et Dikhil, la situation est rendue encore plus
difficile par la présence de déplacés en provenance de Somalie et
d'Ethiopie,' a-t-il ajouté.


Le PAM déclare que son opération d'urgence comprendrait la distribution de 6 000 tonnes d'aide alimentaire entre maintenant et la mi-juin par l'intermédiaire du bureau des autorités:
'Office for Assistance to Refugees and Disaster Victims' (ONARS).


Nairobi, le 28 janvier 2000

 

 

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31/01 : LE FIGARO

ENQUÊTE : LA MORT DE BERNARD BORREL à DJIBOUTI


DEUX TÉMOINS BOUSCULENT LA JUSTICE


 

Les juges d'instruction parisiens Roger Le Loire et Marie Paule Moracchini doivent se rendre, aujourd'hui, à Bruxelles pour entendre l'ancien officier djiboutien, Mohamed Saleh Alhoumekani, dans le cadre de l'enquête sur la mort suspecte de Bernard Borrel , survenue en octobre 1995, à Djibouti. Adjoint à la sécurité dans la garde présidentielle à l'époque des faits, Mohamed Alhoumekani affirme que le magistrat français a été victime d'un assassinat commandité par l'actuel président Djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh lorsqu'il était chef de cabinet du Président Aptidon (nos éditions du 11 janvier).


Le militaire prétend avoir assisté à une discussion compromettante, en octobre 1995, dans les jardins du palais présidentiel, entre Ismaïl Omar Guelleh, et cinq autres personnes, dont un terroriste djiboutien impliqué dans l'attentat du " café de Paris ".
Awalleh Guelleh Assoweh, sorti de prison pour l'occasion. Ce dernier aurait indiqué au chef de cabinet " la mission est accomplie ", " le juge fouineur a été tué sans aucune trace ".


Plus de quatre ans après les faits, ce témoignage, fermement contesté par les autorités djiboutiennes, remet en question la thèse officielle du suicide de Bernard Borrel, à laquelle s'était ralliée la justice française. Malgré plusieurs éléments troublants. Informés dès le 22 novembre de l'existence de ce témoin, via interpol, les magistrats parisiens n'avaient pas jugé nécessaire de se déplacer.

La publication organisée par la partie civile les a contraints à lancer une commission rogatoire internationale en Belgique. Reste à savoir si Mohamed Saleh Alhoumekani acceptera de leur divulguer l'identité du " Français ", présent lors de la discussion sur la mort de Bernard Borrel.


L'enquête ne s'arrête pas là. Depuis les révélations de l'officier djiboutien, d'autres témoins se sont manifestés dans cette affaire, accréditant à leur tour la thèse d'un assassinat maquillé en suicide. Toujours à la demande des avocats de la famille Borrel, Mr Laurent de Caunes et Olivier Morice, Roger Le Loire a entendu en début de semaine dernière un ancien juge d'instruction djiboutien en poste sur place, à l'époque des faits. Réfugié en France depuis 1998, ce magistrat a indiqué sur procès-verbal que le procureur général de Djibouti Mr Afkada avait reçu " ordre de sa hiérarchie " de ne pas ouvrir d'information judiciaire pour " recherche des causes de la mort ", après la découverte du cadavre carbonisé de Bernard Borrel.


Ce jour-là, le procureur général s'était rendu sur les lieux du " suicide ", en hélicoptère, en compagnie du procureur de Djibouti et du Directeur des services judiciaires. A son retour au palis de justice, Mr Afkada avait affirmé à certains collègues : " Ca ne peut pas être un suicide : cela ressemble à une mise en scène ". Il envisageait alors d'ouvrir une enquête, lorsqu'un contre ordre l'en a dissuadé.


Ce retournement serait intervenu après une visite de Jean-Jacques Mouline, chef de la mission de la coopération à Djibouti, au ministre de la justice, Moumin Badon Farah. Peu après, un communiqué officiel annonçait le regrettable suicide de Bernard Borrel.

Alexandrine Bouilhet.


EXTRAIT LE FIGARO DU 31 JANVIER 2000

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LEVÉE DE BOUCLIERS DE L'EUROPE
CONTRE L'ARRIVÉE DE L'EXTRÊME-DROITE
EN AUTRICHE ET LES RISQUES "POTENTIELS"


QUE FAIT-ON POUR DÉNONCER
LES DICTATURES "AVÉRÉES" DANS LE MONDE ?


 

L'arrivée de l'extrême-droite en Autriche réveille de mauvais souvenirs : guerre, crimes contre l'humanité. L'Europe réagit "à titre préventif" face à des risques potentiels de dérapage...

Il est troublant de constater une telle mobilisation dans un cas et une absence de réaction face aux dictatures avérées dans le Monde. A Djibouti, on viole tous les jours les Droits de l'Homme, on emprisonne sans jugement, on exécute sommairement, on tue des enfants dans la rue, on viole des femmes, on torture, on fait la guerre ..... on assassine peut-être des juges français "fouineurs",

et pourtant les réactions sont encore très "molles" pour dénoncer ce régime.

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LE TÉMOIN RÉFUGIÉ A BRUXELLES CONFIRME SON TÉMOIGNAGE EN DÉPIT DE LA PRESSION EXERCÉE PAR LES JUGES FRANÇAIS.

La piste d'un réseau corse qui pourrait être impliquée dans l'assassinat, ce que nous évoquions dans le numéro 18 de LA LIBERTÉ

 

Extrait du FIGARO du 3 février 2000

DJIBOUTI

Audition tendue à Bruxelles

Les conditions de l'interrogatoire
inquiètent la partie civile à Paris


L'instruction menée à Paris sur la mort suspecte du juge .Bernard Borrel à Djibouti, en 1995, fait désormais l'objet d'une polémique dans les milieux judiciaires. Entendu pendant plus de quatre heures lundi après-midi, à Bruxelles, par les juges Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini, l'ancien officier djiboutien Mohamed Saleh Alhoumekani a confirmé, en le précisant, le témoignage qu'il avait livré au Figaro (nos éditions du 11 janvier).


Adjoint à la sécurité de la garde présidentielle à l'époque des faits, M. Alhoumekani accuse l'actuel chef de l'État djiboutien, Isamïl Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président Aptidon, d'être impliqué dans l'assassinat de Bernard Borrel. Une version des faits que les autorités djiboutiennes démentent avec fermeté.


Lors de son audition, qui s'est déroulée dans un climat tendu, le militaire a également confié aux magistrats l'identité des deux étrangers présents le 19 octobre 1995 dans les jardins du palais présidentiel, lorsque fut, selon lui, évoquée la mort brutale de Bernard Borrel. Il s'agirait, d'après nos informations, d'un terroriste libanais impliqué dans l'attentat anti-français du café de l'Historil, survenu en 1986 à Djibouti, et d'un homme d'affaires corse.


Devant l'importance de ce témoignage qui remet en cause la thèse officielle du suicide, le juge Moracchini aurait fait preuve d'une grande méfiance, demandant à plusieurs reprises au témoin s'il ne souhaitait pas revenir sur ses déclarations. Le magistrat aurait mis en garde l'ancien officier sur les risques qu'il encourait en maintenant ses accusations sur procès-verbal. Marie-Paule Moracchini envisage de se rendre à Bruxelles dans quelques jours pour procéder à une nouvelle audition du témoin.


Les conditions de cet interrogatoire, auquel assistait un officier de police judiciaire belge, inquiètent la partie civile à Paris et des connaisseurs du dossier à Bruxelles. Hier, les avocats de la famille Borrel, mes Olivier Morice et Laurent de Caunes, se sont entretenus pendant plus d'une heure avec le procureur de Paris, Jean-Pierre Dintilhac. Ils ont évoqué les méthodes des enquêteurs chargés de cette procédure ouverte pour " assassinat " depuis plus de deux ans, mettant l'accent sur le peu d'empressement des juges à entendre ce témoin capital, réfugié en Belgique.


Les avocats de la partie civile ont conclu leur entretien en demandant au procureur le dessaisissement des deux magistrats. Pour l'instant, une telle décision n'est pas à l'ordre du jour. " Il faudrait qu'une plainte soit déposée à Bruxelles pour que les conditions d'un dessaisissement soient étudiées ", précisait-on hier de source judiciaire. Sollicité hier par Le Figaro, Me Luc Cambier, l'avocat bruxellois de Mohamed Saleh Alhoumekani, n'a pas souhaité faire part de ses intentions.

 


Alexandrine Bouilhet
Le Figaro

 

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4/02 - LIBERATION :
MORT SUSPECTE D'UN JUGE À DJIBOUTI

Un ex-lieutenant conteste la thèse du suicide de Bernard
Borrel en 1995. Un témoignage déterminant qui se
heurte à la réticence des juges français.

Extrait de LIBÉRATION du 4/02 Par KARL LASKE

Le vendredi 4 février 2000

 

"selon nos règles, lorsqu'une autorité se trouve à l'extérieur, on est obligés d'être assez près. Et là, à 13 h 40 j'apprends que la mort de M. Borrel est un crime."

Le lieutenant Alhoumekani


" Le juge Borrel, c'était un type sociable, connu pour sa gentillesse. On ne pouvait pas s'imaginer qu'il s'agissait d'un crime, explique Mohamed Saleh Alhoumekani, ancien lieutenant de la garde présidentielle a Djibouti. C'est vrai que je suis un témoin, peut-être le principal témoin dans l'affaire Borrel " Le 19 octobre 1995, vers 6 heures du matin, le corps de Bernard Borrel, magistrat français détaché auprès du ministre de la Justice de Djibouti, est retrouvé au creux d'un ravin, à moitié calciné. La rumeur dit qu'il se serait immolé par le feu au moyen d'un bidon d'essence, avant de basculer dans le vide.


Le lieutenant Alhoumekani est au palais présidentiel quand il apprend la nouvelle au matin du 19 octobre. Un peu incrédule. Ce jour-là les employés quittent le palais vers 13 heures. Les issues sont fermées. Le chef de cabinet du président, Ismaïl Omar Guelleh - qui n'est autre que l'actuel chef de l'Etat - annonce à la garde qu'il attend une visite. Cinq hommes arrivent dans un 4 x 4. Parmi eux, leur chef direct, le colonel Ahmed Mahdi. Le lieutenant Alhoumekani aperçoit aussi Hassan Saïd, le chef des services spéciaux, deux étrangers, et Awalleh Guelleh, un militaire mis en cause dans l'attentat du café de Paris en 1990, et qui est censé être écroué. Le groupe se réunit dans le jardin du palais. "Selon nos règles de sécurité, lorsqu'une autorité se trouve à l'extérieur - jardin ou place publique -, on est obligés d'être assez près. " Le lieutenant entend la conversation. "Air là, à 13 h 40, J'apprends que la mort de monsieur Borrel est un crime. " Awalleh Guelleh annonce que " le juge fouineur est mort". S'adressant aux deux étrangers, le chef de cabinet demande si "le travail a été correctement fait". L'un d'eux veut savoir si la main courante du check-point de la route empruntée par Borrel a pu être récupérée. Le Colonel Mahdi, chef de corps de la gendarmerie, répond qu'il l'a fait.

Scepticisme. Ce bref échange est l'essentiel du témoignage de Mohamed Saleh Alhoumekani, aujourd'hui résident en Belgique. Lundi, les juges d'instruction Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire se sont déplacés à Bruxelles pour en avoir confirmation, après que le Figaro en eut révélé la teneur. Cela faisait plus d'un mois et demi qu'Alhoumekani attendait ça. Il avait signalé à la police judiciaire belge son désir de témoigner, et éventuellement de bénéficier des dispositions d'anonymat prévues par la justice belge. Interpol avait transmis, mais les juges n'avaient pas donné suite. Dès la parution du Figaro, le porte-parole du gouvernement djiboutien a qualifié de "mensongères" les accusations d'Alhoumekani visant l'actuel président de la République. "L'idée qu'Awalleh Guelleh ait assassiné le Juge Borrel est une absurdité puisqu'il était en prison au moment des faits", proteste Me Francis Szpiner, avocat du président Ismaïl Omar Guelleh. Me Szpiner a remis au juge le dossier militaire du témoin, porté déserteur par l'armée, et la fiche d'écrou d'Awalleh Guelleh, preuve de son incarcération à l'heure du meurtre du juge Borrel. Ces éléments de réfutation ont conduit les juges français à recueillir les accusations d'Alhoumekani à Bruxelles avec beaucoup de scepticisme. Et même plus. Les circonstances de l'audition de l'ancien lieutenant ont donné lieu, mercredi, à une plainte de son
avocat, Me Luc Cambier, devant le procureur du roi.


"Lors de cette audition, Mme le juge d'instruction (Marie-Paule Moracchini, ndlr) a. tenu des propos d'intimidation en vue d'obtenir la rétractation de son témoignage, indique cette plainte. Elle a fait part à M. Alhoumekani que son témoignage déplaisait au président Djiboutien. Ensuite Mme le juge a souligné qu'il se mettait dans une situation de réel danger compte tenu de la présence à Djibouti des mafias libanaise et corse. " L 'ancien lieutenant a en effet donné l'identité des deux étrangers - l'un albanais, l'autre corse - présents lors du
"compte-rendu" de l'assassinat. La Juge Moracchlnl a prévenu Alhoumekani qu '"il est possible qu'il revienne sur ses déclarations". cette plainte a provoqué, hier, le dépôt d'une demande de dessaisissement pour suspicion légitime des juges
Morachini et Le Loire par les avocats de la veuve du juge Borrel, Me Olivier Morice et Laurent de Caunes. La partie civile se plaint déjà depuis un certain temps "des conditions dans lesquelles l'instruction s'est déroulée", elle n'a pas été représentée lors de la reconstitution des faits à Djibouti en mars 1999. Avant même que les juges français soient désignés, Élisabeth Borrel, aujourd'hui juge des tutelles à Toulouse, avait pu constater bien des étrangetés: l'absence d'autopsie sur place, la disparition du dossier médical de son mari et la visite d'un gendarme français venu récupérer un mystérieux document à son domicile.


Autopsie. À la recherche d'un mobile au suicide, les investigations se sont focalisées, sans résultat, sur la vie privée du juge plutôt que sur ses activités professionnelles, qui le plaçaient au coeur de l'Etat djiboutien. L'autopsie n'a été réalisée que tardivement en février 1996, en France. En juillet 1997, c'est encore Élisabeth Borrel qui demande une expertise médicale. Le légiste conclu que le corps de Bernard Borrel n'a pu s'enflammer qu'après sa mort, compte tenu de l'absence de produits de carbonisation dans ses poumons. Le juge ne s'était donc pas immolé.


La brigade criminelle a vu dans l'attitude d'Elisabeth Borrel "une approche subjective et suspicieuse des faits". en novembre, la police concluait étrangement ses premières investigations : "Sauf à envisager l'existence d'un vaste complot politico-judiciaire impliquant la dissimulation d'éléments d'enquête par les premiers intervenants, des procès-verbaux volontairement erronés, des examens médicaux orientés et une conspiration généralisée du silence, l'hypothèse d'un assassinat ne peut à ce jour être sérieusement retenue. "


Mobile. Le témoignage d'Alhoumekani prend donc les enquêteurs à rebrousse-poil. L'ancien lieutenant affirme en effet qu'il s'est rendu au chek-point emprunté par le 4 x 4 du juge Borrel et par le véhicule de ses meurtriers. "J'ai eu la confirmation qu 'ils seraient passés et que le chef de corps de la gendarmerie était venu récupérer le registre de main courante et leur en avaient donné un nouveau", déclare-t-il. Reste l'objection principale.

Comment cette opération aurait pu être organisée par un homme emprisonné au moment des faits ? "Awalleh Guelleh bénéficiait d'un permis spécial, rétorque Alhoumekani. Il pouvait quitter la prison le soir et y revenir le matin. Je l'ai vu moi-même à plusieurs reprises dans la résidence privée du chef de cabinet, lorsque j'avais des messages urgents à lui transmettre. "Qu'ils aient pu agir de concert est totalement impossible" : rétorque Me Francis Szpiner. L'avocat du Président affirme qu'Ismaïl Omar Guelleh avait lui-même pesé en faveur de la réincarcération du terroriste Awalleh Guelleh, en 1994. "Quant à l'existence d'un mobile, Borrel n'avait aucun pouvoir d'investigation." Le juge Borrel avait pourtant été en contact avec son collègue Roger Le Loire chargé de l'enquête française sur l'attentat du café de la Paix.

Le juge "fouinait-il" dans d'autres directions? Sa veuve croit savoir qu'il s'était. aussi intéressé à une affaire de faux dollars. Un Camerounais trafiquant de haut vol, suivi de près par les services spéciaux français, avait d'ailleurs été brièvement arrêté à Djibouti après avoir escroqué plusieurs personnalités locales. "Je préfère ne pas parler de cette affaire", dit Alhoumekani, qui a demandé à bénéficier d'une protection policière.


Extrait de Libération du 4/02


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