LA LIBERTÉ N° 35

Journal indépendant de tous les Djiboutiens de l'opposition.


La résidence personnelle de M. Guelleh à Djibouti.

Toutes les informations
que le régime dictatorial
de M. Ismaël Omar GUELLEH
cherche à vous cacher...

SOMMAIRE N° 35 du 20 au 26 mai 2000
- LES AUTORITES GOUVERNEMENTALES DE
DJIBOUTI AURAIENT DECIDE DE LIBERER LE 13 JUIN
LES ENFANTS MINEURS, INNOCENTS, INCARCERES A GABODE
ET SOUMIS AUX SEVICES LES PLUS GRAVES.

- CINQ PRISONNIERS POLITIQUES CROUPISSENT TOUJOURS A GABODE.
- LES PARTICIPANTS SOMALIENS A LA CONFERENCE D'ARTA DEMANDENT DES COMPTES A M. GUELLEH SUR LES FONDS CONSIDERABLES QU'IL A RECUS ...
- MÊME LA PRESSE INTERNATIONALE EST CENSUREE A DJIBOUTI !
- UNE TENTATIVE D'OUVERTURE EXPLOSIVE VERS ISRAËL ET VERS LES INTEGRISTES MUSULMANS.

21/05 : ONU - IRIN - Bulletin N° 20
La guerre entre l'Erythrée et l'Ethiopie,
L'embargo sur les armes, etc...

22/05 : Que se passe-t-il à DJIBOUTI ?
24/05 : TCHAD - Appel de N. Yorongar
24/05 : Arrêt de la Cour Suprême de Djibouti, qui casse un jugement en vertus de nullités d'ordre public ? Pourquoi les enfants mineurs ne bénéficient-ils pas eux aussi de cette jurisprudence qui leur serait pourtant applicable ?
23/05 - LDDH - Comment M. GUELLEH tente-t-il de museler la Presse internationale et en particulier la BBC ?
Sommaire de 'LA LIBERTÉ'
Tous les numéros depuis le N° 0

COURRIER DES LECTEURS
nous reprenons de façon anonyme en général (pour garantir la sécurité des auteurs)
le contenu intégral des lettres qui nous sont adressées.
Pour éviter toute polémique nous avons volontairement choisi de ne pas répondre aux critiques.

Nous publierons en revanche les messages des lecteurs qui souhaitent répondre.
L'ARDHD n'assume aucune responsabilité quant au contenu des messages de cette rubrique.
L'ARDHD rappelle qu'elle ne soutient aucune action politique, ni aucun parti
et qu'elle milite exclusivement en faveur de la paix et des Droits de l'Homme

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BRUITS ET RUMEURS

M. GUELLEH serait furieux de l'annonce sur TF1 par Me MORICE de l'existence d'un rapport de la DGSE le mettant personnellement en cause dans plusieurs affaires criminelles. Il aurait eu un entretien plutôt vif avec l'Ambassadeur de France pour lui signaler qu'il songeait à dénoncer les accords avec la France. Diplomate, l'Ambassadeur lui aurait répondu que les Autorités françaises étudiaient actuellement l'authenticité du document ...
A notre avis la réponse devrait tarder à venir ...... c'est une étude qui demande du temps surtout lorsque l'on n'a pas envie de répondre.


M. GUELLEH aurait fait part à son proche entourage de ses craintes compte-tenu de l'évolution des affaires criminelles à Djibouti. Il serait extrêmement inquiet sur les suites possibles et sur d'éventuelles mises en cause précises le concernant.

La recherce d'argent par tous les moyens, au prix de nombreuses contradictions ...

M. Guelleh s'est rendu en Italie accompagné de plusieurs ministres pour solliciter des subsides. Ce ne devrait pas être une démarche facile, car les autorités de Rome sont bien informées de la situation des D.H. à Djibouti.

C'est probablement la raison pour laquelle il tente un rapprochement avec les extrêmistes islamiques en les assurant clairement qu'il pourrait adopter, dans un avenir très proche, les lois fondamentales de l'Islam intégriste (ces lois dont les iraniens ont tant de mal à se débarasser ...)

Etant aux abois, mais pas à une contradiction près, M. Guelleh entretient discrètement une coopération renforcée avec ISRAËL, sans avoir encore renoué des relations diplomatiques officielles. ..

De nombreux fonctionnaires djiboutiens se forment en ISRAËL

A titre d'exemple, depuis la fin de l'année dernière, six agents de la SDS (Police politique djiboutienne tristement célèbre) sont en formation en ISRAËL. Ils ont été rejoints par d'autres fonctionnaires dont des militaires.

Plus récemment la nouvelle directrice de l'EPH (Etablissement Public des Hyrdrocarbures) a effectué un séjour d'un mois et demi en ISRAËL.

Toutes ces personnes transitent par l'Ethiopie pour se rendre en ISRAËL.

A ce rythme, comment M. Guelleh pense-t-il garder la maitrise de la situation et conserver un minimum de stabilité à la République de Djibouti. Rappelons qu'il vient déjà de céder la gestion du port à une entreprise étrangère ...

Dans ce schama, qui garantira la sécurité extérieure de Djibouti ? Qu'en pensent les djiboutiens ? Qu'en pense la France ? Comment espére-t-il concilier les intérêts des extêmistes islamistes avec ceux des Israëliens ?

Les participants à la Conférence de Réconciliation demandent des comptes à M. GUELLEH !!!

Les participants réunis à ARTA pour la Conférence de Réconciliation demandent des comptes à M. GUELLEH sur l'utilisation des fonds considérables qu'il a reçus pour la Somalie. M. Guelleh se serait vraiment 'fâché' : il ne supporte pas qu'on lui demande des comptes ...

La gestion des fonds destinés à la Conférence se fait dans l'opacité la plus totale. Les commandes de fournitures et d'approvisionnement se traitent de gré à gré, sans le moindre contrôle et seuls les commerçants proches du régime (ardents supporters et pourvoyeurs de fonds) reçoivent la manne...


On peut se demander les garanties de transparence que la BCIMR (filiale de la BNP) a obtenu en échange de 'sa contribution volontaire' de six millions de FD afin d'alimenter le fond ...

Le nouveau gouvernement somalien, lorsqu'il sera constitué pourra exiger la restitution de ses avoirs à Djibouti.

On peut prévoir, lorsque la Somalie aura reconstitué une administration, que le nouveau gouvernement demande à M. Guelleh de lui restituer la fortune de la CSBS (Banque Somalie de Djibouti) et les immeubles qui lui appartiennent et qui sont gérés en sous-main par le beau-frère du dictateur djiboutien, gouverneur de la Banque Nationale de Djibouti.

Depuis la déconfiture de l'Etat somalien, le gouverneur de la Banque nationale n'a rien publié sur la gestion des biens appartenant au pays voisin ...

Le directeur de la prison de Gabode fait du zèle

Déjà élu homme de la semaine par notre journal, pour son attitude monstrueuse envers les enfants mineurs incarcérés dans sa tristement célèbre prison et pour son laxisme vis à vis des sévices qu'ils subissent chaque jour, le Directeur de la Prison de Gabode a affiché une banderolle au dessus de la porte d'entrée de la Prison. On peut y lire que tous les détenus soutiennent la politique de M. Guelleh et en particulier son action pour la Somalie.

Les détenus ont-ils donné leur avis ? Sous quelle forme ? Qu'en pensent-ils ? En particulier les trois détenus depuis 1992 pour l'affaire du Café de Paris qui n'ont toujours pas été jugés et qui ont commencé une grève de la faim depuis trois jours. Leurs familles ont interrogé Monsieur DINI sur les raisons de son silence dans cette affaire, d'autant plus qu'il s'agit de combattants du FRUD..

Monsieur DINI, toujours silencieux, attendrait des réponses ..

M. Ahmed DINI attendrait toujours de recevoir des réponses aux questions qu'il a posées lors des différents entretien avec M Guelleh et avec les responsables gouvernementaux. Il n'aurait toujours rien reçu. Il semblerait que M. Guelleh, comme à son habitude, continue à essayer de gagner du temps, se retranchant sur le temps que lui prend la Conférence pour la Paix en Somalie. Les djiboutiens peuvent attendre, ils passeront après tout le reste. Mais pendant combien de temps ?

Peut-être pas si longtemps que cela :

  • parce que le blocus continue à être imposé aux populations du Nord,
  • parce que les combattants du FRUD, face à ce qui semble être un lent enlisement, ne baissent pas les bras et ne rendent pas les armes,
  • parce que l'opposition qui n'intervenait plus dans le débat afin de donner toutes ses chances au processus, pourrait estimer rapidement que le délai est maintenant dépassé ...

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REVUE DE PRESSE ET NOUVELLES BREVES

DJIBOUTI Une note de la DGSE mettrait en cause le chef de l'État
Extrait de 'Le Figaro' de la semaine dernière


Mobile possible pour l'affaire Borrel

L'affaire Borrel pourrait à nouveau rebondir, grâce à un document confidentiel attribué à la DGSE. Il s'agit d'une " note blanche " de cinq pages consacrées à Ismaïl Omar Guelleh, actuel chef de État djiboutien. Rédigé avant l'élection d'Omar Guelleh à la présidence de la République, ce document ne mentionne aucune information sur les conditions suspectes de la mort de Bernard Borrel, survenue en octobre 1995 à Djibouti. Il évoque en revanche l'attentat du Café de Paris -un mort et quinze blessés en 1990- comme l'une des nombreuses " affaires " dans lesquelles serait impliqué le chef de État djiboutien.

Divulgué hier soir sur TF1, ce document-dont la partie civile assure qu'il émane des services d'espionnage français- indique qu' " Ismaïl Omar pourrait être le commanditaire de l'attentat du Café de Paris ". Peu amène à l'égard de l'actuel chef État, cette note précise : " Le dossier présenté par les autorités locales sur cet attentat serait en fait une manœuvre d'intoxication ". Instruit à Paris par le juge Roger Le Loire, le dossier du Café de Paris avait abouti, en novembre 1998, à la condamnation par contumace de cinq personnes, dont quatre anciens militaires. Chef de cabinet du président Aptidon, Ismaïl Omar Guelleh n'a jamais été inquiété.

Pour la défense de la veuve du juge Borrel, qui est persuadée que son mari a été assassiné, les soupçons des services français à l'égard d'Ismaïl Omar Guelleh viennent étayer les accusations prononcées à son encontre par un ancien officier djiboutien réfugié en Belgique, accréditant la thèse du meurtre. Or, la justice française est persuadée que Bernard Borrel s' est suicidé. Selon l'expertise du Professeur Dominique Lecomte, directeur de l'Institut médico-légal de Paris, il se serait immolé par le feu en face de l'Ile du Diable : " la victime peut s'être déplacée dans une fuite instinctive de douleur ", résume l'expert, qui estime qu'elle aurait pu mourir ensuite de l'effet conjugué des brûlures et d'un œdème pulmonaire. Des conclusions contestées par la partie civile, qui entend demander une contre-expertise.

Les informations nouvelles sur l'attentat du Café de Paris constitueraient par ailleurs, à ses yeux, un mobile possible à un assassinat politique visant un magistrat trop curieux.

En 1995, lorsqu'il était en poste à Djibouti, Bernard Borrel était en effet intervenu auprès des autorités locales afin que les auteurs de l'attentat du Café de Paris ne soient pas libérés pour une erreur de procédure. Bernard Borrel avait également indiqué à son entourage qu'il ne fallait pas se contenter de poursuivre les exécutants de l'attentat. " Bernard Borrel était en mesure de nuire à Omar Guelleh dans le dossier du Café de Paris ", estime Me Olivier Morice, avocat de la partie civile.

Très circonspect sur l'authenticité du document présenté par la partie civile, Me Francis Szpiner, défenseur du chef de État djiboutien, refusait hier soir, de commenter le contenu de ces curieuses " notes blanches " attribuées à la DGSE. " Je ne réponds pas à des lettres anonymes, nous a indiqué l'avocat parisien. La partie civile n'a qu'à les remettre à la justice. On verra si c'est un document authentique ou un faux. Dans ce cas, ce sera au procureur de prendre ses responsabilités. "

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NATIONS UNIES
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires - IRIN
Pour l'Afrique Centrale et de l'Est
Tél: +254 2 622 147
Fax: + 254 2 622 129
E-mail: irin@ocha.unon.org


AFRIQUE CENTRALE ET DE L'EST: IRIN-CEA Bulletin hebdomadaire 20 (du 13 au 19
mai 2000)


SOMMAIRE:

ETHIOPIE-ERYTHREE: Les combats s'intensifient
ERYTHREE: Des centaines de milliers de personnes fuient
ETHIOPIE-ERYTHREE: L'ONU impose un embargo sur les armes
ETHIOPIE-ERYTHREE: D'énormes réserves d'armes
ETHIOPIE: Résultats des élections attendus le 7 juin
SOMALIE: Des inondations dans des régions limitées mais 'fragiles'

ETHIOPIE-ERYTHREE: Les combats s'intensifient


Les troupes éthiopiennes ont effectué jeudi une percée en territoire
érythréen s'emparant de Barentu, ville régionale stratégique et important
carrefour sur le front occidental. Des journalistes conduits jusqu'à la
ligne de front ont rapporté qu'en dépit des appels lancés pour mettre un
terme à la guerre, l'Ethiopie poursuivait son offensive, insistant sur le
fait qu'elle avait le droit de 'défendre' sa souveraineté. Utilisant des
hélicoptères de combat, des chasseurs bombardiers et des équipements
d'artillerie lourde, l'Ethiopie contrôlait maintenant 'la quasi-totalité de
l'espace aérien au-dessus du front occidental de Mereb sans riposte de
l'Eryhtrée', a rapporté un correspondant de la BBC sur place.


ERYTHREE: Des centaines de milliers de personnes fuient les combats

Les autorités érythréennes ont demandé au bureau de l'ONU pour la
coordination des affaires humanitaires (OCHA) de fournir une aide d'urgence
à quelque 200 000 nouveaux déplacés en bordure des lignes de front, a
déclaré le porte-parole de l'ONU, Fred Eckhard, jeudi à New York. Ont été
requis des produits alimentaires tels que des repas préparés et des biscuits
à haute teneur en protéines ainsi que des médicaments, de l'eau et du
matériel pour construire des abris. L'ONU a mis en place une unité de
réponse d'urgence sur place englobant les agences humanitaires de l'ONU, les
ONG et les représentants du gouvernement érythréen, a déclaré Fred Eckhard.
Le gouvernement affirme que 550 000 personnes venant de villages et de
campements, principalement de la région de Gash Barka, se déplaçaient en
direction des villes de Haikoita et Agordat, à environ 50-100 km de Barentu.


Des milliers d'Erythréens fuyant les combats faisant rage aux abords de la
ville érythréenne de Barentu ont traversé la frontière pour chercher refuge
dans l'Etat de Kassala au Soudan. Le HCR situe le nombre de nouveaux
réfugiés entre 6000 et 20 000, mais a signalé que selon certaines
informations, 80 000 érythréens supplémentaires attendaient de traverser la
frontière. Le porte-parole du HCR Ron Redmond a fait savoir que l'agence
pour les réfugiés pouvait gérer cette urgence compte-tenu du fait qu'elle
avait déjà des camps le long de la frontière abritant quelque 160 000
réfugiés érythréens, dont certains étaient là depuis 25 ans.


ETHIOPIE-ERYTHREE: Le Conseil de sécurité impose un embargo sur les armes

Dans une résolution adoptée mercredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a
imposé un embargo sur les armes en Ethiopie et en Erythrée et a demandé que
les deux parties désengagent leurs forces militaires et 'n'entreprennent rie
n qui puisse aggraver les tensions'. Il a également demandé que les
pourparlers de paix, sous les auspices de l'OUA, soient repris 'sans
conditions' dès que possible. L'embargo sur les armes demande à tous les
Etats d'empêcher la vente ou la livraison d'armes ou de tout matériel
militaire - armes, munitions, véhicules militaires, équipement
paramilitaire, pièces - aux deux pays 'par leurs ressortissants ou en
utilisant leurs propres vaisseaux ou avions'.


ETHIOPIE-ERYTHREE: Les énormes réserves réduisent l'effet de l'embargo

L'annonce de l'embargo sur les armes a été critiquée par certains
observateurs qui estimaient que le Conseil de sécurité avait attendu trop
longtemps avant de prendre des mesures contre une guerre qui était
considérée comme la plus importante sur le continent africain, en matière de
contingents et d'armement. Un spécialiste régional a expliqué à IRIN que
l'embargo sur les armes ne changerait pas grand-chose dans ces deux pays,
qui avaient passé les deux dernières années à acquérir des armes air-sol
perfectionnées.


ETHIOPIE: Résultats des élections attendus le 7 juin

Les électeurs éthiopiens se sont rendus aux urnes dimanche pour choisir les
membres des neuf assemblées régionales, les 548 membres du parlement
national et les conseillers municipaux d'Addis Abeba et Dire Dawa.
L'opposition n'a pas présenté de candidats pour chaque siège, se plaignant
de manipulation et de harcèlement dans certaines régions, bien que les
partis de l'opposition aient pour la première fois utilisé la radio et la
télévision pour leur campagne électorale. Les habitants de la région
d'Ogaden n'ont pas voté en raison de la crise de la faim causée par trois
années de sécheresse - maintenant suivie de pluies torrentielles. Les
résultats officiels devraient être annoncés le 7 juin. Un responsable du
'National Election Board' avait déclaré que le conflit n'avait pas affecté
le processus électoral, a rapporté la radio officielle.


SOMALIE: Des inondations dans des régions limitées mais 'fragiles'

Le sud de la Somalie est touché par des inondations dans des 'régions
relativement limitées mais très fragiles', a déclaré le coordinateur
humanitaire de l'ONU pour la Somalie, Randolph Kent, à l'issue d'une brève
mission d'évaluation des inondations conduite mardi par une équipe de
fonctionnaires onusiens. Les pluies exceptionnelles des quelques dernières
semaines avaient fait déborder les rivières dans le sud de la Somalie, et
causé des inondations éclair dans le nord. 'Mombasa' au sud était la seule
localité touchée de manière considérable. M. Kent a indiqué qu'il s'agissait
maintenant d'une 'excellente occasion' pour commencer les mesures de
prévention qui consistaient à renforcer les rives des cours d'eau, à draguer
les canaux et les réservoirs d'eau.


Nairobi, le 19 mai 2000

[FIN]

[Les informations contenues dans ce bulletin vous sont parvenues via IRIN,
un département d'informations humanitaires des Nations Unies, mais ne
reflètent pas nécessairement les vues des Nations Unies ou de ses agences.
Si vous réimprimez, copiez, archivez ou renvoyez ce bulletin, merci de
tenir compte de cette réserve. Toute citation ou extrait devrait inclure
une référence aux sources originales. Les rapports d'IRIN sont archivés
sur internet sous : http://www.reliefweb.int/IRIN ]


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22/05 QUE SE PASSE-T-IL A DJIBOUTI ???

Depuis un certain temps, nous ne recevons plus aucune nouvelle, ni en direct, ni par les canaux habituels (agences de presse, journaux, etc..).

Et pourtant il y a plusieurs sujets de la plus haute importance qui devraient se traiter à Djibouti :

Les enfants incarcérés à Gabode.
Il semblerait que les autorités dictatoriales aient décidé de ne rien faire en leur faveur, en dépit des nombreux appels pour leur libération. L'action va donc devroir être relancée à un niveau supérieur, comme nous l'annoncions ...

La Conférence de la Paix à Djibouti : FRUD / Gouvernement.
Sauf à ce que se déroulent des conversations extrêmement secrètes, nous sommes étonnés du fait que rien ne filtre. Il est aussi possible aussi qu'il ne se passe rien !
On peut imaginer, aujourd'hui, que la Conférence n'avance pas parce que le Président Guelleh, comme à son habitude, ne veut rien céder et qu'il ne cherche qu'à gagner un peu de temps, avant le désastre total qui pourrait l'atteindre.

La Conférence de la Paix pour la Somalie :
Nous avons appris que de très nombreux conférenciers étaient présents. Mais il manque les principaux 'chefs de guerre' et les autorités internationales. Que sortira-t-il de positif ?
Les participants passent-ils leur temps en discussions sans fin sur la représentativité de chaque tendance ?

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24/05 TCHAD

FAR/PARTI FEDERATION

 

COMMUNIQUE DE PRESSE :
L'UN DES REBELLES SUDISTES NOMME "SEIGNEUR"
A-T-IL LIBREMENT RALLIE LE GOUVERNEMENT
OU BIEN RALLIE DE FORCE
POUR LA
CONSOMMATION DE LA BANQUE MONDIALE
ET DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE?

Selon les renseignements obtenus, "Seigneur" serait, comme Michel Mbaïlemel
hier, capturé et emprisonné à Moundou avec la complicité du chef de
village de Bedjo en échange de la transformation de ce village en canton et
de sa nomination comme chef de ce canton, ambition caressée de longue date
par celui-ci


- Le rebelle dit "Seigneur" n'a pas rallié le gouvernement comme le
prétend ce dernier. Il a été piégé et arrêté avec la complicité du chef de
village de Bédjo comme ce fut le cas de Michel Mbaïlemel.


Sorti de sa prison, on lui fait il simuler le ralliement au gouvernement
par un écrit à un de ses parents de la police pour donner bonne mesure à la
Banque Mondiale au moment de sa réunion décisive pour le pétrole.


2)- Une "Seigneur " en prison à Moundou, les préfets des deux Logone et
celui du Moyen-Chari se sont redus à Bodo et Béboto pour y prêcher la paix
pour donner une certaine crédibilité à la version de ralliement de "
Seigneur ".


"Cette fois-ci disent-ils, le massacre sera terrible car on n'épargnera ni
hommes ni femmes ni enfants parce que vous êtes tous des rebelles. Nous
tuerons sans discernement" ajoutent-ils avant de réaffirmer avec force :
"Nous espérons que le message est reçu 5/5. Rappelez-vous de la période
d'octobre 1997 à mai 1998 etc."


Puis, le chef militaire de Moundou de leur emboîter le pas :

"tous ceux s'opposeront à l'exploitation du pétrole seront pris et
sommairement exécutés. Je m'en chargerai personnellement. ".


Des enseignants en poste, des militaires démobilisés ou retraités dans le
cadre de la réduction de l'effectif de l'armée innocemment exécutés, des
vielles ou jeunes femmes tout comme des fillettes violées, des villages
pillés et incendiés, les populations massacrées ou passées à tabac, le chef
de village de Bounguey (Béboto) et son fils, le chef de village de Sanaga
et ses notables atrocement torturés et laissés dans un piteux état après
tortures, le chef de village de Kouh-Maingar, M. Bernard Bongo assassiné
etc. (lire également N'Djaména-Hebdo n°423 du 18 mai 2000, page 11)


3)- La mie en scène grossière qui consiste à rallier le gouvernement est
organisée à cor et à cri sous la houlette des médias publics. Ainsi, une
mascarade de ralliement est organisée à la veille de la réunion du conseil
d'administration pour donner une impression crédible à ce montage grossier.


D'ailleurs, on n'a pas besoin de dessin pour se rendre compte que ce
"Seigneur" souffre de douleur et n'est pas naturel et libre comme on le
prétend le gouvernement. Poussant ses montages grossiers plus loin, le
gouvernement fait croire à la Banque Mondiale que des chrétiens du sud
prient en ce moment pour l'exploitation immédiate du pétrole.


A cet effet, faut-il rappeler que les populations offensées par ce projet
pétrolier et terrorisées commencent à agresser d'abord verbalement en huant
tous les "blancs" à bord du véhicule ESSO. Aujourd'hui, elles ne les huent
pas seulement mais leur lancent des pierres et cailloux à tel point que le
consortium demande au CPPL de Moundou pour les calmer. Mais, rien n'y fait.
La marmite risque de sauter.


Dans les églises, les chrétiens n'hésitent pas, en dépit du terrorisme
d'Etat, à prier à haute voix pour que le pétrole ne sorte pas des
entrailles de nos terres dans les conditions actuelles. Ils sont
aujourd'hui rejoints et soutenus par les musulmans du nord dans leur
immense majorité.


4)- Comme au Rwanda, Kosovo, Libéria, Sierra Leonne et Timor oriental avant
le Tchad, la Banque Mondiale, Idriss Déby, son gouvernement et le
consortium largement informés de la situation seront servis comme l'ont été
les Nations-Unies. Les Tchadiens sauront apprécier une fois de plus le rôle
de la Banque Mondiale dans cette tragédie


Idriss Déby et son gouvernement ne disaient-ils pas que Youssouf Togoïmi ne
peut inquiéter le gouvernement avec sa dizaine de militaires retraités.
Aujourd'hui, tout le Borkou-Ennedi-Tibesti (Bardaï et Fada récemment)
aurait passé sous le contrôle de la rébellion à l'exception de Faya-Largeau
qui reste provisoirement sous le contrôle du gouvernement.


Mais, pour combien de temps d'autant plus que les familles des militaires
et civiles de haut rang évacuent cette ville. Ce qui augure que le mensonge
ne résiste jamais à la vérité et que les prochains jours nous prouveront
que la Banque Mondial est dupée par le gouvernement et le consortium.


Il n'y a pas de rébellion insignifiante en Afrique comme l'affirme le
gouvernement à ses partenaires dont la Banque Mondiale. La Somalie, le
Burundi, le Libéria, la Casamance, l'Algérie etc sont là pour prouver le
contraire (à suivre).


Coordinateur Exécutif Fédéral
Ngarlejy YORONGAR






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REACTIONS EN FAVEUR DES ENFANTS MINEURS INCARCERS A GABODE

Bernard BIRSINGER
Député-Maire de Bobigny
5e circonscription de la Seine-Saint Denis
DRANCY-BOBIGNY


 

Bobigny le 22 mai 2000

Monsieur Lionel Jospin
Premier Ministre
Hôtel de Matignon
57, rue de Varenne
75700 Paris


LB



Monsieur le Premier Ministre,


Je me permets d'attirer votre attention sur la situation des enfants mineurs qui sont incarcérés dans la prison de Gabode à Djibouti et qui subissent des sévices de toute nature.

La France est très présente dans ce pays, c'est pourquoi je vous demande d'intervenir auprès de son Président, Monsieur Omar GUELLEH, afin que ces enfants soient libérés dans les meilleurs délais et pour qu'ils soient pris en charge dès leur sortie de prison par des associations ayant la capacité d'assurer leur réinsertion, dans les meilleures conditions possibles, compte-tenu de ce qu'ils viennent déjà d'endurer.


Dans l'attente d'une réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de ma haute considération.




Bernard BIRSINGER

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24/05 : LES AUTORITES GOUVERNEMENTALES DE DJIBOUTI AURAIENT DECIDE ... ELLES ANNONCENT
LA LIBERATION POUR LE 13 JUIN DES ENFANTS MINEURS, INNOCENTS, INCARCERES A GABODE
ET SOUMIS AUX SEVICES LES PLUS GRAVES.

Hier soir (21/05) la télévision de Djibouti a montré un reportage sur Madame HAWA AHMED YOUSSOUF Ministre déléguée chargée de la Promotion de la Femme et du Bien-Etre familial effectuant une visite à la sinistre Prison de Gabode.

C'est la première fois qu' elle s'y rend et qu'elle feint s'intéresser aux femmes détenues à qui elle s'est contentée de distribuer à chacune un exemplaire du Saint Coran lequel n'a dû rien lui coûter car la plupart des pays musulmans de la région offrent régulièrement des quantités énormes du Livre Saint.

En réalité ce fut le stratagème grossier que le régime a trouvé à cours d'idées pour lui faire visiter en même temps qu'à la télévision les locaux des mineurs miraculeusement réhabilités en partie seulement depuis la campagne déclenchée à la suite des révélations faites par des personnalités et par votre journal.

Inutile de dire qu'elle n'a rien fait de plus que passer faisant montre d'une curiosité qu'il ne serait pas exagéré de qualifier de malsaine.

Le mêrne qualificatif devrait s'appliquer aussi mais avec plus de dégoût au représentant de l'UNICEF lequel a, très curieusement, le même jour effectué " une visite éclaire à la Prisonn Civile de Gabode " selon les termes mêmes employés par les scribes du régime et reproduits dans la Nation du 22 mai 2000.

Selon cet organe de propagande du régime, aussitôt après son arrivée et son accueil en fanfare par tous les responsables de cette tragédie " le représentant de l'UNICEF s'est rendu dans le quartier des enfants mineurs au nombre 23. Il s'est enquéri de leur situation pénale, de leurs conditions de détention et des loisirs ". La feuille de choux en question continue: " contrairement aux allégations de certains esprits haineux qui font de la Prison civile de Gabode, un cheval de bataille politique, le représentant de l'UNICEF constate de ses propres yeux, combien ces gosses d'origine éthiopienne et somalienne, inculpés pour usage de drogue, sont bien traités à l'intérieur de l' établissement pénitencier. Ils sont isolés dans un bâtiment à eux, éloignés de la population adulte. Ils ont deux heures de loisir par jour où ils s'adonnent à des activités sportives.

A l'intérieur, ces gosses disposent d'un canevas de jeux variés, jeux de cartes, de domino. Au 13 juin prochain, ces derniers seront libérés après avoir purgés leur peine "

NB le texte est livré avec les fautes.



Bien évidemment nous ne pouvons que nous réjouir de l'annonce de la libération prochaine de ces pauvres enfants tout en nous inquiétant de ce qu'ils vont devenir après le 13 juin. C'est pourquoi je me demande s'il ne serait pas possible de solliciter vos amis pour qu'ils saisissent sans délai Monsieur KOFI ANAN ainsi que le Directeur de l'UNICEF pour leur demander expressément de veiller personnellement ou par un mandataire spécial qui travaillerait en étroite collaboration avec le Président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains et le Vice-Président de l'UIDH pour suivre sur place la situation des 23 enfants car il est à craindre que le pouvoir djiboutien s'en débarasse en plein désert sans autre forme de procès.

L'envoi d'un représentant spécial est absolument indispensable du fait de l'incurie du représentant en exercice de l'UNICEF. Malgré la campagne lancée sur Internet dont tous Djiboutiens sont au courant car le régime a multiplié les interventions sur ce sujet, le représentant de l'UNICEF ne s'est penché sur la situation de ces enfants malheureux qu'après la convocation du régime afin de lui servir d'alibi télévisé. S'il avait fait son travail il se serait rendu compte que ces enfants étaient privés de tout déjà avant leur arrestatIon (il y en a encore d'autres dans les rues) puis au moment de leur arrestation et leur " jugement " car ils n'ont pas été assistés d'un avocat : ce qui constitue une cause de nullité d'ordre public. (*)


Plus grave encore le représentant de l'UNICEF, alibi du régime, n'a pas pris soin de vérifier si dans les autres parties de la sinistre prison il se trouvait ou non d'autres mineurs détenus avec des adultes d'autant plus que tous les témoignages concordent pour dire que les mineurs sont au nombre d'au moins 29 ainsi que cela a été publié par la Liberté.

Il ne s'est pas non plus demandé ce qu' était devenu la réhabilitation effectuée par I'UNICEF notamment du Centre d'éducation surveillée complètement délabré et retapé sommairement à la suite de la publication des révélations de Monsieur KADAMY Il ne s'est pas interrogé sur l'absence d'enseignant sur les lieux Il a soigneusement évité d'interroger un s
eul de ces enfants malheureux dont la plupart a subi les pires atrocités.






(*) PS Je vous adresse aussi ci-joint l'arrêt n°17/P/AG du 16/4/2000 qui confirme la nullité d'ordre public dont il est fait état ci-dedans dans un cas similaire concernant des adultes ! !

Il me semble qu'il serait bon de publier cet arrêt et de féliciter les membres de la Cour Suprême qui l'ont rendu en prenant soin de signaler qu'il faut espérer que les autres juges s'en inspireront désormais.


Pour quelles raisons mystérieuses des enfants n'ont pas bénéficié de ce cas de nullité qui les concernait pourtant ? Parce qu'ils sont mineurs et sans défense ?


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L'HOMME OU LA FEMME DE LA SEMAINE.

Mme Hawa AHMED YOUSSOUF, Ministre
et le représentant de l'UNICEF


Dans cette rubrique nous signalons à l'opinion internationale, celle ou celui qui s'est distingué(e) soit pour soutenir la dictature, soit en violant les Droits de l'Homme : cruauté, tortures, exécutions sommaires, emprisonnements arbitraires, viols, assassinats, destruction de cheptels ou de point d'eau, destruction d'écoles ou de centres de soins, etc..

Cette semaine, nous décernons conjointement le titre à :

1 - Mme HAWA AHMED YOUSSOUF
Ministre déléguée chargée de la Promotion
de la Femme et du Bien-Etre familial

2 - Le représentant de l'UNICEF à Djibouti

 

Ces deux personnalités se sont rendues à la Prison de Gabode pour rendre visite aux enfants innocents, mineurs. Ils ont estimé devant les caméras de la Télévision d'Etat que tout allait pour le mieux, que la situation était normale et que les enfants étaient bien traités.

Nous les félicitons pour leur attachement sans faille au régime cruel et tyrannique de M. Guelleh. Ce sont des collaborateurs vraiment dévoués et prêt à toutes les compromissions. Sauront-ils aussi bien défendre leur cause, si un jour cette affaire passait en jugement devant une cour internationale ?

 

Rappel des personnages déjà élus :

N° 17 - Mme Leila, juge d'instruction
N° 19 - Omar FARAH, gendarmerie d'Ali Sabieh
N° 29 - Le général Yacin YABIEH,
N° 32 - Le directeur de la Prison de Gabode,
N° 33 - Ali Mohamed ABDOU, procureur général.

 

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24/05 : arrêt de la Cour suprême de Djibouti concernant
la nullité d'une procédure ne respectant pas des dispositions d'odre public.

Cet arrêt concerne un adulte : pourquoi la jurisprudence n'est-elle pas applicable aux enfants dans une situation similaire ?

Arrêt transmis par Me Mohamed OMAR que nous félicitons
à cette occasion

 

RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI
UNITÉ - ÉGALITÉ - PAIX
~
COUR SUPRÊME

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

DOSSIER N° 96/99
ARRÊT N° 17/P/AG
DU 16 avril 2000
l'an deux mille et le seize avril,


La Cour suprême de Djibouti, statuant contradictoirement, en matière pénale et en audience publique où siégeaient, en formation restreinte prévue par l'ordonnance n° 81/069/PR/J du 21 mai 1981 portant dispositions transitoires et exceptionnelles prévues pour la composition de la Cour ;
Président : Madame K. ABEBA, Présidente de la Cour, .Rapporteur
Conseillers : Messieurs ABDOURAHMAN CHEICK et RACHID ABDI
Assisté de Monsieur SAID MAHAMOUD , greffier en chef de la Cour suprême
En présence de Monsieur ALI MOHAMED ABDOU, procureur général près la Cour Suprême ;

ENTRE
ABDOUL-GALIL CHAMSAN TABET, commerçant au quartier 1, demeurant à Djibouti
Demandeur,


ET

1) ALI TABET ALI, commerçant, .demeurant au Quartier 4,
2) Le Ministère Public
Défendeurs
OBJET DU LITIGE faux usage de faux, complicité, faux témoignage , dénonciation
calomnieuse,
DÉCISION ATTAQUÉE arrêt 62/99 du 30 juin 1999 rendu par la chambre des
appels correctionnels


Ouï La présidente en son rapport ,
Vu le mémoire ampliatif déposé par le demandeur au pourvoi
VU le mémoire en réplique déposé par le défendeur .
ouï les réquisition du représentant du ministère public


Après en avoir délibéré conformément à la loi.
la cour suprême de Djibouti, en son Assemblée générale.


Considérant que la section d'examen préalable de la cour suprême, réunie
en son audience du 26 décembre 1999, a déclaré recevable en la forme le pourvoi formulé par ABDOUL-GALIL CHAMSAN TABET, le 1er juillet 1999 contre l'arrêt n° 62/99 du 30 juin 1999 rendu par la chambre des appels correctionnels qui - infirmant le jugement de première instance attaqué n'a retenu la culpabilité pour faux et usage de faux, complicité, faux témoignage et dénonciation calomnieuse que contre
lui et DIRIE DARAR FARAH, et les a condamnés, sur l'action publique, à la peine de six mois d'emprisonnement ferme chacun et. sur les intérêts civils, à payer à la
partie civile ALI TABET ALI la somme de 500 000 FD à titre de dommages et intérêts ;
Considérant que, dans son mémoire ampliatif. le demandeur au pourvoi soutient - dans un premier moyen tiré de la dénaturation des éléments de la cause, mauvaise application de la loi - l'inexistence des infractions qui lui sont reprochées. puisqu'il a été mis hors de cause par l'ensemble des personnes entendues dans le cadre
de l'enquête préliminaire ;

QUE, dans un second moyen tiré d'un défaut de motifs et de base légale, il fait grief à l'arrêt attaqué de ne pas avoir précisé Ies faits matériels qui auraient justifié son
inculpation et l'application de la loi pénale à son encontre, ledit arrêt se contentant de renvoyer aux textes d'accusation sans aucune précision, ce qui caractériserait l'absence de motifs ;


QUE, dans un troisième moyen tiré de l' absence totale de fondement de sa condamnation -il reproche à I'arrêt de la Cour d'appel de l'avoir condamné sans que les éléments constitutifs des infractions qui Iui sont reprochées ne soient rapportés ;

QUE, dans un quatrième moyen de cassation, il soulève la nullité de la procédure engagée contre lui pour violation des articles 64 et suivants, 347 du code de procédure pénale, pour aucun avis des dispositions des articles 65-2 et 65-4 du code de
procédure pénale n'avoir été donné à sa personne lors de sa garde à vue;
Considérant que. pour sa part. le défendeur au pourvoi sollicite l'irrecevabilité, et en tout cas le non fondement des
pourvois formés par ABDOULCHAMSAN et DIRIE DARAR FARAH et leur rejet, et reconventionnellement, la condamnation de ces .derniers à lui payer la somme de 500 000 FD à titre de dommages et intérêts pour pourvois abusifs et frais irrépétibles et enfin subsidiairement au cas ou il sera procédé à la cassation de l'arrêt attaqué, de les condamner solidairement et conjointement à lui payer la somme de 28 500 000 FD à titre de dommages et intérêts pour toutes causes de procédures confondues, ;

Sur ce,

Considérant qu'il convient tout d'abord de préciser que seul ABDOUL-GALIL
CHAMSAN TABET a formé le pourvoi dont la cour est saisie ;


Considérant que - avant d'analyser les trois premiers moyens soutenus
par le demandeur au pourvoi, touchant le fond de la cause -il y a lieu d'examiner le quatrième moyen qui porte sur la régularité de la procédure objet du présent litige ;


Considérant qu'il ressort du jugement de première instance n° 512/98 du 17 mai 1998 -sanctionné par l'arrêt dont pourvoi -que le conseil du demandeur ABDOUL-GALIL CHAMSAN TABET soulève, dès la première instance, la nullité de la procédure engagée contre fui pour inobservations des dispositions légales sur la garde à vue ;

Qu'en omettant de statuer sur ce point, le premier juge, et par suite les juges d'appel, ont manqué à l'obligation qui leur est faite de répondre à toutes les demandes à eux présentées, tant par le requérant que par la défense ;


Que, partant l'arrêt attaqué encourt la cassation pour non réponse à conclusions ;


Qu'il échet, en application de l'ar1icle 3 de l'ordonnance portant création de la cour
Suprême, d'évoquer la cause au fond;

Considérant que l'article 66-1 alinéa 2 du code de procédure pénale sanctionne par la nullité du procès-verbal l'audition de la personne gardée à vue, Ie dépassement des délais fixés paf les articles 64 et 64-1 du même code ainsi que l'inobservation des dispositions de l'articte 65-5 de ce code qui fait obligation à tout officier de police judiciaire de mentionner -dûment consignés et émargés -les avis donnés à la personne gardée à vue en vertu de l'article 65 du code quant aux jour et heure auxquels a débuté sa garde à vue, de l'article 65-2 sur la possibilité de se faire examiner par un médecin, et de l'article 65-4 concernant la possibilité pour elle d'être assistée par un avocat, de son choix ou désigné d'office sur sa demande ;


Considérant qu'en l'espèce, la pièce de la procédure de l'enquête préliminaire diligentée par la brigade des quartiers n° 3 -4 -5 de la gendarmerie nationale -intitulée " mesures de garde à vue de Mr. ABDOUL-GALIL CHAMSAN TABET " et paraphée par ce dernier et par l'officier de police judiciaire - porte les mentions se rapportant à la date de l'arrestation, les heures d'audition, celles de repos et enfin celles de son transfèrement ;


Qu'aucune indication se rapportant aux possibilités qui lui sont offertes par les articles 65-2 et 65-4 du code de procédure pénale n'est consignée sur cette pièce, comme il se devait en vertu de l'article 65-5 de ce code ;

Que, dès lors, et compte tenu de l'inobservation ainsi relevée. les procès-verbaux d'audition de ABDOUL-GAliL CHAMSAN ,TABET seront déclarés nuls en application
de l'article 66-1 du même code, entraînant la nullité de toute la procédure uItérieurement instruite à son égard, à savoir son inculpation pour faux et usage de faux. et dénonciation calomnieuse telle qu'elle ressort du procès-verbal d'interrogatoire de flagrant délit en date du 5 mai 1998, établi par le substitut du procureur de la République ainsi que sa condamnation pour ces chefs d'inculpation ;
Considérant -sur les dépens -qui ils seront supportés par le Trésor public ;


PAR CES MOTIFS


.Casse et annule l'arrét n° 62/99 du 30 juin 1999 de la chambre des appels correctionnels. pour défaut de réponse à conclusions ;


Evoquant


.Annule les procès-verbaux d'audition de ABDOUL-GALIL CHAMSAN TABET établis par les gendarmes. pour non respect des articles 65-2. 65-4 rt 65-5 du code de procédure pénale. en application de l'article 66-1 du même code ;


.Dit que les poursuites engagées à son encontre sont nulles et de nul effet;

.Met les dépens à la charge du Trésor public.


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LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH)
LETTRE OUVERTE

 

Djibouti le 25 mai 2000

Monsieur le Bâtonnier et Président
Roger-Vincent CALATAYUD

 

Monsieur le Président et Cher Ami,

C'est avec beaucoup de satisfaction que j'ai appris que vous avez été élevé au grade de Chevalier de l'Ordre du Mérite par décret du Président de la République française.

Nous sommes très conscients de votre engagement aux côtés du Peuple djiboutien en faveur des Droits de l'Homme et votre combat constant d'appui aux prisonniers politiques, de dénonciation de tous les procès politiques en République de Djibouti qui vous a valu, il est vrais, "les foudres" des autorités au pouvoir qui continuent et maintiennent encore la répression politique tout en refusant tout dialogue avec l'Opposition politique qui n'a jamais pris les armes, bloquant ainsi toutes recherches concertées constructives vers une Démocratie, un Etat de Droit et une Justice totalement indépendante ainsi qu'une décentralisation juste pour un développement tant économique que social.

Nous apprécions à sa juste valeur votre engagement personnel et celui de l'Association que vous avez l'honneur de présider, sur le Respect des Droits de l'Homme en République de Djibouti ainsi que pour la libération de tous les prisonniers politiques. L'accord cadre de paix et de concorde civile, signé le 7 février dernier à Paris entre le Pouvoir et le Frud stipulait la libération de tous les détenurs politiques. A ce jour cinq prisonniers politiques croupissent toujours dans la Prison civile de GABODE.

Merci encore, Cher Président et Ami des Djiboutiens pour votre soutien et vos encouragements à notre égard et nous vous informons que la LDDJ ne peut qu'encourager les responsables du Centre Pénitencier de Gabode de continuer à redoubler leurs efforts et tient à témoigner son appréciation sur les récentes rénovations d'un centre pour les détenus mineurs suite à la campagne internationale de sensibilisation qui a réussi à attirer les regards sur les conditions d'incarcération intolérables des mineurs de Gabode.

Cher Ami CALATAYUD, ami des Djiboutiens, merci pour vos engagements à nos côtés et votre combat pour la Liberté comme un point sur un i est aussi le nôtre.

Avec mes sentiments déférents et amicaux

Noël ABDI Jean-Paul
LDDH

__________________________________________________________________

Note de l'ARDHD

Merci à Noël ABDI Jean-Paul de nous avoir transmis la copie de cette lettre.

Nous relevons deux points importants :

  1. En dépit des termes de l'accord du 7 février, cinq prisonniers politiques n'ont pas été libérés !
  2. Le centre de détention pour mineurs a été réhabilité pour améliorer la situation des enfants mineurs, innocents et injustement incarcérés.

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LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH)

 

Note d'information N° 8/LDDH/00 du 23 mai 2000
sur les restrictions imposées aux journalistes de la Presse internationale
et en particulier ceux de la BBC

 

BUSH HOUSE, nous fait penser à l'appel du Général de Gaulle pour une France libre, Bush House, s'était crée une mage de marque grâce à son combat contre la dictature nazi, contre le génocide.

Mais actuellement les djiboutiens se posent un certain nombre de questions lorsqu'ils écoutent l'émission de la BBC SOMALI SECTION.

Les djiboutiens se posent beaucoup de questions lorsqu'ils voient les journalistes de la BBC dans les véhicules mis à leur disposition par le Ministre de l'Information et conduites par des chauffeurs patentés aux service la police parallèle.

Pour une fois, un journaliste de la BBC qui est venu pour couvrir, au compte de la BBC, les travaux à Arta sur la Réconciliation somalienne a outrepassé les habitudes "de soumission" de certains journalistes de cette émission internationale en Somali ou plus exactement les conditions imposées pour qu'ils puissent couvrir leur émission sans se faire expulser et embarquer dans le premier vol.

Quelles sont ces conditions minimales ?

Interdiction de prendre des taxis. Seuls les véhicules mis à la disposition du journaliste étranger par le Ministère de la Communication seront utilisés durant son séjour à Djibouti.

Il faut qu'il soit toujours accompagné par un ou deux fonctionnaires en plus du chauffeur,

Toutes les dépêches à destination de la direction générale de la BBC dont dépend le journaliste doivent obligatoirement être vérifiées par un responsable du département de la communication gouvernementale djiboutienne avant son envoi.

Interdiction de prendre des contacts avec les membres de l'Opposition, des membres des Syndicats libres et même leurs homologues de la Presse Libre à Djibouti,

Après le départ précipité avant même la fin de sa mission, (le journaliste de la BBC) mission qui consistait à couvrir librement la Conférence somalienne à Arta, un autre journaliste est venu pour trois jours afin "de lancer des fleurs" et en insistant surtout sur "le redressement économique notoire" depuis 1998. Ce second journaliste du nom d'Aden NOUH a cru nécessaire de négliger les fonctionnaires de l'Etat, passant sous silence le fait que ces derniers n'avaient pas perçu leurs salaires de l'année 2000, c'est à dire depuis janvier 2000 !

Si c'est simplement pour faire les éloges du Pouvoir djiboutien notre seul conseil à la Direction de la BBC BUSH HOUSE est d'économiser son argent et de se contenter uniquement de la version officielle djiboutienne de son représentant permanent à Djibouti qui cumule en même temps (et il va de soi) des fonctions de haut responsable au Ministère de la Communication et journaliste préféré pour ne pas dire particulier du Président - Chef du Gouvernement djiboutien.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains demande au Gouvernement de respecter la Liberté de la Presse et le droit d'aller et de venir en particulier pour les envoyés de la Presse internationale dans notre pays.

Il est temps que la BBC section Somalie redresse son image de marque sur la Liberté de la Presse en conservant sa liberté de diffusion et sa liberté de recherche de l'information.

 

NB : Des auditeurs djiboutiens ont apprécié le reportage sur le rebondissement de l'affaire du Café de Paris dans l'émission en langue française de la BBC le mercredi 17/05/2000 à 21 h 20. Cette émission si elle avait été transmise en langue Somali aurait, au moins, soulagé moralement ceux qui souffrent encore des séquelles des tortures infligées lors de l'enquête sur ce qu'on appelle "la piste gadaboursi du Café de Paris" fausse piste qui a malheureusement provoqué la persécution de toute une fraction de Gadaboursi.

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