APPEL
POUR LE RESPECT signé
adressé
le 28 avril 1999 |
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SIGNATAIRES
Personnalités politiques
: Avocats, Magistrats,
Hauts Fonctionnaires : Associations : Organisations syndicales
: Écrivains, historiens,
presse : |
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à Monsieur
Jacques CHIRAC
Au
nom de
Monsieur le Président,
La situation des Droits de l'Homme s'aggrave de jour en jour a DJIBOUTI. Il suffit de lire les quelques événements que nous avons sélectionnes pour s'en rendre compte. Les liens historiques et culturels unissant nos deux pays, renforces par une forte coopération civile et militaire, confèrent à la FRANCE des Responsabilités vis-à-vis des violations des Droits de l'Homme a DJIBOUTI. C'est pourquoi nous avons lance l'Appel ci-joint qui a déjà été signe par de nombreuses organisations et personnalités. Si comme nous vous êtes attache
à l'avenir du peuple djiboutien et si comme nous vous considérez qu'on ne
peut pas séparer développement durable et démocratie, nous espérons que vous
aurez à cœur d'obtenir des autorités djiboutiennes :
Cela fait aussi partie, a nos yeux, du rôle de la France dans le monde. Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, a l'expression de notre profond respect.
Roger FERRARI Mariam HASSAN
ALI |
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Comment
signer (A imprimer ou à recopier) A
L'INITIATIVE DE MARIAM HASSAN ALI AVEC
LE SOUTIEN DU S.N.E.S.- F.S.U.,
APPEL
POUR LE RESPECT La situation des Droits de l'homme s'aggrave de jour en jour a Djibouti. Il
est urgent d'agir. Les signataires de l'appel ont décidé de lancer une campagne pour que cesse la répression, pour les Droits de l'homme et pour la liberté syndicale a Djibouti. Nous
invitons toutes celles et tous ceux qui sont soucieux du respect de ces droits
ont nous rejoindre. A retourner à : APPEL
POUR DJIBOUTI |
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Sommaire |
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Situation
des Droits de l'Homme
Le 13.09.95, trois cents (300) instituteurs en grève a l'appel de leur syndicat ont été radies. Lors de manifestations, les forces de l'ordre n'ont pas hésité à tirer sur les élèves, blessant l'élève HOUSSEIN ABDILLAHI MOHAMED de la 5ème du collège de Boulaos le 18.12.95 et tuant MOHAMED IDRISS le 09.01.96, élève du collège d'Ali-Sabieh. Le 14.01.96, treize (13) dirigeants syndicaux du SEP (Syndicat des Enseignements du Premier degré) et du SYNESED (Syndicat des Enseignants du Second Degré) ont été arrêtés et incarcérés dans le "Centre de détention" de Nagad. Ils furent juges le 16.01.96 pour "troubles à l'ordre public". Le 12.05.96, Monsieur ZAKARIA ABDILLAHI ALI, magistrat a la Cour d'appel a été révoqué sans passer devant le conseil supérieur de la magistrature (organe disciplinaire ) pour avoir voulu respecter les textes en vigueur. Le 07.08.96, cinq opposants, dont trois parlementaires - AHMED BOULALEH BARREH, ALI MAHAMADE HOUMED, MOUMIN BAHDON FARAH - ont été condamnes à l'inéligibilité et à la prison pour offense au Président de la République, au mépris des règles de levée de leur immunité parlementaire. Amnesty International, l'Union Interparlementaire et la Fédération Internationale des Droits de l'Homme ont dénoncé et condamne cette atteinte aux droits de l'Homme et a la Constitution djiboutienne. Le 15.08.96, une trentaine d'enseignants militants du SEP et du SYNESED furent radies. Le 02.02.97, les forces de l'ordre ont charge à coups de matraque et de bombes lacrymogènes les retraites qui réclamaient pacifiquement leurs pensions accusant six (6) mois de retard. Le 05.02.97, soit peu de temps avant le conseil de discipline des dirigeants du SYNESED qu'il était charge de défendre, Maître AREF MOHAMED AREF, doyen des avocats djiboutiens et militant des Droits de l'Homme a été suspendu de ses fonctions. Le même jour, Maître MEIDAL, avocat et Président du Conseil Constitutionnel, est lui aussi suspendu pour avoir déclaré la levée de l'immunité des trois parlementaires en date du 7 août 1996 non conforme à la Constitution. Le 16.02.97, les dirigeants du SYNESED, a savoir Mme. MARIAM HASSAN ALI, secrétaire générale, M. KAMIL HASSAN ALI, secrétaire général adjoint, Melle MALYOUNE BENOIT-FRUMENCE, secrétaire chargée de la Documentation ainsi que MM. SOULEIMAN AHMED MOHAMED et MOHAMED ALI DJAMA, ex-secrétaires généraux, furent révoqués. Le 25.02.97, MM. OSMAN MIGUIL WAIS, SOULEIMAN AHMED MOHAMED, MOHAMED ALI DJAMA, dirigeants du SYNESED et M. ABDOULAZIZ MOHAMED, dirigeant du SEP, furent incarcérés à la prison de Gabode alors que trente quatre (34) enseignants et dix (10) élèves étaient maintenus en détention au camp de Nagad. M. AHMED DJAMA EGUEH et M. ADEN MOHAMED ABDOU, respectivement président et secrétaire général de L'UDT (Union des Travailleurs djiboutiens) ainsi que M. KAMIL DIRANEH HARED, président de l'UGTD (Union Générale des Travailleurs Djiboutiens) ont été révoqués. Le 26.09.97, plusieurs opposants politiques du FRUD (Front pour la Restauration de l'Unite et de la Démocratie) furent arrêtés en Éthiopie et extrades vers Djibouti pour y être emprisonnes. Parmi eux, Mme. AICHA DABALE, militante des Droits de l'Homme, enceinte de trois (3) mois. Suite a la mobilisation de nombreuses organisations, celle-ci a pu être libérée. Malheureusement, les autres sont toujours détenus dans la prison de Gabode dans des conditions déplorables. Le 05.10.97, Maître MONTEBOURG, députe à l'Assemblée Nationale française et président du Groupe d'Amitié France-Djibouti, a été interdit de débarquer à l'aéroport de Djibouti alors qu'il venait défendre Maître AREF MOHAMED AREF. Le 12.10.97, M. DAHER AHMED FARAH, président du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) a été arrêté et mis en détention. Il est en liberté provisoire depuis le 30.10.97. Le 17.02.98, MM. MAHDI IBRAHIM GOD, président du FUOD (Front Uni de l'Opposition Djiboutienne), AHMED ABDI FARAH, membre du FUOD et Directeur de la publication du journal "AL WAHDA" ainsi que M. KAMIL HASSAN ALI, également membre du FUOD et responsable du Comité de soutien aux prisonniers politiques du FRUD, ont été arrêtés et transférés à la prison de Gabode. Le 23.03.98, une centaine d'employés du Ministère de la Santé ont été arrêtés et transférés dans le centre de détention de Nagad a la suite d'une grève visant à protester contre les retards de salaire (5 mois) et la suppression de leur prime de garde. Six (6) d'entre eux parmi lesquels une (1) femme, Mme. MADINA HOUMED ADABO, ont été incarcérés à la prison civile de Gabode le 25/03/98. La répression policière a été très violente : un employé du service d'entretien de l'Hôpital, M. HAGAYO MOHAMED WALO, passe a tabac par les forces de l'ordre alors qu'il était détenu au camp de Nagad, présente une hémiplégie gauche a la suite de cette agression. Le 05.05.98, le directeur de l'hebdomadaire " Le Populaire", M. OMAR AHMED VINCENT, ainsi que son codirecteur M. ABOUBAKER AHMED AOULED, ont été arrêtés et transférés à la prison civile de Gabode. Le 31.05.98, M. MOHAMED ADEN IBRAHIM décède dans la prison de Gabode suite a une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention et contre l'absence de jugement. Le 11.10.98, le Ministre du Travail et de la formation Professionnelle ainsi que le Ministre des Transports et des Télécommunications envoient une circulaire relative à l'élection des bureaux des deux centrales syndicales U.D.T. et U.G.T.D. et ceci en violation de la constitution du Pays; l'organisation des élections syndicales est en effet du ressort exclusif des syndicats. Le 25.11.98 le Ministre des Travaux Publics de l'Urbanisme et du Logement appuyé par une impressionnante armada des forces de l'ordre a expulse très tôt le matin les syndicalistes et les travailleurs du M.T.P.U.L. de leur lieu de travail pour organiser un simulacre élections syndicales. Le 15.12.98 les élèves des deux Lycées de Djibouti en grève pour protester contre la suppression des bourses, avisent par lettre le Président de la République du comportement agressif des forces de l'ordre a leur égard, plusieurs d'entre eux ayant été frappes, des coups de feu ayant même été tires. Le 04.02.99, HOUMED YAIDI ALI, ALI YAIDI ALI, YAIDI HOUMED ALI, tous membres d'une même famille et appartenant à la tribu dont le chef AIDAHIS HANFARE IBRAHIM a été assassine le 18.11.98, ont été arrêtés à Weima et mis en détention a la garnison de Assa Gaila. La répression a égard des populations ne cesse de s'amplifier, particulièrement dans le nord du pays. Le 15.02.99, Maître AREF MOHAMED AREF est condamne à deux (2) ans de prison dont six (6) mois ferme. Aucun de ses avocats français n'a pu se rendre à l'audience, les autorités djiboutiennes ayant refuse de leur délivrer un visa. Le 12.03.99, ABDI HOUFANEH LIBAN, détenu politique, est mort dans sa cellule a la prison civile de Gabode par manque de soins. Le 28.03.99, les forces de police ont réprimé très violemment une marche pacifique organisée par l'Opposition Djiboutienne Unifiée (O.D.U.) a l'occasion de la campagne électorale pour les élections présidentielles du 9 avril 1999. Cette marche avait pour but de réclamer le respect de la loi et des valeurs démocratiques. Plus de 300 manifestants ont été arrêtés et transférés au camp de transit de Nagad. Il y a eu 24 blesses, dont 3 très gravement atteints. Le 29.03. 99, les prisonniers politiques détenus a la prison civile de Gabode ont entame une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention auxquelles ils sont soumis. Les autorités djiboutiennes refusent toujours tous soins médicaux, même pour ceux qui sont gravement malades. Le 10 avril 1999, SALI MOHAMED DINI, 60 ans, Okal général et adjoint du Sultan de Rheida, a été arrêté pour avoir soutenu le candidat unique de l'opposition, M. MOUSSA IDRISS, aux élections présidentielles du 9 avril 1999 contre M. ISMAEL OMAR GUELLEH, dauphin du Président HASSAN GOULED APTIDON. M. SALI a été transféré a la prison civile de Gabode. Le 27 avril 1999, dans les localités d'ANOYTA et KOUSSAAN (district d'Obock) 4 civils ont été sommairement exécutés. Il s'agit de MM. Abdallah Ahmed Mohamed REBEH, Moussa Abdallah dit ASA-ABDALLAH, Ali Mohamed ALI dit DERBI et Ahmed YAGOURI. A ce jour, ALI AHAW, 19 ans, prisonnier politique atteint de tuberculose et un autre codétenu souffrant de gangrène, sont toujours en prison sans aucun soin.
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