Mohamed
Saleh Alhoumekani
Chargé des Affaires étrangères
et de la Coopération Internationale
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20/05/02
Le GED nous a donné de l'espoir. Ce qu'on veut maintenant,
c'est de l'argent pour étudier et pour vivre. (Groupe
Bouh Warsama)
Bonjour monsieur J L schaal,
Je vous demande
de faire paraître cet article sur l'ARDHD et je vous remercie
d'avance.
Depuis plus
de deux mois, mes amis et moi, on lit tout ce qui s'écrit
sur l'ARDHD et sur les autres sites.
C'est comme
cela que l'on a appris dans le site du GED, que nous pourrions
bientôt recevoir des bourses pour poursuivre nos études
en belgique.
En Europe, on peut parler et écrire, mais on a besoin de
vivre et il faut sans cesse trouver des petits travaux, dans les
fast foods et ailleurs. C'est très épuisant, car
il faut étudier en même temps.
Nos familles à Dikhil, à Ali Sabieh et à
Djibouti n'ont pas beaucoup d'argent, ils ne peuvent pas nous
aider. Nos pères n'ont pas reçu de salaires depuis
plusieurs mois.
Faut qu'on
se débrouille tout seul et on est pas des voleurs.
Nous espérons
que Mohamed Saleh obtiendra les mêmes aides pour nos frères
et nos soeurs qui étudient en France et qui ont les mêmes
ennuis.
A Djibouti,
on avait tous demandé des bourses et on a rempli un tas
de papiers. 6 mois après on n'avait pas de réponse.
On nous a
dit il n'y avait pas d'argent. Demande au Ministre ! Il n'a jamais
voulu nous voir. Il est très occupé Le Ministre
et ce nest pas son role de s'occuper des bourses des étudiants.
Quand on est pauvre, on tourne en rond à Djibouti
On a manifesté
et on nous a fait exactement ce qu'on eût les étudiants
qui ont manifesté le mois d'avril de cette année.
J'ai passé 30 jours à Gabode et jamais je ne voudrais
retourné.
J'ai pas volé,
j'ai pas tué mais mais on m'a frappé et frappé
encore.
Alors ma famille
m'a donné un peu d'argent et m'a aidé à quitter
Djibouti.
Si je suis
ici en Belgique, c'est grâce à mon cousin qui m'héberge
et à sa femme.
J'ai commencé
des études dans l'informatique et j'espère obtenir
mon diplôme dans deux années. Tous mes amis sont
dans la même situation et nous avons retrouvé entre
nous l'entraide des vieux. Le groupe de nous avons formé
est un groupe solidaire parce qu'on se connait lorsqu'on jouait
au foot et qu'on avait les mêmes difficultés et que
nous pensons qu'il faut que les jeunes ne se laissent pas manipuler
par Ismaël Omar Guelleh, le monstre de l'Ethiopie, qui nous
chasse de la terre de nos ancêtres.
Les vieux
chefs politiques qui nous demandaient de les aider, aujourd'hui
ils baissent la tête et préfèrent brouter
avec Ismaël Omar. Leurs enfants, ils recoivent des bourses
pour aller en Europe, aux Etats d'Amérique, c'est tout
ce qu'ils veulent, le restant ils s'en foutent.
J'ai vu assi un article sur l'ADI. Ils disent que IOG est content
de la visite du Commissaire belge.
Nous on pourrait croire que c'est Ismaël Omar qui a obtenue
son aide alors qu'on sait tous que c'est Mohamed Saleh et Mahamoud
qui ont expliqué la situation au Gouvernement de Belgique.
Les amis du
dictateur, ils sont bien incapable de nous aider et en plus ils
mentent aux gens. On voit souvent Mohamed à Bruxelles et
on sait qu'il va dans les Ministères pour expliquer notre
cas.
J'ai une question
à poser aux futurs étudiants à Djibouti.
Est ce que
vous croyez que le Gouvernement et le Ministère de l'Education
nationale vont vous aider, si votre père n'est pas membre
du RPP ? Je sais que c'est non.
Mon père
est de Dikhil et il fait pas de politique. Mes frères et
moi on a jamais rien eu .
Mes frères
sont à Djibouti. Ils sont au chômage, et mon père
c'est un bras cassé de l'Administration. Mes deux soeurs
vont quitter l'école pour chercher du travail.
Le GED nous
a donné de l'espoir ? Ce qu'on veut c'est qu'ils continuent
et qu'on ait des preuves et surtout l'argent pour nos études
et pour vivre.
Ici, on voit
les enfants des Ministres et des haut-placés. Ils se promènent
toute la journée et ils dépensent de l'argent, sans
même étudier. Les copains nous ont dit que c'était
pareil à Toulouse, à Bordeaux et Marseille.
Quand ils
nous voient, ils détournent la tête ou passent sur
un autre trottoir.
Ils veulent
pas nous parler car ils ont peur qu'on les agresse.
Alors on s'est
regroupés et j'ai été élu comme porte-parole.
Transmettre
le bonjour à nos familles et à nos amis des quartiers
2, 3 , 4 , 6, 7 Balbala et Hayableh.
Ici
tout va bien et on se bat pour vivre et pour étudier.
Le groupe des Djiboutiens de Belgique
et du sud de la France
Bouh Warsama
Pour
nous contacter : bouhwarsama@yahoo.fr
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20/05/02
Zoom sur la population Afar en Ethiopie (Article
de l'IRIN (ONU), en anglais, transmis par un lecteur)
Asayita,5/17/2002
(IRIN) - Inhabiting some of the harshest terrain in the
world, the people of Afar are famed for their resilience, ferocity
and
pride. Yet, in the searing heat of northeastern Ethiopia, they
are now
earning another reputation - that of being the most neglected
and
marginalised ethnic group in the country.
The nomadic
Afar have fewer hospitals, schools or social services than
almost any other region in Ethiopia. They generally die younger
and are
less likely to be able to escape their cycle of deprivation.
The Sultan
of Afar, Ali Mireh Hanfareh, recognises the severe problems
facing the state. He told IRIN that education was the key to solving
many
of them. "Education is the most important thing for my people,"
he said
from his home in Asayita, the capital of Afar State. "You
cannot do
anything without education."
But the sultan,
who is the region's traditional ruler, said the entire
state had just three secondary schools - one of which he had built
himself. Only one percent of Afars ever finished primary school.
Moreover,
he pointed out, the miniscule educational component available
was also
serving to drive away the people who benefited from it, lured
by higher
wages and better lifestyles in other parts of the country or abroad.
As pastoralists,
the Afar move over vast distances with their livestock,
irrespective of borders. The lowland region, which covers 270,000
sq km,
occupies one-fifth of Ethiopia, has a population of about 3.4
million,
according to the last census in 1994.
Only about
five percent of the Afar population have access to proper
health care. According to the World Health Organisation (WHO),
two
hospitals serve the entire population, which, it says, is grossly
inadequate.
"Basic
infrastructure such as electric power supply, transport and
communications, are grossly deficient, which have posed serious
roadblocks
on the service delivery," a 2001 WHO report said. In almost
every area of
health, the Afar were well below the national average, the report
added.
No health outreach service has been offered for three years because
of
financial constraints and a lack of transport. Immunisations against
disease were almost zero, it added.
In the sweltering
capital of the region, Asayita, where temperatures often
reach 45 degrees centigrade, electricity is only available - if
at all -
to half the town at any time. A 45-km dirt track links Asayita,
which
overlooks the Awash river, to the tarmacked Addis to Djibouti
highway. A
new capital, Semara, is being built on the highway, although no-one
has
moved there yet.
The lack of
basic services, like roads and electricity, pose real problems
to NGOs trying to establish themselves in Afar. Few of them operate
in the
state. Only 13 NGOs are currently running programmes there. Six
years ago,
it was just two, but the World Bank and IMF are now targeting
pastoralist
projects, whose funds attract new development groups to the region.
A five-year
World Bank-funded programme worth US $250 million known as the
Ethiopian Social and Rural Development Fund (ESRDF) targeted rural
areas,
but often did not reach pastoralists. Now the Bank is launching
a scheme
to channel funds direct to the pastoralists. The scheme, the Pastoral
Community Development Project, is far more "geographically
specific" in
its focus than the ESRDF from which it evolved.
Esayas Girma,
head of Community Aid Abroad (CAA) - who started work in
Afar six years ago - said historically the group had been outsiders.
"There is no question over whether the Afar are marginalised,"
he said.
"They lack basic rights. All the political decisions traditionally
have
been taken elsewhere. They should have basic health and education
- these
are primary rights which can't be denied."
CAA is also
seeking to empower women through literacy programmes and
advocacy work. Esayas said the marginalisation of the Afar was
in part
historical - the divide between the lowlands of Ethiopia and the
highlands, where the majority of the population live.
The Pastoralist
Communications Initiative (PCI), a new organisation in
Ethiopia, agreed with Esayas's views. Daoud Tari of the PCI said
pastoralists across the Horn of Africa had been marginalised.
"The
production system they pursue is very different from the agrarian
agriculture production system. The state in Ethiopia was formed
around
agrarian agriculture that looked at pastoralism as a backward
mode of
production, not worth investing in."
After Afar
became a regional state in 1995 - it is supposed to control its
own budgets and priorities - the problems were compounded. "That
[transformation] has [engendered] a lot of problems, because there
is no
capacity. The regional state has a strong lack of capacity,"
Daoud said.
Many development
agencies complain they are concerned over security as
skirmishes can break out between rival clans. Almost every man
wears the
fearsome looking three-foot-long Jile sword. Most men carry semiautomatic
rifles. Parts of the state are often out of bounds to the United
Nations
because of strict rules governing staff security. The sultan argues
that
the Afar are peaceful - but much of his time is spent settling
disputes
between rival clan leaders, who regularly call at his home.
But NGOs in
Afar say the security issue is influenced by the regional
state's political boundaries, Djibouti and Eritrea being places
where many
Afar, who do not recognise borders, also live. Daoud said that
groups of
Afar spread over three countries meant that they could often be
used as
political pawns by rival governments.
CAA believes
that the clan system - often blamed for insecurity - can
actually facilitate operations. "It is an advantage for NGOs.
If you know
exactly the architectural structure of the society, it is an opportunity
for NGOs to work, not a source of frustration," Esayas said.
"Like the
land management system is done, which is based on a clan system.
But when
people who go there see plain lands [they] think nobody's there.
But
somebody is managing that one. So if you understand the clan system,
who o
perates [it] and who are really the power - I can't see it as
a problem."
On average,
the region receives 300 mm of rainfall a year - an amount that
can fall in a single month in the country's capital, Addis Ababa.
But
according to Farm Africa, which focuses on pastoralist development,
lack
of water is not the problem - it is poor management. Dr Seme Debela,
head
of Farm Africa, said gradual encroachment by large-scale commercial
crop
cultivation using the Awash river for massive irrigation was preventing
the Afar from reaching the river bank to graze their animals.
"It is
not really the water - the water is there," he said. "It
is the
land that is creating the problem, because these people migrate,
and these
commercial activities are in the way of the migratory route. It
also means
fertile land where crops are now grown are off-limits to the nomads,
who
are on an endless search of fine grazing lands. That has created
conflict,
and this is the issue of management - how to share resources,"
he said.
"The
pastoral community was not well understood in the past. There
were
efforts by the previous governments, beginning with the Haile
Selassie
period up till now, but the kind of development programmes planned
and
implemented were not really appropriate to the pastoral community.
As a
result they could not really benefit from this kind of development,"
Seme
noted.
There had
been a number of livestock programme activities, but the
approach had been more suited to the highland environment - highland
agriculture rather than pastoralism, Seme said. "The kind
of development
plans initiated were not participatory, did not really appreciate
the
distinction between highland settled agriculture and pastoral
activities,
even agro-pastoral activities. So there was this dichotomy. Now
we are
learning: the government has even set up a pastoral extension
system."
Farm Africa
also trains the Afar in animal health, equipping them with
medicines to tackle livestock diseases. Seme said many areas needed
to be
targeted and improved, particularly the ability of the Afar to
run
programmes once NGOs pulled out. "The social infrastructure
is very weak,"
he said. "Unfortunately they don't have the resources both
human,
financial and others. So there is a big need for the Afar region,
like for
most pastoral regions."
He noted that
non-Afars held the available jobs in the region. "Who runs
the commercial farms, who are the truck drivers, who are the accountants,
storekeepers, secretaries? They are not Afar, and this human resource
base
is very weak now."
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18/05/02
Rebaptisons nos rues avec des noms djiboutiens (lecteur)
Je suis vraiment
déçu d'entendre mes chères frères
et surs djiboutiens
utiliser les anciens noms coloniaux des places et routes à
Djibouti.
Comme vous
savez, l'ancienne Place Rimbaud est actuellement nommée
Place
Mahamoud Harbi, l'ancienne Place Menelik est la Place du 27 juin.
Actuellement,
avec l'appui de la Population djiboutienne, nous demandons au
Parlement de renommer le boulevard de Gaulle (plusieurs dizaines
de
djiboutiens y ont été massacrés durant le
séjour du Général de Gaulle à
Djibouti) boulevard Janaleh (héros de l'indépendance).
Une pétition signée
par plusieurs milliers de djiboutiens sera bientôt délivrée
au Parlement et
au Président. Après lorsque ce sera devenu une réalité,
nous espérons continuer à "djiboutiser"
plusieurs endroits (place Lagarde, rue de Marseille, rue de
Genève etc..) qui portent encore des noms coloniaux.
Bref, quel
est l'intérêt de changer le nom d'un endroit si la
population
utilise toujours les anciens noms coloniaux.
Association
pour la protection de la souveraineté nationale (apsn)
sincèrement
James L
ARDHD
: nous publions cette contribution d'un lecteur. La seule chose
qui nous a surpris, est simplement traduite par le fait qu'il
ait choisi d'envoyer son message avec un nom européen,
certainement un pseudonyme (plutôt anglais), comme expéditeur.
Cela diminue beaucoup l'impact et la force de son message, pour
ne pas dire plus sur la véritable conviction que l'on pourrait
en déduire.
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18/05/02
Je voudrais vous apporter des précisions au sujet ABDILLAHI
connu sous le nom de "Bene Bidarlé". Il a des
biens en France acquis avec l'argent détourné du
HCR. (Lecteur)
D'après
mes informations, il aurait acquis en France un superbe appartement
avec l'argent qu'il avait détourné au HCR. Je m'étonne
que les banques en charge du transfert n'ait pas lancé
l'alerte auprès des services TRACFIN. Je pense d'ailleurs
qu'IOG n'est pas au courant.
Cela montre
la tolérance des banques françaises vis à
vis du régime de Guelleh et de ses proches. Combien ont-elles
transféré pour le compte de Guelleh ! Le montant
serait impressionnant paraît-il. La Suisse va-t-elle intervenir,
depuis qu'elle s'est dotée d'une nouvelle arme juridique,
comme vous l'écriviez dans votre précédent
numéro.
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18/05/02
"Sept ans après, la mort toujours mystérieuse
du juge Borrel" (Le Nouvel
Observateur N° 1958 - Sylvie Véran)
ARDHD
: exceptionnellement, nous reproduisons l'intégralité
de cet article, car il y a tout lieu de penser que ce numéro
du Nouvel Observateur sera censuré par IOG à Djibouti
et que la communauté djiboutienne émigrée
au Canada, aux USA, en Hollande et /ou en Europe du Nord (qui
consititue la majorité des nos lecteurs) aura beaucoup
de mal à se le procurer. Nous adressons nos plus sincères
félicitations à Sylvie Véran pour la qualité
de son information.
Meurtre ou
suicide ? En 1995, le magistrat français détaché
à Djibouti avait été retrouvé carbonisé
sur les flancs d'une falaise. Depuis, sa veuve est convaincue
que son mari a été tué parce qu'il en savait
trop. Rebondissement : un nouveau juge a décidé
de faire exhumer le corps.
S'il était possible de remonter le temps, Elisabeth Borrel
n'hésiterait pas un instant. Cela fait prés de sept
ans que cette femme brisée fouille le passé, revisite
les ultimes moments qui ont précédé le baiser
donné par son mari avant qu'il ne la quitte pour toujours.
Pourquoi n'a-t-elle
pas pressenti qu'il était en danger ? Ces questions sans
réponses hantent l'épouse de Bernard Borrel, un
magistrat français dont le corps a été retrouvé,
brûlé, fin 1995, sur les flancs abrupts d'une falaise
dominant la mer d'Oman, à Djibouti.
Etait-ce un
suicide, comme l'a tout de suite annoncé l'ambassade de
France ?
Un assassinat,
comme le croit fermement son épouse, magistrat elle aussi
? Ou encore un meurtre camouflé, commis au nom de la uiison
d'Etat? Aprés sept années d'investigations dans
une atmosphère lourde de rumeurs, de ragots, de pressions
politiques, de bourdes policiéres et judiciaires, et le
dessaisissement de deux magistrats, une nouvelle exhumation du
corps de Bernard Borrel vient d'être ordonnée par
le juge Jean-Baptiste Parlos, chargé de l'enquête
depuis juillet 2000.
Tout commence
au petit matin du jeudi 19 octobre 1995, à Djibouti, lorsqu'une
patrouille de la prévôté (police de l'armée)
française découvre un 4x4 Suzuki bleu abandonné
prés d'un belvédère qui surplombe le golfe
de Goubbet al-Kharab, face à l'île de Guinni Koma,
dite l'île du Diable. Sur le siège arrière
du véhicule, un pantalon et une chemise sont soigneusement
pliés. En contrebas du parking, les gendarmes trouvent
un short, un jerrican d'essence vide et une sandale. Puis, au
pied d'un ravin haut de quatre mètres, ils repèrent
un briquet, une montre et une autre sandale calcinèe. Enfin,
à une quinzaine de mètres de là, au bas d'un
éboulis, un corps nu et àdemi carbonisé.
L'identité
de la victime est vite établie. Il s'agit du juge Bernard
Borrel, 40 ans. Magistrat mandaté par la France en tant
que conseiller du ministre de la Justice de Djibouti, Moumin Bahdon
Farah, dans le cadre de la coopération judiciaire entre
les deux pays.
La nuit précédente,
Elisabeth Borrel n'a pas fermé l'oeil. Aidée par
des amis coopérants, elle a cherché son mari dans
les hôpitaux et les commissariats de cette ancienne colonie
française, brûlante et désertique, pays des
Mars et des Issas. Bernard Borrel avait quitté la maison
la veille, vers 17 heures, après avoir ramené leur
fils ainé du catéchisme. Il devait ensuite repasser
à son bureau. Et se rendre à une réunion
du Rotary. Personne ne l'y a vu.
Folle d'inquiétude,
Elisabeth se décide à fouiller ses effets personnels
et découvre une enveloppe à son nom. A l'intérieur
deux feuillets rédigés par son époux. L'un
dresse une liste de sa collection de médailles militaires
et indique à Elisabeth qu'elle peut les vendre si elle
le souhaite. L'autre évoque une somme de 50 000 francs
(7 622 euros), retirée la veille en monnaie djiboutienne
de leur compte joint. Le juge signale que cétte somme qui
se trouve dans son cartable n'a pas été dépensée
et qu'il faut la rapporter à la banque.
Elisabeth
n'a pas le temps de se demander à qui ou à quoi
était destinè cet argent. On sonne à la porte.
Il est 9 heures du matin. Le consul de France vient lui annoncer
que son mari " s'est immolé " dans la nuit.
Dans l'après-midi,
Jean-Claude Sapkas, conseiller juridique français de celui
qui était alors président de la République
de Djibouti, Hassan Gouled Aptidon, se présente chez Mme
Borrel. Il lui demande de rechercher un document de la plus haute
importance, que son mari devait détenir.
Document qu'elle
ne retrouve pas mais qui, selon le visiteur, pourrait attirer
de gros ennuis au chef de la prévôté s'il
tombait entre de mauvaises mains. Elisabeth apprendra plus tard
qu'il s'agissait d'une liste de personnalités politiques
et policières locales impliquées dans des affaires
de corruption.
Mais, pour
l'heure, terriblement choquée, elle ne se pose pas de questions.
Trois jours plus tard, accompagnée par ses deux fils de
5 et 8 ans, elle se laisse pousser dans l'avion pour Paris. Après
avoir promis, à la demande de M. Sapkas, de ne jamais parler
du document disparu ni de l'argent découvert dans son appartement.
Elle abandonne
sur place le corps de Bernard qui, lui dit-on, doit être
autopsié avant qu'on ne le lui rende.
Dans les semaines
suivant son retour en France, Elisabeth Borrel ne met pas en doute
la version du suicide. L'idée qu'on ait pu attenter à
la vie d'un haut magistrat français dans cette base arrière
de l'Hexagone où tant d'intérêts sont liés
à ceux de la France ne lui vient pas un instant à
l'esprit. Son mari était un homme solide et peu enclin
à la mélancolie.
Mais elle
se souvient d'une conversation avec lui, deux jours avant sa mort,
qui l'avait rendue perplexe. " Bernard parlait peu de ce
qu'il avait à coeur, dit Elisabeth Borrel. C'est pourquoi
j'ai été trés étonnée quand
il m'a confié qu'il était angoissé, qu'il
souhaiterait m'en dire plus mais qu'il ne le pouvait pas. Il se
reprochait de dépenser futilement son argent dans l'achat
de médailles et de ne pas s'occuper suffisamment de sa
filleule de 13 ans, élevée seule par sa mére,
premier amour de Bernard. Pour finir, il m'a dit qu'il
n'était plus digne de moi. J'ai mis cette drôle de
confidence sur le compte de la fatigue. "
Le 3 novembre
1995, la dépouille du juge Borrel est rapatriée
à Toulouse et ensevelie le lendemain dans le cimetière
du village de Frouzins. Fin novembre, malgré plusieurs
requêtes, Elisabeth n'a toujours pas reçu le rapport
de l'autopsie faite à Djibouti. "Je me suis réveillée,
explique-t-elle. J'ai commencé à penser qu'on me
cachait quelque chose. " La jeune femme, elle aussi magistrat,
décide de demander une autre autopsie du corps de son mari.
Une information
est ouverte au parquet de Toulouse pour " recherche des causes
de la mort ". Deux mois passent avant que l'opération
ne soit réalisée le 15 février 1996. Puis...
une année entiére avant que ses résultats
ne soient livrés. Ils vont pourtant se révéler
d'une extrême importance.
En effet,
au contraire du médecin qui a examiné - et non autopsié
- le corps de Bernard Borrel à Djibouti le rapport a fini
par arriver en mai 1996, les légistes de Toulouse ne concluent
pas à l'asphyxie par le feu, donc à la mort par
carbonisation. Aucune trace de suif n'a été décelée
dans les bronches. Un autre expert établit que le peu d'ampleur
du rayonnement thermique constaté sur le sol où
était allongé le corps ne correspond pas à
la combustion très forte du haut du cadavre. Et que certains
des objets éparpillés sur plusieurs mètres
ne se trouvent pas dans la trajectoire empruntée, selon
l'enquête de la prévôté, par le corps.
Pour Elisabeth
Borrel, c'est la confirmation d'une conviction qui ne la quittera
plus: son mari a été tué et son corps brûlé
afin de maquiller le meurtre en suicide. Pour quelle raison ?
Elle n'en a aucune idée mais elle cherche. Et trouve. Dans
les dossiers personnels de Bernard, Elisabeth découvre
une liste d'entreprises européennes fabriquant des produits
chimiques, qui, renseignements pris, seraient utilisés
dans la fausse monnaie.
Or un gigantesque
trafic de faux dollars, impliquant des notables locaux et des
Français émigrés à Djibouti, avait
été mis au jour durant l'été 1995.
En s'intéressant à ce dossier très sensible,
son mari se serait-il mis en danger ? Un autre document
l'intrigue. Il a été adressé de Paris à
Bernard par le juge Roger Le Loire. C'est une commission rogatoire
concernant une demande d'auditions dans le cadre de l'enquête
sur l'attentat contre le Café de Paris à Djibouti.
Le 27 septembre
1990, en pleine guerre du Golfe, une bombe explose devant ce lieu
de rendez-vous de la colonie française qui rassemble 3
000 militaires et 200 coopérants. Bilan : un mort et 11
blessés. L'enquête est diligentée de Paris
par le juge Le Loire.
Quatre suspects
sont arrêtés mais non extradés. Ils sont condamnés
à Paris par contumace, en 1998, à la réclusion
à perpétuité. Mais à Djibouti une
rumeur circule : cet attentat antifrançais aurait été
commandité par Ismaël Omar Guelleh, le dauphin du
président Aptidon, qui sera élu chef de l'Etat en
avril 1999.
"
Guelleh voulait mettre à genoux la tribu minoritaire somalie
des Gadaboursis, explique Jean-Loup Schaal, Président
de l'Association pour le Respect des Droits de l'Homme à
Djibouti. Grâce à cet attentat, il a pu organiser
une descente de police dans un quartier où s 'étaient
réfugiés des opposants Gadaboursis. Prés
de 60 personnes ont été exécutées.
"
Bernard Borrel
servait de lien entre le juge Le Loire et le magistrat djiboutien
chargé du dossier du Café de Paris. A la demande
de Mme Borrel, le juge parisien consent à témoigner:
" Votre époux [...] m'a apporté une aide précieuse
ayant permis le bon déroulement des investigations à
Djibouti. Je ne peux malheureusement pas vous fournir les détails
étant personnellement tenu au secret professionnel (...)
.
Forte de cette
attestation, des résultats des expertises, du silence qu'on
lui a demandé d'observer à propos de la somme d'argent
détenue par Bernard Borrel, Elisabeth décide de
porter plainte pour " assassinat ". En novembre 1997,
le dossier est dépaysé de Toulouse à Paris
et confié aux juges Roger Le Loîre et Marie-Paule
Moracchini. Commence alors une véritable guerre d'usure
entre les deux magistrats et Mme Borrel et ses avocats. "
Dès le début, ces juges n 'ont instruit que dans
le sens du suicide et ont systématiquement repoussé
toutes les demandes d'actes que nous faisions ", dit Me Olivier
Morice, avocat de Mme Borrel.
Faux, se défend
aujourd'hui Roger Le Loire. " Nous sommes partis de l'idée
d'un crime. Cependant, au fur et à mesure de l'examen des
pistes, y compris celle d'une relation avec l'attentat du Café
de Paris, le suicide nous est apparu de plus en plus évident.
"
Les magistrats
se rendent une premiére fois à Djibouti en mars
1999. Une enquête sur la personnalité du juge Borrel
est lancée. On cherche dans sa vie privée. On le
soupçonne d'avoir eu une maîtresse à Paris.On
veut savoir si sa filleule, Tania, n'est pas en réalité
sa fille.
On va même
jusqu'à montrer sa photo à des enfants des rues
victimes d'un groupe de pedophiles français. Mais, selon
Mme Borrel, aucune enquête sérieuse n 'est faite
sur la réalité des activités professionnelles
de Bernard. Revenant sur ce qu'il m'avait écrit, le juge
Le Loire me fait alors savoir que mon mari ne tenait qu'un rôle
subalterne au ministère de la Justice djiboutienne et n'avait
pas connaissance du fond des dossiers traités ".
Début
2000, alors que l'instruction paraît s'enliser, un témoin,
réfugié politique djiboutien en Belgique, sort soudain
du bois. Il se nomme Mohamed Saleh Alhoumekani. Officier dans
la garde présidentielle au moment des faits, il affirme
que le juge Borrel a été assassiné et que
le président Ismaêl Omar Guelleh, surnommé
IOG à Djibouti, est le commanditaire du meurtre.
Le 19 octobre
1995 à 13h45, Alhoumekani aurait assisté dans les
jardins de la présidence à une curieuse conversation
entre IOG, alors patron de la police secréte, et cinq hommes
venant d'arriver dans deux 4x4. " La mission est accomplie,
aurait dit l'un deux. Le juge fouineur a été tué.
" IOG aurait alors demandé si le travail avait été
" bien fait ".
Réponse
du colonel Sheik Hamed Madhi, directeur de la gendarmerie djiboutienne
" La main courante est en notre possession. Vous pouvez être
tranquille. "
Pour se rendre
en direction de l'île du Diable, il fallait à l'époque
traverser plusieurs check points. " Je connaissais le responsable
du N° 52, un Adjudant-chef issa prénommé Awalleh,
nous explique Mohamed Saleh Alhoumekani.
Je suis allé
le voir. il m'a dit qu'à la tombée de la nuit il
avait vu arriver le 4x4 du juge Borrel, accompagné d'un
Européen. Derrière eux, suivait un autre véhicule
conduit par l'un des terroristes du Café de Paris censé
dormir en prison, avec à ses côtés un Blanc.
Au retour, il n'a vu qu'une des deux voitures revemr: celle du
terroriste où étaient assis les deux Blancs.
il m 'a ensuite
confirmé que la main courante avait bien été
saisie par le colonel Madhi. " Entendu en Belgique par la
juge Moracchini, Mohamed Alhoumekani se plaint dans la presse
d'avoir fait l'objet de pressions de la part du magistrat, en
vue d'obtenir sa rétractation.
Il confirme.
" La juge m'a dit: "Est-ce que vous savez que votre
président [NDLR: IOG) est très fâché
contre vous ? Les gens qui l'entourent sont dangereux. Vous pouvez
revenir sur vos déclarations avant qu'il ne soit trop tard
!" . Mme Borrel y voit la preuve qu'on cherche à faire
taire les témoins.
En mars 2000,
les juges Moracchini et Le Loire se rendent une nouvelle fois
à Djibouti. Elisabeth Borrel et ses avocats n'ont pas eu
le droit de les suivre. " On a surtout voulu éviter
les témoins gênants ", dit Me Morice. Sur les
lieux du décès, les juges procédent, selon
leur rapport, à plusieurs simulations du parcours effectué
par la victime, " à l'aide d'un mannequin d'un poids
de 20 kilos ". Bernard Borrel mesurait 1,85 métre
et pesait 80 kilos. Il n'empêche " Au vu de cette mascarade,
dit Me Laurent de Caunes, avocat des enfants Borrel, M. Borrel
s'est suicidé car, compte tenu de l'étroitesse du
passage qu'il a selon eux emprunté, il n'aurait pu être
transporté mort ou encore vivant par des tiers. Pourtant,
les gendarmes ont bien réussi à remonter son corps
! "
Autre coup
de théâtre en juin 2000. Après plusieurs interventions
des avocats de Mme Borrel auprès du garde des Sceaux qui
dénonçaient tant les pressions exercées sur
le témoin Alhoumekani qu'une instruction privilégiant
la thèse du suicide, les juges Moracchini et Le Loire sont
dessaisis par un arrêt de la chambre d'accusation. Arrêt
" non motivé ", nous précise Marie-Paule
Moracchini. Pour les avocats d'Elisabeth Borrel et de ses enfants,
c'est une victoire.
C'est le juge
Jean-Baptiste Parlos qui hérite de cet encombrant dossier.
Il recommence l'instruction à zéro. En février
dernier, il va à Djibouti, avec Elisabeth Borrel, ses avocats
et un représentant du Syndicat de la Magistrature, partie
civile avec deux autres organisations professionnelles. "
Nous avons
pu constater sur les lieux que le suicide décrit dans le
rapport des deux magistrats était techniquement invraisemblable,
poursuit Me de Caunes. Comment cet homme a-t-il pu descendre sur
des rochers tranchants, pieds nus, dans le noir, sans se blesser,
puis s'immoler et courir 15 mètres sur des cailloux sans
même s'égratigner la plante des pieds ? ".
Une nouvelle
exhumation du corps est ordonnée et prévue pour
juillet prochain. Elle pourrait permettre notamment de déterminer
si le squelette ne porte pas de traces de fractures. Les radiographies
effectuées tant à Djibouti que par les légistes
toulousains ont - encore une bavure selon Mme Borrel -
été perdues... " Le juge Parlos veut fermer
un maximum de portes afin que la justice ne puisse plus être
suspectée de partialité, confie une source judiciaire.
Le problème de cette affaire est qu'elle s'est déroulée
en Afrique, où les témoins, s'ils se sentent en
danger, ne disent pas forcément la vérité.
Et qui plus est, à Djibouti où la France est omniprésente,
avec des moyens militaires et financiers considérables.
"
Me Roger-Vincent
Calatayud est président de l'Association française
des Amis des Démocrates de Djibouti. Ancien bâtonnier
de Tarbes, il défend plusieurs opposants au régime
djiboutien dont Moumin Bahdon Farah, ancien ministre de la Justice
et ex-patron de Bernard Borrel à Djibouti. " Tout
le monde là-bas, diplomates français compris, parle
de l'implication du président Guelleh dans l'attentat du
Café de Paris et dans la mort du juge Borrel, affirme Me
Calatayud, mais personne n'ose témoigner. C'est trop dangereux.
Une chose
est sûre :
Borrel travaillait
avec son Ministre sur le dossier sulfureux des faux dollars et
toutes les affaires sérieuses du pays passaient entre ses
mains. "
Intègre
et déterminé, Bernard Borrel, ancien procureur de
Lisieux, major de l'Ecole nationale de la Magistrature, n'était
pas homme à accepter la moindre compromission. A-t-il été,
ainsi que le pense son épouse, confronté à
des dossiers qu'il ne pouvait instruire sans mettre sa vie en
péril ?
L'instruction
ne l'aurait pas jusqu'à maintenant démontré.
" Et si tout simplement le juge Borrel s'était suicidé
pour des raisons qui n'appartenaient qu'à lui, dit Me Francis
Szpiner, ancien avocat de l'Etat de Djibouti ?
Et si tout
simplement Mme Borrel ne supportait pas cette vérité
?
Il y a eu
manifestement des maladresses commises dans l'enquête. Comme
cela s'est passé dans le contexte très particulier
de Djibouti, la thèse d'un complot fomenté avec
la complicité des Etats français et djiboutien fait
son chemin. Un petit groupe d'opposants politiques alimente la
rumeur d'un assassinat et intensifie ainsi le mystère de
ce décès. Les syndicats de magistrats s'en mêlent
et tour le monde tombe dans le piège. "
A Toulouse,
Elisabeth Borrel continue de croire dur comme fer au meurtre de
son mari et espère qu'elle pourra bientôt démontrer
à ses enfants que leur père ne les a pas abandonnés.
La voix de cette femme, digne et posée, gronde de colère
à l'évocation de tous les épisodes judiciaires
qu'elle a dû affronter et de l'incompréhension dont
elle a tant souffert. Y compris, parfois, auprès de ses
fils. Un jour, le cadet lui a lancé : " Et pourquoi
ce ne serait pas toi qui a tué
papa ? "
SYLVIE
VÉRAN
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17/05/02
Il est inutile de tirer sur le journaliste parce que son analyse
ne sert pas vos petits intérêts. Ayez la maturité
nécessaire pour vous faire votre propre opinion au travers
des différentes informations qui vous sont proposées.
(Mohamed Qayad)
Ce nest pas assez quun journaliste ait des connaissances,
il faut encore quil soit équitable (...), quil
ne déguise rien, quil naltère rien.
Denis Diderot
On a beau faire croître leffort, (...) il nen
résulte jamais quune évidence qui est limpossibilité
de séparer lobservateur de la chose observée.
Paul Valéry
Permettez-moi
de dire que jai beaucoup apprécié leur stratégie
de rupture qui me fait penser a cette actualité politique
(probable condamnation de Milosevic contestant lillégitimité
de ce tribunal pénal international décidé
par une minorité de dirigeants occidentaux) qui consiste
a discréditer le journal de M. Schaal y compris
par tous les moyens illégaux (mensonges, calomnies, cynisme,
ruse, duplicité, etc).
Au moins si
les détracteurs du bulletin "ARDHD" s'accordaient
entre eux sur lessentiel. Jen doute fort !! Il est
très révélateur de constater quils
prennent tous point de départ le fameux Schaal sans
scrupule (daprès eux), comme un chef de secte
habile dans lart de tromper et de manipuler les esprits
djiboutiens.
Méprise
? Réalité ? Règlement de comptes ? ce portrait-là,
en tout cas, est très mauvais, ni sage ni citoyen ; il
nest pas raisonnable de penser que ce portrait soit fidèle
a celui qui avait suscité tant dadmiration et de
respect au consortium des tartuffes .
La vérité
semble être ailleurs.
Je maperçois
que leurs critiques de lARDHD ne sont que beaux discours
destinés à permettre à une oligarchie (IOG
et ses sbires) de senrichir par le crime et la violence.
Encore que
le passéisme génial de leurs critiques soit a tiroir,
comme leurs calomnies. Puisque ce XX siècle dont il ne
peut sévader est, selon eux, le maigre résidu
dégénéré dun souvenir, la trace
salie dun plus lointain passé. Qui a vrai dire, nexiste
que dans leur imagination ou plutôt dans ce monde suprasensible
que ces tartuffes doivent regagner.
Telle est
la perspective où il faut situer leur prétendu conservatisme,
qui signifie l'approbation de linjustice vérifiable
à Djibouti et la connivence à légard
de qui emploie la contrainte sous prétexte dimposer
ce quil croit juste.
Tel est leur
art par excellence, tout dironie et de fausse naïveté,
qui amène progressivement linterrogé(e) à
se contredire lui-même malgré lui et à prendre
ainsi conscience de linsuffisance et de lincohérence
des convictions sur lesquelles il /elle vivait jusqualors.
Certes,le
journaliste est un homme parmi les hommes, il ne peut-être
un témoin neutre. Il est subjectif par le choix de ses
sujets, par son analyse et par son style.
En raison
de lobjectivité, le fait est sacré, il faut
donc le montrer, le dire et lexprimer. Le journaliste na
pas le droit de se taire, ni dêtre réduit au
silence.
Sa mission
se résume en 3 mots: savoir, vérité, liberté.
Le journaliste
opère par observation, analyse, vérification et
classement. Il informe avant de donner son opinion.
En raison
de la liberté., la pluralité des opinions doit être
garantie. Que les avis sopposent est un bien, le débat
étant la condition de la liberté. dexpression.
A ceux qui
craignent de voir la subjectivité déformer la vérité
( dans le journal de l'ARDHD) ,je répondrai que chaque
lecteur a, lui aussi, sa subjectivité et un sens critique,
capables de contrebalancer ceux du journaliste.
Mohamed
Qayad
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17/05/02 Et si IOG décidait de prendre
exemple sur ATT ! (Lecteur)
ATT, des armes
aux urnes
Amadou Toumani
Touré, n'a que 54 ans et déjà fait figure
de sage africain. Mais ATT, comme on l'appelle affectueusement,
malgré son jeune âge a une expérience de vie
publique et politique dense qui lui fait occuper ce rang de choix
tant au Mali que dans toute l'Afrique.
Rien ne prédestine
Amadou Toumani Touré à un grand destin. Mais dès
1991, sa paisible carrière de militaire prend un virage
qui le propulse au devant de la scène politique. Le 26
mars 1991, il prend la tête d'une opération militaire
qui renverse le général Moussa Traoré. Le
Mali découvre ce jour un jeune lieutenant-colonel qui met
fin à 23 années de dictature. Ce 26 mars 1991 tourne
la page de plusieurs semaines de répressions violentes
des manifestations de travailleurs et d'étudiants qui réclament
des conditions de vie meilleure. La garde présidentielle,
une unité militaire d'élite tirent à balles
réelles dans la foule des manifestants, faisant plusieurs
dizaines de morts. Amadou Toumani Touré confiera plus tard
qu'il ne pouvait plus en tant que soldat, «regarder les
populations civiles, se faire tuer sans réagir».
En prenant
le pouvoir, il donne tout de suite une idée de ce que sera
sa mission, par le nom donné au groupe de militaires «putschistes»
qu'il dirige: Comité de réconciliation nationale
(CNR), le nouvel exécutif du pays. Dès le 29 mars
le CNR se mue en Comité de transition pour le salut du
peuple (CTSP). Des civils issus du mouvement associatif, (les
partis politiques sont interdits), pouvent alors siéger
aux côtés des officiers dans un nouveau gouvernement.
Dès lors, quatorze mois de transition vont jeter les bases
de la 3ème république malienne. Plongés dans
une douce béatitude, les Maliens découvrent et apprécient
les espaces de liberté et d'expression qu'un Etat peut
instaurer et garantir. Les qualités de négociateur
de ATT ont permis au Comité de transition pour le salut
du peuple (CTSP) de soumettre au peuple, et à un rythme
soutenu, des mesures pour l'instauration d'un régime démocratique:
tenue d'une conférence nationale, dont il dirige les travaux,
(cas unique en Afrique où le président de la république
préside la conférence nationale), charte des partis
politiques, suppression des juridictions d'exception, projet de
constitution, code électoral, liberté de la presse,
signature d'un pacte de paix avec la rébellion touarègue
dans le nord du pays, référendum constitutionnel,
élections municipales, élections législatives
et enfin élection présidentielle en avril 1992 à
laquelle, bien entendu, il ne participe pas. C'est aussi une première
en Afrique.
L'homme impressionne
par sa qualité de travail et son dévouement. Il
engage une politique d'ouverture et de dialogue à travers
des actes politiques qui s'apparentent à un programme pédagogique.
Son premier métier d'instituteur lui a certainement fourni
les armes, mieux que sa formation militaire, pour conduire la
transition politique au Mali. Il n'a pratiquement pas exercé
ce métier d'enseignant avant de s'engager dans l'académie
militaire de Kati (Mali) en 1969. Il en sort en 1972 avec un grade
de lieutenant avant de s'embarquer pour l'Union soviétique
et la France où il reçoit une formation en état-major.
Dès son retour au Mali, il commande la garde présidentielle
mais revient en France en 1990 pour suivre une formation à
l'Ecole supérieure de guerre à Paris.
Un an plus
tard le jeune lieutenant-colonel est de retour pour servir dans
les armes, mais les événements politiques dans son
pays ne laissent plus indifférent. «J'avais honte
d'être officier de l'armée. Moussa Traoré
ne servait plus les intérêts du pays» dit-il
pour justifier l'intervention des officiers supérieurs
qu'il a conduite. Certains soldats restés fidèles
au général Moussa Traoré qualifient cette
opération de «trahison» et lui reprochent encore
aujourd'hui d'avoir abusé de la confiance du général-président
«qui a fait sa carrière». Déçu
de n'avoir pas reçu une promotion, à son retour
de l'Ecole de guerre en France, il est amer sur la conduite des
affaires du pays. Le putsch du 26 mars y trouverait aussi un début
d'explication.
Mais il a
su faire accepter au commun des Maliens que ces réserves
et critiques ne sont que pures médisances, en faisant de
la paix et de la justice sociale les axes prioritaires de son
passage à la tête de l'Etat. Et pour marquer les
esprits, son dernier acte politique au Mali s'est conclu par la
signature du Pacte social pour l'amélioration des conditions
de travail et de vie des travailleurs, entre l'Etat et les syndicats.
Sa réputation franchit les frontières de son pays
et le prépare à une carrière internationale.
L'ancien président
Jimmy Carter, ne lui laisse point le temps de la réflexion.
Il sollicite ses compétences et services, cinq mois seulement
après son départ du pouvoir, pour des ouvres humanitaires.
Et le revoilà parti pour de nouveaux défis. En août
1993, il crée sa propre Fondation pour l'enfance, avec
le soutien de son épouse, elle-même sage-femme. En
regardant leurs trois enfants grandir c'est aussi aux «petits
Maliens» qu'il pense. «Aujourd'hui, l'avenir des enfants
grandissant dans nos villes en expansion non contrôlée,
tend à devenir beaucoup plus difficile que celui des parents
ayant grandi le plus souvent à l'abri de valeurs et de
styles de vie traditionnels procurant un filet de sécurité
sociale».
Le soldat
de l'humanitaire
Sollicité par l'Organisation mondiale de la santé,
il est membre du Comité international pour la lutte contre
la poliomyélite en Afrique et parraine des actions ponctuelles
d'organisations non gouvernementales à travers le monde
et qui travaillent en direction de l'Afrique. Les membres du Réseau
interafricain en faveur des enfants de la rue, le portent à
la présidence de leur mouvement. Bref, le général
en disponibilité de l'armée de son pays se reconvertit
progressivement à l'action humanitaire avant d'être
rattrapé par la politique. «La culture de la démocratie
et la paix doivent occuper constamment notre esprit» disait-il,
lorsqu'il était encore président du Mali. Les instances
onusiennes et l'OUA s'en sont souvenues et se sont rappelées
au bon souvenir de l'homme politique qui savait jouer avec le
temps sans brûler les étapes tout en orchestrant
un changement radical de comportement. Ils lui confient des missions
de médiation en République centrafricaine, en prise
à des mutineries, dans la région des Grands lacs
où les pays sont en guerre. Il participe également
aux commissions d'observation des élections en peu partout
en Afrique. A ce titre l'Observatoire panafricain de la démocratie
lui décerne en 1996 une distinction de «promoteur
de la culture de la démocratie en Afrique». En juillet
2001, il reçoit les félicitations spéciales
du Conseil de sécurité de l'ONU et de son secrétaire
général pour la «qualité» de
la conduite de toues les missions qui lui ont été
confiées.
Ces félicitations
qui sont pour lui une satisfaction personnelle ont, par ailleurs,
pris la forme de remerciement pour solde de tout compte. Dégagé
de toues ses «obligations» internationales, il se
dégage aussi, quelque temps plus tard, de ses «obligations
militaires» en donnant sa démission de l'armée
malienne. Le futur candidat à l'élection présidentielle
prend ainsi date pour un nouveau challenge. Mais les défis
ne sont plus les mêmes. L'homme intègre, volontiers
appelé «sage», immergé dans l'arène
politique pourra-t-il résister longtemps aux intrigues
politiciennes où les «combines» font partie
du jeu ? Ce militaire (para-commando) qui n'a rien d'un tueur
risque de s'y «brûler les ailes» disent ses
amis restés membres d'organisations humanitaires et non
gouvernementales. «ATT est volontaire et courageux. Il n'a
pas peur d'aller au feu» précisent-ils. C'est peut-être
cette culture militaire qui s'additionne à ses propres
qualités humaines pour faire de lui un homme d'exception.
Mais ses adversaires disent de lui qu'il est fin calculateur.
Sa carrière internationale est «savamment orchestrée»
en vu d'un retour programmé de longue date.
Pourqoui
IOG ne prend-il pas exemple sur cet africain rare ?
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