21/07/02
Lettre ouverte adressée à Monsieur l´ancien
Président de la République de Djibouti :
Hassan Gouled Aptidon, pour savoir s'il a des regrets
pour les crimes qu'il a commis.
(Lecteur)
Monsieur
le président,
C'est
avec respect que je vous adresse cette lettre ouverte.
Vous
allez atteindre bientôt l´age de 100 ans.
Quoi que l'on fasse, vos jours sont désormais comptés
et le soleil de Monsieur Hassan Gouled Aptidon se couchera
tandis que le soleil de la République de DJIBOUTI
continuera de briller.
Il
est très rare, dans l´histoire de notre pays
et compte-tenu des moyens médiocres dont dispose
la médecine de Djibouti, que des hommes atteignent
votre grand âge. Cet exploit ne peut avoir été
accompli que grâce aux énormes moyens financiers
que vous avez accumulés pendant l´exercice
de vos fonctions de Président de la République.
Ainsi
vous avez pu bénéficier d'une médecine
de très haute qualité et de soins particuliers
administrés par l´hôpital parisien
du Val de Grâce. Les défaillances de votre
corps sont compensées par des organes artificiels
qui vous maintiennent en vie.
Ces
organes artificiels ne peuvent vous prologer éternellement
et tôt ou tard
vous allez prendre le chemin des défunts où
vous retrouverez votre épouse Aicha Bogoreh, le
Général Yacin Yabéh Galab, MM. Idriss
Farah Habaneh, Youssouf Ali, Chirdon, Bourhan Ali Warkii,
Cheiko, Mohamed Elabeh. Etc.... L´histoire vous
jugera probablement, de son côté. Le créateur
le fera certainement, du sien.
Un
repenti tardif pourra-t-il vous attirer une certaine sympathie
sur terre comme au ciel ?
La
jeunesse djiboutienne née après le 27 juin
1977, date de l´indépendance de la République
de Djibouti attend des réponses de votre part et
à l'aube de votre vie, elle vous demande d'écrire
la vérité sur votre parcours politique et
social.
1
- Pouvons-nous commencer, si cela ne vous dérange
pas, par la liste des Djiboutiens que vous avez fait éliminer
durant la période que vous étiez "
Katala " au service de la France ?
2
- Combient de Djiboutiens avez vous éliminé
avant 1977 pour devenir Président, et pourquoi
?
3
- Avez-vous été impliqué directement
ou indirectement dans l´élimination de notre
héros national Mahamoud Harbie ?
4
- Est-ce vous qui avez commandité la tentative
d´assassinat d´Aden Robleh Awaleh, juste une
semaine avant l´indépandance ?
5
- Est-ce que c'est vous qui avez conseillé à
la France d'établir le réseau de barbellés
autour de Djibouti ?
6
- Est-ce vous qui avez été impliqué
directement ou indirectement dans la disparition de centaines
d'opposants, pendant la période où vous
êtiez au pouvoir ?
7
- Combien d'argent avez vous détourné ?
8
- Combien de comptes secrets avez-vous ouverts en Suisse
ou dans d'autres paradis ?
9
- Combien de Djiboutiens avez vous sacrifié pour
que IOG soit en mesure de vous remplacer ?
10
- Pensiez-vous qu'il n'y avait pas d´autres Djiboutiens
plus compétents qu'IOG pour vous succéder
et que le Peuple n'avait pas la maturité nécessaire
pour exercer son choix ?
11
- Pourquoi avez-vous joué, en permanence, la carte
tribale. Celle qui consiste à remplacer un Fourlaba
par un Fourlaba, un Afar par un Afar. N'y
avait-il pas d´autres solutions pour permettre aux
Djiboutiens de bénéficier des dirigeants
les plus compétents ?
12
- Existe-t-il une face cachée d'Hassan Gouled que
les Djiboutiens devraient connaître avant le jour
final, pour qu'ils tentent de vous accorder leur pardon
?
13
- Combien d'enfants Djiboutiens sont devenus orphelins
après que leurs parents aient été
assassinés par vos hommes de main ?
14
- Combien de jeunes Djiboutiens sont devenus impuissants
et stériles après avoir été
torturés dans les différentes Brigades de
la Gendarmerie et dans les Commissariats de Police ?
15
- Combien de femmes Djiboutiennes ont fait des fausses
couches ou sont devenues stériles après
avoir été violées et torturées
dans ces mêmes locaux ou dans leur village, en particulier,
dans le Nord du Pays ?
Répondez-nous, Monsieur l'ancien Président.
Etes-vous
un monstre ou un homme qui pourrait manifester d'ultimes
regrets ou un véritable repenti, avant de rentrer
dans la tombe ?
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21/07/02 L'Argent de poche pour
la semaine de Guelleh ! Chaque semaine, nous sommes informés
d'un nouveau versement en faveur de Guelleh.

La
semaine dernière, c'était la France qui
mettait sur sa table de Guelleh, plus de 6 millions d'Euro,
afin de mettre un terme au chantage sur l'implantation
militaire française de Djibouti
Aujourd'hui,
selon l'ADI, c'est la BAD qui verse 5,3 millions de Dollars.
Avec
cela, le dictateur dispose de moyens suffisants pour passer
une semaine agréable. Il peut éviter de
prendre les transports en commun ...
Toutes
ces instances internationales qui font assaut de générosité
se rendent-elles bien compte, qu'elles prennent le risque
de laisser se développer les conditions d'un massacre
ethnique, comme cela s'est vu, malheureusement dans d'autres
pays d'Afrique.
_____________________ Extrait
de l'ADI
La
Banque Africaine de Développement octroie un prêt
et don de 5,23 millions de dollars $ à Djibouti
DJIBOUTI
(ADI)- 20 juillet- La Banque africaine de développement
(BAD) a octroyé mercredi dernier, un prêt
de 3,9 millions et un don de 1,33 million USD à
Djibouti pour le financement d'un projet de renforcement
des services de santé.
Ce
projet vise notamment à améliorer les services
de santé de la mère et de l'enfant, la surveillance
et le contrôle des maladies transmissibles et, tend
par ailleurs à réduire le risque d'infections
sexuellement transmissibles (VIH-SIDA).
Des constructions et des équipements des structures
sanitaires sont également prévus dans le
cadre de ce projet.
Notons
que ce projet sinscrit dans le cadre de la lutte
menée par la BAD pour améliorer l'accès
des populations défavorisées aux services
sociaux de base.
ADI-
8H26 GMT- 20 JUILLET 2002
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21/07/02
APPEL URGENT DE L'ARDHD POUR PREVENIR DES MASSACRES ETHNIQUES.
L'assassinat
du Général Yacin Yabeh suscite un grand
émoi non seulement au sein de la communauté
djiboutienne, mais aussi dans celle des régions
voisines.
Nous
recevons de nombreux messages violents qui nous parviennent
sur fond de vindicte ethnique, d'appel au meurtre et à
la violence tribale. Les Mamassans sont désignés
globalement comme la cible à abattre. Ces appels
sont confortés par les rumeurs qui circulent autour
du dernier message du Général qui aurait
demandé "le prix du sang" contre ceux
qui se sont opposés à son évacuation
sanitaire.
Nous
sommes très alarmés par la situation qui
se développe actuellement et nous craignons le
pire dans les prochaines semaines, dans les prochains
jours.
C'est
la raison pour laquelle nous lançons ce cri d'alarme
aux Européens pour qu'ils interviennent avant que
la situation ne devienne tragique et incontrôlable.
Ils
doivent intervenir d'abord pour éviter un massacre
mais aussi parce qu'ils en portent une part majeure de
responsabilité : par exemple, le soutien incompréhensible
que la France ne cesse d'apporter à Guelleh, sur
les plans militaires, diplomatiques et surtout financier.
Les Européens doivent cesser immédiatement
et mettre Guelleh face à ses responsabilités
afin de tirer les conséquences de ses échecs
dans tous les domaines : démocratie, économie,
justice, santé, éducation, social, emploi,
aménagement du territoire, réconciliation
nationale, ....
Tous
les Mamassans sont-ils responsables des crimes de Guelleh
? La réponse est évidemment NON.
Même
s'il est vrai qu'un certain nombre de membres de cette
tribu a soutenu IOG parce qu'ils pouvaient y obtenir des
avantages directs ou indirects. Tous les Mamassans ne
sont pas des dictateurs sanguinaires pour autant et loin
s'en faut !
Cela
ne concerne, au plus, qu'une petite poignée de
courtisans qui a monopolisé le pouvoir, l'argent
et la force publique, autour de Gouled d'abord, puis de
Guelleh ensuite.
Mais
par la faute majeure de Guelleh aujourd'hui avec la mort
du Général, tous les Mamassans se retrouvent
globalement dans le collimateur des autres ethnies et
en particulier de celle du Général.
Nous
refusons par principe le tribalisme, mais il ne faut pas
être aveugle.
Que
pourraient faire les Mamassans aujourd'hui pour éviter
le pire ?
1
- A notre avis, l'une des meilleures solutions pourrait
consister à se désolidariser publiquement
et officiellement de Guelleh, de son régime et
de ses méthodes et à le faire savoir. Cette
communication aurait le mérite d'apporter une certaine
clarté dans le contexte trouble que nous connaissons
actuellement et elle permettrait, au minimum, de calmer
les ardeurs vengeresses qui se profilent de tous les côtés.
Elle donnerait des arguments à ceux qui tentent
de prêcher la non-violence ethnique et qui essayent
de prévenir une vengeance tribale.
2
- La deuxième solution ne peut-être qu'une
intervention coordonnée, rapide et efficace des
instances internationales, de la communauté européenne
et de la France, qui doivent prendre leur responsabilité
et assumer les conséquences de leurs (mauvaises)
décisions passées, en mettant IOG au pied
du mur.
Jean-Loup
Schaal
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21/07/02
Faudrait pas oublier que ce sont les Français qui
avaient rendu le Général Yassin à
Guelleh. (Lecteur)
Mes
frères, n'oubliez pas quand même que ce sont
les Français qui avaient remis le Général
Yassin à Guelleh, au lendemain de l'affaire du
7 décembre.
Le
Général s'était réfugié
à la base aérienne .... Les Français
avaient dit à l'époque qu'ils avaient reçu
toutes garanties sur la sécurité qui serait
donnée au Général.
Après
son meurtre que disent-ils les Français, au sujet
des garanties qu'ils avaient obtenues ? Qu'elles n'étaient
valables que pour dix-huit mois et que le délai
est dépassé de quelques jours. Par exemple,
ça serait une bonne idée de leur part ?
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21/07/02
Dialogue (presque) imaginaire qui aurait pu avoir été
entendu à Addis Abeba.
Dans
un bureau luxueux, deux interlocuteurs connus : Guelleh
et le Premier Ministre éthiopien Meles Zenawi.
IOG
: Je ne sais pas comment te le dire, mais j'aimerais te
demander un service.
MZ
: j'imaginais bien. Chacune de tes visites impromptues
est toujours intéressée. L'amitié
tu ne connais pas. Qu'est ce que tu veux encore ?
IOG
(embarrassé) : eh bien voilà, c'est un peu
compliqué. J'aimerais bien récupérer
l'un de mes hommes qui est chez toi. Sa famille s'inquiète,
car il a abandonné le domicile conjugal. Enfin
tu comprends, ses proches aimeraient bien le revoir. Ses
enfants pleurent le père absent ...
MZ
: intéressant, poursuis !
IOG
: c'est aussi un homme que j'aime beaucoup personnellement
et j'aimerais moi aussi le retrouver pour lui manifester
mon soutien.
MZ
: viens au fait ! De qui s'agit-il ?
IOG
: ça m'ennuie de te donner son nom. Disons que
c'est un ancien officier qui s'est réfugié
chez toi. Il a eu tort, car je ne lui veux que du bien
et je tiens à le protéger moi-même.
Il n'y a aucune raison que la charge de sa protection
soit aux frais du Peuple éthiopien. C'est à
celui de Djibouti d'assurer la dépense.
MZ
: tu te fous de moi ? La protection que tu veux lui accorder,
ce ne serait pas Gabode par hasard, la Villa Christophe
ou le siège de la SDS ? Lui réserverais-tu
le même sort que celui que t'as accordé à
ton vieil ami le Général ?
IOG
: Oui, mais celui-là, ce sont les Français
qui me l'avaient rendu lorsqu'il était réfugié
dans leur base militaire et sans me demander un sou !
Bon tu as compris. Alors parlons d'argent. A combien estimes-tu
la liberté de cet homme ?
MZ
: celui-là, il est cher ! Tu y tiens trop. Voyons
2 millions de Dollars ?
IOG
: tu es fou ! Ce n'est pas sérieux. Il est vieux
mon bonhomme, il est maigre et fatigué. Il ne vaut
pas ce prix-là sur le marché international.
Et en plus les bourses ont beaucoup baissé. On
ne peut plus envisager des transactions sur les mêmes
bases qu'autrefois avec Kadami, par exemple ou les autres.
MZ
: tu sais que je ne marchande jamais. Tu le veux, tu payes
en liquide. Sinon tu rentres chez toi. Et je te signale
que tu as intérêt à te dépêcher
de prendre ta décision, car l'oiseau pourrait s'envoler
un jour vers d'autres cieux ... plus cléments que
les tiens.
IOG
: il y a pas tant d'urgence. Les Français, à
ma demande, lui ont refusé un visa pour l'Europe,
alors il peut encore galèrer quelque temps avant
de pouvoir s'échapper de chez toi. 1 million de
Dollar et on conclue l'affaire maintenant.
MZ
: Non, 2 millions ou rien ! T'as les moyens de payer,
rien qu'avec les bénéfices de ton usine
d'armement en Afrique du Sud. Tiens à ce sujet,
je te signale que les pays arabes s'inquiètent
de la présence d'un agent du Mossad avec toi. Moi
je n'en sais rien, mais je te préviens qu'ils sont
fâchés.
Malheureusement
notre correspondant a été découvert
à cet instant et nous n'avons pas reçu le
script de la fin de la conversation. Nous connaîtrons
certainement la suite dans les prochains jours. Meles
Zenawi cèdera-t-il aux amicales pressions de Guelleh
? (A suivre)
Avertissement
: toute ressemblance avec une situation actuelle ne serait
que pure coïncidence et nous dégageons toute
responsabilité, sur la véracité ou
non, de cet enregistrement.
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21/07/02
: L'AFP international se fait l'écho des véritables
causes de la mort du Général Yacin Yabeh,
à savoir le refus d'opérer une dialyse ..(Anglais)
Note de l'ARDHD. Cette dépêche
de l'AFP n'est 'sortie', à notre connaissance,
qu'en langue anglaise ... Curieux ? Probablement pas,
parce que nous savons que le représentant djiboutien
de l'AFP, est simultanément un fonctionnaire de
Guelleh. Donc pas de risques pour que des dépêches
fortement préjudiciables à Guelleh soient
rédigées à partir de la délégation
AFP de Djibouti
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Dead Djibouti former police chief not given dialysis.
DJIBOUTI,
July 19 (AFP). Djibouti's former police chief, who died
in hospital had not been treated for kidney problems,
the attorney general said Saturday, contradicting an announcement
by his family saying he was receiving dialysis.
Attorney
General Ali Mohamed Abdou's statement contradicted General
Yacin Yabeh Galab's relatives, who earlier saud he had
been under treatment because of kidney problems at Djibouti's
main clinic, the Peltier Hospital.
The
general, who was sentenced last month to 15 years in prison
for rebellion, died on Thursday.
Since
his sentencing on June 17, he was under house arrest and
thus unable to go abroad for dialysis as he had done several
times previously, his family said.
Yacin
Yabeh was the principal accused in a trial of a dozen
officers implicated in a December 2000 mutiny.
The
attorney general said his health had been regularly monitored
by doctors at the hospital, where a bulletin on July 13
described the state of his kidneys as "stable".
The
death certificate stated that he had died of a heart stoppage
following lung and renal complications.
kh/rr/tm
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21/07/02
Une autre manière de considérer la mort
du Général (Lecteur)
Il
faut bien reconnaître que Guelleh a le mérite
d'avoir transformé le bourreau en martyr. En le
laissant mourir sans soins, le Général-bourreau
est devenu une victime du régime.
Est-ce
le dernier hommage qu'IOG a voulu rendre à son
ex-ami de trente ans, en réhabilitant sa mémoire.
Je ne suis pas sur que ce fut la motivation de fond du
Génie de la Corne, mais c'est quand même
la conséquence...
Ma
famille a été endeuillée par la faute
du Général. Je n'en dirais pas plus, maintenant
qu'il est mort et qu'il affronte la justice supérieure.
Cela ne m'empêche pas d'adresser mes condoléances
à ses femmes et enfants, car ils ne sont pas responsables
des actes du père.
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20/07/02
Sur des forums Internet, des rumeurs circulent sur une
attaque aériene de l'aviation djiboutienne au-dessus
d'Hargeisa au Somaliland ??
L'information
circule sur plusieurs forums Internet.
Il
faut prendre la prendre avec la plus extrême précaution,
car elle n'est pas confirmée officiellement actuellement.
S'agit-il d'une rumeur ou d'une forme de désintoxication
?
Nous remercions tous les témoins qui pourraient
nous apporter des éléments soit pour confirmer
l'information, soit pour la démentir, de prendre
contact avec nous.
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20/07/02
- Carnet de voyage. Un voyageur récemment rentré
de Djibouti nous raconte, à sa manière personnelle,
le climat sur place et ses impressions.
Note
de l'ARDHD : nous tenons à remercier infiniment
ce voyageur qui nous a confié son texte. Il contraste
tellement avec les annonces tapageuses du pouvoir ....
et il est criant de vérité. De plus il est
bien écrit et il décrit parfaitement la
situation. Merci à lui, au nom de tous ceux qui
luttent contre la dictature et pour la vérité.
Le
mois de juin et ses festivités ?
Le
mois de juin est de loin le plus festif. C'est le mois
que notre pays a accédé à son indépendance.
Rien de surprenant si on célèbre cette indépendance
dans la joie et le progrès.
Seulement voilà la joie et le progrès ne
sont pas au rendez-vous. Ils cèdent à la
régression et à la tristesse.
Malgré cette situation préoccupante, plusieurs
cérémonies se sont déroulées.
Des
cérémonies pour quoi et pour qui ?
La déception était grande
Dans
tout le pays, le parti au pouvoir a organisé des
fêtes et des concours.
Dans les autres districts excepté la capitale Djibouti,
nous avons vu à la RTD des chants et danses traditionnels.
Un exploit pour notre télévision nationale
qui redécouvre miraculeusement le direct à
l'occasion du 27 juin et lorsqu'il y a des élections.
La fête continue au palais du peuple, avec la remise
des prix pour un concours organisé par le district
de Djibouti.
Nous
sommes le 24 juin 2002 et pour cette remise, beaucoup
d'invités de taille sont présents. On notera
la présence du premier ministre Dileita, et au
moins sept de ses ministres ( Ali Abdi dit Ali bordel,
ministre des affaires étrangères, Ahmed
Abdi , ministre de l'éducation et responsable de
l'état déplorable du réseau routier
djiboutien en tant qu'ancien directeur du département
des routes, et bien d'autres ministres).
Des membres des organisations internationales sont venus
aussi.
Un certain Monsieur bien nanti, qui pourrait être
l'organisateur, ouvre la cérémonie et rend
hommage comme d'habitude au dictateur et à ses
proches.
Une
femme afar du nom de Aicha Robleh était la présentatrice,
et le meilleur prix qu'elle annonce fut 120.000 FD (environ
550 euros ) + un trophée.
Je
me rappelle des visages des participants qui exprimaient
une certaine amertume, la déception était
grande.
A
la question de : reviendrez-vous l'année prochaine?
Beaucoup
répondent oui, car ils n'ont rien, vraiment rien.
Pourtant
ce prix est une misère, et une somme importante
a été attribuée à ce concours.
Décidément, entre les chefs d'arrondissements,
les organisateurs et les ministres rien ne leur échappe.
Les
festivités sont malheureusement utilisées
pour couvrir de gigantesques détournements de fonds
publics.
Détournements.
Par exemple, on parle de 16 millions pour le district
de Dikhil. La réalité est que les festivités
n'ont pas coûté plus de 4 millions. Le reste
est certainement allé au palais de Haramous.
La
fête continue et le soir du 26 juin 2002, c'est
le tour du stade Gouled de s'y inviter.
Rien n'y fait, la police est dressée pour la
violence : le dictateur lui-même est incommodé
par les Gaz lacrymogènes des Forces de Police.
Les enfants - figurants n'ont pas été nourris
!
Devant l'entrée de l'édifice, on aperçoit
une foule nombreuse et un embouteillage de voitures des
nantis.
Soudain des gaz lacrymogènes sont jetés
et la police commence à disperser la foule. Pourtant,
beaucoup de ces gens avaient une invitation d'entrée.
Même
le dictateur se rend compte du degré de la violence
puisque ses yeux ont été touchés
par les gaz.
L'intérieur du stade offre un spectacle apparemment
agréable. Beaucoup d'enfants se trouvent sur la
pelouse et exécutent des figures.
Au fur et à mesure que le temps passe, nous découvrons
des enfants fatigués qui ont du mal à suivre
la cadence.
La foule manifeste silencieusement sa réprobation
Brusquement, ils commencent à chuchoter,
certains lèvent leur pieds, des pieds sans chaussures.
Et puis ils refusent de faire la figure du dictateur.
C'est la stupeur à la tribune officielle.
Nous apprenons par la suite que les enfants sont venus
vers 14h00 au stade et beaucoup d'entre eux n'avaient
pas mangé.
Il
s'agit généralement des enfants des familles
modestes auxquelles le pouvoir donne quelques sacs de
riz.
Après
le passage des enfants, c'est le dictateur qui prend la
parole. Il commence par décorer les personnes ayant
participé à la libération du pays.
Parmi les personnalités décorées,
on peut citer la veuve de Mahamoud Harbi (figure historique
du nationalisme djiboutien), Karchileh ( auteur de l'hymne
national), ..etc.
Dans
son discours, le dictateur parle de l'indépendance,
de son indépendance. Il ne cite pas un instant
les acteurs disparus de notre souveraineté ( Mahamoud
Harbi, Hassan Gaulis, Gachamaleh, Janaleh et bien d'autres)
ou vivants ( Adan Robleh, Moussa Ahmed, Ahmed Dini
etc).
Quand
au bilan des 25 ans d'existence, ne rêver pas, il
le fera dans les 25 ans qui viennent. C'est pour vous
dire, il n'y a rien à attendre de ce pouvoir, absolument
rien.
D'après
les djiboutiens, la seule réalisation d'IOG est
le lycée de Balbala, et il paraît qu'il n'est
même pas homologué.
A
noter toute la soirée du 26 juin 2002, la capitale
était éclairée par des feux d'artifices.
Combien ont- ils coûté ? Mystère.
En revanche, on sait qui a eu cette grosse commande, il
s'agit d'un certain mamassan nommé Mohamed.
Enfin le matin du 27 juin 2002, le défilé
militaire clôture les festivités. Les militaires
sont désabusés.
Des
militaires démoralisés mais dignes défilent.
Ils nous disent leur colère.
Ils se disent abandonnés, car IOG les a désarmé.
Effet tous les armements lourds sont détenus ou
sous le contrôle de la garde du dictateur.
Quant
à la question : Que feriez-vous si la guerre civile
reprend ?
Ils
répondent de façon unanime, nous resterons
dans nos casernes.
Ils
n'ont pas tort, car ils voient comment le pouvoir a traité
les blessés et les handicapés de la guerre.
Comment il diminue la pension des retraités.
Décidément,
le mois de juin est celui de la contradiction.
Des festivités pour certains, pour d'autres le
moment idéal pour réaliser de fructueux
détournements de fonds.
Le dictateur essaie de redorer son blason et la population
s'enfonce inéluctablement dans la misère.
Combien de temps durera cette contradiction ?
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20/07/02
Portrait d'un tueur ! Mohamed Djama, l'officier de la
Garde présidentielle, qui avait donné l'odre
de tirer sur les handicapés devant le Palais.
 |
C'est
l'homme qui a donné froidement, le 18/04/02,
l'ordre de tirer à balles réelles,
sur les handicapés, qui réclamaient
légitimement le paiement de leurs pensions
d'invalidité ...
A
cette occasion, les Forces françaises s'étaient
'spontanément' portées au secours
des Soldats djiboutiens qui avaient été
pris à partie par des Militaires allemands.
Lesquels Militaires allemands, choqués par
le contexte, avaient tenté de s'interposer
entre d'un côté, la foule constituée
de vétérans de l'AND, handicapés
pour la plupart et de l'autre, les féroces
soldats de Mohamed Djama, bien armés.
|
|
Mohamed Djama avait été élu
Homme de la Semaine et son nom figure dans la liste
de ceux qu'il faudrait poursuivre, le moment venu,
pour crimes contre l'Humanité, devant la
justice pénale internationale.
Bilan
de l'opération 'glorieuse' des forces de
la répression : 3 morts et 44 blessés
au minimum, parmi les manifestants, désarmés
et atteints de maladie / d'handicaps physiques.
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20/07/02
Conférence du FRUD à Bruxelles : appel à
la mise en place d'un comité de réflexion
de l'opposition djiboutienne et à la communauté
internationale
Front pour la Restauration
de
l'Unité et de la Démocratie
COMMUNIQUE
Bruxelles, le 15/07/2002
Conférence du
Front pour la Restauration de l'Unité et de la
Démocratie (F.R.U.D) organisée à
BRUXELLES LE 13-14 JUILLET 2002
Une
centaine de cadres, de militants du F.R.U.D venus d'Europe,
des
Etats-Unis, et du Canada se sont réunis en séminaire
le 13-14 JUILLET à
BRUXELLES.
Après
avoir analysé la situation catastrophique du pays,
les divergences au
sein du F.R.U.D (Principale organisation d'opposition)
les participants se
sont penchés sur les perspectives d'avenir. Ce
séminaire de réflexion a
salué les décisions courageuses prises lors
des assisses du F.R.U.D du 4-5
Mars 2002 qui condamnent l'Accord de Paix signé
le 12 Mai 2001 et qui prônent la continuation des
luttes multiformes contre la dictature clanique de Guelleh.
Prenant
acte de l'échec patent du processus de paix dû
à l'intransigeance
chevillée au corps du chef de l'Etat Ismael Omar
Guelleh.
Considérant
l'extrême gravité de la situation à
Djibouti sur le plan politique, économique et sociale.
Stigmatisant
l'irresponsabilité des agissements du chef de l'Etat
sur le plan intérieur et régional.
Les
participants à la conférence du F.R.U.D
: