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Roger Picon

OBSERVATOIRE
de la situation des Droits
de l'Homme à Djibouti

L'ARDHD milite, depuis 1992,
pour la Démocratie et la Justice à Djibouti
et pour l'instauration d'un régime
qui respecte tous les citoyens, toutes les libertés fondamentales et les Droits Humains

L'ARDHD dénonce - la vague de répression sans précédent, qui s'abat à Djibouti contre tous ceux qui s'opposent pacifiquement, - les arrestations des opposants, - la torture généralisée pour instaurer un climat de terreur.

Le dictateur qui s'est auto-attribué un 4ème mandat, majoritairement refusé par le pays, se trouve aussi confronté à des difficultés importantes par exemple : budgétaire, affaire Borrel, plainte pour génocide et crimes contre l'humanité, biens mal acquis à Paris, contestation de la fraude électorale massive, condamnation dans la plainte qu'il avait déposée contre A. Borreh (à Londres).... Par réacton, il se durcit de façon dramatique et la communauté internationale doit réagir pour empêcher une catastrophe à Djibouti et de nouveaux massacres de femmes, d'enfants et d'hommes sans défense, comme le dernier en date du 21 décembre 2015 avec 62 morts et disparus et 52 blessés.

26/06/2016 (Brève 810) Radio-Trottoir (*) Corps à corps entre des éléments de deux détachements de Gendarmerie à l'Aéroport d'Ambouli (Lecteur) (lien avec l'article)

24/06/2016 (Brève 809) A lire sur le blog de Mediapart, un article signé "FreeDjib" / Djibouti : une opposition muselée par Ismaïl Omar Guelleh (Info lecteur) (lien avec l'article)

24/06/2016 (Brève 808) The Lawyer : la justice britannique rejette l'appel qui avait été sollicité par Djibouti pour contester la décision qui lui impose de payer 9,3 millions de Livres Sterling dans l'affaire qu'il avait lui-même portée devant les tribunaux contre A.Boreh (lien avec l'article)

19/06/2016 (Brève 807) A lire sur HCH24, un article sous la signature d'Hassan Cher qui confirme les craintes que nous avions exprimées à propos de l'établissement d'un premier contingent éthiopien au Nord de Tadjourah (lien avec l'article)

18/06/2016 (Brève 806) Selon un article de LOI, dont les informations sont confirmées par nos sources djiboutiennes, l'armée éthiopiennes aurait établi une tête de pont en territoire djiboutien.Une double source d'inquiétude : interne et externe. (lien avec l'article)

18/06/2016 (Brève 805) BRUXELLES : INVITATION à la conférence sur les Droits Humains, avec M Ali Omar EWADO, Prèsident de la LDDH. Article modifié e 18 à 16h15. (lien avec l'article)

15/06/2016 (Brève 804) LETTRE DES RELATIONS INTERNATIONALES - juin 2016 / Où va Djibouti (article sous la signature de Mohamed Kadamy) (lien avec l'article)

05/06/2016 (Brève 803) Survie / Un article à lire. Publications d'un dossier : Dossier d’analyse "Elections en Françafrique" (lien avec l'article)

05/06/2016 (Brève 802) Actu Economie / Djibouti : le bilan économique du président Guelleh remis en question (lien avec l'article)

05/06/2016 (Brève 801) Bon ramadan 0 toutes et tous (lien avec l'article)

26/05/2016 (Brève 800) Un cycle d'arrestations arbitraires à Djibouti. Communiqué de la LDDH ! (lien avec l'article)

26/05/2016 (Brève 799) Note d’information LDDH -Triste Réalité ! (lien avec l'article)

20/05/2016 (Brève 798) Djibouti bientôt en cessation de paiement ? Les conséquences prévisibles et désastreuses pour les populations (équipe ARDHD) (lien avec l'article)

19/05/2016 (Brève 797) Halte à l’Arbitraire ! Communiqué de la LDDH (lien avec l'article)

19/05/2016 (Brève 796) A Djibouti la gestion de la chose publique est chaotique. Note d'information de la LDDH (lien avec l'article)

16/05/2016 (Brève 795) STOP A L'IMPUNITE A DJIBOUTI. Communiqué de la LDDH (lien avec l'article)

16/05/2016 (Brève 794) Djibouti dénonce "des allégations non fondées" rapportées dans une résolution du Parlement européen (CRI Radio Chine International) (lien avec l'article)

13/05/2016 (Brève 793) COFEDVI / Succès de la grève de la faim des femmes djiboutiennes en Belgique. Communiqué du Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité (lien avec l'article)

13/05/2016 (Brève 792) LDDH / Communiqué / LDDH : Acharnement judiciaire contre les victimes de l'affaire Bouldhouqo (lien avec l'article)

13/05/2016 (Brève 791) RTB : Une grève de la faim pour dénoncer les soldats violeurs de Djibouti (lien avec l'article)

12/05/2016 (Brève 790) Parlement européen : texte intégral de la résolution qui condamne le régime de Guelleh / Vote du 12 mai 2016 sur Djibouti (2016/2694(RSP)) (lien avec l'article)

12/05/2016 (Brève 789) Parlement européen : des résolutions qui visent plusieurs Etats dont Djibouti (Communiqué de presse du 12 mai 2016) (lien avec l'article)

11/05/2016 (Brève 788) Des femmes Kurdes apportent leur soutien aux Djiboutiennes en grève de la faim à Bruxelles pour dénoncer les viols et l'impunité des coupables (photos) (lien avec l'article)

10/05/2016 (Brève 787) PADD / L’accord militaire et sécuritaire entre Djibouti et l’Ethiopie : lettre ouverte au premier ministre de la république démocratique fédérale d’Ethiopie (lien avec l'article)

09/05/2016 (Brève 786) STOP AU VIOL DES FEMMES ET FILLES AFAR A DJIBOUTI /Fédération Internationale De la Diaspora Afar (FIDA) / International Federation of Afar Diaspora (FIDA). (lien avec l'article)

09/05/2016 (Brève 784) Rwanda/France : 22 ans après : deuxième procès en France de Rwandais accusés de génocide / Communiqué collectif FIDH, LDH, CPCR, Survie, LICRA, l’Association CRF et l’ensemble des parties civiles. (lien avec l'article)

06/05/2016 (Brève 783) L'Armée chinoise à Djibouti : les prévisions d'effectif passeraient très rapidement de 10.000 à 20.000 hommes sur place ? (Selon LOI) (lien avec l'article)

06/05/2016 (Brève 782) Les frais du procés intenté par IOG à son ancien ami (pour vengeance personnelle ??) pourraient coûter 10% environ du budget national, alors que le pays peine à rembourser les crédits aux Chinois (voir article suivant) Selon LOI, une information confirmée par d'autres supports (comme Modern Ghana) (lien avec l'article)

05/05/2016 (Brève 781) LDDH / Communiqué / LDDH : Comparution en appel de sept personnalités (deux politiques et cinq responsables de la société civile relaxés en première instance) suite à une décision du parquet d'interjetr appel (lien avec l'article)

05/05/2016 (Brève 780) Le soir (BE) Des viols au Djibouti, une grève de la faim à Bruxelles (lien avec l'article)

05/05/2016 (Brève 779) Communiqué du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique / Congo-Brazzaville, Djibouti, Tchad : le cercle vicieux des processus électoraux sans démocratie (Signé pour Djibouti par l'ARDHD, l'USN et le MRD) (lien avec l'article)

03/05/2016 (Brève 778) Comité des Femmes Djiboutiennes Contre les Viols et l’Impunité / APPEL AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AUX FEMMES VICTIMES DE VIOLS EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI - Bruxelles, le 7 mai 2016 de 16h à 18h (lien avec l'article)

03/05/2016 (Brève 777) Le VIF (Bel) Saint-Josse: des Djiboutiennes en grève de la faim contre des viols commis par l'armée (Par Axelle Verstraeten) (lien avec l'article)

01/05/2016 (Brève 776) UDJ - Le bureau de l'UDJ nous informe de l'élection de Saïd Houssein Robleh en qualité de Président et des membres du bureau aux termes d'une assemblée générale extraordinaire qui s'est tenu le 30 avril conjointement à Bruxelles et à Djibouti (par vidéo-conférence) (lien avec l'article)

 
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__________________
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26/06/2016 (Brève 810) Radio-Trottoir (*) Corps à corps entre des éléments de deux détachements de Gendarmerie à l'Aéroport d'Ambouli (Lecteur)

Un accrochage a eu lieu, le 24/06/16, à l'aéroport international d'Ambouli entre un détachement de la Gendarmerie Transport Aérien de l'aéroport (GTA) et un autre de la Gendarmerie Sécurité Rapprochée de la Primature.

Quelle triste réalité que d'apprendre que des hommes en uniforme ou en civil appartenant au même Corps, partageant la même Devise, oeuvrant pour une seule Patrie " La Nation ", se sont affrontés physiquement et publiquement au corps à corps dans une enceinte publique celle de l'aéroport international. C'est la porte d'entrée de la Republique État de Djibouti.

Ces événements odieux et indignes d'un Etat de Droit soulèvent de nombreuses questions. Par exemple de savoir quelle est l'origine et la raison de ces affrontement physiques entre Gendarmes placés sous le même commandement.

Derrière ces faits gravissimes, qui pourrait imagine qu'ils n'ont pas été prémédités. A un moment où l'on parle de privatiser la Sécurité de l'aéroport et du transport aérien qui sont actuellement sous l'autorité de la GTA ?

Quelle société profitera de ce projet de privatisation ? Selon des rumeurs persistantes, on évoque la Société Privée de Sécurité dénommé SOCIETE ARMONICA Ltd., qui a le soutien du Premier Ministre.

Il faut envisager que cet acrochage pourrait avoir comme finalité de déloger le GTA de ses missions à l'aéroport international Ambouli et de renvoyer son détachement dans sa Caserne d'origine, afin d'ouvrir la porte à la société privée S A Ltd, avec la bénédiction (intéressée ?) du premier ministre.

En dernière minute, nous apprenons que le gouvernement djiboutien devrait déléguer à une agence privée la sécurité aéroportuaire  et ce, dans les mois a venir. Rappelons simplement, sans avoir un avis sectaire, que  la majorité des éléments qui composent le GTA de l'aéroport de Djibouti sont issus du clan  Yonis Moussa. Or, ce clan, qui était visé avec précision par le régime, a payé un lourd tribu lors du massacre organisé (et décidé certainement en très haut lieu) de Bulduquo le 21 décembre 2015, est dans le collimateur d''IOG.

 

(*) Nous rappelons à nos lecteurs que la rubrique "Radio-Trottoir" publie des informations de lecteurs, que nous n'avons pas encore été en mesure de recouper avec d'autres sources. Cela ne signifie pas qu'elles sont fausses, mais seulement qu'il faut les traiter avec prudence, jusqu'à confirmation ou invalidation.



24/06/2016 (Brève 809) A lire sur le blog de Mediapart, un article signé "FreeDjib" / Djibouti : une opposition muselée par Ismaïl Omar Guelleh (Info lecteur)

Lien avec l'article : https://blogs.mediapart.fr/freedjib/blog/230616/djibouti-une-opposition-muselee-par-ismail-omar-guelleh

Le 8 avril dernier, le président Ismaïl Omar Guelleh était réélu à la tête de Djibouti au sortir d’un scrutin largement boycotté par l’opposition. Découragés par un mouvement de répression qui ne cessent de les affaiblir, les opposants au régime Guelleh sont chaque jour davantage menacés par le pouvoir en place.

Fin avril, l’un des chefs de file de l’opposition au président Guelleh devait se rendre en France pour être hospitalisé et recevoir des soins médicaux. Pourtant, Abdourahman Mohamed Guelleh, Secrétaire général de la coalition USN, n’a jamais pu prendre son avion, empêché à la dernière minute par les autorités djiboutiennes de quitter le pays.

Incarcéré en début d’année pendant plus de trois mois après avoir été accusé d’être à l’origine d’un rassemblement armé lors d’une cérémonie religieuse en décembre, l’opposant ainsi que de nombreuses autres personnes présentes ce jour-là étaient alors victimes d’une attaque policière faisant plus de 27 morts.

Dans un état critique après des mois de détention sans soins adéquats, il s’était résolu à se rendre en France pour bénéficier d’une meilleure prise en charge. « J’avais mon billet de départ, j’avais mon visa donc. Et puis voilà, il y a des policiers qui débarquent chez moi et me disent que je suis en train de partir pour la France et que je ne peux pas partir » a-t-il expliqué à RFI.

Convoqué par la justice le 5 mai, Abdourahman Mohamed Guelleh était coincé à Djibouti. « Le Parquet général a pris un appel contre l’ordonnance de non-lieu émis par le juge d’instruction. Et ça ce n’est pas suspensif. C’est-à-dire mon avocat peut me représenter, donc je devrais normalement partir. A chaque fois qu’un juge émet un non-lieu pour une personnalité politique, les régimes en décident autrement. Alors c’est toujours comme ça, donc il n’y a pas de séparation des pouvoirs ».

Haro sur l’opposition
Cet épisode n’est malheureusement pas un cas isolé à Djibouti, où le pouvoir en place fait son possible pour neutraliser toute forme d’opposition au régime Guelleh. Traqués, réprimés, muselés, les dissidents au discours présidentiel se voient contraints au silence, sous peine d’être jetés en prison.

Avant Abdourahman Mohamed Guelleh, Maitre Djama Amareh Meidal avait également fait l’objet d’une violation de liberté de circulation en juillet 2015. Cet ancien avocat et membre du Haut-conseil de l'USN devait se rendre en France avant de se voir notifié une interdiction de voyager par la Police de l’Air et des Frontières avec confiscation du passeport.

Mêmes mesures adoptées en 2013 à l’encontre de nombreux Djiboutiens durant la crise postélectorales qu’avait provoqué le résultat des élections législatives, remportées officiellement par le parti de Guelleh mais fortement contestées par l’opposition, accusant le camp présidentiel d’avoir manipulé les urnes. Pendant plusieurs mois, de nombreux opposants et défenseurs des droits humains ont été empêchés de partir de Djibouti, privés de leur passeport.

Cette volonté d’immobiliser les pourfendeurs d’un régime qui ne cesse chaque jour de montrer davantage sa nature dictatoriale est symptomatique d’un chef d’État au pouvoir depuis bientôt 20 ans et qui a fait le choix de paralyser l’opposition jusqu’à ce qu’elle soit complètement réduite au silence.

Museler les médias et les réseaux sociaux
Dans sa croisade pour lutter contre le développement d’une force adversaire à la sienne, IOG n’hésite plus à s’attaquer à des sociétés comme Facebook, qu’il accuse d’autoriser la création de profils d’opposants.

C’est particulièrement l’antenne irlandaise de la firme californienne qui est visée par une plainte du président Guelleh. Ce dernier souhaite empêcher que des membres du réseau social puissent publier du contenu qualifié d’offensif de la part de son camp. Il exige également la fermeture de ces comptes, la suppression de précédentes publications ainsi que l’identité et les coordonnées exactes des utilisateurs associés aux profils posant problème.

Le travail que Guelleh est en train de mener sur le web, en s’attaquant à la liberté d’expression permise par les réseaux sociaux, il l’exécute déjà depuis des années sur la presse et les médias. Les journalistes sont dans l’incapacité de pouvoir faire leur travail dans un pays où seul une parole est acceptable, celle du président.

L’opposition prévoit de lancer une chaine de télévision qui devrait émettre dès la fin de l’année. Baptisée Bouldouko TV et financée par Abdourahman Boreh, ancien collaborateur de Guelleh et désormais membre éminent de l’opposition, cette chaine fait l’objet en coulisses de nombreuses manipulations de la part d’IOG afin qu’elle ne voit jamais le jour.

Cinq nouvelles années de règne Guelleh attendent les Djiboutiens. Si les opposants avaient réussi à se mobiliser en masse pour les élections législatives de 2013, ils sont aujourd’hui plus dispersés, fragilisés par un climat hostile qui les empêche pour l’instant d’entrevoir une alternative au régime en place.  

Qualifiée de « mascarade électorale » par les partis d’opposition, la dernière élection présidentielle continue de jeter le discrédit sur la gestion d’un gouvernement qui parvient, certes, à tenir le pays dans la menace mais qui doit aujourd’hui interpeller la communauté internationale et la pousser à dénoncer la situation à Djibouti.



24/06/2016 (Brève 808) The Lawyer : la justice britannique rejette l'appel qui avait été sollicité par Djibouti pour contester la décision qui lui impose de payer 9,3 millions de Livres Sterling dans l'affaire qu'il avait lui-même portée devant les tribunaux contre A.Boreh

Lien avec l'article : http://www.thelawyer.com/issues/online-june-2016/gibson-dunn-client-djibouti-denied-permission-to-appeal-9-3m-costs-ruling/#.V2wohPNvBJk.facebook

Selon le titre d'un article en anglais, dont la consultation est réservée aux seuls abonnés, la justice britannique aurait rejeté l'appel de Djibouti pour contester la décision qui met à sa charge la somme de 9,3 millions de £ en faveur d'Abdourahman Boreh.

Nous allons essayer d'avoir plus de détails sur les motivations du rejet, mais d'ores et déjà, Djibouti semble avoir épuisé les voies de recours et il devra payer 9,3 millions de £ à A. Boreh.

Les moqueurs vont estimer qu'avec la baisse du cours de la £, Djibouti (et Guelleh) s'en sort un peu mieux que prévu ....



19/06/2016 (Brève 807) A lire sur HCH24, un article sous la signature d'Hassan Cher qui confirme les craintes que nous avions exprimées à propos de l'établissement d'un premier contingent éthiopien au Nord de Tadjourah

Lien avec l'article : http://www.hch24.com/actualites/06/2016/djibouti-ethiopie-erythree-larmee-ethiopienne-envahit-djibouti-et-compte-reconquerir-assab/

Djibouti / Ethiopie / Érythrée : l’armée éthiopienne envahit Djibouti et compte reconquérir Assab.

- L’accord militaire et sécuritaire entre Djibouti et l’Ethiopie.
Le Ministre djiboutien de la Défense Hassan Darar, et son homologue éthiopien Siraj Fegessa, ont signé, jeudi 28 avril 2016, « un protocole de coopération globale dans les domaines sécuritaires et militaires » entre les deux pays, selon la télévision d’Etat djiboutienne – RTD – voir ce lien : (https://youtu.be/9cXM0Q1S-iA?t=8m49s).

Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion de la Commission militaire mixte entre Djibouti et l’Éthiopie, qui s’est tenue jeudi, dans la capitale, Djibouti, avec la participation du chef d’état-major des forces djiboutiennes, le général Zakaria Cheikh Ibrahim, et son homologue éthiopien, le général Samora Younis. 

- Le discours du général de l’armée djiboutienne, Zakaria Cheikh Ibrahim. 
Dans son discours le chef d’état-major des forces djiboutiennes, le général Zakaria Cheikh Ibrahim, dit clairement : « l’armée éthiopienne va nous aider à combattre des éléments indésirables à l’intérieur du pays et nos actions conjointes ne se limiteront pas à nos frontières mais là où il y aura besoin. » Les propos tenus par le général djiboutien sont très graves et surprenants parce qu’il déclare ouvertement que les soldats de l’armée éthiopienne en uniformes peuvent opérer librement sur le territoire djiboutien pour participer aux exactions et massacres que mènent, à certains endroits du pays, la milice de Guelleh à l’encontre de la population civile.

Que des officiers militaires censés défendre leur peuple contre les agressions de forces armées étrangères, invitent une autre armée à participer à des projets de massacre ou de génocide dans leur pays et sur les citoyens est chose vraiment inacceptable aux regards du droit international.

- Juste après la signature de l’accord dit militaire.
Le nouveau ministre de la Défense nationale, Mr Ali Hassan Bahdon, s’est rendu le 24 mai 2016 en visite à Doumeira accompagné par le général de division Zakaria Cheick Ibrahim chef d’état–major Général des armées et le Général Osman Nour Soubagleh, le ministre de la Défense a été accueilli par le colonel Aden Hassan Galab le commandant du régiment d’Obock et commandant de la zone de Doumeira et le lieutenant-colonel Ahmed bileh chef de corps du régiment d’action rapide.

Officiellement, après le piquet d’honneur organise en son honneur la délégation conduite par le ministre de la Défense s’est rendu à la tombe des martyrs de Doumeira ou la Fatiha a été lu le ministre de la défense et les généraux ont ensuite assiste une présentation de la situation Général de la part du colonel Aden Hassan. Mr Ali Hassan bahdon s’est informe de la situation de la zone ainsi que les conditions des hommes et des matériels présents sur place. À noter que le conflit de Doumeira a eu lieu le 18 juin 2008 et depuis une force d’interpositions qataries est sur place pour garantir la paix.

Officieusement, d’après des sources militaires djiboutiennes le nouveau ministre de la défense nationale, marié à la fille du premier mariage de la première dame de Djibouti, aurait transmis à certains de l’armée djiboutienne à Doumeira un message d’Ismaël Omar Guelleh. Malgré la réticence des certains officiers djiboutiens de l’arrivée de l’armée sur leurs territoires, ils sont obligés de les accueillir et de collaborer avec eux sur les actions qu’ils mèneront dans le Nord du pays, pour l’instant, et dans le cas d’une préparation d’une offensive contre l’Erythrée.

Les sources nous ont appris que les officiers djiboutiens qui ont reçu officieusement le message de Guelleh ont à leur tour tenté de faire ingurgiter les soldats, à majorité composés des issas, la partie anecdotique du message de Haramous.

L’armée éthiopienne qui envahisse la république de Djibouti sera accompagnée d’une rebelle Afar. En effet, il s’agit de la rébellion afar surnommée « Red Sea  Afar  Democratic Organization (RSADO) » soutenue par Addis-Abeba et militant pour la sécession de la région afar du Sud de l’Erythrée qui de la frontière djiboutienne jusqu’à à la région érythréen d’Akele-Guzaï.

L’organisation est animée de l’extérieur par la diaspora Afar basée au Yémen, Addis-Abeba, Suède et Canada. Elle dispose une rébellion armée qui reçoit de l’Ethiopie le plus important soutien. Politiquement parlant, l’organisation, née d’un mécontentement en 2008, connaît une maturité galopante et quelques politiciens Afars de Djibouti commencent à s’y intéresser.  Deux tendances politiques, encore sans impact sur la structure dirigeante, se sont formées depuis peu à l’intérieur de l’organisation. Il s’agit de la tendance pro rattachement à Djibouti et celle pro de la déclaration d’un état Afar indépendante.

L’armée éthiopienne aidera la rébellion afar, RSADO, à conquérir le Sud de l’Érythrée à travers le territoire djiboutien et en contrepartie, pour Guelleh, assistera l’armée djiboutienne à « vaincre » la rébellion afar, le FRUD.

Avec ce projet Addis-Abeba veut faire une pierre deux coups, amputer l’Erythrée et reconquérir le port d’Assab.

Mais, pour les soldats issas de l’armée djiboutienne tout ça n’a rien de rationnel, combattre une rébellion afar et soutenir une autre ne semble pas catholique pour eux.

- Et pour Guelleh ?

Craignant ne plus pouvoir compter sur une armée nationale qui on a marre d’occire gratuitement des civils innocents, Guelleh croit avoir la bonne solution en sous-traitant les massacres des civils du Nord du pays à l’armée éthiopienne.

Après le Nord, Guelleh va-t-il sous-traiter aussi la répression de la révolte qui couve au Sud du pays ?

- Les conséquences d’une telle invasion.
Cette arrivée de l’armée éthiopienne ne pas du goût du peuple djiboutien mais aussi des proches voisins comme la Somalie et l’Erythrée et aussi certains pays de la ligue arabe.

La population djiboutienne pourra se retrouver au centre d’une guerre dont elle n’a rien à y avoir.

Hassan Cher



18/06/2016 (Brève 806) Selon un article de LOI, dont les informations sont confirmées par nos sources djiboutiennes, l'armée éthiopiennes aurait établi une tête de pont en territoire djiboutien.Une double source d'inquiétude : interne et externe.

L'Armée éthiopienne lance une tête de pont en terre djiboutienne

Nous savions que le territoire djiboutien était devenu le plus grand salon mondial des armées étrangères : France, Japon, USA, Chine, Allemagne, Italie, Espagne, Arabie saoudite, Qatar, et probablement encore d'autres.

Maintenant et c'est beaucoup plus inquiétant, ce sont les Ethiopiens qui ont établi une première tête de pont au nord ouest de Tadjourah, pas très loin de la frontière érythréenne, ce qui est fort inquiétant sur la reprise toujours possible du conflit entre les deux nations avec des conséquences possibles en terre djiboutienne.

Mais le plus inquiétant à court terme est le fait que les militaires éthiopiens soient arrivés avec armes et bagages à la demande du Chef d'Etat major djiboutien, (récemment en profond désacord avec Guelleh) et avec capacité d'intervenir dans les affaires intérieures de la République de Djibouti.



18/06/2016 (Brève 805) BRUXELLES : INVITATION à la conférence sur les Droits Humains, avec M Ali Omar EWADO, Prèsident de la LDDH. Article modifié e 18 à 16h15.

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Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Conférence sur les droits Humains à Djibouti à Bruxelles
par le Président Omar Ali Ewado de la ligue Djiboutienne des droits humains –LDDH-
 Le18 juin  de 13h30 à 18h30 Rue de l'Union, 14 à Saint-Josse 1210   (Métro Botanique)

La diaspora Djiboutienne de Belgique  vous invite  à la conférence débat  de la Ligue  Djiboutienne des Droits Humains  LDDH, sur les derniers développements des droits humains à Djibouti

La conférence sera animée notamment par Monsieur Omar Ali Ewado Président de  la ligue Djiboutienne de droits  humains, pionnier dans la défense des droits de l’homme à Djibouti .Vont également intervenir lors de ce débat, les autres dirigeants de la LDDH vice président Abdi Osman Nour ainsi que Hassan Amine Ahmed, membre de bureau exécutif.

Ces défenseurs des droits de l’Homme, qui ont tous connu  dans leur chair la répression du régime de Djibouti, pour avoir dénoncer les violations des droits humains, vont donner à voir :

  • les arrestations arbitraires et régulières des opposants, des civils, des défenseurs des droits humains, des familles des opposants, et des civils du Nord et du Sud ouest (régions sous blocus  et sous administration militaire)
  • les violences et viols des femmes  et déplacements des habitants par l’armée ;
  • ce qui s’est réellement passé le 21 décembre 2015 lors de massacre de Buldhuqo,
  • les  tortures systématiques des personnes arrêtées et notamment des 2 personnes qui sont mortes sous les tortures en février 2016 à Tadjourah ;
  •  les conditions des prisonniers politiques  et notamment du plus ancien : Mohamed Ahmed dit Jabha (détenu depuis mai 2010)


15/06/2016 (Brève 804) LETTRE DES RELATIONS INTERNATIONALES - juin 2016 / Où va Djibouti (article sous la signature de Mohamed Kadamy)

AFRIQUE
OÙ VA DJIBOUTI ?

Va-t-on vers un scénario similaire à celui de la Somalie, du Burundi ou du Sud Soudan ? Sur ce petit territoire, trois acteurs se font face : les bases militaires étrangères, le régime et la population djiboutienne. Qu’en est-il de l’opposition ?

Géopolitique de Djibouti

Malgré les fragilités de l’entité djiboutienne  qui se rapproche de plus en plus des « Etats effondrés»,les acteurs internationaux s’adaptent face à ces facteurs d’instabilités.Djibouti est considérée comme une plaque tournante logistique pour les puissances navales et militaires du monde et la passerelle commerciale de l’Ethiopie. Les militaires étrangers à Djibouti sont censés jouer un rôle central dans les efforts internationaux pour luttercontre le piratage, protéger la navigation et lutter contre la violence islamiste dans la région.

L’Europe, comme la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon ou la Russie ont envoyé des navires dans la zone pour protéger leurs navires marchands. Tout cela dépasse bien sûr la lutte contre les pirateries et participe aussi à une lutte stratégique entre différentes puissances pour le contrôle des voies maritimes, notamment celles qui vont du détroit de Bab el Mandeb à celui de Malacca. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’installation d’une base militaire chinoise à Djibouti, qui répond à un double impératif de sécurisation des voies maritimes d’approvisionnement, et de rapprochement de zones productrices en hydrocarbures. D’ores et déjà on observe du mécontentement de la part des pays occidentaux et l’inquiétude de l’Inde.

Le conflit au Yémen et l’islamisme conquérant et vivace en Somalie, donnent encore un peu plus d’importance à la place de Djibouti, qui condense toutes les tensions et toutes les dynamiques à l’œuvre sur l’ensemble de la Corne d’Afrique.

Un contexte social, économique et politique mouvementé

Les retombées des bases militaires française, américaine, japonaise et chinoise n’engraissent que le dictateur Ismaïl Omar Guelleh, sa famille et quelques rares fidèles, alors que 85 % de la population connaissent une extrême pauvreté. La situation sociale est explosive. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les gens ne mangent pas à leur faim et les habitants des zones rurales sont durement affectés par la sécheresse et par es restrictions alimentaires imposées par le pouvoir. Il s’agit de les punir de leur proximité avec le Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD).

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) s’est même vu interdire la distribution de vivres à certains endroits : là où manifestants et résistants se recrutent principalement dans les quartiers pauvres (Balbala, Arhiba) et dans les régions victimes de la violence d’Etat.Les habitants de la région littorale de l’Obock sont en colère contre le pillage des poissons par les bateaux chinois et les gros commerçants somaliens sponsorisés par le président djiboutien. Ils dénoncent également le refus de construction des dispensaires à Lahassa (financement japonais) et à Waddi (financé par les américains). C’est ce genre de situation qui a conduit à l’émergence des pirates  sur les côtes somaliennes.

L’élection du 8 avril 2016 :une tartufferie

Le jeu était truqué d’avance, le score consigné et le nom du vainqueur connu trois mois avant le scrutin ! Tout a été programmé dès janvier 2016. Des hauts fonctionnaires, sous la direction du chef de la sécurité, ont appliqué les décisions prises en août à Addis Abeba lors de la réunion de cadres issus du clan Mamasans sous le patronage du chef de l’Etat. L’élection qui s’est déroulé le 8 avril s’apparente à une mascarade. Un score de 87 % pour le dictateur Guelleh et le reste a été partagé par cinq autres candidats.

Rien n’a été laissé au hasard, les militaires ont bourré les urnes, aidés par des milliers de réfugiés, les forces de l’ordre ont écarté des bureaux de vote les délégués de l’opposition. Une fois de plus, les observateurs de l’Union africaine (UA) et de la ligue arabe ont validé les résultats.

Les civils pris pour cibles

Le régime en butte aux activités du FRUD et à l’hostilité de l’Union pour le salut national (USN), coalition de l’opposition, décide de punir les populations civiles qu’il soupçonne de sympathiser avec l’opposition : arrestations des familles de membres du FRUD (une soixantaine au dernier trimestre 2015), massacre le 21 décembre dans le quartier de Buldhuqo (27 personnes tuées et 150 blessés selon la FIDH).

Ce même jour, la direction de l’USN a été attaquée par des policiers, plusieurs dirigeants ont été blessés dont le président, et son secrétaire général Abdourahman Mohamed Guelleh emprisonné. Mohamed Ahmed dit Jabha, quant àlui reste arbitrairement détenu depuis six ans après avoir été férocement torturé.Femmes solidaires et le Comité des femmes djiboutiennes ont lancé un appel pour la protection des femmes de l’ethnie Afar, victimes de viols principalement par les forces armées. Il faut saluer à cet égard les dix femmes djiboutiennes courageuses qui ont fait une grève de la faim en France du 25 mars au 12 avril pour dénoncer ces viols et l’impunité des violeurs.

L’incroyable désinvolture avec laquelle le chef de l’Etat aborde les crises que traverse son pays et le mépris qu’il affiche avec un score grotesque de 87 % donne une responsabilité particulière à l’opposition. Elle doit faire preuve de davantage de responsabilité et prendre toute sa place pour le destin du pays. L’USN a su se rassembler pour les élections législatives en 2013, suscitant un espoir. Elle s’est mal-
heureusement divisée à l’occasion de l’élection présidentielle. Les clivages portent plutôt sur le choc des ambitions personnelles que sur le programme.

Toute la question est de savoir si l’opposition sera capable d’un sursaut et d’exorciser les démons de la division. Le FRUD a lancé un appel à un large rassemblement des forces démocratiques pour des états généraux de l’opposition, appel relayé par d’éminentes personnalités.« Le succès n’est pas définitif, l’échec n’est pas fatal... C’est le courage de continuer qui compte » disait Churchill.

Mohamed Khadamy
Président du FRUD - Front
pour la restauration
de l’unité et la démocratie



05/06/2016 (Brève 803) Survie / Un article à lire. Publications d'un dossier : Dossier d’analyse "Elections en Françafrique"

Lien avec l'article original :
http://survie.org/publications/article/dossier-d-analyse-elections-en-5100

Documents joints
ELECTIONS EN FRANCAFRIQUE - CONGO, DJIBOUTI, TCHAD, GABON. LA COOPERATION MILITAIRE FRANCAISE AU SERVICE DES DICTATURES (PDF – 7.3 Mo)

Rapport de SurvieA l’approche des élections, ces dictatures s’illustrent par un regain des violences à l’égard d’opposants politiques et de manifestants pacifiques. Dans ce contexte, ce rapport met en regard les pratiques de ces régimes clés de la Françafrique, avec une composante essentielle et souvent méconnue et minimisée du soutien de la France, à savoir la coopération militaire et policière.

Pour chaque pays, il présente les caractéristiques de ces régimes dictatoriaux soutenus de longue date par la France et examine en détail le contexte préélectoral puis analyse d’une part les dispositifs de l’armée française, présents de façon permanente à Djibouti, au Gabon et au Tchad et d’autre part la coopération militaire et sécuritaire déployée avec chacun de ces quatre régimes. Le rapport révèle par exemple que jusqu’à aujourd’hui, des coopérants militaires français opèrent sous uniforme tchadien ou congolais en qualité de conseillers des responsables des armées, directions et services des ministres de la Défense de ces pays ; ou encore que l’armée française délivre des formations depuis des décennies à des forces armées dont les méthodes habituelles confinent aux actes criminels.

Ce rapport montre que la France est impliquée au moins indirectement dans les exactions actuelles de ces régimes, du fait du maintien de sa coopération militaire et sécuritaire. Et pointe aussi le fait que la politique de la France envers ces dictatures est liée à leur rôle central dans le dispositif militaire français en Afrique ; ainsi au nom de la lutte contre le terrorisme ou de la nécessaire « stabilité », la France fait fi des espoirs démocratiques et des droits humains des populations réprimées.

Le rapport conclut sur le nécessaire départ de l’armée française du sol africain, et dans l’immédiat, sur la demande de suspension immédiate de la coopération militaire et sécuritaire avec ces régimes dictatoriaux, à la veille d’élections qui confinent à la mascarade.



05/06/2016 (Brève 802) Actu Economie / Djibouti : le bilan économique du président Guelleh remis en question

Lien avec l'article original : http://www.actu-economie.com/2016/06/07/djibouti-le-bilan-economique-du-president-guelleh-remis-en-question/

Fraichement réélu à la tête de Djibouti, le président Guelleh doit aujourd’hui faire face aux critiques de ses partenaires historiques et gérer les conséquences désastreuses de ses précédents mandats sur l’économie du pays.

Un leadership contesté
Le 8 avril dernier, Ismaïl Omar Guelleh a remporté l’élection présidentielle de Djibouti avec 86,68 % des voix. C’est la quatrième fois que le scrutin est favorable à IOG, avec un résultat qui peut aisément laisser croire à un véritable plébiscite dans les urnes.

Un plébiscite que beaucoup contestent pourtant, critiquant le camp Guelleh de n’avoir pas permis la mise en place d’un processus électoral transparent, comme réclamé par l’opposition mais également par le Parlement européen.

Pour garantir cette transparence, l’Union Européenne a proposé d’envoyer une délégation d’experts afin de superviser l’élection. Une proposition que les autorités djiboutiennes ont rapidement refusée, même si elles ont finalement consenti à laisser des observateurs issus de l’Union africaine inspecter partiellement le dépouillement des votes.

Ces derniers ont d’ailleurs remarqué de nombreuses irrégularités, les procès-verbaux n’ayant notamment pas tout été rendus publics. Ces points d’interrogation, tout comme les déclarations des partis d’opposition accusant les assesseurs d’avoir interdit l’accès au bureau de vote de plusieurs de leurs représentants, n’ont cependant pas empêché la validation de la victoire d’IOG,

C’est donc de manière contestée que le président Guelleh reprend les rênes du pouvoir pour cinq années supplémentaires. L’image d’IOG se détériore chaque jour un peu plus, entachée par une politique de répression menée à l’encontre de l’opposition qui empêche un sursaut démocratique tant espéré par les Djiboutiens.

Critiqué dans son pays, il l’est désormais de plus en plus à l’étranger, ses alliés historiques n’hésitant pas à questionner leur soutien vis-à-vis d’un président qui a du mal à gérer son pays comme il se doit, d’un point du vue politique, social mais surtout économique.

La Chine, qui a largement financé la dernière campagne du président Guelleh, n’a cessé de multiplier les gestes financiers en faveur de Djibouti. Que les investissements proviennent de banques ou d’entreprises privées chinoises, Guelleh a trouvé dans l’Empire du Milieu une véritable cash machine qui lui a permis de lancer des vastes projets d’infrastructures.

Une dette extérieure qui ne cesse de se creuser

La générosité de Pékin est bienvenue dans un pays qui cherche à se développer au plus vite, mais elle reste aussi largement intéressée. En 2017, la Chine prévoit d’installer une base militaire près du port de Djibouti qui devrait accueillir 10 000 militaires chinois, du jamais vu.

Pourtant, l’alliance stratégique qui unit les deux pays est aujourd’hui mise à mal par les inquiétudes de la Chine quant aux capacités de remboursement de Djibouti, l’ère Guelleh ayant fait sombrer le pays dans une situation économique qui ne cesse de se dégrader.

Guelleh a en effet la dépense facile. Qu’il s’agisse de développer des infrastructures ou de combattre l’opposition, le président n’hésite pas à mettre les moyens pour arriver à ses fins. Et tant pis si cela signifie qu’il faut dépenser l’argent qu’on n’a pas et mettre les comptes du pays dans le rouge.

Aujourd’hui la dette extérieure de Djibouti représente 84 % du PIB national. Pour le Fonds Monétaire International, cette situation fiscale est « insoutenable », avec des dépenses publiques qui font peser sur le pays une pression économique plombant son avenir. Une opinion partagée par l’Union européenne pour qui les conditions entourant le recours aux financements chinois ne vont faire qu’empirer cette dette.

Alors que cette situation nécessiterait que Guelleh intègre davantage de raison dans la gestion économique du pays, il n’en est rien. Le président vient d’engager des poursuites judiciaires, qui risquent de s’avérer coûteuses, contre Facebook. La raison ?  Laisser les opposants s’exprimer sur le réseau social.

Drôle de façon de dilapider l’argent public quand on sait qu’il y a tant à faire dans un pays où un quart de la population vit dans la pauvreté, où 60 % de la population est touchée par le chômage et qui traverse actuellement la pire sécheresse des cinquante dernières années.

C’est dans un climat compliqué qu’IOG démarre son nouveau mandat. La gouvernance du président focalise aujourd’hui les inquiétudes de la communauté internationale et de ses partenaires principaux. Une crise de confiance qui se fait également ressentir au sein du peuple djiboutien et qui pourrait coûter cher à Guelleh, tant sur le plan économique que politique.



05/06/2016 (Brève 801) Bon ramadan 0 toutes et tous

Alors que le mois béni du Ramadan va commencer demain ou après-demain, toute l'équipe de l'ARDHD souhaite un bon Ramadan à toutes celles et tous ceux qui vont le pratiquer, dans la foi, la dignité et la sérénité.

Nous souhaitons à tous les Mulsumans un mois de calme et de justice et de prière, en particulier à toutes les Djiboutiennes et les Djiboutiens qui vivent au Pays, à celles et ceux qui sont réfugiés en Ethiopie pour échapper à la vengeance du régime dictatorial qui dirige Djibouti et à celles et ceux, qui restés au Pays, subissent, contre leur gré, les rigueurs et les injustices d'un pouvoir autoritaire qu'ils n'ont pourtant pas choisi....
Bon ramadan. Que ce mois béni soit l'occasion pour chacun de prier et de prendre les meilleures décisions pour apporter du réconfort à ses proches.



26/05/2016 (Brève 800) Un cycle d'arrestations arbitraires à Djibouti. Communiqué de la LDDH !

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Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Djibouti, le 25 Mai  2016

COMMUNIQUE de PRESSE
Un cycle d’arrestation arbitraire!

Les gendarmes mobiles de la commune de Balbala mènent depuis quelques temps des rafles nocturnes dans le milieu de la jeunesse de cette commune.

Les jeunes sont raflés puis conduits dans les différentes brigades de gendarmerie pour subir un interrogatoire, sont fichés comme des vulgaires voyous et enfin menacés et libérés sans aucune explication.
Le délit de ces jeunes est d’avoir squatté les abords des rues et les devants de leurs maisons.

Le temps viendra par lequel les victimes, pour aider les gendarmes et les policiers, doivent inventer les délits à leur propre charge.

Déjà victimes du chômage massif, les comportements de cette jeunesse qui n’aspire à aucun avenir peuvent avoir des conséquences imprévisibles (drogues, délinquances, tentatives d’exile dans des conditions tragiques etc…) et les arrestations intempestives et arbitraires ne feront que hâter la fin de la concorde nationale.

La LDDH dénonce et condamne vigoureusement ces arrestations arbitraires et demande l’arrêt de ce cycle d’arrestations illégales.


Pour la LDDH

Le Président
OMAR ALI EWADO



26/05/2016 (Brève 799) Note d’information LDDH -Triste Réalité !

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Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Djibouti, le 25 Mai  2016

Note d’information
Triste Réalité!

A Djibouti les personnes singulièrement nommées « folles » sont livrées à elles-mêmes : ni leur famille, ni les pouvoirs publics ne s’en préoccupent et leur nombre est estimé à plusieurs centaines.

Quelques soient les raisons à l’origine des situations qui ont poussé ces personnes à quitter la dimension de l’être humain, leurs droits à une existence raisonnable constituent leur droit inaliénable, ce dont on fait obstruction dans notre pays. Une fois la personne est atteinte d’un dérèglement cérébrale, elle est jetée hors de la maison familiale et livrée à l’errance.

Il est fréquent de voir ces personnes se désaltérer dans des marres d’eau stagnante qui sont les lits naturels de nos chères moustiques et chercher leurs nourritures dans des poubelles nauséabondes et cela n’offusque aucune personne dans notre pays. Plusieurs de ces personnes sont incarcérées à la Prison Civile à la demande de leurs parents et sont exposées aux pires traitements par les autres prisonniers et par les agents pénitentiaux.

Naguère ces personnes étaient conduites au service de psychiatre de l’hôpital Peltier où elles étaient traitées plus ou moins bien. Ce n’est plus cas.

L’errance, l’emprisonnement, la faim et la soif sont leurs compagnons quotidiens.
La LDDH, soucieuse des Droits Universels et des Droits des personnes vulnérables, dénonce à la fois l’exclusion de la personne affectée par sa propre famille et sa marginalisation par les Pouvoirs Publics Djiboutiens et alerte l’opinion publique nationale et internationale sur l’existence misérable que mènent ces personnes.

Enfin, la LDDH place tout un chacun devant sa responsabilité, les familles ainsi que les pouvoirs publics.


Pour la LDDH

Le Président
OMAR ALI EWADO



20/05/2016 (Brève 798) Djibouti bientôt en cessation de paiement ? Les conséquences prévisibles et désastreuses pour les populations (équipe ARDHD)

Selon un article de LOI (payant), l'Etat djiboutien serait au bord de la cessation de paiement rien ne permet de supposer que Guelleh ait la capacité ni l'envie de prendre des mesures drastiques à terme pour assurer le minimum, en particulier le salaire des fonctionnaires.

Nos estimations (à vérifier) laisseraient supposer que le budget de l'Etat devrait afficher un excédent et non un déficit.
A notre niveau, il est difficile d'obtenir des informations précises sur le budget de l'Etat,

(voir à titre d'exemple, le rapport très critique du FMI de décembre 2011 http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=15337, une alerte sur les difficultés budgétaires en juillet 2013 http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=15912)

car ni la rigueur comptable des finances publiques, ni la transparence sous Guelleh, ne sont des vertus majeures de ce régime à tendance "mafieuse", clanique et familiale !!!

Il y a plusieurs mois l'équipe de l'ARDHD avait esquissé une analyse rapide, sur la base des rares données publiées par l'Etat djiboutien et des informations recueillies de part et d'autre. Il semble que le montant global des charges "officielles" de l'Etat soit connu et nous l'avons utilisé. En revanche, il est plus difficile de connaître les recettes et nous avions proposé des estimations qui devront être vérifiées et que nous recommandons aux internautes de ne pas utiliser comme des données certifiées.

Il s'agit par exemple du loyer et des subventions françaises (données fournies par le Sénat français), mais aussi des loyers américains, japonais, chinois et peut-être italiens, espagnols ou allemands. Nous n'avons aucune donnée non plus sur les recettes venant des participations étatiques dans le Port, l'Aéroport, le commerce du Khat entre autres ni sur les indemnités payées par les organisations internationales pour les forces déployées en Somalie ou en Côte d'Ivoire.

Si l'on accorde du crédit aux publications du Sergent Ariko (comme une contribution de mars 2012 http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=15643 ),il n'est pas exclu que les bénéfices de la contrebande "qui serait protégée" ne soit pas considérés comme des recettes d'Etat mais comme un revenu personnel familial, non déclaré !!!!

Nos estimations qui devront être confirmées par des données vérifiées avaient abouti au fait que le budget djiboutien devrait présenter au minimum, un excédent de l'ordre de 50 millions d'€

Approche budgétaire

Et pourtant, il n'en est rien, puisqu'il y a chaque année un déficit conséquent qui varie entre 4 et 10% du PIB et un endettement colossal qui ne cesse d'augmenter.

De plus, comme nous l'écrivons depuis plus d'un an, les Chinois entraînent l'Etat à investir dans des projets pharaoniques "au-dessus" de ses moyens avec une rentabilité à long terme qui n'est absolument pas vérifiée : chemin de fer Addis-Djibouti, aéroports dans le Nord, construction ou agrandissement des ports (Djibouti, Tadjourah). Ces projets sont intégralement financés par les banques chinoises, mais il faut rembourser les échéances ... c'est à ce moment que surgissent les difficultés !

Compte-tenu du fait que l'équipe des obligés de Paulette et du Chamelier, gèrent le budget de l'Etat en fonction uniquement de leurs intérêts familiaux et claniques et non dans l'intérêt du Peuple, Djibouti n'aura bientôt plus la capacité de payer, ne serait-ce que les échéances chinoises. C'est à ce moment que les Chinois se fâchent !

Selon LOI, Guelleh a déjà été contraint de récupérer un montant d'environ 113 millions US$ du fond de réserve que l'Etat avait à New-York. On peut craindre d'ailleurs que ce soit une somme prélevée sur le dépôt destiné à garantir la parité US$ FDJ. (voir plus bas)

Les incertitudes et surtout des risques aux conséquences désastreuses pour les populations

1°) en particulier, le risque de non-paiement des fonctionnaires dans les prochains mois, alors que la fonction publique est de loin l'employeur principal du pays et d'autres risques
- d'une coupure généralisée dans les services publiques (distribution de l'électricité et de l'eau, qui sont déjà aléatoires, la fermeture totale des centres de soin, par manque de matériel et de consommables, qui a déjà commencé, etc... )
- d'une vague supplémentaire de ralentissement de l'économie intérieure, par manque de salaire ... ce qui aura un impact sur le recouvrement des taxes et surtout sur l'emploi, avec un taux de chômage déjà insupportable mais qui pourrait encore augmenter.

2°) Risque de dévaluation du FDJ, si la réserve américaine ne dispose plus d'un niveau suffisant pour garantir la parité : augmentation du prix des produits importés, augmentation du montant des sommes à rembourser, bref une asphyxie totale ..

3°) recours à des emprunts supplémentaires (comme c'est le cas actuellement) qui endetteront le pays sur plusieurs décennies et qui seront à la charge des jeunes générations et de leurs descendances

4°) L'exigence par les Chinois du paiement de leurs échéances et leurs menaces de s'approprier des terrains et des installations, qu'ils seraient autorisés à mettre à exécution ...

Toutes ces calamités ne sont plus seulement des hypothèses aujourd'hui, mais elles deviennent progressivement des prévisions de plus en plus fiables .....



19/05/2016 (Brève 797) Halte à l’Arbitraire ! Communiqué de la LDDH

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Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Djibouti, le 19 Mai  2016

COMMUNIQUE de PRESSE
Halte à l’Arbitraire !

Selon les informations concordantes et sûres que la LDDH a recueillies, cet après midi Mr AHMED ALI HOUMED Membre du Conseil National et correspondant régional de notre organisation a été arrêté et placé en garde à vue à OBOCK par la POLICE.

Toujours d’après cette information, ce serait le chef de la Sous-préfecture d’ALLALI DADA, Mr HOUMED ALI OMAR qui administre cette sous-préfecture depuis 25 années  à partir de sa maison située à OBOCK ville qui est à l’origine de l’arrestation de notre collègue.

Dans notre pays, la police n’a pas besoin d’un mandat d’arrêt émis par la Justice pour procéder aux arrestations et AHMED ALI HOUMED militant très actif pour la défense de droits humains dans le district d’OBOCK a été arrêté sur un simple coup de fil du Sous-préfet.

La LDDH dénonce et condamne vigoureusement cette grave atteinte aux droits humains dont la victime n’est autre qu’un militant de la Ligue et exige du régime en place à Djibouti, la libération immédiate et sans conditions de notre camarade AHMED ALI HOUMED
.


Pour la LDDH

Le Président
OMAR ALI EWADO



19/05/2016 (Brève 796) A Djibouti la gestion de la chose publique est chaotique. Note d'information de la LDDH

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Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Djibouti, le 18 Mai 2016

Note d’Informations
A Djibouti la gestion de la chose publique est chaotique

L’été s’annonce difficile à Djibouti, car les délestages de l’EDD et la pénurie d’eau potable surtout dans le faubourg de Balbala sont particulièrement pénibles pour les habitants de cette commune.

La canicule est extrêmement chaude, l’eau et l’électricité servaient à atténuer les effets négatifs et leur manque sera préjudiciable pour la vie courante des Balbalaouis.

Il y a lieu de signaler que l’EDD use des mesures coercitives quand les usagers sont pris en défaut de paiement mais le silence entoure les conséquences désastreuses sur les appareils ménagers qui sont détruits à cause de ces délestages.

Donc à l’EDD, la raison du plus fort prime sur le droit et la justice. Le monopole de l’EDD est néfaste et les pouvoirs publics doivent réfléchir sérieusement à diversifier les sources en énergie pour le pays.

Quant à l’ONEAD comme sa sœur  jumelle de l’EDD, elle crie la peine et les conséquences de sa mauvaise gestion risquent à la longue de perturber la vie des djiboutiens ordinaires.

Ces 2 organismes semi publics ont une importance capitale en cette période chaude et leurs problèmes se répercutent immédiatement sur la vie des djiboutiens.

La LDDH déplore la gestion désastreuse de ces 2 établissements et appelle les responsables d’être à la hauteur de leur fonctions ou de se démettre pour laisser leur place à des personnes beaucoup plus compétentes.


Enfin la LDDH appelle la population djiboutienne à opter pour une consommation rationnelle de ces 2 matières et à ester en justice quand elles estiment que leurs droits sont bafoués par l’EDD et l’ONEAD.

Pour la LDDH
Le Président
OMAR ALI EWADO



16/05/2016 (Brève 795) STOP A L'IMPUNITE A DJIBOUTI. Communiqué de la LDDH

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Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Djibouti, le 13 Mai 2016

COMMUNIQUE de PRESSE
STOP L’impunité

Selon les informations concordantes recueillies par la LDDH, un jeune alisabien dénommé IDRISS ADEN DJAMA dit benbi a été arrêté le 14 mai 2016 par les éléments de la Gendarmerie de ALI-SABIEH.

Le jeune Idriss aurait été battu et molesté par les gendarmes lors de son arrestation avant d’être incarcéré illégalement à la brigade de gendarmerie de d’Ali-Sabieh.

Ce n’est pas la première fois que la LDDH recueillie des violences faites à des civils sous des prétextes fallacieux par des gendarmes qui usent et abusent de leurs fonctions pour faire subir des mauvais traitements aux civils sans défense.

La LDDH dénonce et condamne vigoureusement cette arrestation barbare suivie d’une incarcération illégale et arbitraire et exige l’arrêt des violences faites aux civils et la poursuite en justice des auteurs des ces violences.


La LDDH demande la libération immédiate et sans condition du jeune Alisabien, en l’occurrence IDRISS ADEN DJAMA  dit benbi.

Pour la LDDH
Le Président
OMAR ALI EWADO



16/05/2016 (Brève 794) Djibouti dénonce "des allégations non fondées" rapportées dans une résolution du Parlement européen (CRI Radio Chine International)

Lien avec l'article : http://french.cri.cn/621/2016/05/16/301s479284.htm

Dans un communiqué publié dimanche, le chef de la diplomatie djiboutienne, Mahmoud Ali Youssouf, a dénoncé "les allégations non fondées" rapportées dans une résolution du Parlement européen en date du 12 mai 2016.

Pour M. Youssouf, ce texte en question a été élaboré sur la base de "fausses informations répandues dans les médias étrangers et sur les réseaux sociaux par des individus mal intentionnés hostiles à l'unité du peuple djiboutien et à ses valeurs de paix, de tolérance et de solidarité". Selon lui cette campagne de désinformation orchestrée par des individus qui n'hésitent pas à ternir l'image de son pays dans leurs "tentatives désespérées de rechercher la crédibilité qui fait défaut à leurs demandes d'asile" auprès des Etats européens.

"Peu enclins à la recherche de la vérité, les auteurs de cette campagne de désinformation ne se contentent pas en effet de nier l'évidence. Ils se proposent de transfigurer la réalité en alternant des faits imaginaires", a-t-il expliqué. Ainsi, la résolution du Parlement européen qui fait écho à "ces allégations mensongères" fait état de plusieurs cas de viol qui auraient été commis par des soldats dans le nord djiboutien tout en restant vague sur les circonstances dans lesquelles ces événements auraient eu lieu, a-t-il ajouté.

Il en va de même des cas de torture rapportés dans cette même résolution selon laquelle des membres de l'opposition djiboutiennne auraient été torturés au cours de leur détention ou subi de mauvais traitements. "Le caractère outrancier et mensonger de ces propos se révèle toutefois très vite puisque les auteurs de ladite résolution sont incapables de décliner l'identité d'aucune de ces prétendues victimes de torture", a fait savoir le chef de la diplomatie djiboutienne. M. Mahmoud Youssouf a déclaré enfin que le gouvernement djiboutien se réserve le droit de poursuivre en justice les individus derrière cette campagne de désinformation et de dénigrement qui, a-t-il dit, n'a de but que celui de tromper l'opinion publique nationale et internationale.

Dans une résolution adoptée le 12 mai sur djibouti, le Parlement européen a exprimé "son inquiétude en ce qui concerne le processus de démocratisation qui est au point mort à Djibouti", et dénoncé "les viols qui auraient été commis par des soldats djiboutiens contre des civils".

Dans une résolution adoptée le 12 mai sur Djibouti, le Parlement européen a exprimé "son inquiétude en ce qui concerne le processus de démocratisation qui est au point mort à Djibouti", dénoncé "les viols qui auraient été commis par des soldats djiboutiens contre des civils", et demandé une enquête sur "les allégations de torture et de mauvais traitements" des membres de l'opposition.



13/05/2016 (Brève 793) COFEDVI / Succès de la grève de la faim des femmes djiboutiennes en Belgique. Communiqué du Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité

djiboutiennes-contrelimpunite@hotmail.fr
Téléphones 00 32 465 48 00 45 – 00 32 465 123 563

Communiqué de presse/

Une résolution du parlement européen sur la situation des droits humains à Djibouti
a été votée, dénonçant pour la première fois les viols et leur impunité.

Les 10 femmes djiboutiennes qui avaient cessé de s’alimenter depuis le 25 avril 2016 dans la commune de St Josse, à Bruxelles ont décidé de suspendre demain, samedi 14 mai leur grève de la faim.

Elles ont obtenu des résultats tangibles, leur grève de la faim ayant permis l’adoption d’une résolution d’urgence du parlement européen sur les graves violations des droits humains et notamment des droits des femmes.

Ces 10 femmes ont mené courageusement cette lutte difficile pendant 20 jours En 20 jours, de nombreux parlementaires, tant au parlement Bruxellois qu’au parlement flamand, et des députés européens, un ancien ministre, des associations et des personnalités de la société civile en Belgique, ont rendu visite aux grévistes de la faim pour les soutenir et leur exprimer leur solidarité.

De nombreuses associations aux côtés du Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité, en premier lieu, l’association Bruxelles Vivre Ensemble et Femmes solidaires qui ont accompagné les femmes djiboutiennes tout au long de leur action ont relayé la parole des femmes djiboutiennes et ont permis de faire entendre leurs revendications dans la capitale de l’Europe.

Grâce à leur détermination, les 10 grévistes de la faim ont obtenu :
- Que la situation d’atteinte aux droits humains et les intolérables viols et violences à l’égard des femmes à Djibouti soient révélée dans le monde et dans les plus hautes instances européennes et pour la 1ère fois qu’elle soit évoquée par le parlement européen. Il est écrit dans la résolution que le parlement européen : « dénonce avec fermeté les viols qui auraient été commis par des soldats djiboutiens contre des civils et qui ont été signalés par diverses ONG »

- Qu’une enquête internationale soit diligentée sur les actions de l’armée, puisqu’il « invite les Nations unies à enquêter sur la situation des droits humains à Djibouti, en particulier la situation des femmes dans ce pays
.



13/05/2016 (Brève 792) LDDH / Communiqué / LDDH : Acharnement judiciaire contre les victimes de l'affaire Bouldhouqo

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Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Djibouti, le 13 Mai 2016

COMMUNIQUE de PRESSE
ACHARNEMENT

L’acharnement judiciaire contre les victimes collatérales de l’Affaire BOULDHOUQO se poursuit suite à l’appel interjeté par le Parquet Général. Hier matin ont comparu devant la CHAMBRE d’ACCUSATION :
HAMOUD ABDI SOULDAN
ABDOURAHMAN MOHAMED GUELLEH dit TX
KHAIRE CHIRDON KHAIRE
MOHAMED ABDI FARAH
ABDO DAHER MIGUIL
ABDOURAHMAN HOUSSEIN ARALEH


Il est à signaler que toutes ces personnes avaient obtenu un NON LIEU du juge d’instruction en charge de leur dossier mais le retournement a été enclenché par le PARQUET GENERAL pour des raisons dont nous ignorons les motivations.

A la question de savoir si des nouveaux éléments avaient été versés au dossier pour motiver ce renvoi devant la CHAMBRE d’ACCUSATION, le juge est resté évasif.

Après avoir délibéré, le Président de la Cour a ordonné la reprise de l’instruction par le même juge d’instruction qui avait abouti à la décision de NON LIEU pour les 4 responsables de la Société Civile et la mise sous contrôle judiciaire pour les 2 responsables qui sont restreinte à signer tous le jeudi leur présence dans le pays.

Cette obligation de contrôle judiciaire à l’encontre des 2 responsables politiques                  
- M. HAMOUD ABDI SOULDAN,
- ABDOURAHMAN MOHAMED GUELLEH dit TX
sera préjudiciable pour leur santé car M.r HAMOUD a une balle logée à l’avant-bras et M. ABDOURAHMAN TX  souffre énormément et nécessite une prise médicale dans une structure spécialisée qui fait défaut à Djibouti.

Il est scandaleux après 5 mois du massacre du 21 Décembre 2015, que les proches des victimes soient harcelés par la Justice alors que les auteurs de ce massacre bénéficient d’une totale impunité de la part de cette même justice.

La LDDH lance un appel solennel à la communauté internationale pour faire pression sur le régime djiboutien pour que cessent les violations des droits humains.

La LDDH dénonce et condamne énergiquement l’acharnement judiciaire diligenté contre les 2 responsables politiques de l’opposition et les 4 dirigeants de la Société Civile et exige du régime en place la levée immédiate et sans condition de cette mesure arbitraire qui restreint le droit à la santé et réprime des délits imaginaires pour les dirigeants de la Société Civile.

Pour la LDDH
Le Président
OMAR ALI EWADO



13/05/2016 (Brève 791) RTB : Une grève de la faim pour dénoncer les soldats violeurs de Djibouti

Lien avec l'article : http://www.rtbf.be/info/monde/afrique/detail_une-greve-de-la-faim-pour-denoncer-les-soldats-violeurs-de-djibouti?id=9296317

C'est la deuxième fois en deux mois qu'elles font grève de la faim. A Paris, le mois dernier. A Bruxelles cette fois, depuis 18 jours déjà. Réunies à Saint-Josse, en région bruxelloise, une dizaine de membres du Comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l'impunité ont décidé de recourir une fois de plus à cette solution extrême. "C’est notre dernier recours", explique Aïcha Dabalé, la représentante de ce comité. "Il y a parmi nous des jeunes et des moins jeunes, qui mettent leur vie en danger par obligation, parce que cela fait des années que nous nous battons mais que personne ne nous écoute".

Viols en toute impunité
Que dénoncent-elles ? Une série de viols commis par des soldats djiboutiens dans le nord et le sud-ouest du petit pays, situé dans la Corne de l’Afrique, entre l’Ethiopie, la Somalie et le Yémen. Des viols commis dans les montagnes et les villages sur des femmes soupçonnées de sympathie avec le mouvement d’opposition (pacifique ou armé), dans un pays qui n’a changé de président qu’une fois en près de 50 ans. "Le plus terrible, c’est l’impunité. La reconstruction de ces femmes est rendue impossible par le fait qu’elles croisent leur bourreau tous les jours dans leur village", explique Aicha Dabalé.  "Quelques-unes ont porté plainte, sans résultat", poursuit M., un opposant djiboutien qui désire garder l’anonymat.  Pire : certains de ces soldats seraient même promus. "Tout cela laisse penser que tout est pensé, missionné."

Géopolitiquement incontournable
Djibouti, tout petit pays (à peine 630 km²) du continent africain, est, de par sa situation géographique, un lieu géopolitiquement très important. Plusieurs pays étrangers, dont la France, les Etats-Unis et le Japon, y disposent d’ailleurs de bases militaires. La Belgique y a aussi déployé quelques soldats dans le cadre de l’opération Atalante.  "C’est le porte-avion mondial", explique l’opposant réfugié en France. Et face à un tel atout, les accusations de viols sur les Djiboutiennes font peu le poids. "Nous sommes victimes de notre position géostratégique, alors qu’elle aurait pu être un atout", explique Aicha Dabalé. "Nous nous retrouvons face à un mur de silence de la part des pays étrangers, un silence complice. Les militaires étrangers s’entraînent dans les villages où sont commis les viols!".

249 cas recensés
Le Comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l'impunité a été fondé en 1993 après le viol et l’assassinat crapuleux d’une Djiboutienne, mère de plusieurs enfants. Depuis lors, l’association a recensé 249 viols, "mais c’est sans compter tous ceux qui sont tus, car il est difficile d’en parler, c’est considéré comme un terrible déshonneur", explique Aicha Dabalé. C’est donc presque clandestinement que ces viols sont recensés à Djibouti.

Sans répondre vraiment aux accusations à l’encontre de ses soldats, le gouvernement djiboutien se contente de dénoncer une manœuvre électoraliste. Le porte-parole du gouvernement, interrogé par RFI, incite par ailleurs les femmes à porter plainte. "Mais celles qui osent le faire sont menacées d’être à nouveau violées. Et de toute façon, il n’y a jamais eu la moindre condamnation", explique M.

Le Parlement européen réagit
Aujourd’hui pourtant, l’action des militantes djiboutiennes semble commencer à porter ses fruits. Le Parlement européen a adopté aujourd’hui une résolution concernant Djibouti, dans laquelle il demande " qu’une enquête internationale indépendante puisse être mise en place afin de mettre fin à l’impunité vis-à-vis des viols commis par l’armée djiboutienne , que tout soit mis en œuvre pour mettre fin à de tels actes, que les responsables soient poursuivis et condamnés et que les femmes victimes de ces crimes bénéficient d’un soutien psychologique et physique". Un soulagement pour le Comité, qui espère qu’à terme, ces crimes seront également reconnus comme des crimes de guerre. En attendant, il a lancé le hashtag #stopvioldjibouti pour également sensibiliser l'opinion publique.



12/05/2016 (Brève 790) Parlement européen : texte intégral de la résolution qui condamne le régime de Guelleh / Vote du 12 mai 2016 sur Djibouti (2016/2694(RSP))

Téléharger le document en PdF : http://wwww.ardhd.org/parlement_europeen/r0512_resolution_parlement_europeen.pdf

Le Parlement européen,
–   vu ses précédentes résolutions sur Djibouti, notamment celles du 4 juillet 2013 sur la situation à Djibouti et du 15 janvier 2009 sur la situation dans la Corne de l'Afrique,
–   vu le programme indicatif national pour Djibouti au titre du 11e Fonds européen de développement (FED) du 19 juin 2014,
–   vu les déclarations du porte-parole du Service européen pour l'action extérieure du 12 avril 2016 et du 23 décembre 2015,
–   vu la déclaration de la haute représentante, Mme Federica Mogherini, au nom de l'Union européenne, à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai 2016,
–   vu le partenariat politique régional de l'UE pour la paix, la sécurité et le développement dans la Corne de l'Afrique,
–   vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques,
–   vu la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,
–   vu la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes,
–   vu la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, que Djibouti a ratifiée,
–   vu les actions et les communications de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) concernant Djibouti,
–   vu les conclusions préliminaires du 10 avril 2016 de la mission d'observation électorale de l'Union africaine qui a suivi les élections présidentielles,
–   vu le statut de Rome de la Cour pénale internationale, auquel Djibouti est un État partie depuis 2003,
–   vu l'accord-cadre signé le 30 décembre 2014 entre l'UMP (Union pour la majorité présidentielle), coalition au pouvoir, et l'USN (Union pour le salut national), coalition de partis d'opposition, visant à promouvoir une «politique nationale pacifique et démocratique»,
–   vu le décret no 2015-3016 PR/PM du 24 novembre 2015, adopté par le Conseil des ministres de Djibouti, établissant des mesures exceptionnelles de sécurité à la suite des attentats de Paris du 13 novembre 2015,
–   vu la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948,
–   vu le protocole à la charte africaine sur les droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique,
–   vu l'accord de Cotonou signé le 23 juin 2000 et révisé le 22 juin 2010,
–   vu la Constitution de la République de Djibouti de 1992, qui reconnaît les libertés fondamentales et les principes de base de la bonne gouvernance,
–   vu les directives de l'Union africaine pour les missions d'observation et de suivi des élections,
–   vu l'article 135, paragraphe 5, et l'article 123, paragraphe 4, de son règlement,
__________________________
A.  considérant qu'Ismaïl Omar Guelleh est le président de Djibouti depuis 1999, et qu'il a remporté de manière écrasante les élections d'avril 2016, avec 87,1 % des suffrages, victoire que les partis d'opposition et les groupes de défense des droits dénoncent comme le fruit de la répression politique; que plusieurs candidats de l'opposition ont boycotté les élections de 2005, de 2011 et de 2016; que le président Guelleh a persuadé l'assemblée nationale de modifier la Constitution en 2010 après avoir annoncé qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat en 2016, ce qui lui a permis de se présenter pour un troisième mandat en 2011; que la contestation de la société civile qui a suivi a été réprimée;

B.  considérant que la situation géographique de premier ordre de Djibouti dans le golfe d'Aden revêt une importance stratégique pour les bases militaires étrangères, étant considérée comme un centre névralgique pour la lutte contre la piraterie et le terrorisme;

C.  considérant que dix femmes djiboutiennes réclamant une enquête internationale sur le viol des femmes djiboutiennes ont entamé une grève de la faim à Paris, quatre d'entre elles affirmant avoir été elles-mêmes victimes de viols, tandis qu'une autre, Fatou Ambassa, âgée de 30 ans, a jeûné en mémoire de sa cousine, Halima, décédée à l'âge de 16 ans des suites d'un viol collectif en 2003; que huit de ces femmes ont poursuivi leur grève de la femme pendant dix-neuf jours, du 25 mars au 12 avril 2016, et que dix autres femmes ont également entamé une grève de la faim à Bruxelles; que les autorités djiboutiennes contestent les affirmations de ces femmes; que des femmes ont été prises en otage dans le cadre du conflit entre l'armée djiboutienne et le FRUD-armé; que le comité des femmes djiboutiennes contre le viol et l'impunité (le COFEDVI), créé en 1993, a recensé 246 cas de viols par des soldats, contre une vingtaine de plaintes introduites;

D.  considérant qu'aucune mission d'observation électorale de l'Union européenne n'a été invitée à observer le scrutin et que les autorités de Djibouti ont décliné la proposition de l'Union d'envoyer une mission d'experts électoraux; que la mission d'observation électorale de l'Union africaine préconise la mise en place d'une commission électorale indépendante chargée du processus électoral, y compris de l'annonce de résultats provisoires;

E.  considérant qu'Omar Elmi Khaireh, Mohamed Moussa Ali et Djama Abdourahman Djama, trois candidats de l'opposition, reprochent aux résultats électoraux d'avril 2016 leur manque de transparence et leur incapacité à traduire la volonté du peuple djiboutien; que les organisations de défense des droits de l'homme n'ont pas reconnu les résultats; que l'espace politique laissé à l'opposition demeure très étroit, et sa liberté d'expression limitée; que les forces de police et les services de sécurité exercent un contrôle étroit sur le pays, et que l'appareil judiciaire est faible et proche du gouvernement; que des responsables de l'opposition ont été constamment soumis à des peines d'emprisonnement et au harcèlement, et que des allégations de torture ont été formulées; qu'il aurait été ordonné à l'armée d'éloigner les représentants de l'opposition de certains bureaux de vote afin de pouvoir en remplir les urnes, tandis que des municipalités telles qu'Ali-Sabieh auraient été placées sous contrôle militaire; que le président Guelleh aurait organisé une fête afin de récompenser l'armée pour sa contribution à l'élection avant même l'annonce des résultats officiels; que l'Union africaine a déploré un certain nombre d'irrégularités (l'absence de registres, d'affichage des résultats et de comptage public des votes);

F.   considérant que, le 31 décembre 2015, à la suite de l'exclusion du parlement des députés d'opposition, une loi imposant l'état d'urgence introduite en novembre 2015 a servi à restreindre les libertés individuelles et à réprimer des militants de l'opposition, des défenseurs des droits de l'homme, des syndicalistes et des journalistes;

G.  considérant que, le 30 décembre 2014, l'UMP, la coalition au pouvoir, a signé un accord-cadre avec l'USN, la coalition de l'opposition, qui prévoyait une réforme de la commission électorale nationale indépendante, la création d'une commission parlementaire conjointe, et des réformes à court et à moyen termes; que la commission parlementaire conjointe a bien été créée en février 2015, mais qu'aucun des projets de loi les plus importants (comme la loi sur la création d'une commission électorale conjointe indépendante ou celle sur les droits et obligations des partis politiques) n'a été présenté; que, le 26 août 2015, les autorités djiboutiennes ont annoncé qu'elles renonçaient à réformer la commission électorale;

H.  considérant qu'il n'y a pas de stations de radio ou de chaînes de télévision privées à Djibouti, les autorités suivant de près les sites web de l'opposition et bloquant régulièrement ceux des organisations de défense des droits de l'homme ou ceux des médias sociaux; que le gouvernement est propriétaire de La Nation, le principal quotidien, ainsi que de la Radiodiffusion-Télévision de Djibouti, le radiodiffuseur national, qui pratiquent l'autocensure; qu'en 2015, Freedom House a déclaré que la presse à Djibouti n'était pas libre; que Djibouti se situe à la 170e place (sur 180) dans le classement mondial 2015 de la liberté de l'information établi par Reporters sans frontières; que, sous le gouvernement de la coalition de l'UMP, les partis et les militants de l'opposition ont fait l'objet d'une répression permanente, et de nombreux militants de partis et de journalistes, y compris un journaliste de la BBC durant la campagne électorale présidentielle de 2016, ont fait l'objet de poursuites judiciaires; considérant que, le 19 janvier 2016, le principal journal d'opposition, L'Aurore, a été fermé par décision de justice; que la commission nationale de la communication, censée être mise en place en 1993, n'a toujours pas vu le jour;

I.   considérant qu'en 2012 en particulier, la région de Mablas a connu une vague d'arrestations arbitraires de membres présumés du FRUD-armé;

J.   considérant qu'il a été allégué qu'au moins 27 personnes ont été tuées et plus de 150 ont été blessés par les autorités lors d'une manifestation culturelle à Budulgo le 21 décembre 2015, alors que le gouvernement djiboutien insiste sur le fait que le nombre de décès était limité à sept; que la police a ensuite envahi les locaux où se réunissaient les chefs de l'opposition, que certains d'entre eux ont été blessés et que deux dirigeants influents de l'opposition (Abdourahman Mohamed Guelleh, secrétaire général de l'USN et Hamoud Abdi Souldan) ont été emprisonnés, sans aucun chef d'accusation à leur encontre; que tous deux ont été libérés quelques jours avant les élections présidentielles, le premier faisant l'objet de poursuites pénales; qu'Omar Ali Ewado, dirigeant syndical et défenseur des droits de l'homme, a été placé à l'isolement du 29 décembre 2015 au 14 février 2016 pour avoir publié une liste des victimes du massacre et des personnes qui sont toujours portées disparues; que son avocat a lui aussi été placé en détention à l'aéroport; que Saïd Houssein Robleh, membre de l'opposition et secrétaire général de la Ligue djiboutienne des droits humains, a été blessé par les balles de la police djiboutienne et qu'il est actuellement en exil en Europe;

K.  considérant que les conditions de détention dans les prisons djiboutiennes sont extrêmement préoccupantes;

L.  considérant qu'à la suite des attentats terroristes du 13 novembre 2015 à Paris, le Conseil des ministres de Djibouti a adopté le 24 novembre 2015 le décret n° 2015-3016 PR/PM interdisant les rassemblements et les réunions sur la voie publique en tant que mesure de lutte contre le terrorisme;

M. considérant qu'il n'existe pas de législation contre la violence domestique et les viols conjugaux à Djibouti; que les autorités ont informé le comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) qu'elles sont conscientes des lacunes dans leurs efforts visant à lutter contre la violence fondée à caractère sexiste; que, bien qu'elles soient illégales depuis 2005, différentes formes de mutilations génitales féminines ont été effectuées sur 98 % des femmes à Djibouti;

N.  considérant que, selon la Banque mondiale, plus de 23 % des Djiboutiens vivent dans des conditions d'extrême pauvreté, tandis que 74 % d'entre eux vivent avec moins de trois dollars américains par jour; que l'insécurité alimentaire est aggravée par les prix élevés des denrées alimentaires, la pénurie d'eau, le changement climatique et la diminution des pâturages; que Djibouti est parmi les pays bénéficiaires du programme d'aide de 79 millions d'euros de l'Union en faveur des pays de la Grande Corne de l'Afrique touchés par le phénomène "El Niño";

O.  considérant que le respect des droits de l'homme, des principes démocratiques et de l'état de droit est à la base du partenariat ACP-UE et qu'il constitue l'un des éléments essentiels de l'accord de Cotonou; que l'Union devrait intensifier sans tarder le dialogue politique régulier avec Djibouti au titre de l'article 8 de l'accord de Cotonou;

P.   considérant que Djibouti bénéficie actuellement de 105 millions d'euros en fonds bilatéraux de l'Union, essentiellement pour l'eau et l'assainissement ainsi que la sécurité alimentaire et nutritionnelle, dans le cadre du programme indicatif national de l'Union au titre du 11e Fonds européen de développement; que de 2013 à 2017, Djibouti aura reçu 14 millions d'euros dans le cadre de l'initiative "Supporting Horn of Africa Resilience" (appui à la capacité de résistance de la Corne de l'Afrique), qui vise à donner aux communautés les moyens de résister à des périodes de sécheresse récurrentes;

Q.  considérant que Djibouti accueille actuellement plus de 15 000 réfugiés en provenance de Somalie et d'Érythrée et quelque 8 000 réfugiés venus du Yémen; que les femmes et les jeunes filles dans les camps de réfugiés sont exposées au risque de la violence à caractère sexiste; que la Commission apporte son soutien, notamment sous la forme de services de secours et d'aide financière aux communautés d'accueil des camps de réfugiés;
________________________________
1.   exprime son inquiétude en ce qui concerne le processus de démocratisation qui est au point mort à Djibouti, une situation aggravée par le fait que le parlement ait apporté des modifications aux dispositions de la Constitution djiboutienne sur la limitation des mandats présidentiels, tout comme par les allégations selon lesquelles des membres de l'opposition ont été harcelés et exclus de plusieurs bureaux de vote; souligne l'importance que revêtent des élections équitables, libres de toute intimidation;

2.   demande une enquête approfondie sur la transparence du processus électoral et des élections de 2016 à Djibouti; réitère l'appel lancé par l'Union pour que les résultats de chaque bureau de vote dans les élections de 2013 et de 2016 soient publiés;

3.   dénonce avec fermeté les viols qui auraient été commis par des soldats djiboutiens contre des civils et qui ont été signalés par diverses ONG, ainsi que les ont mis en évidence les grèves de la faim, et demande aux autorités djiboutiennes de mener une enquête approfondie sur les actions de l'armée en particulier et de mettre un terme à l'impunité; invite les Nations unies à enquêter sur la situation des droits de l'homme à Djibouti, en particulier la situation des femmes dans ce pays; exprime sa profonde solidarité avec les femmes djiboutiennes actuellement en grève de la faim en France et en Belgique;

4.   dénonce l'ingérence militaire et policière dans les processus démocratiques et insiste sur le fait qu'une enquête approfondie et transparente sur le processus électoral est indispensable; s'inquiète de la volonté apparente du président de célébrer prématurément la victoire lors des élections d'avril 2016; rappelle que Djibouti est un État qui est partie à la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et que l'article 16 de la Constitution djiboutienne dispose que "Nul ne sera soumis à la torture, ni à des sévices ou traitements inhumains, cruels, dégradants ou humiliants"; demande aux autorités de Djibouti d'enquêter de manière approfondie sur les allégations de torture et de mauvais traitements et de veiller à ce que les auteurs soient poursuivis et, s'il sont condamnés, punis par des sanctions appropriées, et à ce que les victimes soient indemnisées de façon appropriée; invite ces mêmes autorités à mettre en place un mécanisme indépendant chargé d'enquêter sur toute allégation de mauvaise conduite;

5.   déplore la décision des autorités djiboutiennes de renoncer à la réforme de la commission électorale nationale telle que prévue dans l'accord-cadre signé le 30 décembre 2014, et les invite instamment à collaborer étroitement avec l'opposition afin de parvenir à un processus électoral plus équitable et plus transparent;

6.   rappelle aux autorités djiboutiennes leur engagement en faveur de la protection des journalistes, au titre des lignes directrices de l'Union africaine pour les missions d'observation et de suivi des élections, condamne la façon dont les journalistes ont été traités et rappelle aux autorités djiboutiennes l'importance de la liberté de la presse et du droit à un procès équitable; exige une explication motivée de la part des autorités djiboutiennes à propos du traitement infligé aux journalistes; condamne fermement le harcèlement et l'emprisonnement sans aucune inculpation subis par des dirigeants de l'opposition, des journalistes et des militants indépendants des droits de l'homme au cours de la période précédant l'élection présidentielle; invite les autorités djiboutiennes à mettre un terme à la répression des opposants politiques et des journalistes et à libérer toutes les personnes emprisonnées pour des motifs politiques ou pour avoir exercé le droit à la liberté des médias; invite les autorités djiboutiennes à réformer la législation relative à l'état d'urgence afin de la mettre pleinement en conformité avec le droit international;

7.   condamne l'absence d'une presse indépendante à Djibouti ainsi que la surveillance et la censure de sites internet critiques envers le gouvernement; déplore la pratique de l'autocensure pratiquée par les médias étatiques; invite le gouvernement de Djibouti à accorder des licences de radiodiffusion FM à tout organisme de médias indépendants qui en fait la demande; invite le gouvernement à accorder aux journalistes étrangers un accès libre au pays pour leur permettre d'exercer leur métier en toute sécurité et de manière objective; invite le gouvernement de Djibouti à mettre en place la commission de communication nationale et à autoriser la radiodiffusion privée et indépendante;

8.   déplore les assassinats perpétrés lors de la cérémonie culturelle du 21 décembre 2015 et, partant, les détentions et les actes de harcèlement des défenseurs des droits de l'homme et des membres de l'opposition; exprime ses condoléances aux familles des victimes et exige une enquête complète et indépendante en vue d'identifier et de traduire en justice les responsables; réitère sa condamnation de la détention arbitraire et appelle au respect des droits de la défense;

9.   demande aux autorités djiboutiennes de veiller au respect des droits de l'homme reconnus par les textes nationaux et internationaux, auxquels Djibouti a souscrit, et de garantir les droits et les libertés civils et politiques, y compris le droit de manifester pacifiquement et la liberté de la presse;

10. invite instamment le gouvernement à continuer d'assurer la formation des policiers et autres agents aux fins de l'application de la loi relative à la prévention de la traite des êtres humains, à intensifier ses efforts pour traduire les trafiquants d'êtres humains en justice et à mener des actions de sensibilisation à la question de la traite des êtres humains destinées aux autorités judiciaires, législatives et administratives, à la société civile et aux organisations non gouvernementales qui opèrent dans le pays, ainsi qu'aux citoyens;

11. exige que les hommes et les femmes soient traités de manière égale devant la loi à Djibouti et rappelle aux autorités qu'elles sont partie à la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes;

12. se félicite des interventions du gouvernement de Djibouti face à la pratique généralisée des mutilations génitales féminines, mais souhaiterait que davantage de progrès soient accomplis;

13. invite les autorités à accorder aux ONG un accès aux régions d'Obock, de Tadjourah et de Dikhil;

14. demande aux autorités civiles et militaires de faire preuve de la plus grande retenue lors des opérations policières et militaires dans le nord du pays et, en particulier, de ne pas recourir à un quelconque type de violence contre les populations civiles, et de ne pas utiliser ces populations comme boucliers autour des camps militaires;

15. se déclare prêt à suivre attentivement l'évolution de la situation à Djibouti et à proposer des mesures restrictives éventuelles en cas de non-respect de l'accord de Cotonou (2000), et en particulier de ses articles 8 et 9; demande, à ce titre, à la Commission de suivre également de près la situation;

16. invite instamment le Service européen pour l'action extérieure, la Commission, ainsi que leurs partenaires, à œuvrer avec les Djiboutiens sur des réformes politiques à long terme, ce qui devrait être notamment facilité par la relation étroite qui existe déjà, compte tenu du fait que Djibouti est un élément essentiel de la lutte contre le terrorisme et la piraterie dans la région, que le pays accueille en outre une base militaire et qu'il contribue à la stabilité dans la région;

17. invite la Commission à fournir une aide supplémentaire aux organisations indépendantes et à la société civile, notamment par la publication d'un appel d'offres dès que possible dans le cadre de l'instrument européen pour la démocratie et les droits de l'homme;

18. charge son Président de transmettre la présente résolution au gouvernement djiboutien, aux institutions de l'Union africaine, à l'Autorité intergouvernementale pour le développement, à la Ligue arabe, à l'Organisation de la coopération islamique, à la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux États membres de l'Union ainsi qu'aux coprésidents de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE.



12/05/2016 (Brève 789) Parlement européen : des résolutions qui visent plusieurs Etats dont Djibouti (Communiqué de presse du 12 mai 2016)

Lien avec l'article original: http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/20160504IPR25768/Droits-de-l'homme-Crim%C3%A9e-Gambie-et-Djibouti

Le Parlement demande une enquête approfondie sur la transparence des élections d'avril 2016 à Djibouti, remportées de manière écrasante par le Président Ismaïl Omar Guelleh, réélu pour un quatrième mandat de cinq ans avec 87,1% des suffrages. Le scrutin a été critiqué par les partis d'opposition et les groupes de défense des droits, qui considèrent ce résultat comme le fruit de la répression politique.

Des élections équitables, libres de toute intimidation, sont importantes, affirment les députés, réitérant l'appel lancé par l'UE pour que les résultats de chaque bureau de vote lors des élections de 2013 et de 2016 soient publiés. Ils font remarquer que les autorités de Djibouti ont décliné la proposition de l'Union d'envoyer une mission d'experts électoraux pour observer le scrutin.

Par ailleurs, la résolution condamne les viols qui auraient été commis par des soldats djiboutiens, signalés par diverses ONG et mis en évidence par les grèves de la faim entreprises par des femmes djiboutiennes à Paris et à Bruxelles dans le but de demander une enquête internationale. Finalement, le texte dénonce l'absence d'une presse indépendante à Djibouti ainsi que la surveillance et la censure de sites internet critiques envers le gouvernement.

Procédure: résolutions non législatives

ContactsPress Officer 
COMM - PRESS



11/05/2016 (Brève 788) Des femmes Kurdes apportent leur soutien aux Djiboutiennes en grève de la faim à Bruxelles pour dénoncer les viols et l'impunité des coupables (photos)

Les Femmes kurdes solidaires de la lutte difficile que mènent depuis le 25 Avril 2016 à St Josse (Bruxelles) les Djiboutiennes contre les viols des femmes Afar par les soldats dans le Nord et le Sud Ouest du pays.

Mise à la disposition du Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité de leur bureau de la rue de deux églises et en observant une grève de la faim durant 48 heures, le 6 et le 7 mai

Femmes kurdes solidaires des Djiboutiennes en grève de la faim à Bruxelles Femmes kurdes solidaire


10/05/2016 (Brève 787) PADD / L’accord militaire et sécuritaire entre Djibouti et l’Ethiopie : lettre ouverte au premier ministre de la république démocratique fédérale d’Ethiopie

PADD

Parti Démocrate Djiboutien - PADD
Paix-Démocratie-Dignité
Case Postale 5608
1002 Lausanne – Suisse

Quartier 4 – Djibouti
Email : partidemocratedjiboutien@gmail.com
Tél : +41766740085 / +32465713055

Réf.  005/Ltr/Mai.2016

Son Excellence
Haile Mariam Dessalegn
Office of the Prime Minister
P.O. Box 1031
Addis-Ababa
Ethiopia

Objet : L’accord militaire et sécuritaire entre Djibouti et l’Ethiopie

Son Excellence,

Le Ministre djiboutien de la Défense Hassan Darar, et son homologue éthiopien Siraj Fegessa, ont signé, jeudi 28 avril 2016, "un protocole de coopération globale dans les domaines sécuritaires et militaires" entre les deux pays, selon la télévision d'Etat djiboutienne – RTD – voir ce lien : (https://youtu.be/9cXM0Q1S-iA?t=8m49s).

Cette annonce a été faite à l’issue d'une réunion de la Commission militaire mixte entre Djibouti et l'Éthiopie, qui s’est tenue jeudi, dans la capitale, Djibouti, avec la participation du chef d'état-major des forces djiboutiennes, le général Zakaria Cheikh Ibrahim, et son homologue éthiopien, le général Samora Younis.

- Le discours du général de l’armée djiboutienne, Zakaria Cheikh Ibrahim.

Dans son discours le chef d'état-major des forces djiboutiennes, le général Zakaria Cheikh Ibrahim, dit clairement : « l’armée éthiopienne va nous aider à combattre des éléments indésirables à l’intérieur du pays et nos actions conjointes ne se limiteront pas à nos frontières mais là où il y aura besoin. »

Les propos tenus par le général djiboutien sont très graves et surprenants parce qu’il déclare ouvertement que les soldats de l’armée éthiopienne en uniformes peuvent opérer librement sur le territoire djiboutien pour participer aux exactions et massacres que mènent, à certains endroits du pays, la milice de Guelleh à l’encontre de la population civile.

Que des officiers militaires censés défendre leur peuple contre les agressions de forces armées étrangères, invitent une autre armée à participer à des projets de massacre ou de génocide dans leur pays et sur les citoyens est chose vraiment inacceptable aux regards du droit international.

- Les corridors et Le motif de l’arrivé de l’armée éthiopienne à Djibouti.

Les trois principaux corridors d’accès à la mer de l’Ethiopie sont les corridors d’Assab (Erythrée), de Djibouti (Djibouti) et de Berbera (Somaliland).

Les autres ports de la sous-région, Port Soudan (Soudan), Massawa (Erythrée) ou Mombassa (Kenya) sont trop décentrés pour être utilisées régulièrement par l’Ethiopie et ne peuvent pas être considérés comme réellement compétitifs, même si de temps à autre l’Ethiopie a pu les utiliser pour y faire transiter certaines de ses importations ou exportations.

Bien que le corridor Djibouti/Addis-Abeba reste indispensable dans les temps actuels, il n’y est pas l’unique port d’usage mais tire de son rôle quasi-permanent des liens de sang, de fraternités et d’amitiés historiques. En partant du rive de la Mer-Rouge, ports de Djibouti – Zeila ou Assab, les accès commerciaux ont toujours traversé ,à environ 75% de leurs longueurs, les territoires des deux ethnies, Afar et Issa, qui peuplent Djibouti, le Nord de la Somalie, le Sud de l’Erythrée et le centre Est de l’Ethiopie.

Ceux-ci prouvent qu’aucun Afar ou Issa de Djibouti ne pensera mener des actions hostiles au fonctionnement de ces corridors parce que les premiers qui en souffriront ne sont pas les éthiopiens des plateaux du Nord de l’Éthiopie et des régions de l’Ouest et Sud mais plutôt les Afars et les Issas du centre Est de l’Ethiopie.

Dans l’accord militaire et sécuritaire signé entre Djibouti et l’Ethiopie 28 avril 2016, le président Ismaël Omar Guelleh autorise les hommes en uniformes des forces éthiopiennes à mener des actions ou des exactions contre la population djiboutienne dans notre pays.

Le corridor Djibouti/ Addis-Abeba existe depuis plus de 2 siècles et n’a jamais souffert d’aucune changement de régime, des menaces extérieurs et son plein fonctionnement n’a jamais nécessité la protection d’aucune force armée et moins l’invasion de l’armée éthiopienne sur le sol djiboutien.

La protection de l’accès commercial précité ne peut cependant justifier l’invasion du territoire djiboutien par des forces armées éthiopiennes amies et frères.

En réalité Ismaël Omar Guelleh a conclu cet ‘accord avec l’Éthiopie dans le but de protéger son régime tyrannique en vous impliquant aux affaires internes de la nation djiboutienne.

- Les risques et les conséquences au niveau national et régional.


– Au niveau national
Le peuple djiboutien en a ras le bol du régime clanico-mafieux d’Ismaël Omar Guelleh et lui a fait savoir au cours de la dernière élection présidentielle du 8 avril 2016 dont le régime djiboutien, en faisant usage des tous les moyens illégaux pour obliger la population à se rendre aux bureaux de vote, même s’il n’a réussi à mobiliser plus de 17% du corps électorale du pays.

Cela montre que le peuple djiboutien souhaite ardemment l’instauration d’une démocratie à la direction du pays et compte chasser le régime mafieux avec tous les moyens légaux qui seront à sa portée.

Mais, si les forces armées éthiopiennes participent à la répression du peuple djiboutien en tentant de protéger un régime illégitime et liberticide, Addis-Abeba sera responsable des hostilités et des conséquences inimaginables que cela engendrera entre des peuples amis, soient ceux des plateaux éthiopiens et Djiboutiens.

2 - Au niveau régional.

La présence des forces armées éthiopiennes à Djibouti empiétera sur les intérêts de plusieurs pays de la région et de la Mer-rouge au point de voir un surarmement de la région et même des possibles affrontements armées qui auront des conséquences négatifs sur les développements économiques et commerciales de deux pays, Djibouti et l’Ethiopie. Cette nouvelle situation de guerre dissuadera les peu d’investisseurs courageux, qui malgré le manque de sécurité juridique, injectent leurs argents sur nos économie.

Pour assurer la sécurité du corridor Djibouti/Addis-Abeba le Protocole fixant les conditions de stationnement des forces armées françaises sur le territoire de la République de Djibouti après l'indépendance et les principes de la coopération militaire conclue avec la France et revu en 2011, un pays neutre des visés militaires, politiques, territoriales et économiques de chacun et chacune de la région, suffit et a en plus légitimé qu’il est source de stabilité dans la région presque un demi-siècle après son ratification.

- La saisie de la ligue arabe, de l’union africaine et de l’ONU.

Pour éviter une deuxième Koweït dans le monde arabe, nous inviterons l’Union Africaine, la Ligue Arabe et l’ONU à avoir un regard particulier sur cet accord militaire entre Djibouti et l’Ethiopie.

- La position de l’Éthiopie au sujet du communiqué officiel du régime djiboutienne.

Le discours du chef d'état-major des forces djiboutiennes, le général Zakaria Cheikh Ibrahim, et certains informations que des barons du régime de Guelleh font circuler dans le pays a créé une inquiétude dans la population au point que le slogan suivant revient dans tous les discussions : « Nous ne serons pas une nouvelle Koweït, nous nous défendrons ! ».

Comme la population djiboutienne ne fait plus confiance au régime de Guelleh, la balle est dans le camp d’Addis-Abeba pour clarifier les contenus officiels de l’accord militaire en question.

En espérant que notre lettre saura attirer toute votre attention, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, en notre plus haute considération.

Président de PADD
HASSAN CHER HARED

Copies à : UA – Ligue Arabe - ONU



09/05/2016 (Brève 786) STOP AU VIOL DES FEMMES ET FILLES AFAR A DJIBOUTI /Fédération Internationale De la Diaspora Afar (FIDA) / International Federation of Afar Diaspora (FIDA).

COMMUNIQUE DE PRESSE:

Date: 3 Mai 2016

Ref: 002/FIDA/16

Fait à: Bruxelles, Belgique

Nous, FÉDÉRATION INTERNATIONALE DE LA DIASPORA  AFAR (FIDA), représentant  les organisations de la diaspora afar dans le monde, publions ce communiqué au nom des femmes et filles afar qui ne peuvent pas s’exprimer. Ces mêmes femmes afars qui ont été et continuent d’être victimes de viols systématiques et routiniers depuis longtemps à Djibouti.

Au moins 246 femmes et filles du groupe ethnique Afar ont été violées par l’armée Djiboutienne et les forces de sécurité, en particulier dans les districts au nord: Obock, Tadjourah et au sud: Dikhil. Et cela depuis que la guerre civile entre le gouvernement djiboutien et le Front de Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD) a commencé au début des années 1990. Depuis, la politique délibérée d’utilisation du viol et des violences sexuelles pour des buts politiques et militaires par le gouvernement djiboutien a été utilisée avec l’impunité la plus totale. Jusqu’à présent, personne n’a été jugé ou condamné pour ces crimes. Le nombre de victimes de viol mentionné ici correspond aux cas qui ont été rapportés, et il est certain que ce n’est que la partie immergée de l’iceberg et que les vrais chiffres sont beaucoup plus élevés.

Nous sommes profondément préoccupés par le fait que les viols et violences sexuelles pour des raisons politiques soient aussi largement répandus et continuent d’être perpétrés régulièrement dans le pays pendant que les auteurs de ces crimes bénéficient d’un haut degré d’impunité. Il est tragique que le gouvernement de Djibouti et ses agences qui ont été investis de la responsabilité de protéger ces femmes et jeunes filles sans défense et vulnérables soient eux-mêmes les principaux responsables de ces atrocités, crimes contre l’humanité et violations des droits humains. C’est clairement inacceptable et condamnable. La pratique brutale et infâme des viols systématiques est contre les lois internationales qui protègent les droits humains et contre la loi nationale du pays. Le viol a de sérieuses conséquences sur la santé des victimes (tant physique que psychologique), leur survie et développement. Ceci est à l’antipode de l’Islam, la religion d’une vaste majorité de Djiboutiens.

Nous sommes profondément inquiets et extrêmement préoccupés par le silence de la communauté internationale, des organisations pour les droits humains et en particulier des grandes puissances possédants des bases militaires à Djibouti, qui ont un meilleur accès  aux informations et qui sont donc informées sur ce qui se passe dans le pays.

Nous saluons, d’un autre côté, les efforts et actions entreprises par « Stop au viol maintenant
–une action de l’ONU contre la violence sexuelle dans les conflits et la campagne internationale pour faire cesser le viol et la violence de genre dans les conflits (http://www.stoprapeinconflict.org). Nous exprimons notre admiration et soutien à ces organisations et à d’autres qui travaillent sans relâche pour amplifier les voix des survivantes de viol (en particulier ARDHD), la presse télévisée et Radio 1 le Grand Débat, (http://africa1.com/IMG/mp3/le_grand_debat_-_29_03_16_-_pad.mp3), et mettre fin aux viols dans les conflits.

Récemment, un groupe de courageuses femmes Afar de Djibouti a lancé une grève de la faim collective à Paris et à Bruxelles pour attirer l’attention sur la détresse des femmes et filles qui sont victimes de viols systématiques, de violences sexuelles et d’harcèlement à Djibouti ; un crime commis par les forces de sécurité et l’armée du pays en toute impunité.

Le groupe de 10 femmes qui ont commencé la grève de la faim le 25 mars 2016 sont restées inébranlables dans leur détermination à faire entendre leurs voix même quand leur santé physique devenait extrêmement préoccupante. Deux d’entre elles avaient déjà été admises  à l’hôpital après une fragilisation de leurs conditions de santé, Ouma après 18 jours et Fafi après 15 jours en grève de la faim. Après un total de 19 jours de grève de la faim à Paris, le groupe a décidé d’organiser une grève de la faim similaire à Bruxelles. La grève de la faim à Bruxelles se poursuit à l’heure de publier ce communiqué.

Selon Mme Aicha Dabale, la porte-parole du groupe et pour le mouvement de lobbying basé en France Femmes solidaires, personne à l’intérieur du pays n’ose dénoncer ce crime par crainte de représailles de la part du gouvernement; et c’est pourquoi le groupe a lancé une grève de la faim collective à Paris et Bruxelles, afin d’attirer l’attention sur cette question. Pour plus d’informations, voir ce lien : http://www.loubakdongolo.com/jibouti/hunger-strike- day-10-one-of-the-djiboutian-women-striker-admitted-to-hospital-on-day-10.

Nous, la Fédération Internationale de la Diaspora Afar (FIDA), saluons l’action entreprise par ces femmes courageuses à Paris et Bruxelles pour dénoncer les viols organisés par le régime djiboutien et ciblant les femmes et filles Afar et exprimons notre solidarité avec elles.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté le caractère systématique et largement répandu du viol et des violences sexuelles en toute impunité contre les femmes et filles afar innocentes à Djibouti.

Nous exigeons que le gouvernement djiboutien cesse sans délai cette politique d’utilisation du viol et des violences sexuelles comme une arme contre le groupe ethnique des Afar et démontre son sérieux en amenant devant la justice les auteurs de ces exactions pour que cesse la culture de l’impunité dans le viol.

Nous appelons la communauté internationale et les organisations humanitaires à prendre des mesures concrètes pour soutenir les survivantes des viols systématiques à Djibouti. Le gouvernement djiboutien, qui porte la responsabilité première de protéger les victimes de violence y compris de viol, a non seulement failli à remplir ses obligations constitutionnelles et à respecter les droits humains de ses citoyens, mais est également la force principale derrière ces crimes. Nous appelons la communauté internationale et les organisations pour les droits humains à travailler activement pour que ces faits arrivent devant la Cour Pénale Internationale (ICC – CPI). Il existe déjà une abondance de preuves de violations flagrantes des droits humains et qui relèvent de crimes contre l’humanité commis par le gouvernement djiboutien contre le groupe ethnique des Afar et ceux et celles qui élèvent leurs voix pour demander un changement démocratique dans le pays.



09/05/2016 (Brève 784) Rwanda/France : 22 ans après : deuxième procès en France de Rwandais accusés de génocide / Communiqué collectif FIDH, LDH, CPCR, Survie, LICRA, l’Association CRF et l’ensemble des parties civiles.

Communiqué
Lien avec le communiqué sur le site de SURVIE : http://survie.org/genocide/nos-actions-en-justice/article/rwanda-france-22-ans-apres-5108

Paris, le 9 mai 2016

Le 10 mai 2016 le procès de Octavien Ngenzi et Tito Barahirwa s’ouvrira devant la Cour d’assises de Paris.

Durant ce procès – le deuxième d’une longue série de procédures judiciaires ouvertes contre des ressortissants rwandais installés en France – Octavien Ngenzi et Tito Barahirwa, tous les deux anciens bourgmestres de la commune de Kabarondo au sud-est du Rwanda durant le génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda, en 1994, seront jugés pour génocide et crime contre l’humanité.

« Nous nous félicitons de l’ouverture de ce procès, qui marque, deux ans après celui de Pascal Simbikangwa, une nouvelle étape importante dans la lutte contre l’impunité des auteurs du génocide commis contre les Tutsis au Rwanda au cours duquel sont mortes près d’un million de personnes  » ont déclaré l’ensemble des parties civiles, personnes physiques et associations (FIDH, LDH, CPCR, Survie, LICRA et Association CRF).

Les parties civiles ont cependant appris avec une grande inquiétude le retrait subit de la représentante du Parquet du pôle spécialisé crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre du Tribunal de grande instance de Paris, qui ne soutiendra donc pas l’accusation aux côtés de l’Avocat général, comme cela avait été le cas lors du précédent procès de 2014.


Les parties civiles rappellent que ce pôle a vocation à répondre au besoin de spécialisation des magistrats ayant à poursuivre et instruire ce type de crimes, en raison de leur complexité et des nombreux éléments d’extranéité qui entourent leur perpétration.


« Nous nous interrogeons sur les raisons d’une telle situation dont nous espérons qu’elle ne marque pas un changement d’orientation du parquet dont les réquisitions écrites ont grandement contribué au renvoi des accusés devant la Cour d’Assises. Nous souhaitons que la bonne administration de la justice ne s’en trouve pas affectée et que toutes les conditions d’un procès équitable et exemplaire restent réunies dans l’exercice normal du rôle et des prérogatives de chacun de ses acteurs » ont déclaré les parties civiles.
- - - -

Communiqué commun de FIDH, LDH, CPCR, Survie, LICRA, l’Association CRF et l’ensemble des parties civiles.



06/05/2016 (Brève 783) L'Armée chinoise à Djibouti : les prévisions d'effectif passeraient très rapidement de 10.000 à 20.000 hommes sur place ? (Selon LOI)

Selon LOI, les Chinois n'apprécieraient pas que Djibouti peine à rembourser les crédits qu'ils lui ont consentis. (Notons que les Chinois ont endetté Djibouti sur un quart de siècle environ en forçant le régime à investir dans des travaux gigantesques : voie ferrée, nouveaux aéroports en pleine nature, ...)

En contrepartie, ils voudraient implanter 20.000 hommes au lieu des 10.000 prévus fin 2015, dont 5.000 à Djibouti-ville et le reste à Obbock.

Qui peut imaginer aujourd'hui que Guelleh soit capable d'assurer le remboursement des énormes prêts chinois ? Pas grand monde ! Alors les Chinois vont-ils exiger le paiement en acquérant progressivement tout le territoire : nous n'en sommes probablement déjà pas très éloignés !!!



06/05/2016 (Brève 782) Les frais du procés intenté par IOG à son ancien ami (pour vengeance personnelle ??) pourraient coûter 10% environ du budget national, alors que le pays peine à rembourser les crédits aux Chinois (voir article suivant) Selon LOI, une information confirmée par d'autres supports (comme Modern Ghana)

Lien avec Modern Ghana (En Anglais) : http://www.modernghana.com/news/690021/djibouti-vendetta-getting-costlier.html

D'après LOI, Djibouti aurait déjà versé 65 millions US$ aux avocats engagés pour le représenter devant la justice britannique, plus environ 20 millions US$ en faveur de M. Boreh. Sachant que le budget djiboutien tourne autour de 740 millions d'US$, 85 millions (65 + 20) représenteraient environ 13 % du budget djiboutien. (Modern Ghana estime à 90 millions US$ le montant total de la facture.

Et chacun pourra imaginer que cette somme sera payée par les Djiboutiens et non par Guelleh qui avait pourtant intenté ce procès pour satisfaire sa vengeance personnelle vis à vis de son ancien ami "de trente ans' ...

A ces sommes, il conviendra de prendre en compte les demandes qui pourraient être déposées par DP World pour préjudice et diffamation !!!

Dites merci, Mesdames et Messieurs les Djiboutiens à M. Guelleh ! Il s'enrichit sur votre dos et en plus il jette votre argent "par dessus bord", en frais de justice inutiles !!!

Pas grave pour lui tant que vous payez à sa place !!



05/05/2016 (Brève 781) LDDH / Communiqué / LDDH : Comparution en appel de sept personnalités (deux politiques et cinq responsables de la société civile relaxés en première instance) suite à une décision du parquet d'interjetr appel

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Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Djibouti, le 5 Mai 2016

COMMUNIQUE DE PRESSE

Selon les informations recueillies par le LDDH les 7 personnes (les deux politiques et les cinq responsables de la société civile) ont comparu devant la Chambre d’Accusation de Djibouti, le 5 Mai 2016,car le Parquet Général avait interjeté l’appel de la décision de non lieu dont ils avaient bénéficiée.

Comme il est d’usage à Djibouti la Cour a reporté cette affaire pour le jeudi 12 Mai 2016 et cela pourrait se prolonger indéfiniment.

Sachant qu’Abdourahman Mohamed Guelleh est malade et que son état sanitaire nécessite une évacuation à l’étranger dans une structure adaptée.

Et les reports répétitifs pourraient donc avoir des répercussions néfastes sur la santé de Monsieur Abdourahman.

Il en est de même pour le Docteur Hamoud Abdi Soultan qui porte encore une balle logée dans son avant bras gauche depuis le 21 décembre 2015.

Monsieur Hamoud compte se faire soigner à l’étranger mais il est frappé de la même mesure d’interdiction de quitter le pays comme son ami TX.

Arrêtés et incarcérés arbitrairement
puis contraints de signer chaque semaine leur présence dans le pays au tribunal ; tous les sept avaient obtenu un NON LIEU du juge d’instruction en charge du dossier mais de nouveau ils sont dans le collimateur du Parquet et l’acharnement a repris à leur rencontre sans aucune explication depuis qu’Abdourahman Mohamed Guelleh a voulu se rendre à l’étranger pour des raisons de santé.

La LDDH s’inquiète que des mesures intempestives de la justice Djiboutienne aient des graves répercussions sur la santé des deux responsables politiques de l’opposition.


Enfin, la LDDH demande aux autorités en place à Djibouti de permettre aux personnes malades le droit de se rendre à l’étranger pour des raisons médicales.

Pour la LDDH
Le Président
OMAR ALI EWADO



05/05/2016 (Brève 780) Le soir (BE) Des viols au Djibouti, une grève de la faim à Bruxelles

Lien avec l'article (consultation payante) : http://plus.lesoir.be/38879/article/2016-05-04/des-viols-au-djibouti-une-greve-de-la-faim-bruxelles

- La chambre est calme.
Enroulées dans leurs couvertures, les dix grévistes de la faim économisent leurs forces. Elles ne bougent presque pas. A peine suivent-elles du regard les quelques visiteurs qui pénètrent de temps à autre dans leur campement de matelas et couettes colorées. « Le médecin passe tous les deux jours, explique Aicha Dabale, la porte-parole. A partir de ce mercredi, quand cela fera dix jours, il viendra quotidiennement. Pour l’instant, tout va bien. Nous avons choisi des jeunes filles en bonne santé. Deux d’entre elles sont un peu plus fatiguées que les autres. Mais leur volonté est intacte ! »

- « Violée puis brûlée vive »
Les dix grévistes font partie du « Comité des femmes djiboutiennes contre le viol et l’impunité ». Un collectif d’abord créé au pays, puis en France, et qui compte depuis quelques années une branche belge. « En 1992, un cas de viol particulièrement odieux a déclenché le mouvement : une mère de famille nombreuse a été violée par des soldats puis brûlée vive pour ne pas qu’elle témoigne, raconte Aicha Dabale. Le comité au Djibouti a été créé en 93. Ce sont elles, les militantes les plus importantes : elles travaillent clandestinement sur le terrain, en risquant l’emprisonnement et les tortures. Elles recensent les cas de viol et nous les font parvenir pour que nous soyons informées. »

C’est que les viols continuent, dans ce petit pays de moins d’un million d’habitants, situé dans la Corne de l’Afrique. « En mars dernier, on nous a à nouveau informées de trois viols, pointe Aicha. L’impunité des soldats les encourage ! » Dirigée par un président, Ismaïl Omar Guelleh, qui vient d’être « réélu » à 87 %, la République du Djibouti réprime toute opposition. « C’est un pays liberticide, où les droits humains sont bafoués ; les journalistes, les syndicats et les opposants emprisonnés, torturés… » 

Et où les soldats gouvernementaux violent les femmes pour terroriser les populations.

Il suffit qu’un frère, un père, ou une simple connaissance soit considéré par le régime comme opposant et les femmes sont violées par les forces armées, explique encore la militante. Les militaires ne sont jamais poursuivis et les avocats, comme les médecins, préfèrent s’abstenir de déposer des plaintes ou de délivrer des attestations pour viol, sachant qu’ils prennent le risque que le gouvernement ferme leur cabinet illico. Si quelques plaintes et jugements pour viol ont déjà été rendus dans le pays, les soldats, eux, ne sont jamais inquiétés.

- « Côtoyer leurs bourreaux tous les jours »

Dans les jeunes femmes présentes dans ce local de Saint-Josse, qui carburent uniquement à l’eau et au thé sucré, une femme légèrement handicapée, sourde-muette, a été violée à l’âge de 17 ans. Si elle ne jeûne pas, elle ne cesse de prendre les visiteurs en photo, insistant pour que chacun d’entre eux prenne la pose avec le panneau «  #StopViolDjibouti  ».

Toutes ici ont connu une amie, une cousine, une connaissance de son village d’origine qui a été victime de viol par les forces gouvernementales. C’est ce qui les porte dans leur combat. Une des grévistes, très fatiguée, raconte du bout des lèvres qu’une amie de son village a été violée par trois soldats. « C’était une simple bergère, qui gardait ses chèvres et ses moutons, s’emporte Aicha. Trop de femmes sont détruites ! Pour empêcher toute reconstruction, les viols se font souvent devant les parents, les familles, parfois les enfants. Et ensuite, les victimes doivent côtoyer tous les jours leurs bourreaux ! Sans parler des viols sur des très jeunes filles… Sachant qu’au Djibouti presque 100 % des filles sont incisées et infibulées. Vous imaginez une gamine de 14 ans, excisée et cousue, qui se fait violer par trois militaires ? »

- « Silence complice »
Mais pourquoi entamer une grève de la faim, ici, en Belgique ? En réalité, le Djibouti est surtout une base militaire stratégique. Ainsi, la France y est implantée depuis des décennies (c’est la mission sur place la plus importante, aux alentours de 3.000 militaires), les Etats-Unis y sont présents dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le Japon pour les réseaux pirates maritimes. La Belgique devrait y envoyer quelque 160 militaires. « Il y a un vrai silence complice de la communauté internationale, dénonce la porte-parole du mouvement. Les Américains viennent pour s’entraîner au Djibouti, les Français sont présents en nombre. Comment pourraient-ils ne pas entendre les cris des femmes ? Nous avons tout essayé. Cela fait plus de 20 ans maintenant qu’en France, en Europe, on interpelle des députés, on introduit des questions écrites, etc. Il faut que des femmes mettent leur santé en danger pour que l’on nous entende. »

Les militantes dénoncent également l’argent que verse la communauté internationale au Djibouti, sans conditions. Le comité réclame une enquête internationale, ainsi que la reconnaissance de ces viols comme crimes de guerre et des jugements et condamnations pour les soldats. En France, le comité français a initié une grève de la faim il y a plusieurs semaines. Elle a pris fin après 19 jours et s’est soldée par un engagement de la diplomatie française à mettre la question des droits des femmes et des viols sur la table à chaque rencontre bilatérale entre les deux pays. Un comité de « suivi » s’est mis en place.

Les grévistes de Saint-Josse espèrent beaucoup de la Belgique, qui, pensent-elles, doit être « plus libre » que la France, puisque cette dernière a davantage d’intérêts en jeu. Elles ont déjà reçu la visite des députés européens Louis Michel et Marie Arena, qui se sont engagés à déposer un projet de résolution. Des députés bruxellois se sont aussi présentés.

Dans l’entrée du 126, rue des deux églises à Saint-Josse (local des « femmes socialistes kurdes » qui accueillent les grévistes), plusieurs hommes prennent un café. Camille a lui aussi fui le Djibouti : « En tant qu’hommes, on n’en parlait pas beaucoup. C’est vrai qu’on parlait surtout des tortures, des emprisonnements des opposants… Même les femmes en parlaient peu, il y a encore des tabous, des pressions dans les familles. Mea culpa. Maintenant, on est là aussi. »

APPEL AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AUX FEMMES VICTIMES DE VIOLS EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
Devant l'Ambassade de Djibouti à Bruxelles :
Avenue Franklin Roosevelt, 204 - 1050 Bruxelles

le 7 mai 2016 de 16h à 18h



05/05/2016 (Brève 779) Communiqué du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique / Congo-Brazzaville, Djibouti, Tchad : le cercle vicieux des processus électoraux sans démocratie (Signé pour Djibouti par l'ARDHD, l'USN et le MRD)

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congo-brazzaville-djibouti- tchad-le-cercle-vicieux-des-processus-
electoraux-sans-democratie/

Lire le communiqué en intégralité en PDF : http://www.ardhd.org/collectif/r0505_communiqué_elections..pdf

Les chefs d’Etat tchadien, Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 26 ans, congolais, Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 32 ans[1], djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 17 ans, avec sa famille depuis 39 ans, ont été « réélus », « sans surprise », au premier tour, selon les versions officielles. Vingt-six ans après la fin de la guerre froide et l’introduction du multipartisme, il reste convenu de faire comme si l’organisation d’élections était un critère suffisant de démocratie en se contentant d’émettre quelques réserves[2].

Ces trois chefs d’Etat n’ont pas été « réélus », et ils n’avaient d’ailleurs jamais été « élus » véritablement. Les régimes issus des partis uniques des années 80 se sont maintenus. En 2016 encore, les processus électoraux ont été détournés, comme les précédents. Le traitement de l’information au niveau international semble aussi « sans surprise », faute de considération pour les processus électoraux d’un point de vue technique. Les élections en dictature en Afrique sont toujours présentées selon la version de la communication officielle des Etats, en introduisant une seconde version apparemment dialectique mais reléguée au second rang, comme si en Afrique, la réalité du vote des électeurs, n’existait pas[3].

La nature du régime détermine la crédibilité du processus électoral[4] . Mascarades électorales et dictature sont liées, comme processus électoraux corrects et démocratie sont liés. Il ne s’observe pas de présidentielles correctes en ‘dictature’, sans une ‘transition vers la démocratie’ préalable. Deux exceptions en 25 ans en Afrique, deux cas d’alternances acceptées par des ‘dictateurs’, le 7 décembre 2000 au Ghana, et, le 27 décembre 2002 au Kenya, le confirment. L’absence de processus électoraux corrects, entre autres, définit la dictature : si une élection correcte était organisée, le régime tomberait, sans pouvoir survivre à une alternance. La qualité des processus électoraux dépend beaucoup plus de la nature des régimes, que des données observables sur ces processus électoraux, mais, l’essentiel de ces processus électoraux se joue aussi en amont des scrutins en fonction du contexte. L’inversion finale du résultat d’une élection est la conséquence de l’ensemble d’un processus détourné.

Bien que la nature du régime, si elle est non-démocratique, ne permette pas en pratique d’atteindre une qualité de processus électoraux suffisante pour générer des alternances, la qualité partielle des processus électoraux détermine la suite d’un processus de démocratisation et l’évolution d’un équilibre de l’Etat de droit. Par exemple, la manière d’inverser le résultat de présidentielle, peut déterminer en partie le déroulement de législatives et un futur équilibre entre partis d’opposition. Un progrès dans la qualité des processus électoraux reste essentiel même en l’absence d’alternance. A ce niveau, les trois présidentielles affichent plus de régression que de progrès.

La qualité d’un processus électoral dépend de la nature du régime, d’un historique, du contexte et se juge en fonction de sa réalisation pratique, selon des étapes. Le 24 avril 2016, a eu aussi lieu en Guinée Équatoriale, un autre scrutin dans un contexte non-démocratique et ce scrutin a été boycotté par toutes les oppositions réelles, au contraire du boycott partiel qui a eu lieu à Djibouti. Le processus électoral équato-guinéen est en dessous de toute norme démocratique et ne donne pas lieu à interprétation sur une quelconque crédibilité[5] . Les processus électoraux congolais, djiboutiens et tchadiens font, eux, l’objet d’une prise en compte dialectique.

Ces trois processus électoraux comportent des irrégularités qui participent à la modification de résultat final. Ils comportent un point commun principal, le trucage des résultats du premier tour, pour placer le président sortant au-dessus de 50%. Les présidents habitués des élections fraudés ne supportent pas les seconds tours qui risqueraient de les mettre face au regard des media et diplomates internationaux et face à la possibilité d’une normalisation du processus électoral[6] .

En République du Congo, quatre jours après le scrutin du 20 mars, la nuit, le ministère de l’intérieur a indiqué un chiffre, 60,39%, qui n’était pas basé sur un comptage vérifiable. Internet a été coupé et tout a été fait pour empêcher l’opposition de rassembler les chiffres basés sur les Procès verbaux, ce que la Coordination des Plateformes IDF et FROCAD a pu faire uniquement avec 80% des procès verbaux le 2 avril, indiquant un résultat où Denis Sassou Nguesso est éliminé au premier tour[7] . Le 4 avril, la Cour constitutionnelle a donné un chiffre 60,19% sans preuve supplémentaire. En réalité, un résultat inversé a été imposé militairement, comme le résultat du référendum d’octobre 2015.

Au Tchad, après le premier tout le 10 avril, le 22 avril, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a annoncé un score de 61,56% au premier tour pour Idriss Déby confirmé à 59,92% le 4 mai par la Conseil constitutionnel. Selon les candidats de l’opposition, un maximum de fraudes se sont déroulées dans les régions du Nord: «disparition (puis bourrage) de centaines d’urnes et de milliers de procès-verbaux (puis trucage), … trafic de cartes d’électeurs »[8] qui s’ajoutent aux défauts du fichier électoral contenant mineurs et étrangers[9] . Dans les régions du Nord[10] , les délégués de l’opposition ont été chassés par les militaires et le MPS. Les scores y ont été montés entre 92 et 95% malgré l’évidence de la défaite d’Idriss Déby dans certaines villes et régions. Au Sud, la population et les partis ont, en partie, réussi à empêcher les fraudes.

Le 29 avril, 5 candidats d’opposition parmi les principaux[11] ont annoncé des résultats nationaux à partir des Procès verbaux dans 9 régions[12]  : « Saleh Kebzabo (UNDR) : 33,15%, Laoukein Kourayo Mbaiherem (CTPD) : 25,82 %, Mahamat Ahmad Alhabo (PLD) : 14,89%, Idriss Deby Itno du MPS : 10,10 % », en précisant que si Idriss Déby avait 100% dans les 13 régions du Nord, alors en fonction des Procès verbaux au Sud, son score ne serait au maximum que de 42,12%[13] . Malgré de légers progrès dans le processus électoral, au niveau du fichier électoral, le processus électoral reste hors des normes démocratiques. Les cinq candidats ont en vain demandé l’annulation du vote au Conseil constitutionnel.
___________________________________ DJIBOUTI
A Djibouti, le processus électoral avait été en amont presque détruit avec la mise à mort de l’Accord cadre dans l’attaque violente de l’opposition le 21 décembre 2016[14] . La coalition Union pour le Salut National (USN) empêchée de participer sous sa forme solidifiée lors des législatives de 2013 s’est divisée entre partisans du boycott et partisans d’une participation. Les législatives au niveau des Procès verbaux avaient indiqué un faible électorat du président Guelleh. Le premier résultat de 86,68% puis le résultat indiqué par la Cour constitutionnelle de 87,07% pour le président sortant correspond à des Procès Verbaux falsifiés lors de dépouillement sans témoin d’opposition[15] .

Des procès verbaux ont été montrés à la télévision sans les signatures. Pour 42 bureaux de votes sur les 307 dont les Procès verbaux ont été publiés sur le site de la Radiodiffusion Télévision de Djibouti (RTD)[16] , il apparait 100 % de taux de participation, 100% de suffrages exprimés et 100 % de votes pour Ismail Omar Guelleh. La compilation de faux résultats n’a pas de valeur et rien ne garantit qu’Ismail Omar Guelleh ait obtenu 50% au premier tour. Pour l’essentiel, le processus électoral a été totalement en dehors des normes, très marqué par la répression de l’opposition, et n’a aucune valeur démocratique.

La Mission d’observation de l’Union africaine a « salué la République de Djibouti pour la bonne tenue de ce scrutin qu’elle juge inclusif, libre et suffisamment transparent pour être considéré comme le reflet crédible de la volonté du peuple djiboutien »[17] , affichant une nouvelle fois une complicité avec les mascarades électorales des dictatures. Les recommandations intéressantes en théorie et qui ne seront a priori pas suivies d’effets, renvoient vers un cercle vicieux. En outre, les réactions internationales timides, dont celles de l’Union européenne[18] , ont rappelé la priorité mise sur l’utilisation du pays comme un lieu pour des bases militaires. Au Tchad, la mission d’observation de l’Ua a publié le 12 avril un rapport préliminaire aux conclusions plus nuancées alors que les résultats n’étaient pas encore annoncés[19] .

____________________________________________
Le processus de démocratisation du continent africain, démarré en 1990, est globalement bloqué depuis 2005[20] . Suite aux derniers scrutins, l’année 2016, avec 15 présidentielles et 13 législatives en Afrique[21] est mal engagée et pourrait n’apporter aucun progrès dans ce processus. En 2016, huit élections de présidents sur 16[22] s’organisent en dehors des règles du jeu démocratique. L’année 2016 renvoie à l’année 2011 qui a compté 30 présidentielles et législatives. La qualité des processus électoraux n’a pas progressé de manière visible depuis cette date, malgré les efforts des démocrates[23]  : en 5 ans, les présidents inamovibles en place depuis la guerre froide ont progressé dans leur maîtrise d’une démocratie factice. Sans scrupules dans l’utilisation de la force, ils gardent une marge de manœuvre pour manipuler les processus électoraux.

Personne n’est dupe, ni les populations, ni les observateurs qui dépendent des accords des chefs d’Etat pour proposer leurs services. Les missions d’observations internationales techniques qui essayent de réformer les processus électoraux en dictature bloquent sur le refus de démocratiser des dirigeants. La concomitance des 4 scrutins met également en exergue un échec de la politique européenne dans le soutien de la démocratisation des pays africains associé à l’utilisation de l’aide européenne[24] . Le soutien réel de la démocratie en Afrique nécessiterait une action politique beaucoup plus ferme autour de la technique des processus électoraux. A plus long terme, le devenir de la relation entre l’Europe et l’Afrique en dépend.
Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique,
Paris, 4 mai 2016

13 signataires
 : Forces vives tchadiennes en exil, Rassemblement National Républicain (RNR), Union pour le Salut National (USN), Mouvement pour le Renouveau Démocratique (MRD, Djibouti), Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD), Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD, Congo Brazzaville), Mouvement pour la Restauration Démocratique en Guinée Equatoriale (MRD), Alliance Nationale pour le Changement Ile-de-France (ANC-IDF, Togo), Union des Populations du Cameroun (UPC), Réagir (Gabon), Afriques en lutte, Parti de Gauche, Europe Ecologie les Verts (EELV).

[1] Et depuis 1979, 32 ans en tenons compte de l’alternance entre 1992 et 1997 avant la guerre de reconquête du pouvoir par Sassou.

[2] Voir aussi Barack Obama devant l’Ua le 27.7.15 : «  La démocratie n’est pas seulement la tenue d’élections », http://www.jeuneafrique.com/251355/politique/barack-obama-
ethiopie-points-cles-de-discours-historique-siege-de-lunion-africaine/


[3] Les journalistes, en particulier français, donnent souvent l’impression d’être influencés par les positions de leur gouvernement. En France, l’AFP et RFI étatiques jouent un grand rôle dans le traitement de l’information électorale en Afrique.

[4] 30.3.16, Régis Marzin, https://regardexcentrique.wordpress.com/2016/03/30
/apres-26-ans-de-democratisation-dictature-et-democratie-bientot-a-lequilibre-en-afrique/


[5] Le résultat de 93,7% en 2016 ressemble aux précédents 1996 : 97.85%, 2002 : 97.06%, 2009 : 95,76%, https://electionsafrique.wordpress.com/2016/04/20/guinee-equatoriale-lettre-ouverte-
a-ue-et-aux-gouvernements-francais-espagnol-et-americain/


[6] En 2011, en RDC, Joseph Kabila a été accusé d’avoir corrompu les députés pour passer la présidentielle à un tour.

[7] Guy Brice Parfait Kolélas 30,1% et Jean Marie Michel Mokoko 28,6%, https://www.facebook.com/CharlesZBowao/photos/pcb.1608390336153458/
1608390179486807/?type=3&theater


[8] http://www.liberation.fr/planete/2016/04/22/tchad-idriss-deby-reelu-pour-un-5e-mandat-
sans-surprise_1447858
, Communiqué PLD 27.4.16 : http://www.makaila.fr/2016/04/tchad
-le-pld-appelle-a-la-resistance-toute-forme-d-oppression.html


[9] https://electionsafrique.wordpress.com/2016/04/04/tchad-aporie-
geopolitique-et-silence-international-avant-la-presidentielle/


[10] sauf dans la région du Ouaddaï qui a voté massivement PLD mais ou le score de la CENI de Déby est pourtant donné à 92%.

[11] 5 parmi les 6 candidats unis après la présidentielle : Laoukein Kourayo Médard, Joseph Djimrangar Dadnadji, Gali Ngothé Gatta, Saleh Kebzabo, Mahamat Ahmat Alhabo et Brice Mbaïmon Guedmbaye

[12] http://www.tchadactuel.com/?p=13933, http://www.makaila.fr/2016/04/
idriss-deby-a-perdu-au-tchad-voici-les-vrais-resultats-electoraux-donnes-
par-les-candidats.html


[13] 35,62% + 10,1%(1-0,3562) = 42,12% où 35,62% est le pourcentage d’électorat du Nord et 10,1% le pourcentage de votes de Déby au Sud, le communiqué des 5 candidats indique lui 45,72%.

[14] https://electionsafrique.wordpress.com/2016/04/04/djibouti-terreur-
electorale-a-lombre-des-bases-militaires-et-dans-lindifference-internationale/


[15] Rapport LDDH 13.4.16 : http://www.ardhd.org/info.asp#article_16587, et rapport UA, http://au.int/en/sites/default/files/newsevents/reports/27519-rp-conclusions_preliminaires_de_la_moeua_en_republique_de_djibouti.pdf

[16] La page web a ensuite été supprimée du site de la RTD, de même que la page de la première annonce du Ministre de l’intérieur.

[17] Contredisant ses propres critique, http://au.int/en/sites
/default/files/newsevents/
reports/27519-rp-conclusions_preliminaires_de_la_moeua_en_republique_de_djibouti.pdf


[18] 12 avril, http://eeas.europa.eu/statements-eeas/2016/160412_02_en.htm

[19] « Dans l’ensemble, l’élection présidentielle a donné l’occasion aux citoyens de choisir librement leurs dirigeants. … Elle (l’élection) constitue une étape importante du processus de normalisation de la vie politique tchadienne. Dans cette phase cruciale du processus de remontée et de centralisation des résultats, la Mission exhorte la CENI à faire preuve d’encore plus de professionnalisme et de transparence, afin que les résultats provisoires qui seront rendus publics soient effectivement l’expression de la volonté des Tchadiennes et des Tchadiens. … La Mission invite les candidats à respecter le verdict des urnes et à utiliser les voies légales en cas de contestation éventuelle des résultats. » http://www.au.int/en/sites/default/files/pressreleases/28815-pr-moeua_en_republique_du_tchad_declaration_preliminaire_-_avril_2016.pdf

[20] 30.3.16, Régis Marzin, https://regardexcentrique.wordpress.com/2016/03/30/
apres-26-ans-de-democratisation-dictature-et-democratie-bientot-a-lequilibre-en-afrique/


[21] Avec 2 présidents élus par un parlement, Synthèse agenda des élections en Afrique 54 pays 2015-2016 : https://regardexcentrique.files.wordpress.com/2012/08/ 151203syntheseagendalectionsafrique2015-
2016limitationnombremandats.pdf


[22] 15 présidentielles et une élection par un parlement,

[23] Régis Marzin, 30.3.16, 6.3.3, Prévision de la qualité des processus électoraux en 2016, https://regardexcentrique.wordpress.com/2016/03/30/apres-26-ans-de-
democratisation-dictature-et-democratie-bientot-a-lequilibre-en-afrique/


[24] 9 propositions à l’Ue pour soutenir la démocratisation en Afrique, https://electionsafrique.wordpress.com/2015/02/24/19/

[25] http://www.liberation.fr/planete/2016/04/22/tchad-idriss-deby-reelu-pour-un-5e-mandat-sans-surprise_1447858

[26] http://www.rfi.fr/afrique/20160422-tchad-opposition-conteste-resultats-
idriss-deby-itno-president-nord-politique


[27] http://www.rfi.fr/afrique/20160423-
tchad-internet-telephonie-mobile-perturbes
-reseaux-sociaux



03/05/2016 (Brève 778) Comité des Femmes Djiboutiennes Contre les Viols et l’Impunité / APPEL AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AUX FEMMES VICTIMES DE VIOLS EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI - Bruxelles, le 7 mai 2016 de 16h à 18h

Comité des Femmes Djiboutiennes Contre les Viols et l’Impunité

djiboutiennes-contrelimpunite@hotmail.fr

Tél : 0465 48 00 45 ou 0465 12 35 63

# stopvioldjibouti - Non à l’impunité 

APPEL AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AUX FEMMES VICTIMES DE VIOLS EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
Devant l'Ambassade de Djibouti à Bruxelles :
Avenue Franklin Roosevelt, 204 - 1050 Bruxelles

le 7 mai 2016 de 16h à 18h

 

Pour dénoncer les viols des Femmes  Afar  par des soldats djiboutiens  qui continuent dans l’impunité totale depuis septembre 1993, dans le Nord et le Sud-Ouest du pays, 10 femmes de Djibouti ont cessé de s’alimenter depuis le 25 Avril à St Joss dans la continuité des actions menées à Arcueil (France)

Elles entendent protester  contre ces violences et briser le mur de silence érigé  autour des viols. Ces crimes se déroulent à quelques kilomètres des bases militaires française, américaine, nippone et chinoise.  

A Djibouti comme dans d'autres régions d'Afrique et du monde, le viol est utilisé comme une arme de guerre, visant à détruire l'identité des communautés. L'impunité érigée en système en République de Djibouti rend impossible toute reconstruction pour ces femmes.  

Depuis le début de la guerre civile en 1991, des centaines de femmes Afars ont été violées par l’armée gouvernementale à Djibouti. Ces femmes gardent pour beaucoup d’entre elles des séquelles physiques. Elles sont toutes marquées à vie dans leur corps, leur dignité, leur conscience.   

Malgré la répression et la honte qu’elles éprouvent, certaines victimes ont eu le courage de porter plainte. Aucune plainte n'a pu aboutir jusqu'à ce jour. 

Cette grève de faim se déroule dans un contexte politique très tendu, avec une terrible répression et de nombreux accrochages entre le FRUD et l’armée : massacre de Bulduqo, arrestations arbitraires des civils, deux personnes sont décédées sous la torture en février 2016, et toujours les viols des femmes (derniers cas de viols en mars à Margoïta)
   
Le Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l'Impunité lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle condamne les viols des femmes djiboutiennes et l’impunité de ces crimes.  

Nous exigeons :   

  • La reconnaissance de ces viols comme crimes de guerre
  • L’ouverture d’une enquête internationale sur toutes les exactions à l’encontre des femmes en République de Djibouti
  • Le jugement des soldats coupables des viols
  • Le respect des conventions régionales et internationales ratifié par Djibouti dont le CEDAW   

Fait à Bruxelles, Le 2 Mai, 2016



03/05/2016 (Brève 777) Le VIF (Bel) Saint-Josse: des Djiboutiennes en grève de la faim contre des viols commis par l'armée (Par Axelle Verstraeten)

Lien avec l'article original : http://www.levif.be/actualite/belgique/saint-josse-des-djiboutiennes-en-greve-de-la-faim-contre-des-viols-commis-par-l-armee/article-normal-496257.html?utm_content=buffer9928d&utm_
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Depuis une semaine, dix jeunes femmes originaires de Djibouti ont entamé une grève de la faim à la Maison du Peuple de Saint-Josse. Leur objectif : dénoncer les viols commis, en toute impunité, par les soldats de l'armée djiboutienne depuis près de 25 ans.

Aïcha Dabalé, porte-parole du groupe et Fatouh Abdallah © Axelle Magazine "La grève de la faim, ce n'est pas une forme de lutte qu'on a choisie dès le départ, c'est notre dernier recours" explique Aïcha Dabalé porte-parole du groupe. Les dix jeunes femmes originaires de Djibouti sont entassées sur des matelas à même le sol, affaiblies par la faim et la soif, mais plus déterminées que jamais à faire réagir les instances internationales.

Aïcha Dabalé analyse la situation: "A Djibouti, il y a plusieurs bases militaires occidentales, notamment la plus grande base française en Afrique comptant environ 1600 soldats, une base américaine dans le cadre de la lutte internationale contre le terrorisme, une base japonaise dans le cadre de la lutte internationale contre la piraterie maritime.... et même 600 soldats belges. Ils sont tous là parce Djibouti occupe une place géostratégique importante. Ce que nous leur reprochons, c'est de fermer les yeux sur ce qui se passe, c'est de la complicité !".

Ce petit pays de moins d'un million d'habitants situé sur la corne d'Afrique dispose en effet d'un avantage géostratégique considérable : le détroit de Bab-el-Mandeb, par lequel passent la plupart des grands pétroliers. Un argument de poids qui entraine un manque cruel de réaction de la part des autorités internationales.

Cette grève de la faim avait été initiée par les femmes djiboutiennes à Paris, le 25 mars dernier, au moment des élections à Djibouti. Elles ont tenu 19 jours sans manger. "Les filles belges ont voulu la poursuivre parce que la semaine prochaine, il y aura l'investiture du Président et donc il y a plein de fêtes organisées pour féliciter ce dictateur ! Le but est d'interpeler le Parlement, car l'Union Européenne est un soutien économique important pour Djibouti ! Ce qu'on veut c'est que l'argent versé soit conditionné en terme de respect des droits humains et des droits des femmes".

Vendredi dernier, les députés européens Louis Michel et Marie Arena sont allés à la rencontre des grévistes. Ils ont précisé qu'ils ne souhaitaient pas qu'elles abiment leur santé et qu'ils mettraient tout en oeuvre pour attirer l'attention de l'Europe sur ces viols.

- Coups et blessures
La pression gouvernementale djiboutienne est telle que les médecins et les avocats refusent de parler des viols commis. "Quand les femmes violées se présentent pour obtenir une attestation de la part du médecin, ils refusent, car ils ont peur que le gouvernement ferme leur cabinet. Ils ne veulent pas faire d'attestation de violences sexuelles, simplement de coups et blessures, mais ce n'est pas suffisant pour elles, ce n'est pas comparable. Ensuite, les filles sont renvoyées vers des avocats, mais ils refusent également de les défendre" poursuit la porte-parole.

Les plaintes déposées par celles qui ont le courage de le faire n'aboutissent jamais, "elles sont totalement détruites par ces actes ignobles et il est impossible pour elles de se reconstruire, car elles côtoient en permanence leurs bourreaux" constate amèrement Aïcha Dabalé.

Pour ces femmes, le gouvernement de Djibouti tente d'acheter leur silence et de leur entourage: "Fatouh Abdallah, qui soutient toujours les grévistes, a été violée par la garde présidentielle quand elle avait 17 ans. Son père a porté plainte, ils ont voulu le payer, mais il a toujours refusé" dit-elle, désignant avec tendresse la jeune fille sourde et muette.

Actuellement, la réaction des autorités internationales se fait toujours attendre. Seul le hashtag #stopvioldjibouti permet à l'ensemble de la communauté de marquer son soutien. Les femmes djiboutiennes, touchées de près ou de loin par ces viols, continueront donc encore à s'affamer pour dénoncer cette réalité passée sous silence.



01/05/2016 (Brève 776) UDJ - Le bureau de l'UDJ nous informe de l'élection de Saïd Houssein Robleh en qualité de Président et des membres du bureau aux termes d'une assemblée générale extraordinaire qui s'est tenu le 30 avril conjointement à Bruxelles et à Djibouti (par vidéo-conférence)

Prenant acte du décès du Président fondateur Ismaël Gueid Hared et de la nécessité de restructurer l'UDJ, après l'élection présidentielle et la tentative de clonage du parti, les membres de l'UDJ ont élu leur nouveau Président Saïd Houssein Robleh et un nouveau bureau composé au total de 20 membres.

Nous adressons nos félicitations au nouveau Président et à son équipe.