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07/03/2018 (Brève 1137) "A mon tour de vous remercier". Message signé par Bolock Mohamed Abdou pour toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés en sa faveur.

A mon tour de vous remercier !

Hier, mardi 06 mars 2018, le tribunal correctionnel de Djibouti a estimé que la plainte déposée contre moi en diffamation par le premier ministre, n’était pas fondée et m’a relaxé.

C’est la fin d’un long calvaire judiciaire qui avait débuté le dimanche 25 février 2018 par ma garde à vue dans les locaux de la SDS, suivi d’un déferrement au parquet et par ma mise en détention à la prison centrale de Gabode.

Tout au long de ce parcours judiciaire j’ai bénéficié d’un élan de sympathie, de solidarité et de soutien extraordinaire. C’est pourquoi je tenais à vous rendre hommage et à vous faire part de toute ma reconnaissance et de toute ma gratitude. Je vous remercie infiniment et de tout mon cœur.

J’adresse un remerciement particulier à ma famille, à mes amis, à mes connaissances, à mes amis de Facebook et à toutes les organisations de défense des droits humains et notamment à l’ARDHD, la LDDH et à L’ODDH.

J’adresse également un remerciement particulier à Degmo Ali Abdi, notre icône nationale, pour sa prise de position courageuse et remarquée pour ma libération et pour la defense de la liberté d’expression et pour son groupe GVO qu’elle anime.

Je tiens vraiment à préciser, que je n’ai jamais diffamé ou mise en cause une personne privée. J’ai tout simplement dénoncé une situation d’injustice et malgré ma relaxe si une personne s’est senti visée par mes propos à titre personnel, j’en suis vraiment désolé. Ce n’était pas mon intention.

Cela étant dit, il y a quelques choses que je n’accepterai pas. Je n’accepterai pas l’intimidation, je n’accepterai pas qu’on veuille me réduire au silence et qu’on me prive de ma liberté d’expression. Autant je veille scrupuleusement à ne pas diffamer ni offenser les personnes privées, tout autant je veille scrupuleusement à bénéficier de ma liberté d’expression.

Enfin le militant des droits humains que je suis, ne saurait passer sous silence les difficiles conditions de détention de la prison centrale de Gabode. L’état de délabrement avancé des bâtiments, la surpopulation carcérale. Le tout maintes fois dénoncés et jamais résolus. Les conditions de détention sont tellement difficiles que les détenus y perdent un peu de leur dignité. Le manque de formation et de professionnalisme des gardiens de prison sont criantes.

On y confond allègrement les criminels et les délinquants multirécidivistes et les délinquants primaires et les prisonniers politiques, au point de mettre leur sécurité en jeu.

Enfin ultime humiliation, les détenus sont assis par terre au tribunal avant d’être cités à la barre. Il est urgent de remettre les bancs, qui existaient auparavant pour que les détenus retrouvent un peu de leur dignité.

BOLOCK MOHAMED ABDOU.