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30/05/2013 (Brève 142) Guelleh : « Conduire Djibouti sur le podium de RSF, des pays les plus liberticides de la planète. Un combat de tous les jours qui ne me laisse aucun répit !! » (Humour – ARDHD)

Guelleh : c’est avec une immense fierté que j’ai découvert que Djibouti était passée de la vingtième à la treizième place des pays classés par RSF, pour la répression de la presse. Je m’en réjouis d’autant plus que c’est une victoire personnelle, même si je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui se sont mis (spontanément ?) au service de cette grande cause nationale.

Permettez-moi de citer particulièrement le dévouement du Procureur de lla République qui a su plaider la culpabilité de tous les journalistes qui osaient se réclamer d’une opposition impuissante (impuissante ? grâce à moi, eh, eh !!).

Je n’oublierai pas, bien sur, les juges qui ont prononcé de lourdes peines d’incarcération, devant des dossiers vides de preuves et de contenu, ni les membres des services : police, gendarmerie, SDS, etc…, qui ont su arracher des aveux sous la torture. Une pensée toute affectueuse pour les faux témoins qui ont permis de donner un faux air de vérité aux charges retenues contre les prévenus.

Bref, nous les Djiboutiennes et les Djiboutiens, nous sommes sur la voie du progrès et je sais qu’avec l’adhésion populaire (volontaire ou imposée) nous serons bientôt classés parmi les 10 premiers : les plus liberticides de la planète.

Mais … il y a encore du chemin à parcourir. Mon ex-futur-ancien ami / ennemi, Issayas Afewerki, caracole toujours en tête du classement. Cependant, à force de condamnations injustes et arbitraires, d’emprisonnement, de violences physiques, nous avons l’espoir de le rejoindre et même de le dépasser. Aujourd’hui, malade et fatigué, il est incapable de s’adapter aux méthodes modernes, alors que nous sommes un pays jeune et que nos services spéciaux peuvent utiliser de nouvelles techniques avec le plus grand succès.

Je remercie toute la population pour les encouragements (forcés ?) qu’elle m’adresse chaque jour, afin que nous puissions gagner la bataille du pays le plus liberticide …

Et je sais que ce ne sont pas : (entre autres, car je ne peux pas citer tout le monde)
MM. Maydaneh Abdallah Okieh,
Abdourahman Souleiman Bechir, Abdourahman Barkat God, Guireh Meidal Guelleh, Mohamed Ahmed dit Jabha, Ahmed Djama Moussa, Fayssal Aden Omar, Hassan Djama Khaireh, Mohamed Ahmed Adar, Mohamed Osman Bouh, Djirdeh Mouhoumed Ibrahim, Mohamed Osman Rayaleh, Abate Gadid Merito, Abdi Mohamed Ankala, Abdo Ali Bouha, Maydaneh Abdallah Okieh, Ahmed Hoche Guedi, Omar Youssouf Moutena,
qui me contrediront, du fond de leurs geôles infectes où certains soignent les blessures que leur ont infligées nos vaillants policiers et gendarmes, si courageux lorsqu’ils sont en supériorité numérique face à un opposant désarmé et menotté.

Je les maintiens spécialement en état d’incarcération, car vous devez comprendre, que ce sont Mes témoins irremplaçables pour justifier de la dégradation des libertés, de la justice et des droits humains au pays des braves et permettre à notre république de gagner des places dans cette nouvelle compétition …

27/05/13 (Brève 142) 5ème Forum Mondial des Droits de l’Homme. Intervention d’Aïnaché.

Ainache
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Nantes – le 25 mai 2013
Liberté de la presse à Djibouti …Liberté tout simplement : (Par AÏNACHÉ)

Les défenseurs des Droits de l’Homme le savent bien : une des premières actions pour agir  consiste à inventorier sans relâche les manquements aux libertés.

Dans ce domaine, il ne faut pas craindre de se répéter !

Lors d’une conférence en avril dernier à Paris à la Maison d’Afrique, j’avais  évoqué le paysage médiatique de Djibouti  …

Ancien Directeur-Général de la RTD, (Radio et Télévision de Djibouti), c’était en professionnel mais aussi en citoyen que j’avais décrit la situation des medias dans mon pays.

Permettez que je vous en dresse ici  le panorama.

Ce ne sera pas long et pour cause …

Un journal unique,
Une radio et une télévision étatique.
Point final.

A Djibouti, on n’aime pas les journalistes, aucun n’obtient de visa pour entrer.

Plusieurs journalistes se sont vu refuser leurs demandes de visa, d’autres se sont vu refoulés à l’aéroport.

Ce fut la mésaventure du correspondant de la chaîne Qatari  »AL JAZIRA » dans la région qui avait essayé sur plusieurs frontières de rentrer à Djibouti lors des manifestions unitaires de l’opposition de février 2011.

C’est simple, dans nos représentations et notamment à Paris, la première question que les agents d’accueil posent aux demandeurs de visa est celle-ci  »êtes-vous journaliste ? ».

Ce qui désarçonne les simples touristes et finalement en décourage certains.

Il y a quand même une exception à ces refus, les journalistes du Magazine Jeune-Afrique.

Ces derniers n’ont pas besoin de faire de démarches pour obtenir des visas. Ils ne risquent aucun refus comme leurs collègues car ils sont régulièrement invités par le pouvoir à chaque fois que celui-ci a besoin de faire passer un message.

Quant à l’opposition, interdiction lui est faite de créer un media indépendant.

Le pouvoir s’est fait violence durant la campagne électorale en couvrant partiellement les réunions de l’opposition. La couverture obligatoire se transformait régulièrement en un sabotage.

En effet,  les trois minutes octroyées généreusement à l’opposition, dans  »l’Édition

Spéciale élection » se résumait à un plan large de la réunion et quelques phrases hachées des différents orateurs donc forcément dénaturées. Cela frisait le ridicule.

La plupart du temps, pour ne pas dire quotidiennement, le journal télévisé se limite intégralement à l’activité présidentielle. Il n’est pas surprenant pour ceux qui subissent le déroulement du journal télévisé, de voir de longues minutes sans commentaires, comme au temps des films muets…

En effet, les journalistes de différentes rédactions, journal écrit, agence de presse,  radio et télévision ne produisent rien sur les informations locales : ils reçoivent  du cabinet présidentiel les textes à lire et à imprimer.

Il n’est pas étonnant que les Djiboutiens suivent les radios et télévisions étrangères.  Cela agace prodigieusement le pouvoir. Il fait régulièrement des tentatives auprès des médias étrangers et particulièrement des chaînes qui diffusent des informations en langue somalie : BBC de Londres et VOA de Washington. Il se murmure que les  journalistes de ces différentes radios seraient approchés régulièrement par des émissaires  gouvernementaux afin de  monnayer un contenu bienveillant pour le pouvoir en place…

Quant à RFI, (Radio France International) … Le pouvoir ne s’est pas gêné pour fermer purement et simplement son relais pour la région de la corne d’Afrique.

Jusqu’à présent, le gouvernement ne montre pas la moindre ouverture dans le domaine des médias, bien au contraire, il refuse toute demande de création d’un journal ou d’une radio indépendants.

Il n’est donc pas étonnant que notre pays se loge au 167ème rang  du classement mondial de « Reporters Sans Frontière ».

Pourtant le gouvernement de Djibouti a légiféré dans ce domaine en créant il y a 20 ans une Commission Nationale de la Communication.

Je vous lis le texte de la Constitution à ce sujet :

 » La Commission Nationale de la Communication est une autorité indépendante prévue par la loi n°2/AN/92 2ème L du 15 septembre 1992 relative à la liberté de la communication.

La liberté de communication est garantie par la Constitution et, est définie par l’article 3 de la loi susvisée: « La liberté de communication est le droit, pour chacun de créer et d’utiliser librement le média de son choix pour exprimer sa pensée en la communiquant à autrui, ou pour accéder à l’expression de la pensée d’autrui.

Le citoyen a le droit à une information complète et objective, et le droit de participer à l’information par l’exercice des libertés fondamentales de pensée, d’opinion et d’expressions proclamées par la Constitution.

La Commission Nationale de la Communication est chargée de veiller au respect du pluralisme de l’information ».

Impressionnant, n’est-ce pas ?

Cette commission n’a jamais été constituée
.

Dans ces domaines concernant les Libertés, le gouvernement rédige des lois qui ne seront jamais appliquées. Autant de belles paroles, de beaux textes inspirés … pour maquiller les offenses quotidiennes à la démocratie.

Comme nous sommes nombreux à le constater, la situation empire depuis l’élection détournée du 22 février dernier.

Au-delà des atteintes à la Liberté de la presse, ce sont les Droits de l’Homme qui sont gravement bafoués.

Sur place, il est difficile et dangereux pour les Djiboutiens de lutter directement. Les mesures d’intimidations sont fréquentes et les portes de la prison de Gabode s’ouvrent facilement pour ces hommes qui se lèvent pour s’opposer, protesté …

Voire seulement pour s’exprimer.
Voire seulement pour démontrer leur amitié et apporter leur soutien …
Oui, il existe un délit d’amitié à Djibouti …

Les détentions arbitraires sont monnaie courante et comme le dénonce l’ODDH dans son communiqué de presse du 19 mai dernier, certains prisonniers ont été  « soumis à un traitement inhumain et dégradant dans des conditions extrêmes. »
 
Un certain nombre de personnes ont été refoulées à l’aéroport de Djibouti. Il leur a été interdit de quitter le pays. Une liste d’une centaine de personnes ainsi privées de sortie de territoire aurait été établie par le pouvoir.

Voilà l’état des lieux.
La situation se détériore, il convient de nous mobiliser davantage et nous en sommes conscients. Conscients et déterminés.

Quelles sont nos forces et quels sont nos outils pour combattre cette situation sur place et à l’extérieur de Djibouti ?

Sur place, rendons hommage à l’ODDH, l’Organisation Djiboutienne des Droits de l’Homme qui œuvre depuis de nombreuses années. (1999)

A Jean-Paul Abdi Noël en particulier, hélas décédé,  et aujourd’hui à son successeur, Farah Abdillahi Miguil.

Depuis déjà quelques années, des sites internet favorisent l’échange et la circulation de l’information. Le développement des réseaux sociaux comme twister et Facebook facilite cette démarche. Malheureusement, l’accès à Internet n’est pas encore à la portée de tous les Djiboutiens soit par éloignement géographique, soit pour des raisons culturelles et économiques.  Sans compter que la censure intervient également à ce niveau en privant sporadiquement Djibouti de connexions.

Nous constatons que, malgré la censure, malgré l’information manipulée, malgré les arrestations, les Djiboutiens expriment leur frustration et n’ont plus peur de réclamer le changement.

A Djibouti, le vendredi* est devenu un jour dédié à la revendication. Les hommes et des femmes se retrouvent à la mosquée que personne ne peut encore leur interdire.

Ce phénomène inquiète à tel point le pouvoir en place que la présidence a convoqué les imams pour une réunion au cours de laquelle le contenu de leur prêche leur est suggéré…

Il nous appartient d’envoyer à ces hommes et à ces femmes des manifestations de soutien,

La diaspora d’Europe et d’Amérique du Nord, elle, se rassemble et s’organise, comme aujourd’hui à Nantes.

Nous allons constituer des groupes de travail thématiques, multiplier les réunions matérielles et immatérielles, participer à des Forums, tel que celui-ci pour contribuer à porter haut et fort la parole bâillonnée de nos concitoyens.

AÏNACHÉ

*MALINTA JIMCAYY JAABUUTI LAJIRAAY
  GUUMEESIGA JIIFFIYAA JILCIYAY
  SIIDAD OOLAH JIDHAAY KII TAGUE
   KANJOGANAAH JAANTA UUKO LAAB*

Traduction rapide et raccourcie
 :

(Oh toi vendredi qui a toujours favorisé Djibouti –
Toi qui a terrassé le colonialisme et l’a affaibli–
Comme tu as renversé celui qui est parti –
Fait du même pour celui là aussi…..i)’’

19/04/02 Des précisions sur le carnage commis hier par la Garde présidentielle. (Lecteur)

 

Manifestation
réprimée dans le sang à Djibouti

Ce matin
les blessés de guerre contre le Frud (anciens combattants
« Issas ») ont manifesté en ville. Ils
étaient quelques centaines. Ils étaient à
cent cinquante mètres du palais présidentiel.

Les policiers
anti-émeute sont arrivés et ont voulu les dégager
par les gaz lacrymogènes. La situation a dégénéré
en bagarres rangées. Quelque temps après, IOG
a envoyé sa garde présidentielle composée
de gendarmes entrainés pour tuer.La garde présidentielle
est composée de la tribu d’IOG et de quelques
apatrides. Le nombre de la garde présidentielle est
estimé à 300.

Aujourd’hui
une centaine de ces assassins sont venus au lieu où
se déroulaient les bagarres entre les « anciens
combattants » et les policiers. Les éléments
de la garde présidentielle ont donné aux policiers
l’ordre de se retirer sur le champ. Après que
les policiers se soient dégagés, la garde prétorienne
a tout simplement ouvert le feu sur les manifestants auxquels
s’étaient joint d’autres centaines de gens
qui se trouvaient dans les environs.

Le feu
a été ouvert pour tuer. Ainsi il y eu sur place
deux morts et une dizaine de blessés tous par balle.
Un des blessés est mort quelque temps après
à l’hôpital.

La
colère et l’amertume des Issas contre Guelleh

Aujourd’hui,
toute la tribu Issa est très remontée envers
IOG car les tués et les blessés étaient
tous des issas. Les gens racontent qu’IOG a, par cet
acte, tourné le dos à la sacro-sainte culture
des Issas qui condamnaient la guerre inter-Issa. Désormais,
disent-ils, IOG n’est qu’un éthiopien pour
les Issas.

C’est
l’amertume qu’éprouvent beaucoup d’Issas
aujourd’hui. Il semble que les mamassans ont peur aujourd’hui.
Les gens disent que les jours d’IOG sont désormais
comptés. Il est prouvé qu’IOG n’a
plus confiance à la police et à l’armée
républicaines. Il a décidé depuis une
année (depuis le coup d’état manqué
de Yassin Yabeh) d’avoir confiance à sa garde
prétorienne, appelée GP (garde présidentielle)
et à deux mille personnes civiles appartenant à
sa tribu mamassan et auxquels il a distribué des armes.
C’est ce que l’on appelle la milice. Chacune de
ces personnes ont un kalachnikov et quatre chargeurs. IOG
est décidé, selon ses proches, à ne jamais
lâcher le pouvoir.

Les
soldats allemands interviennent pour faire cesser le massacre,
mais elles recontrent l’opposition des forces françaises
arrivées sur les lieux pour soutenir la garde présidentielle.
Les allemands dénoncent l’attitude criminelle du Gouvernement.

L’affaire
de ce matin a donné lieu à une situation extraordinaire.
Lorsque la GP tirait à balles réelles sur la
foule il s’est trouvé que des allemands, officiers
et soldats, sont sortis précipitamment de leur hôtel
qui était distant du palais présidentiel de
cent mètres et se sont révoltés auprès
de la GP pour leur dire que l’on ne doit pas tirer sur
des gens sans défenses.

Les allemands
ont dit à la GP que l’attitude du gouvernement
djiboutien est « criminelle ». Les militaires
français qui croyaient à un coup d’Etat
sont venus eux aussi sur les lieux. Mais eux ont pris la défense
des gendarmes. Il y a eu ainsi un face à face allemands
et français.

DINI,
dans l’impasse, n’a rien obtenu, même pas la légalisation
de son projet de parti ni la constitution de la CENI

Il semble
que DINI a tout simplement voulu rentrer au pays et qu’en
réalité il n’avait rien obtenu d’IOG
en signant son pseudo-accord. Tout le monde en parle. Par
conséquent, il semble qu’IOG n’a pas l’intention
d’accepter la moindre ouverture politique. Il n’acceptera
surtout pas la commission nationale électorale indépendante
(ceni). DINI n’a aucun respect de la part d’IOG.
On lui refusé même de déclarer son parti
politique à présent.

19/04/02 Les curieuses missions que l’on prêterait au Commissaire de la République Daher Isamël Kahin à Bruxelles. Elimination physique ?

Nous sommes informés
de la présence à Bruxelles du Commissaire de la République
Daher Ismaël Kahin, accompagné d’Abdillahi "nouveau",
ex-capitaine à la FNP et d’ALI, membre des R.G. à Djibouti.

Nous rappelons
que le même Daher Ismaël Kahrin pourrait être impliqué
dans l’assassinat d’Hamoud Ahmed Abdillahi, membre du FLS et retrouvé
mort en Ethiopie, probablement sur instruction de Guelleh.

De plus sa fille
avait été expulsée de Londres par les autorités
britanniques et elle s’est réfugiée à Bruxelles.

Certaines rumeurs
affirment que le Commissaire pourrait avoir trois missions à
remplir à Bruxelles, mais nous n’avons pas pu les vérifier
:

– Créer
un réseau de sympathisants pour le compte d’IOG,
– Provoquer l’éclatement du GED,
– Mettre Mohamed Aloumekani hors d’état de témoigner
dans l’affaire Borrel ….. (Elimination physique ?)