Articles

29/08/2013 (Brève 185) Encore un opposant en bonne santé, qui meurt mystérieusement et sans explication dans les geôles du régime, après avoir été arrêté par les sbires du régime (Information USN)

Mohamoud Elmi Rayaleh militant USN professeur de français au lycée de Balbala âgé de 37ans est mort dans une cellule.
Militant mort mystérieusement à Djibouti

21/02/03 (B185) Quelques phrases du discours de Jacques Chirac au sommet France-Afrique, qui ont dû faire froid dans le dos d’IOG !

_______________________
Extrait du discours de J. Chirac

(…) Le dialogue politique
désarme la violence alors que la riposte l’exacerbe. D’où qu’elle
vienne, la violence doit être dénoncée. Leurs auteurs
ont désormais à craindre d’être sanctionnés par
la Cour pénale internationale qui étend sa protection à
tous les citoyens du monde. Il est fini le temps de l’impunité, le
temps où l’on justifiait la force. Doit venir maintenant le temps où
l’on fortifie la justice. (..)

_______________________________________

Certes IOG a déjà
pensé à tenter de se prémunir en signant avec les américains
un pacte qui les mettraient théoriquement à l’abri des actions
de la Cour pénale internationale. Mais c’est bien théorique
et nous ne voyons pas comment ce pacte pourrait empêcher IOG d’être
traduit un jour devant cette Cour, dans la mesure où Djibouti a ratifié
officiellement sa création.

Les propos de Jacques
Chirac sur ce sujet sont clairs et sans ambiguité : il ne reste plus
qu’à mesurer l’application dans les faits. Mais pour cela, il faudra
que des plaintes soient déposées par tous ceux qui ont été
victimes de torture à Djibouti, par tous ceux qui ont perdu, un père,
un frère, une mère, une soeur ou un conjoint, tuè(e)
par les sbires de Guelleh et son équipe de tueurs et de bourreaux sous
les ordres d’Hassan Saïd et du Colonel Mahdi, entre autres ….

21/02/03 (B185) Une information qui ne surprendra personne (ADI). Le Conseil consitutionnel de Djibouti valide les résultats des élections législatives qui ont permis de mettre 100 % des députés de Guelleh à l’Assemblée nationale avec seulement un tiers de suffrages exprimés en leur faveur (vs le nombre d’électeurs inscrits).

La
démocratie et le multipartisme progressent à pas de géants
à Djibouti, grâce à de nouvelles méthodes issues
des dernières technologies dans le domaine et qui ont prouvé
leur efficacité en matière de fraudes électorales et
de truquage des résultats ! Avec à peine un tiers des suffrages
des électeurs inscrits, Guelleh s’attribue 100 % des députés.
Ca c’est de la technique de pointe !!

ADI/DJIB/3704/156 MOTS

Le Conseil constitutionnel rejette la requête en annulation des dernières
élections législatives déposée par l’opposition
djiboutienne (UAD)

DJIBOUTI-(ADI)- 20 février-
Le Conseil constitutionnel, présidé par M.Omar Chirdon Abass,
a rejeté aujourd’hui, lors d’une réunion extraordinaire
de tous ses membres, la requête en annulation des élections législatives
du 10 janvier dernier, déposée le 23 janvier, par l’Union
pour l’Alternance Démocratique (UAD).

Le Conseil constitutionnel
a déclaré par ailleurs, que les candidats de la liste de l’Union
pour la Majorité Présidentielle (UMP), sont élus dans
les circonscriptions de Djibouti, d’Ali-Sabieh, de Tadjourah, de Dikhil
et d’Obock, c’est-à-dire les cinq districts que compte le pays.

Le président du
Conseil M.Chirdon Abass, a enfin indiqué que la décision prise
par son institution, serait notifiée à l’UAD et à
l’UMP, les deux formations politiques, au président de l’Assemblée
Nationale et publiée enfin au Journal officiel de la République
de Djibouti.

20/02/03 (B185) A lire sur le site des Nouvelles d’Addis, un article signé de Colette Delsol « La longue quête du Président djiboutien »

Faute de grives on
mange des merles. La courbe de l’amertume présidentielle
semblerait être inversement proportionnelle à celle des
promesses financières reçues ; plus les unes se font rares,
plus l’autre atteint des sommets. Nouvelles flagorneries
adressées à la France donc. (…)


Lien avec l’article :
http://www.lesnouvelles.org/P10_magazine/16_analyse03/16115_reperdjibfrance.html

20/02/03 (B185) Dans un climat de concurrence internationale agressive, l’Armée française relève la tête et organise une « exposition en plein air » pour mettre en valeur ses avantages face aux Forces américaines, désormais bien implantées et pour longtemps à Djibouti (Dépêche ADI)

Le D.A 188 organise
une vaste opération de démonstration de ses capacités
d’intervention

DJIBOUTI – (ADI)
– 19 février- Le Détachement Air 188 des Forces françaises
stationnées à Djibouti, a organisé hier après-midi
au grand bara, une exposition de toute la gamme de ses équipements
logistiques, des exercices de combats aériens et une démonstration
d’intervention simulant une évacuation de populations civiles hors
d’une zone de combat.

Les différentes
manifestations des forces aériennes françaises, se sont déroulés
en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires
des deux pays, notamment l’ambassadeur de France à Djibouti, M.Patrick
Roussel, une délégation de sénateurs français
et des officiers supérieurs de l’armée djiboutienne.

Le clou des démonstrations
de le D.A 188, fut sans aucun doute, les manœuvres aériennes spectaculaires
exécutées par les Mirage 2000D et 2000C, fers de lance des forces
françaises stationnées à Djibouti.

Les invités ont
eu également droit, à des exercices de tirs à partir
des Mirage ainsi qu’ une simulation d’intervention, suivie d’une évacuation
de populations civiles, à bord d’un transalt.

La Base Aérienne
188 est présente sur le territoire djiboutien depuis 1945. Commandé
aujourd’hui par le Colonel Patrick Chavraix, le D.A. 188 « Colonel Massart »,
est depuis 2000, une base de soutien à vocation interarmées
(BSVIA).

Le professionnalisme de
ce corps aérien d’élite, a été démontré
à maintes reprises, notamment dans de nombreuses opérations
militaires et humanitaires menées à partir de Djibouti, dans
le Golfe, en Somalie, au Rwanda et aux Comores.

20/02/03 (B185) La réponse du berger à la bergère ? Alhoumekani porte plainte, en France, non seulement contre Hassan Saïd Khaireh et le Colonel Mahdi mais aussi contre des personnalités locales, membres de l’entourage de Guelleh, dont Me Aref.

Afin de tenter de discréditer
le témoignage d’Alhoumekani, plutôt « embarrassant »
pour Guelleh (sic), le cercle restreint de la dictature n’avait pas hésité
à faire pression sur plusieurs personnes afin de leur arracher des
déclarations mensongères qui auraient pu, d’après leurs
savants calculs, jeter le doute sur la réalité de ses affirmations.
En plus, elles n’avaient pas hésité à mettre en cause
son honnêteté, son état mental et tout le reste.

Bien sur à l’époque,
c’était sans compter sur les bévues de celui qui pourrait devenir
la bête noire de la stratégie peu glorieuse de Guelleh : nous
parlons du fameux Hassan Saïd qui n’a pas pu s’empêcher, par vantardise,
de confirmer les propos d’Alhoumekani à un journaliste de Canal+….

C’est dans ce contexte,
qu’Ali Abdillahi Iftin, alors Chef de la Sécurité et supérieur
hiérarchique d’Alhoumekani avait été contraint sous la
menace de représailles à l’encontre de ses proches, de signer
un document préparé à l’avance par Me Martinet, dans
lequel il mettait en cause à la fois la personnalité et la sincérité
de son ancien subordonné.

Depuis IFTIN a réussi
à s’échapper de Djibouti au péril de sa vie et après
un séjour mouvementé à Addis Abeba où le fameux
tueur Zakaria et ses hommes de basses œuvres s’étaient illustrés
dans deux tentatives de meurtres qui se soldèrent par des échecs
pitoyables. Poursuivi par la Police éthiopienne, le célèbre
Zakaria avait été obligé de rentrer d’urgence à
Djibouti !

IFTIN avait finalement
rejoint la Belgique plus accueillante et plus soucieuse de protéger
les victimes de régimes sanguinaires.

Au fait pourquoi la Belgique
? Parce que les autorités françaises, bien qu’alertées
sur les tentatives de meurtre dont ils étaient victimes, avaient fait
traîner honteusement le dossier. Au final elles n’avaient pas cru bon
à l’époque de lui délivrer un visa. Collusion avec Guelleh
? La question avait été posée sérieusement à
l’époque … ! La réponse n’a jamais pu être obtenue,
en dépit de nos demandes répétées !!!

Dès son arrivée
en terre de justice et de liberté, Iftin avait aussitôt dénoncé
ce témoignage obtenu par la violence, en expliquant les manœuvres
concertées de Me Martinet et surtout d’Hassan Saïd.

Ce dernier aujourd’hui,
bien que Chef de la SDS, se débat dans les mensonges, dans les déclarations
contradictoires et maintenant contre une plainte pour subornation de témoins
devant la justice française. Hassan Saïd à Gabode ? C’est
pour bientôt ?

Nous n’avons pas les réponses
à ces deux questions, mais ce qui est probable, c’est que Guelleh n’hésitera
pas à faire sauter le fusible, sans aucun état d’âme,
dès qu’il sentira le feu se rapprocher de lui. Et cela finira obligatoirement
par arriver.

En attendant, Guelleh
s’entête à poursuivre Alhoumekani devant la justice pénale
djiboutienne qui est, comme chacun le sait, entièrement aux ordres
du Palais de l’Escale. Mais voilà, ce procès pourrait-il devenir
celui de tous les dangers pour Guelleh ?

En effet, il est clair
que les accusations du pouvoir sont battues en brèche, par trois éléments-clefs
:

  • les explications et
    les déclarations d’IFTIN, qui annulent le témoignage qu’il
    avait fait sous la menace,
  • la confirmation officielle
    sur Canal+ par Hassan Saïd des faits décrits par Alhoumekani,
  • les nombreuses tentatives
    de subornation de témoins et le marchandage que le Procureur de la
    République Djama Souleiman, dit  » Grandes Oreilles  » a
    conduit à Bruxelles en janvier- février avec des propositions
    de tous ordres en échange d’un nouveau témoignage en faveur
    de Guelleh, etc. On sait maintenant qu’Alhoumekani a eu la prudence d’enregistrer
    toutes les conversations téléphoniques et de faire filmer
    en vidéo, l’une de ces rencontres au cours de laquelle Djama Souleiman
    lui a exposé les conditions du chantage : carottes et bâtons.
    Nul doute qu’Alhoumekani versera ces pièces à l’appui de la
    plainte qu’il dépose en France.

Pour échapper à
une mise en examen pénal en France, la marge de manœuvre de Guelleh
devient étroite et il a choisi (comme souvent !) la pire des solutions
: précipiter le procès en diffamation et empêcher Alhoumekani,
par tous les moyens, de rentrer à Djibouti pour le faire condamner
par défaut ….

Mais voilà, la
Justice française, qui a validé à l’automne, la thèse
du meurtre du Juge Bernard Borrel, suit cette affaire et les manœuvres
maladroites du couple Guelleh – Hassan Saïd pourraient être interprétées
comme des aveux sinon de culpabilité au moins de complicité
dans ce meurtre.

Pour fêter son
anniversaire (le 22 février) Mohamed Saleh Alhoumekani s’offre une
belle brochette d’individus semble-t-il, au minimum peu scrupuleux !

Les
personnalités visées
dans la plainte d’Alhoumekani
  • Le Chef de
    la SDS, HASSAN SAID KHAIREH,
  • Le Colonel
    MAHDI AHMED CHEIK MOUSSA,
  • Le procureur
    DJAMMA SOULEIMAN,
  • L’Ambassadeur
    à Paris : MOHAMED GOUMANEH,
  • Me ALAIN MARTINET,
  • Me AREF MOHAMED
    AREF,
  • Un commerçant
    / homme ‘d’affaires’, d’origine corse ALAIN ROMANI.

Par ailleurs, les avocats
de Madame Borrel ont aussi déposé des plaintes et il se murmure
que d’autres acteurs pourraient en déposer d’autres à leur tour,
dans les prochains jours.

Bref, Guelleh qui est
arrivé à Paris, hier mercredi, pour participer au 22ème
sommet France-Afrique, devra être très prudent : ce pourrait-être
son dernier séjour en France, s’il veut éviter une mise en examen
?

IOG :
« Passe ton chemin, Alhoumekani le manant, jamais tu n’entreras dans ma forteresse,
sauf pour pourrir dans l’une de mes geôles, jusqu’à la fin de
ta chienne de vie ! « 

Alhoumekani : « Tu
rêves grosse outre ! Ton temps est terminé et tes jours sont comptés.
Je vais triompher grâce à la Justice et c’est
le peuple qui va m’ouvrir la porte de ton repaire ! Je te porterai moi-même l’estocade finale ! »

20/02/03 (B185) La vérité sur la transmission du pouvoir.entre Gouled et Guelleh (La chronique du Sergent Ariko)

Durant les dernières
années de son règne, le vieux Gouled n’était pas
le Général de son armée ni un homme au dessus de
la mêlée mais il était devenu le levier indispensable
pour faire changer les rapports de force au sein du RPP, le parti unique.

Une sorte de congrès,
qui ne disait pas son nom, avait été organisé par
les ténors du régime pour sauver la face d’un parti, en
pleine déliquescence, qui ne tenait plus que par son nom.

Gouled, sous le prétexte
d’une maladie qu’Allah lui avait envoyée pour le punir, lui qui avait
tant fait souffrir les Djiboutiens sous sa férule, prit la décision
de coopter le célèbre policier, issu du moule colonial et installé
à la Présidence de la République. Face au refus des congressistes
qui ne voulaient pas qu’il devienne le candidat de ce parti orphelin (dans
la mesure où aucun parti de l’opposition n’avait plus d’existence légale)
Guelleh tançait et haranguait la foule.

En réalité,
loin de tenir encore la barre, Gouled était en désaccord profond
non seulement avec un bon nombre de ses anciens compagnons de lutte mais aussi
avec une partie de l’équipe de l’indépendance qui contestait
la lenteur de ses décisions. Il avait voulu rester, jusqu’au bout,
le maître absolu de toutes les instances du pays : Armée, Gendarmerie,
FNP, Éducation nationale, Économie, Jeunesse, SDS, ….

Bref, Gouled voulait être
considéré comme le Chef de tout et de chacun – le chef des chefs
!

Et pourtant la réalité
était bien différente : de nombreux indices démontraient
le contraire. Prenons par exemple, les farouches divisions internes dans son
entourage proche. En fait, même s’il faisait semblant de les ignorer,
il en avait pris conscience et il avait senti qu’il devait sauver à
tout prix, à la fois les meubles lézardés de son autorité
mais aussi la cohésion de sa vieille garde conservatrice.

C’est cette crainte d’une
menace imminente de dislocation de son édifice devenu fragile ou d’une
vague de contestation qui le submergerait qui avait engendré en lui
une sorte de syndrome politico hybride. Le résultat fut qu’il brilla
par son absence lors de congrès de février 1999.

Les conséquences
ont été lourdes. Des déchirements, un bras de fer entre
les mouvances d’IOG, celle de Barkhat et finalement tous ceux qui affirmaient
que la direction du parti était devenue une affaire exclusive de famille.

La lutte était
quotidienne mais elle n’était pas dévoilée à l’extérieur.
La population l’ignorait totalement. Aujourd’hui un débat est ouvert,
car la démocratie aura pour effet de confisquer la suprématie
absolue et totale que se réservait le parti au pouvoir.

Pour contrôler et
pour maîtriser l’apprentissage de la démocratie, de la transparence
et du pluralisme, beaucoup d’évènements se sont déroulés
dans l’antichambre d’Ismail Omar, car on n’est jamais mieux servi que par
soi même

Le résultat est
éloquent ! Au cours de cette remise en cause, on aurait du constater
une sorte de renaissance morale et d’épanouissement.

Hélas ! Lors du
congrès RPP de mars 2000, IOG a refusé que les militants puissent
débattre des thèmes et des orientations abordés par les
170 membres du Comité central.

La décision a été
prise par le Président du parti, influencé par un certain Cheik
Mogueh Dirir Samatar, qui ne brillait pas par sa vision de l’islam et qui
prônait le maintien des structures sociales et étatiques créées
par IOG en personne. C’est surtout l’arbitraire qui a été défendu
ce jour-là.

Ah ! Si IOG avait la capacité
intellectuelle pour mesurer à quel point son jugement était
incompatible avec les idéaux en vigueur dans le monde, il aurait peut
être compris que son système n’avait fait jusque là que
la preuve de sa nocivité indiscutable.

Le système Guelleh
ne repose que sur des illusions et il n’a aucun fondement historique. Ses
méthodes de gestion de l’Administration n’aboutissent qu’à des
échecs répétés, qui sont masqués superficiellement
par de la poudre aux yeux répandue au fil des jours sans aucune stratégie
de moyen / long terme.

On peut affirmer, sans
risque de se tromper, que ce comportement est uniquement dicté par
les intérêts personnels d’une minorité résistante,
conservatrice et égoïste. C’est la garde rapprochée qui
trouve normal de vouloir vivre dans le luxe et de s’enrichir, toujours aux
frais des contribuables djiboutiens. Ce sont toujours les mêmes qui,
refusant absolument de regarder la réalité en face, soucieux
de ne rien changer à leur mode de vie, lancent des appels désespérés
au secours en direction des Institutions financières internationales
et des États occidentaux.

C’est le quotidien de
la petite nomenklatura qui dirige le RPP et qui veut maintenir le plus longtemps
possible cette fausse idée de la Nation. Malheureusement pour eux,
le contexte s’est dégradé de façon dramatique puisque
les changements qui s’imposaient et qui étaient indispensables, n’ont
jamais été entrepris.

Ces changements sont inéluctables,
car le pays, le système et la société sont confrontés
à d’énormes difficultés, que le système de Guelleh
est incapable de résoudre.

Mais, inch allah, Guelleh
devra bien s’y résoudre, car le peuple l’exige. Le peuple a l’énorme
avantage de savoir ou il veut aller alors que le lobby Rppiste n’a aucun objectif
sauf celui de faire perdurer la situation dans lequel il trouve confort, intérêt
et enrichissement. En dehors de cela, ce petit groupe ne veut rien d’autre
que de n’aller nulle part.

On ne peut pas dire que
cela constitue un programme novateur et motivant, après 23 ans de dictature
!

Le Peuple de Djibouti
demande le rétablissement de la vérité historique. C’est
la seule base sur laquelle on pourra avancer, car seule cette connaissance
constituera une garantie contre un retour aux anciennes pratiques et aux dégâts
considérables (et jamais encore chiffrés) qu’elles ont engendrés.


Ce sera la fin des rituels institutionnalisés par Ismail Omar pour
occulter le déroulement d’une histoire convulsive et truffée
de mensonges. Prenons par exemple la décision, en 1992, de promulguer
une constitution qui réduit l’espace réservé à
la démocratie à une peau de chagrin.

Pendant ce temps, on essaie
de diffuser, dans l’environnement régional de la petite République
qui subit le joug d’un policier avide de sang et de pouvoir, une image de
HAVRE DE PAIX voire de paradis moderne et progressiste. A l’intérieur
c’est la guerre et la ruine économique conséquence de l’absence
d’un État de Droit.

Après le hold-up
électoral commis lors de l’élection présidentielle du
9 avril 1999, l’opposition pourtant interdite et bâillonnée,
triomphait dans la rue. La volonté du peuple se ressent déjà
dans le climat. On peut estimer que les réformes souhaitées
par les djiboutiens auront certainement une portée historique et un
grand retentissement.

La rapidité et
l’ampleur de ces réalisations dépendront essentiellement des
nouveaux rapports de forces politiques qui prévaudront dans les mois
à venir. Nous vivons à Djibouti un affrontement entre l’ancien
esprit sorti du moule colonial et les nouvelles aspirations populaires, entre
les survivances de la mentalité conservatrice, clanique qui sont toujours
tenaces et qui pensent être capables de résister aux défis
du 21 siècle.

Les adeptes des conceptions
dogmatiques sont lents a céder … même au contraire, ils
sont toujours prêts à entreprendre toutes les tentatives pour
préserver les vieilles méthodes de gestion par le haut (Le palais
de beitelwali, le RPP ou plutôt le plagia de la France et en particulier
de l’UMP – le choix contestable de ce nom pour l’amalgame de quatre partis
issus de tous les horizons, y compris, pour certains, d’une certaine forme
de trahison de l’opinion publique).

Mais la nouvelle génération
vigoureuse commence à se faire entendre et à s’affirmer. Elle
réclame, bientôt elle exigera un processus démocratique
et exemplaire dans la République. Une véritable révolution
par rapport au système actuel qui engendrera un réveil des hommes
et des femmes avides de retrouver leur dignité bafouée par les
héritiers du moule colonial.

La preuve éclatant
qu’il y a une place dans ce pays pour un système qui marquera le triomphe
de l’intelligence, de la créativité et de l’innovation. Cette
nouvelle conscience sera représentée à Djibouti par des
esprits libres et sincères qui y sont présents, mais qui ont
été privés de toutes les formes légitimes d’expression.
C’est ainsi qu’une infrastructure compétente pourra être mise
sur pied pour que renaisse une véritable identité nationale,
un patriotisme serein, un rythme d’évolution sociale permettant de
rejeter le tribalisme, le clanisme, en gros le nationalisme dénaturé
et haineux.

Ces conditions permettront
d’abolir cette forme d’apartheid social et de mobiliser autour de ces idées
nouvelles pour le pays, les hommes et les femmes qui ont toujours refusés
d’être intégrés dans le vieux système de l’Etat-parti
qu’Ismail Omar continue à diriger, qui n’aboutit qu’à des querelles
intestines et qui ne porte plus aucune espérance.

Certes les vagues permanentes
de répressions et le climat de terreur et de délation ont fortement
enracinés la peur, la méfiance et la docilité. Elles
ont fait accepter, comme inéluctable, l’auto-sélection au profit
de responsables sélectionnés sur les bases de la souplesse de
leur échine et d’un dosage d’appartenances ethniques et/ou claniques.

Seule l’option nationale
pour constituer une communauté réellement patriotique et solidaire
capable de rassembler tous les démocrates peut générer
la promotion unitaire du pays et permettre la naissance de la vraie notion
de souveraineté du peuple, de la suprématie des Lois, de la
distribution du pouvoir, de la création d’un système politique
reflétant les attentes et les diversités de la société.

En synthèse, un
système visant à faire cesser l’aliénation du peuple
par l’homme fort qui a accaparé le pouvoir au profit du pouvoir rendu
au peuple sur la base de la Loi et de la justice et non plus de l’arbitraire.

Sergent
Ariko
Tilburg – Hollande.

 

20/02/03 (B185) Les Vingt-trois cancres de la liberté de la presse. Le portrait de Guelleh et de vingt deux de ses collégues brocardés toute la journée à Paris, dans le cadre d’une opération organisée par RSF, contre les chefs d’Etat liberticides.

IOG devrait être
fier de lui ! Son portrait, avec celui de 22 autres Présidents africains
liberticides, est exposé aux alentours du Palais des Congrés
à Paris. Il ne se sentira pas seul, car les portraits de plusieurs
de ses copains, (mais aussi de ses anciens copains devenus nouveaux ennemis,
de ses anciens ennemis devenus nouveaux copains), sont placardés et
désignés à l’opinion mondiale ! (Ethiopie, Erythrée,
Libye, …)

_____________________
Communiqué de RSF

Liberté de la
presse

20 février 2003

XXIIe Sommet France-Afrique

Reporters sans frontières
dénonce vingt-trois « cancres » de la liberté de la
presse et organise une opération à Paris

Parmi la cinquantaine
de pays qui participent à la XXIIe Conférence des chefs d’Etat
d’Afrique et de France, du 19 au 21 février 2003, à Paris, vingt-trois
bafouent quotidiennement la liberté de la presse. Dans ces pays, des
journalistes continuent d’être assassinés, arrêtés,
agressés ou menacés, et des médias sont régulièrement
censurés, saisis ou interdits. Les lois sur la presse y sont souvent
liberticides et les autorités supportent mal les critiques de la presse
indépendante ou d’opposition. Ces vingt-trois Etats ont pourtant signé
de multiples traités et textes internationaux garantissant la liberté
d’expression.

Reporters sans frontières
demande à la France et aux Etats africains respectueux de la liberté
de la presse d’aborder ce sujet pendant le sommet et d’user de leur influence
auprès des vingt-trois pays dénoncés par l’organisation
afin que soit garantie la liberté d’expression sur l’ensemble du continent.
Reporters sans frontières appelle également les Etats africains
à libérer les 36 journalistes actuellement détenus en
Afrique.

L’Erythrée est
la plus grande prison du monde pour les journalistes (dix-huit incarcérés).
C’est la première fois depuis de nombreuses années qu’un pays
africain occupe la première place de ce bien triste podium. La presse
privée est interdite en Erythrée depuis septembre 2001.

La deuxième médaille
d’or revient à la Libye, qui détient le record du plus ancien
journaliste emprisonné dans le monde. Abdullah Ali al-Sanussi al-Darrat
serait détenu sans inculpation ni procès depuis 1973. Son lieu
de détention et son état de santé demeurent inconnus.
Les autorités libyennes n’ont jamais apporté de réponse
aux questions de Reporters sans frontières sur le sort de ce journaliste.

D’autres professionnels
de la presse sont actuellement emprisonnés en Ethiopie, en République
démocratique du Congo, au Rwanda, en Sierra Leone, au Tchad, au Togo
et en Tunisie. Certains ont été condamnés à de
lourdes peines de prison et sont détenus dans des conditions particulièrement
éprouvantes.

Par ailleurs, au Liberia,
en 2002, un journaliste est resté détenu pendant plusieurs mois
au secret avant d’être libéré et contraint de quitter
le pays. Au Zimbabwe, en 2002, une trentaine de professionnels des médias
sont interpellés par les forces de l’ordre. Les journalistes étrangers
sont désormais admis sur le territoire au compte-gouttes et plusieurs
ont déjà été expulsés. Les correspondants
et envoyés spéciaux de la presse étrangère ont
également d’énormes difficultés à travailler en
Côte d’Ivoire. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés
depuis la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002 et les menaces et
agressions sont quasi quotidiennes.

L’impunité dans
les cas d’assassinats de journalistes reste la règle en Afrique. La
condamnation des meurtriers de Carlos Cardoso, directeur d’un hebdomadaire,
au Mozambique, ne suffit pas pour faire oublier les nombreux autres cas restés
impunis. Le dossier Zongo, au Burkina Faso, est exemplaire de ce manque de
volonté des autorités politiques et judiciaires de faire la
lumière dans ces affaires.

La censure est une arme
utilisée très régulièrement par certains Etats
africains pour museler la presse indépendante. En Mauritanie et au
Togo, des médias ont été récemment réduits
au silence. Les autorités usent et abusent des lois sur la presse pour
saisir des exemplaires de journaux et faire taire les voix les plus critiques.

Internet, qui n’était
pas jusque-ici un véritable enjeu au regard du faible taux de connexions,
est de plus en plus surveillé et contrôlé par les autorités.
En Tunisie, Zouhair Yahyaoui, fondateur et animateur du site d’informations
TUNeZINE, est détenu depuis juin 2002 et a été condamné
à deux ans de prison. Le jeune homme, dont le site diffusait des documents
de l’opposition, avait brocardé, à plusieurs reprises, le président
Ben Ali. Il a été torturé lors de ses interrogatoires.

Dans de nombreux pays
du continent, les journalistes travaillent sous une forte pression, qui renforce
l’autocensure au sein de la presse publique et privée. C’est notamment
le cas à Djibouti, en Gambie, en Guinée,
en Guinée-Bissau, en République centrafricaine, aux Seychelles,
au Soudan et au Swaziland. En Guinée équatoriale, des journalistes
ont quitté leur pays au cours des derniers mois par peur des représailles.

Enfin, Reporters sans
frontières rappelle que les violations de la liberté de la presse
ne sont pas l’apanage des responsables du pouvoir en place. Dans plusieurs
pays africains, des groupes rebelles, des milices, des organisations confessionnelles
ou des militants de l’opposition s’en prennent également aux journalistes.
C’est notamment le cas en République démocratique du Congo,
en Côte d’Ivoire et au Nigeria.

Reporters sans frontières
organise une opération à Paris.

Le jeudi 20 février
à 10 heures, vingt-trois militants de Reporters sans frontières
se rendront devant le Palais des congrès de Paris, où se tient
le XXIIe Sommet France-Afrique, revêtus de tee-shirts à l’effigie
des vingt-trois « cancres » de la liberté de la presse dénoncés
par l’organisation. Une photographie de classe de ces mauvais élèves
sera également distribuée à la presse et trois camions
publicitaires circuleront autour du Palais des congrès toute la journée
pour montrer leurs visages au public. Pour alerter les passants, des affichettes
ont été placardées aux alentours de la porte Maillot
dans la matinée.


Les 23 cancres de la liberté de la presse
Burkina Faso : Blaise Compaoré
Centrafrique : Ange-Félix Patassé
Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo
Djibouti : Ismaël Omar Guelleh
Erythrée : Issaias Afeworki
Ethiopie : Meles Zenawi
Gambie : Yaya Jammeh
Guinée : Lansana Conté
Guinée équatoriale : T. Obiang Nguema
Guinée-Bissau : Kumba Yala
Liberia : Charles Taylor
Libye : Mouammar Kadhafi
Mauritanie : Maaouya Ould Taya
RD Congo : Joseph Kabila
Rwanda : Paul Kagame
Seychelles : France-Albert René
Sierra Leone : Ahmed Tejan Kabbah
Soudan : Omar al-Bechir
Swaziland : Mswati III
Tchad : Idriss Deby
Togo : Gnassingbé Eyadéma
Tunisie : Zine el-Abidine Ben Ali
Zimbabwe : Robert Mugabe

REPORTERS SANS FRONTIERES
SECRETARIAT INTERNATIONAL
5 rue Geoffroy-Marie 75009 Paris / France
Tél. : 33 . 1 . 44 . 83 . 84 . 84 / Fax : 33. 1. 45 . 23 . 11. 51
Site Internet : www.rsf.org
Bureau Afrique : Jean-François Julliard : 01 44 83 84 84 – afrique@rsf.org
Bureau Maghreb : Virginie Locussol : 01 44 83 84 84 – norddelafrique@rsf.org
Visuels disponibles sur demande : communication@rsf.org