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30/08/2013 (Brève 187) ALERTE ROUGE : Guelleh, la gaffe de trop ?

En faisant pression sur les autorités yéménites et en particulier sur certaines personnalités ciblées du gouvernement qui pourraient lui être le plus favorables (premier ministre et/ou ministre de l’intérieur, par exemple ?) pour obtenir qu’on lui livre pieds et poings liés Mohamed Alhoumekani, Guelleh a commis une nouvelle fois, une très grosse erreur.

Uniquement motivé par son désir de vengeance à l’encontre d’un témoin qui a simplement dénoncé ses turpitudes et sa possible implication dans la commandite de l’assassinat du Juge Bernard Borrel, il a réveillé l’opinion publique française et internationale. Tous les grands media : journaux, radio, TV français ont repris les informations et reprennent l’affaire de l’assassinat. Il est au centre des doutes et des suspicions.

Pour obtenir l’accord d’extradition par le Yémen, il a déployé les grands moyens :
1°) fabrication d’un dossier fictif monté de tous pièces pour justifier des accusations criminelles,
2°) envoi du Général Fathi dans un avion militaire pour le récupérer à Sanaa.

Pour le moment le déploiement de ces moyens disproportionnés n’a pas été couronné de succès, sauf à faire incarcérer Alhoumékani à Sanaa. En revanche, il a réveillé l’opinion publique et probablement l’instruction en France pour assassinat, instruction qui avait une fâcheuse tendance à s’endormir …ce qui ne pouvait que le servir et bien arranger aussi les intérêts du gouvernement français.

Il attire aussi l’attention sur les dissensions probables au sein du gouvernement yéménite et sur la réelle volonté de respecter les droits de l’homme. Le pays n’avait certainement pas besoin d’une telle publicité internationale.

Bref, encore une erreur de Bobard 1er, le génie de la Corne de l’Afrique et un résultat pitoyable pour le moment. Est-ce sa dernière erreur ? Espérons que le peuple comprendra enfin que le « colosse » a des pieds d’argile et qu’il est temps de le licencier pour faute grave…

07/03/03 (B187) Une lectrice pose une question à l’occasion du symposium de la langue AFAR, qui se tient actuellement.

Tout d’abord, je voudrais
saluer les hôtes et les organisateurs du symposium.

Comme nous savons tous
la situation du peuple Afar est précaire où que se soit dans
la sous-région. L’identité Afar transcende toute notre existence
comme peuple. À la manière de l’un de nos grands chanteurs;
« QAFAR BARY MIGAQ LEH MILA AWKI»

D’ailleurs, l’idée
du symposium est géniale, intéressante et stimulante.

COMMENT LE SAVOIR
PRODUIT LORS DES GRANDES CONFÉRENCES ET CELUI QUI EST PRODUIT PAR LES
INTELLECTUELS PEUT-IL SERVIR À CONNAÎTRE LES ENJEUX DE DJIBOUTI
(ÉCONOMIQUES, CULTURELS, SOCIAUX ET POLITIQUES) ET DES AFARS ET NON
PAS ÊTRE RÉCUPÉRÉ PAR LES ÉLITES GOUVERNEMENTALES
AFIN DE DIVISER ENCORE PLUS LE PAYS?

Merci

Fiqa

07/03/03 (B187) A lire un article sur l’Afrique: prise en charge des africains comme substitut à la françafrique, vivifiant.

http://www.journaldujeudi.com/semaine/edito.htm

La France de papa blague
l’Afrique des enfants

La France, chante Zêdess,
« c’est comme une mobylette. Pour avancer, il (lui) faut du mélange! »
Un mélange avec ces nombreux Africains, qu’ils soient « Black »
ou « Beur », qui ont donné, et qui continuent de donner beaucoup
au rayonnement du pays des Gaulois dans le monde. Mais, il faut le savoir,
« la politique France-Afrique, c’est du blaguer-tuer ». Et ce n’est
pas Tiken Jah Fakoly qui dira le contraire…

La douce France a reçu,
la semaine dernière, sur les bords de la Seine, l’Afrique politique.
Ce 22e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique et de France a
enregistré la présence de 52 États dont 42 ont été
représentés par des chefs d’Etat et de gouvernement. Un vrai
record en 30 ans de rencontres. C’est « la plus importante participation
que nous ayons connue », s’est d’ailleurs félicité le chef
de l’État français, à la clôture de la rencontre.
Un sommet qui aura permis à un Jacques Chirac désormais débarrassé
de la cohabitation, de réaffirmer que « l’Afrique est au coeur
des priorités de la France ».

En fait, la conjoncture
sociopolitique en Afrique, ces derniers mois, ne justifie-t-elle pas ce déplacement
massif de nos têtes couronnées vers l’Hexagone où, à
l’ombre de l’ancienne puissance colonisatrice, on ne se gêne plus, 43
ans après les indépendances, à aller chercher réconfort,
soutien, devises et leadership? Les points chauds sont, en effet, nombreux
dans cette Afrique qui n’en finit pas d’avoir mal à la Côte d’Ivoire,
mais aussi en République centrafricaine, en République démocratique
du Congo et bien ailleurs. Si la Françafrique fait bloc contre une
guerre aveugle en Irak, elle n’arrive pas à trouver la bonne combinaison
pour éteindre les feux qui embrasent le continent noir.

Tout au plus a-t-on sonné
l’hallali de l’impunité – tiens, Halidou Ouédraogo, qu’on n’entend
plus par ici, serait-il passé par là? – sans pour autant ériger
formellement les balises de la nouvelle vision politique envisagée.
On retiendra cependant ces mots du Maître de cérémonie,
Jacques Chirac, qui note que « vous et nous ne pouvons légitimer
le recours à la violence, laisser s’installer des zones grises et de
non-droit, laisser des provinces entières tomber en déshérence ».
Soit! Mais l’Afrique a besoin d’autre chose que de simples énoncés
de principes enjoliveurs qui, à force d’être répétés
indéfiniment, produisent, bien souvent, l’effet contraire à
celui escompté.

Certes, il ne s’agit pas
pour l’Afrique de réinventer la roue et de vivre en autarcie, se privant
de l’aide que pourrait lui apporter la France dans un esprit bien compris
de partenariat. Mais, ces conclaves bisannuels seraient autrement profitables
à l’Afrique s’ils contribuaient à sortir les dirigeants africains
de leur coupable passivité. Et si on osait imaginer l’Afrique sans
la France au lieu de toujours gloser sur ce que serait aujourd’hui la France
sans l’Afrique? Et si, finalement et courageusement, les Africains assumaient
leur passé et essayaient résolument de bâtir l’avenir
en prenant appui sur le présent? Se contenter d’avoir un passé,
douloureux et plein de facteurs handicapants pour le développement,
plutôt que d’être ce passé, de le traîner invariablement
comme un boulet aux pieds, voilà peut-être la première
résolution à prendre pour s’affranchir d’une tutelle qui nous
colle à la peau.

C’est, du reste, cette
leçon de sagesse que donne l’ancien Premier ministre centrafricain,
Jean-Paul Ngoupandé, à travers son livre « L’Afrique sans
la France » publié en 2002 aux Éditions Albin Michel. Alternant
le réquisitoire et le plaidoyer sur 395 pages, l’auteur incite, en
fait, « les Africains à se prendre en charge, avant d’être
définitivement laissés sur le bas-côté d’une histoire
qui avance sans eux ». Grands Dieux! Quand se rendra-t-on à l’évidence
que l’Afrique reste empêtrée dans des contradictions et des contre-performances
inouïes, tandis que « la France n’est plus là pour payer les
fins de mois de dictateurs impécunieux ou se faire l’avocate de ses
obligés dans les instances internationales »? Quand prendra-t-on
conscience que l’Afrique doit « apprendre à se débrouiller
seule, à compter sur ses propres forces, qui sont loin d’être
négligeables, à condition de savoir les utiliser, et à
cesser de faire porter au mauvais sort et aux anciens colonisateurs la responsabilité
des déboires qu’elle traverse »?

Le temps presse. Mais
en attendant, si on n’y prend garde, « ils » vont nous « blaguer-tuer ».
Car, foi de Tiken Jah Fakoly, « ils nous vendent des armes pendant que
nous nous battons. Ils pillent nos richesses et se disent être surpris
de voir l’Afrique toujours en guerre. Ils cautionnent la dictature, tout ça
pour nous affamer »…

J.J.

06/03/03 (B187) A la suite de l’information concernant sa demande de comparution devant la Justice française, le courageux et téméraire député Ali Mohamed Awad, dit Roubah est rentré à Djibouti toutes affaires cessantes.

Le 4 mars, nous avions
fait état d’une information judiciaire, selon laquelle le député
dit Roubah serait convoqué par la justice française pour s’exprimer
devant la juge d’instruction en charge de l’affaire Borrel.

Le courageux député
à choisi la fuite pour ne pas répondre à la Justice française.
Il est rentré à Djibouti en urgence absolue. On nous signale
son arrivée ce matin sur le territoire de la République. Guelleh
va-t-il continuer à nous faire croire, qu’il n’a rien à cacher
dans ce dossier ?

06/03/03 (B187) ALERTE ROUGE. Vers un nouveau massacre à Arhiba depuis ce matin. Déjà un mort. !

 

Les forces de la
FNP, commandée par le Colonel Hassan Djama, sous l’autorité
d’Hassan Saïd, ont encerclé la cité d’Arrhiba depuis
ce matin 6 mars 2003 à 6 heures. On parle déjà d’un
mort. Le bilan exact n’est pas encore connu avec certitude à l’heure
actuelle, mais on peut craindre qu’il ne soit beaucoup plus lourd.

Pourquoi Arrhiba ?
Ce quartier avait déjà été victime d’une répression
sanguinaire en décembre 1991, ou près de cinquante civils innocents
avaient trouvé la mort, sous les balles tirées froidement et
à bout portant par les forces placées sous l’autorité
de feu le Général Yacin Yabeh.

Les Djiboutiens commémorent
chaque année l’anniversaire de ce massacre en manifestant devant les
Ambassades de Djibouti en particulier à Paris et à Bruxelles.

Nous attendons des nouvelles
complémentaires sur les raisons de cette nouvelle provocation policière
de Guelleh, qui ne doit plus se contenir, fort d’un succès électoral
usurpé qui lui a permis de disposer de 100 % de députés
en sa faveur, dont certains cumulent cette fonction avec un emploi de Ministres
ou même de Premier des Ministres.

06/03/03 (B187) Alerte sur les massacres d’enfant au Congo-Brazzaville.

Massacre des enfants
du Congo- Brazzaville :

La responsabilité
de l’Etat et des leaders politiques !

Par Brice Arsène
MANKOU, Président du Centre Congolais Pour la Promotion et la Défense
des Droits de l’enfant ( CPDE)

L’enfance au Congo-
Brazzaville ne cesse de payer le lourd tribut de ce qu’il est convient
d’appeler dans ce pays situé en Afrique centrale « la bêtise
humaine ».En effet, c’est depuis 1993, que nous avons subi la première
guerre civile qui a coûté la vie à plus de 5000 civils
parmi lesquels de nombreux enfants, victimes de la folie meurtrière
d’une classe politique incapable de résoudre ses différends
par le dialogue. Mais avant de parler de ce massacre d’enfants en 1997,
il convient d’évoquer d’abord le contexte politique, économique
et social qui a prévalu à cette période.

1/Le Contexte Politique,
Economique et Social :

Depuis 1993, le Congo-Brazzaville
est marqué par une spirale de la violence armée, caractérisée
par les conflits armés opposant les forces gouvernementales et les
milices des principaux partis politiques du pays.

Les principales milices
sont les « cobras », milice de l’actuel chef de l’Etat,
le Général d’armée Denis SASSOU NGUESSO, revenu
au pouvoir à l’issue d’une guerre des milices qui l’avait
opposé à Pascal LISSOUBA dont les miliciens se nomment les «
Cocoyes », mambas, aubevillois » et les « Ninjas »
de Bernard KOLELAS.

Quatre ans après,
c’est à dire en 1997, le pays connaît une deuxième
guerre civile qui fera un peu plus de 15000 morts et de nombreux dégâts
matériels.

Il faut dire qu’après
les guerres civiles de 1993 et 1997, les différentes milices armées
de ces principaux leaders de la classe politique congolaise n’étaient
pas démobilisées et les armes de guerre non récupérées.
C’est dans ce climat d’insécurité généralisé
que les enfants vont être pris entre deux feux, celui des forces gouvernementales
et celui des milices à la solde de ces leaders qui avaient choisi d’embraser
le Congo-Brazzaville.

Sur le plan économique,
ces conflits armés ont entraîné l’arrêt du
chemin de fer Congolais, des pillages de nombreuses entreprises d’Etat
et privées.

Ce qui naturellement a
entraîné beaucoup de conséquences sur le plan social parmi
celles-ci on peut citer :

– L’exacerbation
du tribalisme (beaucoup de couples disloqués, beaucoup d’enfants
renié par leurs parents à cause de l’appartenance de l’un
ou l’autre des conjoints), beaucoup d’enfants, victimes de ces conflits
ont été exécutés à cause de leur appartenance
ethnique.

2/Violations Massives
des Droits de l’enfant en toute impunité :

La première victime
de la guerre du 05 juin 1997 va être un enfant qui revenait de l’école
avec son cartable sur le dos. Abattu froidement non loin du port de Brazzaville,
cette image va faire le tour du monde. Le Centre Congolais Pour la Promotion
et la Défense des Droits de l’enfant ( CPDE), principale Organisation
des droits de l’enfant au Congo- Brazzaville va dès lors s’activer
à travers les appels et les communiqués de presse, d’appeler
les belligérants à observer un cessez-le-feu et d’appliquer
les règles du Droit International Humanitaire qui s’applique aux
enfants (personnes vulnérables au même titre que les femmes)
en cas de conflit armé. Ces règles sont contenues dans la convention
relative aux Droits de l’enfant ratifiée par le Congo- Brazzaville
en novembre 1993. L’article de la convention des droits de l’enfant
qui a le plus été violé est le suivant :

– l’article 6 : l’enfant
a droit à la vie, à la survie

A cause des exécutions
d’enfants. Au moins 1000 enfants ont été exécutés
par les miliciens de Pascal LISSOUBA, Denis SASSOU NGUESSO et BERNARD KOLELAS.

3/ Enfants soldats
et enrôlement des enfants dans les milices armées : Denis SASSOU
NGUESSO, PASCAL LISSOUBA et BERNARD Responsables !

La convention est pourtant
claire, les enfants de moins de 15 ans ne peuvent directement participer aux
hostilités. Mais au Congo, cette disposition n’a guère
été respectée par ces trois responsables politiques.
Par conséquent, les enfants de moins de 15 ans ont été
utilisés comme chair à canon en leur proposant de la drogue
et d’autres stupéfiants. Dès lors, beaucoup parmi eux ont
violé, pillé et tué. Ces leaders appelaient ce phénomène
« l’effort de guerre »

Après enquête,
le CPDE, a pu dénombrer :

– 105 enfants–soldats
recrutés par les « Cobras »,

– tandis que les «
Ninjas » ont recruté 200 enfants

– et les « cocoyes
» quant eux ont eu 400 enfants-soldats.

4/ Menaces des Militants
du CPDE à cause de ces allégations :

Devant les violations
des droits de l’enfant, il aurait fallu se taire, avait pensé
ces leaders. Non, avait répondu Le Président du CPDE, Brice
Arsène MANKOU, journaliste qui à travers ce rapport sur le massacre
d’enfants à pensé :

-Permettre la manifestation
de la vérité sur ces massacres marqués du sceau de l’impunité.

-Aider la Communauté
Internationale, notamment le Comité des Droits de l’enfant des
Nations-Unies à interpeller l‘actuel gouvernement Congolais sur
sa responsabilité dans ces massacres.

Pour avoir dénoncé,
ces violations, les membres du CPDE ont été menacés,
son président contraint à l’exil a vu son domicile être
perquisitionné avant d’avoir été interpellé
par la sécurité d’Etat.

Aujourd’hui en France,
le combat continue. Car les droits de l’enfant constituent, un sacerdoce
pour nous.

5/ Les cas des viols
des mineures et le Droit à l’éducation :

Les miliciens drogués
et le contingent angolais venus en renfort à la milice de Denis SASSOU
NGUESSO sont des principaux responsables des cas de viols des mineures qui
ont eu cours lors de ces massacres. Beaucoup parmi elles dont l’âge
varie entre 10 à 15 ans sont aujourd’hui porteuses du VIH.

Quant à l’école,
plus de 6000 enfants de la région du Pool (sud du Congo) sont exclus
du système éducatif à cause de ces conflits. Aujourd’hui,
les années blanches se multiplient dans cette région, pourtant
dans le droit à l’éducation des enfants le principe de
l’égalité des chances est primordial.

6/ Les Recommandations
à l’Etat et à la Communauté Internationale :

Le CPDE demande au gouvernement
actuel de :

-Faire de la protection
et respect des droits de l’enfant, l’une des priorités de
l’action gouvernementale

-Dissoudre toutes les
milices armées et de procéder immédiatement à
leur réinsertion sociale.

Aux parents des enfants
:

  • De se constituer en
    associations de parents dont les enfants ont été victimes
    de la guerre pour ester en justice contre l’enrôlement dans les
    milices de leurs enfants.
  • De préparer
    des plaintes contre Denis SASSOU NGUESSO, Pascal LISSOUBA, Bernard KOLELAS,
    principaux responsables de ces conflits armés.

A la Communauté
Internationale, notamment à l’ONU, l’OUA, les Etats-Unis
d’Amérique, le Comité des droits de l’enfant, le groupe
des ONG pour l’application de la convention des droits de l’enfant,
DEI,

  • D’inclure une
    clause sur le respect des droits de l’enfant dans tout accord avec
    le Congo-Brazzaville
  • D’interpeller
    le gouvernement Congolais sur les massacres, les violations massives des
    droits de l’enfant.
  • De favoriser une enquête
    internationale sur ces massacres
  • De désigner
    un Rapporteur spécial sur les Droits Humains au Congo- Brazzaville.

Pour lire ce document
qui paraîtra prochainement sous forme de brochure aux éditions
jeunesse et Droit, pour aider le CPDE merci de contacter son président
:

Brice
Arsène MANKOU

journaliste et Président du Centre Congolais pour la
Promotion et la Défense des droits de l’enfant( CPDE)
4, résidence st marc, chez Mme Nicole VERCHERE
77000, VAUX LE PENIL ( France)
té/fax :0160689595 ; 0684423249
e-mail : bamankou@yahoo.fr

06/03/03 (B187) Des émeutes au centre d’accueil des oprhelins. On parle de plusieurs victimes parmi les orphelins et de brutalités policières indescriptibles, qui seraient condamnés par Gouled (?)

On signale, depuis hier
soir, que des émeutes ont commencé au centre d’accueil « Mère
et enfant ». Ce centre avait ouvert ses portes sous l’impulsion de l’épouse
de l’ancien dictateur Hassan Gouled Aptidon. Il accueille des orphelins et
des orphelines. Nous ne savons pas pour quelles raisons, les pensionnaires
ont décidé de protester depuis hier soir.

Il est probable que les
conditions de vie ont atteint le seuil de l’intolérable. Que représentent
des orphelins aux yeux de Guelleh et de ses sbires ?

Toujours est-il que la
police est intervenue avec la plus grande brutalité : on parle de plusieurs
blessés. Certains ont été véritablement tabassés
par les policiers et d’autres seraient incarcérés. Il est facile d’imaginer
dans quelles conditions !

Des rumeurs disent que
Gouled serait fort mécontent, estimant, entre autres choses, que Guelleh insulte
la mémoire de son ancienne épouse.

06/03/03 (B187) Mohamed Qayaad réagit à la lettre du Sergent Ariko.

C’est avec étonnement,
pour ne pas dire plus, que j’ai pris connaissance de la chronique d’Ariko
au sujet de l’UAD.

Passe encore qu’ Ariko ressasse, à destination des lecteurs de l’ARDHD,
les arguments mercantiles par lesquels il tente de justifier son point de
vue à l’égard de ladite opposition.

Bien que ces arguments n’aient convaincu ni les lecteurs de l’ardhd qui manifesteront
leurs réserves,ni les militants de l’UAD,Ariko affirme sans sourciller
que sa démarche  » a reçu l’approbation, claire et nette,
des lecteurs de l’ardhd « …

A ses yeux, en effet, Dini/DAF sont de grands enfants – qu’il s’arroge le
droit de sermonner solennellement :  » (…) il est un dogme  »
beuveméryen  » que L’UAD doit garder à l’esprit, à
l’heure où certains de ses membres s’impliquent dans des activités
militantes : il s’agit du nécessaire refus, par les opposants, de tout
engagement partisan. C’est la première garantie d’indépendance
qu’il (Ariko) doit à ses lecteurs « .
Ainsi, sympathisants et  » Amis de l’UAD « , premiers garants de l’indépendance
de leur parti, sont invités à se méfier des  » activités
militantes  » de certains d’entre eux : sans doute faut-il leur préférer
les activités mondistes ou mondaines…

Quant au refus de l’engagement
partisan – dans un parti, pour un parti, pour un parti-pris ? On ne sait,
mais qu’importe ! -, il permet au sergent Ariko de faire passer tout désaccord
politique pour un engagement pernicieux.

Quelle est cette opposition qui pourrait menacer le GED? Quel est ce clone
qui rôderait dans les couloirs de ce gouvernement illégitime?(juridiquement
parlant). Le grand  » surveillant  » Ariko sait fort bien qu’il n’existe
pas. Alors pourquoi cette perfidie ?

A lire la  » chronique  » d’Ariko, on ne peut que rester confondu
devant une telle profession de mauvaise foi, s’agissant de la critique d’un
homme qui n’a de cesse de transgresser les principes qu’il prétend
imposer aux autres.

Tour à tour,Ariko va utiliser la séduction par la personne et
le recours à la peur.

Le recours à la
peur est patent lorsqu’il parle de MM DINI/DAF,nous sommes en face d’une véritable
entreprise de désinformation,c’est à dire de cadrage menteur.

Qui surtout, s’est intéressé au sort de la famille de DAF,
ses biens spoliés ? aucune estimation avancée. Aucun mot n’a
été prononcé pour rendre le moindre hommage, exprimer
le moindre regret, ô combien symbolique ! à sa famille, ses proches
déçus dans tous leurs espoirs, plus que jamais écrasés,
dominés, d’une impudente simplicité, du sabre et du goupillon.

Il ne s’agit pas
de faire de l’angélisme, de nier ses défauts, mais de noter
pourquoi un tel harcèlement contre un « délinquant »
? Est-il dangereux pour le peuple djiboutien ? J’en doute fort…
La vérité est ailleurs…

Enfin, que nous apprennent-elles,
les grandes histoires religieuses et littéraires ? Une vérité
est la même vérité.

Cet homme ô combien
courageux ! fait voir trop la vérité, démasque trop souvent
les actes de ministres larbins et trop facilement.

Ariko reprend alors,sur
le mode de la répétition, je le cite :
Grâce à vous, membres de l’opposition, Guelleh peut dormir
tranquille à l’ombre de son Palais et il n’a pas à envoyer la
FNP à chaque fois qu’il est informé d’une réunion de
l’opposition. Il n’y en a pas, ce qui lui simplibie singulièrement
les choses.

Les thèmes déja
utilisés par le pouvoir en place.Une analyse sémantique du langage
utilisé par Ariko pour qualifier les prises de position des opposants
à l’ordre dictatorial établi peut révéler un autre
mécanisme idéologique assez subtil.

Il n’est pas rare d’y
voir qualifié l’opposant d’extrémiste ou d’y constater
une assimilation des protestataires à une bande de délinquants.

Encore plus couramment,une
opposition est facilement contextualisée à l’aide de termes
comme émeute, conspiration, rebelles, violence, minorité,
agitation
etc…On en arrive ainsi à associer inconsciemment l’opposition
à de l’illégitime et de l’inquiétant alors
que l’ordre est défini comme légitime et rassurant.

En structurant l’information
à partir de la dichotomi e légitime / illégitime,son
discours ne favorise de prises de position plus nuancées.

Cela définit donc
une problématique le plus souvent simplificatrice et stéréotypée,ahistorique
et dichotomique, à l’intérieur de laquelle les individus récepteurs
des messages sont amenés à se situer et à se représenter
les mécanismes de décision politique de leur société.

L’usage de la répétition
est très flagrant chez le sergent car cela crée de toutes pièces,artificiellement
du seul fait de ce mécanisme,un sentiment d’évidence.

Le peuple djiboutien est
en colère. Le pouvoir savait aussi, à l’avance que la grogne
se propageait du Héron jusqu’à Balbala. Mais il n’en avait cure,
car il savait bien qu’aucun membre de l’opposition déclarée
ne se mettrait en travers du pouvoir de Guelleh.

Ce qui nous (les internautes)
parait étrange et sans fondement la première fois-parce que
non argumenté- finit par paraitre acceptable,puis normal,au fil des
répétitions.

Cette technique crée
l’impression que ce qui est dit et répété à quelque
part,très en amont,été argumenté.

La répétition
fonctionne sur l’oubli que l’on n’a jamais expliqué ce qu’on répète.

Elle crée un état
de fatigue mentale,qui est propice à l’assujettissement à la
volonté de celui qui exerce cette publicité tapageuse.

La manipulation de la
parole,là comme ailleurs,progresse en instaurant d’abord un renouveau
de la parole.

Aux nouveaux messianismes
guelliens,évoqués plus haut s’ajoutent les tentatives de renouveau
identitaire,qui visent à dissoudre l’idée de citoyenneté
et à la remplacer par une appartenance »ethnique » toujours
fantasmée.

L' »identité
 » est souvent inventée de toutes pièces,parfois même
consciemment,en vue de construire des « communautés argumentatives »
le plus souvent excluantes.

Certains cherchent aujourd’hui
à nous convaincre que l’on est d’abord « d’une ethnie »ou « sous
clan »,et cela dans notre pays qui avait construit,pour reprendre l’expression
de Dominique Schnapper,une »communauté de citoyens ».

C’est pourquoi sa vertu
virtuelle réside dans une certaine ambiguité qui permet à
chacun de projeter le plus librement possible ses propres aspirations.

Ariko est celui qui veut
convaincre qu’il est le bon alors qu’il n’a pas compris que le salut des hommes
se joue dans leur aptitude à prendre conscience qu’ils vivent dans
l’illusion et sont en possession d’un savoir trompeur qui les détourne
de leur tache véritable.

Pour cela,il va faire
croire à l’auditoire,par différents stratégies,qu’il
pense comme lui-Mieux:s’adressant à plusieurs auditoires particuliers,il
va faire croire à chacun d’eux qu’il pense comme eux.

Ce séducteur n’est
pas un déducteur,il n’affirme pas son point de vue propre,il se coule
dans le point de vue d’autrui.Comme le dit joliment Bellenger, » séduire
c’est mourir comme réalité et se produire comme leurre ».

Difficile ici d’évaluer
la sincérité de ce discours d’Ariko tenu dans l’espace public,quand
on sait par ailleurs le peu de caractère humanitaire de ces propos
tenus sur l’UAD (cf sa réponse),nous serions dans l’épure d’une
séduction démagogique où l’orate ur va dans le sens d’une
partie du public sans partager pour autant l’opinion qu’il défend,afin
d’en attirer les bonnes graces sur sa personne.

Là est sans doute
le principal effet pervers de la manipulation chez « Ariko »,qui pousse
à la méfiance et à la mise en doute systématique
de la parole d’autrui.

Cet effet de la manipulation
est fortement discriminatoire.Entre les plus faibles qui se laissent influencer
(et chacun d’entre nous à une part fa le) et les plus forts qui savent
décoder les situations auxquelles ils sont soumis,toute classe moyenne
se protège d’une influence qu’elle percoit dans son intention,mais
qu’elle ne comprend pas dans ses procédés .

Mohamed
Qayaad