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31/08/2013 (Brève 196) ALERTE ROUGE – LIBERATION / les fils du juge Borrel dénoncent des pressions (Même article que Le Point)

Les fils du juge Borrel ont demandé samedi au président de la République et aux ministres de la Justice et des Affaires étrangères d' »agir sans délai » pour que cessent menaces et pressions de Djibouti pour obtenir l’extradition d’un témoin-clé dans cette affaire.

Mohamed Saleh Alhoumekani avait mis en cause, dans la mort en 1995 du magistrat français Bernard Borrel, l’actuel président djiboutien Ismaël Omar Guelleh et son entourage. Il a été interpellé au Yémen la semaine dernière, selon son avocat Me Luc Cambier, qui redoute son renvoi vers Djibouti. Mais les autorités yéménites, citées mardi par le ministre belge des Affaires étrangères, ont assuré qu’il ne risquait pas d’être extradé.

Dans un communiqué de leur avocat Me Laurent de Caunes, Louis-Alexandre et François-Xavier Borrel, fils du juge, demandent à François Hollande et à ses ministres, « ainsi qu’à tous les responsables politiques attachés à la défense des droits de l’Homme, d’agir sans délai pour que cessent les menaces et les pressions qu’exerce le gouvernement de Djibouti pour obtenir, contre toutes les règles du droit international, son extradition ».

« Ils savent, par l’expérience tirée de l’instruction, que les autorités djiboutiennes n’ont jamais cessé de tenter d’intimider, d’influencer ou de faire taire les témoins les mettant en cause dans la mort de leur père, et ce qui se passe en ce moment en est une nouvelle – et peut-être dernière – illustration », ajoutent-ils.

De son côté, l’Association pour le respect des droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD) a estimé dans un communiqué que « la pression et la manipulation s’intensifient vers le gouvernement du Yémen pour qu’il extrade vers Djibouti » Mohamed Saleh Alhoumekani. Il pourrait être jugé extradable dans le week-end, « entraînant de fait le risque de clôture de l’instruction en cours en France », affirme l’ARDHD.

Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti. Son coprs étaient en partie carbonisé. Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide. Mais en se basant sur de nouvelles expertises et témoignages, l’enquête française privilégie désormais celle d’un assassinat.

08/05/03 (B196/2) L’affaire DAF : une faute politique majeure de Guelleh. Pourait-elle devenir l’événement qui marquera le début de la chute du régime ? (Jean-Loup Schaal)

En harcelant DAF
sur plusieurs fronts :

  • sa liberté
    :

    en le faisant condamner par deux fois à de la prison avec sursis
    et en le faisant incarcérer dans des conditions assimilables à
    la torture,
  • sa famille :

    soumise à des violations de domicile et à des perquisitions
    abusives et non mandatées par une autorité judiciaire indépendante,
  • son
    journal :

    dont le dernier numéro a été saisi au moment de même
    de sa mise en vente et dont les archives et les ordinateurs ont été
    volés par la Police,

Guelleh commet à
notre avis la faute majeure la plus grave de son règne, avec le concours
(complicité) de plusieurs personnalités du régime, dont
Me AREF qui semble avoir choisi maintenant de soutenir les thèses officielles
du régime et ses arguments fallacieux ou trompeurs, au moins dans des
conversations privées, qu’il ne nous appartient pas de relater plus
avant.

Une faute politique
majeure :
Comme en 1991/1992 et 1999, les deux incarcérations de Me AREF,
qui se positionnait, à l’époque, comme un ardent défenseur
des Droits de l’Homme reconnu de tous, l’Affaire DAF soulève aujourd’hui
une forte réprobation dans l’opinion publique et elle mobilise. Loin
de se calmer, nous constatons que le mouvement prend de l’ampleur chaque jour
:

  • deux pétitions
    sur Internet, où s’accumulent les signatures,
  • des associations qui
    préparent des actions de mobilisation et qui vont faire pression
    sur les gouvernements pour obtenir que Guelleh ne soit plus soutenu aussi
    abusivement sur le plan financier,
  • l’opinion publique
    qui se réveille et qui prend conscience de la véritable nature
    du régime, avec en réaction, des cohortes imaginables de manifestants
    devant les Ambassades, des chancelleries, pour exiger de Guelleh pour qu’il
    libère DAF,
  • et bientôt probablement
    la presse européenne quipourrait entrer dans le jeu avec des articles
    peu complaisants sur le régime ?

En dépit de ces
risques, Guelleh reste ferme, insensible et inflexible. Il n’écoute
plus les conseils et il se renferme dans ses positions. Nous avons même
tendance à penser qu’il se fige dans cette décision suicidaire.
Au fond, aimerait-il se donner une nouvelle image publique (lui qui a tant
trahi, lui qui a tant détourné de fonds) ? Celle d’un « Guelleh
l’homme inflexible, qui ne cède jamais !!. Dans d’autres circonstances,
cela nous aurait fait hurler de rire.

Le temps joue contre
IOG

Il semble qu’une nouvelle
fois, IOG n’ait pas encore compris que son blocage mental est fort mal ressenti
et qu’il lui est fortement préjudiciable (Le comprendra-t-il ?) :

  • Il renforce immanquablement
    et de façon durable, l’image de DAF qui devient le martyr, le héros
    et l’un des libérateurs potentiels et crédibles du peuple
    djiboutien.
  • Les chancelleries (surtout
    française et américaine) qui étaient, jusqu’à
    présent, bienveillantes et qui lui lâchaient des paquets d’Euro
    ou de Dollars à la première demande, comme l’on donne de l’argent
    de poche à un adolescent aux poches percées, vont finir par
    être sensibles à cette vague de réprobation populaire
    qui enfle et qui ne va pas s’arrêter demain,
  • Les rapports accablants
    sur la situation des Droits de l’Homme et des Libertés, concernant
    son régime (Bureau fédéral américain, Reporters
    Sans Frontières, Confédération des syndicats, …)
    qui passaient souvent inaperçus, vont être montés en
    épingle.

En dehors de son cercle
‘d’obligés’, favorables par principe (au moins tant qu’il a la capacité
de leur distribuer de l’argent !), Guelleh n’a jamais su communiquer. C’est
un fait. A chaque fois qu’il a essayé d’allumer des contre-feux, il
s’est non seulement ‘planté’, mais aussi couvert de ridicule (Cf la
dernière réponse de la TV djiboutienne au reportage de Canal
+ ou les articles de La Nation ou de l’ADI).

Si Guelleh se raidit dans
sa position (qu’il est incapable de justifier sur le fond par des arguments
ou des preuves crédibles pour justifier l’emprisonnement de DAF) et
qu’il maintient, contre l’avis des amériacins et des français,
de la communauté internationale, contre l’opinion publique, son blocage
mental, il va au devant de graves difficultés. Va-t-il les affronter
? En a-t-il encore la capacité ?

L’émergence
d’un leader et le risque d’un embrasement populaire ?
Le risque c’est que cette affaire devienne un catalyseur pour la population
djiboutienne, qui n’a majoritairement qu’une envie depuis plusieurs années
: celle de le congédier pour faute grave et sans indemnité.

Même si DAF était
bien connu de chacun, il n’avait pas encore atteint la crédibilité
suffisante pour devenir un leader possible du peuple. Parfois il était
contesté et certains, y compris dans nos colonnes, avaient exprimé
des réserves sur des accords secrets qu’il aurait pu passer avec Guelleh.

Son arrestation et son
emprisonnement arbitraire dans des conditions abominables modifient la donne.
Qui pourrait dire maintenant qu’il a toujours des accords secrets, en vigueur,
avec Guelleh ? Sa légitimité d’opposant sort renforcé
et Guelleh vient de faire émerger un challenger de poids.

Plus Guelleh s’obstinera,
plus DAF deviendra une solution de rechange non seulement pour le peuple djiboutien
mais aussi pour les pays occidentaux, dont l’influence compte à Djibouti.
D’autant plus qu’il n’y a plus de véritables leaders dans l’opposition
djiboutienne et qu’il y a une place à prendre …. (La nature a horreur
du vide !)

L’affaire DAF n’est
pas la seule épine dans le pied de Guelleh :

De nombreux orages,
des haines tenaces et des rancoeurs féroces s’accumulent au-dessus
de la tête de Guelleh, qui est détesté aujourd’hui
par une grande majorité de la population djiboutienne qui lui
reproche, à juste titre, les difficultés économiques
et la peur dans laquelle elle survit.

Il ne faut pas
oublier non plus que Guelleh voit poindre d’autres orages au-dessus
de sa tête :

  • la condamnation
    ahurissante d’Alhoumekani au cours d’un procès où il
    n’était même pas invité (sic),
  • la relance
    de l’affaire Borrel dont l’instruction se poursuit et pas dans un
    sens favorable à Guelleh,
  • la mission
    des experts des Nations Unies sur les violations de l’embargo vers
    sur les armes pour la Somalie,
  • des affaires
    de drogue qui commencent à être évoquées
    par plusieurs sources,
  • les ballets
    roses, que certains soupçonnent le Général Zakaria
    d’organiser, dans son mabraze privé à l’intérieur
    d’un camp militaire, avec des invitées qui seraient plus ou
    moins consentantes (?)
  • la grande
    rafle de décembre où 5.000 étrangers ont été
    arrêtés,
  • l’incarcération
    des mineurs avec les adultes,
  • les nombreux
    cas de torture,
  • les exécutions
    sommaires de plusieurs personnes qui avaient probablement des choses
    à dire dans plusieurs affaires pénales, etc.

Tout cela pourrait se
retourner brutalement contre Guelleh, comme un boomerang, avec les développements
prévisibles de l’Affaire DAF, s’il maintient l’ordre d’incarcération
inexplicable, sauf pour de basses raisons personnelles. En cherchant à
faire taire un opposant reconnu, Guelleh suscite l’émergence du leader
de l’opposition.

Alors, plus que jamais
: ‘M. Guelleh, Libérez DAF et les six prisonniers politiques’. Si vous
ne le faites pas pour eux, vous le ferez pour la survie temporaire de votre
régime condamnable. Cette vision ne nous réjouit pas, mais la
liberté d’innocents est en jeu … !

Jean-Loup
Schaal

07/05/03 (B196/2) La concurrence franco-américaine va être rude, même à Djibouti. Selon cette dépêche de l’AFP, les forces US s’installent dans la durée avec un général à leur tête et l’appui de Guelleh qui a visité le navire de Guerre qui croisait dans les parages.

Les
vrais enchères vont pouvoir

commencer
sérieusement
entre la France et les USA

Au fait
qui sera le Commissaire-priseur ? Guelleh !

Le navire américain
Mont-Withney quittera l’océan Indien dans une semaine
AFP | 07.05.03 | 16h52


Le navire amiral des forces américaines croisant dans le Golfe d’Aden
et l’océan Indien, l’USS Mont-Withney, quittera la région dans
une semaine, à la fin de l’installation de la base d’appui logistique
de l’armée américaine à Djibouti, a annoncé mercredi
à l’AFP le capitaine William Klumpp, officier de liaison du navire.

Il s’exprimait à
l’occasion de la visite à bord du président djiboutien Ismaël
Omar Guelleh. L’USS Mont-Withney héberge le général John
Sattler, qui dirige les opérations de lutte antiterroriste dans six
pays de la Corne de l’Afrique (Djibouti, Ethiopie, Erythrée, Kenya,
Somalie, Soudan) et le Yémen.

Le général
Sattler assurera dans une semaine son commandement à partir de la base
américaine à Djibouti, a expliqué l’officier de liaison.
Les Etats-Unis ont prépositionné à Djibouti une force
militaire de 1.200 hommes comprenant des unités spéciales capables
de mener des raids éclairs ou des opérations commandos contre
des groupuscules terroristes se trouvant dans la sous-région.

Une surveillance permanente
des eaux de la mer Rouge et de l’océan Indien, en particulier à
proximité des côtes somaliennes, est également assurée.

L’accord fixant les conditions
et modalités de la présence militaire américaine à
Djibouti a été signé entre les deux parties en février.

Lors d’une visite effectuée
en décembre dernier à Djibouti, le secrétaire américain
à la Défense Donald Rumsfeld a laissé entendre que les
Etats-unis vont probablement maintenir pendant plusieurs années leur
présence militaire à Djibouti. Les forces américaines
ont occupé le camp « Lemonier » une ancienne base de la Légion
étrangère, unité d’élite de l’armée française,
qu’ils ont aggrandie, construisant même une nouvelle piste pour leurs
aéronefs.

La nouvelle
règle du jeu ?

07/05/03 (B196/2) Rétrospective : souvenez-vous, il y a deux ans, le 12 mai 2001, Dini signait dans la précipitation, un accord cadre avec Guelleh, à la veille d’une réunion internationale à Bruxelles où Guelleh allait se rendre pour solliciter des aides supplémentaires : une immense manifestation de colère des opposants unis l’attendait alors devant les portes de la salle de Conférence. Appel à contribution.

A l’époque notre
humouriste avait joué « les devins » et il vous avait proposé
un dessin simple, pour exprimer sa vision de l’avenir de ce contrat et les
motivations possibles des deux signataires. S’était-il trompé
?

SIGNATURE
DES ACCORDS DU 12 MAI 2001 A DJIBOUTI

Dessin
publié le 11 mai 2001 par l’ARDHD

Deux ans après,
à la veille de l’anniversaire de cette signature, qu’y-a-t-il de changé
au royaume de Guelleh ?

Sans vouloir influencer
les lecteurs, nous lançons simplement un appel à toutes les
contributions. Que les lecteurs expriment ce qu’ils ressentent sur les améliorations
ou les déteriorations, qui ont été enregistrées
à la suite de cet accord qualifié par certains « d’historique ».
Le sera-t-il ?

Bien qu’insuffisemment
informés, nous proposons une vison très simplifiée que
les lecteurs ont le loisir de compléter avec leurs propres rélexions
et leurs propres analyses :

du côté
positif :

la fin des combats et surtout la fin des cohortes de morts et de blessés,
pour rien ou pas grand chose.

du côté
négatif :

un renforcement de l’autorité et de la dictature, qui n’a plus le
souci de se préocuper d’une opinion, désormais « laminée »
après les événements et les prises de position des
uns et des autres.

06/05/03 (B196/2) Nouvel engagement en faveur de la Libération de DAF. Gulub-Kena. Cellule de réflexion sur le devenir des Afars à Djibouti.

Il
n’est pas trop dans nos habitudes de renter dans les arcanes de la vie politicienne
en RDD, notre groupe étant avant tout une cellule de réflexion sur
les conditions des Afars en république de Djibouti.

Cependant,
il, est de devoir de tout citoyen de s’élever contre l’ignominie. L’emprisonnement
d’un grand leader de l’opposition pour voie de presse en est bien une.

Par
conséquent, nous condamnons avec fermeté l’emprisonnement de tout
leader politique pour la libre expression de son opinion dans le cadre légal
de nos institutions.

Nous
nous élevons également contre la détention arbitraire de
DAF parce que ce jeune dirigeant politique Djiboutien incarne le Djiboutien de
demain. Par sa vision politique, son courage, son franc parler, il demeure un
des rares hommes politiques à croire encore à une franche entente
entre les différentes communautés en RDD ce qui bien entendu va
dans le sens de notre cellule. Il ose le dire et le traduire dans son engagement
de tous les jours.

Par
ailleurs, il est quasiment le seul à oser s’exprimer dans les conditions
difficiles d’une restrictions sévère de la liberté d’opinion
dans notre pays pourtant reconnue par notre constitution.


Nous joignons notre appel aux bonnes volonté pour que vive et naisse en
RDD une vrai liberté d’expression devait-elle exprimer un avis contraire
à notre propre opinion. C’est cela la démocratie et là se
trouve l’avenir du pays.


Gulub-Kena Cellule de Réflexion sur le Devenir des Afars à Djibouti

06/05/03 (B196/2) Organiser les transports en commun ? Résultat : rançonner encore les travailleurs honnêtes ? De l’air, de l’air pour une population qui étouffe ! (Elmi Awaleh)

Entre
des procès judiciaires, montés destinés à effacer
des faits connus de la violence d’IOG et de ses fascistes, et la poursuite de
détournement des deniers publics par les membres du gouvernement et de
l’administration, la dictature se donne le temps d’organiser des secteurs de la
vie socioéconomique. Aussi surprenant que cela puisse paraît, la
dictature décide un beau jour de doter le secteur des transports publics
privés un Conseil National des Transports Urbains et Interurbains. C’est
une information donnée par l’ADI.

Franchement,
je suis toujours surpris du génie de ces Messieurs, qui étaient
occupés par tant de choses depuis 1977, de se rendre compte seulement en
mai 2003 d’une organisation à doter un secteur qui en avait vraiment besoin.

Mais pas tellement,
car si la dictature et ses méthodes de rapine, de corruption et de délinquance,
élevées en mode de gouverner un pays, laissaient les professionnels
libres de s’organiser, le conseil national, dernière trouvaille, n’aurait
aucun sens. Un secteur s’organiser mieux quand il bénéficie des
libertés constitutionnellement reconnues, la première d’entre elles
est la constitution d’un syndicat.

Or
une dictature est toujours un syndicat, si elle ne peut pas contrôler, c’est-à-dire
enlever le sens même d’organisation de défense des intérêts
de ses membres. Un syndicat, qui ne revendique pas, qui appuie, au contraire,
la corruption, la mal gestion et l’autoritaire du régime au niveau social,
ne joue pas son rôle. C’est une structure de plus de la dictature comme
cela a été l’ex syndicat national.

Rappelez-vous
son président disait en 1992, quand le gouvernement de l’autre dictateur
Hassan décida d’instaurer la taxe patriotique de 10% sur les salaires,
que les travailleurs ne s’opposaient pas à une telle mesure compte tenu
de la situation de guerre dans laquelle se trouve le pays. Quelle bêtise
d’un responsable syndical?

Le
secteur des transports en commun à Djibouti est en situation catastrophique.
Les usages se plaignent de l’arrogance des propriétaires ou conducteurs
de bus : la surcharge, la création du siège patriote (dans le langage
de Kourouchbaye et en langue somali, place waadani), les détours qu’ils
font pour prendre un passager, l’attente exagérée dans certains
carrefours, le prix exorbitant pour une marchandise…

Mais
dans une telle situation, il y a des Messieurs qui gagnent bien, ce sont des gens
connus, qui ont su défendre leurs intérêts jusque dans le
noyau dure du système dictatorial et autoritaire. La police de trafic rançonne
plus les petits chauffeurs et autres propriétaires et laissent passer les
gros Messieurs. Parfois, les expressions et les mots perdent tout leur sens dans
une dictature comme par exemple trafic.

Quelqu’un
peut me dire le rôle d’une police de trafic quand il n’y a aucune signalisation,
mieux quand il y a que des pistes et non des routes. Le mot trafic est lié
à l’existence d’un réseau routier urbain ou interurbain non à
des pistes.

Dans
le projet de décret adopté par le conseil des ministres du 29 avril,
il est prévu la création d’un conseil national des transports urbains
et interurbains. Créer des conseils dans tous les domaines est devenu depuis
1992 un exercice banal pour la dictature ; il y a eu le Conseil Constitutionnel
(qui se remarque dans des décisions ridicules alors qu’on sait que le gouvernement
gagne par les fraudes toutes les élections, celui-ci rejette les demandes
d’annulation des partis de l’opposition), le Conseil Supérieur de la Magistrature
(le chef de l’Etat est le président de ce conseil, quel sens d’avoir un
conseil si un non professionnel, corrompu, sanguinaire et autoritaire occupe la
présidence).

C’est
comme si une telle structure règle les problèmes d’un secteur. Les
problèmes existent, parce que le gouvernement dictatorial ne fait pas le
travail qui lui incombe : organiser les routes et les communications entre les
villes. D’ailleurs ceci pourrait lui permettre de mieux contrôler les mouvements
des gens. Ce qu’on qualifie problèmes des transports en commun et transports
interurbains viennent par exemple l’absence de politique énergétique.

Le prix de l’essence
augmente depuis plus d’une décennie et on leur empêche d’augmenter
le prix du voyage. Or cette hausse et cette interdiction ont des conséquences
sur les bénéfices du secteur. Les propriétaires des bus
n’ont alors qu’une seule solution : augmenter le nombre de passagers sans se préoccuper
les conditions de sécurité, aller rapidement pour échapper
à la police pourrie et prendre d’autres passagers.

Il
n’est pas surprenant qu’il soit présidé par le ministre des transport
(dictature oblige), mais par contre ce qui constitue une surprise, c’est la représentation
des usagers dans le Conseil National des Transports Urbains et Interurbains. La
question n’est pas leur nombre très réduit (3), mais plutôt
le principe même de représentation d’usagers.

Les
juristes diront qu’il y a intégration de nouveaux termes dans le jargon
administrativo-politique djiboutien. Personnellement, je n’ai jamais vu et lu
dans un document public à Djibouti. Mais voyons, quel sens donné
à ce mot quand la liberté n’existe pas? Pour s’organiser comme usager,
il faut avoir la liberté d’agir en fonction des intérêts particuliers.
Or cette liberté n’est pas reconnue. Et d’ailleurs à partir du moment
que la liberté politique et la liberté d’expression sont étouffées,
gelées comme dans l’ancien bloc de l’Est, sont purement supprimées
par une justice à la solde de la dictature, il n’existe aucune liberté.
La liberté est fondamentale dans toutes les activités sociales,
économiques et politiques de l’individu. Sans elle, c’est le fascisme,
le nihilisme, l’anarchie organisée par un groupe de pyromanes, qui se font
passer pour des dirigeants.

Le
nouveau Conseil s’ajoute et renforce un arsenal de contrôle et de répression
déjà fort dans cette dictature. D’ailleurs cet objectif n’a échappé
à personne quand on analyse les propos du ministre de l’Equipement et des
Transports, M. Elmi Obsieh Waïs, il affirme que  » dès son installation,
le Conseil National des Transports Urbains et Interurbains devra étudier
un premier texte essentiel, à savoir les Cahiers des Charges types à
conclure avec chaque transporteur », ajoutant que « l’appui de plusieurs
départements ministériels sera indispensable, notamment pour les
contrôles sur le terrain. ».

Personne
ne croit que l’histoire de Cahiers des Charges soit une nouveauté ; une
solution merveilleuse pour un secteur. Elle n’a pas donné des résultats
positifs là où elle a été appliquée. C’est
plutôt une méthode qui permet de raffiner la corruption, suivez le
sens de l’expression « les cahiers de charges types à conclure avec
chaque transporteur ».
Les gens savent s’organiser, elles n’attendent pas
une organisation de la dictature. Ce qu’elles attendent par contre, c’est DE LA
LIBERTE. Je précise bien DE LA LIBERTE.

LIBERTE
aux prisonniers politiques

LIBERTE
aux journalistes

LIBERTE
aux syndicalistes

LIBERTE
aux enseignants

LIBERTE
aux étudiants

LIBERTE
aux magistrats

LIBERTE
aux petits commerçants

LIBERTE
et RESPECT aux étrangers

De
l’air pour toute la population et à toute la sous-région. Fin de
l’étouffement.

Elmi
Awaleh

06/05/03 (B196/2) Soutien à DAF et à son épouse (Omar Ali) – Engagement au mouvement de libération de DAF.

L’emprisonnement de ce
jeune leader de l’opposition nous démontre encore une fois la situation
lamentable des Droits de l’Homme à Djibouti. La liberté d’expression
est garantie par la constitution djiboutienne et la charte des Droits l’Homme.

Je pense que défendre
aujourd’hui Daher Ahmed Farah, c’est de se défendre soit même.

Ce jeune homme incarne
l’avenir de notre pays et le fondement du patriotisme djiboutien.

Sa détermination
de vouloir améliorer le sort des djiboutiens tout en sachant les risques
que cela comporte m’impressionne beaucoup. Il est de notre devoir de dénoncer
la pratique de la violence pour faire taire les opposants. L’incarcération
de DAF nous donne aujourd’hui l’occasion de s’unir pour une cause juste « la
liberté d’expression ».

Un mot pour son épouse
:
Vous avez notre
soutien…
Ne perdez pas espoir car votre époux sera libéré bientôt
!

Omar
Ali

06/05/03 (B196/2) SURVIE en Alsace organise une information sur le Rwanda

Informations
: http://survie67.free.fr/alsace/selestat.htm

Sélestat (centre
Alsace) 7-8 juin 2003 salle des Tanzmatten

Ce
qu’on ne vous a pas dit sur le RWANDA

Conférence débat
– dégustation – exposition – danse
Dans le cadre du Festival de musiques nouvelles

ZONE 51 organise pour
la troisème fois un festival de musiques nouvelles de
Sélestat. Comme chaque année un pays est choisi comme thème
d’information.

Cette année c’est
le Rwanda. Survie Bas-Rhin a été invité à animer
ce thème.
Nous avons prévu :

Conférence-débat
le dimanche de 14 H à 17 H
Plats rwandais les samedi et dimanche soir
Danses le dimanche à partir de 17 H
Table de presse et exposition artisanale

Participeront à
la conférence :

Monsieur Jacques Bihozagara,
Ambassadeur du Rwanda
Monsieur Diogène Bideri, professeur de philosophie, témoin du
génocide précurseur des Bagogwe et initiateur de la Fondation-Ntarama

Madame Dafrose Gauthier, Présidente de la Communauté Rwandaise
de France, ancienne Prsidente d’Ibuka (« Souviens-toi »)
Monsieur Alain Gauthier, Président du Collectif des Parties civiles
pour le Rwanda
Monsieur Jean Paul Gouteux, chercheur entomologiste, auteur de plusieurs livres
sur les responsabilités de la France dans le génocide rwandais


Emmanuel Cattier

Survie 67
Maison des Associations
1, place des Orphelins
67000 Strasbourg
survie67@free.fr
http://survie67.free.fr