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27/08/2012 (Brève 020) De retour d’un congé bien mérité, Roger Picon nous adresse ses derniers dessins sur l’actualité djiboutienne. A ne pas manquer …

04/02/2000 – L’HOMME OU LA FEMME DE LA SEMAINE.
OMAR FARAH : Chef des Gendarmes d’ALI SABIEH

Dans cette rubrique nous signalerons chaque semaine à l’opinion internationale, celle ou celui qui s’est distingué(e) soit pour soutenir la dictature, soit en violant les Droits de l’Homme : cruauté, tortures, exécutions sommaires, emprisonnements arbitraires, viols, assassinats, destruction de cheptels ou de point d’eau, destruction d’écoles ou de centres de soins, etc..

cette semaine, nous décernons la palme à OMAR FARAH le Chef des Gendarmes d’ALI SABIEH, qui a donné l’ordre de tirer sur une foule pacifique. Il est responsable de la mort d’un enfant de 13 ans et de 3 blessés.

Le choix a été difficile, car nous avions deux autres candidats :

Me WABAT, bâtonnier de Djibouti pour sa co-signatue du communiqué de presse de la « famille judiciaire »,,

M Patrick ROUSSEL, Ambassadeur de France, pour les propos qu’il aurait tenu sur Maître Montebourg (mais il n’a pas encore confirmé officiellement ses propos, comme le lui demande le Ministre djiboutien des Affaires Étrangères pour clore l’affaire BORREL)
Le mois dernier, nous avions particulièrement remarqué l’action de Mme LEILA, juge d’instruction, qui dirige vers GABODE « à titre préventif » toutes les personnes qui déplaisent à Monsieur GUELLEH. Ensuite, sa mission exécutée, elle laisse dormir le dossier dans son bureau et le malheureux dans une geôle infâme.

04/02/2000 – RFI censuré à Djibouti. Certains internautes seraient convoqués à la SDS après s’être connectés à notre site

M. GUELLEH poursuit sa lutte contre les journalistes et contre les médias. Après avoir interdits tous les journaux de l’opposition à Djibouti, après avoir interdit tous les journaux de l’opposition, après avoir fait arrêter un journaliste en Éthiopie., dont nous sommes sans nouvelles depuis plusieurs mois, il censure les médias étrangers.

RFI est fréquemment suspendu d’émission,

L’accès à notre site INTERNET depuis Djibouti est fréquemment coupé,

Les journaux comme Le Figaro ou Le Monde ne sont pas mis en vente, selon le bon vouloir du Président,
……
Certains internautes djiboutiens auraient été convoqués et interrogés par la SDS, après avoir essayé de se connecter à notre site.

Et certains magistrats / avocats voudraient nous faire croire qu’il s’agit d’un État de Droit …..

04/02/2000 – UNE PREMIÈRE EN AFRIQUE. L’ancien président du TCHAD, HISSEN HABRE vient d’être inculpé pour tortures par la justice sénégalaise.

nous apprenons que la justice sénégalaise a inculpé l’ancien Président du Tchad, Hissen HABRE, pour tortures. C’est la première fois qu’un Président africain est inculpé pour tortures et pour crimes commis sous son autorité. Il est à noter que cette inculpation a été prononcée par un tribunal africain.

Hissen Habre était réfugié au Sénégal depuis 9 ans. Comme nous ne cessons de le répéter dans notre journal, l’impunité des dictateurs n’est plus garantie. Bien au contraire, la justice internationale progresse rapidement et le cas d’Hissen HABRE devrait être suivi par d’autres …..

04/02/2000 – « LIBÉRATION » – MORT SUSPECTE D’UN JUGE A DJIBOUTI. Les pressions des juges français sur le témoin à Bruxelles. Le rapport d’autopsie qui confirme que le juge n’a pas péri carbonisé.

Extrait de LIBÉRATION du 4/02 Par KARL LASKE

Le vendredi 4 février 2000

« selon nos règles, lorsqu’une autorité se trouve à l’extérieur, on est obligés d’être assez près. Et là, à 13 h 40 j’apprends que la mort de M. Borrel est un crime. »

Le lieutenant Alhoumekani

 » Le juge Borrel, c’était un type sociable, connu pour sa gentillesse. On ne pouvait pas s’imaginer qu’il s’agissait d’un crime, explique Mohamed Saleh Alhoumekani, ancien lieutenant de la garde présidentielle a Djibouti. C’est vrai que je suis un témoin, peut-être le principal témoin dans l’affaire Borrel  » Le 19 octobre 1995, vers 6 heures du matin, le corps de Bernard Borrel, magistrat français détaché auprès du ministre de la Justice de Djibouti, est retrouvé au creux d’un ravin, à moitié calciné. La rumeur dit qu’il se serait immolé par le feu au moyen d’un bidon d’essence, avant de basculer dans le vide.

Le lieutenant Alhoumekani est au palais présidentiel quand il apprend la nouvelle au matin du 19 octobre. Un peu incrédule. Ce jour-là les employés quittent le palais vers 13 heures. Les issues sont fermées. Le chef de cabinet du président, Ismaïl Omar Guelleh – qui n’est autre que l’actuel chef de l’Etat – annonce à la garde qu’il attend une visite. Cinq hommes arrivent dans un 4 x 4. Parmi eux, leur chef direct, le colonel Ahmed Mahdi. Le lieutenant Alhoumekani aperçoit aussi Hassan Saïd, le chef des services spéciaux, deux étrangers, et Awalleh Guelleh, un militaire mis en cause dans l’attentat du café de Paris en 1990, et qui est censé être écroué. Le groupe se réunit dans le jardin du palais. « Selon nos règles de sécurité, lorsqu’une autorité se trouve à l’extérieur – jardin ou place publique -, on est obligés d’être assez près.  » Le lieutenant entend la conversation. « Air là, à 13 h 40, J’apprends que la mort de monsieur Borrel est un crime.  » Awalleh Guelleh annonce que  » le juge fouineur est mort ». S’adressant aux deux étrangers, le chef de cabinet demande si « le travail a été correctement fait ». L’un d’eux veut savoir si la main courante du check-point de la route empruntée par Borrel a pu être récupérée. Le Colonel Mahdi, chef de corps de la gendarmerie, répond qu’il l’a fait.

Scepticisme. Ce bref échange est l’essentiel du témoignage de Mohamed Saleh Alhoumekani, aujourd’hui résident en Belgique. Lundi, les juges d’instruction Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire se sont déplacés à Bruxelles pour en avoir confirmation, après que le Figaro en eut révélé la teneur. Cela faisait plus d’un mois et demi qu’Alhoumekani attendait ça. Il avait signalé à la police judiciaire belge son désir de témoigner, et éventuellement de bénéficier des dispositions d’anonymat prévues par la justice belge. Interpol avait transmis, mais les juges n’avaient pas donné suite. Dès la parution du Figaro, le porte-parole du gouvernement djiboutien a qualifié de « mensongères » les accusations d’Alhoumekani visant l’actuel président de la République. « L’idée qu’Awalleh Guelleh ait assassiné le Juge Borrel est une absurdité puisqu’il était en prison au moment des faits », proteste Me Francis Szpiner, avocat du président Ismaïl Omar Guelleh. Me Szpiner a remis au juge le dossier militaire du témoin, porté déserteur par l’armée, et la fiche d’écrou d’Awalleh Guelleh, preuve de son incarcération à l’heure du meurtre du juge Borrel. Ces éléments de réfutation ont conduit les juges français à recueillir les accusations d’Alhoumekani à Bruxelles avec beaucoup de scepticisme. Et même plus. Les circonstances de l’audition de l’ancien lieutenant ont donné lieu, mercredi, à une plainte de son avocat, Me Luc Cambier, devant le procureur du roi.

« Lors de cette audition, Mme le juge d’instruction (Marie-Paule Moracchini, ndlr) a. tenu des propos d’intimidation en vue d’obtenir la rétractation de son témoignage, indique cette plainte. Elle a fait part à M. Alhoumekani que son témoignage déplaisait au président Djiboutien. Ensuite Mme le juge a souligné qu’il se mettait dans une situation de réel danger compte tenu de la présence à Djibouti des mafias libanaise et corse.  » L ‘ancien lieutenant a en effet donné l’identité des deux étrangers – l’un albanais, l’autre corse – présents lors du
« compte-rendu » de l’assassinat. La Juge Moracchlnl a prévenu Alhoumekani qu ‘ »il est possible qu’il revienne sur ses déclarations ». cette plainte a provoqué, hier, le dépôt d’une demande de dessaisissement pour suspicion légitime des juges
Morachini et Le Loire par les avocats de la veuve du juge Borrel, Me Olivier Morice et Laurent de Caunes. La partie civile se plaint déjà depuis un certain temps « des conditions dans lesquelles l’instruction s’est déroulée », elle n’a pas été représentée lors de la reconstitution des faits à Djibouti en mars 1999. Avant même que les juges français soient désignés, Élisabeth Borrel, aujourd’hui juge des tutelles à Toulouse, avait pu constater bien des étrangetés: l’absence d’autopsie sur place, la disparition du dossier médical de son mari et la visite d’un gendarme français venu récupérer un mystérieux document à son domicile.

Autopsie. À la recherche d’un mobile au suicide, les investigations se sont focalisées, sans résultat, sur la vie privée du juge plutôt que sur ses activités professionnelles, qui le plaçaient au coeur de l’Etat djiboutien. L’autopsie n’a été réalisée que tardivement en février 1996, en France. En juillet 1997, c’est encore Élisabeth Borrel qui demande une expertise médicale. Le légiste conclu que le corps de Bernard Borrel n’a pu s’enflammer qu’après sa mort, compte tenu de l’absence de produits de carbonisation dans ses poumons. Le juge ne s’était donc pas immolé.

La brigade criminelle a vu dans l’attitude d’Elisabeth Borrel « une approche subjective et suspicieuse des faits ». en novembre, la police concluait étrangement ses premières investigations : « Sauf à envisager l’existence d’un vaste complot politico-judiciaire impliquant la dissimulation d’éléments d’enquête par les premiers intervenants, des procès-verbaux volontairement erronés, des examens médicaux orientés et une conspiration généralisée du silence, l’hypothèse d’un assassinat ne peut à ce jour être sérieusement retenue.  »

Mobile. Le témoignage d’Alhoumekani prend donc les enquêteurs à rebrousse-poil. L’ancien lieutenant affirme en effet qu’il s’est rendu au chek-point emprunté par le 4 x 4 du juge Borrel et par le véhicule de ses meurtriers. « J’ai eu la confirmation qu ‘ils seraient passés et que le chef de corps de la gendarmerie était venu récupérer le registre de main courante et leur en avaient donné un nouveau », déclare-t-il. Reste l’objection principale.

Comment cette opération aurait pu être organisée par un homme emprisonné au moment des faits ? « Awalleh Guelleh bénéficiait d’un permis spécial, rétorque Alhoumekani. Il pouvait quitter la prison le soir et y revenir le matin. Je l’ai vu moi-même à plusieurs reprises dans la résidence privée du chef de cabinet, lorsque j’avais des messages urgents à lui transmettre. « Qu’ils aient pu agir de concert est totalement impossible » : rétorque Me Francis Szpiner. L’avocat du Président affirme qu’Ismaïl Omar Guelleh avait lui-même pesé en faveur de la réincarcération du terroriste Awalleh Guelleh, en 1994. « Quant à l’existence d’un mobile, Borrel n’avait aucun pouvoir d’investigation. » Le juge Borrel avait pourtant été en contact avec son collègue Roger Le Loire chargé de l’enquête française sur l’attentat du café de la Paix.

Le juge « fouinait-il » dans d’autres directions? Sa veuve croit savoir qu’il s’était. aussi intéressé à une affaire de faux dollars. Un Camerounais trafiquant de haut vol, suivi de près par les services spéciaux français, avait d’ailleurs été brièvement arrêté à Djibouti après avoir escroqué plusieurs personnalités locales. « Je préfère ne pas parler de cette affaire », dit Alhoumekani, qui a demandé à bénéficier d’une protection policière.

Extrait de Libération du 4/02/2000

04/02/2000 – DJIBOUTI: le pays est économiquement « à bout de souffle » : il emprunte au FMI, il négocie des subventions.

Une énorme de quantité de mobiliers acquis dans le magasin ROMÉO de Claude Dalle (Galerie Élysées 26 – Champs Élysées) vient d’être expédiée à Djibouti sur les conseils du décorateur Yvan Silly. Nous ignorons encore le montant global de la commande, mais nous avons regardé les prix dans cette boutique. Un seul canapé est vendu autour de 100.000 FF.

Avec quel argent, le Gouvernement djiboutien a-t-il réglé les achats : les fonds du FMI ? Certainement pas avec l’argent des français, puisque le Ministère de la Coopération nous avait assuré qu’il connaissait la destination du moindre centime et qu’il suivait l’utilisation de chaque franc donné à Djibouti.

On peut quand même se poser des questions. N’est-il pas choquant de réaliser des achats somptueux avec l’argent d’un pays qui vit mal, où les salaires sont payés avec retard, etc…

03/02/2000 – « LE FIGARO » – Affaire BORREL : Le témoin réfugié à Bruxelles maintient son témoignage malgré la pression des juges français.

La piste d’un réseau corse qui pourrait être impliquée dans l’assassinat, ce que nous évoquions dans le numéro 18 de LA LIBERTÉ

Extrait du FIGARO du 3 février 2000

DJIBOUTI

Audition tendue à Bruxelles

Les conditions de l’interrogatoire inquiètent la partie civile à Paris

L’instruction menée à Paris sur la mort suspecte du juge .Bernard Borrel à Djibouti, en 1995, fait désormais l’objet d’une polémique dans les milieux judiciaires. Entendu pendant plus de quatre heures lundi après-midi, à Bruxelles, par les juges Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini, l’ancien officier djiboutien Mohamed Saleh Alhoumekani a confirmé, en le précisant, le témoignage qu’il avait livré au Figaro (nos éditions du 11 janvier).

Adjoint à la sécurité de la garde présidentielle à l’époque des faits, M. Alhoumekani accuse l’actuel chef de l’État djiboutien, Isamïl Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président Aptidon, d’être impliqué dans l’assassinat de Bernard Borrel. Une version des faits que les autorités djiboutiennes démentent avec fermeté.

Lors de son audition, qui s’est déroulée dans un climat tendu, le militaire a également confié aux magistrats l’identité des deux étrangers présents le 19 octobre 1995 dans les jardins du palais présidentiel, lorsque fut, selon lui, évoquée la mort brutale de Bernard Borrel. Il s’agirait, d’après nos informations, d’un terroriste libanais impliqué dans l’attentat anti-français du café de l’Historil, survenu en 1986 à Djibouti, et d’un homme d’affaires corse.

Devant l’importance de ce témoignage qui remet en cause la thèse officielle du suicide, le juge Moracchini aurait fait preuve d’une grande méfiance, demandant à plusieurs reprises au témoin s’il ne souhaitait pas revenir sur ses déclarations. Le magistrat aurait mis en garde l’ancien officier sur les risques qu’il encourait en maintenant ses accusations sur procès-verbal. Marie-Paule Moracchini envisage de se rendre à Bruxelles dans quelques jours pour procéder à une nouvelle audition du témoin.

Les conditions de cet interrogatoire, auquel assistait un officier de police judiciaire belge, inquiètent la partie civile à Paris et des connaisseurs du dossier à Bruxelles. Hier, les avocats de la famille Borrel, mes Olivier Morice et Laurent de Caunes, se sont entretenus pendant plus d’une heure avec le procureur de Paris, Jean-Pierre Dintilhac. Ils ont évoqué les méthodes des enquêteurs chargés de cette procédure ouverte pour  » assassinat  » depuis plus de deux ans, mettant l’accent sur le peu d’empressement des juges à entendre ce témoin capital, réfugié en Belgique.

Les avocats de la partie civile ont conclu leur entretien en demandant au procureur le dessaisissement des deux magistrats. Pour l’instant, une telle décision n’est pas à l’ordre du jour.  » Il faudrait qu’une plainte soit déposée à Bruxelles pour que les conditions d’un dessaisissement soient étudiées « , précisait-on hier de source judiciaire. Sollicité hier par Le Figaro, Me Luc Cambier, l’avocat bruxellois de Mohamed Saleh Alhoumekani, n’a pas souhaité faire part de ses intentions.

Alexandrine Bouilhet
Le Figaro

03/02/2000 – Le directeur de Cabinet de Ch. JOSSELIN à Djibouti dimanche prochain pour « recoller les morceaux » ?

Nous sommes informés d’un projet de voyage du directeur de Cabinet de M. Josselin dimanche prochain à Djibouti. A-t-il pour mission de recoller les morceaux entre Paris et Djibouti, après le refroidissement des relations suite à la mise en cause directe de M. Guelleh dans l’assassinat du juge BORREL.