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03/09/2013 (Brève 210) ALERTE ROUGE / APPEL A MANIFESTER A BRUXELLES DEMAIN MERCREDI 4 SEPTEMBRE DE 15h00 à 16h30 à proximité de l’Ambassade du Yémen auprès du Royaume de Belgique (Appel de la famille Alhoumékani et de l’ADID)

L’objectif est de réclamer la libération immédiate et sans condition de Monsieur Salah ALHOUMEKANI.

Lieu: Ambassade du Yémen en Belgique
         114, Avenue Franklin Roosevelt
        1050 Bruxelles
de 15h 00 à 16h30
 
Tram : 94 : arrêt : Brésil
__________________________________________________

INDIGNONS-NOUS !

La liberté, la vertu et la vérité sont devenues des maux dans notre pays!
Protester, réclamer ses droits et s’insurger sont des délits!
Le prochain et le lointain appellent le lien du sang!
La république est en danger, la nation mourante !

Mais nous avons le choix :

– Indignons-nous !
– Révoltons-nous!
– Renversons leurs valeurs!
-Et Abats le lien du sang!

                             Nous sommes tous des ALHOUMEKANI!
                                          ONE and TOGHETER!

                                      Appel à manifester

La famille ALHOUMEKANI et l’ADID (Alliance Djiboutienne pour l’instauration de la démocratie) appellent l’ensemble de la diaspora Djiboutienne de Belgique et de l’Europe à venir manifester le mercredi 04 septembre 2013 son soutien à Mr ALHOUMEKANI Mohamed incarcéré injustement à Sanaa au Yémen.

Pour rappel, Mr ALHOUMEKANI M. est l’un des témoins clefs dans l’instruction de l’assassinat du juge Borrel le 19 octobre 1995 et que ses déclarations ont permis de relancer l’enquête.

Sous des prétextes fallacieux, le dictateur Djiboutien a mobilise tous ses moyens pour l’extrader vers Djibouti.

S’il y arrive, Mr ALHOUMEKANI risque  sa vie et il en sera ainsi de nous. Plus aucun de nous ne pourra  voyager dans les pays limitrophes : nous serions ses Proies.

Indignons-nous, Mobilisons-nous et Lutons contre la Prédation !

04/09/03 (B210) La FIDH exige l’ajournement de l’expulsion des immigrés irréguliers (AFP)

PARIS, 3 sept (AFP) –
La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme
(FIDH) a « exigé » mercredi du gouvernement djiboutien l’ajournement
de la date limite du départ forcé des immigrés en situation
irrégulière « afin d’examiner chacune des situations »
en vue de possibles régularisations.

« Quelle que soit
la raison de la mesure prise par les autorités djiboutiennes, sa mise
en oeuvre s’inscrit à l’évidence en violation flagrante des
obligations internationales de la République de Djibouti en matière
de protection des droits de l’Homme. Le droit international et régional,
notamment l’article 12 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des
peuples, interdit l’expulsion collective des étrangers », affirme
la FIDH dans un communiqué publié à Paris.

Pour la FIDH, « l’élément
déclencheur de cette décision paraît être la pression
exercée par les Etats Unis qui ont récemment mis en garde les
autorités nationales sur de possibles attaques terroristes visant des
intérêts occidentaux à Djibouti ».

La FIDH considère
que la lutte contre le terrorisme, « bien que légitime, ne doit,
en aucune circonstance, servir de prétexte fallacieux à l’expulsion
du territoire djiboutien de plusieurs milliers de personnes, principalement
des femmes et des enfants ».

La FIDH demande aussi
« d’urgence à la communauté internationale de venir en aide
à la population se trouvant maintenue dans le no man’s land entre Djibouti
et le Somaliland afin d’éviter une catastrophe humanitaire », poursuit
le communiqué.

Sous la pression des autorités
djiboutiennes, qui viennent de repousser au 15 septembre la date limite de
leur départ forcé, plus de 42.500 immigrés clandestins
(Ethiopiens et Somaliens) ont déjà quitté en un mois
ce petit Etat de la Corne de l’Afrique qui jouit d’une relative prospérité,
grâce à la présence d’une récente base militaire
américaine (1.500 hommes) et de la plus importante base française
à l’étranger (2.800 hommes).

Ce mouvement s’est transformé
depuis dimanche en un véritable exode.

04/09/03 (B210) La FIDHD (Fédération internationale des Droits de l’Homme) monte au créneau pour dénoncer l’opération de ‘nettoyage ethnique’

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Communiqué de la FIDH

La FIDH demande l’ajournement
de l’expulsion forcée
de plusieurs milliers d’immigrés en situation irrégulière

Paris, le 3 septembre
2003

Les 26, 27, 28 août
2003 un nombre impressionnant de véhicules quittait la capitale de
Djibouti vers les pays limitrophes. A leurs bords, plusieurs milliers de soi-disant
 » rapatriés volontaires « , majoritairement Somaliens et Ethiopiens,
fuyaient le pays. Le 26 juillet 2003 gouvernement décidait en effet
d’accorder un délai de 35 jours aux immigrés  » en situation
irrégulière  » pour quitter le Territoire de la République
de Djibouti, avant que des  » mesures de rafles généralisées
ne soient effectuées, à leur égard « . La date limite
est fixée au 15 septembre, a depuis précisé le ministre
de l’Intérieur, M. Abdulkader Dualeh.


Le départ  » volontaire  » des personnes rapatriées,
en réalité expulsées de force, principalement des femmes
et des enfants, peut mener à une réelle catastrophe humanitaire.
D’après les informations fournies par la Ligue djiboutienne des droits
de l’Homme, membre de la FIDH, plusieurs centaines de ces  » rapatriés
volontaires  » sont encore maintenus dans un no man’s land entre les frontières
djiboutiennes et celle du Somaliland, les autorités du Somaliland n’autorisant
l’entrée sur leur territoire qu’aux ressortissants somaliens. Ceux
qui ne peuvent passer la frontière sont rassemblés dans un vaste
camp de réfugiés, sans ravitaillement possible, sans secours
logistique, sous une chaleur insoutenable, faisant craindre déshydratations
et maladies.


La décision d’expulsion est officiellement motivée, pour le
gouvernement, par des raisons économiques et sécuritaires. Pourtant,
l’élément déclencheur de cette décision paraît
être la pression exercée par les Etats unis qui ont récemment
mis en garde les autorités nationales sur de possibles attaques terroristes
visant des intérêts occidentaux à Djibouti. Ces expulsions
constitueraient donc une mesure de prévention. Les Etats Unis utilisent
en effet Djibouti – et sa position stratégique dans la corne de l’Afrique
– comme une base de renseignement sur Al-Qaeda.


Quelle que soit la raison de la mesure prise par les autorités djiboutiennes,
sa mise en œuvre s’inscrit à l’évidence en violation flagrante
des obligations internationales de la République de Djibouti en matière
de protection des droits de l’Homme. Le droit international et régional,
notamment l’article 12 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des
peuples,  » interdit l’expulsion collective des étrangers  »
et, en tout état de cause, l’expulsion d’étrangers sans que
la situation individuelle des personnes concernées n’ait été
valablement examinée et sans que soit garanti le non-refoulement de
ces personnes vers une destination où elles pourraient craindre pour
leur intégrité physique et morale.


La FIDH et la LDDH exigent du gouvernement djiboutien l’ajournement de la
date limite du départ forcé des immigrés en situations
irrégulières afin d’examiner chacune des situations particulières
en vue de possibles régularisations. Et, en tout état de cause,
la FIDH et la LDDH demandent au gouvernement djiboutien d’aider au rapatriement
de ces personnes à l’extérieur de ses frontières, dans
des conditions garantissant le respect des instruments internationaux relatifs
aux droits humains ;


La FIDH considère que la lutte contre le terrorisme, bien que légitime,
ne doit, en aucune circonstance, servir de prétexte fallacieux à
l’expulsion du territoire djiboutien de plusieurs milliers de personnes, principalement
des femmes et des enfants, au mépris des dispositions internationales
de protection des droits de l’Homme ;


La FIDH demande aux autorités des pays voisins concernés d’accorder
une protection aux ressortissants somaliens afin de les aider à retourner
dans leur famille, sans être inquiétées par l’insécurité
connue dans cette zone frontalière ;


La FIDH demande d’urgence à la communauté internationale de
venir en aide à la population se trouvant maintenue dans le no man’s
land entre Djibouti et le Somaliland afin d’éviter une catastrophe
humanitaire ;


La FIDH demande aux Etats voisins de la République de Djibouti de faciliter
le retour de leurs ressortissants, mais également d’autoriser l’arrivée
de réfugiés sur leur territoire, conformément à
la Convention de Genève de 1951 sur la protection des réfugiés
et apatrides.


04/09/03 (B210) Selon l’AFP, 10 % environ de la population de Djibouti, auraient quitté le territoire. Est-ce l’un des plus grands désastres humanitaires jamais vus, en pourcentage et en rapidité ?

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Note de l’ARDHD

Selon l’AFP qui estime
la population de Djibouti à 630.000 Habitants, 60.000 personnes auraient
déjà fui Guelleh, sa Police, sa Gendarmerie et ses menaces de
rafles, de répression et d’internement en camps de triage (avant la
concentration : ils sont déjà entre 6 et 8.000 personnes concentrées
à 100 kms de la capitale)

Je pense qu’il y a peu
d’exemples semblables dans l’histoire, tant par le pourcentage que par le
délai de réalisation.

Imaginez : faire fuir
en quelques jours, 10 % de la population, hommes, femmes et enfants, en majorité
en état de faiblesse, sans assistance, sans soutien, sans accompagnement
(même le PAM et le HCR, que Guelleh mettait en avant pour expliquer
qu’il avait pensé à tout, se refusent pour le moment à
distribuer des vivres dans le camps aux 6/8.000 réfugiés) :
c’est un exploit que seul le Grand génie de la Corne de l’Afrique pouvait
accomplir !

Et nous n’avons pas encore
mesuré les conséquences de ces colonnes égarées
dans les no man’s land, de ces colonnes qui arrivent soient dans des pays
en pleine déconfiture, en famine ou en guerre. Pourra-t-on jamais mesurer
le nombre de victimes directes ou indirectes ?

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Extrait de l’AFP

Près de 60.000
clandestins ont fui Djibouti depuis fin juillet (officiel)

DJIBOUTI, 4 sept (AFP)
– « Près de 60.000 » immigrés clandestins ont quitté
Djibouti depuis fin juillet, suite à l’ultimatum lancé par les
autorités, a annoncé jeudi l’Office national d’assistance aux
réfugiés et sinistrés (Onars), qui dépend du ministère
djiboutien de l’Intérieur.

« Près de 60.000
personnes en situation irrégulière ont quitté Djibouti
depuis l’annonce des mesures de rafles et d’expulsions contre les clandestins
faite par le ministre de l’Intérieur fin juillet », a déclaré
à l’AFP le secrétaire exécutif de l’Onars, Ahmed Houssein
Affi.

Les autorités de
Djibouti, pays de quelque 630.000 habitants situé dans la région
très troublée de la Corne de l’Afrique, ont donné jusqu’au
15 septembre aux immigrés clandestins pour quitter le pays.

Le dernier chiffre, donné
le 31 août par le ministre djiboutien de l’Intérieur, Abdoulkader
Doualeh Waïs, faisait état de 42.500 personnes qui avaient volontairement
quitté le pays.

04/09/03 (B210) Selon une dépêche AFP, Whashington dément toute responsabilité dans la conception ou l’exécution de l’opération « Nettoyage ethnique ».

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Note de l’ARDHD

Dans un précédent
article, nous nous étions étonnés du fait que l’information
concernant une possible demande américaine, était toujours livrée
par de hauts fonctionnaires djiboutiens s’exprimant dans l’anonymat.

Ca sentait la manipulation
!

Nous nous étions
posés à juste titre la question. Guelleh a essayé de
refiler la responsabilité du « bébé » et de la
catastrophe aux Américains. Ces derniers, s’il on croit l’AFP, viennent
de lui renvoyer le ‘bébé’ dans les dents comme un boomerang.

Le Ministre de l’Intérieur
va bien être obligé d’endosser …. avec ses larges épaules,
à la fois la responsabilité de la conception, mais aussi celle
de l’échec humanitaire sans précédent et de la levée
internationale de boucliers. Et nous n’en sommes qu’au début !!

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Extrait de l’AFP

Washington dément
être lié à l’exode des clandestins de Djibouti

DJIBOUTI, 4 sept (AFP)
Les Etats-Unis ont affirmé jeudi ne « participer en rien »
au départ de dizaines de milliers d’étrangers
en situation
irrégulière à Djibouti à la suite d’un ultimatum
des autorités djiboutiennes leur donnant jusqu’au 15 septembre pour
quitter le pays.

« Une rumeur relayée
par certains médias s’est répandue récemment dans l’opinion
publique djiboutienne rendant le gouvernement des Etats-Unis responsable de
cette opération d’expulsions »
, indique un communiqué
de l’ambassade des Etats-Unis à Djibouti.

« Le gouvernement
des Etats-Unis tient à préciser très nettement et très
clairement qu’il n’a participé et ne participe en rien à cette
opération et cela à quelque niveau que ce soit, conception ou
exécution »
, ajoute le texte.

Sur ordre des autorités
djiboutiennes, qui viennent de repousser au 15 septembre la date limite de
leur départ forcé, plus de 42.500 immigrés clandestins
ont déjà quitté en un mois ce petit Etat de la Corne
de l’Afrique.

Des responsables de l’administration
djiboutienne, à haut niveau mais sous couvert de l’anonymat, avaient
indiqué que ces décisions avaient un caractère sécuritaire

plutôt qu’économique et qu’elles étaient liées
à la présence américaine dans le pays.

Depuis un an et demi,
les Américains ont installé une base dans la capitale djiboutienne
forte de plus de 1.500 hommes, pièce-maîtresse de la lutte anti-terroriste
dans la Corne de l’Afrique, une des régions les plus instables au monde.

En mai, Djibouti avait
en outre été mentionné par plusieurs pays occidentaux,
dont les Etats-Unis, comme présentant un risque d’attentats.

« Nous devons prendre
toutes les mesures qui s’imposent pour annihiler ces menaces », avait
alors réagi le ministre djiboutien de l’Intérieur, Abdoulkader
Doualeh Waïs.

« Nous compterons
sur nos propres moyens pour contrôler nos frontières et serons
éventuellement aidés matériellement par les pays amis »,
avait-il ajouté, sans préciser lesquels.

« Le gouvernement
des Etats-Unis reconnaît à la république de Djibouti,
comme à tout Etat, le droit de contrôler ses frontières »,
poursuit l’ambassade des Etats-Unis dans son communiqué.

Washington reconnaît
aussi le droit à Djibouti « d’exiger que toutes les personnes
entrant et séjournant sur son territoire le fassent légalement,
d’arrêter et d’expulser les clandestins qui s’y trouvent à la
condition que ces dernières opérations soient exécutées
dans le respect le plus strict des droits fondamentaux de l’Homme ».

Les Etats-Unis « apprécient
les étroites relations qui se sont établies avec la république
de Djibouti », poursuit le communiqué.

« Les progrès
constants dans la voie de la démocratisation et le respect des droits
de l’Homme, internationalement reconnus, constituent des éléments
importants de ces relations », estime encore l’ambassade.

04/09/03 (B210) Témoignage dans le cadre de l’opération de nettoyage ethnique en cours à Djibouti (LDDH)

 

Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION
DU 1er SEPTEMBRE 2003

Flegmatiques mais la
peur au ventre, et la rage au cœur des milliers de rapatriés  »
volontaires  » fuient Djibouti :  » Terre de rencontre et d’échanges
!  » Nous publions ci-dessous une production d’un sympathisant et collaborateur
de la LDDH réagissant aux événements majeurs qui se déroulent
chez nous en ce moment.

______________________________________
Témoignage

HUMEUR CITOYENNE

A un mètre du trottoir
contre la façade extérieure de la clôture d’un bâtiment,
Fatouma a dressé une espèce d’abri fait d’assemblage de vieux
tissus. L’espace intérieur d’environ 3 mètres carrés
est recouvert de morceaux de carton en guise de matelas. A cet endroit précis
elle a donné la vie. Oui elle y a accouché avec pour seule assistance
une dame un peu plus âgée qu’elle.

Une fiction ? Hélas
non. Cela s’est passé à Djibouti le mardi au soir du 26 août
2003 à la rue Pasteur située dans le quartier résidentiel
du Plateau du Serpent. Fatouma, environ la trentaine, est SDF (Sans Domicile
Fixe). Elle fait partie de ces milliers de sans papiers démunis de
tout. Ces parias ignorés des uns, méprisés des autres
et exploités à l’occasion. Ces laisser pour compte dont l’existence
se résume à errer dans les rues de la capitale au milieu des
gros 4×4 flambant neufs.
Comme pour ajouter à sa détresse, Fatouma doit partir. Elle
doit quitter le Territoire dans un délai de quatre (4) jours. La République
ne veut plus d’elle et le fait savoir en grandes pompes. Elle doit réunir
l’argent nécessaire pour le voyage. Si elle y arrive, il lui faudra
pouvoir se hisser dans un wagon. Une épreuve quand on sait la sévérité
de la lutte impitoyable pour accéder aux marches du train.

Le 30 août, Fatouma,
son bébé de trois jours sur le bras, aura subit un calvaire.
Un de plus. Les bousculades, les queues infinies, la canicule. Elle est partie
au milieu de la foule dans un wagon bondé pour rejoindre Shinilé
de son Ethiopie natale. Tiendra-t-elle jusqu’au bout ? Rien n’est moins sûr.
Elle a pris le risque. C’était le prix à payer pour respecter
l’ultimatum. Un ultimatum dont elle craignait tant l’issu. Son expérience
djiboutienne l’a sûrement confrontée aux exactions nombreuses
et la cruauté policières vis à vis de gens de son genre,
sans protection, sans défense ni droits.

Cette histoire, répétons
le, aussi tragique qu’authentique nous amène à des réflexions
et à des interrogations sur le problème de l’immigration en
République de Djibouti.

Arrêtons-nous sur
les faits. Il est indéniable que depuis l’indépendance où
les frontières sont plus lâches, Djibouti attire et accueille
une population immigrée provenant essentiellement des pays limitrophes.

Les guerres qui ont sévi de manière plus ou moins larvée
dans la sous-région ont déversé un nombre important de
réfugiés dans le pays. L’hospitalité naturelle des djiboutiens
aidant, la densité des étrangers installés augmentait
régulièrement au fil des temps. Ils représentent aujourd’hui
une proportion notable des habitants des villes djiboutiennes et même
de certaines localités de l’arrière pays.

Parmi eux figurent les
résidents légaux exerçant des activités économiques
dans les secteurs formels et/ou informels. Plus nombreux sont ceux qui vivent
en famille depuis longtemps dans le pays tout en étant dépourvus
de documents officiels de résidence. Cela ne les empêchait nullement,
jusque là du moins, de travailler au noir ou de développer des
petits commerces individuels leur permettant de se loger et de mener une vie
de monsieur tout le monde.

Enfin, la catégorie
sans doute le plus visible est constituée d’une population flottante
sans ressources ni domicile fixe. La pauvreté extrême de ces
SDF n’est pas sans poser des problèmes d’hygiène, de sécurité
et de santé publique.

Et pourtant même
cette couche rend des services à petits prix dans tous les quartiers
populaires de la capitale qu’elle squatte en majorité. En effet, il
n’est pas rare d’y croiser des femmes et des enfants portant sur la tête
des gros paquets de poubelles suppléant ainsi à la défaillance
des services de voirie. Ce sont aussi ces gens qui entretiennent le réseau
superficiel de conduits d’eaux usées très fréquents dans
ces mêmes quartiers.
Le constat énoncé ci-dessus appelle naturellement des questions
:
– l’immigration, aussi clandestine soit-elle, peut-elle être synonyme
de tant de maux que ne veut le faire croire la campagne actuelle dont l’agressivité
frise la xénophobie ? (voir encadré :extraits fidèles
d’articles de la presse écrite gouvernementale.)

__________________________
Extraits de La Nation
Le compte à rebours a commencé !
… la présence des milliers de clandestins a favorisé
d’une certaine manière le chômage et la paupérisation.

La lutte contre la pauvreté dans laquelle Djibouti s ‘est engagé
ne pouvait ignorer cet aspect du problème..

LA
NATION n° 62 du lundi 04 août 2003.

Sans
immigration Djibouti sera-t-il sans bras ?

….ce raz de marée à la quête d’un quelconque emploi
dont le phare étant Djibouti, objet de convoitise des pays limitrophes,
risquait bel et bien de générer les problèmes suivants
:
– Multiplication de la délinquance, augmentation de l’insécurité…..
– L’apparition du phénomène du commerce parallèle autrement
dit la fuite des capitaux.
– La création des emplois destinés aux clandestins et échappant
à toute forme juridictionnelle.
– Augmentation cruelle du trafic des stupéfiants.
– Dans certains quartiers djiboutiens et à Tadjourah-ville en particulier
les clandestins détiennent le monopole du commerce et n’hésite
pas à décider du prix des petits produits.

LA
NATION n° 62 du lundi 04 août 2003

Les
personnes en situation irrégulière doivent se préparer
à quitter le pays..

…pour que ces gens puissent survivre. Ils se livrent à toutes
sortes d’activités sans exception ? ( vol, violence, cambriolage,
drogue, prostitution) et polluent aussi partout, la plupart étant
sans domicile fixe. De plus ils affluent se poursuivent sans répit
partout sur le territoire. Ils nous est presque impossible de les contenir.

LA
NATION n° 60 du lundi 28 juillet 2003

_________________________________ Suite du témoignage

– Et puis quand bien même
une immigration massive et incontrôlée pose problème à
qui la faute? Certainement pas aux clandestins. Il appartient à la
nation hôte d’édicter des règles claires et de les faire
respecter sans pour autant attenter à la dignité humaine. La
brutalité des mesures actuelles visant à renvoyer les clandestins
est pour le moins choquante voire inhumaine.

L’intensité de la campagne médiatique et l’exiguïté
du délai accordé ont provoqué un affolement chez la population
concernée qui s’est jetée en masse sur les chemins du retour
à tel point qu’il arrive à ces personnes de passer trois (3)
nuits devant la gare pour trouver une place.

Est-il vraiment nécessaire
de mettre ces gens dans des conditions aussi pénibles sous le soleil
d’août ?

Et puis que dire des tous
ceux-là qui se sont installés dans le pays sans se soucier de
papiers que d’ailleurs personne n’a jamais exigés de leur part. Ils
ont crée leurs propres activités (micros entreprises, commerces…)
avec la complicité de prête-noms locaux.

Aujourd’hui ils sont contraints
de brader leurs œuvres quand ils ne sont tout bonnement expropriés.

N’était-il pas
possible de prendre en compte leur différence ?

On ne balaie pas en 35
jours les résultats de 25 années de laxisme politique en matière
d’immigration. On ne gère pas la vie des gens, ne fussent des clandestins,
à coups d’ultimatums.

La législation
djiboutienne relative à la nationalité et à la délivrance
de permis de séjour pour étrangers a toujours été
aussi opaque que sévère et son application souvent à
géométrie variable. Ceci n’a pas manqué de décourager
beaucoup d’étrangers vivant avec nous, de tenter une régularisation
quelconque.

Peut-on passer sous silence
l’existence de milliers de personnes présentes sur le territoire depuis
3 générations avec un statut ambigu de ni citoyen ni étranger.
Apatrides est sûrement le terme qui convient le mieux.

Dans le fond nul ne peut
reprocher au pouvoir en place de mettre un peu d’ordre à la maison
cependant la manière de s’y prendre risque de créer une fracture
entre des populations voisines. Par ces actes ne mettons-nous pas en danger
l’intégration régionale de notre pays et de manière plus
immédiate la sécurité même de nos concitoyens séjournant
dans les pays dont les natifs sont ainsi traités ? Déjà
les rumeurs font état de représailles populaires à l’égard
des djiboutiens à Dire Dawa ( Ethiopie).

Le discours Oh! combien
populiste de  » je chasse l’étranger pour te faire de la place
 » a déjà montré sa nocivité dans d’autres
contrées en d’autres temps. Il a historiquement été synonyme
de mensonge et de danger. C’est encore le cas aujourd’hui.

Les étrangers incriminés
à Djibouti remplissent généralement des taches dures
et ingrates que peu de djiboutiens convoitent réellement. Ils participent
à la vie économique et sociale. Les djiboutois palpent déjà
les premières conséquences de leur départ forcé.
Au marché la viande est plus rare donc plus chère. La raison
: la chaîne de production/distribution dont des maillons essentiels
étaient des étrangers, est rompue brutalement.
Le cas du pain est aussi sur toutes les langues. La qualité de la baguette
s’est soudain dégradée. Là aussi des étrangers
étaient au four, à 50°C . Aujourd’hui ils manquent à
l’appel. A moins , bien sûr, que ces derniers n’aient mangé tout
le bon pain avant de partir.

Une chose est sure, la
xénophobie ambiante et entretenue à dessin par la presse gouvernementale
ne résoudra en rien le problème du chômage à Djibouti
pas plus qu’elle ne jugulera une pauvreté désormais chronique
dans le pays. Tout au plus maintiendra-t-elle sur un irrationnel hypertrophié
une illusion doublée d’une frustration.

L’avenir de la Nation
passe par le rapprochement des peuples et repose sur le respect des valeurs
universellement reconnues comme étant source de progrès.
Le peuple attend la JUSTICE, LA LIBERTE, LA PROBITE DES SES RESPONSABLES…
Bref, IL ATTEND LA REPUBLIQUE.

Souleiman
A. Mohamed

______________________________ Bref
commentaire de l’article (LDDH)

Tout en appréciant
cet article à sa juste valeur nous laissons le soin aux lecteurs la
perception de la douleur profonde ressentie aussi bien par des djiboutiens
que par les rapatriés forcés.

Constat
de la LDDH.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) est consciente que les mesures extrêmes consistant
à vider en quelques jours tous les  » sans papiers  » du territoire
national sont regrettables.

Elle déplore le
non-respect et le non-application des textes législatifs et juridiques
en vigueur et ce depuis l’indépendance et rappelle que ceci conduit
inéluctablement à des décisions extrêmes et brusques
;

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) ne manquera pas de tracer au moment opportun les
importantes incidences financières et sociaux-économiques consécutives
à ces mesures brusques.

NOEL
ABDI Jean-Paul

04/09/03 (B210) U.N. News confirme la désorganisation et l’impréparation de l’action de nettoyage ethnique. (En anglais)

Djibouti: UN agency struggles
to manage thousands of asylum seekers
2 September – The government in Djibouti has extended by two weeks the
deadline for the departure of illegal immigrants from the East African country,
where the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) has been struggling
to cope with thousands of people who thronged a transit centre in a last bid
to apply for asylum and legalize their stay.

Citing security and economic
concerns, the government of Djibouti had given illegal immigrants up to 31
August to leave the country. An estimated 10,000 people, instead of the expected
4,000, turned up at a stadium in the Djibouti capital, Djibouti, where they
had been asked to gather ahead of their transfer to a transit centre at Aour-Aoussa,
some 120 kilometres away.

« By Saturday, the
stadium was teeming with illegal immigrants mixed with asylum seekers, the
former anxious to find ways of legalizing their stay in Djibouti ahead of
the 31 August deadline for their departure from Djibouti, » UNHCR spokesman
Rupert Coleville said in Geneva today.

The large turnout at the
stadium on quickly outstripped the vehicle capacity arranged by UNHCR, forcing
the government to provide additional trucks to transport the waiting crowds
at the stadium to the transit centre.

« All activities at
the transit centre were completely paralysed by the unruly mobs at the centre.
Neither registration of genuine asylum seekers nor food distribution could
be started over the weekend, » Mr. Coleville said.

Government officials have
since deployed military personnel to man the perimeter of the transit centre
and police to instil order inside the facility.

UNHCR staff, working with
Djibouti government officials, yesterday begun to separate the large crowds
of people into three distinct groups: asylum seekers with or without attestations,
Somalis from areas south of the Somali capital, Mogadishu and others who are
likely to include villagers from the local community.

04/09/03 (B210) Chassés de Djibouti, réfugiés dans un camp, ils espèrent… (AFP)

– par Khaled AIDAR

AOUR-AOUSSA (Djibouti)
– L’un possède la précieuse attestation de demandeur d’asile
délivrée par le bureau du HCR à Djibouti, l’autre se
sent « apatride », un troisième a été confié
à des caravaniers par ses parents poursuivis comme rebelles: expulsés
de Djibouti, ils s’entassent dans un camp de réfugiés à
Aour-Aoussa, à cent kilomètres de Djibouti-ville, en espérant
que leur vie change.

Corps sec et vigoureux,
crâne blanchi, Alemayehu Govfe, 44 ans, était à Djibouti
depuis 1992. Commandant dans l’armée, il avait quitté son Ethiopie
natale un an après la chute du régime du colonel Mengistu Hailé
Mariam.

Marié, sans enfant,
Alemayehu enseignait l’anglais à Djibouti dans une école privée,
pour un salaire mensuel d’un peu plus de 200 dollars. Trop peu, explique-t-il,
compte tenu du niveau de vie très élevé.

« Je suis d’abord
à la recherche d’une reconnaissance de ma dignité d’homme »,
murmure-t-il.

Il a reçu l’attestation
de demandeur d’asile au bureau du HCR à Djibouti, et voudrait « vivre
à Djibouti ou ailleurs, dignement et pacifiquement, sans être
exploité ».

Il lui est impossible
de retourner à Addis-Abeba, où ses proches, selon lui, « continuent
d’être persécutés ».

Kibrom Bayru, 41 ans,
de mère d’origine tigrée et de père érythréen,
se déclare « apatride », et victime du conflit éthio-érythréen,
qu’il juge « insensé ».

Chassé d’Addis-Abeba
en mars 1999, il avait trouvé refuge à Djibouti.

« J’ai vécu
toute ma vie en Ethiopie et je peux aller en Erythrée », précise-t-il.
Il a « travaillé dans le bâtiment et géré un
garage privé », ajoute-t-il.

Depuis cinq ans, il assistait
pour 200 dollars par mois le propriétaire d’un petit restaurant, près
du port de Djibouti, dont les routiers éthiopiens fournissent la principale
clientèle.

Ahmed Yacin, 21 ans, est
arrivé à Djibouti en provenance d’Ethiopie à l’âge
de dix ans. Sa mère l’avait confié à des caravaniers
pour le conduire chez une tante.

Ce jour-là, la
police éthiopienne avait fait irruption au domicile de ses parents.
« J’étais un gamin, mais j’ai su plus tard que mon père
était militant du Front Oromo de Libération (OLF) », mouvement
d’opposition décrété hors-la-loi, raconte-t-il.

« Je ne sais pas où
est ma famille, mon espoir est de rejoindre un cousin à Melbourne,
en Australie, qui m’a écrit et va m’aider », explique-t-il.

Il vivait depuis quelque
temps de petits boulots journaliers rémunérés à
la tâche, entre 3 et 6 dollars, et rédige pour ses concitoyens
des lettres en anglais ou en amharic.

Ahmed Yahya Abdallah,
43 ans, possède la nationalité érythréenne, et
se présente comme un opposant déclaré au régime
d’Asmara.

« J’ai fui l’oppression
qui existe dans mon pays, où ils sont des centaines d’anciens ministres,
d’étudiants ou de journalistes à souffrir dans les geôles »,
proclame-t-il.

Ancien militaire, Ahmed
cite nominativement des personnes portées disparues et qui auraient
été enlevées et tuées par le régime, selon
lui.

Abdullahi Aden Hassan,
29 ans, Somali, né à Baïdoa, a fui la guerre civile qui
sévit dans son pays. A Djibouti depuis cinq ans, il a dormi les six
premiers mois sur une plage de la capitale, puis s’est mis à donner
des cours d’anglais à domicile.

La chance lui a souri
avec l’installation de la base américaine à Djibouti, fin 2002.
« J’ai réussi à convaincre un officier américain
de me donner un job de magasinier, pour 300 dollars par mois ».

Abdullahi s’est marié
il y a un an, et est papa d’un garçon de cinq mois.

Mais, quand le ministre
djiboutien de l’Intérieur a annoncé l’expulsion des immigrés
en situation irrégulière, son patron lui a dit qu’il ne pouvait
plus le garder.

Il souhaite « rester
à Djibouti en étant reconnu comme réfugié »,
et ajoute: « si possible, je voudrais bien partir ailleurs pour poursuivre
des études ».