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04/09/03 (B210) Témoignage dans le cadre de l’opération de nettoyage ethnique en cours à Djibouti (LDDH)

 

Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION
DU 1er SEPTEMBRE 2003

Flegmatiques mais la
peur au ventre, et la rage au cœur des milliers de rapatriés  »
volontaires  » fuient Djibouti :  » Terre de rencontre et d’échanges
!  » Nous publions ci-dessous une production d’un sympathisant et collaborateur
de la LDDH réagissant aux événements majeurs qui se déroulent
chez nous en ce moment.

______________________________________
Témoignage

HUMEUR CITOYENNE

A un mètre du trottoir
contre la façade extérieure de la clôture d’un bâtiment,
Fatouma a dressé une espèce d’abri fait d’assemblage de vieux
tissus. L’espace intérieur d’environ 3 mètres carrés
est recouvert de morceaux de carton en guise de matelas. A cet endroit précis
elle a donné la vie. Oui elle y a accouché avec pour seule assistance
une dame un peu plus âgée qu’elle.

Une fiction ? Hélas
non. Cela s’est passé à Djibouti le mardi au soir du 26 août
2003 à la rue Pasteur située dans le quartier résidentiel
du Plateau du Serpent. Fatouma, environ la trentaine, est SDF (Sans Domicile
Fixe). Elle fait partie de ces milliers de sans papiers démunis de
tout. Ces parias ignorés des uns, méprisés des autres
et exploités à l’occasion. Ces laisser pour compte dont l’existence
se résume à errer dans les rues de la capitale au milieu des
gros 4×4 flambant neufs.
Comme pour ajouter à sa détresse, Fatouma doit partir. Elle
doit quitter le Territoire dans un délai de quatre (4) jours. La République
ne veut plus d’elle et le fait savoir en grandes pompes. Elle doit réunir
l’argent nécessaire pour le voyage. Si elle y arrive, il lui faudra
pouvoir se hisser dans un wagon. Une épreuve quand on sait la sévérité
de la lutte impitoyable pour accéder aux marches du train.

Le 30 août, Fatouma,
son bébé de trois jours sur le bras, aura subit un calvaire.
Un de plus. Les bousculades, les queues infinies, la canicule. Elle est partie
au milieu de la foule dans un wagon bondé pour rejoindre Shinilé
de son Ethiopie natale. Tiendra-t-elle jusqu’au bout ? Rien n’est moins sûr.
Elle a pris le risque. C’était le prix à payer pour respecter
l’ultimatum. Un ultimatum dont elle craignait tant l’issu. Son expérience
djiboutienne l’a sûrement confrontée aux exactions nombreuses
et la cruauté policières vis à vis de gens de son genre,
sans protection, sans défense ni droits.

Cette histoire, répétons
le, aussi tragique qu’authentique nous amène à des réflexions
et à des interrogations sur le problème de l’immigration en
République de Djibouti.

Arrêtons-nous sur
les faits. Il est indéniable que depuis l’indépendance où
les frontières sont plus lâches, Djibouti attire et accueille
une population immigrée provenant essentiellement des pays limitrophes.

Les guerres qui ont sévi de manière plus ou moins larvée
dans la sous-région ont déversé un nombre important de
réfugiés dans le pays. L’hospitalité naturelle des djiboutiens
aidant, la densité des étrangers installés augmentait
régulièrement au fil des temps. Ils représentent aujourd’hui
une proportion notable des habitants des villes djiboutiennes et même
de certaines localités de l’arrière pays.

Parmi eux figurent les
résidents légaux exerçant des activités économiques
dans les secteurs formels et/ou informels. Plus nombreux sont ceux qui vivent
en famille depuis longtemps dans le pays tout en étant dépourvus
de documents officiels de résidence. Cela ne les empêchait nullement,
jusque là du moins, de travailler au noir ou de développer des
petits commerces individuels leur permettant de se loger et de mener une vie
de monsieur tout le monde.

Enfin, la catégorie
sans doute le plus visible est constituée d’une population flottante
sans ressources ni domicile fixe. La pauvreté extrême de ces
SDF n’est pas sans poser des problèmes d’hygiène, de sécurité
et de santé publique.

Et pourtant même
cette couche rend des services à petits prix dans tous les quartiers
populaires de la capitale qu’elle squatte en majorité. En effet, il
n’est pas rare d’y croiser des femmes et des enfants portant sur la tête
des gros paquets de poubelles suppléant ainsi à la défaillance
des services de voirie. Ce sont aussi ces gens qui entretiennent le réseau
superficiel de conduits d’eaux usées très fréquents dans
ces mêmes quartiers.
Le constat énoncé ci-dessus appelle naturellement des questions
:
– l’immigration, aussi clandestine soit-elle, peut-elle être synonyme
de tant de maux que ne veut le faire croire la campagne actuelle dont l’agressivité
frise la xénophobie ? (voir encadré :extraits fidèles
d’articles de la presse écrite gouvernementale.)

__________________________
Extraits de La Nation
Le compte à rebours a commencé !
… la présence des milliers de clandestins a favorisé
d’une certaine manière le chômage et la paupérisation.

La lutte contre la pauvreté dans laquelle Djibouti s ‘est engagé
ne pouvait ignorer cet aspect du problème..

LA
NATION n° 62 du lundi 04 août 2003.

Sans
immigration Djibouti sera-t-il sans bras ?

….ce raz de marée à la quête d’un quelconque emploi
dont le phare étant Djibouti, objet de convoitise des pays limitrophes,
risquait bel et bien de générer les problèmes suivants
:
– Multiplication de la délinquance, augmentation de l’insécurité…..
– L’apparition du phénomène du commerce parallèle autrement
dit la fuite des capitaux.
– La création des emplois destinés aux clandestins et échappant
à toute forme juridictionnelle.
– Augmentation cruelle du trafic des stupéfiants.
– Dans certains quartiers djiboutiens et à Tadjourah-ville en particulier
les clandestins détiennent le monopole du commerce et n’hésite
pas à décider du prix des petits produits.

LA
NATION n° 62 du lundi 04 août 2003

Les
personnes en situation irrégulière doivent se préparer
à quitter le pays..

…pour que ces gens puissent survivre. Ils se livrent à toutes
sortes d’activités sans exception ? ( vol, violence, cambriolage,
drogue, prostitution) et polluent aussi partout, la plupart étant
sans domicile fixe. De plus ils affluent se poursuivent sans répit
partout sur le territoire. Ils nous est presque impossible de les contenir.

LA
NATION n° 60 du lundi 28 juillet 2003

_________________________________ Suite du témoignage

– Et puis quand bien même
une immigration massive et incontrôlée pose problème à
qui la faute? Certainement pas aux clandestins. Il appartient à la
nation hôte d’édicter des règles claires et de les faire
respecter sans pour autant attenter à la dignité humaine. La
brutalité des mesures actuelles visant à renvoyer les clandestins
est pour le moins choquante voire inhumaine.

L’intensité de la campagne médiatique et l’exiguïté
du délai accordé ont provoqué un affolement chez la population
concernée qui s’est jetée en masse sur les chemins du retour
à tel point qu’il arrive à ces personnes de passer trois (3)
nuits devant la gare pour trouver une place.

Est-il vraiment nécessaire
de mettre ces gens dans des conditions aussi pénibles sous le soleil
d’août ?

Et puis que dire des tous
ceux-là qui se sont installés dans le pays sans se soucier de
papiers que d’ailleurs personne n’a jamais exigés de leur part. Ils
ont crée leurs propres activités (micros entreprises, commerces…)
avec la complicité de prête-noms locaux.

Aujourd’hui ils sont contraints
de brader leurs œuvres quand ils ne sont tout bonnement expropriés.

N’était-il pas
possible de prendre en compte leur différence ?

On ne balaie pas en 35
jours les résultats de 25 années de laxisme politique en matière
d’immigration. On ne gère pas la vie des gens, ne fussent des clandestins,
à coups d’ultimatums.

La législation
djiboutienne relative à la nationalité et à la délivrance
de permis de séjour pour étrangers a toujours été
aussi opaque que sévère et son application souvent à
géométrie variable. Ceci n’a pas manqué de décourager
beaucoup d’étrangers vivant avec nous, de tenter une régularisation
quelconque.

Peut-on passer sous silence
l’existence de milliers de personnes présentes sur le territoire depuis
3 générations avec un statut ambigu de ni citoyen ni étranger.
Apatrides est sûrement le terme qui convient le mieux.

Dans le fond nul ne peut
reprocher au pouvoir en place de mettre un peu d’ordre à la maison
cependant la manière de s’y prendre risque de créer une fracture
entre des populations voisines. Par ces actes ne mettons-nous pas en danger
l’intégration régionale de notre pays et de manière plus
immédiate la sécurité même de nos concitoyens séjournant
dans les pays dont les natifs sont ainsi traités ? Déjà
les rumeurs font état de représailles populaires à l’égard
des djiboutiens à Dire Dawa ( Ethiopie).

Le discours Oh! combien
populiste de  » je chasse l’étranger pour te faire de la place
 » a déjà montré sa nocivité dans d’autres
contrées en d’autres temps. Il a historiquement été synonyme
de mensonge et de danger. C’est encore le cas aujourd’hui.

Les étrangers incriminés
à Djibouti remplissent généralement des taches dures
et ingrates que peu de djiboutiens convoitent réellement. Ils participent
à la vie économique et sociale. Les djiboutois palpent déjà
les premières conséquences de leur départ forcé.
Au marché la viande est plus rare donc plus chère. La raison
: la chaîne de production/distribution dont des maillons essentiels
étaient des étrangers, est rompue brutalement.
Le cas du pain est aussi sur toutes les langues. La qualité de la baguette
s’est soudain dégradée. Là aussi des étrangers
étaient au four, à 50°C . Aujourd’hui ils manquent à
l’appel. A moins , bien sûr, que ces derniers n’aient mangé tout
le bon pain avant de partir.

Une chose est sure, la
xénophobie ambiante et entretenue à dessin par la presse gouvernementale
ne résoudra en rien le problème du chômage à Djibouti
pas plus qu’elle ne jugulera une pauvreté désormais chronique
dans le pays. Tout au plus maintiendra-t-elle sur un irrationnel hypertrophié
une illusion doublée d’une frustration.

L’avenir de la Nation
passe par le rapprochement des peuples et repose sur le respect des valeurs
universellement reconnues comme étant source de progrès.
Le peuple attend la JUSTICE, LA LIBERTE, LA PROBITE DES SES RESPONSABLES…
Bref, IL ATTEND LA REPUBLIQUE.

Souleiman
A. Mohamed

______________________________ Bref
commentaire de l’article (LDDH)

Tout en appréciant
cet article à sa juste valeur nous laissons le soin aux lecteurs la
perception de la douleur profonde ressentie aussi bien par des djiboutiens
que par les rapatriés forcés.

Constat
de la LDDH.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) est consciente que les mesures extrêmes consistant
à vider en quelques jours tous les  » sans papiers  » du territoire
national sont regrettables.

Elle déplore le
non-respect et le non-application des textes législatifs et juridiques
en vigueur et ce depuis l’indépendance et rappelle que ceci conduit
inéluctablement à des décisions extrêmes et brusques
;

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) ne manquera pas de tracer au moment opportun les
importantes incidences financières et sociaux-économiques consécutives
à ces mesures brusques.

NOEL
ABDI Jean-Paul

02/09/03 (B210) Bientôt un grand jeu africain sous forme d’un quiz qui sera organisé « on-line » et disponible entre les 6 et 20 Octobre. Inscrivez-vous dès maintenant … !

Le jeu sera accessible
sur les sites suivants :

http://www.Africaquiz.com,

http://www.Adakar.net,
http://www.PlaneteAfrique.com

Lien pour obtenir tous
les renseignements et pour s’inscrire au concours : http://www.planeteafrique.com/quizafrique/Partenaires.asp

Ce jeu concours en ligne
sera un questionnaire présenté sous la forme d’un quiz. Il
est spécialement étudié pour l’Afrique et il est inspiré
de l’activité principale du site Africaquiz.

« Ce concours
est avant tout la première expérience pour fédérer
les ressources multimédia sur plusieurs sites Internet, pour éprouver
les partenariats inter sites en les renforçant. Sous l’apparente
simplicité d’un quiz en ligne, plusieurs sites déploient véritablement
de fortes ressources techniques, notamment en raison du déploiement
sur plusieurs serveurs indépendants.

Son objectif reste
très largement l’occasion de nous connaître un peu plus à
travers le jeu ; ‘nous’, parlant des responsables de sites et des organisations
dédiées à l’Afrique ; connaître nos activités
et missions, ainsi que nos zones géographiques d’intervention.

C’est également
l’occasion, avant toute chose, de se mettre sous le même manguier,
le temps du concours, et de partager le même intérêt à
partir de questions spécialement étudiées sur l’Afrique.
»

____________________________________

L’ARDHD a donné
son accord aux auteurs pour participer à la promotion de l’opération et
nous vous tiendrons régulièrement au courant du lancement du
jeu et de son évolution.

02/09/03 (B210) Effectivement la vie des Djiboutiens est désorganisée. (AFP)

Les habitudes de nombreux
Djiboutiens bouleversées par l’exode des clandestins

DJIBOUTI, 2 sept (AFP)
– "J’ai acheté une machine à laver, malgré les récriminations
de mon mari qui craint d’avoir une facture d’électricité salée",
explique Zahra, une habitante de Djibouti, dont la femme de ménage,
en situation irrégulière, vient de quitter le pays sur ordre
du gouvernement.

Avec le départ
depuis un mois de plusieurs dizaines de milliers de clandestins, dont beaucoup
travaillaient comme personnel de maison ou occupaient des "petits boulots",
la population de Djibouti-ville voit ses habitudes bouleversées et
la capitale transformée.

L’emploi de personnel
de maison était particulièrement répandu au sein de la
classe moyenne djiboutienne, essentiellement des commerçants et des
fonctionnaires.

Par rapport aux pays de
la région, les salaires de Djibouti sont beaucoup plus élevés,
le salaire minimum étant par exemple de 17.500 francs djiboutiens,
soit 100 dollars, en raison d’une relative prospérité due à
la présence de bases militaires française et américaine.

Saïda, secrétaire
dans l’administration, explique pour sa part qu’elle quitte son travail une
heure plus tôt pour préparer le repas de midi depuis le départ
de sa cuisinière.

"Je suis depuis
plusieurs jours à la recherche d’une aide à domicile et je n’en
trouve pas", se plaint cette mère de cinq enfants, âgée
de 35 ans.

Fin juillet, le gouvernement
djiboutien a lancé un ultimatum aux clandestins, essentiellement des
Ethiopiens et des Somaliens, pour quitter ce petit pays de 600.000 habitants,
situé dans la Corne de l’Afrique, une des régions les plus instables
du monde.

La date butoir, initialement
fixée au dimanche 31 août, a finalement été reportée
au 15 septembre, et les personnes en situation illégale continuent
à fuir le pays.

De plus en plus de responsables
de l’administration djiboutienne, sous couvert de l’anonymat, reconnaissent
que la décision du gouvernement est notamment liée à
la présence américaine dans le pays et aux avis de "menaces
terroristes" à travers le monde, lancés depuis Washington.

Après le départ
de son personnel de maison, Fozia, employée de banque de 45 ans et
mère de trois enfants, s’inquiète pour la rentrée scolaire,
prévue la semaine prochaine.

"Qui ira à
la boutique, préparera le thé, qui cherchera tôt le matin
les beignets, les galettes de dourrah (spécialité djiboutienne
à base de céréales) ou le pain ?", se demande-t-elle.

"Il m’est impossible
d’arriver en retard ou de quitter mon travail une heure plus tôt",
explique-t-elle. "Il faudra apprendre aux maris et aux enfants à
mieux s’organiser, les femmes ne sont pas les seules corvéables",
lance Saïda.

"Les anciennes
conventions dictées par les moeurs, la tradition ou même la religion
et qui empêchaient jusque-là qu’un homme cuisine ou s’occupe
du linge sale sont dépassées", estime-t-elle.

Des hommes ont d’ailleurs
commencé à mettre la main à la pâte. "Ils
vident les poubelles, repassent le linge, vont à la boutique, remplissent
les bouteilles d’eau et s’occupent de la vaisselle ou de la voiture",
assure Hibo, commerçante d’une quarantaine d’années, qui se
demande toutefois combien de temps cela va durer.

Depuis quelques jours,
la vie dans la capitale paraît s’être subitement assoupie.

Entre midi et 18 heures,
une bonne partie de la population s’abandonne encore à mâcher
du khat, une plante euphorisante très consommée dans la Corne
de l’Afrique, mais les places jusque-là grouillantes de monde semblent
désertes, et la circulation beaucoup moins dense que d’ordinaire.

Dans les rues, les multiples
abris de fortune faits de branches, de planches et de tôles sont abandonnés.
Les clandestins qui les habitaient ont plié bagage. D’ici quelques
jours, les services de la voirie devraient les brûler.

01/09/03 (B210) Le casse-tête : la vie des Djiboutiens est-elle désorganisée après le départ des étrangers ? (Lecteur)

Qui va
remplacer nos employés à la maison et à l’atelier
?
Guelleh et son Ministre de l’intérieur, eux, ils s’en moquent,
parce qu’ils ne manqueront jamais de personnel, mais nous ?

Mais qui va
faire la vaisselle, laver le linge, prendre les enfants à la
sortie de l’école et préparer les repas ?

Mais qui va
garder le magasin, la nuit ? Qui fera les livraisons tous les jours
? Qui m’aidera à la fabrication ?

 

31/08/03 (B210) Un scoop dans La Nation : Dileyta raccompagne deux étrangers qui ont choisi de quitter (eux ? les seuls ?) Djibouti de leur plein gré ! Est-ce l’exception qui confirme la règle ? (Humour)

Nous découvrons
sur le site de La Nation que deux étrangers auraient accepté
de quitter volontairement Djibouti. Comme le cas ne semble pas fréquent,
c’est Dileyta, en qualité de Chef de Gouvernement par intérim,
qui s’est personnellement proposé pour les raccompagner jusqu’à la frontière, espérant que cela deviendrait un exemple pour les étrangers présents sur le sol et que cela susciterait de nouvelles vocations dans le cadre du volontariat ‘apparent’.

Il s’agit de M.Khalid
Mohamed Othman, ambassadeur d’Egypte

et de Mme Anne Breiter,
chargée d’affaire américaine.

Dileyta va-t-il suggéré
aux Djiboutiens de se présenter à l’agence de l’emploi pour
exiger l’attribution de ces petits boulots à des ressortissants djiboutiens
confirmés. C’est à dire, ayant les moyens de s’offrir la carte
d’identité que son nouveau prix d’attribution (+ 1 500 % d’augmentation
comme par hasard) rend déosrmais inaccessible à de nombreuses
personnes.

Ce qui devient dramatique
dans un contexte où cette carte d’identité peut éviter d’être ‘rafflé’ puis embarqué manu militari dans des convois pour un camp d’internement où l’on dort à 800 par cellules fermées.

 

31/08/03 (B210) Abdoulkader Doualeh Waïs, Ministre de l’Intérieur franchit une nouvelle étape dans l’horreur. Jusqu’où ira-t-il ?

Dans les colonnes de l’ADI,
il exprime sa satisfaction sur les résultats de l’opération
honteuse, qu’il a déclenché et dont il vient d’être contraint
de retarder l’échéance, en raison des drames humains et des
difficultés survenant, vue le manque de préparation et d’accompagnement de l’opération.

Qu’ose dire ce Ministre
?

Tenez-vous bien !

Que ça rapporte
des sous ! Bravo pour l’éthique !

On doit certes le créditer d’une certaine honnêteté, car
ce régime dictatorial, n’a jamais rien fait gratuitement, mais quand
même, il y a des limites à la pudeur.

Affirmer publiquement
que l’on s’est sucré généreusement
sur le dos des malheureux qui sont forcés de fuir la répression
policière dans des conditions dramatiques (parfois sans eau,
sans ressource pour acheter de la nourriture et accouchant sur le quai de
la gare)
: il y avait un fossé que le Ministre de l’Intérieur
a franchi avec brio (il aurait dû se présenter aux Mondiaux
de Paris, avec une telle performance : à ne pas en douter un bel espoir
de médaille pour Djibouti !).

Et il voudrait faire croire
que le peuple djiboutien se réjouit de l’aubaine. En plus, demain,
homme à la vue basse, il n’y aura plus du tout de clients pour ces
commerçants !

Avouer publiquement que
l’afflux de demandes de renouvellement de la Carte nationale d’identité
(dont le tarif a augmenté de 1 500 %) est une aubaine pour l’Etat :
c’est trop fort.

____________________________
Extrait de l’ADI

(…) Conséquences.

Dans l’immédiat, les premières incidences concrètes et
observables de ce programme de résolution de l’immigration clandestine
en République de Djibouti sont de deux ordres. Sur un plan strictement
circonstanciel, on note que ce vaste mouvement des personnes a constitué
une aubaine pour les commerçants, propriétaires de bus et minibus
et petits agents de change. En effet, les milliers des personnes retournant
dans leur pays ont procédé au convertissement de leurs avoirs
financiers en la monnaie de leurs pays respectifs (ou en devise forte) ou
ont procédé au transfert de leur pécule. L’achat des
valises et des menus articles ainsi que la location collective ou individuelle
des véhicules de transport par ces personnes en partance ont été
un marché inespéré pour les petits commerçants
de la place.

Autre induction indirecte,
l’afflux des djiboutiens désireux d’établir ou de renouveler
leurs pièces d’identité (Carte d’identité, acte de naissance)
aux bureaux du Service de Population .
(..)


_____________________________ Autre dépêche.

Et dans un autre communiqué,
le Ministre de l’Intérieur en rajoute avec cynisme, parlant, croit-il
au nom des Djiboutiens : « Il semble que tout le monde est décidé
à partir, nous devons tous en être satisfaits et fiers »,
.

Les Djiboutiens auraient-ils
des raisons d’être fiers, si les étrangers se précipitaient
volontairement et ‘en masse’ pour les quitter. Ce ne serait pas flatteur pour
l’hospitalité traditionnelle du peuple djiboutien …. Ne doit-on pas
chercher dans un apparent volontarisme, la peur, celle des mesures de rétorsion
qui ont été annoncées ? Entre deux maux, bien sur on
choisit toujours le moindre. Et la mencae répétée de
rafles, d’internement en camp de concentration sous un régime reconnu
pour pratiquer en plus la torture, ça vous donne certainement des ailes
pour s’enfuir à toutes jambes.

Ne cherchez pas ailleurs
les raisons d’un soi-disant volontariat.

31/08/03 (B210) Ali Coubba, Président de l’AHA, convie toutes les personnes intéressées à participer à la première A.G. le 6 septembre à Paris.

Association d’Histoire
afare (A.H.A.)

41, rue de Neufchâtel ( nouvelle adresse)
51 100 Reims
Tél : 03 26 85 59 01
e-mail : ali.coubba @libertysurf.fr


Reims, le 25 août 2003

Objet : Assemblée
générale de l’Association d’histoire afare (A.H.A.)


L’Association d’histoire afare (Qafar Aydaadih Egla), créée
en 2003, se donne pour principale vocation de mener des études sur
l’Histoire afare.

Elle entend cependant
accorder, dans ses futures publications, une large place aux recherches portant
sur les sociétés voisines.

Nous invitons les membres
(déclarés) et toutes les personnes intéressées
à la première assemblée générale de l’A.H.A.
qui se tiendra, le 06 septembre 2003 à 10 heures, à Paris
à l’adresse suivante :

120,
rue Sadi CARNOT
Métro : GALLIENI
BAGNOLET

Président
de l’Association
Ali
COUBBA

31/08/03 (B210) Djibouti repousse l’ultimatum pour les étrangers (BBC en anglais)

Djibouti extends refugee
deadline

Djibouti has extended the deadline for illegal immigrants to leave the country
by two weeks.

The news came as thousands of immigrants used any means of transport to try
to get out of the country before the previous deadline of Sunday.

The immigrants, mainly
Ethiopians and Somalis, have been told by authorities they must leave the
country for « security » and « economic » reasons.

The United States has
been using Djibouti – strategically located on the Horn of Africa – as a base
to collect intelligence on the al-Qaeda network.

No further time limit
will be granted after 15 September

War on terror Africa-style

Warnings by
Washington of possible attacks on Western interests in the country are thought
to have led the government to clamp down on the foreigners.

« No further time
limit will be granted after 15 September, » Interior Minister Abdulkader
Dualeh Wais told journalists.

Illegal immigrants wishing
to apply for asylum have been streaming into a camp set up by the United Nations
refugee agency at Aour-Aoussa, in the south of the country.

« The asylum seekers
are largely Somalis who can’t go back to their home territory because of the
conflict and instability there, » a Djiboutian official said.

Economic impact
Illegal immigrants who did not leave would be deported,

government spokesman Ali Ahmed Koulet told the BBC.

On Saturday, 1,000 Ethiopians
– of the 30,000 expected by the Ethiopian authorities – arrived in Dire Dawa.

« Both young and old
Ethiopians arrived carrying small possessions, » a Dire Dawa official
said.

Thousands of refugees
are also passing through the town of Lowya-ado to reach the self-proclaimed
republic of Somaliland.

The economic impact
of the departure of so many immigrants is already being felt.

Maids,
cooks, cleaners, security guards and car washers are now impossible to find
while shops and bakeries are short staffed. Street food vendors have lost
much of their clientele.

The interior ministry
is urging Djibouti nationals to take up the jobs vacated by the foreigners
but they are demanding double the wages.

There are 1,500 United
States soldiers in Djibouti as part of regional counter-terrorism efforts.
The country also hosts 2,700 French military personnel, as well as 800 German
and 50 Spanish troops.