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10/09/2013 (Brève 229) Manifestation à Bruxelles le 16 septembre 2013 pour dénoncer la venue du dictateur qui entend participer à la conférence : »New deal » for Somalia. Ne pas confondre avec la mamnifestation du 12 septembre devant l’Ambassade du Yémen.

La conférence pour la Somalie se tiendra le 16 Septembre 2013 au Palace Egmont Palace dans le centre de Bruxelles (
Petit Sablon Square, n°8, 1000 Brussels, Belgium)

Les opposants au régime djiboutien sont invités à venir manifester le 16 septembre 2013 de 10h à 13h devant le palais de justice de Bruxelles (place Poelaert), métro lignes 2 et 6, arrêt Louise.

______________________________ Note de l’ARDHD
1°) Nous invitons les lectrices et les lecteurs à ne pas confondre avec la manifestation qui est organisée le 12 septembre à proximité de l’Ambassade du Yémen à Bruxelles pour réclamer la libération de Mohamed Alhoumékani et apporter un soutien à Elisabeth Borrel et à ses enfants, à l’appel d’Ali Abdillahi Iftin et de la famille de Mohamed Alhoumékani, toujours incarcéré à Sanaa.

2°) Il est important que les Djiboutiens opposés au régime soient présents à ces deux manifestations pour dénoncer le régime sanguinaire de Guelleh.

16/01/04 (B229) A noter la sortie du Premier numéro de la Revue trimestrielle des Alternatives africaines – ARIQUE XXI – Automne 2003 / N°1 et un dossier consacré à Djibouti.

 

AFRIQUE
XXI

directeur de
la publication : Frédéric Siméon

C/O CNT : 33, rue
des Vignoles – 75020 PARIS
E-mail : afrique21@altern.org

Toute demande
d’abonnement doit être adressée par courrier à l’adresse
ci-dessus ou par e-mail
1 an (4 numéros) : 15 €

Associations
membres de la rédaction :
ACT UP-PARIS
ADDL
AIRCRIGE
CNT
COFANZO
MIRAU
SURVIE IdF

Le dossier sur Djibouti :

1
– PAYS REEL, PAYS REVE (Formule d’A. Waberi)

La responsabilité de l’Etat français dans le maintien de
la dictature à Djbouti est rarement évoquée dans les
médias de l’Hexagone. Pour combler cette lâcheté, Afrique
XXI brosse un tableau succinct mais éclairant de la situation dans
cette ex-colonie française. Pour illustrer cette présentation,
nous avons interviewé deux militants infatigables des Droits humains
à Djibouti. L’une et l’autre s’efforcent avec les associations qu’ils
animent et selon leurs modalités propres, d’organiser la résistance
à la dictature de Guelleh (…)

2
– BRISER L’ISOLEMENT

Jean-Loup Schaal est le Président de l’Association pour le Respect
des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD), basée à Paris.
Il répond à nos questions.

Quels sont les objectifs
que s’est fixés l’ARDHD ?
J.L. Schaal. Chaque jour, la vie quotidienne de Djibouti est marquée
par des violations intolérables des Droits de l’Homme. La torture est
un instrument coutumier de la dictature de Ismaël Omar Guelleh. Les conditions
de vie dans les prisons sont effroyables. Concrètement, nous nous battons
pour le retour à la démocratie, et pour une justice équitable
sans discrimination. Nous demandons la libération de tous les prisonniers
politiques.

N’êtes-vous
pas engagés de façon partisane dans la vie politique de Djibouti
?
Nous sommes des bénévoles jaloux de notre indépendance,
aux plans financier et politique. Nous déclinons toute contribution
financière extérieure, tout appel à la publicité.
Notre rôle n’est pas de favoriser tel ou tel parti ou orientation politique.
Nous souhaitons aider tous les djiboutiens sans distinction, sur le territoire
ou exilés, que ce régime opprime et exclut. Cette aide concerne
les individus comme les organes de presse, les associations et les partis
qui luttent contre la dictature. Ainsi, en septembre 1999, lorsque le gouvernement
avait cassé toute presse libre, nous avons pris le relais par la diffusion
de l’hebdomadaire électronique La Liberté.

Comment est née
l’idée du site Internet ?

En octobre 1991, Maître Aref, son Onde Ali Aref Bouhran, ancien Président
du Conseil dans les dernières années de la colonisation et une
dizaine de personnes sont emprisonnés " sur ordre du Président
". Alertés par des proches, nous avons créé l’ARDHD
dans l’urgence et nous avons lancé une campagne de pétitions
et de fax pour briser le silence. En février 1999, le régime
espère mettre à genoux les défenseurs des Droits de l’Homme
en condamnant à la prison de Maître Aref, avocat au barreau de
Djibouti et cadre influent d’Amnesty International, à l’issue d’une
parodie de procès. Guelleh compte sur le verrouillage de l’information
pour exécuter ses basses oeuvres. Sur le plan international, Djibouti
est un minuscule territoire traditionnellement oublié de la communauté
internationale. Les Droits de l’Homme n’y pèsent pas lourd face aux
intérêts militaires stratégiques. Le réseau Internet
est vite apparu comme l’outil le plus efficace pour alerter l’opinion internationale.
Le site, géré à Paris, n’est soumis ni aux pressions,
ni aux intimidations ni à l’autocensure qui frappent les organes d’information
locaux.

Quel bilan tirez-vous
de votre travail militant ?
Notre site est devenu au fil des mois la première référence
sur Djibouti. Nous atteignons aujourd’hui 12 000 consultations de pages par
jour, aux 3/4 en Amérique du Nord. Notre site s’attache à la
diffusion d’informations inédites au jour le jour, reçues d’un
large réseau de correspondants, mais joue aussi le rôle de mémoire
politique et sociale : la version française des archives contient plus
de 650 pages en français. En brisant ainsi l’isolement des forces démocratiques,
nous exerçons une pression décisive qui a obligé le pouvoir
à reculer de nombreuses fois. Nous avons contribué à
la libération de Maître Aref et d’autres prisonniers politiques.
Le scandale des enfants mineurs incarcérés avec les adultes
et soumis à des sévices sexuels à Gabode a cessé
suite à notre dénonciation. Les condamnations du régime
par le Parlement européen montrent que les campagnes d’information
sont utiles. Nous continuons à exiger auprès des politiques
français l’arrêt des subventions à Djibouti, massivement
détournées par ses dirigeants.

Comment interprétez-vous
la campagne d’expulsion des sans papiers ?
La propagande raciste et xénophobe du régime n’est pas nouvelle
: rappelons la rafle de 5000 personnes en décembre 2000. La désignation
d’un bouc émissaire est un instrument classique pour un régime
au bilan économique et social catastrophique. Aujourd’hui, il est probable
que cela rejoint les désirs du pouvoir U.S., pour qui tout clandestin
est un terroriste potentiel.

ARDHD
84, rue Saint-Louis en l ‘lie 75004 – PARIS
Tel. : 33 / (0)146 34 70 70 Fax : 33 / (0)1 46342S93
E-Mail : ardhd@ardhd.org
Site internet : http://www.ardhd.org

3
– FEMMES CONTRE L’IMPUNITE

Aïcha Dabalé représente en France le Comité des
Femmes Djiboutiennes contre le Viol et l’Impunité. Extradée
d’Ethiopie, – alors qu’elle y travaillait pour le compte d’une ONG française
– pour avoir "sali l’honneur de l’armée", elle est libérée
suite à une campagne internationale et se réfugie en France.
Rencontre (…)

15/01/04 (B229) Gouled au bord du crac financier ? (Radio-trottoir)

Pas tout à fait
… rassurez-vous ! En vingt ans, il s’est quand même constitué
des solides réserves en pillant les Djiboutiens. Elles devraient pouvoir
lui permettre d’assurer son train de vie pendant plusieurs années.
Il est probable qu’il n’arrivera pas à tout manger ….

Mais on raconte que Guelleh
aurait fait suspendre le paiement de la pension de retraite de Gouled …
Pour quelles raisons ?

Nous n’avons pas réussi
à connaître les raisons exactes, mais certains observateurs estiment
que Guelleh penserait pouvoir tenir l’ex-Président de cette façon.
C’est possible, car ce serait cohérent avec les méthodes qu’il
emploie généralement. Combien d’hommes politiques sont-ils contraints
de se tenir tranquille, pour des raisons d’argent ? Moumin Bahdon, Ali Aref,
Guedi, Aden Robleh, Dini, … ?

Selon les cas, Guelleh
utilise deux formes :

1 – la première
consiste à menacer de saisir et de mettre en vente les biens de celui
qu’il veut contraindre au silence. L’Administration prétend alors que
l’homme en question n’a pas payé ses impôts et qu’il a contracté
une immense dette. Pour des poissons plus petits, on utilise l’EDD ou Djibouti
Telecom qui envoient des factures salées et qui suspendent les prestations
: plus de téléphone, plus d’électricité. Jean-Paul
Noël Abdi aurait été soumis autrefois à ce type
de chantage…

2 – la deuxième
consiste à obtenir la condamnation de l’individu rebelle et à
lui infliger une amende et des dommages dont le montant avoisine l’intégralité
du patrimoine du condamné. Cet argent lui est réclamé
ensuite, dès qu’il ouvre la bouche… Il essaie une ou deux fois, puis
il comprend vite où est son intérêt … D’où la
vieille formule ‘Le silence est d’or’.

Dans le cas de Gouled,
on peut se demander si Guelleh n’a pas pris peur. Gouled ferait-il peur à
Guelleh ? Pourquoi pas, car Gouled dispose toujours d’une forte aura auprès
des Mamassans et il a peut-être la capacité de reprendre en main
la tribu, pour qu’elle s’élève contre la folie de l’usurpateur.
En réponse, Guelleh aurait sorti son arme favorite : les sous.

Un émissaire de
Guelleh se serait présenté à la résidence de Gouled
pour lui expliquer les choses, c’est à dire les conditions du marché,
en substance : "Ou bien tu arrêtes de comploter contre moi,
ou je te prive de tes revenus …".

On pense que Gouled n’a
certainement pas apprécié la démarche et que l’intermédiaire
n’aurait même pas été invité à franchir
le pas de la porte de la réside

On pense aussi que c’est
Paulette qui pourrait diriger les opérations. Ses chevilles auraient
tellement enflées, qu’elle ne s’imposerait plus aucune limite dans
sa folie des grandeurs et dans sa soif de pouvoir et de domination.

Bref, si les dictateurs
et ex-dictateurs, aussi sanguinaires l’un que l’autre, se battent, ça
peut faire des dégats, mais cela peut aussi avoir des conséquences
heureuses pour le peuple, dans la mesure où ils ont la capacité
mutuelle de s’affaiblir.

D’ici à ce que
les militaires étudient ce qu’ils appelleraient un plan de sauvetage
du pays, c’est à dire un coup d’état et la prise du pouvoir
pour instituer un régime … dictatorial militaire, il reste un grand
pas à franchir. A ne pas en douter, certains y songeraient.

14/01/04 (B229) Lettre ouverte aux Djiboutiennes et aux Djiboutiens qui veulent un changement de régime politique dans notre pays et appel au Président Gouled. (Mohamed Alhoumekani et Ali Iftin)

Plus que jamais, nous
sommes à un tournant de l’histoire de l’après indépendance
de notre pays.

La question de la survie
des populations djiboutiennes va jouer un rôle essentiel dans la mobilisation
des masses populaires et de l’opposition dans les mois qui viennent.

L’économie comme
le social et le politique sont dans une véritable impasse, la pire
qu’il soit dans l’histoire de notre jeune république et tout concourt
à un changement de régime politique.

Certes il y eut, depuis
l’accession de notre pays à l’indépendance, accumulation de
plusieurs responsabilités dans la pénurie comme dans la hausse
des prix, mais cette situation s’est fortement aggravée depuis 4 années
avec un niveau de vie que peu peuvent assumer aujourd’hui.

Nul ne peut contester
le fait qu’Hassan Gouled consolida sur le plan diplomatique son régime
vis-à-vis de la France, des grandes nations et renforça la position
de Djibouti dans la région tout en essayant de concilier les thèses
des leaders et de clans souvent antagonistes.

Il trouva un heureux équilibre
international et nous fit traverser assez bien la crise économique
; certes, nous étions loin du parfait mais nous avions, chacun et chacune,
des raisons d’espérer en un avenir meilleur.

La pauvreté n’était
pas ce qu’elle est devenue, les diverses classes sociales étaient marquées.
Aujourd’hui il y a une minorité de 5 % qui détient quasiment
tout, y compris les monopoles qu’elle verrouille, et ceux qui n’ont rien ou
presque rien pour vivre.

Rien de grand ne peut
se faire en un jour, en un mois, en une année, ceci nous le savions
mais aujourd’hui et de par les conséquences de la crise qui perdure
le désespoir a gagné les populations de notre pays et devient
l’un des grands maux dont souffrent nos familles.

Force est de constater
que ce que nous avions jusqu’en 1992, nous ne l’avons plus aujourd’hui.

La désorganisation
de nos institutions profite à certains hauts fonctionnaires comme à
quelques familles " Fleurons de l’Irresponsabilité comme de l’incompétence
" qui dictent leurs propres lois.

La gabegie et la déprédation
de nos finances publiques dont se rendent coupables quelques uns a atteint
un tel niveau qu’il s’accompagne depuis des mois d’une cohorte de licenciements
pour les autres – qui va en s’accélérant – et sans motif si
ce n’est qu’il faut faire des économies et que certains et certaines
profitent de cette opportunité pour écarter ceux qui les dérangent.

Il n’y a plus d’Etat
mais un amalgame d’intérêts divers qui se combattent sournoisement.

Chaque employé
d’administration et de service d’Etat, Enseignement, Armée, Police,
Gendarmerie comme la Garde Nationale, paie son tribut à l’accumulation
des incohérences depuis 4 années alors que les aides financières
internationales ont plus que triplé et que la dette par habitant s’alourdit
dangereusement.

Les réclamations
fusent mais trouvent le vide, l’absence de réponse ; l’impossibilité
de l’Etat actuel d’offrir ne serait-ce qu’une amorce de solution qu’accompagne
une propagande fallacieuse et outrancière.


L’accroissement de notre population demeure très fort, elle a plus
que doublé en vingt-cinq ans mais faute de ressources, les inactifs
s’accumulent dans la ville de Djibouti et ses immenses faubourgs.

Notre jeunesse ne produit
pas, elle est dans la rue ; celle de tous les risques.

Le
chômage affecte la plus grande partie de la population – seulement moins
de 30 000 salariés pour plus de 250 000 adultes en âge d’avoir
un emploi, soit un chômage supérieur à 88 % pour qui l’Etat
actuel ne trouve aucune réponse.

Derrière certains
décors largement édulcorés depuis 4 ans, derrière
les images immuables de vie traditionnelle se discerne le choc imminent de
la modernité face aux besoins financiers inassouvis d’une jeunesse
revendicative.

Jeunesse bien plus revendicative
que l’étaient leurs parents qui se satisfaisaient du peu qu’ils avaient.

Les besoins et les aspirations
des populations de notre pays se bornent de moins en moins à leur survie
quotidienne.

Face à cet accroissement
d’habitants et de demandes, l’Etat actuel apparaît totalement démuni.
Il est incapable d’attirer les investisseurs, de créer un climat de
confiance réciproque favorisant la création d’emplois donc la
production et de quoi nourrir les populations de notre pays.

Notre industrie n’a pas
évolué malgré les promesses, elle est en nette récession
et pratiquement inexistante ; faute de main-d’œuvre qualifiée,
de ressources minérales, d’énergie.

Derrière ce grand
jeu des ambitions et des options sans politique définie c’est aggravée
depuis 1999 une série de clivages nés de rivalités personnelles,
d’ambitions démesurées de " petits chefs ", hommes
et femmes, et bien plus d’intérêts matériels personnels.

Dans la mentalité
populaire des Djiboutiens et des Djiboutiennes, les responsables sont d’abord
les "accapareurs", ceux qui entassent les produits de consommation,
les biens publics et les conservent par devers eux, ceux qui puisent aujourd’hui
plus que jamais dans les Finances publiques alors que chacun regarde désespérément
l’état de ses propres finances et attend le versement de son salaire
qui, une fois encore, ne sera pas versé.

Depuis 1999 l’Etat n’a
pas réussi à inspirer la confiance que le peuple avait placée
dans le président Hassan Gouled Aptidon ; l’homme qui mena notre pays
sur le chemin de l’indépendance.

Malgré nos tribulations
politiques et économiques de l’immédiat après indépendance,
notre jeune République passait aux yeux des riverains de la mer Rouge
et des habitants de la Corne Est de l’Afrique jusqu’à ces dernières
années pour une terre de relative aisance et surtout de paix.

Cette image a considérablement
changé.
_____________________________________________

Appel
au président Hassan Gouled Aptidon

Par la présente
et c’est dans l’urgence que nous faisons appel au Président Hassan
Gouled Aptidon pour qu’il intervienne auprès de l’Etat actuel afin
qu’il use de toute son influence pour que soient rétablis l’ordre,
la Justice et le respect de nos lois comme celui des institutions de la République.

Il convient absolument
d’agir dans l’intérêt de notre pays et de sa Nation avant que
n’émerge soudainement un soulèvement du peuple et de sa jeunesse.

_______________________________________________

Monsieur le président
Hassan Gouled Aptidon,

Vous devez agir préventivement,
prendre toutes les dispositions pour préserver nos institutions et
la continuité de l’Etat sous une forme démocratique et respectant
les droits fondamentaux ; tout mettre en oeuvre pour éviter qu’une
révolte spontanée ne vienne briser dans le sang ceux qui l’affament
avec les risques et les conséquences graves que cela ne manquerait
pas d’avoir parmi nos populations et notre jeunesse.

Mohamed
Saleh Alhoumékani
Ali
Abdillahi Iftin
Membres du Gouvernement en Exil de Djibouti

Pour toute
correspondance : exildj@gouv-exil.org


15/01/04 (B229) Faut-il s’attendre à un nouveau conflit dans la région, entre l’Erythrée et l’Ethiopie, avec une implication possible de Djibouti ? (Radio-Trottoir)

Selon des sources djiboutiennes,
Hassan Saïd serait parti en Chine et chacun imagine que le but de son
voyage pourrait être d’acheter des armes pour le compte de l’Erythrée.

Malheureusement, le conflit
Erythrée-Ethiopie pourrait repartir de plus belle et les ex-futurs belligérants
s’y prépareraient activement.

Est-il vrai que Mélès
Zénawi voudrait récupérer un port ? Cela semble logique dans la mesure où il n’en a plus ! Le port d’ASSAB pourrait être dans sa ligne stratégique.
Encore faudrait-il qu’il se soit mis d’accord avec les Afars d’Ethiopie et
d’Erythrée et qu’il leur accorde en échange la possibilité de constituer une
grande région autonome Afar qui incluerait le port d’Assab, mais qui
resterait dans la mouvance Ethiopienne.

Zakaria, de son côté,
serait parti au Soudan. Après des relations mouvementées, le
Soudan aurait choisi son allié (pour combien de temps ?) en se rapprochant
de l’Ethiopie, ce qui représenterait un point d’appui pour elle dans le conflit dont nous parlions
ci-dessus.

N’oublions pas non plus
que le Yémen est toujours en conflit avec l’Erythrée depuis
des années et qu’il entretient de bonnes relations avec l’Ethiopie.

Et IOG dans tout cela
? Ses nouvelles bonnes relations avec l’Erythrée ? Va-t-il retourner
sa veste aussi rapidement que l’éclair tombe du ciel ?

11/01/04 (B229) Radio-Trottoir toujours à l’affut des rumeurs …

Il se murmure de plus
en plus qu’IOG serait très affaibli par la maladie. Qui pourrait-en
tirer des conclusions hâtives ? Mais c’est un fait, les Djiboutiens
semblent être mieux informés que l’ADI, qui ne publie rien à
ce sujet.

Kadra, elle, pourrait en tirer parti, sans aucun scrupule. On dit même
qu’elle aurait constitué un groupe de barons qu’elle manipulerait facilement
: Affaires étrangères, Intérieur et Secrétairiat
général de la Présidence. A-t-elle pu profiter de l’absence
d’IOG, durant ces dernières semaines, pour faire signer des documents
importants au Secrétaire général de la Présidence
? C’est tout à fait possible, car on affirme qu’IOG serait entré
dans un colère folle…! Un couple aussi soudé n’agirait-il
pas dans le même sens ? Impossible !

On dit aussi que Zakaria et bien d’autres dignitaires ne se cacheraient plus
pour contester l’autorité d’IOG. De là à prétendre
que Zakaria est le prochain homme fort de la dictature ??? Il y aurait un
grand pas à franchir et certains militaires influents ne seraient pas
d’accord.

Bref tout va bien ! Dormez
tranquillement ! Sous la houlette de Paulette, la Cour d’IOG se charge de
vos intérêts et vous protège contre l’enrichissement qui
ne fait que le bonheur de ceux qui peuvent en disposer !! Et vous, lecteur,
vous ne figurez pas dans la liste …

10/01/04 (B229) La corruption à la sauce ioguiste (Par Mohamed Qaayad)

"Ils
sont grands parce que nous sommes à genoux ! Levons-nous ! "

Il semble bien que l’argent
permette de tout acheter, une voiture, une maison, un juge, la liberté
d’un homme.

Les valeurs morales, les
personnes ne font pas partie de la sphère des marchandises. Un bonheur
qui s’achète n’est pas un véritable bonheur.

Montaigne soulignait que
l’on était plus heureux lorsqu’on était dénué
de tout. Avant lui, nombre de penseurs, de Socrate à Epictète
en passant par le prophète Muhammed (sas), ont mis en acte ce précepte.
Vivant avec le juste nécessaire, ils ont montré que la quête
de la vérité et de la liberté n’avait que faire
de l’argent.

L’argent peut
tout acheter dès lors que l’on fait fi des notions de droit, de
justice et de morale.

Acheter ce qui peut l’être,
voilà ce qui s’appelle de la corruption.

On distingue habituellement
dans l’analyse, la corruption privée – par exemple les affaires
frauduleuses entre entreprises – et la corruption publique, qui implique
des agents de l’État.

Quant le système
de la corruption s’installe au cœur d’une économie,
il est rare que l’État ne soit pas concerné d’une
manière ou d’une autre par tout bakchich donné ou reçu.

L’idée de
corruption appartient à une pensée juridique géographiquement
et historiquement située : elle est liée en particulier au type
de domination légale et rationnelle qui a triomphé en Occident.

Il ne peut y avoir corruption
sans une idéologie de service public. Or, cette conception du monde,
fondée sur une claire distinction entre la chose ublique et l’intérêt
privé du monarque, était largement étrangère aux
sociétés africaines pré-coloniales.

La corruption, devenue
un mode de vie dans les années 1980, a des effets néfastes à
moyen terme : les effets économiques, mais les dommages les plus graves
sont peut-être moraux.

L’égalité
devant la loi n’a plus de sens ; l’opinion publique djiboutienne
ne condamne plus l’argent acquis frauduleusement, mais seulement la maladresse
de celui qui est pris la main dans le sac.

Par conséquent,
à Djibouti, la corruption illustre à mon sens les limites d’une
régulation politique axée sur la survie d’un système
de gouvernement personnel au mépris de tout impératif d’intérêt
général et de long terme.

Cela montre combien "la
corruption" est une modalité de la lutte sociale, au sens plein
du terme, et combien elle repose sur une vive conscience politique de l’inégalité.

Autrement dit, elle nécessite
d’être comprise pour ce qu’elle est : un mode de conquête brutal,
par une minorité agissante et désespérée, des
richesses de l’Etat. Cette criminalisation de l’Etat risque de surprendre
et de choquer bon nombre d’observateurs.

Et puisque le règne
de la terreur a été instituée en méthode de gouvernement,
quoi de plus naturel que de voir éclore un fascisme mussolinien à
Djibouti ?

Cependant et curieusement,
personne ne souffle mot aujourd’hui, des méfaits du despotisme guéllien
dont les liquidations physiques et les génocides. tant au Nord qu’au
Sud de Djibouti causèrent des milliers de victimes.

On ne peut que relever
le cynisme d’une telle position.

Les intérêts
des parties en cause sont si intimement imbriqués qu’on retrouve toujours,
en fin de compte, les éléments qui constituent la trame d’une
alliance stratégique entre, d’un côté, la France , les
USA et de l’autre, Djibouti.

C’est une assurance de
pouvoir compter sur ces puissances mondiales qui permet au kleptomane éhonté
de narguer les lois internationales, convaincu de son impunité.

Le jeu commence à
paraître un peu lassant au public qui découvre que les manipulateurs
et les pantins sont reliés par un même fil. Le fil de la supercherie
et de la complicité.

Il est choquant de constater
que des pays occidentaux, réputés incarner le génie d’une
civilisation humaine dans son plein épanoussement, s’adonner à
des actes aussi peu conformes à la conscience que ceux qui ont été
commis contre le peuple djiboutien.

Mais où sont
passés les pétitionnaires, les scandalisés et autres
pleureuses ? Leur silence m’assourdit.

Dans un système
où la corruption et le clientélisme constituent la règle,
celui qui ne joue pas le jeu est traité comme une brebis galeuse.

Le débat sur la
corruption à Djibouti comme ressource doit prendre en compte la logique
du clientélisme politique. Les individus cooptés dans la clientèle
du "Big Brother" cherchent d’abord à satisfaire leur
intérêt personnel et celui de leur proche parentèle ;
ils ne défendent pas nécessairement l’intérêt
de toute leur famille ou de tout leur clan.

Ils doivent leur position
éminente moins à leurs talents qu’à la faveur du "Big
Brother".

IOG (1) sélectionne
ses "élus" en fonction de plusieurs critères pertinents
sous l’angle de la domination personnelle : loyauté manifeste
envers le régime (la ministre Hawa, Fathi Chamsan Sécretaire/Général
de l’éducation, le commaissaire Samireh et autres), appartenance clanique
et régionale (Ministres larbins Yacin Elmi, Johar, Ougoureh Kifleh,
Said Barkat, Ali Abdi, Rifki Bamakrama. . . ) ou encore activité professionnelle
, afin de donner l’apparence d’une réprésentation
fidèle du peuple djiboutien.

Rares sont ceux qui, au
nom d’un idéal moral, résistent à l’appât du gain,
les hommes étant tout guidés par l’intérêt personnel.

La clientèle personnelle
d’IOG n’a pas été constituée exclusivement
sur la base de l’appartenance clanique, elle a été forgée
tout au long de sa carrière et non dans les années 1990.

Plus que tout autre, IOG
a usé magistralement des mariages politiques pour cimenter les alliances
au sein de l’élite dirigeante, ainsi que pour élargir sa
clientèle et par là son influence dans chaque clan.

Pour conquérir
et conserver le pouvoir, tous les moyens sont bons pour IOG. Un prince qui
fait preuve de faiblesse court à sa perte.

À en juger, les
révélations quotidiennes sur les infamies que commettent les
milices ioguistes et les excès auxquels ils se livrent, notamment sur
le Nord de Djibouti, semblent tourner assez mal pour IOG.

La grande masse de la
population djiboutienne semble en fin de compte ne pas tellement "relisher"
(apprécier) ce régime totalitaire, avec ses lois de déportation
octroyées, qui a décidé de mener une guerre insane contr
e une partie de son peuple.

Ce terrorisme d’État
sans foi ni loi se développe trop rapidement et s’étale
avec trop d’impudeur.

Face à l’impressionnante
machine de propagande du régime et de ses relais, serions-nous capables
d’opposer la vérité des faits et la volonté d’aller
jusqu’au bout pour faire éclater cette vérité, de dénoncer
les atteintes graves aux droits de l’Homme qu’engendrait la politique d’éradication
quand d’autres se taisaient (le sophiste Me Aref, le philantrope Me Martinet),
versaient dans l’indignation sélective ( le fossoyeur de la RDD Aden
Roble) ou plus grave, approuvaient et applaudissaient (les prostitués
politiques Moumin Bahdon, Gabyo, Hassan Delga).

Avec le temps et grâce
à cette volonté inébranlable des Djiboutiennes et Djiboutiens
dignes, militant(e)s des droits de la personne humaine, intellectuels et autres,
le mur de la désinformation s’est largement lézardé pour
montrer au monde l’autre versant de la tragédie djiboutienne que le
prisme déformant du régime ne montrait pas. Des témoignages
accablants et irréfutables et des preuves irréfragables s’amoncellent
aujourd’hui sur les bureaux des institutions, organisations et avocats internationaux.

Ce système dictatorial
est complètement verrouillé afin d’empêcher toute remise
en cause de sa présence au pouvoir.

Un véritable système
repoussoir que l’observateur assimile à l’arbitraire et qu’il voit
exclusivement reposer sur la crainte. L’obéissance y est immédiate
et sans réserve.
« Le cancre de la liberté d’expression », pour ne reprendre
que l’expression de l’association Survie, s’arroge à peu près
toute prérogative, décidant seul sans formalisme excessif, un
pouvoir autoritaire et personnel, qui ne laisse au parlement d’un rôle
de figuration : l’Assemblée nationale djiboutienne se réunit
deux fois par an, pendant deux semaines à chaque fois et n’est qu’une
simple chambre d’enregistrement.

Être député(e)
aujourd’hui, c’est tenter de se placer aux sources de redistribution de ce
qui reste encore comme ressources du pays, et d’avoir un œil su les marchés
publics et d’en profiter ou d’en faire profiter des proches, mo yennant une
commission en plus des indemnités de député.

L’UMP de Djibouti a compris
que le nerf de la guerre démocratique est l’argent.
L’UMP d’IOG vit à la lettre de son chef. Son image se voit à
chaque pas ; son nom est prodigué aux lieux publics à l’égal
de l’ex-dictateur ; à peine y eut-il un discours où sa gloire
ne fût rappelée.

Une anecdote moins récente
le montre des plus sourcilleux quant aux comportements anti-égalitaires
de ses concitoyens:c’était au cours d’un dîner, dans la somptueuse
villa d’Haramous, cité alors prospère et luxueuse. Le dîner
fut suivi de l’habituel symposion djiboutien, ou "séance de boisson"
au cours de laquelle on buvait du vin en grignotant des fruits secs, en bavardant,
en écoutant de la musique ou des poèmes, en regardant des danses.

La coutume était
de nommer un "roi" du symposion, qui fixait à la fois le
dosage du mélange de vin et d’eau dans le cratère et le nombre
de coupes qui devrait être absorbées par chaque convive. Or,
l’hôte, ce soir-là, se refusait à commencer le symposion
tant que ne serait pas arrivé l’un des invités, important chef
politique, qui était en retard.

En dépit des violentes
protestations d’iog, qui réclamait bruyamment qu’on lui apportât
son vin, il fallut attendre. Dès l’arrivée du politicien, l’hôte
le nomma d’office roi du symposion, alors que d’habitude cette charge était
tirée au sort. Immédiatement, le "roi" donna toutes
sortes d’ordres sadiques. IOG se tait, puisque aussi bien la règle
du jeu était de ne jamais s’insurger contre les ordres du roi dans
un symposion.

Mais le lendemain, il
fait citer devant sa justice aux ordres, aussi bien l’hôte que le banquet
et les fait condamner tous deux à mort pour symptômes d’esprit
tyrannique naissant ! Sans doute son éloquence fît-elle beaucoup
pour la promptitude et la sévérité du verdict.

Or tout État, tout
pouvoir doit être au service des hommes. Et non au service d’un seul
homme ou d’une conception abstraite de l’État, d’un « monstre
froid » (Hegel) qui mettrait la « raison d’ État »
au-dessus des droits de l’individu. La politique, pour être légitime,
doit nécessairement être fondée sur la morale.

Peut-on affirmer, sans
être profondément immoral, que le parjure, la traîtrise,
la cruauté sont, dans certaines circonstances, des vertus politiques
? Voilà des préceptes que ne désavoueraient pas un Hitler
ou un Staline.

L’État ayant pour
finalité le bonheur de tous les citoyens, il serait contradictoire
qu’un gouvernement ait recours à des moyens immoraux pour conquérir
le pouvoir ou s’y maintenir.

La question de la fiabilité
et du rôle des partis politiques dits de l’opposition, dans un processus
démocratique fragile, se pose de manière cruciale. Il y va de
l’avenir même de la démocratisation parce que beaucoup de ces
partis ont surgi au sein de groupes ethniques et n’ont pour point commun que
leur opposition face au pouvoir en place. Ces partis n’ont aucun projet politique
national ou régional, aucune vision globale de réforme d’où
si peu de vision politique.

C’est pourquoi pour entrer
par la grande porte de la démocratie, des présidents sortants,
à travers des élections de complaisance et fautes de candidatures
de l’opposition, ont , semble-t-il, financé la campagne de certains
adversaires pour qu’ils se présentent contre eux afin de satisfaire
l’opinion publique internationale (surtout les bailleurs de fonds) faute de
candidats parce que l’opposition a appelé à l’abstention ou
au boycott.

Plus grave encore est
le constat de divisions et de clivages entretenus entre les différents
partis d’opposition et que le pouvoir dictatorial djiboutien exploite à
l’envie (absence de dialogue entre eux, vieux débats idéologiques,
autocrates divisés jusqu’à l’inconscience etc. . . ).

L’opposition djiboutienne
est passée maître dans cette technique de l’esquive et du faux-semblant
que déplorait déjà l’ex-colonisateur.

Comme jadis, elle privilégie
ces tactiques d’évitement et de muette contestation, distinctives du
"métabolisme de la prédation" si bien décrit
par M. Izard au sujet du Yatenga.

Ne faudra-t-il
pas œuvré à côté d’autres Djiboutiennes et
Djiboutiens à cette démystification et à lever le voile
sur la nature de ce régime et sur ses pratiques.

Mohamed
Qayaad

10/01/04 (B229) LES AVENTURES DU PRINCE IBRAHIM OGADE GABAYO – 2ème épisode :  » LA LEGENDE  » (Lecteur)

Le couronnement du Roi
Gouloud Atilah donna lieu, durant un mois lunaire, a des festivités
grandioses dans tout le Royaume pountien, dans le respect d’une tradition
millénaire. Le Sultan Kafni devint Vice-Roi et Ibrayim Ogade Gabayo
: Prince du royaume et Chef de la Cavalerie royale.

La noblesse d’épée,
essentiellement composée des Mamuss suscitaient de nombreuses jalousies
au sein de la nouvelle Cour. Non seulement, ils affichaient avec insolence
leurs dépenses pharamineuses, mais surtout ils étalaient leurs
dissensions au cours de joutes verbales qu’ils provoquaient non seulement
avec le Sultan, mais avec les Duc, les Comtes et les Barons. C’était
monnaie quotidienne. Et le Roi Gouloud Atilah devait sans cesse s’interposer
tous les jours pour calmer les échauffourées et éviter
les coups de Jarnac.

Il se dépensait
pour que son royaume retrouve le calme et la sérénité.
Le Vice-Roi Kafni, qui n’avait aucun pouvoir, dût abandonner rapidement
son fauteuil. Le Roi Gouloud entreprit alors un long et périlleux voyage
qui le conduisit sur les terres de l’Empereur Zion-Ba. Il traversa des forêts,
des rivières, franchit des montagnes arides et il arriva sur les pentes
du Mont Aron où il rencontra Bur Baya, le plus puissant sorcier Hybu
à qui il demanda de l’aide.

 

On forgea 12 statuettes
en or massif, au sommet du mont Aron. Chaque statuette donnait le pouvoir
de régenter un clan familial.

Tout seigneur qui
en posséderait une, pouvait espérer devenir Roi un jour,
à la condition que les tous les autres Seigneurs lui fassent
allégeance.

Le pouvoir des 12
statuettes réunis dans une seule main serait si puissant que
seul un Prince pouvait espérer les maîtriser.

A leur contact,
tout autre personne qu’un Prince serait immédiatement frappée
de folie irréversible. Sur le chemin du retour, le Roi Gouloud
Atilah s’efforça de sélectionner 12 prétendants,
capables d’utiliser à bon escient le pouvoir magique des statuettes
pour apaiser les querelles dans son Royaume.

Dès son retour
au Palais, il convoqua toutes les grandes familles nobles du royaume et il
distribua les statuettes selon ses plans et calculs.

Les Issariens reçurent
5 statuettes : une au Prince Ibrahim Ogadé Gabayo, 1 au Duc Dji Elibe,
1 au Duc Noubdon, 1 au Duc Adaye et 1 au Duc Cedi.

Les Afanians reçurent
4 statuettes, 1 au Sultan Kafni, 1 au Sultan Marka, 1 au Sultan Kadim, et
l au Sultan Nadji. Les issakariens ne reçurent qu’une seule statuette,
qui fut attribuée au comte Tod Waja

Idem chez les Gadaberions
! C’est le Comte Abdoul qui reçut l’honneur.

La dernière statuette
échoua au Baron Saani.

Pour les Sabéens,
Hassin Sid le Vicaire du Palais n’en eût pas. Furieux ce dernier fit
emprisonner un Garde du Roi qui l’avait accompagné sur le Mont Aron.
C’est ce Garde qui finit par parler et qui divulgua le pouvoir phénoménal
des 12 statuettes.

Pour le punir, son corps
fut jeté dans la fosse aux dragons de l’île du Diable. Hassin
Sid raconta toute l’histoire au prince Ibrahim Ogadé Gabayo. Le Grand
vicaire n’avait aucun doute. Il savait que le Prince Ibrahim Ogade Gabayo
avait la force de s’emparer des 12 statuettes et qu’ainsi il deviendrait Roi.

L’homme le plus puissant
de la région espérait bien récupérer le Royaume
issarien qui était au main de l’empereur Zion-Ba. Le prince conçut
un plan en plusieurs étapes. La première consistait à
s’emparer d’abord des statuettes des Sultans Afanian.

Pour cela il utilisa la
Comtesse Issakariene, Kadji épouse du Sultan Marka. Pour lui, elle
accepta de dérober la statuette que détenait son mari.

En remerciement de sa
trahison, Kadji avait épousé le prince Ibrahim et elle était
devenue Princesse. Elle exigea alors que les Issakariens lui remettent la
statuette du Comte Tod Waja.

La seconde étape
du plan d’Ibrahim consistait à semer la discorde entre les autres Sultans,
pour qu’ils se battent entre eux. Suite au vol de la statuette du Sultan Marka,
les Afanians se sentirent désohonorés et ils entreprirent une
guerre ouverte contre le Roi Gouloud Atilah, qui commença au début
du mois de juillet 1891. Aussitôt le Prince Ibrahim Ogadé Gabayo
fit appel aux mercenaires voisins, qu’il paya largement afin de constituer
une armée, non seulement pour écraser la rebellion des Sultans
mais surtout pour s’emparer des trois statuettes encore en possession des
Afans.

Menacés les Sultans
reçurent le soutien du Calife Axoum et du Calife Sabéen. La
guerre s’est enlisée ensuite. Les Pountiens manifestaient leur mécontentement.
Dans le pays, la contestation gonflait. Même le royaume voisin Gadabérion
voyait la chose d’un mauvais oeil. Un temple Kromanion, dédié
à Bacchus, fut entièrement détruit par les flammes et
un enfant Kromanion trouva la mort.

Les Kromanions criaient
vengeance. Le Prince Ibrahim Ogadé Gabayo se précipita chez
le Roi pour lui désigner les soi-disant coupables : les Gadabérions.
Ce dernier reprit au Comte Abdoul sa statuette. Les grands prélats
Gadabérions furent jetés dans les cachots et les grands prêtres
Gadabérions durent freiner les ardeurs de leurs partisans.

Les Ducs issariens se
sentirent menacés à leur tour. Ils s’empressèrent d’alerter
le Roi Gouloud Atilah et de l’informer des agissements du Prince Ibrahim Ogadé
Gabayo. En vain ! Comme l’avait prédit le sorcier Hybu, le Roi Gouloud
Atilah qui avait voulu utiliser le pouvoir des 12 statuettes, commençait
déjà à perdre la raison, comme le constatèrent
les Ducs Issariens, ce jour là.

Le prince Ibrahim Ogade
Gabayo possédait déjà quatre statuettes. Sa puissance
avait augmenté en proportion. Les dragons de l’île du diable
cracheurs de feu, des dragons, qui pouvaient se rendre invisibles à
l’œil humain, étaient passés sous son contrôle. Impossible
de savoir comment ils étaient réellement. Les rares qui leur
avait échappé, décrivaient des monstres sanguinaires,
faisant rôtir leur proie à petit feu.

Chez les Pountiens, courrait
une rumeur invérifiée : elle disait que le repaire de ces dragons
se trouvait dans les souterrains d’un château sinistre, orné
de trois têtes d’aigle, que l’on avait coutume d’appeler à l’époque
La villa Saint-Christian.

La terrible légende
du Prince Ibrahim Ogadé Gabayo entouré de ses dragons était
née.


Nota : la suite des aventures du prince dans le prochain chapitre