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28/02/00 (LIB 23) Lettre ouverte de Mohamed AREF à M LEY-NAGARDIGAL (Président d’ACTUS – TCHAD-)

AREF
MOHAMED AREF
Rue de Moscou
B.P. 1441 ; Tél (253) 35 45 71 ; Fax (253) 35 68 57
DJIBOUTI

 

Djibouti,
le 21 février 2000

Monsieur
LEY -NAGARDIGAL Djimadoum
Secrétaire Général de ACTUS

 


Monsieur le Secrétaire Général,

En présence
des aboiements des dogues des dictatures que j’affronte j’ai toujours
adopté l’attitude de la caravane qui passe. C’est pourquoi
j’ai évité de me baisser et de me laisser entraîner
dans les bas fonds crasseux où végète ce germe
de pauvres types qui le plus souvent ne savent pas comment gagner
honorablement leur vie .

Si je
prends la plume c’est uniquement pour vous apporter une précision
et pour vous témoigner mon soutien.

La précision
concerne mon origine africaine.
L’Histoire
contemporaine (inutile de remonter plus loin) de la corne orientale
de l’Afrique révèle notamment :

28/02/00 (LIB 23) PROJET DE JOURNÉES D’ÉTUDE ET DE RÉFLEXION SUR L’INTÉGRATION AFRICAINE (AREF MOHAMED AREF)


L’ensemble du continent africain traverse une période difficile
dans son histoire et, peut-être, la plus délicate. En effet,
à la suite de la déclaration de faillite du communisme
en ex-URSS, le vent de liberté et de démocratie qui a
soufflé sur les pays de l’Europe Orientale a aussi atteint l’Afrique.

Mais dans la
plupart des états, les problèmes demeurent et tournent
tous principalement autour de trois maux dont souffrent terriblement
les Africains :

– le Nationalisme
à base tribale, ethnique ou clanique ;

– l’absence totale
de démocratie véritable ;

– le sous-développement
économique.

Le tout vecteur
d’une corruption effrénée et dévastatrice.

Sans entrer dans
les détails, pour rechercher des solutions éventuelles,
deux cadres sont généralement envisagés par les
uns ou les autres mais une troisième approche semble plus appropriée
et en tout cas mérite une sérieuse et profonde réflexion
d’autant que les institutions de ce type doivent être pensées
pour régir plusieurs générations et non répondre
à des besoins conjoncturels.

1°/ La première
voie est celle qui consiste à dire que puisque le mal le plus
profond dont souffre l’Afrique est le nationalisme résultant
du découpage colonial, il suffirait de refaire un tracé
des frontières épousant l’occupation ethnique ou tribale
des populations concernées, on ferait ainsi disparaître
les rivalités tribales dans chaque pays ainsi créé.

Aussi séduisante
qu’elle puisse paraître, cette solution ne paraît plus réalisable
aujourd’hui car elle sera sans aucun doute, un peu à l’image
de ce qui se passe en Yougoslavie, source de conflits après et
sans fin, même entre deux ensembles ayant instauré respectivement
un régime parfaitement démocratique.

2°/ La seconde
position qui est apparemment la plus répandue consiste à
dire que tout en gardant telles quelles les frontières héritées
de la colonisation, il suffit d’introduire la démocratie dans
les pays Africains.

Moins courte
que la première, cette vue ne paraît pas plus réaliste
car elle ne prend pas en compte et en profondeur les autres maux dont
souffre la plupart des états du continent :

– Dans la plupart
des pays, aucun système réellement efficace pour surmonter
les sentiments tribaux, voire claniques si solidement ancrés
par le découpage colonial puis les dictatures n’est possible
raisonnablement ;

– sur le plan
économique, l’échelle de chaque état est, en règle
générale, trop réduite pour envisager un développement
réel approprié et de type moderne et efficace pour faire
face à la concurrence des autres grands ensembles du Monde et
notamment U.S.A., C.E.E., et ASIE.

Bien au contraire
et malheureusement, cette hypothèse risque à la fois de
voir ressurgir les réflexes nationalistes à base ethnique
ou tribale et de n’apporter aucune solution économique et, en
définitive, de permettre à plus ou moins court terme la
résurgence et par la suite, la pérennité de la
situation actuelle qui fait injustement apparaître l’Africain
comme un éternel assisté.

3°/ Une troisième
approche consiste à s’interroger sur le fait de savoir si le
temps n’est pas venu d’envisager la création d’une ou plusieurs
fédérations Africaines regroupant sous une même
bannière tous les états d’Afrique ou plusieurs d’entre
eux au fur et à mesure qu’ils instaurent un état de droit
démocratique à partir des frontières existant actuellement.

Tout en permettant
les particularismes locaux dans divers domaines, une telle vue présente
plusieurs avantages à des niveaux multiples et notamment :

– de substituer
une nation Africaine aux nationalismes à base tribale ou ethnique
;

– de faire disparaître
(au pire à terme) les conflits territoriaux ethniques dans la
mesure où chaque Africain sera chez lui dans n’importe quel état
de la fédération envisagée ;

– d’assurer,
grâce à une Cour Suprême Fédérale un
contrôle détribalisé des décisions judiciaires
locales et faire ainsi prévaloir la primauté du droit
;

– d’arriver à
un résultat similaire en matière législative et
gouvernementale grâce à des institutions fédérales
;

– grâce
aussi à la création de grandes voies de communication
indispensables, de lever toutes les barrières économiques
et facilités d’échanges interafricains, ce qui permettra
la création d’un vaste et libre marché Africain, seul
susceptible d’engendrer de grosses entreprises Africaines enfin capables
d’affronter la concurrence de celle des états développés
et de susciter un développement endogène ;

– de stimuler
un marché du travail Africain par la possibilité pour
un employeur de puiser légalement et sans contraintes dans une
main d’œuvre qualifiée aussi nombreuse que diversifiée
;

– de réduire,
voire supprimer de façon significative l’arsenal militaire impressionnant
accumulé par les états Africains et d’utiliser les économies
budgétaires qui en résulteront à des fins pacifiques
et à l’insertion dans le développement économique
et social des états concernés des soldats ainsi dégagés
;

– de restaurer
la paix sur le continent qui y aspire ;

– de rationaliser
enfin l’aide économique internationale et de l’appliquer à
grande échelle à sa réelle destination ;

– de diminuer
considérablement les dépenses de prestige qui pourront
être mieux utilisées ;

– de faire accéder
ce vieux continent au rang de puissance moderne ;

ETC…

Il n’est pas
inutile d’ajouter qu’au fond de lui-même, chaque Africain ressent
le sentiment profond d’appartenir à une communauté à
l’échelle continentale.

Le continent
Africain tout entier est actuellement totalement absent de l’élaboration
des nouvelles stratégies politiques, industrielles et commerciales
mondiales. S’ils ne réagissent pas très rapidement, les
Africains seront très vite irrémédiablement sur
la touche et deviendront à jamais les éternels assistés
du Globe.

Il est bien évident
qu’un tel projet ne peut-être mené que par les Africains
eux-mêmes et appelle de leur part un engagement sans faille et
déterminé.

Mais la réflexion
qui le précède ainsi que sa réalisation ne peuvent
être conduites à terme qu’avec le soutien absolument indispensable
de tous ceux qui ont le souci sincère et désintéressé
de sauver tout un continent d’une catastrophe apparemment inéluctable.
Pourront aussi s’y joindre tous ceux qui se souviennent de l’engagement
généreux et désintéressé de tous
les Africains aux côtés des puissances alliés et
notamment de la France en particulier lors de deux conflits mondiaux.

Une réflexion
sur l’intégration Africaine si elle peut être encouragée
et soutenue devra regrouper durant au moins une semaine des juristes
et des économistes du continent Africain avec l’aide indispensable
de toutes les bonnes volontés. Il en sortirait un document susceptible
de servir de base à un vaste débat politique à
l’échelle du continent Africain voire des Nations Unies.

Aref
Mohamed Aref
Djibouti

28/02/00 (LIB 23) REPRISE DES COMBATS À LA FRONTIÈRE ÉRYTHRÉO-ÉTHIOPIENNE. —

Extrait des Nouvelles d’ADDIS : www.lesnouvelles.org

Prémices de l’offensive éthiopienne annoncée ou pression médiatique internationale autour d’une escarmouche ? Les deux peut-être.

Dimanche 20. — À l’occasion des festivités du 25ème anniversaire du début du soulèvement armé du Front populaire de libération du Tigray (TPLF) contre Menguistu Haïlé Mariam, le Premier ministre éthiopien, Mélès Zénawi, menace d’user de « tous les moyens » pour « restaurer la souveraineté » et exige le retrait érythréen de « chaque pouce de territoire éthiopien ».

Mercredi 23. — Le porte-parole de la présidence érythréenne, Yemane Ghebremeskel, annonce « une attaque d’une brigade éthiopienne tôt ce matin » sur le front est (80 km du port érythréen d’Assab).

Jeudi 24. — La porte-parole du gouvernement éthiopien, Salomé Tadesse, accuse Asmara d’avoir provoqué ces « accrochages […] de faible intensité ».

26/02/00 (LIB 23) Pourquoi la justice djiboutienne ne poursuit-elle pas les « coupables » français de l’assassinat du juge BORREL ?

Puisque le journaliste de LA NATION affirme qu’il connaît les véritables assassins du juge Bernard BORREL, je m’étonne que, dans un souci de vérité, il ne les communique pas. Il a certainement livré les noms au Président de la République M. Guelleh.

Pourquoi ce dernier ne demande-t-il pas à la justice djiboutienne « toujours saisie de l’affaire » de poursuivre ces coupables et de décerner contre eux des mandats d’arrêt internationaux ?

Pour quelles raisons, la justice française représentée à Djibouti par le juge FIEVET (successeur de feu Bernard BORREL) ne demande-t-elle pas à interroger ce témoin qui affirme connaître les noms des coupables dans le seul journal autorisé à Djibouti ?

Quels sont les liens « coupables » ou non qui unissent la France à Djibouti.

AMA

Note de l’ARDHD :

nous avions écrit dans un précédent article que la France serait obligée d’étouffer l’affaire BORREL pour (mauvaise) raison d’État Le mécanisme est en route (nouvelle annulation ce dimanche soir d’une émission télévisée :  » un entretien avec le juge LE LOIRE, pourtant programmé sur M6″). Il doit y avoir un « cadavre » dans le placard entre la France et Djibouti….

29/02/00 (LIB 23)  » SOS AFRICA » FÊTE SES DIX ANS. Jean-Michel POUCHELLE raconte sa vie au service des populations africaines et son incarcération invraisemblable par le régime dictatorial de Djibouti pour l’empêcher d’aider les populations du Nord, victime de la guerre et des violations des D.H.

nous avons relevé
plusieurs interviews de Jean-Michel Pouchelle
dans la Presse du Nord de la France.

Journal
d’Abbeville :

« ….Arrêté en août 1994 par deux policiers
du pays dans un camion de l’UNICEF. Condamné à six, puis
huit mois de prison, il est tout d’abord emprisonné dans la prison
civile de Gabode, avant de rejoindre l’hôpital Peltier de Djibouti-Ville,
suite à une nouvelle grève de la faim. Mais ce qui aura
le plus marqué Jean-Michel Pouchelle, c’est la « farce »
qui suivra : « On m’a transféré à Fleury-Merogis
pour finir une peine que je ne méritais pas. 25 jours à
Fleury-Merogis et mon honneur perdu… J’ai également une pensée
pour le délégué djiboutien de l’Association, (Me
AREF), interdit de quitter le territoire et d’exercer sa profession
d’avocat »….

Courrier
Picard :

« … Jean-Michel Pouchelle ne peut se résigner à
rester impassible à ce qui se passe dans ce pays (Djibouti) soutenu
par le gouvernement français, d’autant plus que le délégué
djiboutien de SOS AFRICA, Mohamed AREF, avocat a été condamné
par la dictature et jeté en prison… »

« … Après
l’épisode de Djibouti, SOS AFRICA a continué son action,
cette fois au Burkina Faso. Le Gouvernement Burkinabé a laissé
l’ONG conduire son programme humanitaire, axé sur l’éducation
et la santé… »

26/02/00 (LIB 23) Aide italienne : LA NATION s’est-elle engagée un peu vite ?

La NATION a publié récemment un article « glorificateur » pour annoncer une aide du Gouvernement italien à hauteur de 35 MM de FF. Dans sa réponse à une question qui lui a été posée, le Gouvernement italien semble indiquer qu’aucune somme n’aurait été débloquée en faveur de Djibouti et qu’il faudrait, dans le meilleur des cas, attendre un ordre d’exécution ce qui prendrait un certain temps … De toutes les façons, à ce jour, il semblerait qu’aucun montant n’ait encore été défini ….

26/02/00 (LIB 23) DJIBOUTI/SOMALIE : Une conférence mal engagée

Extrait de la LETTRE DE L’OCÉAN INDIEN n°893 – 26/02/2000)

Malgré le soutien apporté, le 23 février, par le conseil de sécurité des Nations unies au plan de paix sur la Somalie élaboré par le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, les préparatifs de la conférence de réconciliation prévue à Djibouti, fin avril, se heurtent à de solides blocages.

(…)

Du coup, cela engendre l’opposition des chefs de guerre de Mogadiscio et remet en selle certaines personnalités somaliennes de second plan. Ainsi, un ancien colonel de L’Armée somalienne, Farah Waiss Doualeh, se prétendant mandaté par Djibouti, a rencontré à Mogadiscio, la semaine passée, d’autres ex-militaires somaliens pour les convaincre d’envoyer une délégation à ladite conférence.

(…)

Mais, dès son départ d’Hargeisa, les députés du Somaliland ont adopté, le 19 février, une résolution prévenant leurs concitoyens que toute participation à la conférence de Djibouti serait considérée comme un « acte de trahison ». De son côté, le président du Puntland, Abdullahi Yussuf Ahmed, a critiqué le plan de paix djiboutien parce qu’il ne reconnaît pas la division de la Somalie en régions autonomes.

26/02/00 (LIB 23) Le juge FIEVET aurait offert quinze ordinateurs, sans appel à la concurrence!

Le juge FIEVET, dont l’activité juridique n’est pas toujours convaincante, aurait fait livrer une quinzaine d’ordinateurs « dernier cri » par un ami de son « ami » le procureur, sans la moindre possibilité de concurrence entre les commerçants de la place (de Djibouti) et aux frais des contribuables français « bi-hebdomadairement vilipendés » … dans La Nation.