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03/03/00 (LIB 23) dans un excès de zèle, le fonctionnaire de l’agence de communication de Djibouti se prend les pieds dans le tapis .. il compare son patron à Poutine dans sa lutte en tchétchènie !

Depuis plusieurs semaines, un fonctionnaire de l’agence de communication de Djibouti (qui insiste beaucoup pour se faire passer pour un étudiant, vivant en dehors de Djibouti) agissant au nom d’un Groupe baptisé pour la circonstance : « Pour le rétablissement de la Vérité » se répand en injures variées sur Internet contre notre Association, Me Montebourg et Me Calatayud.

Comme nous l’avions déjà écrit, nous n’avons aucune intention de lui répondre. L’information est libre en Europe et chacun doit pouvoir exprimer ses opinions et ses sensibilités …

Ce qui est nouveau et intéressant (et même drôle, pourrait-on dire si le sujet n’était pas aussi sérieux), c’est que ce fonctionnaire dans un excès de zèle, compare son Patron à Poutine luttant contre les tchétchènes. Pouvait-il choisir un meilleur exemple pour justifier notre action contre le régime dictatorial de Djibouti, opprimant et torturant les populations du Nord !

Depuis des années que nous luttons pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti, nous n’aurions jamais osé la comparaison entre les méthodes inqualifiables de Poutine et de L’Armée Russe en Tchéchènie avec celles de Guelleh.

Ironie du contexte : c’est l’un des propres collaborateurs de M. Guelleh, un fonctionnaire, qui franchit le pas et en plus au nom « du rétablissement de la vérité ».

Ci-dessous, un extrait du message reçu :

« PERSONNE AU MONDE N’A LE DROIT D’EMPÊCHER LE PRÉSIDENT GUELLEH DE DÉFENDRE L’UNITÉ ET L’INTÉGRITÉ DE DJIBOUTI TOUT COMME L’ONT FAIT LES PRÉSIDENTS LINCOLN, DE GAULLE ET POUTINE ENVERS LEURS PAYS RESPECTIFS.

Il est clair qu’aucun gouvernement au monde n’accepte le démantèlement de son pays par des groupes séparatistes terroristes et encore moins d’être annihilé par des mercenaires étrangers.

On peut noter des exemples de différentes méthodes utilisées dans différents pays, à des époques différentes.

a) Lors de la guerre de sécession aux Etats-Unis d’Amérique, le Président Lincoln a lutté farouche ment contre les 11 États séparatistes et a payé de sa vie pour l’Unité et l’Intégrité de son pays.

b) Durant le règne du général De Gaulle et jusqu’à aujourd’hui encore, la France est toujours fermée au projet des séparatistes Bretons, Basques, Corses et autres…

c) Poutine, président a.i. de la Russie, se bat encore contre les séparatistes Tchétchènes.

…. »

Ibrahim Ali Abdallah dit Farès Le Djiboutien
Porte-parole du Groupe pour le Rétablissement de la Vérité sur Djibouti.

M. Guelleh va-t-il féliciter ce fonctionnaire zélé, pour ses comparaisons pour le moins audacieuses … ou va-t-il lui décerner le bonnet d’âne et le mettre au coin pendant quelque temps ?

Il ne serait pas étonnant non plus que les Présidents Lincoln et de Gaulle se soient retournés dans leurs tombes en entendant que leurs actions étaient comparées à celles de Poutine !

28/02/00 (LIB 23) Le lauréat du Prix Ludovic-Trarieux 2000 sera désigné le 2 mars 2000

Le
Prix International des Droits de l’Homme Ludovic-Trarieux "
a été créé le 27 février 1984,
en mémoire de Ludovic Trarieux, avocat qui, en 1898, en plein
cœur de l’affaire Dreyfus, en France, fonda la " Ligue
française pour la défense des Droits de l’Homme et du
Citoyen ", qui est à l’origine de toutes les ligues
créées depuis dans le monde.
Décerné
tous les deux ans il ne peut être ttribué qu’à
un avocat sans distinction de nationalité ou de barreau.

Le
lauréat est ainsi un avocat qui a, au cours des deux années
qui précèdent le vote du Jury, "illustré
par son œuvre, son activité ou ses souffrances, la défense
du respect des droits de l’Homme, des droits de la défense,
la suprématie du droit, la lutte contre les racismes et l’intolérance
sous toutes leurs formes", après consultation des grandes
associations humanitaires.

Depuis
1992, le Prix est attribué conjointement par l’INSTITUT
DES DROITS DE L’HOMME DU BARREAU DE BORDEAUX et l’UNION DES AVOCATS
EUROPEENS,

Le
premier Prix LUDOVIC TRARIEUX a été attribué
le 29 mars 1985 à Nelson MANDELA, alors alors qu’il était
emprisonné depuis vingt trois ans en Afrique du Sud et remis
officiellement à sa fille, Zenani Mandela Dlamini, le 27
avril 1985.

C’était
à l’époque un des cinq premiers Prix dans le monde
à lui être décernbé décernés
(après le "Jawaharlal Nehru Award for International Understanding",
à New Delhi, en 1980, le "Dr Bruno Kreisky Prize for merit
in the field of human rights", à Vienne en 1981, le premier
"Simon Bolivar
International Prize" par l’UNESCO à Caracas, en 1983
et le "Playa Giron Award", (décerné par Fidel
Castro à Cuba, en 1984). Mais il s’agissait là
du premier Prix jamais décerné par des avocats . Et,
le premier par la France.Le 11 février 1990, Nelson MANDELA
était libéré. A partir de cette date, il a
été décidé d’attribuer à nouveau
le Prix tous les deux ans conjointement avec l’UNION DES AVOCATS EUROPEENS
(Commission "Droits de l’Homme").

A cette
occasion plus de 40 organisations non-gouvernementales, barreaux ou
associations à but humanitaire sont consultés à
travers le monde pour désigner le (ou les) candidat(s) qui
leur parait (ou paraissent) répondre aux critères spécifiques
d’attribution du Prix. L’attribution du Prix a été
rendue possible grâce au concours du Barreau de Bordeaux, de
l’Union des Avocats Européens, du Conseil Général
de la Gironde et de l’Ecole Nationale de la Magistrature.C’est ainsi
qu’ont été successivement lauréats :

1985
: Nelson MANDELA (Afrique du SUD)

1992 : Augusto ZÚÑIGA-PAZ
(Pérou)

1994 : Jadranka CIGELJ (Bosnie-Herzégovine)

1996 : Prix attribué conjointement à Najib
HOSNI
(Tunisie)et Dalila MEZIANE
(Algérie).

1998 : ZHOU Guoqiang (Chine)

Après Nelson MANDELA, en 1985, Najib HOSNI a été
le second lauréat à se voir attribuer le Prix alors
qu’il est en détention. Sa Candidature était présentée
par l’Union Internationale des Avocats (Commission Défense
de la Défense), la Fédération Internationale
de l’Action des Chrétiens pour
l’Abolition de la Torture (FIACAT), le Centre d’Information et de
Documentation sur la Torture-Tunisie (C.I.D.T.-TUNISIE), le "Lawyers
Committee for Human Rights" (LCHR – New-York), Amnesty International,
l’American Bar Association (ABA) – l’Institut des Droits de l’Homme
du
Barreau de Paris, Human Rights Watch (Washington).

Madame
Dalila MEZIANE
était,
quant à elle, la deuxième femme, après Madame
Jadranka CIGELJ
, en 1994, a recevoir le Prix. Sa candidature
était présentée par European Légal Network
on Asylum (ELENA).

Trois
mois après la remise de son prix, à Bordeaux, entre
les mains de son représentant, le Dr Hélène JAFFE,
Président de AVRE, Najib HOSNI a été libéré
par grâce présidentielle spéciale du présidant
BEN ALI, le 14 décembre 1996.

Le V
ème Prix a été attribué, le 25 Mai 1998,
à l’avocat chinois ZHOU Guoqiang. Malgré de longues
démarches, l’IDHBB n’a pu obtenir pour ZHOU Guoqiang la
garantie qu’il pourrait retourner à Pékin s’il venait
en France. C’est la raison pour laquelle ZHOU a du renoncer à
quitter le territoire chinois et a demandé à M. LIU
Qing, dirigeant d’HUMAN RIGHTS in CHINA qui vit en exil à New
York depuis 1991, où WEI Jingsheng l’a rejoint, de se rendre
à Bordeaux pour recevoir le Prix en ses lieu et place.
C’est
Robert BADINTER, ancien garde des Sceaux et ancien président
du Conseil Constitutionnel de France, qui lui a remis le " Vème
Prix International des Droits de l’Homme Ludovic Trarieux ",
le 2 octobre 1998, dans le grand amphithéâtre de l’Ecole
Nationale de la Magistrature à BORDEAUX.

Afin
d’aider le jury dans son choix, l’IDHBB a demandé, comme les
années précèdentes, à toutes les institutions,
associations de défense des droits de l’homme de lui faire
connaître la situation des avocats susceptibles de correspondre
aux critères cités d’attribution du Prix.

L’IDHBB
tient à remercier toutes les organisations des droits de l’homme
qui ont répondu à son appel et lui ont adressé
des dossiers de candidatures pour le Prix 2000 et particulièrement:


28/02/00 (LIB 23) Lettre ouverte de Mohamed AREF à M LEY-NAGARDIGAL (Président d’ACTUS – TCHAD-)

AREF
MOHAMED AREF
Rue de Moscou
B.P. 1441 ; Tél (253) 35 45 71 ; Fax (253) 35 68 57
DJIBOUTI

 

Djibouti,
le 21 février 2000

Monsieur
LEY -NAGARDIGAL Djimadoum
Secrétaire Général de ACTUS

 


Monsieur le Secrétaire Général,

En présence
des aboiements des dogues des dictatures que j’affronte j’ai toujours
adopté l’attitude de la caravane qui passe. C’est pourquoi
j’ai évité de me baisser et de me laisser entraîner
dans les bas fonds crasseux où végète ce germe
de pauvres types qui le plus souvent ne savent pas comment gagner
honorablement leur vie .

Si je
prends la plume c’est uniquement pour vous apporter une précision
et pour vous témoigner mon soutien.

La précision
concerne mon origine africaine.
L’Histoire
contemporaine (inutile de remonter plus loin) de la corne orientale
de l’Afrique révèle notamment :

25/02/2000 (LIB 23) LDDH (N°10): Réactions à la suite du harcèlement policier régulier contre ses dirigeants

Le Vice-Président : Omar Ali Ewado
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel : 253 357 804
Domicile Tel/Fax : 253 358 007

Djibouti, le 22 février 2000

COMMUNIQUE DE PRESSE N.10/LDDH/2000

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est une ONG apolitique non assujettie aux décisions Gouvernementales, soucieuse de préserver avant tout
l’étiquette humanitaire dans le cadre de la protection des Droits Humains, elle fait
impassiblement les frais des pouvoirs publics, nonobstant la mission et le rôle qui lui
sont assignés dans la légalité et pour cause.

En dépit de l’accord cadre de PAIX signé entre le Gouvernement et FRUD,accord qui, faut-il le rappeler est appelé à décrisper la situation politique sociale et économique du pays, et de mettre fin au conflit armé, le Pouvoir en place continue de généraliser les harcèlements de tous bords, notamment à l’endroit de la LDDH et de son Président. c’est ainsi que le 22 février 00, le Président de la LDDH a été
enquêté par la brigade des recherches de la Gendarmerie sur la Note d’information
n° 13/LDDH/du 20 décembre 1999

Les derniers agissements en date étant l’atteinte grave portée à l’honneur des membres de sa direction, par le Secrétaire Général par Intérim du Ministère de
l’intérieur

Les harcèlements Incessants à l’encontre du Président de la LDDH n’étant point un acte isolé mais découlant à posteriori de l’acharnement tout azimut des
pouvoirs publics : après le Trésor, le Parquet, c’est autour des Ministères de la Santé et de l’intérieur de prendre l’oriflamme de la répression, qui s’est amplifiée manifestement depuis les appels constants à la Paix et surtout après la signature du 7 février dernier à Paris.

La Ligue djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est convaincue de la nécessité d’une paix globale et elle ne se laissera pas intimidée.

Omar Ali EWADO

25/02/2000 (LIB 23) Manifestations à BALBALA

Les factures d’électricité ont triplé pour les
pauvres alors que, dans le même temps, on a diminué la facture d’électricité des commerçants et des riches.

Au debut de cette semaine, il y a eu des manifestations à Balbala (banlieue de Djibouti). Des lacrymogènes ont été lançés. Il n’y a pas
eu, finalement, de dégats importants.

25/02/00 (LIB 23) Affaire BORREL : par l’intermédiaire de LA NATION, le Gouvernement djiboutien reconnaît que le juge BORREL a été assassiné …..

En lisant votre précédant numéro de LA LIBERTÉ, je découvre que le journal LA NATION reconnaît officiellement et pour la première fois (à ma connaissance) que la mort du juge BORREL est un meurtre. … et je reprends le texte que vous avez publié :

Aujourd’hui à ce stade de la situation dans l’évolution de cette affaire qu’elle a volontairement déclenché, la France couvre pour raison d’État, les vrais coupables dans l’assassinat de M. BORREL qui continuent d’occuper en toute impunité de très hautes fonctions au sein de la Françafrique.

Tous ceux qui connaissent Djibouti savent que le Journal LA NATION est l’organe officiel du Gouvernement et qu’aucun article ne pourrait y être publié, sans le consentement des plus hauts responsables politiques …

Je laisse à vos lecteurs et aux journalistes qui travaillent sur ce dossier le soin de poursuivre leurs investigations, mais ce point me paraît tellement important, que j’ai cru bon de vous écrire pour le souligner.

M.C.
Paris

25/02/2000 – DU « RIFIFI » AU PALAIS ?

Les dictateurs se querellent … l’ancien et le nouveau ! Directement et par l’intermédiaire des membres de leurs familles…

Il faut savoir qu’Ismaël Omar GUELLEH souvent appelé « le neveu » d’Hassan Gouled APTIDON, n’est pas un vrai neveu, c’est un membre de la même tribut.

Le vrai neveu de Gouled s’appelle Houssein Idriss Gouled. Ismaël Omar GUELLEH vient de lui faire fermer tous ses comptes bancaires. En même temps, nous apprenons qu’il a retiré la voiture de sa soeur, Saida Idriss Gouled.

Les mesquineries s’abattent aussi sur l’ancien dictateur Hassan Gouled APTIDON : ses gardes du corps et ses boys lui ont été retirés.

(ARDHD) -> Ces informations ne nous attristent pas véritablement, mais elles confirment que la rage de M. GUELLEH est universelle et constante et qu’elle atteint désormais tout le monde même ses pairs.

D’ailleurs il est aussi en conflit larvé avec son général de police Yacine Yabeh

25/02/2000 – La Paix sera-t-elle au rendez-vous ?

Dans notre dernier numéro, nous nous sommes interrogés sur les motivations personnelles ou secrètes des signataires des accords de Paris. Ce point nous semblait important pour essayer de comprendre l’actualité et d’anticiper les prochaines étapes du processus.

Aussitôt connu, cet accord a soulevé manifestement un grand enthousiasme, partagé par tous les observateurs. Même si l’opposition non-armée a été déçue de ne pas avoir été invitée à partager les accords, chaque djiboutien a cru trouver, au détour de phrases soigneusement imprécises, les graines d’une évolution possible du régime dictatorial vers la démocratie et la justice.

Il faut reconnaître que le bilan, après deux semaines, n’est pas à la hauteur des espérances. Nous avons noté en particulier :

le manque d’information et le secret absolu qui couvre les négociations entre M. Dini et le gouvernement ; cela suscite l’inquiétude…

la libération partielle des prisonniers politiques (39 au lieu des 47 annoncés officiellement) qui jette un doute sur la volonté réelle d’ouverture de M. Guelleh,

la poursuite et l’intensification de la répression contre la LDDH et contre les populations du Nord (voir aussi le communiqué N° 11 de la LDDH à paraître dans le prochain numéro (23) de LA LIBERTÉ, la non-restitution des passeports aux personnalités,

etc…
Tout cela constitue des signes forts ….
mais pas du tout ceux que nous attendions …

Nous voulons surtout éviter de « jeter de l’huile sur le feu », mais nous lançons simplement un appel
vers les signataires des accords de Paris pour leur demander :

de communiquer leurs intentions et de nous informer régulièrement sur les avancées (s’il y en a, comme nous l’espérons) des négociations et des points d’accord qui permettront le retour à la démocratie
et à la justice pour le peuple djiboutien,

de prendre rapidement des décisions importantes
en faveur des Droits de l’Homme :
Cessation des violences contre les populations civiles,

Restauration de la liberté de déplacement à l’intérieur comme à l’extérieur (restitution des passeports),

Rétablissement de la liberté d’expression et de la presse d’opposition,

Libération de tous les prisonniers politiques encore incarcérés,

etc…

Il en va de l’avenir de Djibouti et de l’avenir de ce processus.

Jean-Loup SCHAAL
ARDHD