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23/02/2000 – Lettre d’un français, ex-résident à Djibouti, à Mme BORREL. « Je ne connais pas toutes les affaires djiboutiennes, mais le commanditaire des crimes suivants est …. « 

S.H.

Le 14 février 2000

A Madame E. Borrel

Chère Madame,
Par cette modeste lettre, je voudrai une nouvelle fois apporter mon soutien pour votre combat pour la vérité. Dès le début, jr vous avais adressé deux courriers à Toulouse en dénonçant la thèse du suicide. Le juge Monsieur Le Loir a été à la botte du régime et n’a écouté que l’entourage mafieux de l’Ancien Chef de Cabinet, Monsieur Ismaël Omar Guelleh, aujourd’hui Président de la République, qui s’est carrément attribué le pouvoir et je dirai même sous les regards de certains observateurs français. La France a été complice et je le dis haut et fort.

Aujourd’hui, on essaie de réparer par une justice plus clémente si j’ose dire et par une ouverture politicienne nationale.

J’ai adressé de nombreux courriers aux hautes autorités françaises, mais personne ne m’a répondu. Cela paraissait comme  » ingérence  » …

Et puis on écoute ou l’on guère un simple citoyen. Cela devient même dérangeant….
(…)

Le juge Le Loir n’a jamais fait son devoir de juge instructeur. Il s’est contenté des ragots de l’entourage présidentiel tout à fait  » préparé « . Je ne connais pas toutes les affaires djiboutiennes, mais le commanditaire des crimes suivants est le chef de l’Etat en personne :

1°) Tuerie d’Arriba
2°) Attentat du Café de Paris (Le juge Le Loir avait même déclaré que Monsieur Aden Robleh Awalleh était en fuite. Monsieur Aden Robleh Awalleh habite à 100 m de la maison de Monsieur Ismaël Omar Guelleh, alors Chef de Cabinet de la Présidence (Ambouli). Le juge s’y était rendu.
3°) Assassinat d’un membre allié de notre famille (1993) avec une arme automatique. En présence des forces armées et policières. Il a été déclaré qu’il s’est suicidé.
4°) ……….(…)
5°) L’assassinat de votre cher et défunt époux, qui a dû certes trouver des indices compromettants. Je suis sûr qu’il y a non seulement une corruptions djiboutienne organisée mais cela va au delà, car je sais qu’il y avait aussi une corruption franco-djiboutienne au plus haut niveau, je dirai des petites affaires comme Elf … ou de nombreuses personnes se mettaient de l’argent dans la poche sur le dos du contribuable français ..

Je ne vous citerai qu’un petit exemple : des officiers supérieurs vendaient des meubles soi-disant réformés au prix fort à des commerçants de la place et empochaient l’argent pour arrondir leur fin de mois ou pour payer les crédits de leur maison en France … Nous, petits employés avons été soudoyés avec de petites sommes … En ce qui me concerne , j’avais dénoncé cette indélicatesse et j’avais remis l’argent aux orphelins ..
(…)
Je vous souhaite un franc succès afin que la justice française condamne les coupables de l’assassinat de votre époux. Vous verrez, d’autres vérités en sortiront. La France ne peut en aucun cas critiquer l’Autriche et d’autres pays, qu’elle se préoccupe de ce dictateur malsain qui fait des ravages depuis 1990.

Veuillez, je vous prie, Chère Madame, accepter l’hommage de tout mon respect et courage pour la suite.

Note de l’ARDHD.
Comme toujours, nous protégeons l’identité des personnes qui nous écrivent dans cette rubrique. Nous publions cette lettre avec l’accord de son auteur sous son entière et seule responsabilité. Compte-tenu des graves accusations qui sont portées à l’encontre du Chef de l’Etat djiboutien et d’officiers français, nous signalons que nous ne prenons pas partie ni pour cette thèse ni pour d’autres. Nous la versons simplement au dossier et nous publierons toute réponse qui nous serait adressée par les personnes citées.

23/02/2000 – signature d’un protocole d’accord financier entre l’Italie et djibouti à hauteur de env. FF 35 millions.

Ce protocole prévoit l’octroi par l’Italie d’une aide d’un milliard de francs djibouti, soit environ 35 millions de Francs Français, répartis comme suit :

450 millions de FD pour la RTD (projet d’équipements en télécommunication)
450 millions de FD en équipements de santé
100 millions de FD en camions-citernes pour transporter de l’eau.

(Extrait La Nation Djibouti du 24 janvier 00)

23/02/2000 – Affaire BORREL: Dans un article paru dans La Nation « Point de vue », le journaliste affirme que les coupables exercent des hautes fonctions au sein de la Françafrique (Extrait de la Nation – Djibouti – Rubrique « Point de vue »)!

Les récents développements du dossier BORREL (ancien magistrat français décédé à Djibouti dans des circonstances mystérieuses) révélés par les médias français sous prétexte d’éléments nouveaux, surviennent en vérité dans un contexte politique de clivages gauche / droite.

Derrière l’affaire BORREL se profilent donc des enjeux purement électoraux. A preuve, celle-ci s’est brusquement médiatisée quelques jours après la nomination d’un nouveau patron à la tête de la DGSE.

Ainsi, cet énième scandale (les financements occultes de partis politiques, les ramifications d’Elf ou encore la francophonie) est ordinaire, dirait-on. Mais ce qui est moins est la volonté à la limite de l’acharnement de quelques pivots de la criminelle nébuleurs d’acteurs qui interviennent dans cette affaire.

(..)

Aujourd’hui à ce stade de la situation dans l’évolution de cette affaire qu’elle a volontairement déclenché, la France couvre pour raison d’Etat, les vrais coupables dans l’assassinat de M. BORREL qui continuent d’occuper en toute impunité de très hautes fonctions au sein de la Françafrique. (*)

(..)

En conclusion, la France gagnerait beaucoup à transcender ses querelles politiciennes, à réformer ses structures gouvernementales de coopération, de même qu’à changer sa politique africaine. Ce sont-là quelques exigences pour des relations justes et respectueuses et pour l’usage à bon escient des deniers de ses contribuables.

Car la corruption n’existe pas que dans les pays du Sud, mais également dans ceux pourtant développés. « Les corrupteurs d’hier sont devenus des corrompus, risquant de mettre ainsi en péril les fondements même de la démocratie ».

(*) Note de l’ARDHD :
‘Françafrique’ ou ‘France à fric’ : terme ironique utilisé par François-Xavier Verschave
dans un ouvrage publié sur la politique africaine de la France,
on peut effectivement regretter, que les noms des personnalités visées ne soient pas cités !

23/02/2000 – La NATION: « L’Etat (français) contrôle la presse ce qui suppose qu’il peut l’utiliser ou l’orienter … » (Extrait de la Nation – Djibouti – Dossier « L’ETAT ET LA PRESSE » (française) )

Depuis quelques semaines la population djiboutienne est quasiment prise en otage par une simple information propagée par la presse française, d’autant plus que les gens en Afrique en général et à Djibouti en particulier ne voient pas ou ne comprennent pas une possible collaboration pour ne pas dire complicité entre la presse et l’Etat, en France, ce qui n’est ni choquant ni un secret en Europe où la presse bénéficie des aides indirectes et directes.

(..)

S’il fallait caractériser la presse en France ou en Europe, il n’y a pas de presse d’Etat à proprement parler, mais l’Etat contôle la presse ce qui suppose qu’il peut l’utiliser ou l’orienter. La presse dit tout haut ce que l’Etat pense tout bas en quelque sorte.

(..)

22/02/2000 – Affaire BORREL: les juges LE LOIRE et MORACCHINI pourraient se rendre à Djibouti dans le cadre d’une commission rogatoire pour entendre de nouveaux témoins dont le Président Ismaël Omar GUELLEH.

Des rumeurs persistantes nous informent du fait que les juges français LE LOIRE et MORACCHINI pourraient se rendre à Djibouti pour entendre de nouveaux témoins dans le cadre de l’affaire BORREL Il se dit que le Président GUELLH pourrait être entendu directement et que le Procureur de la République français souhaiterait participer à l’interrogatoire.

En général, l’interrogatoire de personnalités n’est décidée, en ultime recours, que lorsque des éléments concordants et probants ont été réunis dans un dossier.

(A suivre)

22/02/2000 – L’ACHARNEMENT A REPRIS !M. NOEL ABDI, Jean Paul, Président de la LDDH est de nouveau convoqué par la Gendarmerie. Appel à toutes les associations

M. Guelleh n’a pas pu tenir plus de deux semaines. Après l’accord de Paris, il avait bien été obligé de calmer son agressivité envers l’opposition, pour donner l’impression, l’illusion que tout avait changé.

Mais deux semaines, c’était déjà trop pour lui. Sa véritable nature a besoin de s’exprimer et il faut qu’il écrase les opposants. L’acharnement a repris contre la LDDH et contre son Président, alors que nous attendions des signes forts en faveur de la démocratie et de la Justice.

Ce nouveau geste hypothèque fortement l’avenir. Toute les ‘attentes’ que les djiboutiens avaient placées dans l’accord de Paris, vont-elles s’envoler ainsi progressivement en fumée et en déceptions ? … Nous ne le souhaitons pas et c’est pour éviter cela que nous devons rester très vigilants… afin de tenter d’empêcher les injustices et les violations caractérisées des Droits de l’Homme.

Nous apprenons donc que M NOËL ABDI Jean-Paul, Président de la LDDH a été de nouveau convoqué par la gendarmerie ce matin 22/02 afin d’y être entendu au sujet de plusieurs communiqués qu’il a publiés en particulier sur les épidémies dans le Nord (voir un exemple ci-dessous). Vu le nombre de fois où il avait déjà été convoqué, on aurait pu imaginer que les gendarmes n’avaient plus beaucoup de questions nouvelles à lui poser. Et pourtant !

Selon nos sources, le gourvernement djiboutien veut absolument savoir le nom de ses informateurs afin de faire pression sur eux ensuite. Le Président de la LDDH (Ligue Djiboutienne des Droits Humains) a été relâché … mais il est toujours susceptibel d’être déféré devant la justice….. Un comble : lui qui n’a cessé depuis le mois d’août de lancer des appels à la Paix, à la réconciliation nationale et surtout à la protection des populations civiles.

Si son inculpation, dans le cadre des ses activités en faveur des Droits de l’Homme et des populations, devait être confirmée, nous lancerions immédiatement une alerte à toutes les Associations mobilisées sur la situation des D.H. à Djibouti.

Nous solliciterons aussi l’avis de M. Ahmed DINI et ce qu’il compte faire en faveur de Noël Abdi Jean-Paul, puisque les accords de Paris évoquent le retour progressif à la Démocratie et à la Justice. En les signant, il en est devenu en quelque sorte le garant ….

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LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS

Le Président : Noël Abdi Jean-Paul
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel : 253 357 804
Domicile Tel/Fax : 253 358 007

Djibouti, le 20 décembre 1999

COMMUNIQUE DE PRESSE N.13/99/LDDH du 20 décembre 1999

A la suite du blocus sanitaire imposé par le pouvoir aux populations du Nord, une épidémie de rougeole s’est déclarée et fait rage dans les secteurs suivants :

DABRIMA – ANBABA – WEIMA – AMBLA – GODA -DALHA

De très nombreux cas de décès nous ont été rapportés. Ce sont, bien sûr, les populations civiles locales qui souffrent de ce blocus.

Il est à noter que depuis le déclenchement de la guerre civile en 1991, Il n’y a pas eu de  » vaccinations  » dans l’ensemble des districts du Nord.

Déjà victimes de la guerre civile, ces populations subissent, de surcroît, un blocus alimentaire en règle, qui les fragilise face à cette épidémie.

De ce fait, la LDDH lance un appel urgent à toutes les organisations nationales et internationales pour venir en aide à ces populations délibérément affamées, réprimées et maintenues à la merci des fléaux de toutes sortes.

22/02/2000 – Le ministre de l’Intérieur remboursera-t-il sa dette au HCR ?

M Abdallah Abdillah Miguil en 1992 avait, paraît-il, détourné 70 millions de FD des caisses du HCR. ‘Emprunt forcé ou faute d’inattention ???’

Le HCR aurait exigé le remboursement, mais depuis qu’il est Ministre, M. Abdallah Abdillah ne répond plus. Il refuserait de donner le moindre centime en arguant qu’il a des instructions de la Présidence.

21/02/2000 – DJIBOUTI: poubelle nucléaire ? Vrai ou faux ? Appel à informations complémentaires.

Nous sommes alertés par de terribles informations concernant des enfouissements possibles de déchets nucléaires et il serait nécessaire d’obtenir des précisions complémentaires.

Selon nos informateurs, des déchets nucléaires extrêmement radio-actifs auraient pu être enfouis il y a plusieurs années dans la région du Lac Assal ou du Grand Barra, à l’époque où Monsieur GUELLEH était le bras droit de son ‘oncle’ Hassan Gouled. Il se confirmerait qu’à cette occasion, Monsieur Guelleh aurait reçu des sommes fort importantes virées via la BCCI de Djibouti.

Si ces informations sont confirmées, il y a tout lieu de penser que le stockage a été réalisé dans des conditions proches du stockage sauvage et que les protections sont limitées au strict minimum. Qu’en est-il des contrôles périodiques et indispensables pour vérifier qu’il n’y a pas de contamination de l’environnement ?

Un tel stockage pourrait constituer une menace potentiel de première importance pour la région et pour les populations.

Nous remercions tous ceux qui pourraient nous donner des informations complémentaires et précises sur les enfouissements qui auraient pu être exécutées dans cette région.

Date des enfouissements, type exact des matières, estimation des volumes, provenance des déchets, etc. ?