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15/09/2012 (Brève 024) Roger Picon continue à suivre l’actualité djiboutienne et à nous retracer les meilleurs moments avec ses caricatures. Une pensée particulièrement appréciée à la mémoire d’Ahmed Dini.

03/03/2000 – L’agence de communication de M. GUELLEH se prend les pieds dans le tapis… elle compare son Patron à Poutine luttant contre les tchétchènes !

Depuis plusieurs semaines, un fonctionnaire de l’agence de communication de Djibouti (qui insiste beaucoup pour se faire passer pour un étudiant, vivant en dehors de Djibouti) agissant au nom d’un Groupe baptisé pour la circonstance : « Pour le rétablissement de la Vérité » se répand en injures variées sur Internet contre notre Association, Me Montebourg et Me Calatayud.

Comme nous l’avions déjà écrit, nous n’avons aucune intention de lui répondre. L’information est libre en Europe et chacun doit pouvoir exprimer ses opinions et ses sensibilités …

Ce qui est nouveau et intéressant (et même drôle, pourrait-on dire si le sujet n’était pas aussi sérieux), c’est que ce fonctionnaire dans un excès de zèle, compare son Patron à Poutine luttant contre les tchétchènes. Pouvait-il choisir un meilleur exemple pour justifier notre action contre le régime dictatorial de Djibouti, opprimant et torturant les populations du Nord !

Depuis des années que nous luttons pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti, nous n’aurions jamais osé la comparaison entre les méthodes inqualifiables de Poutine et de L’Armée Russe en Tchéchènie avec celles de Guelleh.

Ironie du contexte : c’est l’un des propres collaborateurs de M. Guelleh, un fonctionnaire, qui franchit le pas et en plus au nom « du rétablissement de la vérité ».

Ci-dessous, un extrait du message reçu :

« PERSONNE AU MONDE N’A LE DROIT D’EMPÊCHER LE PRÉSIDENT GUELLEH DE DÉFENDRE L’UNITÉ ET L’INTÉGRITÉ DE DJIBOUTI TOUT COMME L’ONT FAIT LES PRÉSIDENTS LINCOLN, DE GAULLE ET POUTINE ENVERS LEURS PAYS RESPECTIFS.

Il est clair qu’aucun gouvernement au monde n’accepte le démantèlement de son pays par des groupes séparatistes terroristes et encore moins d’être annihilé par des mercenaires étrangers.

On peut noter des exemples de différentes méthodes utilisées dans différents pays, à des époques différentes.

a) Lors de la guerre de sécession aux Etats-Unis d’Amérique, le Président Lincoln a lutté farouche ment contre les 11 États séparatistes et a payé de sa vie pour l’Unité et l’Intégrité de son pays.

b) Durant le règne du général De Gaulle et jusqu’à aujourd’hui encore, la France est toujours fermée au projet des séparatistes Bretons, Basques, Corses et autres…

c) Poutine, président a.i. de la Russie, se bat encore contre les séparatistes Tchétchènes.

…. »

Ibrahim Ali Abdallah dit Farès Le Djiboutien
Porte-parole du Groupe pour le Rétablissement de la Vérité sur Djibouti.

M. Guelleh va-t-il féliciter ce fonctionnaire zélé, pour ses comparaisons pour le moins audacieuses … ou va-t-il lui décerner le bonnet d’âne et le mettre au coin pendant quelque temps ?

Il ne serait pas étonnant non plus que les Présidents Lincoln et de Gaulle se soient retournés dans leurs tombes en entendant que leurs actions étaient comparées à celles de Poutine !

02/03/2000 – DEUX PROCESSUS DE PAIX EN DANGER ?

Depuis quelques semaines, nous avons assisté à plusieurs représentations médiatiques, à l’instigation de M. Guelleh, autour du thème de la Paix : la Paix en Somalie et la Paix à Djibouti.

M. Guelleh, qui avait certainement besoin de détourner l’attention de l’opinion internationale sur des affaires qui pourraient le concerner de près, de très près .. a initié deux processus de Paix .

Qui pourrait lui reprocher d’oeuvrer pour la Paix ?
Personne … et de nombreusesinstitutions internationales lui ont apporté leur appui et leur soutien.

Malheureusement le bilan, aujourd’hui, est décevant :

le processus en Somalie ne rencontre pas l’adhésion des différentes parties et il pourrait se conclure sur un échec.

l’accord avec le Frud n’est suivi d’aucune mesure concrète ni dans le domaine de la démocratie ni sur le plan des Droits de l’Homme. La déception fait progressivement place à l’enthousiasme des premiers jours : le blocus dans le Nord n’a pas été levé, …., nous n’enregistrons aucune avancée dans les faits (libertés individuelles, liberté de la presse, etc.. le seul point positif est la libération de 29 prisonniers politiques et la condamnation/libération de 10 autres.

La Paix est exigente : c’est une démarche difficile qui impose une « bonne dose » de sincérité. Il faut la conduire sérieusement et avec conviction, sinon les tentatives sont vouées à l’échec. Utiliser la Paix pour des considérations personnelles peut se révéler dangereux : elle peut se retourner contre la fourberie !

Si M. Guelleh avait besoin de calmer une urgence politique / judiciaire, était-il pour autant animé par une volonté sincère de faire la Paix et de développer le climat politique, social et judiciaire nécessaire ? La réponse à cette question pourrait expliquer les échecs prévisibles qu’il devrait alors assumer.

Nous serons rapidement fixés … sur l’avenir de ces deux processus de Paix !

En dépit de nos doutes, nous voulons toujours y croire, car la cause des Droits de l’Homme n’a rien à gagner dans un échec de ces processus de Paix. C’est la raison pour laquelle nous demandons une nouvelle fois au Gouvernement djiboutien de prendre les mesures nécessaires pour rassurer l’opinion en montrant qu’il y a une évolution véritable du régime :

arrêt définitif de toutes les violations des Droits de l’Homme : torture, arrestations arbitraires, en particulier dans le Nord à l’encontre des populations civiles,

restauration des libertés fondamentales : liberté de voyager librement à l’intérieur et à l’extérieur, liberté de s’exprimer, liberté de la Presse,

libération de tous les prisonniers politiques et vote d’une amnistie générale pour tous afin de mettre un terme aux instructions menées contre eux dans des conditions plus que critiquables,

rétablissement d’un système juridique équitable avec des juges et des avocats libres et indépendants,
cessation des harcèlements policiers à l’encontre des personnalités de l’opposition et des responsables des Associations de Défense des D.H.,

(a suivre)

02/03/2000 – Esber Yagmurdereli ( TURQUIE ) Lauréat du Prix Ludovic-Trarieux 2000

Par délibération du 2 mars 2000, le jury du  » Prix International des droits de l’homme Ludovic-Trarieux  » a attribué le Prix 2000 à l’avocat, écrivain et militant des droits de l’homme turc Esber Yagmurdereli qui purge une peine de prison pour avoir prôné une solution pacifique au problème kurde.
Le Prix d’une valeur de 30 000 FF (4.573,47 €) est décerné tous les deux ans conjointement par l’Institut des Droits de l’Homme du Barreau du Bordeaux et par l’Union des Avocats Européens à un avocat, sans condition de nationalité ou d’appartenance à un Barreau, qui aura illustré par sa vie, son œuvre ou ses souffrances, la défense des Droits de l’Homme, des Droits de la
Défense, la suprématie de l’état de droit, la lutte contre les racismes et l’intolérance sous toutes leurs formes. Le prix dont le premier lauréat avait
été Nelson Mandela alors emprisonné, en 1985, avait pour précédent lauréat l’avocat chinois Zhou Guoqiang en 1998. Le Jury a en outre demandé aux autorité turques la libération immédiate de M. Yagmurdereli.

La biographie de Esber Yagmurdelereli peut être trouvée sur le site internet de l’IDHBB à l’adresse suivante :

www.idhbb.org.

02/03/2000 – Affaire Borrel: deux juges d’instruction et un procureur-adjoint se rendent à Djibouti (Yahoo)

PARIS (AFP) — Les deux juges d’instruction parisiens qui enquêtent sur le décès d’un magistrat français à Djibouti doivent se rendre vendredi dans ce pays pour y interroger plusieurs personnes, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires.

Les juges d’instruction Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, accompagnés par le procureur-adjoint de la République de Paris, Jean-Claude Dauvel, resteront une dizaine de jours à Djibouti. Ils doivent vérifier les déclarations faites en janvier par un ancien officier de la garde présidentielle de Djibouti, aujourd’hui réfugié en Belgique, qui affirme que Bernard Borrel, détaché comme conseiller au ministère djiboutien de la Justice, a été assassiné, indique-t-on de mêmes sources.

Le corps de Bernard Borrel a été retrouvé carbonisé le 19 octobre 1995. L’enquête confiée à la brigade criminelle a conclu à la thèse du suicide alors que la veuve du magistrat est persuadée que son mari a été victime d’un assassinat.

Mohammed Saleh Alhoumekani, entendu le 31 janvier par les deux magistrats instructeurs, a accusé l’actuel président djiboutien Ismaël Omar Guelleh, ainsi qu’un terroriste libanais et un restaurateur corse, d’être les commanditaires de l’assassinat du magistrat français.

Selon les avocats de Mme Borrel, Me Olivier Morice et Laurent de Caunes, le juge d’instruction Marie-Paule Moracchini, aurait invité ce témoin à revenir sur ses déclarations lors de son audition. Les deux avocats ont tenté, sans succès, de faire dessaisir les juges d’instruction.

Le Syndicat de la magistrature (SM), partie civile dans ce dossier, n’a toujours pas déposé devant la Cour de cassation la requête en suspicion légitime qu’il voulait formuler début février contre les deux magistrats. Le SM pourrait saisir la chambre d’accusation afin qu’elle instruise le dossier, explique-t-on au syndicat.

(Source Yahoo)

Note de l’ARDHD :
Nous avions publié cette information dès le 22 février. D’après nos informations, les juges et le procureur agiraient dans le cadre d’une commission rogatoire. Ils ont pour objectif d’interroger un certain nombre de témoins dont M. Guelleh en personne.

La question est de savoir si M. Guelleh acceptera de répondre à l’invitation des juges … et quelle pourrait être l’attitude de la justice et de la France s’il refusait…

29/02/2000 – SOS AFRICA fête ses dix ans. Jean-Michèle POUCHELLE, son Président, raconte sa vie au service des populations africaines et son INCARCÉRATION à DJIBOUTI . (Le journal d’Abbeville / Le Courrier Picard)

Jean-Michel Pouchelle apportant soin et réconfort aux malades dans le Nord de Djibouti avant son arrestation en 1994 « pour soutien à l’ennemi »

nous avons relevé plusieurs interviews de Jean-Michel Pouchelle dans la Presse du Nord de la France.

Journal d’Abbeville :

« ….Arrêté en août 1994 par deux policiers du pays dans un camion de l’UNICEF. Condamné à six, puis huit mois de prison, il est tout d’abord emprisonné dans la prison civile de Gabode, avant de rejoindre l’hôpital Peltier de Djibouti-Ville, suite à une nouvelle grève de la faim. Mais ce qui aura le plus marqué Jean-Michel Pouchelle, c’est la « farce » qui suivra : « On m’a transféré à Fleury-Merogis pour finir une peine que je ne méritais pas. 25 jours à Fleury-Merogis et mon honneur perdu… J’ai également une pensée pour le délégué djiboutien de l’Association, (Me AREF), interdit de quitter le territoire et d’exercer sa profession d’avocat »….

Courrier Picard :
« … Jean-Michel Pouchelle ne peut se résigner à rester impassible à ce qui se passe dans ce pays (Djibouti) soutenu par le gouvernement français, d’autant plus que le délégué djiboutien de SOS AFRICA, Mohamed AREF, avocat a été condamné par la dictature et jeté en prison… »

« … Après l’épisode de Djibouti, SOS AFRICA a continué son action, cette fois au Burkina Faso. Le Gouvernement Burkinabé a laissé l’ONG conduire son programme humanitaire, axé sur l’éducation et la santé… »

28/02/2000 – Le lauréat du Prix Ludovic-Trarieux 2000 sera désigné le 2 mars 2000 : Me AREF fait partie des 17 candidats retenus par l’IDHBB

Le Prix International des Droits de l’Homme Ludovic-Trarieux  » a été créé le 27 février 1984, en mémoire de Ludovic Trarieux, avocat qui, en 1898, en plein cœur de l’affaire Dreyfus, en France, fonda la  » Ligue française pour la défense des Droits de l’Homme et du Citoyen « , qui est à l’origine de toutes les ligues créées depuis dans le monde.Décerné tous les deux ans il ne peut être ttribué qu’à un avocat sans distinction de nationalité ou de barreau.

Le lauréat est ainsi un avocat qui a, au cours des deux années qui précèdent le vote du Jury, « illustré par son œuvre, son activité ou ses souffrances, la défense du respect des droits de l’Homme, des droits de la défense, la suprématie du droit, la lutte contre les racismes et l’intolérance sous toutes leurs formes », après consultation des grandes associations humanitaires.

Depuis 1992, le Prix est attribué conjointement par l’INSTITUT DES DROITS DE L’HOMME DU BARREAU DE BORDEAUX et l’UNION DES AVOCATS EUROPEENS,

Le premier Prix LUDOVIC TRARIEUX a été attribué le 29 mars 1985 à Nelson MANDELA, alors alors qu’il était emprisonné depuis vingt trois ans en Afrique du Sud et remis officiellement à sa fille, Zenani Mandela Dlamini, le 27 avril 1985.

C’était à l’époque un des cinq premiers Prix dans le monde à lui être décernbé décernés (après le « Jawaharlal Nehru Award for International Understanding », à New Delhi, en 1980, le « Dr Bruno Kreisky Prize for merit in the field of human rights », à Vienne en 1981, le premier « Simon Bolivar
International Prize » par l’UNESCO à Caracas, en 1983 et le « Playa Giron Award », (décerné par Fidel Castro à Cuba, en 1984). Mais il s’agissait là du premier Prix jamais décerné par des avocats . Et, le premier par la France.Le 11 février 1990, Nelson MANDELA était libéré. A partir de cette date, il a
été décidé d’attribuer à nouveau le Prix tous les deux ans conjointement avec l’UNION DES AVOCATS EUROPEENS (Commission « Droits de l’Homme »).

A cette occasion plus de 40 organisations non-gouvernementales, barreaux ou associations à but humanitaire sont consultés à travers le monde pour désigner le (ou les) candidat(s) qui leur parait (ou paraissent) répondre aux critères spécifiques d’attribution du Prix. L’attribution du Prix a été
rendue possible grâce au concours du Barreau de Bordeaux, de l’Union des Avocats Européens, du Conseil Général de la Gironde et de l’Ecole Nationale de la Magistrature.C’est ainsi qu’ont été successivement lauréats :

1985 : Nelson MANDELA (Afrique du SUD)

1992 : Augusto ZÚÑIGA-PAZ (Pérou)

1994 : Jadranka CIGELJ (Bosnie-Herzégovine)

1996 : Prix attribué conjointement à Najib HOSNI (Tunisie)et Dalila MEZIANE (Algérie).

1998 : ZHOU Guoqiang (Chine)

Après Nelson MANDELA, en 1985, Najib HOSNI a été le second lauréat à se voir attribuer le Prix alors qu’il est en détention. Sa Candidature était présentée par l’Union Internationale des Avocats (Commission Défense de la Défense), la Fédération Internationale de l’Action des Chrétiens pour
l’Abolition de la Torture (FIACAT), le Centre d’Information et de Documentation sur la Torture-Tunisie (C.I.D.T.-TUNISIE), le « Lawyers Committee for Human Rights » (LCHR – New-York), Amnesty International, l’American Bar Association (ABA) – l’Institut des Droits de l’Homme du
Barreau de Paris, Human Rights Watch (Washington).

Madame Dalila MEZIANE était, quant à elle, la deuxième femme, après Madame Jadranka CIGELJ, en 1994, a recevoir le Prix. Sa candidature était présentée par European Légal Network on Asylum (ELENA).

Trois mois après la remise de son prix, à Bordeaux, entre les mains de son représentant, le Dr Hélène JAFFE, Président de AVRE, Najib HOSNI a été libéré par grâce présidentielle spéciale du présidant BEN ALI, le 14 décembre 1996.

Le V ème Prix a été attribué, le 25 Mai 1998, à l’avocat chinois ZHOU Guoqiang. Malgré de longues démarches, l’IDHBB n’a pu obtenir pour ZHOU Guoqiang la garantie qu’il pourrait retourner à Pékin s’il venait en France. C’est la raison pour laquelle ZHOU a du renoncer à quitter le territoire chinois et a demandé à M. LIU Qing, dirigeant d’HUMAN RIGHTS in CHINA qui vit en exil à New York depuis 1991, où WEI Jingsheng l’a rejoint, de se rendre à Bordeaux pour recevoir le Prix en ses lieu et place.
C’est Robert BADINTER, ancien garde des Sceaux et ancien président du Conseil Constitutionnel de France, qui lui a remis le  » Vème Prix International des Droits de l’Homme Ludovic Trarieux « , le 2 octobre 1998, dans le grand amphithéâtre de l’Ecole Nationale de la Magistrature à BORDEAUX.

Afin d’aider le jury dans son choix, l’IDHBB a demandé, comme les années précèdentes, à toutes les institutions, associations de défense des droits de l’homme de lui faire connaître la situation des avocats susceptibles de correspondre aux critères cités d’attribution du Prix.

L’IDHBB tient à remercier toutes les organisations des droits de l’homme qui ont répondu à son appel et lui ont adressé des dossiers de candidatures pour le Prix 2000 et particulièrement:

Amnesty International
Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD)
Association Française des Amis des Démocrates de Djibouti (AFADD)
Avocats sans Frontières (ASF)
Canadian Journalists for Free Expression (CJFE)
(CIDT-Tunisie)
European Legal Network on Asylum (ELENA)
Féderation Internationale des Droits de l’Homme (FIDH)

International PEN – Writers in Prison
CommitteeThe International Freedom of Expression

eXchange (IFEX)
International Movement for a Just World (JUST)
Lawyers Committee for Human Rights (LCHR)
Persatuan Kebangsaan Hak Asasi Manusia (HAKAM)
Ligue Mauritanienne des Droits de l’Homme
Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos

Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH)

UAE-Human Rights

Au 1er Fevrier 2000, (clôture : 30 janvier 2000) l’I.D.H.B.B. a enregistré les candidatures suivantes :

AFRIQUE
Aref Mohamed Aref – Djibouti
Bénéwendé Sankara – Burkina Faso
Diallo Yacoub – Mauritanie

AMERIQUE
Fabilola Letellier – Chili
Digna Ochoa – Mexique
Israel Ochoa Lara – Mexique
Alirio Uribe – Colombie

ASIE

Asma Jahangir – Pakistan
Hina Jilani  »  »
Lim Kit Siang – Malaisie

EUROPE
Rosemary Nelson (+) – Irlande du Nord
Vera Stremkovskaya – Belarus
Bajram Kelmendi(+) – Kosovo
Teki Bokshi – Kosovo
Michel Laurain – France

AFRIQUE DU NORD/MOYEN ORIENT
Esber Yagmurdereli – Turquie
Sevil Dalkiliç – Turquie
Radhia Nasraoui – Tunisie

Il doit être précisé, que le prix n’est considéré comme définitivement attribué que si le récipiendaire ou un membre de sa famille l’accepte et vient le recevoir lors d’une cérémonie de remise qui se tient à BORDEAUX, et aura lieu dans le courant du deuxième trimestre 2000.

Le 6ème INTERNATIONAL DES DROITS DE L’HOMME « LUDOVIC TRARIEUX » 2000 sera attribué à l’un des dix sept candidats le 2 mars 2000.

Composition du Jury :
Monsieur Bertrand FAVREAU, Président IDHBB ( Bordeaux)
Monsieur Enrico Adriano RAFFAELLI, Président de l’UAE ( Milano)
Monsieur Thierry WICKERS, Bâtonnier de l’Ordre (Bordeaux)
Madame Brigitte AZEMA-PEYRET, (IDHBB, (Bordeaux)
Monsieur Raymond BLET (IDHBB) ( Bordeaux)
Monsieur Claude BONTINCK, ancien Président de l’UAE (Bruxelles)
Madame Valérie BRAILLON (secrétaire générale IDHBB ( Bordeaux)
Monsieur Georges TONNET, ancien Bâtonnier, (Bordeaux)
Monsieur Philippe FROIN, Trésorier IDHBB ( Bordeaux)

Monsieur Christian ROTH, ancien président de l’UAE (Paris)
Monsieur Jean-Pierre SPITZER, Directeur scientifique de l’UAE (Paris)
Madame Hélène SZUBERLA, vice-président IDHBB (Bordeaux)

Le nom du ou des lauréat(s) sera annoncé sur le site de l’IDHBB
www.idhbb.org
à partir du 3 mars 2000.
Pour tous renseignements complémentaires : Tel OO 33 (O) 1 56 81 73 75

28/02/2000 – Lettre d’AREF en réponse à M. LEY-NAGARDIGAL, Secrétaire Général d’ACTUS, sur l’intégration africaine …

AREF MOHAMED AREF
Rue de Moscou
B.P. 1441 ; Tél (253) 35 45 71 ; Fax (253) 35 68 57
DJIBOUTI

Djibouti, le 21 février 2000

Monsieur LEY -NAGARDIGAL Djimadoum
Secrétaire Général de ACTUS

Monsieur le Secrétaire Général,

En présence des aboiements des dogues des dictatures que j’affronte j’ai toujours adopté l’attitude de la caravane qui passe. C’est pourquoi j’ai évité de me baisser et de me laisser entraîner dans les bas fonds crasseux où végète ce germe de pauvres types qui le plus souvent ne savent pas comment gagner honorablement leur vie .

Si je prends la plume c’est uniquement pour vous apporter une précision et pour vous témoigner mon soutien.

La précision concerne mon origine africaine. L’Histoire contemporaine (inutile de remonter plus loin) de la corne orientale de l’Afrique révèle notamment :

que mon arrière-arrière grand-père ABOUBAKER HiRAHIM était Pacha de Zeila : c’est d’ailleurs lui qui a fait venir la France dans cette région pour l’aider à repousser les velléités d’invasion britannique. Zeila se trouve à l’extrême nord de la Somalie et donc en Afrique .
que l’un de ses fils MOHAMED ABOUBAKER était Pacha du HARAR et arrière grand-père de mon cousin MENELIK III fils de sa Majesté YASSOU Empereur d’Éthiopie assassiné par HAlLE SELASSIE ( devenu par la suite Empereur d’Éthiopie ) à la suite d’un coup d’État organisé par les puissances coloniales françaises et anglaises. Je ne vous ferai pas l’outrage de vous dire où se trouve l’Éthiopie qu’un autre de ses fils BOURHAN ABOUBAKER était Bey de Djibouti qu’il a créé. Sa signature figure sur tous les traités conclus à l’époque avec les représentants de ce pays.
que l’un des frères de mon père, mon oncle ALI AREF BOURHAN a été Président du conseil de gouvernement de ce pays appelé à l’époque Territoire des Afars et des Issas qu’il a conduit à l’Indépendance pacifiquement et dans la démocratie .

Comme je n’ai pas l’habitude de faire état de ces origines, la plupart de mes amis les ignorent : vous pouvez d’ailleurs à cet égard interroger les militants tchadiens des Droits Humains dont je salue ici le courage et l’abnégation dont ils ont fait preuve ainsi que l’oeuvre de pionnier qu’ils ont brillamment réalisée en matière de lutte contre l’impunité en Afrique. Mais comme je suis fier de mon origine africaine, je n’ai pu tolérer que vous soyez induit en erreur.

Cela dit j’approuve totalement tous vos propos et plus particulièrement sur l’impérieuse et urgente nécessité d’une intégration africaine que personnellement je souhaite ardemment tant économique que politique. A cet égard je vous adresse, ci-joint, un projet de journées d’étude et de réflexion sur l’intégration africaine, dont en 1992 j’ai rédigé pour la CIJ l’esquisse que vous pourrez dont lire ci-après et dont vos commentaires (privés) m’apprendront certainement beaucoup car depuis huit ans l’idéal que nous avons en commun a considérablement évolué et ne semble plus être considéré comme irréaliste puisque, à l’initiative de Monsieur KADHAFI tous les chefs d’États africains en exercice en ont adopté le principe à la veille de l’an deux mille. Je pense qu’il ne saurait être acceptable que cet idéal soit détourné de son but noble et réel. C’est pourquoi je suis soucieux d’alerter un maximum d’Africains issus de la société civile sur l’intérêt, l’impérieuse et urgente nécessité de veiller au grain avant qu’il ne soit trop tard.

Si vous connaissez un cercle africain qui étudie cette question je vous serais vivement reconnaissant de bien vouloir m’en communiquer les coordonnées afin de me permettre de me joindre à eux. Car je pense qu’il s’agit là de l’avenir de notre continent et d’une partie non négligeable de l’humanité dont les souffrances sont insupportables pour un être humain normalement constitué farouchement opposé aux  » HAIDER  » quelles que soient leurs origines, leur religion ou la couleur de leur peau. Emprisonnés ou assignés à résidence en Afrique ou encore réfugiés sur d’autre continent nous devons tous nous exprimer sur ce sujet capital car, comme le disait Pierre MENDÉS FRANCE  » si les individus se réfugient dans une sorte de passivité civique, la vie nationale tout entière en subit les conséquences « . Nous devons donc avoir  » le courage de la vérité  » si cher à mon ami Arnaud MONTEBOURG. Et aujourd’hui comme hier surtout en Afrique, pour l’Afrique et les Africains ainsi que l’a si justement défini Jean JAURES dans son discours à la jeunesse  » le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques « .

Je vous en remercie par avance et vous prie d’agréer , Monsieur le Secrétaire Général, l’assurance de mes salutations panafricanistes confraternelles .

Aref Mohamed Aref

Note de l’ARDHD :

Ce courrier fait suite à une lettre ouverte de M LEY-NAGARDIGAL, publié dans le numéro 21.