Articles

12/10/2013 (Brève 284) ALERTE ROUGE – Revue de presse. Rappel des articles de presse publiés depuis deux jours, suite à la libération de Mohamed Alhoumékani et à la fusillade qui le visait en arrivant au Palais du Gouverneur de sa province ancestrale.

EUROPE 1
Mort du juge Borrel : le témoin-clé cible de coups de feu
Arrêté en aout dernier au Yémen, il venait à peine d’être libéré. L’homme se dit menacé. L’INFO. A peine libéré de sa geôle, il essuie des coups de feu. Mohamed Saleh Alhoumekani, le témoin-clé dans l’affaire du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort à …

NOUVEL OBSERVATEUR
Affaire Borrel : un témoin-clé a failli être assassiné
18 ans après la mort du magistrat français, un ancien officier de la garde présidentielle à Djibouti a été la cible de coups de feu au Yémen lors d’une embuscade raté …

7sur7 
Pris pour cible à Al Bayda, Alhoumekani en appelle à la Belgique
Le Belgo-Yéménite Mohamed Saleh Alhoumekani, libéré mardi après un mois et demi de détention dans son pays d’origine, a été la cible de tirs, jeudi à Al Bayda (sud), a annoncé sa famille à l’agence Belga. Il n’a cependant pas été blessé. Dans un 

LE FIGARO
Borrel:le témoin-clé cible de coups de feu
Le témoin-clé dans l’affaire du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995, a été aujourd’hui la cible de coups de feu au Yémen, deux jours après sa sortie de prison, a-t-on appris auprès de sa famille en Belgique. « Des hommes habillés en 

RFI
Affaire Borrel: le témoin clé victime d’une embuscade
Des proches de Mohamed Saleh Alhoumekani (sa femme et son fils, Moncef) montrent son portrait et son passeport belge aux médias, le 2 septembre 2013. AFP PHOTO / BELGA / LAURIE DIEFFEMBACQ 

LE PROGRES
Bourg-en-Bresse: l’appel à l’aide de la veuve du juge Borrel
Bourg-en-Bresse: l’appel à l’aide de la veuve du juge Borrel. .

FRANCE INTER
Le témoin clé de l’affaire Borrel affirme qu’on a voulu l’assassiner

Bernard Borrel est ce magistrat assassiné à Djibouti le 19 octobre 1995. Mohamed Alhoumekani, l’ancien responsable de la garde présidentielle de Djibouti et témoin clé de l’affaire, a été victime d’une tentative d’assassinat ce matin. C’est une scène de 

11/02/05 (B284) SURVIE / TOGO / Communiqué du 7 février 2005 : Dictature héréditaire au Togo / un coup d’État françafricain

42 ans après avoir
assassiné Sylvanus Olympio, père de l’indépendance togolaise,
le dictateur togolais a cédé involontairement un siège
de tyran qu’il avait promis de céder de son plein gré en 2003.
Durant 4 ans de règne officieux puis 38 ans de règne officiel,
l’ancien sergent-chef Gnassingbé Eyadéma, caricature de garde-chiourme
néocolonial, a martyrisé et ruiné le Togo. Sa mort de
maladie aurait pu laisser place à une élection démocratique.
La France semble abonder en ce sens, puisqu’elle a appelé au  »
respect de la Constitution togolaise « …

Les apparences sont trompeuses.
La France tente seulement de faire oublier qu’elle a largement contribué
à tout fausser dans le processus constitutionnel, escroqué,
et dans un processus démocratique sans cesse bafoué. La seule
élection présidentielle à peu près convenable,
en 1998, a été largement remportée par Gilchrist Olympio,
le fils de Sylvanus… avant que le décompte des voix ne soit repris
en main par l’armée – ou plutôt la milice clanique du régime
(les rares militaires opposants ont été massacrés dans
la foulée du scrutin de 1998).

Depuis lors, Paris n’a
cessé d’organiser de pseudo-médiations qui ont chaque fois découragé
les opposants authentiques, aboutissant au boycott du scrutin législatif
de 2002 et à l’élection d’une Assemblée quasi-totalement
eyadémiste. Laquelle a voté une révision de la Constitution
qui ouvre la voie à l’infinie prolongation de la dictature, en écartant
notamment la candidature de l’opposant le plus connu, Gilchrist Olympio, et
en laissant le contrôle des opérations électorales entre
les mains du régime.

Cela ne devait pas encore
être suffisant puisqu’il a fallu une ultime mascarade constitutionnelle
pour afficher la continuité monarchique : empêcher le retour
au Togo du président de l’Assemblée, constitutionnellement chargé
de l’intérim du Président de la République défunt
; faire voter par l’Assemblée la destitution de cet intérimaire
; élire à sa place Faure Eyadéma, le fils du dictateur
; voter en toute hâte une nouvelle révision constitutionnelle
qui transforme l’intérim du président de l’Assemblée
en un remplacement jusqu’à la fin du mandat du chef de l’État
décédé, soit jusqu’en 2008.

Entre-temps, le clan Eyadéma
aura suffisamment verrouillé la succession pour ne laisser aucune surprise.
Faure Eyadéma est âgé de 39 ans. S’il vit autant que son
père, les Togolais en ont jusqu’en 2035…

De cela, la France et
Jacques Chirac ne sont aucunement innocents. De Gnassingbé Eyadéma,
tyran mafieux aux nombreux crimes économiques et politiques, Jacques
Chirac a déclaré samedi qu’il était  » un ami personnel
« . Et  » un ami de la France « . La France chiraquienne bénissait
en effet la dictature eyadémesque. L’armée milicienne togolaise
n’a cessé d’être encadrée par des officiers et instructeurs
français.

L’évolution de
la Constitution togolaise n’a cessé d’être veillée par
des juristes françafricains, comme Charles Debbasch ou Pierre Mazeaud.
L’argent des phosphates togolais n’a cessé d’alimenter les caisses
noires de la Françafrique. Les trafics d’armes du régime Eyadéma,
dénoncés par l’ONU, n’ont cessé d’aider les alliés
inavouables de la Françafrique, comme Jonas Savimbi ou Charles Taylor.

Alors, il faut le dire
haut et fort : rien de ce qui se passe ses jours-ci à Lomé pour
maintenir une dictature ubuesque n’est étranger à l’Élysée,
qui en est comptable devant l’histoire des peuples congolais et français.
Le peuple français, en particulier, se sent insulté quand Jacques
Chirac qualifie Gnassingbé Eyadéma d' » ami de la France
« . Il ne l’est pas plus que les potentats africains qui livraient leurs
frères en esclavage aux riches armateurs de Louis XIV.

10/02/05 (B284) Jouez avec l’équipe de l’ARDHD ! Vous gagnerez le gros lot, si vous trouvez toutes les différences entre les deux photos …

En 2005, notre photographe
s’est légèrement trompé en recopiant la photo de 2002.
Nous proposons aux lecteurs de l’ARDHD de l’aider en nous signalant toutes
les différences. Globalement ce sont des différences de détail,
car même s’ils ont peu vieillis, les piliers sont les mêmes ….

2002

2005

10/02/05 (B284) La France aurait-elle aussi des choses à cacher ? (Avis d’un lecteur)

La France aurait-elle aussi
des choses à cacher ? Et pourquoi ?

Depuis des années
je sui le débat sur la mort du juge français Bernard Borrel.
Les Djiboutiens et Djiboutiennes ont écris plusieurs articles dans
lesquelles ils ont exprimé une sympathie pour Madame Borrel et ses
enfants. J’étais et je suis parmi les Djiboutiens qui se sont exprimé
en faveur de la vérité et de la justice.

Je suis irrité
par l’attitude de ce juge français lorsqu’il déclare: «
je
ne transmettrais pas une copie du dossier à un juge djiboutien aux
risques
de compromettre les intérêts fondamentaux de la France ».
La magistrate
explique que l’instruction comporte des documents « secret défense »
déclassifiés par les ministères de l’Intérieur
et de la Défense pour les
besoins de l’enquête.

Dans un autre point, il
dit : « Communiquer notre dossier aurait pour
conséquence de livrer ces documents des services de renseignements
à une
autorité politique étrangère (…) ce qui compromettrait
gravement les
intérêts fondamentaux du pays et la sécurité de
ses agents ».

Pourtant, lors de la première
enquête les autorités Djiboutiens avait
répondu aux exigences de la justice française. Pourtant la France
et
Djibouti ont ratifié le 27 septembre 1986 une convention d’entraide
pénale.

A mon avis, nous les djiboutiens
nous devrions avoir un esprit critique face
à l’attitude de la justice française et Djiboutienne.

Alors je me pose la question
suivante :

1. La France est-elle
des choses à cacher ? Et pourquoi ?

2. Comment une enquête
criminelle peut-elle affecter les intérêts fondamentaux de la
France et la sécurité de ses agents ?

3. Cette affaire ne ressemble-t-elle
pas à l’affaire entre la France et Greenpeace

4. Pourquoi on n’utilise
pas les moyens de communication par vidéo pour confronter les témoins
et les djiboutiens qui sont mis en cause pour subordination des témoins(si
ces derniers refusent de se rendre en france) ?

A mon avis ces sont des
questions normales, qu’une personne saine d’esprit doit se poser. Je crois
la France devrait montre un esprit de justice et de transparence même
si ca effecte ses intérêts. Je suis désolé, pour
madame Borrel et ses enfants, mais cette affaire est devenue comme une série
du film de Dallas…

________________________________
Note de l’ARDHD
Les questions de ce lecteur sont tout à fait légitimes.

On peut en effet
se demander pour quelles raisons, les autorités françaises ont
d’abord tenté de faire croire à un suicide (autoposie non pratiquée
‘à fond’ à Bouffard, dossier médical perdu, deux juges
partiaux qui avaient des liens avec le procureur de Djibouti, tentatives d’influencer
la justice, … et passons sur les autres faits). Comme nous l’avons toujours
pensé, il doit y avoir un cadavre commun dans le placard …. entre
Paris et Djibouti. Et ce n’est pas que celui du juge Borrel …

En revanche, que
la Juge ne veuille pas transmettre le dossier, cela nous semble normal dans
la mesure où elle instruit le dossier et qu’il ne pourra être
diffusé que lorsque l’instruction sera close, après que tous
les témoins aient été entendus. En droit français,
seules les personnes mises en examen peuvent avoir accès au dossier
d’instruction.

Ce point n’est pas
du ressort de la politique, mais de notre code pénal …

On ne pourrait pas
être favorable à un état de droit et proposer en même
temps des solutions qui ne sont en contradiction avec la Loi…et les procédures
d’instruction pénales. On peut les regretter ou les critiquer, mais pour l’heure, elles sont toujours en vigueur et donc applicables ou opposables aux tiers.


10/02/05 (B284) LIBERATION / Justice à l’africaine (Rebond sous la plume de J Amalric) / Info signalée par un lecteur.

Par Jacques AMALRIC

jeudi 10 février
2005

Comme la vérité
et le mensonge, la justice (à condition qu’elle se veuille indépendante)
et la diplomatie n’ont jamais fait bon ménage. Particulièrement
dans notre Hexagone, dont les plus hauts responsables tentent de conjurer
cette évidence en évoquant aussi régulièrement
que rituellement «la France, patrie des droits de l’homme». Plusieurs
affaires franco-africaines confirment dramatiquement cette schizophrénie
d’une République toujours prompte à imposer sa raison d’Etat
à une justice dont la vocation serait plutôt de rechercher la
vérité.

Le plus connu de ces dossiers
concerne la mort, il y a plus de neuf ans, de Bernard Borrel, magistrat français
détaché à Djibouti. Longtemps présentée
comme un suicide par l’armée française et par deux juges d’instruction
parisiens aujourd’hui dessaisis et passibles de poursuites, cette mort apparaît
aujourd’hui comme le résultat d’un assassinat. Un assassinat qui aurait
été ordonné et perpétré par les autorités
de Djibouti, celles-là mêmes que le juge Borrel était
chargé de conseiller.

Les progrès de
l’enquête menée par la nouvelle juge en charge du dossier Borrel
ont été suivis avec angoisse aussi bien par le ministère
de la Défense que par celui des Affaires étrangères.

A défaut de les
excuser on peut les comprendre, puisque une dizaine de milliers de Français
résident à Djibouti, formellement indépendante depuis
1977, et que le pays abrite, avec un peu moins de trois mille hommes, les
plus importantes bases militaires françaises d’Afrique. Une présence
qui est aujourd’hui mise en cause à demi-mots par l’entourage du président
Ismaël Omar Guelleh, furieux de voir remonter le dossier Borrel à
la surface et le chef de ses services secrets, convoqué en France par
la cour d’appel de Versailles. Déjà, en représailles,
six coopérants français ont été expulsés
de Djibouti et les émissions de RFI, interrompues.

Pour calmer le président
djiboutien, qui pourrait être tenté de jouer la carte américaine
puisque les Etats-Unis ont ouvert une base antiterroriste dans le pays après
les attentats du 11 septembre 2001, la France a accepté de doubler
le loyer qu’elle verse pour ses installations militaires. Et, contre toute
évidence, le porte-parole du Quai d’Orsay est allé jusqu’à
déclarer que «rien ne permet de conclure à la mise en
cause des autorités djiboutiennes» dans le meurtre de Bernard
Borrel. Pour faire bonne mesure, il a aussi annoncé qu’une copie de
l’enquête de la juge d’instruction en charge du dossier allait être
transmise à ces mêmes autorités, empiétant ainsi
sur les prérogatives de la juge, qui était opposée à
cette demande. Ce qui lui a valu une plainte de la veuve du juge Borrel pour
pression sur magistrat instructeur.

Rien ne dit, à
ce stade, que Paris parviendra à enterrer une seconde fois le dossier
Borrel pour préserver sa présence dans un mini-Etat africain
qui survit en grande partie grâce aux subsides français. Mais
on peut parier que les efforts d’étouffement n’en resteront pas là.
N’ont-ils pas été couronnés de succès dans un
autre dossier fort gênant pour un «ami de la France», le
président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, auquel Jacques
Chirac rendait visite la semaine dernière ? Les faits, dans ce cas-là,
remontent à mai 1999, lorsque trois cent cinquante supposés
opposants au président Sassou Nguesso ont été massacrés
par ses sbires à la fin de la guerre civile déclenchée
par ce dernier pour revenir au pouvoir. Un général congolais
et le chef de la police de Brazzaville, curieusement domiciliés à
Meaux, faisaient l’objet de poursuites devant le tribunal de cette ville pour
crimes contre l’humanité. De quoi, là encore, envenimer les
relations entre Paris et Brazzaville. Cette fois-ci, bonne fille, la justice
a su ne pas déplaire : en novembre dernier, les poursuites engagées
par le tribunal de Meaux ont été annulées en appel à
la demande du procureur.

Troisième dossier
où la justice française se heurte à la diplomatie : celui
de la disparition, en avril 2004 à Abidjan, du journaliste franco-canadien
Guy-André Kieffer. Le juge chargé de l’instruction voulait se
rendre il y a quelques jours une quatrième fois en Côte-d’Ivoire
pour procéder à plusieurs interrogatoires. Les autorités
d’Abidjan avaient donné leur accord mais il n’a toujours pas obtenu
le feu vert des autorités françaises, manifestement peu soucieuses
de voir progresser une enquête qui pourrait compromettre certains proches
du président Laurent Gbagbo. Malgré la crise qui a entraîné
le départ de la plupart des Français résidant en Côte-d’Ivoire,
Paris ne désespère pas, en effet, d’arriver à composer
avec le président ivoirien pour sauvegarder une certaine présence
dans cette ancienne «vitrine» des relations franco-africaines.
Cette volonté a même entraîné une tension certaine
entre Jacques Chirac et l’Afrique du Sud, dont le président, Thabo
Mbeki, assure depuis trois mois une médiation entre Abidjan et les
forces rebelles. Soupçonnant le président sud-africain de vouloir
en finir avec la présence militaire française, Chirac a déclaré
lors de son voyage de la semaine dernière au Sénégal
: «L’Afrique de l’Ouest, c’est l’Afrique de l’Ouest. Elle a sa propre
caractéristique, il faut bien la connaître. Je souhaite beaucoup
que le président Mbeki s’immerge dans cette Afrique, car en période
de crise il faut bien connaître l’âme et la psychologie des gens»…

L’histoire ne dit pas
s’il aurait aimé donner les mêmes conseils à certains
magistrats français.

10/02/05 (B284) RSF : SOMALIE / Une journaliste de la BBC succombe à ses blessures.

Kate Peyton, envoyée
spéciale de la British Broadcasting Corporation (BBC) en Somalie, a
été mortellement blessée par des inconnus circulant en
voiture qui ont tiré une balle de pistolet dans son dos, alors qu’elle
entrait dans un hôtel de Mogadiscio pour rencontrer le président
du Parlement de transition, Sharif Hassan Sheikh Aden.

« Toutes nos pensées
vont à la famille et aux amis de Kate Peyton, dont la mort nous choque
et nous attriste. Ce lâche attentat montre, si besoin est, qu’il est
impératif qu’un Etat démocratique, garantissant la liberté
et la sécurité des citoyens, soit rebâti au plus vite
en Somalie, a déclaré Reporters sans frontières. Depuis
longtemps, nous dénonçons le fait que la violence la plus arbitraire
règne dans les rues de Mogadiscio. La plupart des chefs de clans ayant
aujourd’hui fait allégeance au nouveau gouvernement, nous appelons
les derniers irréductibles à ne pas gâcher l’opportunité
de paix qui s’offre aujourd’hui à la Somalie. C’est la condition sine
qua non pour que ce genre d’attaques ne se reproduise pas et que leurs auteurs
soient retrouvés et punis, conformément à la loi. »

Le 9 février peu
après 15 heures, des hommes masqués circulant à bord
d’un taxi blanc de marque Toyota Corolla ont tiré au moins une balle
de pistolet en direction de l’envoyée spéciale de la BBC, alors
qu’elle se trouvait au milieu de ses gardes du corps devant l’hôtel
Sahafi International, dans le sud de Mogadiscio. Peter Greste, un autre journaliste
de la BBC qui se trouvait à côté d’elle, n’a pas été
touché. Transportée à l’hôpital Medina, à
quelques kilomètres de là, Kate Peyton a été opérée
en fin de journée. Selon le médecin qui l’a prise en charge,
cité par le Somali Journalist Network (SOJON), organisation locale
de défense de la presse, la journaliste, qui est basée à
Johannesburg, a subi une ablation de la rate et son foie a été
légèrement touché. Quelques heures plus tard, elle a
succombé à ses blessures avant d’avoir pu être transférée
à Nairobi.

Aussitôt après
l’attentat, les gardes du corps qui l’accompagnaient ont pris ses agresseurs
en chasse. La voiture que les inconnus conduisaient a été retrouvée
accidentée, dans le quartier de Barmuda, dans le centre de Mogadiscio.
Un pistolet a été retrouvé à son bord. Les tireurs
ont pris la fuite à pied. En l’absence d’autorité centrale,
le quartier où s’est déroulé l’attentat est habituellement
sous le contrôle des agents de sécurité des hôtels.
La plupart des étrangers qui se rendent à Mogadiscio louent
les services de gardes privés.

Kate Peyton, 39 ans, faisait
partie du groupe de journalistes étrangers accompagnant une délégation
de parlementaires somaliens chargés de préparer l’arrivée
sur le sol national du gouvernement transitoire, le 21 février. Elle
s’était rendue au Sahafi International Hotel pour rencontrer le président
du Parlement, Sharif Hassan Sheikh Aden, qui siégeait depuis son investiture,
le 29 août 2004, à Nairobi, au Kenya.

Leonard VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
5, rue Geoffroy-Marie
75009 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 84
Fax : (33) 1 45 23 11 51
Email : afrique@rsf.org / africa@rsf.org
Web : www.rsf.org


09/02/05 (B284) Réunion du MRD. Le compte-rendu et les photos qui nous ont été adressés.

Comme prévu, la
réunion du Comité du MRD en Belgique a bien eu lieu le 5 février
2005, dans la grande salle du Vaartkapoen, au 76 rue de l’école Molenbeek.
En plus du Comité, DAF y était. A l’ordre du jour, la bilan
des activités du Comité, la gravité de la situation à
Djibouti et l’ouverture d’un débat avec les militants.

 

La nouveauté, c’est que les femmes prennent de plus en plus de responsabilité
dans la lutte contre la dictature imposée par Guelleh et ses fidèles.
Aussi, un nouveau journal tiré à 500 exemplaires et appelé
« Le démocrate exilé » fut présenté aux
militants. C’est un bi-annuel qui va désormais résumer les activités
du Comité du MRD en Belgique. Une centaine est réservée
aux institutions européennes , aux autorités belges et aux organisartions
internationales.

Par aileurs, le Comité a pu repérer 3 agents de la SDS qui se
sont précipités pour acheter le Démocrate exilé
(journal du Comité) dont le prix de soutien ne s’élève
qu’à 2 euros et qui est donné gratuitement à ceux qui
n’auraient pas ce petit montant.

D’une manière générale, la réunion de travail
s’est bien passée.

09/02/05 (B284) LE NOUVEL OBSERVATEUR / AP La juge en charge de l’affaire Borrel refuse de transmettre le dossier à Djibouti.

PARIS (AP) — La juge
d’instruction parisienne Sophie Clément a refusé mardi de transmettre
à la justice djiboutienne son dossier sur le décès mystérieux
du magistrat français Bernard Borrel en 1995 dans ce pays africain,
a-t-on appris auprès de l’avocat de Mme Borrel, Me Olivier Morice.

Une première information
judiciaire djiboutienne sur le décès de Bernard Borrel avait
été clôturée en décembre 2003 par un non-lieu.
Devant un premier refus en septembre dernier de la juge Clément de
transmettre son dossier à la justice de Djibouti, sans qu’un juge d’instruction
soit désigné, une nouvelle information judiciaire y a été
ouverte en octobre 2004.

Sollicitée par
le nouveau juge d’instruction, Sophie Clément a estimé mardi
«que cette ouverture d’information judiciaire apparaît comme un
détournement de procédure effectué dans l’unique but
de prendre connaissance d’un dossier contenant notamment des pièces
mettant en cause le procureur de la République de Djibouti dans une
autre information suivie à Versailles».

Pour se prémunir
de toute transmission de ce dossier par le parquet de Paris au parquet de
Djibouti, permise par la convention d’entraide judiciaire entre les deux pays,
Sophie Clément a averti que la France «peut refuser l’entraide
judiciaire» si elle est de «nature à porter atteinte à
sa souveraineté, à sa sécurité ou à son
ordre public».

Or, l’enquête sur
le décès du juge Borrel a permis à plusieurs reprises
la déclassification de documents classés «secret-défense».
«Communiquer notre dossier aurait pour conséquence de livrer
indirectement des documents des services de renseignement français
à une autorité politique étrangère», a souligné
la magistrate.

«Ce refus du juge
démontre que la demande des autorités djiboutiennes est totalement
dilatoire et que la pression qui a été faite par le Quai d’Orsay
s’avère totalement déplacée», a commenté
Me Morice qui a porté plainte lundi contre le porte-parole du Quai
d’Orsay, Hervé Ladsous pour «pressions sur la justice».
Ce dernier avait promis dans un communiqué du 29 janvier que la France
allait communiquer le dossier Borrel à la justice de Djibouti.

Bernard Borrel a été
retrouvé mort et brûlé le 19 octobre 1995 face à
l’Ile du Diable à Djibouti. Elisabeth Borrel soutient que son mari
a été assassiné et accuse le président Ismaël
Omar Guelleh d’être le commanditaire du crime.

Une version fermement
contestée par Djibouti, où des premières investigations
entreprises après la découverte du corps du magistrat ont conclu
à son suicide. Une thèse appuyée par les premiers juges
d’instruction français, mais mise à mal par de nouvelles expertises
médico-légales qui concluent au meurtre de M. Borrel. AP