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13/04/05 (B293B) La victoire volée aux Djiboutiens donne des ailes à la dictature, qui mulitplient, comme l’on pouvait s’y attendre : intimidations pour éviter les actions de l’opposition, emprisonnements arbitraires, exécutions sauvages dans le Nord et maintenant rafles au quartier 5. (Lecteur)

Après le 8 avril
2005 :

Selon la presse Djiboutienne, IOG aurait été réelu
pour un autre mandat.

Dans son premier mandat,
IOG a vidé le coffre de l’État, endetté la géneration
futur (des prêts de partout).

Certains Djiboutiens pensaient
qu’apres son deuxieme mandat (2011), IOG partirait.

FAUX, pour lui Djibouti lui appartient à vie. Il se considére
comme le Roi.

Hier, rafles au Quartier
5 et avenue 26 (les Djiboutiens connaissent bien cette avenue qui est située
entre les Q3 et Q5):

On nous signale qu’hier
vers 18 heures, les Policiers ont organisé une rafle gigantesque Avenue
26 et dans certains secteurs du quartier 5.

Ces deux endrois sont
frequentés ou habités majoritairement par des Djiboutiens-Gadaboursis.
C’est certainement l’une des raisons qui a présidé au choix
de ce lieu.

En plus, il faut savoir
que le taux d’abstention a été très élevé
and le Quartier 5. Les hommes et femmes de ce même secteur (Q5) n’ont
pas oublié la torture ni l’humiliation qu’IOG leur a infligé
en 1991 (dans le cadre de l’affaire de « Café de Paris » à
djibouti en Septembre 1991).

Mais au fond, de quelle
abstention pourrait se plaindre le dictateur qui affirme sans rougir qu’il
a reçu près de 80 % de votants dont plus de 94 % pour lui. Cela
ne justifie pas de représailles. Ou alors il est incohérent
(çà, on le sait tous depuis longtemps …) D’un côté
il dit qu’il a reçu un immense succès électoral et de
l’autre ils se vengent des gens qui n’auraient pas voté. Allez comprendre
ce qui se passe dans sa tête. Moi, j’y renonce …

Dans une démocratie,
on n’a pas à imposer la dictature.

Nous les Démocrates,
nous dénonce toutes les pratiques arbitraires.

Relâchez immédiatement
toutes ces femmes et tous ces hommes.

13/04/05 (B293B) LDDH : CONSULTATIONS POUR LA SAISINE DES TRIBUNAUX INTERNATIONAUX ET REGIONAUX PORTANT SUR LES FALSIFICATIONS DES RESULTATS ELECTORAUX

Le Président

LE 12 AVRIL 2005


Le vendredi 8 avril 2005, le scrutin des élections présidentielles
a eu lieu en République de Djibouti.

Rappelant que la Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) par Note d’Information du 20 février
2005 avait demandé le report des présidentielles afin d’instaurer
des conditions favorables à une concurrence électorale loyale,
juste et équitable et éviter par là les risques à
court ou moyen terme de conflits armés avec tous les dangers pour la
paix des armes ;

Rappelant que par le Communiqué
de Presse du 9 mars 2005, la LDDH avait réitéré dans
l’intérêt national et en vue de sauvegarder la paix civile que
ces élections soient reportées ;

Rappelant que par lettre
du 10 mars 2005 le Président de la LDDH avait saisi le Président
de l’Assemblée Nationale pour qu’il mette en application l’article
29 de la Constitution afin que le Conseil Constitutionnel soit saisi pour
constater la vacance de la présidence et assurer son intérim
;

Rappelant qu’à
la demande du Ministre de l’Intérieur, la LDDH a donné des informations
écrites le 12 avril 2005 sur des recommandations en faveur des possibilités
du report des présidentielles sous la lumière de la coopération
entre les hauts responsables des deux blocs politiques en République
de Djibouti ;
Constant qu’aucune réponse écrite sur les demandes de la LDDH
pour le report des élections n’a été donnée ;

Déplorant le fait
que les élections se sont déroulées en violation flagrante
du principe de la pluralité démocratique contenu dans le Préambule
et dans l’article 88 de la Constitution du 4 septembre 1992 ;

Déplorant l’entêtement
du candidat solitaire de mener seul une campagne électorale résultantes
des décisions du président sortant de bloquer toutes les garanties
pour la transparence des élections ;

Dénonçant
les faits que le président sortant en tant que candidat a continué
de se maintenir au Pouvoir durant toutes la campagne, faisant sans doute et
apparemment sienne des Deniers publics et des Biens sociaux à des fins
électoraux grâce avec son Directeur de campagne cumulativement
ministre des Finances de l’Etat ;

Dénonçant
le fait que le président sortant contrairement à la déontologie
électorale et en opposition aux dispositions de l’article 29 de la
Constitution s’est maintenu sans possibilité d’être inquiétée
par le Président de l’Assemblée Nationale du fait de l’inexistence
du Principe de la Séparation des Pouvoirs en République de Djibouti
;

Très préoccupée
par le déroulement même du scrutin du 8 avril 2005 et de la forte
domination des falsifications rendues possibles du fait de l’absence de conditions
de vérifications objectives et neutres, de l’absence d’un cadre de
compétitions transparentes et équilibrées ;

Très préoccupée
de l’absence d’une Justice totalement Indépendante, ainsi que le non
respect constant du Principe de la Séparation et du manque d’une Commission
Electorale Nationale clairement indépendante et équilibrée
dans sa composition en République de Djibouti.

Par
ces motifs fondamentaux

La
Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) souhaite la mise en place de
différentes consultations nationales et internationales, tant au niveau
de la préparation des processus électoraux, qu’au niveau du
scrutin, afin de déterminer les différents stades des responsabilités
ainsi que les différents aspects des falsifications des dernières
élections présidentielles du 8 avril 2005 ;

La
Ligue Djiboutienne des Droits Humains demande à tous les Défenseurs
des Droits de l’Homme de se mobiliser afin de mettre sur pieds des Commissions
d’Enquête pour sensibiliser et conceptualiser dans un contexte nouveau
des propositions concrètes pour mettre fin aux violations vulgaires
des fraudes et impositions électorales.

M
NOEL ABDI Jean-Paul

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Thème de réflexion
pour les jeunes

Jeune soldat, où
vas-tu ?
Je vais combattre pour Dieu et les autels de la patrie.
Que tes armes soient bénies, jeune soldat !

Jeune soldat, où
vas-tu ?
Je vais combattre pour la justice, pour la sainte cause des peuples, pour
les droits sacrés du genre humain.
Que tes armes soient bénies, jeune soldat !

Jeune soldat, où
vas-tu ?
Je vais combattre pour délivrer mes frères de l’oppression,
pour briser leurs chaînes et les chaînes du monde.
Que tes armes soient bénies, jeune soldat !

Jeune soldat, où
vas-tu ?
Je vais combattre contre les hommes iniques pour ceux qu’ils renversent et
foulent aux pieds, contre les maîtres pour les esclaves, contre les
tyrans pour la liberté.
Que tes armes soient bénies, jeune soldat !

Jeune soldat, où
vas-tu ?
Je vais combattre pour que tous ne soient plus la proie de quelques-uns, pour
relever les têtes courbées et soutenir les genoux qui fléchissent.
Que tes armes soient bénies, jeune soldat ! …

…Jeune soldat, où
vas-tu ?
Je vais combattre pour que chacun mange en paix le fruit de son travail ;
pour sécher les larmes des petits enfants qui demandent du pain, et
on leur répond : Il n’y a plus de pain ; on nous a pris ce qui en restait.
Que tes armes soient bénies, jeune soldat !

Jeune soldat, où
vas-tu ?
Je vais combattre pour le pauvre, pour qu’il ne soit pas à jamais dépouillé
de sa part dans l’héritage commun.
Que tes armes soient bénies, jeune soldat !

Jeune soldat, où
vas-tu ?
Je vais combattre pour chasser la faim des chaumières, pour ramener
dans les familles l’abondance, la sécurité et la joie.
Que tes armes soient bénies, jeune soldat !

Jeune soldat, où
vas-tu ?
Je vais combattre pour rendre à ceux que les oppresseurs ont jetés
au fond des cachots, l’air qui manque à leurs poitrines et la lumière
que cherchent leurs yeux.
Que tes armes soient bénies, jeune soldat !…


LAMENNAIS
Paroles d’un croyant

12/04/05 (B293B) LE MONDE : chronique du 11 avril (Info lecteur)

Autant le dire tout net
: on ressort quelque peu commotionné par cet opium du peuple qu’est
devenue l’information dès lors qu’elle s’empare d’un événement
planétaire ou jugé comme tel. Le tsunami et sa vague si meurtrière
de décembre avaient déclenché une autre vague, médiatique
cette fois, qui ne tua personne mais finit par abrutir tout un chacun. Et
on a ressenti quelque peu monter cette nausée du trop et du trop long,
ces derniers jours, en visionnant en boucle les mêmes images ou presque
d’un Jean Paul II superstar dont la foule réclamait dans un hallucinant
happening rien de moins que la canonisation immédiate.

Certains se sont penchés
sur les choux gras prévisibles de la presse dite « pipol »,
qui ne savait plus où donner de la tête couronnée ou consacrée.
Un pape, et quel pape, rappelé à Dieu. Un prince, bien nommé
Rainier, emboîtant son pas céleste. Et un autre prince bravant
les foudres maternelles pour convoler en noces tardives avec Camilla Parker
Bowles. C’était davantage qu’il n’en fallait pour assurer tirages et
mirages sur papier glacé. Mais il serait plus honnête de dire
que la plupart des médias, ces temps-ci, ont été pris
de cette frénésie pipolesque au nom de l’information.

Dans ces grands moments
changés au propre comme au figuré en grand-messes, on se demande
si soudain la Terre s’est arrêtée de tourner pour que tous les
points de vue deviennent cardinaux (et on ne parle pas seulement de ces petits
hommes en noir à coiffure violette qui éliront bientôt
le nouveau chef de l’Eglise).

Le regard se polarise.
Les esprits se paralysent. Vous vouliez du pape ? En voilà, distribution
générale. Et, puisque enterrer un pape, c’est presque raconter
la vie des saints, il n’est guère question d’ajouter une ombre au tableau.
Donc la messe est dite. Ce pape lutta contre le communisme, contre le matérialisme
ambiant, contre les hommes de peu de foi, contre la maladie. Admirable Jean
Paul II, évidemment. Ceux qui voudraient faire remarquer les silences
du souverain pontife sur les ravages du sida n’ont qu’à repasser.

Il est pourtant arrivé
quelque chose d’important, le 8 avril, tandis que Jean Paul II gagnait sa
dernière demeure. Une élection présidentielle à
Djibouti, un pays très chaud où l’Afrique pousse sa corne.

On y trouve une base militaire française et une autre américaine.
On y trouve aussi un président seul candidat à sa succession,
qui a remporté vendredi un semblant d’élection. C’est l’écrivain
djiboutien Abdourahman Waberi qui nous a interpellé avec un texte annoncé
ainsi : « Cher LE MONDE, j’espère que cet article retiendra
votre attention. »

De Normandie, où
il vit depuis quinze ans, Waberi écrit : « Depuis des mois,
le président sortant – Ismaël Omar Guelleh – multipliait les sorties
dans les quartiers de la capitale Djibouti et dans les cinq districts de l’intérieur,
distribuant des subsides, des aides en nature et du khat, la drogue euphorisante
que les gens mâchent dans toute la corne de l’Afrique et au Yémen. »

En se targuant d’un taux de participation de près de 79 %, l’élu
s’enorgueillit d’un scrutin démocratique. L’opposition conteste.

On aurait aimé
en savoir un peu moins sur le pape, et beaucoup plus sur ce qui s’est vraiment
passé à Djibouti, le 8 avril, devant les urnes.

Eric
Fottorino

12/04/05 (B293B) Le Quai d’Orsay botte en touche … Qui aurait pu s’attendre à autre chose ? (Info lecteur)

Point de presse du MAE
français11/04 – Porte-parole.

10 – DJIBOUTI

(Le chef de l’Etat
djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, seul candidat à la présidentielle,
a été réélu officiellement avec un taux de participation
de 78,9 pour cent, alors que selon l’opposition « plus de 80 pour cent »
des électeurs ont suivi l’appel au boycottage. Quelle est la réaction
de la France à cette élection qui s’est déroulée
en l’absence de toute opposition ?)

Nous attendons la proclamation
officielle des résultats. Nous avons pris note des rapports des missions
d’observation de l’Organisation internationale de la Francophonie et de la
Ligue arabe.

12/04/05 (B293B) Réaction d’un lecteur à l’article publié par Le Figaro sous la plume de Tanguy Berthemet, sous la forme d’une lettre ouverte.

Bonjour à toutes
et à tous.

Ayant plutôt l’habitude
de lire les infos du pays sur ce site et de n’y envoyer que très rarement
des messages, je ne peux m’empêcher de réagir à la lecture
de l’article signé par l’envoyé spécial du Figaro à
Djibouti pour couvrir la non-élection du Caïd.

Comment ne pas envoyer
une mise au point au sieur Tanguy Berthemet ?

J’espère que le
staff de l’ARDHD me fera le plaisir de faire tout son possible pour qu’il
en prenne connaissance.

________________________________
Lettre ouverte

Cher Monsieur Berthemet,

A part rendre visite pour
écouterles délires du dictateur enkhaté, vous êtes-vous
donné la peine de demander aux dirigeants de l’UAD, les raisons exactes
des appels au boycott. Même sans cela, il vous aurait suffit de lire
leurs différents communiqués ?

Et si d’aventure, vous
aviez oublié votre devoir de journalise, il suffisait de préparer
votre voyage en consultant les sites Internet de l’opposition (les bulletins
du MRD, de l’ARD, l’observatoire de l’ARDHD, le site officiel de la LDDH,
etc… dans lesquels sont publiés depuis des années l’éat
précis de la situation précise sur les rapports de forces, les
déclarations, les conditions de l’opposition ou autres alertes ?

Bref, tout un arsenal
mis gratuitement à votre disposition pour construire et diffuser un
reportage digne de ce nom. Le pire c’est que vous semblez avoir été
convaincu par les fantasmes de l’autocrate que vous confirmez dignement dans
vos écrits.

Depuis quand les Afar
et les Issas s’entretuent-ils à Djibouti ?

Il est grave qu’un Journal
aussi reconnu que Le Figaro se laisse surprendre à publier, sans les
vérifier, les divagations et les voeux morbides d’un dictateur !

Bien reçu par les
cadres du régime, auriez-vous ressenti l’impression, un instant, d’être
en vacances, oubliant au même moment votre mission publique d’information
?

Oui, il y a eu effectivement
une guerre à Djibouti, mais elle n’a jamais, mais jamais, opposé
les Issas et les Afar. Elle a opposé des résistants djiboutiens
aux mercenaires somaliens et éthiopiens à la solde de la dictature.
C’est facilement vérifiable ! Simplement, en considérant le
fait que depuis son indépendance, notre pays n’a jamais connu de  »
Guerre civile « .

Je me garderai bien de
supposer vous ayez confondu, ne serait-ce que l’espace d’un instant, Djibouti
avec la Somalie qui n’est pas très éloignée, c’est vrai.

Le seul homme au monde,
qui puisse souhaiter une pareille tragédie pour justifier sa présence
à la tête de l’Etat, ne peut-être que Guelleh en personne.
N’aime-t-il pas déclarer souvent, que sans sa vigilance, les Afar et
les Issas se seraient étripés ?

En cela, IOG a parfaitement
assimilé les leçons des ses maîtres, les colonisateurs
français.

Monsieur Berthemet, décidément
vos articles semblent avoir été écrits sous l’influence
d’une drogue ou d’un euphorisant : avez-vous cédé à la
tentation du khat ? Ne vous en défendez surtout pas, cela arrive souvent
dans le pays et c’est une expérience qu’il faut connaître, à
condition de n’en point abuser et surtout de s’interdire d’écrire dans
Le Figaro avant la disparition totale et confirmée des effets.

Sans la moindre réserve,
vous ecrivez qu’  »en déclarant que les consignes de Boycott ont été
massivement suivies, l’opposition aurait fini par se discréditer définitivement ».

Mais à l’égard
de qui, cette opposition pourrait-elle s’être discréditée
? Guelleh, bien sur, le seul !

Ou et comment avez-vous
mesuré le discrédit de l’opposition ? L’opposition n’est point
divisée, malgré les coups sournois et pervers du tueur déguisé.
Bien au contraire, elle a trouvé son union dans la lutte commune contre
l’asservissement de la population.

Qu’importe, puisqu’inculte
sur le sujet, vous n’avez aucune connaissance, ni de son passé, ni
de son présent. Quant au décès de Monsieur Ahmed Dini
(qu’Allah l’accueile en son paradis) ce fut une perte immense non seulement
pour l’opposition mais aussi pour le pays tout entier.

Mais de là, à
répéter et à rerépéter, comme aimerait
le clamer, le prince mendiant, que l’opposition est déboussolée,
il y a un fossé que j’éviterais de franchir à votre place,
car vous sautez à pieds joints dans le vide où l’on vous risque
de vous oublier.

Ajouter ensuite que des
prétendues « rivalités ethniques » pourraient dégénérer
en « conflits ethniques », c’est vous qui vous décrédibilisez,
et pour longtemps.

Ne vous tracassez pas
M. Berthemet, les Djiboutiens, toutes origines confondues et unies dans la
détresse, ne vous donneront jamais la moindre raison d’écrire
un jour sur cette funeste prédiction.

Sachez que, personnellement,
je suis d’origine Issa. Puisque que vous semblez connaître si bien les
citoyens de Djbouti en terme d’ethnies ou d’appartenances tribales, je peux
vous dire que vous vous trompez largement, ce qui ne serait pas grand-chose,
si vous ne participiez pas activement à la désinformation de
nos amis français qui font confiance au Figaro.

Je n’ai aucune honte ni
aucune fierté de mes origines ethniques. Je suis un Djiboutien, avant
tout et c’est dans cette nationalité que je me reconnais véritablement.
Informé de mes origines, irez-vous jusqu’à affirmer, dans un
prochain article, que je suis prêt à casser de l’Afar, du Yéménite,
du Gadabourci ou … ?. Je respecte tous mes concitoyens, comme vous le
faites avec les vôtres, Bretons, Basques, Corse, etc…

Ce vieux cliché
des Afars opposés aux Issas a fait long feu depuis longtemps. Vous
l’ignoriez ? Depuis des années, les Djiboutiens ne veulent plus entendre
parler de luttes tribales, sauf un ! Toujours le même, le sinistre Guelleh
! Encore lui, dès qu’il s’agit de porter des mauvais coups à
notre pays.

Croyez bien, M. Berthemet,
que je ne permettrai pas de mettre en cause vos capacités professionnelles,
qui sont reconnues par ailleurs, mais acceptez simplement ces conseils amicaux
: préparez mieux vos reportages et informez-vous complètement
avant d’écrire. Les Français disent qu’il faut tourner sept
fois sa langue dans la bouche avant de parler ! Les journalistes n’utilisent
plus la plume de nos jours, alors relancez sept fois votre ordinateur, avant
d’écrire.

Cela vous permettra de
réfléchir au juste équilibre des informations que vous
allez diffuser, surtout lorsqu’elles engagent la survie d’un Peuple, victime
de la torture, des exécutions arbitraires, des viols, des massacres
et de la pauvreté ! Respectez au moins ses souffrances, si vous choisissez
de ne pas les médiatiser !

Posez-vous les bonnes
questions ? Comment a été organisé l’accès au
fichier électoral, sa refonte ? Quel est le niveau d’indépendance
de la CENI ? Quels sont les fondements des revendications déposées
par l’UAD depuis 2003 ? L’UAD a-t-elle été remboursée
de la caution de 35.000.000 de FDJ, qu’elle avait été contrainte
de cautionner auprès du Trésor public, à la veille des
élections législatives ? Etc …

Cela est d’autant plus
regrettable que, fidèle lecteur de votre journal, je lis toujours,
avec plaisir, les articles de Patrick de Saint-Exupéry, autrefois sur
Djibouti, aujourd’hui sur la Côte d’Ivoire.

Comment vous en vouloir
véritablement ? Nous les Djiboutiens, nous ne sommes ni rancuniers,
ni violents. Et tout le monde ne peut pas avoir les qualités d’investigation
et d’analyse de votre confrère, ni signer Saint-Exupéry !

Un
Citoyen djiboutien,
solidaire de toutes les ethnies

12/04/05 (B293B) RFI – Guelleh à 100 % ! Mais un petit coup de griffe à l’opposition ? (Info lecteur)

L’élection
présidentielle sans suspens a aussi connu une issue sans surprise.
Le seul et unique candidat, le président sortant, Ismaël Omar
Guelleh, aurait bénéficié de la totalité des suffrages
exprimés.

Les résultats officiels
de l’élection présidentielle du 8 avril 2005 ont très
vite été rendus publics, confirmant Ismaël Omar Guelleh
dans son fauteuil de président de la République. Seul candidat
en lice, il a été déclaré élu par 100%
des suffrages exprimés, le ministère de l’Intérieur
chiffrant, le taux de participation à 78,9%. Cela n’empêche
pas l’opposition qui, a appelé au boycott du scrutin, d’affirmer
que son mot d’ordre a été suivi « par 80% des électeurs
djiboutiens ». L’opposition et le pouvoir revendiquent, chacun
pour son camp, les mêmes chiffres ce qui témoigne bien de la
manipulation fantaisiste des données, selon les thèses à
défendre.

L’opposition, qui
n’a pas mené une enquête sérieuse et vérifiable,
se fonde uniquement sur une pétition de « 100 000 personnes »
qui dénonce la « mascarade électorale». Selon elle,
la tendance s’est confirmée le jour de l’élection
et elle estime que la majorité des 198 332 électeurs ne s’est
pas déplacée. « Aux dernières élections
législatives en 2003, les deux partis (opposition et majorité
présidentielle) avaient concouru et le taux de participation était
de 48%. Aujourd’hui que le président est tout seul et qu’il
y a boycottage, annoncer un chiffre de 79% de participation, c’est le
comble du ridicule », a déclaré Ahmed Youssouf un des
leaders de l’opposition.

Opération «
Liberté immuable »

« Cent pour cent
de ceux qui ont gagné ont tenté leur chance » disait une
publicité de la « Française des jeux ». De même,
se déplacer pour un vote sans enjeu, c’est forcément apporter
sa voix à l’unique candidat, celui qui sera, malgré tout,
élu. Cette évidence a servi d’argument implacable à
la majorité présidentielle qui se félicite du «
plébiscite » en faveur du président Ismaël Omar Guelleh.
De nombreux observateurs et les organisations de défense des droits
de l’Homme, tout en acceptant l’évidence des suffrages recueillis
par le président sortant, se sont néanmoins interrogés
sur les chiffres du taux de participation qui leur semblent « bien gonflés
». Toutefois, le ministère de l’Intérieur a reconnu
5,7% de bulletins déclarés nuls.

L’annonce de la victoire
« haut les mains » du candidat président Ismaël Omar
Guelleh n’a soulevé aucune réaction dans le pays. Le seul
acte post électoral a été celui du président lui-même,
qui annonce un remaniement de son gouvernement et qui renouvelle ses intentions
de « développer le pays », de « lutter contre la
pauvreté » et de « promouvoir la bonne gouvernance ».
L’opposition salue dans son ensemble la grande indifférence manifestée
par les populations mais s’indigne de celle de la communauté internationale,
ou tout au moins du silence de la France et des Etats-Unis.

Mais la realpolitik a,
ici aussi, ses raisons que la raison ignore. Ce petit pays, dans la corne
de l’Afrique, où vivent moins de 700 000 personnes, occupe une
position stratégique à l’embouchure de la mer Rouge face
à la péninsule arabique.

Ancienne colonie française,
Djibouti abrite la principale base militaire française à l’étranger
(plus de 2 800 hommes). Suite aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis
une base militaire américaine, forte de 1 500 hommes, y a été
i tallée dans le cadre de l’opération de lutte contre le
terrorisme « Liberté immuable ». L’opposition politique
djiboutienne est persuadée que le pouvoir monnaie la position stratégique
du pays contre le « laisser-faire » des grandes puissances. Elle
se plaint de faire les frais d’enjeux internationaux.

Didier
Samson

12/04/05 (B293B) RTD : chiffres officiels de la participation. (Info lecteur)

Nous apprécions
que le régime puisse affirmer que 94 % des Djiboutiens exilés
se soient prononcés en faveur du maintien de la dictature, qui les
a pourtant contraints à l’exil. Paradoxe ! Mais cela n’arrêtera
pas la dictature qui n’a même pas eu l’honneur d’éviter l’incohérence
manifeste, dont elle est l’auteur, directement ou indirectement du fait des
manipulations hasardeuses de ses Ambassadeurs fervents obligés de la
famille Guelleh et associés.

D’autant que d’autres
chiffres officiels ont été rendus publics et qu’ils annonçaient
un taux autour de 68 % plus des décimales.

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Extrait du site de la RTD

District Taux de participation En faveur de IOG
Djibouti 62,8% 95,63%
Dikhil 94.4 % 89 %
Obock 77.4% 98.7%
Tadjourah 78% 99.4 %
Ali-Sabieh 75.3% 74.5%
Arta 82.37% 99.17%
Centres de vote
à l’étranger
94% 99.30%

Soit un taux général
de participation de 79,89%, le président sortant a donc été
réélu à 94 ,3%.

12/04/05 (B293B) SURVIE – AFRIQUE XXI / TOGO : Les derniers jours d’une dictature…

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Note de l’ARDHD
L’opposition togolaise ne désarme pas … Elle multiplie les manifestations
et les interventions pour obtenir la reconnaissance des droits légitimes
du peuple et elle finira par obtenir gain de cause.

L’opposition djiboutienne
devrait s’en inspirer et multiplier les actions pacifiques et légales
: manifestations non seulement à Djibouti mais aussi dans les grandes
capitales occidentales, réunions d’information, communiqués,
etc..

La reconnaissance internationale
de la fraude passe par une communication forte de l’opposition unie autour
d’un thème commun : mettre un terme à la dictature et aux fraudeurs.
Il faut sensibiliser l’opinion publique, chaque jour, afin de mettre en échec
la politique française de soutien aux dictatures.
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Après 38 ans de
dictature sanglante d’Étienne Éyadema Gnassingbe, la tentative
de coup d’État de l’armée togolaise, soutenue par
le gouvernement français, a avorté grâce à la mobilisation
du peuple et des institutions internationales.

La démission forcée
de Faure Gnassingbe, et l’organisation d’élections donnent
la sensation d’un retour à la normale.

La réalité
est en effet tout autre.

Le scrutin du 24 avril
prochain est organisé par ceux-là même qui ont bafoué
la constitution togolaise : pas d’accord préélectoral,
délai d’organisation trop court en raison des tâches matérielles,
présence de bandes civiles armées (selon Amnesty International).
Le pré carré français en question

L’État français
reste le principal soutien du pouvoir togolais. Il doit opérer une
révision radicale de ses relations avec les peuples d’Afrique
francophone. La liberté, la dignité et l’auto-détermination
des peuples doivent défi nitivement primer sur les intérêts
politiques, stratégiques et économiques des grandes puissances.

Une solidarité
internationale nécessaire

Si la détermination
du peuple togolais reste intacte, elle a besoin d’être soutenue.
La lutte de ce peuple nous concerne tous. Que nous soyons Français,
Africains ou tout simplement citoyens, la chute d’une dictature africaine,
symbole du néocolonialisme français, est une ouverture immense
vers plus de liberté pour tous les peuples africains. L’enjeu
crucial de l’information Le silence est une arme pour les puissants qui
leur permet de réprimer, d’emprisonner, voire de tuer. Sous la
lumière des projecteurs, il est plus diffi cile de briser l’élan
d’un peuple vers sa liberté.

C’est aujourd’hui
qu’il faut mobiliser l’opinion publique si l’on veut éviter
une « nouvelle Côte d’Ivoire ».

À l’initiative
de la revue Afrique XX1 et de militants de Survie et du CADTM. Avec la participation
et le soutien d’associations, syndicats et partis français et
togolais (liste sur le site Internet).

Contacts togo@no-log.org
;
Tél. : 06 18 42 31 71
Internet : www.soutientogo.org

C’est pourquoi nous
avons décidé d’organiser :

* l’envoi d’une
délégation au Togo pour relayer l’information sur la situation
;

* une campagne de suivi
et de relais de cette information en France par des communiqués de
presse et la publication régulière des nouvelles sur Internet.

Nous appelons les associations
et les personnalités à :

* s’associer au collectif,
afi n de mener une campagne unitaire ;

* envoyer et/ou fi nançer
l’envoi d’une délégation de témoins ;

* relayer l’information
à destination du grand public.

Soutien financier : chèques
à l’ordre de Afrique XX1 (mention « Soutien Togo »)
à envoyer à Afrique XX1, c/o CNT, 33, rue des Vignoles, 75020
Paris, France.