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24/11/2013 (Brève 301) Réfugiés djiboutiens d’Addis Abeba : la vie quotidienne est parsemée d’embuches et de violences, contre lesquelles, ils sont sans défense. On peut se demander pour quelles raisons, de faux réfugiés obtiennent le droit d’asile en Belgique ou au Canada, alors que de vrais réfugiés reconnus par le HCR, n’y parviennent pas ???? Où est l’erreur ??? (Deux cas « ordinaires ») (Omar Gabasse)

Cas n° 1
Il y a quelques jours, un père de famille marchait paisiblement au bord d’une rue lorsque soudain il a été percuté (volontairement ?) par une voiture qui est sortie de la route .En dépit de ses blessures et de sa souffrance, il a réussi à se trainer chez lui. Il souffre d’un mal de dos terrible et il avale des calmants contre la douleur .

Bien sur, la voiture a pris la fuite et personne n’a eu le reflexe de noter le numéro de son immatriculation ….
 
Cas n° 2
Un autre réfugié, lui aussi marie et père de famille, a vécu une histoire digne d’un film:

Ce jour là, il marchait à pied pour se rendre à Bole au bureau du HCR afin d’obtenir des informations sur sa demande de réinstallation. A l’arrêt, il a pris un bus mais ce n’était pas le bon. C’etait un bus « pas comme les autres » .

L’homme qui était assis à côté de lui a réalisé un exploit, celui de déchirer au couteau la doublure de son costume et de lui voler tout son argent, sans que notre Djiboutien ne s’en aperçoive… C’était tout ce qu’il possédait pour survivre avec sa famille jusqu’a la fin de mois.

Son forfait achevé, le voleur s’est arrangé pour attraper notre réfugié et pour le pousser de force hors de bus sans qu’aucun passager n’intervienne. Arrivé brutalement sur la chaussée, quand le bus repartait déjà, il a compris qu’il venait d’etre volé, grâce à un passant qui lui a demandé la raison pour laquelle il avait été jeté du bus. Ce passant lui a dit « vérifiez si vous n’avez pas été volé ? »

C’était le cas, mais il était trop tard …
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Au travers de ces exemples récents, pris au hasard, vous pouvez comprendre ce qu’est le quotidien des réfugiés Djiboutiens, considérés en Ethiopie comme des citoyens de 3ème catégorie, qui vivent à Addis Abeba depuis 20 ans, et dont toutes les démarches auprès du HCR, restent mystérieusement infructueuses, alors que d’autres réfugiés issus d’autres pays, parviennent à obtenir une réinstallation..
 
Nous demandons à la communauté internationale et plus particulièrement aux gouvernmements américain, canadien et australien d’accueillir ces réfugiés dans leurs pays pour mettre un terme à leur calvaire qui durent maintenant  depuis deux decennies .

Omar Gabasse
Jean-Loup Schaal

Co-représentant des réfugiés en Europe

10/06/05 (B301) Situation très inquiétante en Ethiopie. Information LDDH et communiqué FIDH.

La situation en Ethiopie est très alarmante, il semblerait ques des avions
et des hélicoptères pourraient s’être réfugiés sur l’aéroport de Djibouti.


Dés que nous aurons des vérifications ou des confirmations officielles, nous ne manquerons pas de les publier.

_______________________________________ LDDH


Le Président
DIFFUSION D’INFORMATION
DU 10 JUIN 2005
SUR « L’ETAT DE SIEGE », LES EXECUTIONS SOMMAIRES
LES DISPARITIONS ET SEQUESTRATIONS
DECRETES PAR LE GOUVENEMENT EN ETHIOPIE.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est très, très préoccupée de la situation dramatique qui sévit depuis la manifestation des étudiants, sévèrement et massivement réprimée, à partir du 6 juin 2005,sous les ordres du régime en place ;

Elle se joint à la FIDH et son organisation affiliée, Ethiopian Human Rights Council (EHRCO), qui « déplorent la répression brutale des manifestations par les forces de l’ordre et condamnent fermement l’exécution sommaire d’au moins 22 personnes hier à Addis Abeba » ;

Elle dénonce vivement l’état de siège abusif et disproportionné, avec des tanks, des véhicules blindés et autres véhicules lourdement armés et avions de combats menaçants la capitale (certains avions auraient fui vers Djibouti : à confirmer);

Elle reste très inquiète sur les risques d’amplification des représailles sans nom et les afflux des populations de réfugiés vers les pays limitrophes ;

Elle lance un Appel pressant au HCR, au CICR, à l’Union Africaine et aux Nations Unies d’assumer au moins leur responsabilité d’Alerte en envoyant des observateurs et en dénonçant, le plus rapidement possible toutes les violations qui risques de dégénérer en des exordes de réfugiés sans précédents.

Elle témoigne sa solidarité la plus totale avec le peuple frère d’Ethiopie, son soutien par adhésion à la souffrance de la population d’Addis Abeba ;

M. NOEL ABDI Jean-Paul
Chargé de la Corne d’Afrique auprès
Du Bureau de l’UIDH

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Communiqué de la FIDH
et de l’EHRCO. (Ethiopian
Humain Rights Concil)

Communiqué

Ethiopie : “Etat de siège” à Addis Abeba

La FIDH et EHRCO exigent que les auteurs d’exécutions sommaires
soient poursuivis et jugés

Paris, Addis Abeba, le 09 juin 2005 – La FIDH et son organisation affiliée, Ethiopian Human Rights Council (EHRCO), déplorent la répression brutale des manisfestations par les forces de l’ordre et condamnent fermement l’exécution sommaire d’au moins 22 personnes hier à Addis Abeba.

Depuis le début de la semaine, de nombreux étudiants et sympatisants de partis politiques d’opposition contestent dans la rue les résultats provisoires des élections législatives du 15 mai dernier qui donnent la victoire au pouvoir en place. Ils dénoncent les malversations et fraudes massives qui auraient entâché l’ensemble du processus électoral. Ces protestations se font en dépit de l’interdiction de toute manifestation proclamée par le Premier ministre sortant, Meles Zenawi, au lendemain du scrutin, et ce pour une durée d’un mois.

Le lundi 06 juin 2005, une manifestation d’étudiants a été sévèrement réprimée par les forces de l’ordre faisant un mort et des dizaines de blessés. Hier, alors que les autorités éthiopiennes autorisaient publiquement la police à prendre les « mesures appropriées contre ceux qui ont l’intention d’attenter à la paix », les forces de l’ordre ont tiré dans la foule dans plusieurs quartiers de la capitale dans le but d’éparpiller les manifestants. D’après les informations reçues, le bilan serait d’au moins 22 morts et une centaine de blessé.

La FIDH et EHRCO condamnent la violation par les autorités éthiopiennes de l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civis et politiques et de l’article 4 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatifs au droit à la vie, et considèrent que certains éléments des forces de l’ordre se sont rendues coupables d’exécutions sommaires au sens des dispositions internationales de protection des droits de l’Homme.

Aujourd’hui, la capitale éthiopienne vit de fait un “état de siège” où tanks, véhicules blindés et autres voitures remplis de militaires lourdement armés circulent sur les axes principaux de la ville pour dissuader la population de manifester. Pour protester contre cette situation, les chauffeurs de taxi et de bus, et de très nombreux salariés du public et du privé se sont mis en grève.

La FIDH et EHRCO insistent également sur le fait que les graves violences de ces derniers jours se sont accompagnées d’importantes violations par les autorités nationales des libertés fondamentales, en contradiction flagrante des engagements internationaux de protection des droits de l’Homme souscrits par l’Ethiopie.
Ainsi, le 2 juin, les rédacteurs en chefs de quatre journaux privés ont été convoqués par la police. Ils ont témoigné depuis des graves menaces et intimidations qu’ils ont subi à cette occasion pour avoir couvert les événements dans leur quotidien de manière objective.

Le 7 juin, les licences de 5 reporters indépendants, notamment de Voice of America et de Deutsche Welle ont été retirées. Le même jour, un des principaux leaders de l’opposition, Hailu Shawel, président de la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD), a été assigné à résidence. Les défenseurs des droits de l’Homme semblent également particulièrement visés par le pouvoir. Hier, un des membres d’EHRCO, Chernet Taddesse, a été arrêté par la police à son domicile pendant la nuit.

Son lieu de détention n’est toujours pas connu ce jour. Le même soir, le domicile de Yared Hailemariam, autre membre d’EHRCO, a été fouillé en son absence par la police.

Aussi, la FIDH et EHRCO demandent aux autorités éthiopiennes :

1. de garantir la protection physique et psychologique de la population, conformément aux dispositions internationales de protection des droits de l’Homme auxquelles elles sont liées

2. à cet, égard, de communiquer immédiatement le lieu de détention et le sort reservé à M. Chernet Taddesse, membre d’EHRCO

3. de mettre en place une commission d’enquête indépendante chargée de faire la lumière sur les violences policières contre les manifestants et d’établir les responsabilités

4. de permettre la poursuite et le jugement des auteurs des exécutions sommaires et autres violations graves des droits de l’Homme dans le respect des dispositions internationales relatives au droit à un procès équitable

5. de respecter strictement les instruments internationaux de protection des droits de l’Homme auxquelles elles sont liées, notamment de garantir les libertés d’opinion, d’expression et de manifestation;

6. de respecter les principes inscrits dans la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l’Homme

09/06/05 (B301) RSF / ETHIOPIE – Les journalistes sont des témoins de plus en plus gênants pour le gouvernement

Reporters sans frontières condamne le comportement répressif des autorités éthiopiennes après avoir recensé, en moins d’une semaine, dans la période précédant la proclamation des résultats définitifs des élections législatives, cinq cas de mesures punitives arbitraires prises à l’encontre de journalistes, ainsi que dix arrestations

« Les garanties démocratiques de l’Ethiopie sont malmenées par le gouvernement sous les yeux de la communauté internationale, et particulièrement de l’Union africaine (UA), dont le siège est à Addis-Abeba, a déclaré Reporters sans frontières. Les journalistes sont devenus des témoins de plus en plus gênants dans cette période de troubles politiques et le gouvernement ne tolère manifestement aucune voix discordante. Il est important que les gouvernements étrangers et les institutions internationales ayant quelque influence sur le Premier ministre Meles Zenawi interviennent maintenant pour que cette spirale de la répression soit endiguée. »

Le 1er juin 2005, les rédacteurs en chef et leurs adjoints de quatre publications privées d’Addis-Abeba ont reçu une convocation, signée par le Bureau fédéral central d’investigation. Celle-ci ordonnait à Zelalem Gebre, rédacteur en chef de Menilik, et son adjoint Serkalem Fassil, Abiye Gizaw, rédacteur en chef de Netsanet, et son adjoint Dereje Abtewold, Mesfin Tesfaye, rédacteur en chef de Abay, et son adjoint Fekadu Indrias, ainsi que Fassil Yenalem, rédacteur en chef de Zena, et son adjoint Simret G. Mariam, de se présenter le lendemain à la police. Ils ont été retenus toute la journée, puis relâchés dans le courant de la nuit, sans explication.

Le 6 juin, lors d’affrontements meurtriers sur le campus de l’université d’Addis-Abeba entre des étudiants et la police, un photographe et un reporter de l’agence américaine Associated press (AP), Boris Heger et Anthony Mitchell, ont été interpellés et détenus pendant sept heures. La carte mémoire du photographe a été confisquée.

Enfin, le 7 juin dans la soirée, la chaîne de télévision publique ETV a diffusé un communiqué du ministère de l’Information annulant les accréditations de cinq journalistes éthiopiens travaillant pour les services en amharique des radios publiques allemande Deutsche Welle (DW) et américaine Voice of America (VOA). Le texte du ministère accuse Helen Mohamed, Bereket Teklu et Temam Aman de VOA, ainsi que Asegedech Yiberta et Tadesse Engdawde de DW d’avoir effectué des reportages « irresponsables, sans fondement et incorrects ».

Malgré l’interdiction de manifester dans la capitale prononcée par le gouvernement, des centaines d’étudiants protestent depuis plus d’une semaine contre la victoire annoncée du parti au pouvoir lors des élections législatives du 15 mai. Même si les résultats définitifs ne seront proclamés que le 8 juillet prochain, le Front populaire démocratique révolutionnaire éthiopien (EPRDF) et ses alliés l’emporteraient en effet d’une courte majorité, selon les décomptes provisoires de la commission électorale. Plusieurs opérations de votes ont dû être réorganisées dans différentes localités, suite à des fraudes ou des irrégularités. Les deux principaux partis d’opposition contestent les résultats du scrutin et sont accusés par le pouvoir d’encourager le mouvement de protestation étudiant.

Reporters sans frontières rappelle également que Shiferraw Insermu et Dhabassa Wakjira, deux journalistes du service oromo de la chaîne de télévision publique ETV, sont détenus abusivement depuis plus d’un an à Addis-Abeba. Selon le témoignage d’un ancien collègue des deux journalistes, aujourd’hui en exil, ils ont été interpellés le 22 avril 2004, en compagnie d’autres employés oromos de ETV aujourd’hui libérés, suite à la diffusion d’un reportage sur la violente répression d’une manifestation d’étudiants oromos sur le campus de l’université d’Addis-Abeba, le 4 janvier 2004. L’intervention des forces de l’ordre avait donné lieu à des brutalités policières et à de nombreuses arrestations, notamment de membres de l’Association d’aide sociale Macha Tulama qui protestaient contre la décision du gouvernement éthiopien de déménager les institutions de la région oromo d’Addis-Abeba (appelée Finfinne par les Oromos) à Adama (également connue sous le nom de Nazret, à 100 km à l’est de la capitale).

Leonard VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
5, rue Geoffroy-Marie
75009 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 84
Fax : (33) 1 45 23 11 51
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Web : www.rsf.org

09/06/05 (B301) ADDIS ABEBA (Reuters) – Les autorités éthiopiennes invitent la police à prendre les « mesures appropriées » en cas de poursuite des troubles qui ont fait 22 morts au moins.

"La police a été autorisée à prendre les mesures appropriées contre ceux qui ont l’intention d’attenter à la paix", indique le gouvernement dans un communiqué repris par la chaîne de télévision publique.

"Selon les dernières informations, le bilan est de 22 morts", poursuit-il, confirmant le chiffre avancé de sources hospitalières après une troisième journée d’émeutes post-électorales. De mêmes sources, on disait toutefois craindre un bilan beaucoup plus lourd.

D’après la version du gouvernement éthiopien, les victimes sont tombées lors de la répression par la police d’émeutes et de pillages orchestrés par la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD), principale alliance d’opposition.

La capitale éthiopienne, où la tension couvait depuis plusieurs semaines, a déjà connu lundi et mardi deux journées de manifestations étudiantes après l’annonce des résultats partiels des élections législatives du 15 mai, entachées, selon l’opposition, de fraudes massives de la part du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE) du Premier ministre Meles Zenawi.

Des centaines de manifestants, principalement des étudiants, ont été arrêtés lundi par les forces paramilitaires et les policiers qui se sont déployés en nombre dans les rues de la capitale.

PIRES VIOLENCES DEPUIS 2001

Les violences de mercredi sont les plus meurtrières à Addis Abeba depuis la mort de 41 personnes tuées en avril 2001 dans la répression des émeutes survenues à la suite de manifestations d’étudiants réclamant davantage de liberté politique et universitaire.

Mercredi, des fusillades ont retenti dans la capitale, où la plupart des commerces, à l’exception des échoppes et des pharmacies, étaient fermés.

"Tout l’hôpital est littéralement rempli de blessés", a rapporté un correspondant de Reuters à sa sortie de l’hôpital du Lion noir, où il a pu voir huit cadavres, certains ayant été atteint par balles en pleine tête.

Un flot d’ambulances continuait à apporter des blessés, pour la plupart touchés par balles, tandis que les salles d’attente étaient remplies de centaines d’Ethiopiens en pleurs.

Bereket Simon, ministre de l’Information, a déclaré à Reuters que des barrages avaient été érigés pour bloquer les pillards, qui se sont mis à lancer des pierres. Il a assuré que le gouvernement regrettait "profondément" les pertes de vies humaines.

"La CUD, qui est l’organisatrice des violences, va devoir en assumer la responsabilité", a-t-il ajouté.

La coalition d’opposition a rejeté ces accusations et elle a également démenti toute implication dans la grève des taxis, qui a rendu tout déplacement difficile mercredi à Addis Abeba.

"Nous avons lancé un appel au calme à la population et la grève n’est pas de notre fait. Les gens disent ‘assez c’est assez’ et ils nous disent que leur propre conscience les guide vers la liberté", a réagi Bebebe Eshetu, porte-parole de la CUD.

Les résultats partiels des législatives du 15 mai donnent au FDRPE et à ses alliés suffisamment de sièges pour former un nouveau gouvernement à la tête de l’Ethiopie, pays de 72 millions d’habitants et premier producteur africain de café.

La CUD a pour sa part quasiment décuplé son nombre de sièges.

Les résultats officiels sont attendus le 8 juillet.

Le FDRPE dément les accusations de fraudes et d’intimidation lancées par l’opposition.

Zenawi, lui-même ancien leader étudiant et chef d’un mouvement de rébellion, a pris le pouvoir en 1991 à la faveur du renversement du dictateur marxiste Mengistu Haile Mariam.

09/06/05 (B301) Manifestations en Ethiopie: au moins 22 morts, un leader d’opposition assigné à résidence (AFP)

ADDIS ABEBA (AFP) – Au moins 22 personnes ont été tuées et des centaines blessées mercredi à Addis Abeba lors de heurts entre la police et les manifestants protestant contre les résultats provisoires des législatives éthiopiennes du 15 mai, qui donnent la victoire au pouvoir, a-t-on appris de sources hospitalières.

Un des leaders de l’opposition a été assigné à résidence, a annoncé mercredi soir la mission déléguée par l’Union européenne (UE) pour les législatives.

Hailu Shawel, président de la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD), a confirmé être assigné à résidence depuis mardi soir. Son vice-président, Berhanu Nega, est quant à lui "soumis à de fortes pressions pour qu’il ne sorte pas" de chez lui, a déclaré Ana Gomes, directrice de la mission de l’UE.

Le soir des élections, le 15 mai, le Premier ministre éthiopien sortant Meles Zenawi avait interdit pour un mois toute manifestation dans la capitale et ses environs.

Malgré cela, des centaines étudiants qui dénonçaient des fraudes électorales ont commencé à manifester lundi à Addis Abeba. Malgré une répression violence, ces manifestations n’avaient fait qu’un mort jusqu’à mercredi matin.

De nouvelles manifestations ont ensuite été beaucoup plus meurtrières: au moins 22 autres personnes ont été tuées et des centaines blessées, la plupart par balles, selon des sources hospitalières. La police a également annoncé mercredi soir 22 tués "confirmés".

Selon des témoins, la police a tiré dans la foule dans au moins trois quartiers du centre d’Addis Abeba. Les manifestants étaient armés de pierres.

Il n’était pas possible de déterminer dans l’immédiat si les victimes étaient des manifestants, des policiers, de simples piétons ou des émeutiers.

Cependant des blessés, soignés à l’hôpital Black Lion, ont affirmé à l’AFP n’être pas impliqués dans les manifestations.

"Je rentrais à la maison, un policier m’a tiré dessus dans le quartier Mercato, je ne manifestais pas", a raconté Getu, un salarié de 22 ans blessé à la jambe.

Mercredi en fin d’après-midi, le calme était revenu dans la capitale mais la situation restait tendue, a constaté une journaliste de l’AFP.

La circulation était quasi nulle dans les rues, jonchées de pierres et des débris de verre, patrouillées par d’importantes forces de sécurité armées.

Le gouvernement a justifié mercredi l’usage de la force pour faire respecter "la loi et de l’ordre" et pour "protéger la population", a déclaré à l’AFP le ministre de l’Information, Berekat Simon.

Les autorités ont donné l’ordre mercredi aux forces de sécurité de réagir "avec sévérité", selon une déclaration lue à la radio nationale (officielle).

Le gouvernement a par ailleurs une nouvelle fois accusé l’opposition d’encourager les manifestations.

Selon M. Berekat, l’une des deux principales formations de l’opposition, la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD), "a appelé à la désobéissance civile".

"Aujourd’hui (mercredi), certains de leurs partisans et ceux qui voulaient utiliser cette occasion pour piller se sont rassemblés dans plusieurs quartiers d’Addis", a-t-il encore dit.

"Les morts sont regrettables, mais la CUD est responsable de tout ce qui se passe parce qu’ils (les manifestants) ont violé l’interdiction de manifester", a-t-il affirmé.

La CUD a en retour accusé le gouvernement d’essayer de "terroriser la population" en réprimant par la violence les manifestations. "De telles violences peuvent conduire à un chaos incontrôlable dans le pays", a mis en garde l’opposition.

Les résultats définitifs des élections législatives en Ethiopie doivent être publiés le 8 juillet. Mais selon des résultats provisoires de la commission électorale, la coalition sortante obtient la majorité absolue des sièges.

Selon ces résultats, qui portent sur 513 des 547 circonscriptions du pays, 320 sièges reviennent au Front populaire démocratique révolutionnaire éthiopien (EPRDF, au pouvoir) et à ses alliés, et 193 sièges à l’opposition, qui n’en avait que 12 dans le Parlement sortant. Ce sont les élections les plus disputées de l’histoire de l’Ethiopie.

08/06/05 (B301) FIDH : note d’information sur les crimes commis au Darfour (Information soutenue et relayée par la LDDH)


Le Président
DIFFUSION D’INFORMATION
DU 7 JUIN 2005
LES CRIMES COMMIS AU DARFOUR (SOUDAN)

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains se joint à la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation affiliée, l’Organisation soudanaise contre la torture (SOAT), et « se félicitent de l’ouverture aujourd’hui d’une enquête de la Cour pénale internationale sur la situation au Darfour ».
Elle témoigne son entière solidarité avec l’Organisation soudanaise des droits de l’Homme (SOAT) et avec tous les victimes des crimes commis au Darfour.

M. NOEL ABDI Jean-Paul
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Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)
Organisation soudanaise des droits de l’Homme (SOAT)
Cour pénale internationale / Darfour

Le Procureur de la Cour pénale internationale répond à la saisine du Conseil de sécurité en ouvrant une enquête sur les crimes commis au Darfour

Pour que justice soit enfin rendue aux milliers de victimes au Darfour

Paris, Khartoum, le 6 juin 2005 – La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation affiliée, l’Organisation soudanaise contre la torture (SOAT), se félicitent de l’ouverture aujourd’hui d’une enquête de la Cour pénale internationale sur la situation au Darfour.

Dans sa résolution 1593 du 31 mars 2005, le Conseil de sécurité des Nations unies avait déféré au Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) la situation au Darfour depuis le 1er juillet 2002, date d’entrée en vigueur du Statut de la CPI.
Le 5 avril, le Procureur recevait le rapport de la Commission internationale d’enquête des Nations unies et une liste de personnes soupçonnées d’être responsables notamment de « massacres de civils innocents, de viols de femmes et de jeunes filles, de pillage et de destruction villages. Ces actes  commis de façon massive et systématique pouvaient être qualifiés selon la Commission « de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ».

L’analyse des éléments fournis par la Commission et d’autres sources a permis au Procureur Luis Moreno Ocampo de conclure « que les conditions fixées dans le Statut pour l’ouverture d’une enquête étaient réunies ».
« L’ouverture de cette enquête constitue une première réponse tant attendue aux victimes au Darfour. Conformément au Statut de la CPI, des victimes vont enfin pouvoir témoigner devant une juridiction indépendante et participer à la procédure pour demander que justice leur soit rendue » a déclaré Sidiki Kaba, président de la FIDH.

Si, comme il est mentionné dans le communiqué de la CPI l’intervention de « mécanismes traditionnels africains », est encouragée par le Procureur en complément de celle de la CPI en vue de la « réconciliation locale », la FIDH et SOAT insistent pour que ceux-ci respectent les règles internationales des droits de l’Homme et n’aboutisse pas à une impunité de fait au Soudan.

Dénonçant une nouvelle fois la décision du Conseil de sécurité de ne pas prendre en charge le coût financier des enquêtes de la CPI, la FIDH et SOAT réitèrent aujourd’hui leur appel pour que l’ensemble des Etats coopèrent avec les organes de la Cour et lui donne les moyens de mener à bien ses enquêtes et procès. En ce sens, l’Assemblée des Etats parties devra accroître de manière substantielle le budget 2006 de la CPI.

Enfin, la FIDH et SOAT appellent le gouvernement soudanais à accepter l’aide de la communauté internationale dans la lutte contre l’impunité des crimes commis au Darfour, en coopérant pleinement avec les organes de la Cour, notamment avec les équipes d’enquête de la CPI. « L’activation du système de justice internationale au Soudan est un des éléments essentiels de la recherche de la paix et de la sécurité dans la région », souligne Osman Hummeida, président de SOAT.

La FIDH et SOAT recommandent :

Au gouvernement soudanais
· de coopérer pleinement avec la Cour conformément à la résolution 1593 du Conseil de sécurité ;

A la communauté internationale, au Conseil de sécurité et à l’Union africaine
· de soutenir financièrement les enquêtes et autres activités de la CPI ;
· de coopérer pleinement avec les enquêtes du Procureur de la CPI ;
· de soutenir la mise en place d’institutions visant la reconstruction du pays dans le refus de toute impunité.

Aux Etats parties au Statut de Rome
· augmenter substantiellement le budget de la Cour pénale internationale, de manière à ce que celle-ci puisse remplir efficacement son mandat au Darfour mais aussi dans d’autres situations qu’elle connaît ;
· de coopérer avec tous les organes de la Cour pour la mise en oeuvre effective de leurs mandats.

A la Cour pénale internationale
  au Greffe : d’informer la population civile du mandat et des activités de la Cour, d’informer les victimes et les témoins de leurs droits spécifiques en vertu du Statut de Cour et en particulier du droit des victimes à participer aux procédures ; de mettre en place des programmes de protection des victimes et des témoins ;

  à tous les organes de la Cour : de ne pas prendre prétexte de considérations budgétaires limitant le nombre de situations que la Cour peut examiner annuellement pour motiver l’abandon de l’analyse en cours d’autres situations dont la Cour est valablement saisie.

Bref retour sur le fonctionnement de la Cour pénale internationale

La CPI est compétente pour connaître des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide commis par le ressortissant ou sur le territoire d’un Etat partie au Statut de Rome commis depuis après le 1er juillet 2002

Le Procureur de la Cour pénale internationale, l’argentin Luis Moreno Ocampo, peut être saisi de trois manières :

1. Par tout Etat Partie

2. Par le Conseil de sécurité

3. De sa propre initiative sur la base d’informations reçues de tiers.

Lorsque c’est le Conseil de sécurité qui saisit la CPI, la compétence de la Cour est réellement universelle, à savoir qu’il n’est pas nécessaire que les auteurs présumés soient ressortissants d’un Etat Partie ou que les crimes aient été commis sur le territoire d’un Etat Partie.

C’est le cas du Soudan qui n’est pas l’un des 99 Etats parties au Statut de Rome.


Gaël Grilhot
Attaché de presse
Press Officer
FIDH
+33-1 43 55 25 18
+33-6 10 60 05 57

08/06/05 (B301) LDDH : après, … après, …. Que faire ?


Jean-Paul Noël Abdi
Président de la LDDH
TABLEAU DE BORD DU 5 JUIN 2005
SUR LA VOLONTE
DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME
EN VUE DE METTRE FIN A L’IMPUNITE
ETDE SE MOBILISER
POUR LA PREVENTION DES CONFLITS.

« Le combat des Défenseurs des Droits de l’Homme, pour le respect de la dignité humaine, est un combat universel, un combat de et pour nous tous ».

Tableau de Bord sur trois thèmes
de Janvier 2004 à juin 2005

« On ne peut pas diriger, conduire, et protéger son propre bétail, sans les pasteurs-nomades crédibles au sein de son propre Terroir » (Adages dans les langues de la Corne).

Ce Tableau de Bord récapitule trois thèmes, traités par la LDDH depuis 2000.

– I) Sur la situation syndicale en République de Djibouti.
La situation syndicale djiboutienne est verrouillée depuis les grèves de 1995, déclenchées pour s’opposer aux lois antisociales.

Ces lois antisociales avaient été abandonnées lors de l’adoption, en décembre 1995, par l’Assemblée Nationale du Budget prévisionnel de 1996.

Mais d’autres lois aussi antisociales ont été, ensuite, reprises sous divers aspects législatifs, tels que la Loi dite « Daach » ou encore celles sur les pensions de retraites charcutées et imposées, après le gel des salaires depuis 1986 et la non revalorisation des grilles des salaires.

Cette situation syndicale reste bloquée avec le non respect par le Gouvernement djiboutien des engagements pris et signés avec le BIT, notamment la réinsertion de tous les syndicalistes abusivement licenciés suite aux grèves de 1995.

D’autres répressions ont eu lieu pour activités syndicales, pourtant, autorisées par la Constitution djiboutienne, et par le Code Pénal djiboutien.

Ces activités syndicales restent encore bloquées avec le maintien de la politique de l’impunité flagrante en République de Djibouti.

En effet, depuis 1996, le Conseil du Contentieux du Tribunal Administratif, est paralysé par le Premier Magistrat. Il n’existe plus de recours devant les juridictions locales et :

1. la Question Fondamentale est de savoir, si sur le plan de la Justice régionale et internationale, tenant compte de ces obstructions au niveau des activités de la Justice locale, des recours sont possibles avec le soutien des Défenseurs des Droits de l’Homme et de l’OIT ;

2. Que faire pour mettre fin à la politique d’impunité imposée aux justiciables djiboutiens(nes) ?

Hassan Cher Hared
Employé à la Poste,
Syndicaliste licencié abusivement pour « activisme syndical »
Récemment le cas du licenciement abusif de M. Hassan Cher Hared pour activisme syndical, juste après les élections présidentielles, est préoccupant et démontre l’entêtement à diriger une politique allergique aux libres activités et actions syndicales, la continuité d’une politique agressive et répressive à l’égard des Partenaires Sociaux, en particulier, les représentants du monde du Travail, les défenseurs des intérêts des Travailleurs par des actions, des concertations, pressions syndicales, et mobilisations par les grèves prévues par l’article 15 de la Constitution, en conformité à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et des Pactes politiques, civils, économiques, sociaux et culturels.

Depuis 2000, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) ne cesse de dénoncer les harcèlements fréquents et incompréhensibles à l’égard des Syndicalistes libres et dynamiques dans leurs actions pour la défense et la promotion des intérêts de l’ensemble des Travailleurs.

En République de Djibouti, les possibilités des grèves prévues par la Constitution sont, dans la pratique, interdites et classées : à hauts risques.

– II) Sur les répressions, harcèlements physiques, arrestations et détentions arbitraires.
Depuis la signature des Accords de Paix en 2001 les persécutions physiques notamment dans le Nord et à l’Ouest du Territoire National, ont énormément diminué en intensité. Néanmoins des actions brutales se sont abattues périodiquement sur le Quartier d’Arhiba, à chaque fois que les jeunes de ce quartier manifestent leur mécontentement sur l’insalubrité de leur quartier, sur la politique ciblée du chômage imposé aux jeunes, pour les dégradations sociales et constamment en spirale.

La LDDH avait mis en relief ce regain de répression dans ses communiqués

1. du 10 juin 2004 sur les manifestations des jeunes chômeurs à Arhiba, rapidement réprimées par des interventions musclées des Forces armées ;

2. du 11 décembre 2004 sur la fusillade d’Arhiba, faisant tristement penser au massacre d’Arhiba du 18 décembre 1991.

Durant la période électorale s’est déroulée massivement : des séries d’arrestations, de répressions, de détentions arbitraires, et même les locaux de l’Opposition ont été saccagés (avec plusieurs blessés) le jour du scrutin et occupés pendant trois jours successifs (durant les mois de mars, avril, mai 2005).

– III) Sur la Non Application des Accords de Paix.
Après des présidentielles aux taux de participation insignifiants, après pratiquement la reconduction par aménagement d’une équipe fidèle au maintien de l’impunité, au maintien d’une politique de fiasco social et économique, au maintien du principe des détournements des Biens et des Fonds publics, au maintien de la non application des Accords de Paix signé entre le Frud-Armé et le Gouvernement le 12 mai 2001 ;

Après tout refus de dialogue avec les Partis de l’Opposition, avec les Centrales Syndicales reconnues par le BIT ;

Après toutes les souffrances physiques et morales subies par la quasi majorité des Djiboutiens(nes), aucun espoir n’est en vue.

Alors que faire ?

M.NOEL ABDI Jean-Paul

08/06/05 (B301) Les interventions de la BID à Djibouti : un « bide » ? (humour ?)

En tout cas, on peut se poser la questions lorsque l’on lit les déclarations "précises, claires et concrètes" des différents intervenants (Source ADI)

M. Simon Mibratu, Directeur du Financement Extérieur du Ministère des Finances a déclaré « être convaincu qu’en multipliant ces exercices de coopération rapprochée, la gestion des projets se verra considérablement améliorer et permettra ainsi d’atteindre les objectifs de développement fixés ».

En outre, le Chef de Mission de la BID, a déclaré « qu’il semble qu’un effort particulier doit être fait pour améliorer et faciliter les procédures budgétaires et financières lesquelles faciliteront à leur tour les exécutions de projets destinés à aider les plus pauvres ».

La langue de bois, les objectifs flous, les voeux pieux, les déclarations éculées : tout y est.

Avec de tels objectifs, la corruption et l’enrichissement personnel de Guelleh et de sa cour, devrait pouvoir continuer sans retenue ni obstacle. Ce n’est pas "la formation des cadres djiboutiens émanant des différents ministères aux procédures administratives et financières telles que la soumission de projet à la BID, les règles de passation de marchés et les procédures de décaissement" qui devrait pouvoir modifier le système maffieux local.