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24/11/2013 (Brève 303) SURVIE // Appel à Rassemblement Jeudi 5 décembre à 18h, Place de la République à Paris

Sommet France-Afrique
La paix en Afrique ne doit pas se décider à l’Élysée avec des dictateurs!

A l’initiative de François Hollande, un Sommet de l’Élysée sur la paix et la sécurité en Afrique aura lieu à Paris les 6-7 décembre. Il s’agit du premier Sommet France-Afrique organisé sous François Hollande, qui a convoqué lui même ce sommet, choisi son thème et décidé de l’organiser à Paris, dans un lieu aussi symbolique que l’Elysée. Comme ses prédécesseurs, le Président français parait ainsi considérer le continent africain comme une zone qui ne doit pas échapper à l’influence de la France.

Dans la tradition des Sommets France-Afrique, la plupart des dictateurs africains du « pré-carré » francophone seront présents. Parmi eux, le tchadien Idriss Déby, au pouvoir depuis 1990, Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-B, depuis 1979), Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987), sans oublier les héritiers Ali et Faure des régimes Bongo et Gnassingbé au Gabon et au Togo et le président djiboutien Oumar Guelleh.

Tous bénéficient du soutien diplomatique, économique (via l’aide publique) et militaire ou policier de la France. Quasiment tous ont été reçus au moins une fois à l’Elysée depuis l’élection de François Hollande. Tous soutiennent la France dans ses nombreuses interventions militaires menées sur le continent africain, où elle dispose toujours de bases militaires et de forces prépositionnées.

En échange de leur soutien à ces interventions, comme celle menée récemment au Mali, ces dictateurs attendent le silence de la France sur leurs exactions. Les démocrates tchadiens, togolais et djiboutiens ont ainsi subi dans leur chair en 2013 les conséquences diplomatiques du soutien de leurs chefs d’État à l’opération Serval1.

Les dictateurs de la Françafrique sont auteurs de nombreuses violations des droits de l’Homme documentés par un grand nombre de rapports émanant d’ONG et organisations internationales. Le soutien de la France à des dictateurs, les ventes d’armes et les nombreuses interventions militaires menées par la France sur le continent africain pour les soutenir (comme au Tchad en 2006 puis 2008) n’ont en rien amélioré la sécurité et les conditions de vie de leurs populations.

La situation actuelle en Centrafrique, où la France a installé et/soutenu tous les dictateurs qui se sont succédés, est une des illustrations des conséquences de cette funeste politique. Et lorsque la France prétend intervenir au nom des droits de l’Homme et dans un cadre multilatéral, comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire, en Libye ou au Mali, c’est toujours avec des motivations ambiguës, liées à ses intérêts géostratégiques.

Considérant qu’un sommet sur la paix et la sécurité en Afrique ne doit pas se tenir à l’initiative et sur le sol d’une ex-puissance coloniale caractérisée par son ingérence sur le continent et en présence de dictateurs qui y ruinent tout espoir de paix, nous, associations et citoyen-ne-s français-e-s et africain-e-s réclamons :
– L’annulation de ce sommet
– La fin du soutien diplomatique, économique, militaire, policier et des ventes d’armes aux régimes répressifs
– La suppression des bases militaires françaises en Afrique

Depuis une vingtaine d’années, des représentants de la société civile française et africaine ont pris l’habitude de réagir et d’organiser en contre-point des sommets France-Afrique des temps d’échange, de revendication et de mobilisation. Nos organisations proposent aux citoyens et aux organisations de se rassembler le Jeudi 5 décembre prochain, Place de la République, sous le mot d’ordre ci-dessus.

Premiers signataires : Survie, Afriques en lutte, La Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD), Sortir du Colonialisme, L’Union des Populations du Cameroun…

Signer la pétition sur Avaaz.org https://secure.avaaz.org/fr/petition/Dictateurs_a_lElysee_Dites_non_au_Sommet_de_la_honte/

Voir informations sur le tribunal sur survie.org – http://www.survie.org

Voir :
FIDH, Djibouti : arrestations et procès se poursuivent en silence, communiqué de presse, juillet 2013
Amnesty International. Togo : Usage excessif de la force et décès en détention, Communiqué de presse, mai 2013
FIDH, Tchad : vague de répression sur fond de tensions militaires. Communiqué de presse, juin 2013

23/06/05 (B303) Appel de l’UIDH en faveur des personnes déplacées et réfugiées en Afrique ; appel relayé par la LDDH


Le Président
DIFFUSION D’INFORMATION
DU 23 JUIN 2005
DE LA DECLARATION DE
L’UNION INTERAFRICANE DES DROITS DE L’HOMME
SUR LA JOURNEE MONDIALE DES REFUGIES

« Une pensée pour les réfugiés dans le monde » ;

« La journée du 20 juin 2005, Journée Internationale des Réfugiés est un moment encore plus triste vu la désarticulation du monde et la recrudescence des guerres et des conflits en Afrique. » Déclaration du Président Halidou OUEDRAOGO de l’UIDH

M. NOEL ABDI Jean-Paul

____________________________ Communiqué de l’UIDH

APPEL A LA STRICTE PROTECTION DES REFUGIES
DANS LE MONDE ET EN AFRIQUE

La situation déficitaire dans le domaine des Droits de l’Homme sur tous les continents, créée par les conflits et les guerres locales, affecte profondément le cas des réfugiés dans le monde et particulièrement sur le continent Africain.

La grande majorité des réfugiés et des personnes déplacées, vivent dans les Etats africains. Il y a dix (10) ans, ils étaient déjà plus de 20 millions. Aujourd’hui, leur nombre est de dix millions (10 000 000) environ dont six millions (6 000 000) en Afrique. Ils sont entassés dans les vallées, aux flancs des collines, dans les forêts, dans les villes, dans des conditions dramatiques et déplorables.

Femmes et enfants sont l’objet d’abus divers et multiformes. Le système de santé, le système d’éducation sont exsangues et quasi-inexistants.

Ces dernières années, les incursions criminelles dans les camps de réfugiés et les lieux de regroupement des personnes déplacées (Soudan, Burundi, RDC) sont quotidiennes. Il n’y a pas de suivi du respect des droits principaux des réfugiés dans les camps et il n’existe pas non plus de surveillance dans le cadre des rapatriements de ces personnes exclues, démunies et souvent piteuses dans leur état de santé.

L’Afrique possède un des textes les plus généreux en matière d’accueil, de traitement des réfugiés. Dans la pratique, la question reste vague et difficile à résoudre. Les rapatriements des réfugiés dans les pays d’accueil, le traitement des personnes déplacées dans les zones de conflits ne respectent pas la législation internationale et locale. Les normes de protection des réfugiés et des personnes déplacées sont souvent bafouées.

Les agents des institutions chargées de s’occuper des personnes réfugiées sont parfois mal formés et sont soumis à des pressions politiques. Les demandes d’asiles, les requêtes diverses (éducation des enfants, soins et prises en charge) sont reléguées dans les tiroirs d’une bureaucratie institutionnelle qui ne dit pas son nom.

L’Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH) pense aujourd’hui aux milliers de réfugiés Togolais au Bénin et au Ghana, aux personnes déplacées dans les pays de la Mano River et dans les pays limitrophes de la Côte d’Ivoire, (Burkina Faso, Mali, Ghana, Niger), aux réfugiés relégués dans les pays des Grands Lacs (Burundi, Rwanda, RDC) et dans la Corne de l’Afrique. Notre organisation appelle « les principaux acteurs à se préoccuper avant tout de garantir des solutions viables et durables, fondées sur le consentement éclairé et volontaire des réfugiés.»

Elle appelle la Communauté Internationale, ses sections à travers le continent et dans les îles de l’Océan Indien à prendre à bras le corps la question des réfugiés et des personnes déplacées.

Nous devons soutenir ces personnes menacées de persécutions et confinées dans la misère en puisant dans la générosité de nos cœurs et dans les dispositions des instruments juridiques internationaux et régionaux, particulièrement la convention des Nations Unies de 1951, relative au statut des réfugiés.

La journée du 20 juin 2005, Journée Internationale des Réfugiés est un moment encore plus triste vu la désarticulation du monde et la recrudescence des guerres et des conflits en Afrique.

Ouagadougou, le 20 juin 2005

Le Président
Maître Halidou OUEDRAOGO

23/06/05 (B303) Pour quelles raisons, les autorités françaises, Président de la République en tête, couvrent-elles les responsables présumés du meurtre du Juge Borrel. (ARDHD)

Deux points sont clairs :

  • le juge Borrel a été assassiné à Djibouti,
  • les autorités françaises font tout ce qu’elles peuvent pour couvrir les auteurs présumés de ce meurtre et pour ralentir / entraver l’action de la Justice.

Un magistrat français, dans l’exercice de ses fonctions, dans le cadre d’une mission de coopération, a été assassiné à Djibouti. Le crime ayant été ensuite maladroitement maquillé en suicide improbable.

 

Depuis lors la France a tout fait pour faire croire à un suicide :

  • l’hôpital des armées n’a pas vu que le corps portait des traces d’un coup violent sur la tête qui aurait provoqué des liaisons importantes et visibles. Le médecin en charge de l’autopsie ne se souvient plus de rien et il a perdu radios et dossier ….
  • Les Juges Le Loire et Moracchini sont allés sur place pour jouer la comédie et montrer que le suicide impossible pouvait être possible ….

Il y a eu des cas avérés de subornation de témoins qui sont instruits par la Justice : on ne tenterait pas de suborner des témoins, s’il n’y avait pas de responsabilités à occulter … !

Le Ministre des Affaires étrangères fait tout pour bloquer l’envoi des convocations émises par les deux juges françaises de Versailles et de Paris ….

Jacques Chirac reçoit officiellement et amicalement Guelleh dans son Palais résidentiel, qui n’est pas privé …. Et Guelleh est contraint de se sauver, protégé par Chirac, parce qu’une convocation officielle lui a été envoyée à l’Ambassade. S’est-il sauvé parce qu’il aurait quelque chose à se reprocher ? Nous n’avons pas de réponses certaines à la question, mais il y a des doutes quand même !

Au bout de plusieurs années, on accepte de déclassifier quelques feuillets du dossier de la DGSE, mais pas l’essentiel et encore au compte-goutte …. On bloque le travail de la Justice française, semble-t-il !

On a refusé l’asile en France à un témoin clef qui s’était présenté à l’Ambassade de France à Addis avec les sbires armés de Guelleh à ses trousses et ce n’était pas de la plaisanterie … Ce sont le Belges qui ont compris l’urgence et qui lui ont sauvé la vie.

Alors que se passe-t-il ? Les autorités françaises donnent l’impression de protéger avec acharnement les responsables présumés de l’assassinat d’un magistrat français en exercice ! On attendrait plutôt l’inverse …. D’autant plus que l’acharnement est tellement évident aujourd’hui que c’est le crédit de la République française et de nos autorités qui est largement touché.

Les autorités diplomatiques ayant « en principe » dans une République de Droit, le devoir et l’obligation de protéger les ressortissants français en déplacement et d’agir, en cas de crimes, pour contribuer à identifier les coupables …

Or nous vivons l’inverse …. C’est choquant, tragique, grave et inquiétant ! Cela nuit irrémédiablement à la réputation de la République française et de son Président (qui n’en a peut-être pas tellement besoin dans la situation actuelle ?) !

23/06/05 (B303) Une enquête sur Djibnet : quel est le plus grand djiboutien du siècle (info lecteur)

Un lecteur nous signale une enquête sur Djibnet "Quel est le plus grand djiboutien du siècle". Seules les personnes enregistrées peuvent voter.

http://www.djibnet.com/mabraze/index.php?showtopic=8098

Résultats au 23 juin à 10h00 (Paris) – Attention, il n’y a que 18 votants maintenant, ce qui ne rend pas le sondage encore très significatif.

Mahamoud Harbi, [ 4 ] [22.22%]
Ahmed Dini, [ 7 ] [38.89%]
Mohamed Djama Elabeh, [ 0 ] [0.00%]
Idriss Farah Abaneh [ 0 ] [0.00%]
Ahmed Hassan Cheiko [ 0 ] [0.00%]
Hassan Gouled Aptidon [ 2 ] [11.11%]
Omar Osman Rabeh, [ 4 ] [22.22%]
Abdourahman Andholeh, [ 0 ] [0.00%]
Guelleh Batal, [ 0 ] [0.00%]
Youssouf Ali Shirdon, [ 0 ] [0.00%]
Bourhan Ali Warki, [ 0 ] [0.00%]
Gashanleh, [ 1 ] [5.56%]
Ismail Guedi Hared, [ 0 ] [0.00%]
Barkad Gourad Hamadou. [ 0 ] [0.00%]
Total des votes: 18

22/06/05 (B303) Condoléances pour la disparition d’Ali Habib Aboubakar. (Hassan Mokbel)

C’est avec une infinie tristesse que j’ai appris le décès d’Ali Habib Aboubakar.


J’en suis bouleversé, atterré.
Je présente mes plus profondes condoléances à sa femme, ses enfants, ses petits-enfants ainsi qu’à tous
ses proches avec lesquels, je partage la peine et la tristesse.


Qali Cabib était connu pour sa simplicité et pour sa gentillesse : mais il était aussi énormément apprécié pour son sens de
l’accueil et de la solidarité. Ganna-Geyyo Qali Cabib avait refusé toute compromission et il avait choisi de vivre d’une façon
humble et digne. Jamais il n’a baissé la tête ni courbé l’échine.


C’est un véritable combattant de la liberté et de l’unité qui nous a quitté en nous léguant le sentiment
d’appartenir à une société multiculturelle. C’est une immense bibliothèque de la langue et de la culture Afar qui s’est consumée avec la
disparition de Qali Cabib.


C’est aussi une perte incommensurable, non seulement pour sa famille et ses proches, mais aussi pour
l’ensemble de la société djiboutienne.


Saqal Qali Cabibow ton nom restera à jamais graver dans nos mémoires.


Que le bon Dieu t’accueil dans son paradis éternel.

INA LILAH WA INA ILLEHI RAJIOUN

Hassan Mokbel 

22/06/05 (B303) Manifestation le 25 juin, place de la Bourse à Bruxelles, à l’appel du MRD (Communiqué officiel). Soyez nombreux !

COMMUNIQUE DE PRESSE DU COMITE DU MRD EN BELGIQUE

A l’occasion du 28ème anniversaire de l’Indépendance nationale, proclamée le 27 juin 1977, et dans le cadre de la lutte pour la démocratie et l’Etat de droit à Djibouti, le comité du MRD en Belgique organise une manifestation statique sur les escaliers de la Bourse (en face du Boulevard Anspach) à Bruxelles, samedi 25 juin 2005 à partir de 15 heures et demie. Métro De Brouckère ou Tram Bourse.

Cette action collective a pour but de rappeler, à la face du monde démocratique, que l’Indépendance pour laquelle le peuple djiboutien s’était tant battu lui a été confisquée et qu’à peine sorti du joug colonial il a été happé par une autocratie d’un autre âge.

Aujourd’hui, 28 ans après la proclamation de l’Indépendance nationale, le peuple se trouve au fond de la misère socio-économique et de l’absence de liberté.

Vous autres démocrates djiboutiens et amis, êtes tous les bienvenus.

Pour le Comité du MRD en Belgique,

Abdoulfatah Omar Osman,

22/06/05 (B303) RSF / SOMALIE : L’hebdomadaire Shacab est, une fois de plus, la cible des autorités du Puntland

Reporters sans frontières exprime son incompréhension face à l’entêtement des autorités de la région du Puntland (nord-est de la Somalie), après l’interpellation du rédacteur en chef de l’hebdomadaire privé Shacab, lequel avait déjà fait l’objet d’une suspension le 5 mai 2005.



« Lorsque Shacab avait été frappé d’une mesure de suspension temporaire, nous en avions appelé au président somalien et ancien président de la région autonome du Puntland, Abdullalhi Yusuf Ahmed, a déclaré Reporters sans frontières. A notre grand regret, notre appel n’avait pas été entendu et le harcèlement visant le journal a continué. Pour faire la preuve qu’il entend faire de la Somalie un pays où la liberté de la presse est respectée, le président Yusuf doit au plus vite ordonner la libération du rédacteur en chef de Shacab et la levée de la suspension de l’hebdomadaire. Si la région qu’il présidait devait devenir une zone de non-droit pour les journalistes, la crédibilité des institutions de transition serait gravement endommagée. »



Le 19 juin 2005 aux alentours de 21 heures 30,  les forces de police de la région autonome du Puntland (nord-est de la Somalie) ont arrêté et incarcéré Abdi Farah Nur, rédacteur en chef de l’hebdomadaire privé Shacab, à la prison de la capitale, Garowe.



Le même jour dans la matinée, des sources locales à Galkayo (à l’ouest du pays) ont déclaré qu’Abdi Farah Nur avait été menacé à plusieurs reprises lors de la cérémonie d’inauguration de la 14e session du Parlement. Le ministre des Finances, Mohamed Ali Yusuf, avait ainsi interpellé le rédacteur en chef pour lui signifier que l’imprimerie de Shacab serait nationalisée et qu’il serait jeté en prison pour cinq ans.




Peu après, alors qu’Abdi Farah Nur prenait des photos de la cérémonie, des policiers lui ont ordonné de les suivre jusqu’au commissariat. Sur place, les agents lui ont affirmé détenir des informations laissant penser que Shacab, interdit temporairement de publication depuis un décret présidentiel du 5 mai, allait reparaître. Les policiers lui ont donc demandé de signer une déclaration certifiant qu’il s’engageait à ne pas republier son journal, ce qu’il a refusé de faire. Finalement relâché et de retour à la rédaction, Abdi Farah Nur a fait reparaître son journal.



En fin de soirée, deux officiers envoyés par le colonel Abdi Gaani, chef de la police de Garowe, se sont rendus dans les bureaux de Shacab et ont occupé la rédaction. Ils ont ordonné au rédacteur en chef de les suivre jusqu’au poste de police de Garowe, où il est actuellement détenu.  Parallèlement, deux employés d’une imprimerie qui appartient à la même société que Shacab ont également été arrêtés le 19 juin, puis relâchés dans la nuit.





Leonard VINCENT

Bureau Afrique / Africa desk

Reporters sans frontières / Reporters Without Borders

5, rue Geoffroy-Marie

75009 Paris, France

Tel : (33) 1 44 83 84 84

Fax : (33) 1 45 23 11 51

Email : afrique@rsf.org / africa@rsf.org

Web : www.rsf.org

21/06/05 (B303) Stop aux usurpateurs politiques irresponsables encore au pouvoir. (Par M. B, natif d’Assamo)

A Djibouti, la Décentralisation ne se décentralise pas
Que de trahisons, que de mensonges.

Du plus profond de mon bled d’Assamo (région extrême des assajogs d’Ali Sabieh), et complètement dérouté par mon récent passage dans la capitale, je ne peux que vous écrire, car on m’a dit, que l’équipe de l’Association ARDHD est sérieuse, honnête et constante dans sa conviction pour sauver notre pays et que contrairement à beaucoup de djiboutiens, d’anciens politiciens, de certains avocats et magistrats véreux tous vêtus de vestes à géométries variables, tous spécialistes de la danse du ventre, elle se bat pour restaurer notre liberté.

Je m’adresse à vous, car je suis abasourdi par celui dont vous étalez si souvent la photo, celui qui a parfois dit la vérité, mais celui qui n’a jamais fait son autocritique, sur la période où il applaudissait, sur la période où il gardait le silence, (silence lors des premiers balbutiements violents, des répressions et des massacres après l’Indépendance). A-t-il oublié que le silence tue ?

Son passé, c’est à lui de le porter ! Mais je suis navré qu’il donne autant de gages à des groupes d’individus qui devront quitter les lieux le plus rapidement possible, qui vont se sauver sous la pression et la force populaire, car ces individus continuent, par la force, l’usurpation de tous les Appareils Politiques, Administratifs et Judiciaires de l’Etat (APAJE),

Avec eux la Décentralisation ne sera jamais décentralisée !

Ma question s’adresse aux hommes politiques de l’Opposition et aux journalistes de Réalité (Organe de Presse de l’ARD, dont je regrette l’absence sur le marché des médias, depuis des mois)

Je comprends le silence de Réalité, qui a été déçu de n’avoir pas été écouté par ses adversaires politiques et qui a honnêtement refusé de faire de la figuration. Les choix d’autres chemins plus discrets, plus actifs paraissent actuellement primordiaux pour se débarrasser de cette clique dictatoriale.

Face à une mascarade électorale qui est prête, je demande à l’UAD :
1. Est-ce que l’Opposition va jouer le jeu proposé par un soi-disant gouvernement, sans aucune assise électorale et après la déroute d’une présidentielle sans précédent ?
2. Est-ce que le Journal Réalité va opter pour le silence, dans ce contexte ?

Quant à moi, je dirais, que face aux gesticulations d’un pouvoir aux abois, restez vigilant, et prudent. L’important c’est la chute de la dictature.

J’ai compulsé, pour vous, mes propres archives, Cet article dit tout, son titre reste imperturbable, son analyse, et ses constats décrivent actuellement le droit chemin à suivre. Il ne faut jamais accepter la politique du fait accompli. Oui au dialogue et

Non aux mascarades électorales.

Réalité du 30 juin 2004
DECENTRALISATION
TRAHISON AVEC PREMEDITTION

Ce qui est pathétique dans le triste spectacle politique que ce régime inflige à ses concitoyens, c’est que les gesticulations des figurants qu’il envoie en première ligne en leur imposant les plus douloureuses contorsions, cherchent à vainement masquer une usurpation fondamentale.

Le droit dire tout et son contraire, n’importe quoi tout en faisant son contraire, presque simultanément, n’est possible que pour le privilégié qui n’a aucun compte à rendre, et d’abord à sa propre personne.

Posture carpe diem heureusement en voie de disparition partout ailleurs dans le monde, mais qui a malheureusement cours ici, comme l’illustre de façon caricaturale la dernière intervention du Premier ministre à l’Assemblée Nationale lors d’une séance impromptue sur les difficultés à instaurer la décentralisation en République de Djibouti.

Par une volte-face qui n’étonnera que les plus candides, celui qui n’a pas absolument aucun compte à rendre à un pouvoir législatif, devant lequel il n’est constitutionnellement pas responsable, a annoncé que son gouvernement, subitement plein de sagesse, et de respect pour ses concitoyens comme pour les partis politiques d’opposition, estimait trop lourd pour ses maigres épaules le fardeau de la décentralisation.

Nous apprenant incidemment l’énorme priorité que son chef de gouvernement y accorderait, croyant savoir que les partis politiques de l’opposition y auraient montré leur attachement et étant donné l’importance que le peuple djiboutien attacherait à sa concrétisation, il s’engage à prochainement provoquer un vaste débat national sur la question. A la bonne heure ! Tirer d’abord, discuter ensuite : telle semble la philosophie sauvagement western en vigueur, qui nous oblige à rappeler quelques malversations, commises par l’autre partie signataire, contre une décentralisation qui devait être l’un des acquis majeurs de l’Accord de Paix du 12 mai 2001.

Après en avoir complètement, illégalement et unilatéralement dénaturé la portée, vouloir aujourd’hui nous associer à un prétendu constat d’échec ou d’impossibilité de cette avancée démocratique est donc la dernière trouvaille de ces dirigeants dont le sérieux n’est manifestement p la qualité première.

Il nous est difficile d’oublier que l’Assemblée Nationale, certainement sur instruction du chef de l’Etat, a estimé utile de remanier le projet de loi s’y rapportant, tel qu’adopté par les négociateurs et annexé à l’Accord, en abrogeant purement et simplement l’article instituant une Commission Nationale de Décentralisation chargée de veiller à la mise en place des régions décentralisées.

De composition mixte, c’est elle qui devait normalement piloter tout le processus et en évaluer les difficultés, le cas échéant.

Dire que cette nouvelle manoeuvre bassement politicienne, visant à impliquer l’opposition dans une posture de constant sabotage risque fort de rencontrer une fin de non-recevoir, c’est encore rester courtois, par respect pour nos concitoyens et lecteurs.

Car, en considérant l’ensemble du contentieux qui nous oppose au régime, tant en ce qui concerne la violation des principales dispositions de l’Accord de Paix que pour ce qui est de la participation de I’UAD aux dernières législatives, nous associer à une instance de concertation prétextée par le gouvernement équivaudrait à faire fructifier le produit d’un vol.

Si ce régime de gaspillage et de fraude souhaitait réellement une quelconque avancée démocratique dans ce domaine, il aurait commencé par budgétiser le nouveau district (l’Arta ou ne pas condamner celui d’Obock à l’enclavement).