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28/11/2013 (Brève 304) La tribune / Djibouti : écouter le peuple pour sortir de l’impasse (Par Mohmaed Kadamy, dirigeant du FRUD publié dans international PCF)

Contribution de Mohamed Kadamy dirigeant du FRUD

La situation politique à Djibouti est dans une im- passe, le pays est en crise et en conflit larvé dans le nord et le sud-ouest. La région s’en trouve menacée.

Élection après élection, le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh a mesuré son isolement et l’hostilité populaire à son endroit. Par deux fois, il a survécu grâce aux fraudes massives, ce qui avait eu comme conséquence le boycott des élections par l’opposi- tion durant 10 ans.

Mais les temps changent. Une coalition électorale nommée l’Union pour le salut national (USN) s’est for- mée à la veille des élections législatives de février 2013, sous la pression populaire, mais aussi par la volonté de ses composantes. Le Front pour la restau- ration de l’unité et la démocratie (FRUD) a contribué aussi à cette unité.

Cette opposition a été elle-même surprise par l’ampleur du mécontentement.

Ce fut une « Bérézina » pour les partisans de Guelleh, à tel point que le pouvoir s’est refusé à publier les résul- tats généraux par bureau de vote comme le deman- dent officiellement l’Union européenne, la France et les États-Unis. Le truquage a été réalisé au vu et au su de tout le monde, il faut être des observateurs de la Ligue arabe et de l’Union africaine, pour ne pas avoir vu ces fraudes.

Union pour le salut national a établi son propre par- lement, dénommé Assemblée nationale légitime (ANL), estimant qu’elle a gagné 53 sièges sur 65 députés, ce qui est une décision somme toute symbolique. Suite aux recommandations de l’Union européenne et aux pressions discrètes des États- Unis et de la France, un dialogue s’est amorcé entre le pouvoir et la coalition USN, en août 2013.

La défiance est quasi générale sur le territoire à l’égard du pouvoir, y compris parmi ses soutiens traditionnels et des manifestations pacifiques se pour- suivent. L’USN tient bon, même si la seule et unique réponse est une répression ininterrompue et féroce (éxecutions extrajudiciaires, arrestations et tortures, emprisonnements des dirigeants et simples militants politiques, pressions sur les enfants des militants).

L’accord préliminaire entre les deux parties a été interrompu le 21 septembre, le président de la République refusant de libérer les prisonniers poli- tiques comme il s’y était engagé.

Du point du vue du FRUD, même si les élections législatives ont mis à nu le roitelet, la preuve est faite qu’il est irréaliste de vouloir déloger le dictateur de Djibouti uniquement par les voies des urnes. S’entêter dans cette voie, comme semblent s’y atteler quel- ques dirigeants au demeurant minoritaires au sein de l’USN, c’est se condamner à l’impuissance et favori- ser le chaos ambiant.

C’est pourquoi nous participons à notre manière à la mobilisation des campagnes contre le régime de Djibouti. Nous avons mené des actions militaires exerçant une pression sur le pouvoir de Guelleh, ce qui a obtenu le soutien de la majorité des dirigeants et des militants de l’USN, empêchés de manifester pacifiquement. Ces actions n’ont pas manqué d’inquiéter l’Ethiopie qui a mis à l’ordre du jour de la commission mixte de défense éthio-djiboutienne, du 23 au 26 septembre, la question de la sécurité à Djibouti et en particulier à la frontière éthiopienne.

Mais surtout nous sommes conscients qu’il est urgent de favoriser une convergence entre l’USN, le FRUD et les différents secteurs de la diaspora pour sortir de l’impasse. Nous y travaillons.

Jusqu’à présent, les bases étrangères n’ont favorisé que l’autoritarisme du régime de Djibouti. Ceux qui ont la mémoire longue se rappellent de l’interposi- tion de l’armée française en février 1992 qui a sauvé de la déroute militaire le régime de Djibouti face au FRUD.

Les retombées financières des bases militaires française, américaine et niponne ne profitent qu’au cer- cle très proche du président. Alors que la situation des populations rurales reste dramatique: elles vivent une quasi-famine. Les régions d’Obock et de Yoboki sont les plus touchées.

La coopération entre la France et Djibouti n’a pas empêché les incursions des militaires éthiopiens sur le territoire de Djibouti, qui ont procédé à l’arresta- tion des citoyens djiboutiens, soupçonnés de soute- nir le FRUD.

La France doit sortir de sa tolérance traditionnelle, pour ne pas dire de sa complicité déconcertante, vis- à-vis des régimes africains dictatoriaux porteurs de gros risques. C’est le cas pour Djibouti, y compris pour l’ensemble de la région.

Il faudra bien un jour respecter la volonté des peuples !

24/11/2013 (Bréve304) Au micro de la BBC, Houssein Ibrahim Houmed explique les raisons de la plainte qu’il a déposée auprès de la Cour pénale internationale, pour tous les crimes commis par IOG et ses obligés contre les populations djiboutiennes


1°) A écouter en WMA

2°) A télécharger en MP3
Lien de téléchargement

30/06/05 (B304) La disparition de François-Xavier Verschave – Revue de presse extraite de Yahoo.fr.


  1. François-Xavier Verschave est mort Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

    Nouvel Observateur – 29 Juin 22:55

    Le fondateur de l’association Survie, spécialiste de la Françafrique, est mort d’un cancer mercredi. F rançois-Xavier Verschave, fondateur de l’association Survie, spécialiste de la Françafrique, est mort d’un cancer mercredi 29 juin, a annoncé son association dans un communiqué.
  2. Destinataire : Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

    Congopage – 29 Juin 18:19

    François-Xavier Verschave était membre fondateur de l’association Survie, qu’il présidait depuis 1995. Il était également directeur de publication de la lettre mensuelle de l’association : Billets d’Afrique et d’ailleurs…
  3. Destinataire : Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

    Congopage – 29 Juin 17:34

    Le manteau de la nuit a totalement recouvert le visage de l’auteur de Noir silence. Françoic-Xavier verschave est mort ce mercredi 29 juin, des suites d’un cancer. Ses proches le savaient malade. Il se murmuait qu’il n’y avait plus d’espoir.
  4. Destinataire : Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

    Congopage – 30 Juin 07:04

    Depuis que Berlin Est et Berlin Ouest ont fusionné au début des années 1990, Brazzaville et Kinshasa sont les capitales les plus proches du monde. On ne fait pas la fête lorsque ça brûle chez le voisin. Sagesse africaine. Les mêmes causes induisent les même effets. Expérience éléenne.
  5. François-Xavier Vershave nous a quitté/Le voyage d’un humaniste Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

    Africatime – 30 Juin 00:58

    Fondateur de notre association Survie, qu’il présidait depuis 1995, il fut, 20 ans durant, en notre sein, ce qu’aucun qualificatif ne pourrait exprimer, au-delà des qualités et de la pertinence avec lesquelles il menait notre combat collectif.

30/06/05 (B304) LDDH : Contre-propositions au nouveau projet de statut pour Djibouti-Ville + articles de Réalité (à télécharger)


Le Président
DIFFUSION D’INFORMATION
DU 28 JUIN 2005
SUR LA DECENTRALISATION
PREMIERE PARTIE : DE L’ARTICLE 1 A 76
DU PROJET DE LOI SUR LE STATUT DE DJIBOUTI-VILLE


Note liminaire sur la marche à suivre.
Un certain nombre de documents seront annexés à chaque Diffusion, mais le système de numérotation sera le même, car la combinaison des différentes diffusions (jusqu’à la fin de l’année ?) fera l’objet d’un rapport global sur les élections régionales en République de Djibouti. Des Tableaux de Bord pourront être établis et voir par à coup les démarches à suivre afin de mieux comprendre les différents obstacles politico administratifs.

Brefs rappels historiques.
Depuis ces vingt cinq dernières années, la politique pour une stricte application de la Décentralisation par la mise en place d’élections régionales ne fait que buter sur des barrages inextricables dressés par une volonté politique à Haut niveau avec l’aval des deux Chefs d’Etat qui se sont succédés depuis plus de vingt cinq ans.

D’emblée il est facile de comprendre que la politique de la Décentralisation représente un danger et surtout un obstacle potentiel à une volonté de centralisation à outrance tant nécessaire pour effectuer sans vergogne et en toute impunité les Détournements des Biens et des Deniers Publics et Sociaux. Avec des Assemblées régionales librement choisies, alors les contrôles seront probablement plus étoffés et placés dans tout le Territoire national, sans des aveugles applaudissements.

Il est donc important de savoir que l’actuelle politique, en vigueur sur des élections régionales en République de Djibouti, se poursuit :
1. sur la base des publicités gouvernementales ;
2. en vertu du principe de la Non Applicabilité, de tous les Textes législatifs en vigueur découlant de la Constitution du 4 septembre 1992 en cette matière ;
3. en vertu du principe de la Non Applicabilité des engagements signés entre le Frud–armé et le Gouvernement le 12 mai 2001.

Pour mémoire, lire en annexe à cette diffusion :
– Les contre-propositions aux articles de la Constitution
– Articles de la Constitution sur des Collectivités Territoriales.
– Un article à télécharger du journal « Réalité » sur « la Décentralisation oblitérée ». (PDF, 107 Ko)

LES CONTRE-PROPOSITIONS SOUS FORMES DE VŒUX
DE LA LDDH A PARTIR D’UN PROJET DE STATUT
RELATIF A LA VILLE DE DJIBOUTI.

I ) – Préliminaires sur les points choquants.

En gros ce projet fait sciemment des amalgames farfelus en créant des catégories de Maire. Si le Gouvernement veut créer des Préfets ou des Gouverneurs il ne faut pas en profiter pour dénaturer le rôle électif du Maire.

Les propositions de vœux veillent essentiellement à établir une certaine cohésion avec les Textes des Accords illégalement amendés. Accord de Paix, relatif à la Loi Organique sur la Décentralisation, issue des engagements entre le Frud-Armé et le Gouvernement. Tout Accord entre deux Parties ne peut-être que ratifié ou rejeté globalement, mais jamais amendé.

II ) – VŒUX (1 ; 3 ; 4 ; 49 modifiants les articles du projet de Statut qui ont les mêmes numéros)

Vœu 1 : (article 1 du projet de Statut, qui est modifié comme suit)
La ville de Djibouti est une collectivité territoriale dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière dénommée « DJIBOUTI-VILLE ». Elle s’administre librement par l’intermédiaire des Conseils élus au suffrage universel directe dans les conditions fixée par cette Loi.

Elle concourre avec l’Etat, à l’administration et à l’aménagement de ses collectivités territoriales, au développement économique, social, sanitaire, scientifique et culturel ainsi qu’à la protection de l’environnement et à l’amélioration du cadre de vie conformément aux compétences et aux ressources attribuées, par cette Loi.

Vœu 3 : (article 3 du projet de Statut, qui est modifié comme suit)
Les organes de la ville de Djibouti sont :
– les conseils des communes
– le conseil de Djibouti
– l’exécutif du Conseil de Djibouti

Les conseils communaux siègent dans les locaux des arrondissements actuels, après cession de l’Etat et disposent de leurs propres personnels.

Le siège du conseil de Djibouti est fixé à Djibouti, dans les locaux du Ministère de l’Intérieur, après cession de l’Etat et disposent de leurs propres personnels.

Chaque commune forme une circonscription électorale de base.

Vœu 4 (article 4 du projet de Statut, qui est modifié comme suit)
Le Conseil des communes est composé d’une Assemblée des Conseils communaux, représentant le peuple et d’un Exécutif communale élu par l’Assemblée des Communes de Djibouti.
Les deux premiers candidats de la liste majoritaire des élections deviennent respectivement Président et vice-Président du Conseil communal.
L’Exécutif des Conseils communaux est composé d’un Maire et de trois Maire Adjoints.
Le Maire et ses Adjoints élus par l’Assemblée devant laquelle ils sont responsables. Celle-ci peut mettre fin à ses fonctions par une motion de censure.
Le Maire et ses Adjoints sont chargés de mettre en œuvre les délibérations de l’Assemblée des Communes.

Vœu 49
L’Article 49 devra être supprimé dans sa totalité

 

NOEL ABDI Jean-Paul

_____________________________ Annexe 1

ANNEXE N° 1

Articles de la Constitution sur des Collectivités Territoriales.

Article
Les Collectivités territoriales sont créés et administrées dans des conditions définies par la loi.

Ces Collectivités s’administre librement et dans des conditions prévues par la loi.

Article
Dans les collectivités territoriales, le délégué du Gouvernement a la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois.

Brefs Commentaires

A la lecture de ces deux articles, il ressort
1. Que le Gouvernement avait peur de voir des élus du peuple à proximité du peuple et évidemment s’administrant lIbrement.
2. Qu’à chaque fois, que le Gouvernement veut enterrer des dispositions constitutionnelles ou législatives, il suffit d’insérer juste une phrase à savoir : « dans des conditions prévues par la loi » « ou dans des conditions prévues par Décret »
Soyez, certain que chaque fois, que vous verrez ce code de phrase, alors sachez que ces dispositions concernées seront renvoyées aux calendres greques.

Autres exemples d’utilisation de ce Code phrase :
L’article n° 5 de la Loi relative à la Communication qui stipule :

« Il est créé une Commission nationale de la Communication qui sera chargée de veiller au respect du pluralisme de l’information.

La Commission nationale de la Communication est saisie, pour avis, par l’autorité ayant en charge l’information.

Le fonctionnement et l’organisation de la Commission nationale de la Communication seront définis par une loi. (Cette loi n’a jamais vu le jour)

30/06/05 (B304) Message du Centre de Djibouti canadien pour soutenir l’opposition et réclamer l’application des accords de paix et le rétablissement de la Démocratie.

Le Centre de Djibouti Canadien c’est une organisation de bienfaisance qui félicite l’ensemble de l’opposition Djiboutienne concernant leurs derniers communiqués d’appel au dialogue national.

Nous souhaitons également que le process de démocratisation engage a Djibouti soit être respectable et nous soutênons que le gouvernement d’IOG respecte l’application de  l’accord de paix du 12 mai 2001.


Le Centre de Djibouti Canadien juge que la situation se degrade sur le plan politique et l’economique de notre pays et nous condamnons le dictateur avec fermeté de maniere qu’il dirige le pays.

Porte de Parole du Centre de Djibouti Canadien
Ali Moussa Waberi

30/06/05 (B304) Nous assistons à une véritable histérie de la part du régime … (Lecteur)

Nous assistons à une véritable histérie de la part du régime qui élève au rang de priorité nationale absolue, sa campagne de communication en faveur de ce que l’on pourrait considérer comme une catastrophe politique …

Alors que la moitié des Djiboutiens ont fui son régime et que l’autre endure difficilement l’enfer causé par les barons GUELLEH et Associés qui gèrent si mal l’électricité de Djibouti côté distribution et si bien côté détournement.


Ca c’est vraiment la marque du rationnel façon Guelléo-Paulettien.

Ces symptômes pourraient toutefois masquer une pathologie grave ajoutée à la cassure au sein du RPP où la succession du BOSS pose de graves problèmes sachant que Paulette ne peut pas encaisser les pricipaux prétendants. Pire encore, aucun autre prétendant ne saurait lui convenir et on assistera sans doute à la décomposition très rapide du PPUP (Parti Pratiquement Unique du Pays).

Il accouchera sans doute de plusieur fils … pour ne plus être unique.

30/06/05 (B304) Réponse du PDD au Ministre de l’Intérieur.

A Monsieur le Ministre de l’Intérieur
et de la Décentralisation

Objet : Réunion de concertation
Réf: Vit n°1 154/MI du 16/06/05

Monsieur le Ministre,

En réponse à votre lettre citée en référence, nous avons l’honneur de vous faire connaître notre position relative au projet de loi, portant statut de la ville de djibouti. Il y a deux cas à distinguer :

1- Préparations du statut de la ville de Djibouti
Ce point fait partie des revendications des partis d’opposition. Mais avant de faire un tapage médiatique, ce statut doit être préparé par une commission mixte à créer d’un commun accord.

2- Les élections régionales :
Sur ce point, nous considérons qu’avant toute élection, il est prioritaire, après 28 ans d’indépendance, de procéder au recensement de la population. A cet effet, nous vous rappelons qu’en mars 2004, les présidents des quatre partis d’opposition avaient rencontré votre prédécesseur qui nous avait répondu à propos de la refonte des listes électorales, qu’un recensement est nécessaire mais le temps de le faire avant les élections présidentielles était court.

Actuellement, nous nous trouvons à 2 ans et demi des élections législatives de janvier 2008, le temps est donc largement suffisant pour procéder, enfm, au recensement, tant traîné, volontairement ou non depuis l’indépendance et pour établir des iiouveaux fichiers électoraux. Par ailleurs, il n’y a aucune urgence à s’entêter à tenir les élections régionales à la fm de cette année. Elles peuvent bien avoir lieu le même jour que celles de janvier 2008 après avoir rempli toutes les conditions requises pour la transparence électorale. Il est donc du devoir de tout gouvernement responsable de connaître, au moins, le nombre d’habitants du pays dont il assure la gestion.

En conséquence, en restant ouvert au dialogue sur tout sujet d’intérêt national, nous ne voyons pas l’utilité de participer à la réunion de concertation sur le statut de la capitale qui doit être d’abord préparé par une commission mixte à créer.

Pour information, nous vous faisons parvenir copie de notre correspondance au Président de la République.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

30/06/05 (B304) RSF / ETHIOPIE : Reporters sans frontières exige l’abandon des charges contre quatre rédacteurs en chef.

Reporters sans frontières demande aux autorités éthiopiennes de « cesser de prendre les journalistes pour des boucs émissaires de l’instabilité du pays », après l’inculpation pour diffamation des rédacteurs en chef de quatre hebdomadaires paraissant à Addis Abéba. L’organisation estime que les autorités n’ont d’autre choix que d’ordonner l’abandon des charges pesant contre eux.



« Sous son vernis démocratique, le gouvernement de Meles Zenawi est perclu de tabous, a déclaré Reporters sans frontières. Une fois de plus, les journalistes payent le tribut d’un mauvais climat politique, sous le prétexte facile de la diffamation. L’information qui a valu aux quatre rédacteurs en chef d’être raflés puis inculpés a pourtant été confirmée par une agence de l’ONU. A moins d’estimer que le journalisme en soi est un crime, les autorités éthiopiennes doivent abandonner les charges pesant contre eux. »



Le 28 juin 2005 à 11 heures, Befekadu Moredo, Zelalem Gebre, Dawit Fassil et Tamrat Serbesa, respectivement rédacteur en chef des hebdomadaires en amharique Tomar, Menilik, Asqual et Satenaw, ont été interpellés et interrogés par la police. Il leur était reproché d’avoir rapporté que des pilotes de l’armée de l’air, en formation au Bélarus, avaient demandé l’asile politique, alors que l’Ethiopie était marquée par des violences post-électorales. Après avoir comparu devant un tribunal qui leur a signifié leur inculpation pour « diffamation », ils ont été libérés après sept heures de détention, contre le paiement d’une caution de 2 000 birrs (190 euros).



Selon l’agence nationale éthiopienne ENA, ils avaient été arrêtés à la demande du ministère de la Défense pour avoir « sali la bonne réputation » de celui-ci et « tenté d’éloigner l’armée du peuple éthiopien ». Les articles incriminés avaient paru la semaine précédente dans la presse locale et internationale, et la demande d’asile politique de huit pilotes éthiopiens avait été confirmée par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).



Après les élections générales contestées du 15 mai, la police avait ouvert le feu sur des manifestants qui protestaient contre la victoire annoncée du parti du pouvoir. Le bilan était d’au moins 36 morts parmi les civils. Tomar, Menilik, Asqual et Satenaw avaient critiqué les brutalités policières et les rafles massives qui avaient accompagné ces manifestations.

Leonard VINCENT

Bureau Afrique / Africa desk

Reporters sans frontières / Reporters Without Borders

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