Articles

29/06/05 (B304) François Xavier Verschave nous a quitté aujourd’hui !

François-Xavier Verschave présidait l’Association Survie depuis 1995. Il a écrit de nombreux livres sur la situation en Afrique et sur les dérapages de la politique et de la diplomatie française, avec toutes les conséquences néfastes pour les populations. La presse entière a repris la formule qu’il a inventée : La Françafrique … !

C’est une grande perte pour nous tous, épris de démocratie, de justice et de liberté.

L’équipe de l’ARDHD adresse toutes ses condoléances aux proches de François-Xavier ainsi qu’à l’équipe et aux membres de SURVIE, dont nous soutiendrons le combat.

________________________________ Communiqué de SURVIE

Nous avons l’extrême douleur de vous annoncer le décès de François-Xavier Verschave, survenu le 29 juin 2005.

Fondateur de notre association Survie, qu’il présidait depuis 1995, il fut, 20 ans durant, en notre sein, ce qu’aucun qualificatif ne pourrait exprimer, au-delà des qualités et de la pertinence avec lesquelles il menait notre combat collectif. Il a défini lui même ce combat comme étant celui d’abord de ne pas nuire à autrui, et en particulier aux peuples africains. Emporté par un cancer que la meilleure des médecines n’a pu enrayer, sa disparition nous laisse dans l’incapacité de trouver les mots pour dire ce que nous avons au fond du coeur. Elle nous laisse, cependant, avec l’exemple que François-Xavier nous lègue : celui de ne point baisser les bras dans un combat pour que la vérité, la justice, l’équité, soient les maîtres mots dans la conduite des affaires humaines. A celui qui n’a jamais flanché devant la difficulté, jamais perdu l’espoir de « donner valeur de loi au devoir de sauver les vivants », nous devons de puiser en nous la force de poursuivre l’oeuvre. Nous nous y engageons.

Nous savons que nombreux sont ceux qui se joindront à notre peine et resteront attachés à son souvenir.

29/06/05 (B304) Réaction à la contribution d’un lecteur sur Yacin Elmi Bouh … (Abdi Youssouf)

______________________________ Note de l’ARDHD
Il n’est pas dans nos habitudes de publier des articles rédigées par les proches du régime dictatorial de Guelleh. Ils disposent de leur propre support de communication pour cela : La Nation, ADI, RTD, …

Si nous avons pris la décision de publier cette réaction, c’est parce que cela nous a été demandé et surtout parce que l’auteur nous l’a demandé au nom de la rectification d’informations inexactes et cela est juste en l’occurence. Cela ne change pas le fond du problème et nous publions après la réponse, le préambule du rapport le plus récent du FMI (en anglais) sur la situation économique à Djibouti, qui n’est pas un éloge outrancier … c’est le moins que l’on puissie dire ! (sic)

Avec plus de 50% de chomeurs, par exemple (entre autres), la situation économique de Djibouti, ne semble pas afficher "une relative bonne santé"
________________________________________________________

J’ai lu l’article par lequel vous attaquez la personne de Monsieur Yacin Elmi Bouh pour des basses considérations. Vous l’accusez de n’avoir pas permis à la République de Djibouti d’accéder aux annulations des dettes dernièrement décidées à Londres.

Les lecteurs ne manqueront pas de relever que vous abordez un sujet que vous ne maîtrisez pas. En effet, les pays bénéficiaires de ces annulations de dettes relèvent de la catégorie des pays catalogués par la Banque Mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI) comme étant très pauvres et très endettés. Les critères adoptés par ces institutions pour décerner ces qualificatifs sont les suivants :

avoir un Produit Intérieur Brut (PIB) par tête d’habitant égal ou inférieur à 740 $
présenter un stock des dettes insoutenables (c’est-à-dire qui n’a pu être solutionné par le procédé classique budgétaire) supérieur ou égal à 250% de ses recettes fiscales.

Or, si vous connaissez bien la situation de ce pays qui semble vous préoccupez tant, vous devriez savoir que :

1) le PIB de Djibouti est largement supérieur au seuil requis et avoisine les 900 $ par tête d’habitant ;

2) la République de Djibouti n’est pas très endettée et elle se trouve à mille lieux de la situation d’une dette insoutenable et de ses critères connexes.

Il va pas sans dire que, la République de Djibouti qui ne remplit pas les conditions pour être éligible à l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) de la Banque Mondiale, ne pouvait pas être retenue parmi les pays bénéficiaires de l’annulation de ses dettes. Djibouti est donc exclue en raison de sa relative bonne santé économique.

N’est-ce pas pour vous, qui avez choisi d’opérer dans l’anonymat tout simplement pour dénigrer ce valeureux homme qui a contribué au redressement économique et financier de notre pays, une raison pour réviser ce regard tendancieux.

Abdi Youssouf Dirieh
Djibouti

___________________________ Préambule du rapport du FMI
Although Djibouti’s macroeconomic performance improved in 2003, no progress was made in advancing structural reforms to improve the country’s competitiveness.

The overall fiscal deficit (on a commitment basis, including grants) narrowed, government savings increased, and the clearance of domestic arrears accelerated (Figure 1 and Table 1).

However, this improvement mainly reflected an important increase in revenue from new military cooperation agreements, notably with France and the United States, rather than a stronger fiscal effort, as nonpriority spending rose significantly. Amid low inflation, real GDP growth in Djibouti’s service-oriented economy is estimated to have accelerated to 3.5 percent in 2003 from about 2 percent, on average, in 2001–02, owing to higher consumption (by the increased presence of foreign military personnel stationed in the country) and investment (owing to the construction of a new oil terminal mostly financed by foreign investors, and the establishment of a new public enterprise to distribute water in the southern part of the country) (Table 2). This led to a deterioration in the external current account deficit to 7.6 percent of GDP in 2003 from 6.8 percent in the previous year, with the external debt rising to about 63 percent of GDP by end-2003. Nevertheless, with population growing at about 2 percent a year, economic growth has remained inadequate over the past years for achieving meaningful poverty reduction and reducing high unemployment (officially estimated at over 50 percent).

This has reflected limited progress in implementing structural reforms to enhance the country’s competitiveness under the 1999–2002 PRGF arrangement. Moreover, the structure and effectiveness of public spending have not been conducive to an important improvement in social indicators, with limited progress made in moving toward a more pro-poor spending structure, despite the sharp increase in nonearmarked military-related revenue. (…)

30/06/05 (B304) Condoléances pour la disparition de F-X Verschave (K R)

Les hommes épris de dignite viennent de perdre un des leurs, à savoir ce
combattant de la liberte que fut M. Verschave, celui par qui bien des
scandales de la « Françafrique »ont été denoncés.

Je tiens à m’associer à la
douleur de tous ceux qui rêvent d’une Afrique renaissante et dignement
dirigée et qui ont perdu un être cher, avec le rappel à Dieu du Père de « La
Françafrique », livre consacré à la dénonciation des relations incestueuses
entre une certaine Afrique et une certaine France.



Que son âme se repose en paix. Que M. Chirac et ses compères du syndicat
Africain des dictateurs sachent que nous continuerons le combat pour que
naisse une Afrique libre et juste et pour mettre un terme au gâchis actuel.


Kenedid Rirache

30/06/05 (B304) François-Xavier Verschave est mort (Nouvel Obs)

Le fondateur de l’association Survie, spécialiste de la Françafrique, est mort d’un cancer mercredi.

François-Xavier Verschave, fondateur de l’association Survie, spécialiste de la Françafrique, est mort d’un cancer mercredi 29 juin, a annoncé son association dans un communiqué. « Fondateur de notre association Survie, qu’il présidait depuis 1995, il fut, 20 ans durant, en notre sein, ce qu’aucun qualificatif ne pourrait exprimer, au-delà des qualités et de la pertinence avec lesquelles il menait notre combat collectif. Il a défini lui même ce combat comme étant celui d’abord de ne pas nuire à autrui, et en particulier aux peuples africains », indique le texte.

La famille de François-Xavier Verschave a fait savoir qu’une célébration aura lieu à Villeurbanne, le samedi 2 juillet, avant l’inhumation de son corps. Une veillée de partage et de mémoire sera également organisée le même jour à 18 heures. Un second temps de partage et de mémoire sera organisé à Paris à la rentrée.



Procès

François-Xavier Verschave est né à Lille le 28 octobre 1945. Il était membre fondateur de l’association Survie, qu’il présidait depuis 1995. Il était également directeur de publication de la lettre mensuelle de l’association : Billets d’Afrique et d’ailleurs.

Spécialiste des relations franco-africaines, François-Xavier Verschave a notamment forgé et décrit le concept de « Françafrique ». Ses deux principaux ouvrages sur la question sont La Françafrique (Stock, 1999) et Noir silence (Les Arènes, 2000). Ce dernier lui a valu un procès pour offense à chefs d’Etat étrangers qui a finalement légitimé son travail puisque François-Xavier Verschave a été déclaré non coupable, compte tenu du « sérieux des investigations effectuées ».



Survie

Survie est une association de citoyens qui milite pour que l’argent de l’aide publique au développement serve réellement à lutter contre la pauvreté, soit mis un terme aux dérives souterraines et déshonorantes de la politique franco-africaine et soient mis en place des mécanismes de prévention et de répression des crimes contre l’humanité et de génocide.

30/06/05 (B304) La disparition de François-Xavier Verschave – Revue de presse extraite de Yahoo.fr.


  1. François-Xavier Verschave est mort Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

    Nouvel Observateur – 29 Juin 22:55

    Le fondateur de l’association Survie, spécialiste de la Françafrique, est mort d’un cancer mercredi. F rançois-Xavier Verschave, fondateur de l’association Survie, spécialiste de la Françafrique, est mort d’un cancer mercredi 29 juin, a annoncé son association dans un communiqué.
  2. Destinataire : Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

    Congopage – 29 Juin 18:19

    François-Xavier Verschave était membre fondateur de l’association Survie, qu’il présidait depuis 1995. Il était également directeur de publication de la lettre mensuelle de l’association : Billets d’Afrique et d’ailleurs…
  3. Destinataire : Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

    Congopage – 29 Juin 17:34

    Le manteau de la nuit a totalement recouvert le visage de l’auteur de Noir silence. Françoic-Xavier verschave est mort ce mercredi 29 juin, des suites d’un cancer. Ses proches le savaient malade. Il se murmuait qu’il n’y avait plus d’espoir.
  4. Destinataire : Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

    Congopage – 30 Juin 07:04

    Depuis que Berlin Est et Berlin Ouest ont fusionné au début des années 1990, Brazzaville et Kinshasa sont les capitales les plus proches du monde. On ne fait pas la fête lorsque ça brûle chez le voisin. Sagesse africaine. Les mêmes causes induisent les même effets. Expérience éléenne.
  5. François-Xavier Vershave nous a quitté/Le voyage d’un humaniste Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

    Africatime – 30 Juin 00:58

    Fondateur de notre association Survie, qu’il présidait depuis 1995, il fut, 20 ans durant, en notre sein, ce qu’aucun qualificatif ne pourrait exprimer, au-delà des qualités et de la pertinence avec lesquelles il menait notre combat collectif.

28/06/05 (B304) A lire sur le site du GED, la déclaration du Président Mahamoud Idriss Ahmed à l’occasion du 27 juin 2005

Lire l’intégralité de la déclaration sur le site du GED

C’est avec une même émotion partagée que nous nous adressons à chaque Djiboutien et à chaque Djiboutienne en ce jour du 27 juin qui commémore la date d’accession de notre pays à l’indépendance car nous savons quelles sont les conditions d’existence dans notre pays en situation de catastrophe dans laquelle, par leurs erreurs, leurs incapacités et leurs perfidies nous ont plongés et nous maintiennent les gouvernants actuels.

Ce jour du 27 juin 1977 est encore présent dans toutes les mémoires.

Chacun pensait que notre jeune république naissante se placerait d’emblée sur le long et difficile chemin de la démocratie.

Au fil des ans et des difficultés s’accumulant et s’aggravant, nous avons dépassé de très loin la grande déception qui était en nous en constatant que malgré toutes les promesses et tous les engagements, maintes fois répétés dans ses discours depuis 6 années, l’Etat Ismaëlien n’a fait que rajouter des difficultés à celles qui existaient déjà et s’est conforté dans un enfermement archaïque avec la primauté à toutes les corruptions prenant le pas sur l’intérêt national.

On sait par expérience ce que sont les promesses d’Ismaël Omar Guelleh.

Elles ont conduit notre pays et ses populations à la catastrophe.

Bon nombre de personnalités politiques de courage et qui avaient des projets d’avenir et de progrès pour notre pays et pour son peuple furent soit écartées, soit disparurent souvent dans des circonstances plus ou moins explicables mais ce ne saurait être un faisceau de coïncidences lorsque l’on sait que leur disparition coïncidait au mieux avec les intérêts d’Ismaël Omar Guelleh. (…)

28/06/05 (B304) Désillusions d’un jeune militant du PDD …

Les promesses ronflantes dans le discours, prononcées au Palais présidentiel (le
27 juin), ont été plus que décevantes. Même les propositions concrêtes qui avaient été formulées (voir ci-dessous), par le Président du PDD M. Mohamed Daoud, dans sa lettre du 19 juin sur la
formation d’un gouvernement d’Union nationale et recensement de la
population n’ont pas été retenues.

Il ne reste plus qu’une chose (un devoir ?) pour les Djiboutiens, c’est celui de s’insurger pacifiquement, mais avec fermeté,
contre ce régime usurpateur.

Un sympathisant du PDD.

Aw… le jeune

___________________________________ Copie de la lettre du PDD

Djibouti, le 19/06/05

A Monsieur le Président de la République
Chef du Gouvernement
Palais Présidentiel
Djibouti

Objet : Formation d’un gouvernement d’union nationale et recensement de la population.

Monsieur le Président de la République,

Ce dernier temps, le gouvernement ne cesse de répéter, que les élections régionales auraient lieu à la fin de cette année. Par ailleurs, nous nous permettons de vous rappeler les revendications des partis d’opposition, entre autres, la refonte des listes électorales. Même dernièrement, le Président de la C.E.N.I a fait des recommandations au gouvernement pour faire le nettoyage de ces listes. Il est donc logique de commencer à connaître, d’abord le nombre approximatif d’habitants de la République de Djibouti.

Actuellement, nous nous trouvons devant une incohérence flagrante concernant le nombre d’habitants de notre pays. Lors de l’élection présidentielle du 08 Avril 2005, le nombre d’électeurs inscrits officiellement était de 198 000. Cela signifie que la population est estimée entre 400 000 et 450 000 habitants.

D’autre part, tout le monde s’accorde, et même l’ancien Ministre de l’Intérieur l’avait reconnu, que parmi les 198 000 électeurs se trouvent des Djiboutiens décédés depuis l’indépendance. Pour vous donner une idée sur le nombre de ces morts, nous vous rappelons que lors du scrutin du 08 mai 1977, il y avait 105 962 électeurs inscrits et 28 ans après, presque la moitié de ces Djiboutiens nous ont définitivement quitté mais malheureusement restent toujours inscrits sur ces listes électorales. Egalement parmi les 198 000 électeurs, figurent doublement inscrits, la majorité des Djiboutiens qui ont pris leur carte nationale d’ identité dans les districts de l’intérieur. Ces doublons loin d’être négligeables pourraient atteindre quelques dizaines de mille. En déduisant de ces listes, les morts et les doublons, le nombre d’électeurs réels se situeraient entre 120 000 et 130 000, ce qui nous donne encore une estimation de la population de 250 000 à 300 000 habitants.

Il est donc clair que les deux estimations faites ci-dessus de 1a population sont très inférieures du chiffre de 600 000 à 700 000 habitants souvent avancé par le gouvernement. Il y a donc urgence à procéder au recensement de la population avant toute élection.

Dans ces conditions, nous avons l’honneur de vous demander l’ouverture des négociations avec les partis d’opposition à fin de parvenir à la formation d’un gouvernement d’union nationale qui :

– Procéderait au recensement de la population

– Etablirait des nouveaux fichiers électoraux

– Mettrait en application l’accord de paix du 12 mai 2001

– Préparerait les élections régionales et législatives.

Cela éviterait ainsi le risque de retour au système du parti unique qui se profile à l’horizon avec le refus de remboursement de la caution de 32 500 OOOFD déposée lors des élections législatives du 10 janvier 2003.

Ce refus contraindrait tout éventuel candidat à s’abstenir lors de la prochaine échéance de janvier 2008. Alors, ce serait un grand handicap pour le développement de notre pays qui resterait encore sous le système révolu du 20e siècle.

Il vous appartient donc de montrer votre bonne volonté pour faire avancer la démocratie et cette fois par acte tel que la formation d’un gouvernement d’union nationale et non par des beaux discours restés très souvent lettres mortes.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République à l’assurance de notre haute considération.