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04/12/2013 (Brève 320) Le Mensuel de Rennes – Un Rennais porte plainte contre le président de Djibouti pour crimes contre l’humanité (Interview)

Lien avec l’article original
http://www.rennes.lemensuel.com/actualite/article/2013/12/04/un-rennais-porte-plainte-contre-le-president-de-djibouti-pour-crimes-contre-lhumanite-15076.html

Auteur : T.R.

Houssein Ibrahim Houmed vient de déposer une plainte auprès de la cour pénale internationale à l’encontre du président de la République de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh.

Le Rennais, professeur de philosophie d’origine djiboutienne, l’accuse de crimes contre l’humanité.

Le Mensuel : Vous accusez les autorités djiboutiennes de massacres qui auraient débuté au lendemain de l’indépendance du pays, en juin 1977. Pourquoi porter plainte maintenant ?

Houssein Ibrahim Houmed : Parce que le président Ismaël Omar Guelleh continue de s’en prendre aux femmes et aux enfants du pays. Le génocide ne s’arrête pas, même si personne n’en parle.

On retrouve régulièrement des charniers, comme celui de Day, qui avait fait parler en 2007. Le climat est délétère. Le régime est liberticide. Il a transformé Djibouti en prison à ciel ouvert. Plus de 6 000 opposants sont actuellement incarcérés.

Parmi eux, il y avait l’un de mes anciens collègues enseignants à Djibouti. Il a été torturé et est mort dans des conditions atroces. Le même jour, l’armée ouvrait le feu sur des collégiens.

Pour moi, ça a été l’élément déclencheur. A Djibouti comme dans la diaspora, tout le monde a peur. Il faut rompre ce cercle et faire savoir au monde entier que là-bas, on tue.

Depuis le dépôt de ma plainte, j’ai reçu beaucoup de messages d’encouragements et de soutien. J’ai aussi reçu des menaces de mort.
C’est-à-dire ?
Je reçois des coups de téléphone d’intimidation, des messages sur Twitter appelant à ma mort.

J’ai également été agressé physiquement chez moi il y a moins d’une semaine. Ma femme et ma fille sont encore sous le choc et veulent que je retire ma plainte.

J’ai aussi eu un mystérieux coup de téléphone : mon interlocuteur me proposait 50 000 € contre mon silence.

Mais c’est trop tard, maintenant.

Je prends ce combat comme une mission. C’est très ambitieux de ma part, mais je souhaite faire pour les victimes djiboutiennes ce que Serge Klarsfeld a fait pour les victimes de la Shoah. Nous avons un devoir de mémoire envers elles.

Votre plainte est assortie de documents précis, de listes de personnes décédées. Depuis combien de temps travaillez-vous sur ce dossier ?

Depuis 2007. C’est un travail de fou, car les listes sont encore incomplètes. J’ai reçu hier un mail des Etats-Unis d’un monsieur qui me communique 600 autres noms de personnes assassinées par le régime. J’aurais voulu porter plainte plus tôt, mais je voulais m’assurer que toutes mes informations étaient sourcées et vérifiées.

Les enjeux sont trop importants.

Il me fallait aussi être sortir de la précarité administrative : on ne sort pas un dossier aussi brûlant lorsqu’on a qu’un titre de séjour à faire renouveler chaque année.

Maintenant que j’ai la nationalité française, je me sais protégé et sûr de mes droits.

Vous affirmez que ce sont principalement des personnes de l’ethnie afar qui sont victimes des massacres. Pourquoi sont-elles les cibles privilégiées ?

On trouve deux ethnies principales à Djibouti : les Afars et les Issas. Ismaël Omar Guelleh assoit son pouvoir en exacerbant d’anciennes tensions claniques (les Afars occupent une grande partie du territoire, mais c’est un parti issa qui contrôle le pouvoir depuis l’indépendance, marginalisant toute opposition afare. Une frustration qui a dégénéré en guerre civile en 1991, entre Issas et Afars, NDLR).

Son gouvernement, sclérosé par des axiomes fascistes, accuse les Afars de tous les maux. Il les a exclus de toute la sphère économique et politique. L’armée djiboutienne mène des raids répressifs jusqu’en Ethiopie où les Afars sont également présents.

L’ironie du sort, c’est qu’aujourd’hui Ismaël Omar Guelleh tue indifféremment des Afars et des Issas : il s’en prend à toute personne s’opposant à son pouvoir.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a tiré récemment la sonnette d’alarme sur le « génocide » en cours en Centrafrique. Comment peut-on expliquer le silence de la France sur des massacres à Djibouti, alors qu’elle y dispose de sa plus importante base militaire à l’étranger ?


En 1995, l’assassinat à Djibouti du juge français Bernard Borel avait fait beaucoup parler. Sa veuve, depuis, se bat pour faire connaître les abus du pouvoir djiboutien. Mais les enjeux sont gros pour la France.

20/10/05 (B320) Le Monde / Affaire Borrel : polémique autour de la déclassification de documents « secret-défense »

(Le Monde 19/10/2005)

Après l’appel d’une cinquantaine de personnalités lancé, lundi 17 octobre,  » pour la vérité sur l’assassinat du juge Bernard Borrel », la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, a confirmé, mardi, la déclassification de 23 documents jusque-là couverts par le secret-défense, dans le cadre de l’enquête sur la mort du juge Bernard Borrel, dont le corps a vait été retrouvé en 1995 à Djibouti.

« A deux reprises, j’ai été sollicitée par le juge d’instruction qui est chargé des investigations pour déclassifier des documents qui avaient été rédigés par les services de renseignement du ministère de la défense », a-t-elle expliqué devant l’Assemblée nationale. « La commission consultative du secret-défense a donc été saisie. (…) Cette commission a estimé que 23 documents présentaient un rapport direct avec les faits. J’ai déclassifié l’intégralité de ces documents », a-t-elle rappelé.

La remise d’autres éléments demandés par la juge chargée du dossier lui a été, en revanche, refusée, a-t-elle confirmé, au motif selon elle qu’ils n’ont « pas de rapport direct avec les faits ».

« ON SE MOQUE DE NOUS »

Assurant son « entier concours à la recherche de la vérité », la ministre a aussitôt été contredite par Olivier Morice, l’avocat de la famille Borrel, qui estime qu’elle a tenu secrets des documents essentiels. « Tous les documents des services secrets DGSE et DST qui concernent l’actuel président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, et son entourage, ou ceux en rapport avec l’attentat du Café de Paris [en 1990 à Djibouti] n’ont pas encore été déclassifiés », a expliqué Me Morice. Il soutient que ces documents ont un rapport avec l’affaire et ajoute : « La ministre cherche à éteindre le feu par une fausse déclaration. »

Le 19 octobre 1995, le corps du juge français Bernard Borrel était retrouvé carbonisé dans un ravin à 80 km de Djibouti. L’hypothèse d’un suicide, qui a longtemps prévalu au fil d’une enquête à rebondissements, a été mise à mal en 2003 par une série d’expertises qui ont conduit la justice à privilégier la thèse d’un assassinat. Selon elle, son mari enquêtait sur des affaires dans lesquelles était impliqué l’actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh.

Ces affaires auraient pu concerner des trafics d’armes mais aussi l’attentat du Café de Paris à Djibouti, en 1990, qui avait tué un Français et fait 11 blessés. Ces accusations, qui ont été démenties par le président Guelleh, empoisonnent depuis des années les relations diplomatiques entre Djibouti et la France, qui entretient dans ce pays une base militaire stratégique.

En février, la juge Clément n’a obtenu qu’une déclassification très partielle de documents de la direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage). « En autorisant la déclassification de deux feuillets, on se moque de nous. Cela confirme que nous sommes en présence d’une affaire d’Etat », avait expliqué Me Morice, qui se dit aujourd’hui convaincu qu’une déclassification totale permettrait de connaître la vérité sur cette affaire.

Avec AFP et Reuters

20/10/05 (B320) Le Nouvel Obs : La veuve du juge Borrel reçue ce mercredi après-midi par la juge d’instruction

AP | 19.10.05 | 10:57
PARIS (AP) — Elisabeth Borrel, la veuve du juge retrouvé mort il y a dix ans à Djibouti, sera reçue ce mercredi à 16h30 au palais de justice de Paris par la juge d’instruction Sophie Clément, en charge de l’enquête sur le décès de Bernard Borrel, a-t-on appris auprès de l’avocat de la famille, Me Olivier Morice.

Lors d’une conférence de presse mercredi matin, Elisabeth Borrel et son avocat ont dénoncé le manque de moyens accordés, selon eux, à la juge d’instruction et ils ont fait part de leur intention de demander la déclassification de nouveaux documents.

Bernard Borrel a été retrouvé mort et brûlé le 19 octobre 1995 face à l’Ile du Diable à Djibouti. Elisabeth Borrel soutient que son mari a été assassiné et accuse le président Ismaïl Omar Guelleh d’être le commanditaire du crime.

Cette version est fermement contestée par Djibouti, où des premières investigations entreprises après la découverte du corps du magistrat ont conclu à son suicide. Une thèse appuyée par les premiers juges d’instruction français, mais mise à mal par de nouvelles expertises médico-lé les qui concluent au meurtre de M. Borrel. AP

20/10/05 (B320) Le Nouvel Obs : Mme Borrel s’exprime sur l’affaire de son mari et sur le procès du 18 octobre (Transmis par un lecteur)

MORT DU JUGE BORREL

« A aucun moment l’Etat ne désarme »

NOUVELOBS.COM | 17.10.05 | 15:49

par Elisabeth Borrel,
veuve du magistrat
Bernard Borrel

Officiellement, où en est l’enquête ? De quoi les autorités français vous ont-elles mise au courant ?

– Dans un premier temps, alors que nous ne remettions pas encore en cause la thèse du suicide, j’avais reçu un télégramme diplomatique de l’ambassadeur de France m’indiquant qu’une autopsie serait pratiquée. Or, a priori, cette autopsie n’a pas été pratiquée et le corps a été transféré dans un hôpital militaire où un médecin légiste de l’armée a procédé à un examen du corps ainsi qu’à des radiographies. Le problème, c’est que le dossier médical a immédiatement disparu et n’a toujours pas été retrouvé.

Depuis, je me heurte à un mur, tout comme le juge d’instruction. Pendant longtemps, l’Etat français a maintenu cette version officielle du suicide jusqu’à ce qu’en février 1995, je me constitue partie civile et demande une autopsie. Celle-ci mettra un an à être faite et le rapport ne sera rendu encore qu’un an après, en février 1997.

Aujourd’hui, officiellement, le juge d’instruction et le parquet ont reconnu qu’il s’agissait d’un assassinat.

On sait en effet que le corps de mon mari présentait un coup au crâne et une fracture du bras et que deux liquides inflammables différents ont été utilisés pour le brûler, ce qui est incompatible avec l’hypothèse d’un suicide. Le mobile quant à lui reste inconnu en raison d’un manque d’expertises et de moyens d’investigation.

Qu’espérez vous obtenir des pièces dont vous demandez la déclassification ?

– Certaines pièces ont déjà été déclassifiées, mais le problème c’est que, même ça, on dirait une mise en scène. Par exemple, nous n’avons reçu que des pièces concernant les années du gouvernement Jospin mais rien datant de 1995-1996. Ou encore, lorsque les services secrets parlent d’une personne, ils se trompent de prénom et citent le père décédé. De même, concernant le dossier médical de mon mari qui aurait disparu, il doit bien se trouver quelque part ! Si ce n’était le cas, la DST aurait dû ouvrir une enquête.

Tout ceci ressemble tout de même bien à de la désinformation complète. Les services secrets tremblent de mettre en cause l’Etat djiboutien.

Bernard est mort en octobre 1995, en pleine course à la présidence djiboutienne, et alors qu’il travaillait sur l’attentat du Café de Paris. Mais pour les services secrets, c’est comme si rien ne s’était passé.

Dans un communiqué, le Syndicat de la Magistrature dénonce « des pressions et des manipulations ». De quel type de pressions s’agit-il et par qui ont-elles été exercées ?

– Ces pressions ont été claires et parfois même publiques. Par exemple quand le quai d’Orsay a annoncé qu’il avait l’intention de transmettre le dossier de mon mari à Djibouti pour qu’un procureur, mis en cause dans cette affaire, puisse y avoir accès, c’est une pression ! Officiellement, ils ne l’ont pas fait, en tous cas je l’espère, mais on n’en sait rien.

Des pressions ont également été exercées à l’encontre d’un témoin en Belgique qui, en janvier 2000, a affirmé avoir assisté à une réunion au cours de laquelle un homme a rendu compte de l’assassinat de mon mari à Ismaïl Omar Guelleh.

Des juges d’instructions ont aussi refusé que je les accompagne à Djibouti pour la reconstitution alors que normalement toutes les parties doivent être présentes.

J’ai eu accès à une cassette vidéo de cette reconstitution et j’ai vu des personnes ayant un comportement indigne de la magistrature et insupportable pour les familles. Il a fallu également se battre avec Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie pour obtenir la déclassification de certaines pièces.

Aujourd’hui, je n’ai officiellement aucun contact avec qui que ce soit et seul un syndicat de la magistrature nous a soutenus. Ce qui est désespérant, c’est qu’on a vraiment l’impression qu’à aucun moment, l’Etat ne désarme et ne se montre beau joueur. Une procédure en diffamation a ainsi été engagée contre le responsable d’un site de l’opposition djiboutienne qui nous avait soutenus.

L’audience tombera le jour même du 10e anniversaire de la mort de mon mari.

C’est cette volonté de nuire qui est grave!

Dans sa biographie, monsieur Villepin explique qu’il veut redonner confiance en l’Etat français et ses institutions. Moi, cela fait dix ans que je me bats contre elles et pour rétablir la confiance il faudrait une prise en charge réelle de cette affaire.

Propos recueillis par Jérôme Hourdeaux
(le lundi 17 octobre 2005

20/10/05 (B320) Recherche DAF désespérément…….. (Lecteur aux US)

C ‘est avec une certaine connotation humouristique que j’aborde le « cas DAF », à l’occasion du procés qui opposait l’Equipe de L’ARDHD et son président au G énéral
ZAKARIA.

A la lecture du compte-rendu d’audience publié sur le site, il est clair que seul DAF manquait à l’appel.
Sans ne vouloir faire des redites, c’est sur la base des documents remis par DAF et
ses accolytes, en catimini, que le Président de l’ARDHD a été mis en examen et contraint de se défendre.

Comment expliquer son absence alors qu’il était la personne la
plus concernée et qui disposait d’informations à produire.

D’autant plus qu’il a été condamné pour les même faits à Djibouti, par
un cour fantoche.

Aucune justification ne paliera cet acte indigne et innaceptable.

Je me sens solidaire de ce lecteur de Bruxelles qui s’est senti floué.
Résidant aux Etats-Unis, j’ai toujours été solidaire des activités du MRD en
Belgique et ailleurs.
J’ai pendant longtemps été un activiste determiné de la cause Dafienne.

Mais ce qui définit un homme politique, c’est sa capacité (son
courage????) à faire face à ses responsabilités (au moment opportun).

DAF devrait méditer cette pensée profonde s’il veut toujours jouer un rôle dans la
politique de notre pays.
L’adage populaire soutient que « des paroles sans les actes ne veulent rien
dire »
A bon entendeur, bye.

Un lecteur des Etats-unis.

20/10/05 (B320) RSF – SOMALIE : Brutalités policières, décrets arbitraires et prisons insalubres : le Puntland, une zone à haut risque pour les journalistes

Reporters sans frontières et son organisation partenaire en Somalie, l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), expriment leur grave préoccupation face au « comportement scandaleux et à la férocité zélée » dont fait preuve la police de la région autonome du Puntland (Nord-Est) envers la presse indépendante. Les deux organisations sont particulièrement révoltées par les conditions de détention déplorables à la prison de Bossasso, dont la dénonciation par un journaliste de la radio privée Somalia TV Network (STN) lui a valu une nouvelle incarcération arbitraire et de graves violences physiques, à la fin du mois de septembre 2005.

« En dépit de nos appels répétés, l’actuel président du gouvernement fédéral de transition, Abdullahi Yusuf Ahmed, n’a pas réussi à faire régner le droit dans la région où il conserve pourtant une influence majeure. Pourtant, il y a urgence. Les deux principales villes du pays, Garowe et Bossasso, sont devenues des zones à haut risque pour les journalistes. Les autorités n’ont aucun scrupule à museler la presse qui leur déplaît. S’il ne veut pas que ses engagements démocratiques perdent tout crédit sur la scène internationale, le président Abdullahi Yusuf Ahmed ne peut plus ignorer la dégradation de la situation de la liberté de la presse dans son fief », ont déclaré Reporters sans frontières et la NUSOJ.

Pour la deuxième fois cette année, Awale Jama Salad, rédacteur en chef de STN, a été arrêté le 26 septembre 2005 à Bossasso, maltraité et détenu pendant 48 heures dans des conditions dégradantes. Interpellé après avoir rendu compte de sa précédente incarcération, au mois de juillet, sur les ondes de la STN, le journaliste a été battu à coups de poing par des policiers, avant d’être transféré, le lendemain, au siège des services de renseignements, le Puntland Intelligence Service (PIS). Auparavant, le directeur de la radio, Abdisarak Shek Adun, avait tenté de lui rendre visite au commissariat, mais avait été menacé d’arrestation s’il s’avisait de revenir.

Awale Jama Salad et Abdisarak Shek Adun avaient tous deux été arrêtés le 30 juin et maintenus en détention pendant près de deux semaines, suite à la diffusion par STN d’une interview de l’un des candidats à la mairie de Bossasso. Selon des sources locales, plusieurs membres du conseil municipal avaient été arrêtés après avoir fait diffuser des communiqués sur les ondes de STN. Les deux journalistes avaient été relâchés le 12 juillet, suite à une grâce présidentielle.

Au cours de sa deuxième détention au siège du PIS, Awale Jama Salad était détenu dans une pièce étroite et étouffante, en compagnie de 70 détenus de droit commun, dont des suspects de meurtre, vol et trafic de drogue. Dans cette cellule, où les toilettes ne sont pas isolées du reste de la pièce, les rations alimentaires sont distribuées en nombre insuffisant pour alimenter tous les détenus et certains se battent pour un repas. Le seul point d’eau est la tuyauterie des toilettes. Le journaliste avait finalement été relâché grâce à la pression des organisations nationales et internationales, le 28 septembre.

« La détention illégale d’Awale Jama Salad et les mauvais traitements dont il a été victime sont des actes inqualifiables, destinés à envoyer un message clair aux journalistes, afin qu’ils atténuent leurs critiques des responsables du gouvernement, de la police et de l’administration, estime le secrétaire général de la NUSOJ, Omar Faruk Osman. Dans ce contexte, la seule alternative pour les journalistes est de chanter les louanges des autorités ou d’aller supporter les odeurs fétides de la prison. »

Avant que les autorités ne s’en prennent à la STN, un hebdomadaire d’opposition avait été réduit au silence. Le 20 avril, les forces de sécurité du Puntland avaient arrêté deux journalistes de Shacab (La Voix du peuple). Abdirashid Qoransey et son rédacteur en chef Abdi Farah Nur, après avoir été incarcérés et jugés, avaient finalement été acquittés quelques jours plus tard. Ils étaient accusés « d’incitation à la violence et d’insulte au Président », suite à la publication de deux articles critiquant les autorités. Le 28 avril, des représentants du gouvernement et du ministère de l’Information avaient effectué plusieurs visites à la rédaction de Shacab au sujet des autorisations de licence et du paiement de taxes supposées impayées, menaçant par la même occasion de fermer le journal. Ce fut chose faite, le 5 mai, par un décret du vice-président du Puntland, Hassan Dahir Afqurac, selon lequel « les articles publiés récemment dans Shacab étaient à l’origine d’une crise qui aurait pu déboucher sur des violences ». Craignant une incarcération, Abdi Farah Nur a fui le pays.

Leonard VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
5, rue Geoffroy-Marie
75009 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 84
Fax : (33) 1 45 23 11 51
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Web : www.rsf.org

20/10/05 (B320) RSF : le classement des nations vis à vis de la liberté de la Presse.

______________________________ Note de l’ARDHD
Contrairement à ce qu’a soutenu Me Aref devant la 17ème Chambre correctionnelle, Djibouti n’est pas un pays connu pour la liberté d’expression.

Classé 121ème sur 167, il aurait pu être encore plus mal classé : comme ses quatre voisins, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Yémen et la Somalie.

________________________________________________________

Le classement mondial 2005 et tous les communiqués de presse à son sujet sont sous embargo jusqu’au :

jeudi 20 octobre 2005 à 6h01 du matin, heure de Paris







CLASSEMENT MONDIAL DE LA LIBERTE DE LA PRESSE 2005



Corée du Nord, Erythrée, Turkménistan : les trous noirs de l’information dans le monde




De plus en plus d’Etats africains bien classés



Reporters sans frontières publie son quatrième classement mondial de la liberté de la presse. En queue de peloton, la Corée du Nord (167e et dernière position), l’Erythrée (166e) et le Turkménistan (165e) constituent de véritables trous noirs de l’information. Dans ces pays, la presse privée n’existe pas et la liberté d’expression est nulle. Les journalistes des médias officiels ne font que relayer la propagande de l’Etat. Tout écart est sévèrement réprimé. Un mot de trop, un nom mal orthographié, un commentaire qui s’écarte de la ligne officielle peuvent conduire un journaliste en prison ou attirer sur lui les foudres du pouvoir. Harcèlement, pressions psychologiques, intimidations et surveillance permanente sont alors de mise.



L’Asie orientale [Birmanie (163e), Chine (159e), Viêt-nam (158e), Laos (155e)], l’Asie centrale [Turkménistan (165e), Ouzbékistan (155e), Afghanistan (125e), Kazakhstan (119e)] et le Moyen-Orient [Iran (164e), Irak (157e), Arabie saoudite (154e), Syrie (145e)] sont les régions les plus difficiles au monde pour l’exercice de la liberté de la presse. Dans ces pays, la répression des autorités ou la violence exercée par des groupes armés à l’encontre de la presse empêchent les médias de s’exprimer librement.



L’Irak (157e) a encore dégringolé par rapport à 2004, en raison de l’aggravation de la situation sécuritaire des journalistes. Au moins 24 professionnels des médias ont été tués dans ce pays depuis le début de l’année 2005, faisant de ce conflit le plus meurtrier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : au total, 72 journalistes et collaborateurs des médias ont été tués depuis le début de la guerre, en mars 2003.



Des démocraties occidentales en recul



Quelques démocraties occidentales ont reculé dans le classement 2005. Ainsi, les Etats-Unis (44e) ont perdu plus de vingt places, principalement en raison de l’incarcération de la reporter du New-York Times, Judith Miller, et de mesures judiciaires qui mettent à mal la protection du secret des sources. Le Canada (21e) a également perdu quelques places, là aussi à cause de décisions qui fragilisent le secret des sources et transforment parfois les journalistes en « auxiliaires de justice ». La France (30e) est, elle aussi, en recul. Des perquisitions de locaux de médias, des gardes à vue de journalistes et la création de nouveaux délits de presse sont notamment à l’origine de cette nouvelle position.



En tête du classement, on retrouve, comme en 2004, des pays d’Europe du Nord (Danemark, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pays-Bas) qui garantissent une réelle et durable liberté de la presse. Les dix premiers pays du classement 2005 sont européens. La Nouvelle-Zélande (12e), Trinidad et Tobago (12e), le Bénin (25e) et la Corée du Sud (34e) arrivent en tête pour les autres continents.



Liberté de la presse, développement économique et indépendance



Des Etats qui ont acquis ou retrouvé leur indépendance récemment se montrent très respectueux de la liberté de la presse. Ils coupent court ainsi aux arguments fallacieux invoqués par de nombreux leaders autoritaires selon lesquels il serait nécessaire de patienter plusieurs décennies avant que la démocratie ne puisse s’installer. En effet, neuf Etats qui comptent moins de quinze ans d’existence (ou bien qui ont récupéré leur indépendance depuis moins de quinze ans) se placent dans les soixante premiers du classement : Slovénie (9e), Estonie (11e), Lettonie (16e), Lituanie (21e), Namibie (25e), Bosnie-Herzégovine (33e), Macédoine (43e), Croatie (56e), Timor-Leste (58e).



De même, ce classement tord le cou à la théorie – abondamment utilisée par les dirigeants des pays pauvres et liberticides – selon laquelle le développement économique est un préalable indispensable à la démocratisation et au respect des droits de l’homme. Si la tête du classement est très largement occupée par des Etats riches, plusieurs nations très pauvres (dont le PIB par habitant ne dépassait pas, en 2003, 1 000 dollars) figurent dans les soixante premiers. C’est le cas du Bénin (25e), du Mali (37e), de la Bolivie (45e), du Mozambique (49e), de la Mongolie (53e), du Niger (57e) et du Timor-Leste (58e).



Deux facteurs d’amélioration en Afrique



De nouveaux Etats africains gagnent des places chaque année. Deux facteurs contribuent à faire entrer des pays autrefois tourmentés dans la première moitié du classement : la lutte contre l’impunité et la suppression des peines de prison pour des délits comme la diffamation ou la publication de fausses nouvelles.



Ainsi, outre les pays traditionnellement respectueux de la liberté de la presse, comme le Cap-Vert (29e), l’Afrique du Sud (31e), Maurice (34e) ou le Mali (37e), en 2005, le Mozambique fait une remontée spectaculaire de la 64e à la 49e place. Dans ce pays, les lourdes sanctions prononcées contre les assassins de Carlos Cardoso ont contribué à apaiser une situation qui, à la fin de années 90, était précaire. Par ailleurs, l’adoption de lois dépénalisant les délits de presse a permis à la République centrafricaine, par exemple, de passer de la 104e à la 82e place. Cette année encore, un cadre législatif réformé en Angola (76e), qui pourtant sort d’une interminable guerre civile, lui permet de gagner quelques places.



En revanche, le fait que les assassins de Norbert Zongo soient toujours en liberté au Burkina Faso (78e) et les promesses de dépénalisation, non encore tenues, du président Abdoulaye Wade au Sénégal (78e) pèsent sur le classement de ces pays, où la situation n’est pourtant pas aussi mauvaise que celle du Cameroun (83e). Dans ce dernier, des journalistes sont encore régulièrement envoyés en prison.



Parallèlement, des processus électoraux sous surveillance internationale ont permis à des pays comme la Guinée-Bissau (71e) ou le Liberia (83e) de remonter dans le classement.



La violence à l’égard des journalistes perdure



Des lois injustes et des gouvernements répressifs maintiennent à de mauvaises places des pays qui offrent pourtant un réel pluralisme de l’information. Il en est ainsi de Madagascar (97e), de la Guinée (102e), du Kenya (109e), du Tchad (109e), de la Mauritanie (127e) ou de l’Ethiopie (131e), entre autres.



Quelques pays africains ont connu une nette détérioration de la situation de la liberté de la presse. La Gambie (130e), où régnait un climat de défiance entre la presse et le gouvernement les années précédentes, chute brutalement en raison de l’assassinat impuni du journaliste Deyda Hydara et du comportement de plus en plus méprisant envers la presse du président Yahya Jammeh. En Sierra Leone (126e), les violences, policières et politiques, exercées contre les journalistes ont entraîné la dégradation d’une situation déjà mauvaise. Harry Yansaneh, le remplaçant du journaliste emprisonné Paul Kamara à la tête du quotidien For Di People, a payé de sa vie ce climat d’extrême tension. Malgré les efforts fournis par les journalistes du pays pour se défendre, la Somalie (149e) reste l’un des plus dangereux pour la presse en Afrique et ne parvient pas à sortir de l’ornière de l’anarchie. Deux femmes journalistes, Kate Peyton, de la BBC, et Duniya Muhiyadin Nur, de la radio HornAfrik, ont trouvé la mort cette année à Mogadiscio.




Sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo (146e), la violence et la répression, encouragées par une législation parfois aberrante, ont empêché toute amélioration de la situation de la liberté de la presse. Le Zimbabwe (153e) stagne dans les profondeurs du classement. L’un des gouvernements les plus impitoyables du continent s’acharne toujours sur une presse indépendante courageuse mais aux moyens limités. Enfin, en Erythrée (166e), avant-dernière du classement, la liberté de la presse n’y existe tout simplement plus depuis le 18 septembre 2001.



Pour établir ce classement, Reporters sans frontières a demandé à ses organisations partenaires (14 associations de défense de la liberté d’expression dispersées sur les cinq continents), à son réseau de 130 correspondants, à des journalistes, des chercheurs, des juristes ou des militants des droits de l’homme de répondre à 50 questions permettant d’évaluer la situation de la liberté de la presse dans un pays. 167 nations y apparaissent, les autres sont absentes, par manque d’informations.







Reporters sans frontières              

Classement mondial de la liberté de la presse 2005             

      Pays    Note

1   Danemark        0,50
   Finlande        0,50
   Irlande 0,50
   Islande 0,50
   Norvège 0,50
   Pays-Bas        0,50
   Suisse  0,50

8   Slovaquie       0,75

9   République tchèque      1,00
   Slovénie        1,00

11  Estonie 1,50

12  Hongrie 2,00
   Nouvelle-Zélande        2,00
   Suède   2,00
   Trinidad et Tobago      2,00

16  Autriche        2,50
   Lettonie        2,50

18  Allemagne       4,00
   Belgique        4,00
   Grèce   4,00

21  Canada  4,50
   Lituanie        4,50

23  Portugal        4,83

24  Royaume-Uni     5,17

25  Bénin   5,50
   Chypre  5,50
   Namibie 5,50

28  El Salvador     5,75

29  Cap-Vert        6,00

30  France  6,25

31  Afrique du Sud  6,50
   Australie       6,50

33  Bosnie-Herzégovine      7,00

34  Corée du Sud    7,50
   Jamaïque        7,50
   Maurice 7,50

37  Japon   8,00
   Mali    8,00

39  Hong-Kong       8,25

40  Espagne 8,33

41  Costa Rica      8,50

42  Italie  8,67

43  Macédoine       8,75

44  Etats-Unis (territoire américain)       9,50

45  Bolivie 9,67

46  Uruguay 9,75

47  Israël  10,00

48 Bulgarie        10,25

49 Mozambique      10,50

50 Chili   11,75

51 République dominicaine  12,25
  Taïwan  12,25

53 Chypre (partie Nord)    12,50
  Mongolie        12,50

  Pologne 12,50

56 Croatie 12,83

57 Niger   13,00

58 Timor-Leste     13,50

59 Argentine       13,67

60 Botswana        14,00

  Fidji   14,00

62 Albanie 14,17

63 Brésil  14,50
  Tonga   14,50

65 Serbie-Monténégro       14,83

66 Ghana   15,00
  Panama  15,00

68 Nicaragua       15,25

69 Paraguay        15,50

70 Roumanie        16,17

71 Congo-Brazza    17,00
  Guinée-Bissau   17,00
  Seychelles      17,00

74 Moldavie        17,50
  Tanzanie        17,50

76 Angola  18,00
  Honduras        18,00

78 Burkina Faso    19,00
  Sénégal 19,00

80 Ouganda 19,25

81 Lesotho 19,50

82 République centrafricaine       19,75

83 Cameroun        20,50
  Liberia 20,50

85 Koweït  21,25

86 Guatemala       21,50

87 Equateur        21,75

88 Comores 22,00

89 Malawi  22,75

90 Burundi 23,00
  Cambodge        23,00
  Qatar   23,00
  Venezuela       23,00

  Zambie  23,00

95 Togo    23,75

96 Jordanie        24,00

97 Madagascar      24,50

98 Turquie 25,00

99 Géorgie 25,17

100        Emirats Arabes Unis     25,75
  Kosovo  25,75

102        Arménie 26,00
  Gabon   26,00
  Guinée  26,00
  Indonésie       26,00

106        Inde    27,00

107        Thaïlande       28,00

108        Liban   28,25

109        Kenya   30,00
  Tchad   30,00

111        Kirghizistan    32,00

112        Ukraine 32,50

113        Malaisie        33,00
  Tadjikistan     33,00

115        Sri Lanka       33,25

116        Pérou   33,33

117        Haïti   33,50

118        Swaziland       35,00

119        Kazakhstan      36,17
  Maroc   36,17

121        Djibouti        37,00

122        Rwanda  38,00

123        Bahreïn 38,75
  Nigeria 38,75

125        Afghanistan     39,17

126        Sierra Leone    39,50

127        Mauritanie      40,00

128        Colombie        40,17

129        Algérie 40,33

130        Gambie  41,00

131        Ethiopie        42,00

132        Autorité palestinienne  42,50

133        Guinée équatoriale      44,00 –  Soudan  44,00

135        Mexique 45,50

136        Yémen   46,25

137        Etats-Unis (en Irak)    48,50

138        Russie  48,67

139        Philippines     50,00

140        Singapour       50,67

141        Azerbaïdjan     51,00

142        Bhoutan 51,50

143        Egypte  52,00

144        Côte d’Ivoire   52,25

145        Syrie   55,00

146        République démocratique du Congo        57,33

147        Tunisie 57,50

148        Maldives        58,50

149        Somalie 59,00

150        Pakistan        60,75

151        Bangladesh      61,25

152        Bélarus 61,33

153        Zimbabwe        64,25

154        Arabie saoudite 66,00

155        Laos    66,50
  Ouzbékistan     66,50

157        Irak    67,00

158        Viêt-nam        73,25

159        Chine   83,00

160     Népal   86,75

161        Cuba    87,00

162        Libye   88,75

163        Birmanie        88,83

164        Iran    89,17

165        Turkménistan    93,50

166        Erythrée        99,75

167     Corée du Nord   109,00


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19/10/05 (B320) Maitre Aref a-t-il aussi trahi Guelleh ? (A lire le site du GED)

En recherchant sur Internet les articles ayant trait à Djibouti, l’équipe de l’ARDHD a trouvé un article sur le site du GED, qui affirme que Me Aref aurait joué un double jeu depuis des années. La reproduction d’un fax est annexée à l’article : le contenu mérite la lecture.

Comme il s’agit d’un fax adressé à notre Président, nous l’avons interrogé à ce sujet et voici sa réponse :

« Ce document faisait effectivement partie de mes archives personnelles que je n’avais jamais consultées ni divulguées depuis cinq ans. Aussi découvert à l’occasion de la préparation de mon dossier de défense et compte-tenu du fait qu’il s’agit d’un élément important dans une instruction judiciaire pour crime, je l’ai aussitôt transmis, comme cela est mon devoir, à la Justice française. Mon avocat l’a aussi transmis aux parties dans mon procès, avec un lot de documents manuscrits. A la suite d’un accord intervenu en cours de séance, entre les différents avocats, cet article et d’autres annexes ont été retirés des dossiers remis au Président et au procureur de la République. J’ignore comment une copie est arrivée entre les mains du GED.

Je précise que je n’ai aucune haine à l’égard de Me AREF. On ne consacre pas plusieurs années de sa vie pour sauver un homme de la mort et de la prison, pour l’accabler ensuite.

Ce qu’il a fait à mon égard en plaidant contre moi (en dépit du fait qu’il m’assurait sa reconnaissance et son amitié) pour le compte du Général Zakaria est un acte inqualifiable (A noter que le Général avait déjà son propre avocat et que la présence d’AREF ne m’a pas semblé être indispensable …). Il me remplit de tristesse et ne m’inspire que mépris et dégoût et rien d’autre. En dehors de cela, je ne profiterai jamais de cette situation ni pour me venger ni pour le salir. Si besoin est, j’ai découvert le 18 octobre, qu’il sait le faire de son propre chef, sans mon aide et cela ne regarde que lui et sa conscience. Pour moi, la cause est entendue et je ne m’exprimerai plus à son sujet.»