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10/12/2013 (Brève 329) Sur France Info, Mohamed Alhoumékani confirme les déclarations faites au micro de Benoit Collombat et il lance un défi aux autorités yéménites et au pouvoir djiboutien au cas où ils nieraient les tentatives de pression exercées contre lui, car il affirme détenir des preuves écrite et orales

Lien avec le site de France Info
http://www.franceinfo.fr/justice/affaire-borrel-comment-djibouti-a-tente-de-faire-taire-un-temoin-cle-1242781-2013-12-09

Affaire Borrel : comment Djibouti a tenté de faire taire un témoin clé

Par Rémi Ink

Le juge Borrel, assassiné en 1995, à Djibouti © Maxppp
Rebondissement dans l’affaire Borrel, ce magistrat français assassiné en octobre 95, à Djibouti. Un témoin clé parle aujourd’hui, pour la première fois.

Il accuse Djibouti d’avoir tenté de le faire revenir par tous les moyens sur son témoignage.

Mohamed Alhoumekani est l’ancien responsable de la garde présidentielle à Djibouti. Et c’est un rescapé. Retenu pendant plus de trois mois au Yémen : emprisonné puis interdit de quitter le pays, il échappe à une fusillade et se réfugie en Belgique.

« Je me suis échappé clandestinement, sans carte d’identité et sans passeport. »


L’homme accuse le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, dans l’affaire Borrel. Il accuse notamment Djibouti d’avoir tenté de le faire revenir par tous les moyens sur son témoignage dans l’affaire Borrel.

« J’ai eu la visite du chef d’Etat major général des armées djiboutien. Il m’a fait comprendre que j’avais intérêt à changer sur le dossier de l’assassinat du juge Borrel, sinon je risquais de perdre ma vie. »


Mohamed Alhoumekani explique également avoir reçu la visite de l’ambassadeur de Djibouti sur place, accompagné de haut dignitaires yéménites. « On m’a proposé des millions de dollars. Le deal principal, c’était de me faire changer mon témoignage », explique-t-il.

L’homme assure être en possession d’enregistrements audio qui prouveraient ses accusations. Il se dit prêt à les livrer aux juges en charge de l’enquête sur l’affaire du juge Borrel.

09/12/2013 (Brève 329) Les députés belges « ouvrent les yeux » sur la véritable situation du peuple djiboutien et ils proposent à la France et aux autres états membres d’ouvrir les leurs, en adoptant le même projet de résolution ….(Info lecteur)

Lien pour télécharger le document original
http://www.lachambre.be/doc/flwb/pdf/53/3029/53k3029001.pdf

Le contenu du projet de résolution que la Belgique s’apprête à adopter et demande à la France et aux autres États membres de l’UE présents à Djibouti d’en faire autant.

MESDAMES, MESSIEURS,
La piraterie dans l’ouest de l’océan Indien fait peser depuis plus de dix ans maintenant une menace grandissante sur la sécurité, le trafi c maritime international et, plus largement, sur le développement socioéconomique et la stabilité politique de cette région.

Tout en ayant toutes les caractéristiques de la criminalité organisée, la piraterie est un problème complexe qui ne peut être surmonté qu’en combinant les efforts politiques et diplomatiques avec l’action militaire et judiciaire, l’aide au développement et une forte coordination internationale.

C’est pour répondre à ces défis que l’Union européenne (UE) a développé une “approche globale” visant à s’attaquer à la fois aux manifestations actuelles du problème et aux causes profondes de celuici et qui s’inscrit dans le cadre des Nations Unies et des résolutions du Conseil de sécurité concernant la piraterie au large des côtes somaliennes.

L’UE et ses États membres, dont la Belgique, participent activement à tous les groupes de travail respectivement chargés des activités de coordination militaires et opérationnelles, des questions juridiques, des mesures d’autoprotection, de la politique d’information du public, des enquêtes ainsi que des fl ux fi nanciers. Le code de conduite de Djibouti, signé en 2009 sous les auspices de l’Organisation maritime internationale (OMI), ainsi que la stratégie régionale et le plan d’action régional pour la région de l’Afrique orientale et australe et de l’océan Indien, approuvés en octobre 2010 à l’île Maurice, garantissent l’appropriation au niveau régional des actions de l’UE.

L’engagement de l’UE dans la Corne de l’Afrique(1) résulte de l’importance géostratégique de la région, des relations que l’UE entretient de longue date avec les pays de cette zone et du souhait de l’UE de contribuer à arracher ces populations à la pauvreté pour les faire accéder à l’autonomie économique, ainsi que de la nécessité pour l’UE de protéger ses propres citoyens contre les menaces pesant sur leur sécurité. Le Conseil des ministres de l’UE a ainsi adopté, le 14 novembre 2011, un cadre stratégique pour la Corne de l’Afrique.

(1) Région regroupant les pays membres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), à savoir Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud et l’Ouganda.

3 Plus largement, la problématique globale de la piraterie a également conduit la communauté internationale à se pencher — enfi n — sur la situation de cette région du monde. Cette attention particulière a permis d’ouvrir les yeux de beaucoup sur la situation régionale, mais aussi sur celle plus nationale de certains États composant la Corne de l’Afrique.

C’est ainsi que la situation de Djibouti a interpellé les auteurs de la présente proposition de résolution qui désirent attirer l’attention sur la situation politique et socioéconomique de cet État. Une situation que l’on analyse trop souvent au regard d’intérêts occidentaux géostratégiques et économiques sans prendre le temps de se pencher sur les maux de cet État.

La République de Djibouti est un petit pays d’une superf i cie de 23 000 km2 situé sur les bords de la mer Rouge. Un pays qui est devenu indépendant en 1977 et dont la population, estimée entre 700 000 et 800 000 personnes, a selon les statistiques officielles une espérance de vie relativement faible et un indice de pauvreté très élevé. Djibouti souffre d’une série de handicaps structurels (des ressources naturelles limitées, un climat aride et des contraintes propres à un pays de taille réduite), mais peut néanmoins tirer avantage de sa position géostratégique.

En effet, bien qu’étant en superfi cie un “petit pays”, la situation géographique de Djibouti lui confère une grande importance géostratégique dans la région. Ainsi, Djibouti constitue une base avancée pour de nombreuses nations dans la région: les Français depuis de très nombreuses années, les Américains (environ 2 700 hommes), les Allemands, les Japonais ou encore les Italiens. Les Russes ont, quant à eux, récemment exprimé leur désir de s’implanter dans le pays.

Le système politique du pays se caractérise par un régime présidentiel fort. La Constitution de 1992 et l’accord de paix signé en 1991, ayant mis fin à la guerre civile, reconnaissent les libertés fondamentales et les principes sur lesquels se fonde la bonne gouvernance.

Cependant, la mise en œuvre de la décentralisation administrative et d’un système politique multipartite est loin d’être effective.

Preuve en est que la tenue d’élections législatives en février 2013 a ouvert une période de grave instabilité et de crise politique qui perdure depuis.

Le président actuel, Ismail Omar Guelleh, est arrivé au pouvoir en 1999 pour être ensuite réélu président en 2005 avec 100 % des suffrages, puis en 2011 avec près
5 de 80 % des voix dans un scrutin largement boycotté par l’opposition après que le parlement de Djibouti eut amendé la Constitution de façon à permettre au président Guelleh d’être candidat à un nouveau mandat. Une nouvelle candidature en 2016 semble ainsi fort probable.

Le 22 février 2013 se tenaient — pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir d’Ismail Omar Guelleh
— des élections législatives auxquelles les partis de l’opposition avaient décidé de prendre part en raison de la mise en œuvre d’un nouveau mode de scrutin partiellement proportionnel, permettant la représentation parlementaire de la minorité politique.

Au terme de ce scrutin, et selon les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) a obtenu 68 % des suffrages, tandis que l’opposition a dénoncé des fraudes massives et a proclamé sa victoire électorale. Le Conseil constitutionnel a ensuite rejeté le recours de l’opposition visant à contester le résultat des élections.

La situation postélectorale est donc marquée par la confrontation entre le régime de Guelleh avec l’opposition USN (coalition des partis d’opposition) qui ne faiblit pas depuis plus de cinq mois. L’opposition ayant fait le choix de boycotter le parlement issu de ce scrutin a constitué une “Assemblée nationale légitime” (ANL) en marge de l’Assemblée nationale.

Face à cette situation de crise, l’unique réponse du régime a été, jusqu’à présent, la répression allant d’arrestations arbitraires, d’emprisonnements arbitraires, d’intimidations de plusieurs fi gures de l’opposition jusqu’aux tortures et aux meurtres.

Les organismes internationaux de défense des droits de l’homme ne cessent de demander l’arrêt de cette escalade.

Au niveau de la communauté internationale, l’UE, la France et les ÉtatsUnis ont demandé la publication des résultats généraux, par bureau de vote, des élections du 22 février 2013 que l’opposition dit avoir gagnées avant de subir un holdup électoral de la part du régime. Cette publication permettrait de mettre fi n aux doutes et suspicions actuels.

6 Pourtant, le temps passe et le régime djiboutien actuel semble se murer dans une volonté jusqu’auboutiste et cela malgré des promesses de négociations avec l’opposition, promesses qui sont à ce jour restées vaines.

Face à cette situation qui ne cesse de s’enliser, l’UE ne peut rester les bras croisés.

Si elle agit déjà concrètement au profit de la population, via notamment les Fonds européens de développement (FED), elle devra également exercer une pression diplomatique nécessaire afi n d’induire les parties à une solution pacifi que, politique et démocratique devant conduire à un accord entre le régime en place et l’opposition conformément aux résultats du scrutin de février 2013 sur lequel il faudra lever tout doute.

La Belgique a, elle aussi, bel et bien un rôle à jouer en termes de pressions diplomatiques à l’égard de ce pays.

En effet, sur proposition du ministre de la Défense, Pieter De Crem, le Conseil des ministres a autorisé l’engagement d’un pilote C130 à Djibouti, dans le cadre de l’opération Combined Joint Task Force Horn of Africa, pour une période d’environ cinq mois à partir de fi n mai 2013.

De plus, l’opposant belgodjiboutien Daher Ahmed Farah a fait très récemment l’objet d’une nouvelle arrestation politique à Djibouti avant d’être fi nalement libéré à la miaoût. Daher Ahmed Farah, président du Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement (MRD, opposition) et porteparole de l’USN, était rentré à Djibouti en janvier 2013 après neuf ans d’exil en Belgique, dans la perspective des élections législatives.

Il a fait l’objet de plusieurs arrestations avant et après ce scrutin. Pour rappel, son arrestation avait été motivée par un “refus” d’exécution judiciaire d’une condamnation en 2003 à six mois de prison – dont trois fermes — pour diffamation à l’encontre du chef de l’armée de l’époque. L’arrêt avait été cassé par la Cour suprême, qui a condamné le BelgoDjiboutien à trois mois de prison avec sursis et à une forte amende, dont il s’est acquitté.

Par la présente proposition, les auteurs souhaitent relayer les termes forts et volontaristes de la résolution adoptée par le Parlement européen le 4 juillet 20132 et ainsi exprimer les préoccupations que leur inspire la situation prévalant à Djibouti depuis les élections législatives du 22 février 2013. Il s’agit de dénoncer,

7 encore une fois et audelà des aspects stratégiques de l’Occident dans ce pays, les atteintes graves aux valeurs inaliénables que sont la liberté d’expression, la liberté de manifester pacifi quement, la démocratie et les droits de l’homme.

La situation actuelle ne fait qu’aggraver les conditions de vie des populations et mine dès lors tous les efforts de la communauté internationale et plus particulièrement de l’UE en matière d’aide au développement, tout en contribuant encore un peu plus aux causes et conséquences de l’instabilité dans cette région du monde.

8 PROPOSITION DE RÉSOLUTION
LA CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS,

A. vu la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ratifi ée par Djibouti, et vu la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948;

B. vu l’Accord de Cotonou, signé le 23 juin 2000 et révisé le 22 juin 2010;

C. vu la résolution du Parlement européen du 4 juillet 2013 sur la situation à Djibouti;

D. considérant qu’en raison de sa position à la pointe de la Corne de l’Afrique et à l’entrée de la mer Rouge, Djibouti et ses infrastructures stratégiques (ports et zones franches) jouent un rôle important pour toute la région et considérant que malgré ce rôle les populations souffrent d’un développement socioéconomique faible;

E. considérant que Djibouti joue un rôle clé dans la lutte contre la piraterie et le terrorisme dans la région;

F. considérant l’implication de la Belgique dans cette lutte menée par la communauté internationale contre la piraterie internationale dans cette région, laquelle implication est matérialisée par l’envoi de militaires et de bâtiments belges en opération;

G. considérant que depuis son indépendance en 1977 jusqu’à 2003 Djibouti a connu un système de parti unique;

H. considérant qu’une grave crise politique secoue le pays depuis les dernières élections législatives du 22 février 2013;

I. considérant que, pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir d’Ismail Omar Guelleh, les partis de l’opposition, espérant le pluralisme démocratique, avaient décidé de prendre part aux élections législatives du 22 février 2013, en raison d’un nouveau mode de scrutin partiellement proportionnel, permettant la représentation parlementaire de la minorité politique;

J. considérant que, lors de ce scrutin, les opérations de vote ont été observées par l’Union africaine (UA), la Ligue arabe, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), qui ont supervisé 154 bureaux de vote sur plus de 400 et 12 centres de dépouillement, et ont souligné la transparence du scrutin, n’ayant relevé aucun cas de fraude ni de bourrage d’urnes;

K. considérant que, selon les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) a obtenu 68 % des suffrages;

L. considérant que l’opposition, qui, pour la première fois depuis l’indépendance, peut faire son entrée au parlement, dénonce des fraudes massives et proclame sa victoire électorale; que le Conseil constitutionnel a rejeté le recours de l’opposition visant à contester le résultat des élections;

M. considérant que l’opposition boycotte le parlement issu de ce scrutin;

N. considérant que les résultats des élections législatives du 22 février 2013 n’ont toujours pas été publiés par bureau de vote, malgré les demandes de l’Union européenne, ce qui entraîne des soupçons de fraudes;

O. considérant que la répression, par un usage disproportionné de la force, des manifestations des partis de l’opposition qui contestent la régularité des élections législatives, aurait fait au moins dix morts, tués par balles par les forces de l’ordre;

P. considérant les arrestations massives de manifestants de l’opposition; considérant que les ONG dénoncent des cas de mort suspecte, de torture et de disparition;

Q. considérant que, depuis les élections du 22 février 2013, plus d’un millier d’opposants auraient été emprisonnés et/ou réprimés pour des périodes plus ou moins longues, en ce compris l’opposant belgodjiboutien Daher Ahmed Farah;

R. considérant les poursuites judiciaires engagées contre la plupart des dirigeants ou de porteparoles de l’opposition et contre de nombreux journalistes;

S. considérant les conditions extrêmement préoccupantes de détention dans les prisons djiboutiennes;

T. considérant que la Constitution de 1992 reconnaît les libertés fondamentales et les principes de base de la bonne gouvernance et que l’article 10 de la Constitution dispose que “le droit à la défense, y compris celui de se faire assister par l’avocat de son choix, est garanti à tous les stades de la procédure”;

U. considérant que Djibouti est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels;

V. considérant que les femmes djiboutiennes sont confrontées à des formes diverses de violence, dont le viol, les mutilations génitales féminines, les violences domestiques, le harcèlement sexuel et le mariage précoce, qui ont de lourdes conséquences en termes de destruction physique et psychologique des femmes;

W. considérant que Djibouti se situe à la 167e place (sur 179) dans le classement mondial 2013 de la liberté de l’information établi par Reporters sans frontières; considérant l’interdiction faite aux journalistes étrangers de se rendre à Djibouti et les difficultés que cette interdiction entraîne pour obtenir des informations fi ables sur ce qui se passe dans ce pays;

X. considérant qu’en mars 2012, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a estimé que 180 000 personnes à Djibouti

avaient besoin d’une assistance alimentaire;

Y. considérant qu’au cours des vingt dernières années, l’Union européenne et ses États membres ont été les principaux bailleurs de fonds de Djibouti; que les sommes versées par les ÉtatsUnis, le Japon et la France, pour l’occupation de leurs bases militaires, représentent une rente assurant à Djibouti une croissance continue;

Z. considérant que le respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’État de droit est à la base du partenariat ACPUE et qu’il constitue l’un des éléments essentiels de l’Accord de Cotonou;

DEMANDE AU GOUVERNEMENT:

1. d’appeler — à l’instar de l’Union européenne — à une publication transparente des résultats du scrutin du 22 février 2013 pour chaque bureau de vote;

2. d’appeler l’ensemble des forces politiques djiboutiennes à respecter l’État de droit, y compris le droit de manifester pacifi quement et la liberté d’expression et de la presse, et à s’abstenir de recourir à la violence et à la répression;

3. de faire pression — tant au niveau bilatéral qu’européen — auprès des autorités djiboutiennes afi n que cellesci mettent fi n à la répression des opposants politiques et aux arrestations arbitraires pour motifs politiques et autorisent les journalistes étrangers à venir dans le pays ainsi que des missions civiles afi n de faire le point sur la situation du pays;

4. de défendre pleinement au sein du Conseil des ministres européens des Affaires étrangères la position volontariste de la résolution adoptée par le Parlement européen le 4 juillet 2013;

5. de demander aux autorités djiboutiennes de veiller au respect des droits de l’homme reconnus par les instruments nationaux et internationaux, auxquels Djibouti a souscrit, et de garantir les droits et les libertés civils et politiques, y compris le droit de manifester pacifi quement et la liberté de la presse;

6. de condamner fermement et formellement les actes de violence sexuelle perpétrés à l’encontre des femmes et de rappeler qu’il incombe au gouvernement de Djibouti de mettre un terme à l’impunité en traduisant en justice les auteurs de

ces violences;

7. de demander au gouvernement de Djibouti d’ouvrir le dialogue politique avec l’opposition conformément à l’annonce faite par le chef de l’État le 27 juin 2013, à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance nationale, avec l’aide des institutions ayant validé les résultats électoraux, en particulier l’Union africaine, tout en appuyant l’action des organisations régionales et à apporter sa contribution pour trouver une solution politique afi n de sortir de la crise actuelle;

8. d’appeler à l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire pour faire la lumière sur les agissements des forces de l’ordre lors des manifestations et punir les auteurs des violations des droits de l’homme.

10 septembre 2013

Mohammed JABOUR (PS)
Philippe BLANCHART (PS)
Christiane VIENNE (PS)
Olivier HENRY (PS)

22/12/05 (B329) ALERTE ROUGE : harcèlement confirmé du défenseur authentique des Droits de l’Homme à Djibouti : Jean-Paul Noël Abdi, Président de la LDDH, affilié à la FIDH. (Correspondant)

JPNA
Les tracasseries
à l’encontre de la LDDH continuent …

Le régime djiboutien ne rate jamais une occasion d’afficher un attachement viscéral à son modèle si personnel et si particulier de la démocratie.

Dimanche dernier, le chef de l’Etat invité de l’émission « dites moi toute la vérité » sur TV5 proclamait que la consolidation de la paix civile et de la démocratie constituaient ses priorités.

Au delà de cette déclaration de circonstance, la réalité est d’une toute autre nature concernant le respect des Droits de l’Homme et des Défenseurs des Droits de l’Homme.

Ainsi, une semaine après l’interpellation et la séquestration abusive du Président de la LDDH qui ont soulevé de nombreuses protestations nationales et internationales, les défenseurs des Droits humains ont appris ce matin, mercredi 21 décembre 2005 (décidément les mercredi sont des jours difficiles à Djibouti) que le Président de la LDDH avait été de nouveau convoqué par la police criminelle au prétexte d’une enquête préliminaire.

Selon nos informations il aurait observé le silence, estimant avoir tout dit lors de sa déposition du 14 décembre dernier.

D’après certaines sources, les tracasseries seraient décidées par le Ministère de l’Intérieur.

Les prises de positions de la LDDH concernant le récent massacre d’Arhiba aurait déstabilisé plus d’un membre de l’équipe …

La LDDH attend sereinement que l’affaire soit portée devant la justice.

Elle est prête avec ses avocats internationaux à faire éclater la vérité.

Entre nier la gravité d’un massacre et défendre la vérité du drame, la frontière est grande.

Espérons que les registres utiles n’auront pas disparu d’ici là, comme une certaine main courante en 1995 … à un check point ….

Comme dit un proverbe local : « DHIIGA MA QARSOOMO » (le sang ne peut pas être caché).

Un Défenseur vigilant.

22/12/05 (B329) Radio-trottoir : en direct du FestHorn sur TV5, Guelleh fait le « bide » de l’année, pour rester fidèle à ses hautes qualités de communicateur assomant et râté. Utilisera-t-il aussi l’ennui « massif » pour faire mourir les Djiboutiens ? Est-ce la nouvelle arme secrète de destruction massive qu’il nous concocte pour 2006 et qu’il teste actuellement. Vite, surtout coupez le son ! (Correspondant)

Dimanche 18 décembre, la ville bruissait de rumeurs sur une possible manifestation des démocrates djiboutiens à l’occasion de la commémoration du 14ème anniversaire du massacre d’Arhiba.

Dans la matinée les forces de répression s’étaient déployées aux abords du quartier misérable d’Arhiba dans le but d’intimider les éventuels participants à la cérémonie prévue dans l’après-midi.

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Le vide ne crève pas l’écran.

En fait, ce fût un paisible rassemblement au cimetière d’Arhiba en présence de quelques leaders de l’opposition et de la société civile, mais surtout avec la participation massive et digne de la population djiboutienne toutes ethnies confondues.

Un véritable recueillement dans une grande cohésion nationale affirmée.

Au même moment, profitant du passage d’une équipe de TV5 Afrique venue semble-t-il couvrir le FEST HORN (festival régional de musique organisé et financé par IOG) qui fût un bide historique cette année, IOG s’invitait en tant que dernier acteur tout choisi de l’émission « dites moi toute la vérité » sur TV5.

Les rares foyers djiboutiens disposant d’un abonnement à cette chaîne francophone ont suivi sa médiocre prestation avec beaucoup de dégoût.

Tous ont remarqué que le schizophrène qui hante le palais présidentiel n’était finalement qu’un simple fantôme.

Pour ceux qui avaient raté la première partie de TV5, la RTD a programmé l’événement dans la soirée après son journal télévisé en français.

Là aussi, les rares téléspectateurs qui ont suivi ce bavardage de salon proposé par les caméras de TV5 sont restés sur leur faim.

Malgré le coup de pouce de la journaliste qui l’interviewait, le brillant vainqueur des présidentielles de 2005, à la faveur du sabordement de l’opposition (dixit la journaliste complice de TV5), apparaissait encore sous le choc du boycott historique d’avril 2005.

Au chapitre de la paix civile que TV5 n’a pas osé aborder en profondeur avec lui, tout en affirmant que le pays était un « havre de paix » depuis 2000, IOG a été obligé de concéder que son pouvoir faisait face à une rébellion armée.

Quel scoop !: avant lui ses médias n’avaient jamais annoncé qu’un camion était tombé dans une embuscade et que deux soldat gouvernementaux avaient laissé leurs vies lors de cette attaque, il y a de cela un mois dans la région de Randa.

En revanche, les djiboutiens abasourdis ont appris lors de cette pitoyable logorrhée officielle que les élections régionales allaient prochainement opposer dans un affrontement fratricide les membres de la coalition alimentaire composée de cinq sigles.

En l’absence de l’opposition démocratique, qui refuse son jeu électoral miné et sans transparence, IOG pourra au sein de son propre clan d’obligés jauger de la valeur boursière de chaque parti de l’UMP ;

Quand on songe que l’adhésion à sa mouvance diabolique fait obligation aux candidats de se séparer de leurs coui…pardon, de leurs bourses, cela promet une belle empoignade entre taureau du RPP et eunuques satellites.

Avec cette fulgurante victoire électorale programmée, le guignol du Beit El Wali pourra réaliser son grand dessein historique : relier par train Dakar à Djibouti, puis dans un même élan construire à ses frais le chemin de fer Djibouti-Lusaka (capitale de la Zambie, siège du COMESA) et enfin à l’Afrique du Sud où est garé son BOEING.

Le jury d’Oslo devra reconnaître les mérites du grand bâtisseur djiboutien en décernant le prix Nobel de la paix à celui que les observateurs avisés considèrent comme le principal chef de guerre régional.

Ce prix lui manquait tant depuis la signature de l’Accord de Paix de 2001 et celui à portée planétaire pour la Somalie d’août 2000…

… Abdisaladkassim ancien ministre de l’Intérieur de Siad Barré,
ami et associé d’IOG

21/12/05 (B329) Remerciements sincères à MM Ibrahim Zakaria, Mohamed Aref et Jean-Paul Angelier pour l’impact direct qu’ils ont eu sur le fantastique développement de la consultation de notre site. (ARDHD – Humour)

Nous tenons à exprimer tous nos remerciements les plus sincères à MM Ibrahim Zakaria, Mohamed Aref et Jean-Paul Angelier pour leurs actions et interventions, qui ont eu un impact direct et mesurable sur le développement de notre site.

Depuis le procès du 18 octobre et le délibéré de novembre, notre site enregistre un taux de consultation en augmentation de plus de 60 %. Hier par exemple le 20 décembre, un nouveau record a été battu avec plus de 32.000 pages consultées.

Ce succès et cette notoriété, nous la devons d’abord à l’équipe de l’ARDHD qui est présente sans interruption pour mettre à jour le site, mais aussi et surtout au procès qui nous a été intenté par le Général Zakaria, défendu par Me Aref et soutenu indirectement par l’Ambassadeur de France. Il s’est soldé par 1 Euro, à la charge de l’ARDHD, rapidement couvert par une collecte !

L’opération ayant été très profitable à la communauté djiboutienne pour qu’elle fasse connaître au monde entier, les conditions d’asservissement qu’elle subit, nous allons la renouveler dès le début de la nouvelle année et nous allons créer les conditions pour que de nouvelles plaintes soient déposées.

Bien entendu, nous allons demander à la Justice française s’il est possible de bénéficier de la remise de gros que l’on accorde généralement aux Clients importants et réguliers. La somme à se partager entre les plaignants sera moins importante (0,50 €) mais elle sera attribuée plus régulièrement aux plaignants qui assumeront les frais de justice. L’un devant compenser l’autre.

(A suivre – bientôt du nouveau avec des révélations capitales !)

21/12/05 (B329) RSF / ETHIOPIE : A la veille du « grand procès d’Addis-Abéba », Reporters sans frontières demande une mission d’observation de l’ONU.

Reporters sans frontières recommande la plus extrême prudence au gouvernement éthiopien et assure qu’elle fera preuve d’une grande vigilance tout au long de la procédure judiciaire qui doit donner lieu au procès de 131 opposants, dont 13 journalistes de la presse privée, détenus depuis novembre 2005 et accusés d’avoir fomenté une insurrection.

Alors que s’annonce la tenue prochaine d’un grand procès politique à Addis-Abéba, Reporters sans frontières demande à l’Organisation des Nations unies (ONU) de dépêcher en Ethiopie une mission d’observation judiciaire, chargée d’évaluer le bien-fondé des accusations formulées par les autorités, de veiller au respect des règles de la justice et de tenir informé le Conseil de sécurité.

« Les chefs d’accusation de haute trahison ou génocide sont extrêmement graves en ce qui concerne des journalistes, a déclaré l’organisation. Nous appelons le gouvernement éthiopien à faire preuve de la plus extrême transparence dans ces affaires. Le Premier ministre Meles Zenawi ne doit pas chercher à diminuer l’intensité des critiques à son encontre au prix de la liberté ou de la vie des citoyens. Pour vérifier le sérieux de la procédure et évaluer si, oui ou non, le gouvernement éthiopien a quelque chose à cacher, le Conseil de sécurité doit être informé dans le détail sur le procès politique qui s’annonce et dont les motifs sont, en l’état actuel de nos connaissances, pour le moins inquiétants. »

Selon les recoupements effectués par Reporters sans frontières, 17 journalistes sont actuellement détenus en Ethiopie, faisant du pays la plus grande prison d’Afrique pour les professionnels des médias.

L’organisation proteste par ailleurs contre la condamnation à des peines de prison ferme de Getachew Simie, journaliste de l’hebdomadaire Addis Admas et ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire aujourd’hui disparu Agere, Leykun Engeda, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire disparu Dagim Wonchif, et Wosonseged Gebrekidan, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Addis Zena et ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire Ethiop.

Enfin, Reporters sans frontières réitère son appel à la remise en liberté des journalistes du service en oromo de la télévision publique Ethiopian Television (ETV), Shiferraw Insermu et Dhabassa Wakjira, accusés d’être des informateurs du mouvement politico-militaire Oromo Liberation Front (OLF) et détenus sans procès depuis 2004.

La deuxième chambre de la Haute Cour fédérale d’Addis-Abeba doit, le 21 décembre 2005, soumettre leurs actes d’accusation à 131 leaders de l’opposition, membres de la société civile et directeurs de journaux raflés dans le courant du mois de novembre, et examiner une demande de mise en liberté sous caution introduite par leurs avocats. Parmi les accusés figurent treize responsables d’hebdomadaires privés en amharique, que le gouvernement accuse d’avoir participé à une tentative de renversement du pouvoir. Il s’agit de Dawit Kedebe, rédacteur en chef de Hadar, et son adjoint Feleke Tibebu, arrêtés le 2 novembre ; Fassil Yenealem, directeur de publication de Addis Zena, et son rédacteur en chef Wosonseged Gebrekidan ; Zekarias Tesfaye, directeur de publication de Netsanet, et son rédacteur en chef adjoint, Dereje Abtewold, qui se sont rendus à la police le 9 novembre ; Andualem Ayale, rédacteur en chef de Ethiop ; Nardos Meaza, rédacteur en chef de Satenaw ; Mesfin Tesfaye, rédacteur en chef de Aday ; Wonakseged Zeleke, rédacteur en chef de Asqual ; Eskinder Nega, propriétaire du groupe de presse Serkalem Publishing Enterprise, qui édite les hebdomadaires Asqual, Menelik et Satenaw, ainsi que son épouse Serkalem Fasil, rédactrice en chef de Menelik, arrêtés le 27 novembre ; enfin Sisay Agena, directeur de publication de Ethiop et responsable de l’Association éthiopienne des journalistes de la presse libre (EFJA), a été arrêté le 29 novembre, après que sa s¦ur et sa femme avaient été détenues pour livrer des informations sur l’endroit où il se cachait.

Ces journalistes avaient été arrêtés dans la foulée des émeutes meurtrières de novembre, en compagnie des leaders et de cadres de la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD, principale formation de l’opposition), de militants des droits de l’homme et de responsables d’associations, accusés par le Premier ministre Meles Zenawi d’avoir « lancé une insurrection ». A partir du 1er novembre, la police éthiopienne avait violemment réprimé des manifestations organisées à Addis-Abéba et dans plusieurs villes de province par la CUD, protestant contre les résultats des élections législatives du 15 mai 2005 qui ont vu le parti au pouvoir rafler deux tiers des sièges au Parlement. La CUD affirme que le parti de M. Meles, l’Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Front (EPRDF), a truqué le décompte des voix. Elle avait appelé ses partisans à exiger que justice leur soit rendue en manifestant. Lors des affrontements avec l’armée, 48 personnes avaient été tuées et 200 autres blessées. Au moins 11 000 personnes avaient été interpellées.

Le 16 décembre, le ministère public fédéral a fait savoir que 131 personnes, dont 19 dirigeants de la CUD, parmi lesquels 10 députés, ainsi que trois journalistes dont Reporters sans frontières n’a pu encore établir l’identité, étaient inculpés de 15 chefs d’accusation distincts, dont « conspiration », « insurrection armée », « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel », « haute trahison » et « génocide ».

Parallèlement, le 6 décembre, l’un des journalistes déjà arrêtés lors de la rafle de novembre, Wosonseged Gebrekidan, a été condamné à huit mois de prison pour une affaire de diffamation datant de 2002, alors qu’il était rédacteur en chef d’Ethiop. Le 7 décembre, Getachew Simie a été condamné à trois mois de prison pour diffamation, tandis que, le 9 décembre, Leykun Engeda a été condamné à 15 mois de prison pour publication de fausses nouvelles dans une affaire datant de 1999.

« Dans un pays à la législation liberticide, où les journaux d’opposition croulent sous les procès, ces affaires semblent avoir été opportunément déterrées pour punir des publications critiques. Le fait que l’avocat de Wosonseged Gebrekidan n’avait pas été prévenu que l’affaire serait jugée et n’était pas présent à l’audience tend à le prouver », a ajouté Reporters sans frontières.

Enfin, l’organisation rappelle que Shiferraw Insermu et Dhabassa Wakjira, tous deux journalistes du service en langue oromo de la chaîne de télévision publique ETV, sont incarcérés depuis le 22 avril 2004. Ils sont accusés d’être des informateurs de l’OLF, un mouvement insurrectionnel du Sud qui s’oppose à la mainmise des minorités amharas et tigréennes sur le pays et milite pour l’instauration d’un Etat indépendant, rassemblant les Oromos éthiopiens.

Leonard VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
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Tel : (33) 1 44 83 84 84
Fax : (33) 1 45 23 11 51
Email : afrique@rsf.org / africa@rsf.org
Web : www.rsf.org

20/12/05 (B329) Manifestation réussie à Ottawa. Bientôt des documents sur notre site. Vers l’Union salutaire des différentes composantes pour construire démocratiquement la Nation djiboutienne et pour poursuivre en Justice les criminels. (ARDHD)

Les premiers échos qui nous sont parvenus d’Ottawa indiquent que la manifestation organisée le 19 décembre a été une grande réussite : de nombreuses Djiboutiennes et de nombreux Djiboutiens se sont mobilisés pour rendre hommage aux victimes du massacre du 18 décembre 1991 et plus généralement à toutes les victimes de Gouled / Guelleh.

Nous devrions recevoir dans les prochaines heures le compte-rendu, des photos et des extraits vidéo, que nous mettrons en ligne aussitôt.

De nouveau cette année, ce sont quatre manifestations qui ont été organisées dans le monde, dont celle « courageuse » de Djibouti dans un contexte où les participants risquent toujours de subir les représailles guelléennes …

Le nombre de participants augmente chaque année, ce qui montre qu’une prise de conscience collective est en train de se développer.

En effet, le Peuple djiboutien, au travers de ses différentes composantes, prend conscience du fait:

– qu’il est une nation et non un puzzle d’ethnies plus ou moins en concurrence et en conflit d’intérêt, comme essaye de le faire croire le dictateur qui se sert de cet état d’esprit pour diviser et pour régner,

– qu’il est souverain et que c’est à lui de choisir ses dirigeants, en toute indépendance et selon des règles démocratiques et transparentes. Lui appartient en particulier le pouvoir de controller la gestion collective des budgets et la (re)construction de l’économie. On ne peut pas continuer à lui imposer, sans aucune raison, des méthodes ni des règles de fonctionnement qui lui sont aussi fortement préjudiciables,

– qu’il n’y a pas de fatalité et qu’il a le droit (le devoir) d’exiger le départ de ceux qui l’asservissent et qui le ruinent, au motif d’une gestion calamiteuse, de détournements massifs de biens collectifs et de violations massives et impunies des Droits de l’Homme et des Libertés,

– que personne n’est intouchable, en particulier Guelleh et sa clique, parents, beaux frères, cousins, proches, qui assèchent les organismes publics qu’ils dirigent et qui traitent avec une arrogance inimaginable les travailleurs producteurs de la richesse (exemple les syndicalistes du Port, de la Poste ou de Djib-Télécom)

– que les coupables de crimes : génocide, viols, torture, exécutions sommaires ou arbitraires, harcèlement, détournements, … doivent être traduits en justice et condamnés, s’ils sont reconnus coupables, par des tribunaux libres et indépendants,

– que l’Union des partis politiques, des associations, des ethnies, des tribus est plus que jamais nécessaire pour mettre un terme aux agissements criminels de Guelleh et Cie. L’avenir de La Nation djiboutienne ne se construira pas au détriment de telle ou telle ethnie, mais avec l’ensemble des représentants reconnus des composantes, choisis selon leurs mérites et non leurs alliances. Ensuite la diversité des composantes et des cultures de la société civile constituera la force du pays, que de nombreux exilés de force viendront enrichir avec des savoir-faire acquis à l’étranger.

Comme nous l’écrivons depuis plusieurs années, le temps est venu de déposer des plaintes contre les bourreaux et nous ne serions pas surpris d’apprendre qu’un vaste mouvement se prépare, après des années de silence et de peur de la SDS et des Polices de Guelleh.

Il est grand temps d’agir !

21/12/05 (B329) Commission d’enquête citoyenne sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda (Survie, Aircrige et Observatoire des transferts d’armement).

Communiqué, le 19 décembre 2005

Après la parution de divers ouvrages à caractère négationniste, la Commission d’enquête citoyenne sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda (C.E.C.) tient à présenter les observations suivantes :

1 – La notion de "génocide" et celle de "complicité de génocide" applicables au Rwanda et dans les pays limitrophes entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994 ne sont pas affaires d’opinion.

Elles sont impérativement définies par la jurisprudence du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (T.P.I.R.), sur la base des articles 2 et 6.1 du Statut de ce Tribunal qu’a institué le Conseil de Sécurité des Nations Unies (v. Résolution 955 du 8 novembre 1994 ; v. aussi Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948).

En vertu de la loi 96-432 du 22 mai 1996, les juridictions françaises peuvent être saisies à raison d’actes accomplis par quiconque au Rwanda, entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994 et doivent, alors, appliquer les mêmes principes que le T.P.I.R.

2 -Conformément aux principes applicables (v ci-dessus, 1), n’importe quel massacre massif accompli au Rwanda n’est pas, ipso facto, un "génocide".

Sont, seuls, constitutifs de "génocide" les "actes …commis dans l’intention de détruire en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel…"

3 – Chaque fois que la question lui a été posée, le T.P.I.R. a constaté qu’un "génocide" avait été commis à l’encontre des Tutsi rwandais.

Il n’est donc pas possible de contester, en droit, l’existence de ce "génocide".

4 -Par ailleurs, en fait, aucun "groupe" rwandais autre que les Tutsi n’a été victime d’actes visant à sa destruction "en tant que tel".

Dans ces conditions, il serait déraisonnable, en droit, de soutenir qu’un autre "génocide" que celui des Tutsi aurait été perpétré au Rwanda.

5 – Nul ne prétend que la République française ait partagé avec tel ou tel gouvernement rwandais l’intention de détruire tout ou partie du groupe formé par les Tutsi.

En droit, cependant, il n’est pas nécessaire que les autorités françaises aient eu cette intention pour être "complices".

En effet, la "complicité" n’implique pas "l’intention spécifique qu’a l’auteur principal de commettre le génocide" (v. notamment, T.P.I.R., Jugement du 15 juillet 2004, affaire Ndindabizi).

Il faut – mais il suffit – que le complice ait "au moins connaissance de l’intention générale et spécifique de l’auteur principal" (v. le même jugement).

Or, dans le cas du Rwanda, les autorités françaises avaient indiscutablement cette connaissance (v. notamment, les déclarations du ministre français des Affaires étrangères, le 15 mai 1994 à l’issue d’un Conseil des ministres européens et le 18 mai suivant, à l’Assemblée nationale ; v. également, le rapport de la Mission d’information parlementaire sur le Rwanda, chapitre VI, pp. 286 et suivantes).

6 – En vertu de l’article 6.1 du Statut du T.P.I.R. l’encouragement "à préparer, planifier ou exécuter" le "génocide" est une forme de "complicité".

Or, il a été jugé que "la présence d’une personne en position d’autorité en un lieu où un crime est en train d’être commis ou en un lieu où il est connu que des crimes sont régulièrement commis peut générer une forme d’approbation … qui s’assimile à l’aide et à l’encouragement. Ce n’est pas la position d’autorité qui est importante en elle-même, mais plutôt l’effet d’encouragement qu’une personne en position d’autorité peut susciter au regard de ces évènements" (v. le même jugement du 15 juillet 2004).

En droit, par conséquent, la "présence" de militaires français "en un lieu où un crime est en train d’être commis ou en un lieu où il est connu que des crimes sont régulièrement commis" est susceptible de constituer une "complicité".

7 – Nombre de témoignages et de documents permettent, malheureusement, de nourrir le soupçon de "complicité" des autorités françaises civiles et militaires par d’autres faits que la simple présence.

Il s’agit, notamment, de la remise de Tutsi aux Forces Armées Rwandaises (F.A.R.) et aux milices – pour ne rien dire des allégations de meurtres et de sévices graves ; enfin, surtout, de l’aide militaire, technique, financière et diplomatique apportée de 1990 à la fin d’août 1994, à un appareil d’Etat qui préparait puis faisait exécuter le "génocide" (v. notamment, le rapport de la C.E.C., L’horreur qui nous prend au visage, Karthala 2005, pp. 420 et suivantes).

8 -La C.E.C. se réserve de publier un rapport complémentaire à partir des éléments d’information qu’elle n’a cessé de recueillir depuis mars 2004 sur les divers aspects de l’implication française.

La Commission d’Enquête Citoyenne
www.enquete-citoyenne-rwanda.org