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19/12/05 (B329) Les jeunes ont aussi manifesté à Djibouti, hier 18 décembre, pour commémorer le massacre de 1991 (Communiqué de l’Union de la Jeunesse d’Arhiba)

Djibouti; le 18 décembre 2005

COMMUNIQUE
UNION DE LA JEUNESSE D’ARHIBA

Des civils innocents surpris dans leur sommeil à 6 H du matin furent rassemblés avant de tomber quelques minutes après sous les rafales des forces gouvernementales, bilan 58 morts et d’innombrables blessés.

C’était le MERCREDI 18 DECEMBRE 1991.

Le quinzième anniversaire de cette journée consacrée JOURNEE NATIONALE DES MARTYRS ET VICTIMES DE TUERIE ET MASSACRE se fera ainsi sur le sang non séché de ces civils encore une fois massacrés deux semaines avant cet anniversaire soit un autre MERCREDI 30 NOVEMBRE 2005.

Ainsi, l’Union de la Jeunesse d’Arhiba en collaboration avec l’association des familles et proches (les victimes de 18 décembre, appelle toute la communauté nationale à participer à la commémoration de cette journée qui se tiendra à coté du cimetière des martyrs à Arliiba afin de dénoncer et regretter les dérives oppressives de ce régime.

D’où, nous tenons encore une fois à renouveler notre engagement pour la lutte en faveur d’une nation Djiboutienne Unifiée et Libérée du joug des colons noirs et de la terreur répressive et aveugle. Une nation djiboutienne véritablement indépendante et réellement démocratique et libre.

UNION DE LA JEUNESSE D’ARHIBA

19/12/05 (B329) Manifestation à Ottawa : une interview du Président de Djibwatch en Somalie est disponible sur le site de cette organisation.

Interview en Somalie, d’Omar Ali, Président de DjibWatch, à la radio CKCU 93.1 à l’occasion de la manifestation du 19 décembre 2005.

www.djibwatch.org

19/12/05 (B329) Union de la Jeunesse d’ARHIBA (UJA) Communiqué N°2 pour dénoncer les opérations de décasement, les nouveaux massacres commis le 30 novembre et pour exiger que les blessés soient soignés et que les victimes soient indemnisées.

Djibouti, le 18 décembre 2005

COMMUNIQUE DE L’UNION DE LA JEUNESSE D’ARHIBA

Deux semaines après le décasement qui a entraîné une violente répression des civils qui s’est soldée par quatre morts dont une femme et des dizaines des blessés (une femme étant toujours portée disparue).

Nous dénonçons avec autant de vigueur que la violence répressive et récurrente sur des civils l’indifférence flagrante opposée au sort de ces victimes d’un décasement particulier.

Et devant une telle réalité dénotant d’une disposition de négation persistante de droit de l’homme.

Nous exigeons l’affirmation d’une réelle volonté politique qui puisse immédiatement prévoir le relogement de tous ces femmes, enfants et personnes âgées dont le habitations ont été brûlées avant d’être eux-mêmes violentées et massacrés et qui se retrouvent sans abris, exposés, surtout les enfants aux risques et infections des diverses maladies telle que la diarrhée, le paludisme. . . etc

Car, malgré l’accord de 200 parcelles sans aucune mesures préalables à 200 familles dont le derniers contingent sont déplacés aujourd’hui n c’est encore le quadripôle de ce nombre de ce nombre qui demeure voué au contrainte de sans abris, dans l’attente d’un relogement reporté sine die.

Nous appelons ainsi le gouvernement à faire preuve d’une prise de responsabilité afin d’éviter la prolongation de calvaire de ces habitants.

Nous insistons ainsi que le relogement effectif de ces décasés s’accompagne des mesures indispensables d’assistance matérielles qu’impose la précarité de ces derniers méritant de droit le geste de soutien fréquemment exécuté en faveur des foyers ravagés par les incendies et autres catastrophes naturelles.

Enfin; c’est dans un dynamique de solidarité infaillible que nous revendiquons le lancement très prochain des opérations de relogement effectif de ces habitants initiés dans la considération de droit humain et des conditions suivantes:

1- L’ouverture d’une enquête judicieuse indépendante devant aboutir sur l’arrestation des auteurs et commanditaires de ces massacres

2- Recensement de tous le reste des familles décasées sur la base de démarches sérieuses propre à éviter toute spéculation et usurpation des titres

3- Localisation d’un espace pouvant accueillir tous ces décasés et offrant toutes les conditions viables – mise à disposition dès maintenant d’un fond spécial pour l’octroi des matériels de constructions.

4- L’indemnisation des victimes et la prise en charge des blessés souffrant dans l’isolement.

UNION DE LA JEUNESSE D’ARHIBA

18/12/05 (B329) LDDH : devoir de mémoire pour les victimes du régime. Récits photos et témoignage d’un médecin français.


Le Président

DEVOIR DE MEMOIRE
LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH)
SOUTIENT LA COMMEMORATION DU MASSACRE D’ARHIBA
DU 18 DECEMBRE 1991

Djibouti le, 17 Décembre 2005


« Le combat des Défenseurs des Droits de l’Homme, pour le respect de la dignité humaine, est un combat universel, un combat de et pour nous tous ».

En guise de contribution au devoir de mémoire pour toutes les victimes du massacre d’Arhiba II le 18 décembre 1991, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) propose des documents d’époque tirés du bulletin n° 1 de janvier 1992 publié par le MSVC (Mouvement de soutien aux victimes civiles).

Ces documents portent sur :
– le déroulement du massacre ;
– La liste des morts ;
– Le témoignage d’un médecin français.

L’impunité assurée en haut lieu aux crimes d’Etat étant une dangereuse constante de cette dictature sournoise et liberticide,. et aux fins de soigner les séquelles physiques et morales de cette barbarie et en prévenir définitivement le renouvellement.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) exige :

1. l’indemnisation immédiate de toutes les victimes d’Arhiba du 18 décembre 1991 et du 30 novembre 2005 ;

2. la poursuite en Justice des auteurs de tous ces crimes odieux;

3. la constitution d’une commission d’enquête indépendante sur la dernière tuerie survenue dans ce même quartier le mercredi 30 novembre 2005

L’impunité des commanditaires et exécutants de ce massacre et des suivants ainsi que le refus d’Etat d’indemniser les ayant-droits constituent une offense à la Mémoire des victimes et plus grave, la porte ouverte à la continuation de ces crimes abominables.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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ANNEXE
SUR LE MASSACRE D’ARHIBA DU 18 DECEMBRE 1991

Le Déroulement

6H00 du matin, le quartier d’Arhiba est totalement investi et encerclé par les forces armées djiboutiennes coalisées dans une action militaire sans précédent à Djibouti-ville d’environ 400 personnes en armes et équipements de guerre.

Alors que l’essentiel des troupes d’assaut est placé en position de tir dans les tranchées, dans les tanks, sur des -jeeps et sur les vedettes, le groupe des policiers Afars sans armes munis des gourdins, est chargé de convaincre leurs frères de sang avec lesquels ils engagent le dialogue. Parallèlement, les « crânes rasés » issus de la mobilisation générale vident tous les civils de leurs cases en cartons et les rassemblent sur le terrain vague

7H00 : Les premiers lève-tôt d’Arhiba II , sortis de chez eux sont aussitôt embarqués dans des camions mis à la disposition des forces de l’ordre par les entrepreneurs privés qui se trouvent alignés au sud du quartier.

Après triage, le groupe ciblé est isolé du reste et une partie est embarquée dans un premier camion.

7h15 : les rafles continuent. Les forces armées tirent de leur huttes, hommes, femmes et enfants, les regroupent par dizaines en les faisant asseoir parterre, et une fois le nombre suffisant pour contenir un camion, le chauffeur approche du secteur et l’on embarque tout le monde. La cité étant étendue sur 3 à 4 km, une scène identique à celle ci se déroule à plusieurs endroits, couvrant ainsi, tout Arhiba Il

7h30 : Sur un des « points de’ rassemblement » d’Arhiba II, certaines personnes ne se contentant pas de l’explication facile donnée par les hommes en uniforme selon laquelle il ne s’agirait que d’une simple “vérification d’ identité”, elles voudraient comprendre et demandent des explications.

Ne pouvant supporter plus longtemps cette situation macabre, un policier Afar se détache du rang, dans un dernier élan de solidarité ethnique, déconseille vivement aux futures victimes de se laisser déporter en demandant d’opposer une résistance passive.

Pour son geste, il sera sommairement abattu par ses collègues de la FNS au cours de la fusillade.

Voyant leur plan dévoilé et devant le refus des civils de monter dans le camion, les forces armées s’apprêtent dès ce moment, à tirer sans sommation sur tout ce qui bouge

Ayant remarqué’ des mouvements qui contrarient le plan initialement établi, les forces armées qui s’étaient préparées à l ‘éventualité d’une réticence de la part des civils, reçoivent l’ordre d’exécuter sur place leur plan : l’acte d’extermination qu’elles devaient accomplir ailleurs. Elles ouvrent le feu sans sommation sur une foule sans défense (femmes, enfants, vieillards) qui tombe comme des mouches, tués à bout portant.

Dès les premières rafales, une panique folle s’empare très logiquement de toute la population d’Arhiba II et aux quatre coins de la cité, loin de contenir, les forces de l’ordre tirent è vue. La chasse à l’Afar commence, un déluge de feu s’abat sur les civils, une course poursuite abominable s ‘organise .Qui à pied, qui. en véhicule tout terrain, les forces de l’ordre s’en donnent à coeur joie. Un safari humain.

FAIT ELOQUENT Trois policiers, Kalachnikov aux poings, font irruption dans l’Ecole Primaire Public d’Arhiba dont le Directeur est sommé sous la contrainte par un vif et bref échange de propos, de faire sortir ces classes les élèves (probablement pour les exposer au carnage prévu) . Le Directeur de l’Ecole n’a pas manqué, malgré la menace, de leur faire observer qu’il y va de sa responsabilité professionnelle de mettre en sécurité les élèves et qu’il ne peut satisfaire leur dangereuse requête aussi longtemps que les armes ne se seront pas tues à Arhiba.

Pendant ce temps, les deux autres policiers s’introduisent dans les classes où ils n’hésitent pas à tirer plusieurs rafales créant une panique généralisée tant parmi les enseignants que parmi les élèves qui fuient à toutes jambes.

7h45 : Un hélicoptère de l’armée française survole les lieux du massacre, panique cette fois coté tueurs, par la crainte des caméras que les français n’ont certainement pas manqué de sortir pour un tel flagrant délit.

Au premier passage, les tireurs cessent la fusillade, certains ont le ridicule réflexe de se cacher derrière les maisons, mais continuent à pourchasser les rescapés dès que le Puma s’éloigne. Au second passage, les “chasseurs” décident de se retirer et maquillent le chiffre réel du carnage en s’empressant d’entasser dans deux camions un maximum de cadavres.

Combien de morts? Impossible à dire avec précision. Les témoins oculaires les plus optimistes chiffrent à 50 cette cargaison funeste. Le convoi se dirige vers la ville, les hommes en uniforme quittent enfin Arhlba.

8H00 Les habitants d‘Einguela constatent que le terrain vague des Salines qui s’étend au Nord d’Arhiha est lui aussi quadrillé par les hommes de la FNS, à la hauteur du chantier séoudien jusqu’aux Théâtres des Salines. Toutes les routes menant à Einguela sont bloquées par les agents de la circulation et ni piétons ni véhicules ne passent. Certains observateurs constatent qu’un long convoi de véhicules militaires qui assure l’encadrement, se dirige vers le secteur bouclé

BILAN DU MASSACRE

33 corps abandonnés sur le terrain vague,
7 personnes décédées à l’hôpital Peltier le lendemain des suites de leurs blessures,
7 corps retrouvés le 19 en mer à marée basse,
12 corps que les forces de l’ordre ont emportés,
Soit un total de 59 morts dont 47 ont été enterrés

LISTE DES PERSONDES DISPARUES
LE 18.12.1991
1. HAMAD IBRAHIM SAID
2. YASSO KATHE ALI
3. ALI IBRAHIM MOURRA
4. NIBALLEH ADEN MOHAMED
5. DAOUD MOHAMED ALT
6. ABDALLAH HANAD OMAR
7. SAID HAMADOU GAAS

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LISTE DES PERSONNES TUEES
LORS DU MASSACRE D‘ARHIBA
Corps découverts sur place
1. ALI ADAM AHMED
2. AHMED MOUMINE BAGUILA
3. HABILE MOUMINE BAGUÏLA
4. GANIBO IBRAHIM YASSO
5. ALI MOHAMED WEO
6. ADAM DIHIBO MOUSSA
7. MOHAMED ALI OMAR
8. ALI ALELOU ASSOWE
9. BERO DAOUD ANGADE
1O.OMAR MOHANED KABADE
11.ABDALLAH YAYO IBRAHTM
12.HASSAN ALI ABOUBAKER
13.MALIK ALI MAHAMED
14.HASSAN ABDOU ABOUBAKER
15.ALI ABDALLAH GOURATE
16.SABOLI ABDALLAH GAAS
17.ALI KABIR MANDEITOU
18.NOUMANE MOHAMED ABDALLAH
19.ALI SATD MOHAMED
20.MAHAMED MOUSSA WAAYE
21.ALI HOUSSEIN HARSSOU
22.ALI CHEIKO HAMAS
23.ADAM CHEIKO HAMAD
24.MOHAMED ALI HOUSSEIN
25.HASSAN FILADERO HASSAN
26.IDRISS LALE ALI
27.MOHAMED OSMAN IBRO
28.OSMAN MOHANED IBRO
29.SAADA AHMED
3O.ALI ARERO ALI
31.MISERA BOUCHRA CHOUMA
32.SALIHA MOHAMED ALT
33.ALI ADAM ALI

 

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Personnes retrouvées à marée basse
34.HOUSSEIN IBRAHIM MOHAMED
35.KILO YASSIN ALI
36.MAHAMEISSE DINBIHISSE ALI
37.ALI HAMAD DOULA
38.HERE ALI YASSO
39,FOSSEYA MOHAMED OSMAN
40.HASNA SAID MOHAMED


A l’hôpital Peltier
41 OSMAN YOUSSOUF
42.HASSAN HAMID
43 ABDOULKADER MOHAMED ISSA
44.ARISSO ONDE ARISSO
45.MOHAMED MOUSSA MOHAMED
46,MOHANED ALI AHMED
47.MOHAMED HOUMED MOHAMED
 

 

 

N.B. Les impacts de balles relevés sur les blessés nous autorisent à penser qu’il y avait plusieurs groupes de tireurs et que nombreuses étaient les personnes en train de fuir lorsqu’elles ont été atteintes par les projectiles.

Ainsi, 50 % des survivants sont atteints au dos, 30% de face e 20 % de côté.

De plus, il a pu être dénombré environ 300 blessés dont 70 seulement furent admis à Peltier, une dizaine à l’hôpital militaire français alors que les autres ont été soignés par leurs propres familles de peur de représailles éventuelles.

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TEMOIGNAGE D’UN MEDECIN FRANCAIS :
François DE CHABALIER
(Médecin-Chef du district d’OBOCK)

Le quartier est bouclé, les forces de l’ordre ont brûlé des cartes d’identité. La tension a monté. Un gendarme a été poignardé par un afar juste après la fusillade. 2 policiers afars qui essayaient de prendre la défense des habitants d’Arhiba ont été tués par balle par leurs propres collègues. A ce moment là, c’est la fusillade et les exécutions sommaires. C’est le carnage, les forces de l’ordre tirent sur tout ce qui n’a pas d’uniforme.

J’ai été très impressionne à l’hôpital Peltier par la foule de blessés qui affluaient. Il faut imaginer un grand couloir avec de chaque côte une enfilade de brancards avec dessus des gens, tous. blessés par balles, tous afars, tous civils.

Au bas mot, une quarantaine de morts. 26 ont été entérrés dans les cimetières hors de la ville plus une quinzaine dans la ville puisque les gens n’avaient pas le droit (le sortir pour enterrer leurs morts ailleurs.

La majorité des victimes était des hommes jeunes également des femmes et des enfants mais aussi un vieil homme dont le crâne a été défoncé à coups de crosse et qui en est mort. J’ai vu un enfant de moins de 5 ans avec un poignet éclaté par balle.

Il semble certain qu’une intervention musclée des forces de l’ordre sur quartier afar était prévue à titre de vengeance et de représailles depuis la veille au soir à cause d’une sévère défaite militaire, dans la zone nord de Tadjourah où l’armée aurai eue 3oo morts ou disparus. A Tadjourah, l’armée nationale a subi de lourdes pertes et de lourdes défaites.

A Obock, c’est une ville morte, occupée par les forces de I ‘ordre et encerclée par les rebelles et la population civile est avec les rebelles en brousse. Leur souci est un souci d’alimentation et de soutien sanitaire.

On comprend bien qu’ils ont la possibilité de se ravitailler par l’Ethiopie ou par le Yémen mais pour cela il faut de l’argent et les fonctionnaires ont des difficultés pour récupérer de l’argent sauf ceux qui sont à Djibouti.

Le pays est coupé en deux. Les gens d’Obock s’ils veulent venir à Djibouti doivent passer par l’Ethiopie, c’est à dire:’ qu’ils font un tour gigantesque pour contourner le pays. On ne peut plus passer par la mer puisque l’armée contrôle les sorties. D’ailleurs les pêcheurs d’Obock qui s’étaient réfugiés à Djibouti se sont vu confisquer leurs boutres.

L’inquiétude majeure des djiboutiens est que Djibouti devienne comme Mogadiscio.

Les tracts dans le sens de la guerre civile distribués à Djibouti n’ont pas trouvé une oreille à haut niveau On craignait que les quartiers Issas déferlent Djibouti sur les quartiers afar. Mais en réalité jusqu’à présent ce ne sont que les forces de l’ordre qui arrivent sur les quartiers afar ; La majorité des djiboutiens voudrait préserver leur pays. La situation ethnique est plutôt calme au regard de la gravité des événements.

18/12/05 (B329) Le GED nous prie de signaler qu’Ali Iftin, membre de son bureau exécutif et responsable du MNL, mouvement national de libération, était présent à la manifestation du 16 décembre 2005 à Bruxelles au côté des autres mouvements et organisations de l’opposition.

Comme cela avait été annoncé sur le site du GED, Ali Iftin, avec le souci de contribuer à l’union des opposants sincères et engagés, a participé à la manifestation unitaire du 16 décembre 2005, devant l’Ambassade de Djibouti à Bruxelles, en hommage à toutes les victimes de la dictature et en particulier à celles d’Arrhiba.

18/12/05 (B329) UIDH Union Interafricaine des Droits de l’Homme : communiqué du 15/12 pour dénoncer l’arrestation arbitraire par les sbires de Guelleh, de Jean-Paul Noël Abdi, Vice-Président de l’UIDH et Président de la LDDH.

Communiqué de l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme

Subject: Arrestation de M. Jean Noel Abdi
Date: Thu, 15 Dec 2005 11:34:00 -0000
ARRESTATION ET DETENTION DE JEAN-NOEL ABDI

L’Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH) est inquiète de la dégradation de la situation des droits de l’homme en Djibouti. En effet, selon les informations que nous venons de recevoir, M. Jean-Paul Abdi Noel, Président de la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme (LDDH) et Vice Président de la Corne de l’Afrique aurait été convoqué le 14 décembre par la police nationale. Il aurait été ensuite transféré à la prison de NAGAD. Nous ignorons les motifs réels de cette interpellation et emprisonnement.

Nous nous rappelons des nombreuses dénonciations des violations graves des droits humains perpétrées par les autorités djiboutiennes et régulièrement dénoncées par la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme. Les dossiers qui continuent de défrayer la chronique : l’arrestation en septembre 2005 des responsables syndicaux suite à une grève des travailleurs du port ; la répression meurtrière en décembre à l’encontre des habitants décasés d’Arhiba II, intervention qui s’est soldée par 7 morts, 8 blessés graves, 5 disparus ; ce dossier jusqu’à ce jour n’a pas connu de suite judiciaire.

Ces atteintes récurrentes aux droits humains ont été portées à la connaissance de l’opinion publique par Jean Noel Abdi ; son arrestation semble être liée à ses prises de position régulières sur la situation des droits de l’homme dans le pays.

Face à ces nombreuses dérives et à ces graves manquements à la liberté d’opinion, d’association, l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme demande aux autorités djiboutiennes :

– la libération sans condition de M. Jean-Paul Abdi Noel ; M. Jean-Paul Abdi Noel a des problèmes de santé et doit régulièrement des médicaments ;
– la garantie de son intégrité physique et psychologique ;
– l’arrêt des tracasseries contre les défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme dans le pays ;
– à se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme et plus particulièrement à son article 1 “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international”, son article 12.2 qui dispose que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration”.

Fait à Ouagadougou le 15 décembre 2005
Le Président de l’UIDH
Me Halidou OUEDRAOGO

18/12/05 (B329) A l’occasion du 18 décembre, dans la série de nos interviews (presque) imaginaires, l’équipe de l’ARDHD a interviewé le Président Chirac, pour comprendre les raisons du soutien de la France à la dictature de Guelleh. (humour)

A l’occasion de la commémoration du premier massacre commis à Arrhiba le 18 décembre 1991 par les Forces armées de Gouled / Guelleh, l’équipe de l’ARDHD est allée interviewer le Président de la République française, Jacques Chirac, pour essayer de comprendre les raisons du soutien abusif que le Gouvernement français accorde à Guelleh.

ARDHD : Monsieur le Président, merci de nous recevoir. Pourriez-vous nous dire pour quelles raisons vous soutenez encore le régime de Guelleh, qui est soupçonné par la Justice française d’implication dans le meurtre d’un magistrat français, qui fait tirer sans raison sur la foule, tuant des centaines de personnes, qui est accusé de tortures, de détournements des aides internationales … ?

Jacques Chirac : cela suffit. N’en rajoutez pas ! Je lis votre site et je connais la liste de vos critiques. Il ne faut pas avoir qu’une seule vision de la politique … Il faut s’élever pour regarder les événements avec de la hauteur de vue. C’est ce que je fais tous les matins et cela me permet de dépasser les assertions étroites de la presse française. Les détails ne prouvent rien, il faut regarder l’ensemble d’un phénomène avec ses causes et ses conséquences…

ARDHD : Que voulez-vous dire ?

JC : Je vais être transparent avec vous, comme je le suis toujours. Guelleh n’est pas véritablement mon ami. Il prétend que je suis son frère, mais ma mère aurait été la première étonnée … Cela le regarde ! Ce qui est vrai en revanche, c’est que nous partageons beaucoup de choses et qu’à ce titre, je me dois de le soutenir.

ARDHD : Quelles choses ?

JC : J’aimerais vous en parler, mais elles sont couvertes par le secret d’État et ce n’est pas moi qui vais le dévoiler. Dans le passé et récemment encore, nous avons eu l’occasion de monter des opérations communes avec le régime djiboutien. Ces opérations étaient indispensables pour permettre à nos entreprises stratégiques d’exporter des produits disons « sensibles » vers des pays disons « mal notés par la communauté internationale » … Vous me comprenez ?

ARDHD : Certainement, mais nous aimerions avoir des détails sur les produits et les pays concernés.

JC : Alors là, il ne faut pas que vous rêviez ! Je vous en ai déjà trop dit. Mais cela justifie pleinement que nous soutenions Guelleh, à la fois moralement, physiquement et surtout financièrement, car il aime l’argent, le bougre, comme personne ! Il réclame un soutien inconditionnel de la France, quoiqu’il fasse, quelles que soient les violations des Droits de l’Homme qu’il commet. Sinon il menace de parler. Et c’est moi qui perds mon fauteuil …. Face à ce risque majeur pour ma petite personne je n’hésite pas une seconde et je me bouche les oreilles pour ne pas entendre les cris des victimes que l’on torture et que l’on assassine dans les geôles de Guelleh. C’est simple et suffisamment clair pour vous ?

ARDHD : ce que vous dites là, Monsieur le Président, c’est un scoop, mais c’est gravissime ! Ou bien vous avez trop parlé ou vous n’avez pas été assez explicite. Pourriez-vous répondre à notre question sur les produits et les pays ?

JC : Vous avez raison au fond. Mais ne rêvez toujours pas ! Il ne s’agit pas de matières nucléaires, style uranium enrichi ou armes de destruction massive, qui d’après certains, aurait transité par Djibouti, avant d’aller soit en Iraq, soit en Corée. Même si cela avait eu lieu, je me tairai à jamais.

Non, il s’agissait d’exportation d’authentiques camemberts français vers l’extrême Orient qui en raffole. Les américains ont mis le Camembert sous embargo et c’est grâce à Guelleh que nous avons pu pallier le problème majeur qui se posait à notre filière nationale du fromage.

ARDHD : Nous sommes anéantis. Ainsi la Diplomatie française soutiendrait les crimes de Guelleh pour pouvoir exporter du Camembert ! Ce n’est pas possible ?

JC : Pourtant, c’est la vérité ! Nous sommes pragmatiques ! Le business avant tout, la punition des crimes après !

ARDHD : Merci Monsieur le Président.

17/12/05 (B329) Les premières photos de la manifestation du 16 décembre à Bruxelles. Bravo à toutes celles et à tous ceux qui sont venus témoigner de leur haine de la dictature et apporter un hommage à toutes les victimes de Gouled / Guelleh.

Manif12-16
Manif02
Manif03
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Manif05
Manif06
Manif07

Et au même moment, les espions à la solde de la dictature tentaient de photographier les manifestants, dans le seul espoir de harceler leurs familles restées au pays. Joli travail, Messieurs, Mesdames ! Ca vous rapporte combien, ce métier de vilains dénonciateurs de vos soeurs et de vos frères ?

Espions